Archives de 2004

56e Foire internationale du livre à Francfort

8 octobre 2004

Je salue l’initiative du syndicat national de l’édition tendant à marquer les 25 ans du Salon du livre de Paris par l’invitation des responsables publics et privés du livre des 25 Etats membres. Je m’associerai pleinement et naturellement à cette opération qui doit être un temps fort de la mobilisation européenne pour le livre et la culture… Je suis très heureux de vous retrouver à Francfort. Je remercie le Président Eyrolles de son invitation à ce rendez-vous à la fois studieux et convivial. Les stands des éditeurs français et du Bureau international de l’édition française (BIEF), que j’ai parcourus ce matin, sont l’expression même de la richesse et de la diversité de la production éditoriale française et de sa force d’attraction auprès de nos partenaires étrangers.

Notre présence en Allemagne souligne aussi l’importance du partenariat culturel, économique et politique franco-allemand dans l’Europe à 25.

Je suis ravi que ce soit l’un de vous, un éditeur, en la personne d’Alain Gründ, également Président du Bureau international de l’édition française (BIEF), qui préside aux destinées du Haut-Conseil culturel franco-allemand.

Nous sommes ainsi dans une configuration idéale pour amplifier nos coopérations avec l’Allemagne, y compris à travers des initiatives communes en dehors de notre continent. Et je me réjouis que cette édition de la Foire de Francfort, en mettant à l’honneur la littérature du monde arabe, soit placée sous le signe du dialogue des cultures.

Le livre est l’outil par excellence d’un tel dialogue.

Il est en particulier un pont entre les deux rives du Rhin, dans une Europe qui est le fruit d’un dessein et d’un destin communs entre la France et l’Allemagne
L’Allemagne est le quatrième partenaire économique de l’édition française et le premier parmi les pays non francophones. Le français est la deuxième langue traduite en Allemagne derrière l’anglais.

L’Allemagne est notre partenaire naturel au sein de l’Europe, lorsqu’il s’agit de défendre la diversité culturelle. Je pense en particulier à l’application du prix unique du livre. Dans la nouvelle Europe à 25, nous devons promouvoir auprès des nouveaux Etats membres la spécificité culturelle et économique du livre et la possibilité d’en réguler le marché, afin d’éviter la standardisation qui menace aujourd’hui d’autres secteurs culturels.

Je salue l’initiative du syndicat national de l’édition tendant à marquer les 25 ans du Salon du livre de Paris par l’invitation des responsables publics et privés du livre des 25 Etats membres. Je m’associerai pleinement et naturellement à cette opération qui doit être un temps fort de la mobilisation européenne pour le livre et la culture.

Cette défense de la diversité ne va pas sans heurt, parfois. La question de la publicité pour le livre à la télévision en est une illustration. Nous venons de répondre à l’avis motivé que nous a adressé la Commission européenne sur ce sujet en plaidant pour le caractère équilibré du compromis qu’ensemble nous avons élaboré.

Plutôt que de menacer des équilibres, somme toute fragiles, par une ouverture aux effets très incertains, je crois plus urgent de nous concentrer sur un enjeu plus important à mes yeux : celui de la présence accrue du livre dans les émissions de télévision, et particulièrement la télévision publique, où nous aurons, en la personne de David Kessler, un avocat attentif, convaincu, efficace.

C’est dans cette perspective du resserrement des liens entre le livre et la télévision, afin que les téléspectateurs soient aussi, de plus en plus, des lecteurs, que je tiens à saluer devant vous l’arrivée de Bernard Pivot à l’Académie Goncourt.

Le développement de l’édition et de la diffusion du livre, en France comme à l’étranger, est pour moi un enjeu de premier plan.

Vous savez que, dans le budget 2005 du ministère de la culture, tel que je le présenterai au Parlement, le secteur du livre bénéficie d’une augmentation de près de 3 %. J’y ai personnellement tenu, et j’ai souhaité que cet effort très conséquent dans un contexte budgétaire tendu bénéficie en premier lieu au secteur de l’économie du livre, grâce au financement à plein régime de la rémunération des éditeurs et des auteurs pour le droit de prêt en bibliothèque. Ce dossier est aujourd’hui sur les rails.

 Je souhaite agréer au plus vite, c’est-à-dire avant la fin de l’année, une société de gestion que me proposeront les éditeurs et les auteurs.

Un autre enjeu crucial est celui de la mutation des industries culturelles dans la société de l’information. Je pense en particulier à la directive européenne sur le droit d’auteur. Je m’emploie à accélérer l’examen du projet de loi de transposition au Parlement. Je souhaite qu’aboutissent parallèlement les discussions entre ayants droit et utilisateurs sur l’usage du numérique dans le monde de l’enseignement, de la recherche et dans les bibliothèques.

En ce qui concerne les bibliothèques, le travail d’analyse entrepris par François Stasse a permis d’instaurer les bases d’un dialogue. Les discussions avec l’Education Nationale ont repris de manière constructive et de nouveaux rendez-vous doivent se tenir prochainement.

Le budget 2005 de la direction du livre et de la lecture reflète l’importance de notre soutien à l’exportation du livre français, aux secteurs les plus fragiles de l’édition, et à la librairie. J’ai souhaité qu’il permette d’accompagner des initiatives nouvelles correspondant à ces priorités. Je suis ouvert à vos propositions.

Nous devons soutenir le développement de l’édition et celui de l’industrie du livre dans un souci constant de promotion de la diversité culturelle. C’est le sens de notre action et de notre rayonnement, en France comme hors de nos frontières. Au moment où le monde de l’édition sort de grands bouleversements, pour connaître de nouveaux équilibres, et de nouveaux défis, je crois nécessaire de réaffirmer la force et le sens de ce partenariat.

Le livre est un merveilleux moyen de connaissance, de découverte, de conquête, d’échange et de dialogue. Parce que le livre français est ouvert sur le monde et ouvert au monde, je tiens à en faire un atout majeur du rayonnement culturel de notre pays. Tel est le sens de laction que je vous propose de mener et d’écrire ensemble !

Déplacement à Francfort pour la 56ème foire internationale du livre

7 octobre 2004

[Monsieur l’Ambassadeur],

Monsieur le Président Eyrolles,

Monsieur le Président Ehling, Chers amis,

Je suis très heureux de vous retrouver à Francfort. Je remercie le Président
Eyrolles de son invitation à ce rendez-vous à la fois studieux et convivial. Les
stands des éditeurs français et du Bureau international de l’édition française
(BIEF), que j’ai parcourus ce matin, sont l’expression même de la richesse et
de la diversité de la production éditoriale française et de sa force d’attraction
auprès de nos partenaires étrangers.

Notre présence en Allemagne souligne aussi l’importance du partenariat
culturel, économique et politique franco-allemand dans l’Europe à 25.
Je suis ravi que ce soit l’un de vous, un éditeur, en la personne d’Alain Gründ,
également Président du Bureau international de l’édition française (BIEF), qui
préside aux destinées du Haut-Conseil culturel franco-allemand.

Nous sommes ainsi dans une configuration idéale pour amplifier nos
coopérations avec l’Allemagne, y compris à travers des initiatives communes
en dehors de notre continent. Et je me réjouis que cette édition de la Foire de
Francfort, en mettant à l’honneur la littérature du monde arabe, soit placée
sous le signe du dialogue des cultures.

Le livre est l’outil par excellence d’un tel dialogue.

Il est en particulier un pont entre les deux rives du Rhin, dans une Europe qui
est le fruit d’un dessein et d’un destin communs entre la France et l’Allemagne
L’Allemagne est le quatrième partenaire économique de l’édition française et le
premier parmi les pays non francophones. Le français est la deuxième langue
traduite en Allemagne derrière l’anglais.

Ces liens particuliers sont le fruit de l’histoire, certes, mais aussi et surtout de
l’engagement de tous les acteurs de la coopération franco-allemande. Et je
tiens à vous dire que la France est disposée à coopérer avec nos amis
allemands pour la reconstitution des fonds exceptionnels de la prestigieuse
bibliothèque Anna-Amalia de Weimar qui, comme vous le savez, ont en grande
partie disparu dans les flammes il y a un peu plus d’un mois.

L’Allemagne est notre partenaire naturel au sein de l’Europe, lorsqu’il s’agit de
défendre la diversité culturelle. Je pense en particulier à l’application du prix
unique du livre. Dans la nouvelle Europe à 25, nous devons promouvoir auprès
des nouveaux Etats membres la spécificité culturelle et économique du livre et
la possibilité d’en réguler le marché, afin d’éviter la standardisation qui menace
aujourd’hui d’autres secteurs culturels.

Je salue l’initiative du syndicat national de l’édition tendant à marquer les 25 ans du Salon du livre de Paris par l’invitation
des responsables publics et privés du livre des 25 Etats membres. Je m’associerai pleinement et naturellement à cette
opération qui doit être un temps fort de la mobilisation européenne pour le livre et la culture.

Cette défense de la diversité ne va pas sans heurt, parfois. La question de la publicité pour le livre à la télévision en est une
illustration. Nous venons de répondre à l’avis motivé que nous a adressé la Commission européenne sur ce sujet en plaidant
pour le caractère équilibré du compromis qu’ensemble nous avons élaboré.

Plutôt que de menacer des équilibres, somme toute fragiles, par une ouverture aux effets très incertains, je crois plus urgent
de nous concentrer sur un enjeu plus important à mes yeux : celui de la présence accrue du livre dans les émissions de
télévision, et particulièrement la télévision publique, où nous aurons, en la personne de David Kessler, un avocat attentif,
convaincu, efficace.

C’est dans cette perspective du resserrement des liens entre le livre et la télévision, afin que les téléspectateurs soient aussi,
de plus en plus, des lecteurs, que je tiens à saluer devant vous l’arrivée de Bernard Pivot à l’Académie Goncourt.
Le développement de l’édition et de la diffusion du livre, en France comme à l’étranger, est pour moi un enjeu de premier
plan.

Vous savez que, dans le budget 2005 du ministère de la culture, tel que je le présenterai au Parlement, le secteur du livre
bénéficie d’une augmentation de près de 3 %. J’y ai personnellement tenu, et j’ai souhaité que cet effort très conséquent
dans un contexte budgétaire tendu bénéficie en premier lieu au secteur de l’économie du livre, grâce au financement à plein
régime de la rémunération des éditeurs et des auteurs pour le droit de prêt en bibliothèque. Ce dossier est aujourd’hui sur
les rails. Je souhaite agréer au plus vite, c’est-à-dire avant la fin de l’année, une société de gestion que me proposeront les
éditeurs et les auteurs.

Un autre enjeu crucial est celui de la mutation des industries culturelles dans la société de l’information. Je pense en
particulier à la directive européenne sur le droit d’auteur. Je m’emploie à accélérer l’examen du projet de loi de transposition
au Parlement. Je souhaite qu’aboutissent parallèlement les discussions entre ayants droit et utilisateurs sur l’usage du
numérique dans le monde de l’enseignement, de la recherche et dans les bibliothèques.

En ce qui concerne les bibliothèques, le travail d’analyse entrepris par François Stasse a permis d’instaurer les bases d’un
dialogue. Les discussions avec l’Education Nationale ont repris de manière constructive et de nouveaux rendez-vous doivent
se tenir prochainement.

Le budget 2005 de la direction du livre et de la lecture reflète l’importance de notre soutien à l’exportation du livre français,
aux secteurs les plus fragiles de l’édition, et à la librairie. J’ai souhaité qu’il permette d’accompagner des initiatives nouvelles
correspondant à ces priorités. Je suis ouvert à vos propositions.

Nous devons soutenir le développement de l’édition et celui de l’industrie du livre dans un souci constant de promotion de la
diversité culturelle. C’est le sens de notre action et de notre rayonnement, en France comme hors de nos frontières. Au
moment où le monde de l’édition sort de grands bouleversements, pour connaître de nouveaux équilibres, et de nouveaux
défis, je crois nécessaire de réaffirmer la force et le sens de ce partenariat.

Le livre est un merveilleux moyen de connaissance, de découverte, de conquête, d’échange et de dialogue. Parce que le
livre français est ouvert sur le monde et ouvert au monde, je tiens à en faire un atout majeur du rayonnement culturel de
notre pays. Tel est le sens de l'action que je vous propose de mener et d’écrire ensemble !

Je vous remercie.

Donnedieu de Vabres détaille son plan

7 octobre 2004

Soutenir la production audiovisuelle française, la valoriser sur le plan international, cest aussi soutenir la création dans ce quelle a de plus innovant, cest favoriser la diversité des écritures, des formats, des sujets. Ainsi, le fonds pour la création audiovisuelle innovante sera doté dès 2005 de 4 millions deuros et contribuera au financement des oeuvres les plus ambitieuses, celles qui ont le plus de difficultés à obtenir des financements.» «La multiplication des canaux de diffusion doit saccompagner dun effort de production, a déclaré, hier, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, au Mipcom. Avant de détailler les mesures quil a prises en septembre dernier, à savoir le crédit dimpôt, le soutien à la création de fonds régionaux daide à la production et la mise en place dun fonds pour la création audiovisuelle innovante.

«Le crédit dimpôt comme les aides régionales sont destinés à redonner du dynamisme à la localisation sur le territoire français des productions, a précisé le ministre. Nos industries techniques, nos auditoriums, nos studios, nos entreprises de location de matériels et de prestations techniques offrent des compétences de très haute qualité, notamment dans ces domaines dexcellence que sont la postproduction et les effets spéciaux numériques. Cette technicité ayant un coût, jai souhaité faire bénéficier la production audiovisuelle dun crédit dimpôt. Une enveloppe de 34 millions deuros y sera consacrée en 2005.»

Soutenir la production audiovisuelle française, la valoriser sur le plan international, cest aussi soutenir la création dans ce quelle a de plus innovant, cest favoriser la diversité des écritures, des formats, des sujets. Ainsi, le fonds pour la création audiovisuelle innovante sera doté dès 2005 de 4 millions deuros et contribuera au financement des oeuvres les plus ambitieuses, celles qui ont le plus de difficultés à obtenir des financements.»

Evoquant les délocalisations, contre lesquelles il entend lutter, Renaud Donnedieu de Vabres nentend pas renoncer à faire de la France une «terre daccueil» pour les productions étrangères. «Des fictions télévisées étrangères sont tournées en France. Un épisode ou deux de Sex in the City ; une série allemande, Alexandria, une série russe, LAventurière, une série chinoise…» Une tendance que le ministre encourage et qui confirme, si besoin en était, que les tournages nationaux posent problème quand ils se réalisent à létranger et quinversement la France ne trouve rien à redire quand les productions étrangères viennent chez nous.

Crédit d’impôt

6 octobre 2004

C’est toujours un plaisir et un honneur de venir à Cannes, rendez-vous international du cinéma, mais aussi de l’industrie des programmes audiovisuels. Je suis très heureux de rencontrer ce soir les professionnels de la télévision venus du monde entier.

Et je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement Paul Zilk, Président de Reed Midem, de m’avoir invité à participer à cette soirée, qui clôt la journée en l’honneur de la France, à l’occasion du vingtième anniversaire du MIPCOM.

Le MIPCOM est devenu l’un des plus importants marchés des films et des programmes pour la télévision, la vidéo, le câble et les satellites.

Comme tout marché, c’est un lieu d’échanges, non seulement de produits et de services, mais aussi d’idées et de réflexions, notamment sur les évolutions technologiques, entre les quelque dix mille participants, représentant plus de 90 pays. C’est donc, par excellence, un lieu de diversité.

Vous connaissez mon engagement en faveur de cette diversité culturelle, qui n’est autre que le devoir de chacune de nos nations à défendre et à promouvoir la richesse inhérente à sa culture.

La production audiovisuelle, la création d’œuvres pour la télévision, comme d’ailleurs pour le cinéma, contribue à l’enrichissement de nos cultures. Nous devons préserver et développer cet espace de liberté pour nos créateurs.

Cette édition du MIPCOM est placée sous le signe de cette diversité et de cette liberté, on pourrait la comparer à la diversité des flux et des flots d’une mer, qui symbolise les courants d’échanges qui la traversent. Making Waves, faire des vagues, tel est la « signature » que vous avez retenue pour cette XXe édition !

Permettre ces échanges, c’est aussi permettre aux nouvelles vagues de se répandre et de se mélanger aux autres.

La diversité, c’est ce mouvement continuel, où surgit l’inattendu, la surprise, non seulement dans le divertissement, mais aussi dans tout ce qui fait appel à l’intelligence et à la sensibilité des téléspectateurs à travers le monde.

C’est pourquoi je suis très attaché à encourager la circulation des œuvres, qui nous permet de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. C’est un enjeu important aussi pour construire l’Europe de la culture en laquelle je crois.

Je suis ouvert à toute proposition de votre part pour renforcer les mécanismes existants, ou en imaginer de nouveaux, pour faciliter cette circulation des œuvres dans le cadre du nouveau Plan Média de l’Union européenne.

J’ai bien conscience que vos échanges permettent à cette diversité de prendre corps. La télévision connaît une formidable expansion, grâce aux évolutions technologiques, et aux productions dont les œuvres enrichissent notre patrimoine commun.

La multiplication des canaux de diffusion répond à une demande des téléspectateurs. Elle doit s’accompagner d’un effort de production. Nous avons besoin aujourd’hui de davantage de contenus. Je souhaite que le succès de la télévision serve la culture et facilite l’accès au savoir. Qu’il permette la diffusion d’œuvres originales, dans tous les genres, du documentaire à la fiction ou à l’animation, sans oublier les émissions de divertissement.

La France a une chance à saisir dans cet environnement en mutation, car elle dispose d’un atout incomparable, le talent de ses créateurs et producteurs.

Je l’ai dit, il y a moins d’un mois à Saint-Tropez, en célébrant les dix ans de TVFI, dont je salue le Président, Jean-Louis Guillaud, que je tiens à féliciter pour l’efficacité de son action au service des distributeurs et des producteurs français : la France doit s’affirmer comme une nation exportatrice de programmes, qui reflètent la qualité et la diversité de ses créations.

Les achats de nos programmes par les chaînes du monde entier sont une contribution essentielle pour l’économie du secteur audiovisuel. Ils sont aussi une chance pour la culture française qui peut ainsi toucher des publics nouveaux, sensibles au sérieux de nos documentaires, à l’inventivité de nos films d’animation, à la qualité originale de nos fictions.

Je me réjouis aussi que les coproductions internationales se développent et permettent la réalisation d’œuvres ambitieuses dans tous les genres.

Aujourd’hui, c’est la journée de la France. Il y a un « label France ». Un label de qualité. Un label de compétences. Un label de diversité.

Ce label s’appuie sur les richesses de notre patrimoine, qui sont l’objet d’une attention particulière de la part de l’État et des collectivités territoriales, attachés non seulement à les préserver, mais aussi à les faire vivre et à les animer.

Je souhaite que nos paysages, nos monuments, nos villes et nos villages, soient encore mieux valorisés à l’étranger, en particulier auprès des producteurs audiovisuels et cinématographiques. Les collectivités territoriales ont ici un rôle majeur à jouer.

La France est un grand pays de télévision, qui a su développer une très grande expertise technique et artistique.

Nous pouvons, vous pouvez, compter sur la force des talents de nos scénaristes, de nos réalisateurs, de nos comédiens et de nos techniciens. Contrairement à une idée reçue, beaucoup d’entre eux, et de plus en plus, parlent plusieurs langues, et en particulier, bien sûr, la langue anglaise.

Il est évidemment souhaitable que la production des œuvres puisse se faire dans des conditions économiques saines.

Je sais qu’il est parfois difficile pour les producteurs de trouver l’ensemble des financements dont ils ont besoin pour réaliser leurs projets dans de bonnes conditions.
C’est pourquoi j’ai décidé de mettre en place dès 2005 un premier train de mesures en faveur de l’audiovisuel. Je les ai annoncées le 22 septembre dernier à l’occasion de la présentation du budget 2005 de mon ministère.

Ces premières mesures sont au nombre de trois : le crédit d’impôt, le soutien à la création de fonds régionaux d’aide à la production, la mise en place d’un fonds pour la création audiovisuelle innovante.

Elles permettront de donner un nouvel essor à la production audiovisuelle française.

Le crédit d’impôt, comme les aides régionales, sont destinés à redonner du dynamisme à la localisation sur le territoire français des productions.

Nous sommes riches de notre expertise technique dans tous les métiers de la production.

Nos industries techniques, nos auditoriums, nos studios, nos entreprises de location de matériels et de prestations techniques offrent des compétences de très haute qualité, notamment dans ces domaines d’excellence que sont la post-production et les effets spéciaux numériques. Je le sais, cette technicité a un coût. C’est pourquoi j’ai souhaité faire bénéficier la production audiovisuelle d’un crédit d’impôt.

Je vous annonce qu’une enveloppe de 34 M€ y sera consacrée en 2005.

L’aide à la création innovante que je mettrai en place dès 2005 favorisera le développement de cet esprit créatif qui doit caractériser le « label France ».
Oui, soutenir la production audiovisuelle française, la valoriser sur le plan international, c’est aussi soutenir la création dans ce qu’elle a de plus innovant, c’est favoriser la diversité des écritures, des formats, des sujets. Ainsi, le fonds pour la création audiovisuelle innovante sera doté dès 2005, de 4 M€, et contribuera au financement des œuvres les plus ambitieuses, qui sont aussi celles, j’en ai conscience, qui ont le plus de difficultés à obtenir des financements.

Je crois profondément dans les atouts de la France. Je suis fier de la créativité et de l’attractivité de mon pays.

Dans l’exercice de mes fonctions, je suis naturellement, et par goût personnel, le « VRP » des programmes français. Et je suis toujours à la disposition des professionnels pour favoriser l’exportation de nos programmes, par exemple, dès la fin de cette semaine, en Chine, à Pékin, Shanghaï et Hong Kong, où je vais lancer l’année de la France, aux côtés du Président de la République.

Je soutiens les atouts de la France en Europe et dans le monde. Mais pas dans un esprit défensif. Bien au contraire. Dans un esprit de conquête, d’ouverture, et de dialogue, conformément à la vision de la diversité culturelle que j’ai rappelée au début de ce propos. Je suis un fervent partisan du développement des échanges.

Et si je soutiens la circulation des programmes français, en particulier en Europe, c’est parce je sais tout l’apport des coproductions ou des pré-ventes. Des programmes de grande qualité en ont bénéficié. Des documentaires reconnus, mais aussi des succès de l’animation français comme Cédric ou Funky cops, ou de la fiction, comme Milady, Les Trois mousquetaires, ou Dalida.

Et si je suis résolu à lutter contre les délocalisations qui me paraissent absurdes au regard de la richesse du patrimoine et des talents que nous avons à offrir au monde, je tiens aussi à faire de la France une terre d’accueil.

Je me réjouis que des fictions télévisées étrangères soient tournées en France. J’en connais quelques exemples : un épisode ou deux de Sex in the city, une série allemande, Alexandria, une série russe, l’Aventurière, une série chinoise.

Je souhaite, Mesdames et Messieurs, une industrie audiovisuelle dynamique et ouverte sur le monde.

Je vous souhaite la bienvenue en France, non seulement pour échanger vos expériences, vendre et acheter vos programmes, mais aussi pour tourner et réaliser vos productions. Car c’est ainsi que nous ferons vivre la diversité culturelle qui permet de partager, avec les téléspectateurs, tant d’émotions, de questions, de réflexions, de découvertes et de plaisirs.

La Commission nationale du film France et son réseau de commissions régionales ont un rôle très important à jouer dans cette perspective.

Elle est un véritable outil au service de tous ceux qui veulent tourner en France. Épaulée par le réseau diplomatique français, où nos attachés audiovisuels font un travail formidable, elle a à cœur de valoriser nos atouts auprès de tous les producteurs d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques.

Je fais toute confiance à Frédéric Brillion, Président de la Commission nationale, pour donner un nouvel élan à cette association et pour faire en sorte que notre pays soit la terre d’accueil de tous ceux qui mettent leurs talents au service de la création.

Clôture de la journée française du MIPCOM

6 octobre 2004

Je sais qu’il est parfois difficile pour les producteurs de trouver l’ensemble des financements dont ils ont besoin pour réaliser leurs projets dans de bonnes conditions.
C’est pourquoi j’ai décidé de mettre en place dès 2005 un premier train de mesures en faveur de l’audiovisuel. Je les ai annoncées le 22 septembre dernier à l’occasion de la présentation du budget 2005 de mon ministère…. C’est toujours un plaisir et un honneur de venir à Cannes, rendez-vous international du cinéma, mais aussi de l’industrie des programmes audiovisuels. Je suis très heureux de rencontrer ce soir les professionnels de la télévision venus du monde entier.

Et je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement Paul Zilk, Président de Reed Midem, de m’avoir invité à participer à cette soirée, qui clôt la journée en l’honneur de la France, à l’occasion du vingtième anniversaire du MIPCOM.

Le MIPCOM est devenu l’un des plus importants marchés des films et des programmes pour la télévision, la vidéo, le câble et les satellites.

Comme tout marché, c’est un lieu d’échanges, non seulement de produits et de services, mais aussi d’idées et de réflexions, notamment sur les évolutions technologiques, entre les quelque dix mille participants, représentant plus de 90 pays. C’est donc, par excellence, un lieu de diversité.

Vous connaissez mon engagement en faveur de cette diversité culturelle, qui n’est autre que le devoir de chacune de nos nations à défendre et à promouvoir la richesse inhérente à sa culture.

La production audiovisuelle, la création d’œuvres pour la télévision, comme d’ailleurs pour le cinéma, contribue à l’enrichissement de nos cultures. Nous devons préserver et développer cet espace de liberté pour nos créateurs.

Cette édition du MIPCOM est placée sous le signe de cette diversité et de cette liberté, on pourrait la comparer à la diversité des flux et des flots d’une mer, qui symbolise les courants d’échanges qui la traversent. Making Waves, faire des vagues, tel est la « signature » que vous avez retenue pour cette XXe édition !

Permettre ces échanges, c’est aussi permettre aux nouvelles vagues de se répandre et de se mélanger aux autres.

La diversité, c’est ce mouvement continuel, où surgit l’inattendu, la surprise, non seulement dans le divertissement, mais aussi dans tout ce qui fait appel à l’intelligence et à la sensibilité des téléspectateurs à travers le monde.

C’est pourquoi je suis très attaché à encourager la circulation des œuvres, qui nous permet de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. C’est un enjeu important aussi pour construire l’Europe de la culture en laquelle je crois.

Je suis ouvert à toute proposition de votre part pour renforcer les mécanismes existants, ou en imaginer de nouveaux, pour faciliter cette circulation des œuvres dans le cadre du nouveau Plan Média de l’Union européenne.

J’ai bien conscience que vos échanges permettent à cette diversité de prendre corps. La télévision connaît une formidable expansion, grâce aux évolutions technologiques, et aux productions dont les œuvres enrichissent notre patrimoine commun.

La multiplication des canaux de diffusion répond à une demande des téléspectateurs. Elle doit s’accompagner d’un effort de production. Nous avons besoin aujourd’hui de davantage de contenus. Je souhaite que le succès de la télévision serve la culture et facilite l’accès au savoir. Qu’il permette la diffusion d’œuvres originales, dans tous les genres, du documentaire à la fiction ou à l’animation, sans oublier les émissions de divertissement.

La France a une chance à saisir dans cet environnement en mutation, car elle dispose d’un atout incomparable, le talent de ses créateurs et producteurs.

Je l’ai dit, il y a moins d’un mois à Saint-Tropez, en célébrant les dix ans de TVFI, dont je salue le Président, Jean-Louis Guillaud, que je tiens à féliciter pour l’efficacité de son action au service des distributeurs et des producteurs français : la France doit s’affirmer comme une nation exportatrice de programmes, qui reflètent la qualité et la diversité de ses créations.

Les achats de nos programmes par les chaînes du monde entier sont une contribution essentielle pour l’économie du secteur audiovisuel. Ils sont aussi une chance pour la culture française qui peut ainsi toucher des publics nouveaux, sensibles au sérieux de nos documentaires, à l’inventivité de nos films d’animation, à la qualité originale de nos fictions.

Je me réjouis aussi que les coproductions internationales se développent et permettent la réalisation d’œuvres ambitieuses dans tous les genres.

Aujourd’hui, c’est la journée de la France. Il y a un « label France ». Un label de qualité. Un label de compétences. Un label de diversité.

Ce label s’appuie sur les richesses de notre patrimoine, qui sont l’objet d’une attention particulière de la part de l’État et des collectivités territoriales, attachés non seulement à les préserver, mais aussi à les faire vivre et à les animer.

Je souhaite que nos paysages, nos monuments, nos villes et nos villages, soient encore mieux valorisés à l’étranger, en particulier auprès des producteurs audiovisuels et cinématographiques. Les collectivités territoriales ont ici un rôle majeur à jouer.

La France est un grand pays de télévision, qui a su développer une très grande expertise technique et artistique.

Nous pouvons, vous pouvez, compter sur la force des talents de nos scénaristes, de nos réalisateurs, de nos comédiens et de nos techniciens. Contrairement à une idée reçue, beaucoup d’entre eux, et de plus en plus, parlent plusieurs langues, et en particulier, bien sûr, la langue anglaise.

Il est évidemment souhaitable que la production des œuvres puisse se faire dans des conditions économiques saines.

Je sais qu’il est parfois difficile pour les producteurs de trouver l’ensemble des financements dont ils ont besoin pour réaliser leurs projets dans de bonnes conditions.
C’est pourquoi j’ai décidé de mettre en place dès 2005 un premier train de mesures en faveur de l’audiovisuel. Je les ai annoncées le 22 septembre dernier à l’occasion de la présentation du budget 2005 de mon ministère.

Ces premières mesures sont au nombre de trois : le crédit d’impôt, le soutien à la création de fonds régionaux d’aide à la production, la mise en place d’un fonds pour la création audiovisuelle innovante.

Elles permettront de donner un nouvel essor à la production audiovisuelle française.

Le crédit d’impôt, comme les aides régionales, sont destinés à redonner du dynamisme à la localisation sur le territoire français des productions.

Nous sommes riches de notre expertise technique dans tous les métiers de la production.

Nos industries techniques, nos auditoriums, nos studios, nos entreprises de location de matériels et de prestations techniques offrent des compétences de très haute qualité, notamment dans ces domaines d’excellence que sont la post-production et les effets spéciaux numériques. Je le sais, cette technicité a un coût. C’est pourquoi j’ai souhaité faire bénéficier la production audiovisuelle d’un crédit d’impôt.

Je vous annonce qu’une enveloppe de 34 M€ y sera consacrée en 2005.

L’aide à la création innovante que je mettrai en place dès 2005 favorisera le développement de cet esprit créatif qui doit caractériser le « label France ».
Oui, soutenir la production audiovisuelle française, la valoriser sur le plan international, c’est aussi soutenir la création dans ce qu’elle a de plus innovant, c’est favoriser la diversité des écritures, des formats, des sujets. Ainsi, le fonds pour la création audiovisuelle innovante sera doté dès 2005, de 4 M€, et contribuera au financement des œuvres les plus ambitieuses, qui sont aussi celles, j’en ai conscience, qui ont le plus de difficultés à obtenir des financements.

Je crois profondément dans les atouts de la France. Je suis fier de la créativité et de l’attractivité de mon pays.

Dans l’exercice de mes fonctions, je suis naturellement, et par goût personnel, le « VRP » des programmes français. Et je suis toujours à la disposition des professionnels pour favoriser l’exportation de nos programmes, par exemple, dès la fin de cette semaine, en Chine, à Pékin, Shanghaï et Hong Kong, où je vais lancer l’année de la France, aux côtés du Président de la République.

Je soutiens les atouts de la France en Europe et dans le monde. Mais pas dans un esprit défensif. Bien au contraire. Dans un esprit de conquête, d’ouverture, et de dialogue, conformément à la vision de la diversité culturelle que j’ai rappelée au début de ce propos. Je suis un fervent partisan du développement des échanges.

Et si je soutiens la circulation des programmes français, en particulier en Europe, c’est parce je sais tout l’apport des coproductions ou des pré-ventes. Des programmes de grande qualité en ont bénéficié. Des documentaires reconnus, mais aussi des succès de l’animation français comme Cédric ou Funky cops, ou de la fiction, comme Milady, Les Trois mousquetaires, ou Dalida.

Et si je suis résolu à lutter contre les délocalisations qui me paraissent absurdes au regard de la richesse du patrimoine et des talents que nous avons à offrir au monde, je tiens aussi à faire de la France une terre d’accueil.

Je me réjouis que des fictions télévisées étrangères soient tournées en France. J’en connais quelques exemples : un épisode ou deux de Sex in the city, une série allemande, Alexandria, une série russe, l’Aventurière, une série chinoise.

Je souhaite, Mesdames et Messieurs, une industrie audiovisuelle dynamique et ouverte sur le monde.

Je vous souhaite la bienvenue en France, non seulement pour échanger vos expériences, vendre et acheter vos programmes, mais aussi pour tourner et réaliser vos productions. Car c’est ainsi que nous ferons vivre la diversité culturelle qui permet de partager, avec les téléspectateurs, tant d’émotions, de questions, de réflexions, de découvertes et de plaisirs.

La Commission nationale du film France et son réseau de commissions régionales ont un rôle très important à jouer dans cette perspective.

Elle est un véritable outil au service de tous ceux qui veulent tourner en France. Épaulée par le réseau diplomatique français, où nos attachés audiovisuels font un travail formidable, elle a à cœur de valoriser nos atouts auprès de tous les producteurs d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques.

Je fais toute confiance à Frédéric Brillion, Président de la Commission nationale, pour donner un nouvel élan à cette association et pour faire en sorte que notre pays soit la terre d’accueil de tous ceux qui mettent leurs talents au service de la création.

Un crédit d'impôt de 34 millions d'euros pour la production audiovisuelle

6 octobre 2004

M. Donnedieu de Vabres a également indiqué quil était « résolu à lutter contre les délocalisations (de tournage) qui me paraissent absurdes au regard de la richesse du patrimoine et des talents que nous avons à offrir au monde » et quil voulait faire de la France « une terre daccueil » pour ces mêmes tournages… Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres a annoncé mardi à Cannes (Alpes-Maritimes) un crédit dimpôt de 34 millions deuros pour la production audiovisuelle.

« Nos industries techniques, nos auditoriums, nos studios, nos entreprises de location de matériels et de prestations techniques offrent des compétences de très haute qualité (…) Cette technicité a un coût. Cest pourquoi jai souhaité faire bénéficier la production audiovisuelle dun crédit dimpôt (…) Une enveloppe de 34 millions deuros y sera consacré en 2005 », a notamment déclaré le ministre, en déplacement à Cannes à loccasion du Mipcom (marché international des contenus audiovisuels).

« Le fonds pour la création audiovisuelle innovante sera doté dès 2005, de 4 millions deuros, et contribuera au financement des oeuvres les plus ambitieuses, qui sont aussi celles qui ont le plus de difficultés à obtenir des financements », a-t-il encore déclaré dans un discours prononcé à loccasion dun dîner en hommage à Jean-Louis Guillaud, président de TVFI, société chargée de lexportation des distributeurs et producteurs français.

A loccasion de ce discours, le ministre a rappelé les trois mesures en faveur de laudiovisuel annoncées le 22 septembre à loccasion de la présentation du budget 2005 de son ministère: crédits dimpôt, soutien à la création de fonds régionaux daides à la production, mise en place dun fonds pour la création audiovisuelle innovante.

M. Donnedieu de Vabres a également indiqué quil était « résolu à lutter contre les délocalisations (de tournage) qui me paraissent absurdes au regard de la richesse du patrimoine et des talents que nous avons à offrir au monde » et quil voulait faire de la France « une terre daccueil » pour ces mêmes tournages.

Le crédit dimpôt audiovisuel vise à relocaliser en France les dépenses de tournage et de post-production. Il prend la forme dune baisse de limpôt sur les sociétés dû ou dun remboursement de ladministration fiscale si lentreprise ne réalise pas de bénéfice imposable.

Remise des insignes d’Officier dans l’Ordre des arts et des lettres à Jean-Pierre Léaud, au Centre Georges Pompidou

4 octobre 2004

Cher Jean-Pierre Léaud,

Je veux d’abord vous remercier d’être venu célébrer avec nous tous,
sans nostalgie, la mémoire vivante de François Truffaut.

Parce que vous incarnez son double intime, parce que vous êtes, selon
l’expression de Serge Toubiana, son alter ego, parce que vous tenez
une place unique, au coeur de cette mémoire, j’ai souhaité vous rendre
un hommage particulier ce soir.

Sans nostalgie, mais non sans une extraordinaire émotion, perceptible
sur chacune des images que nous venons de voir.

Elles montrent à quel point François Truffaut a su saisir votre
spontanéité, votre liberté, votre densité, votre intelligence, votre
sensibilité et votre sincérité.

Aujourd’hui, à la lumière de l’ensemble de vos rôles, qui font de vous
une personnalité unique de notre cinéma, ces traits de votre
personnalité d’acteur éclatent comme une évidence.

Tout comme cette autre évidence : aux yeux de François Truffaut, dès
votre première rencontre, vous êtes Antoine Doinel.

« Je crois qu’au départ, écrit-il, il y avait beaucoup de moi-même dans
le personnage d’Antoine. Mais dès que Jean-Piere Léaud est arrivé, sa
personnalité qui était très forte m’a amené à modifier souvent le
scénario. » Il définit ce personnage imaginaire comme « la synthèse de
deux personnes réelles, Jean-Pierre Léaud et moi » .

Le coup d’essai que nous venons de voir, le premier des Quatre cents
coups, fut, à coup sûr, un coup de maître. Cette scène, est un acte de
naissance : le vôtre en tant qu’acteur, et celui du cinéma de Truffaut.

Elle Illustre ce propos de Jean Renoir, que François Truffaut admirait, et
qui paraît fixer l’étincelle de votre rencontre : « Le metteur en scène
n’est pas un créateur, il est une sage-femme. Son métier est
d’accoucher l’acteur d’un enfant dont celui-ci ne soupçonnait pas la
présence dans son ventre. »

Antoine Doinel est cet enfant. Il a grandi. Ses Aventures ont marqué
vingt ans de votre vie. Elles ont laissé une empreinte profonde dans
l’histoire du cinéma. Elle font partie de notre histoire, de notre culture.

En cet instant, je pense à son monologue, devant le miroir, au début de
Baisers volés, où il répète son nom, de plus en plus fort, comme une
quête d’identité, d’une intensité croissante. Ou à ces parois de verre qui
se multiplient autour de lui dans Domicile conjugal.

L’intensité de ce personnage a révolutionné le cinéma.

Il a fait de vous le symbole de la Nouvelle Vague, puisque vous avez
élargi le chemin ouvert par François Truffaut avec Jean-Luc Godard,
mais aussi Jacques Rivette, et Jean Eustache.

François Truffaut l’a dit mieux que personne, dans cette citation :
« Jean-Pierre Léaud est un acteur anti-documentaire, même quand il dit
bonjour, nous basculons dans la fiction, pour ne pas dire dans la
science-fiction. Avant la guerre, le public, dont l’oreille n’était pas encore
banalisée par la télévision, appréciait les acteurs spéciaux, les dictions
singulières : on aimait l'accent roumain de Popesco, la saccade
asthmatique de Louis Jouvet, la véhémence hallucinée de Robert Le
Vigan. Halluciné, le mot est lâché. Jean-Pierre, fils naturel de Goupi
Tonkin, secrète lui aussi de la plausibilité et de la vraisemblance mais
son réalisme est celui des rêves ».

Vous êtes l’un de ces très rares acteurs dont l’on peut dire qu’ils sont
« mythiques », c’est-à-dire qu’ils repoussent les frontières de
l’imaginaire, pour aller plus loin que les oeuvres qui donnent corps à nos
rêves.

Parce que vous avez joué pour les plus grands, en France et dans le
monde, pour Pasolini, pour Bertolucci, pour Kaurismaki, pour Tsai Ming
Liang.

Votre grande exigence dans le choix de vos rôles, votre immense talent,
votre charisme qui crée autour de vous comme un champ magnétique,
vous les avez mis au service de nombreux premiers films. Je pense par
exemple à ceux de Lucas Belvaux et de Bertrand Bonello.

Cette générosité, cet engagement au service de votre art, cette façon
d’être, constamment habitée par vos rôles, dans leur extraordinaire
diversité , des plus graves aux plus facétieux, forment une grande
continuité tout au long d’une carrière qu’il faut appeler un destin.

Un destin lumineux , qui éclaire les paysages traversés par ces « trains
dans la nuit », selon l’expression de Ferrand, les films que nous aimons.
Cher Jean-Pierre Léaud, au nom de la République, je vous fais officier
dans l’ordre des Arts et des Lettres.

Hommage à François Truffaut

4 octobre 2004

Chers Amis,

Il y a bientôt vingt ans, François Truffaut nous quittait. Il avait cinquante-deux ans.

Nous sommes ici pour lui rendre hommage et je vous remercie d’être venus si nombreux ce
soir, vous qui l’avez connu, vous qui avez travaillé avec lui, vous qui l’aimez.

Voici donc vingt ans que nous sommes tous orphelins de François Truffaut.

Et vous êtes sa famille, ses proches, celles et ceux qu’il aimait. Merci d’être venus célébrer
sa mémoire, son talent, son humanité, son génie, son actualité.

Vous êtes ses fidèles. François Truffaut a marqué vos carrières, vos destins, vos vies.

Ses oeuvres ont changé tous ceux qui les ont vues. Elles font évidemment partie de l’histoire
du cinéma. De notre histoire.

Le critique, l’auteur, le cinéaste, reconnu par ses pairs en France et dans le monde,
s’interrogeait parfois sur la place qu’il tiendrait dans cette histoire. Nous savons aujourd’hui
qu’il figure parmi les plus grands.

Il a dit que « les films sont plus harmonieux que la vie ». Et à la question « à quoi sert le
cinéma ? », il répondait, « je reprendrai la définition de Cocteau pour la poésie : c’est
indispensable mais je ne sais pas exactement à quoi ».

Sans doute pouvons nous ajouter aujourd’hui que le cinéma, s’il n’est pas plus important que
la vie, lui est indispensable. François Truffaut vivait pour le cinéma. Et le cinéma de François
Truffaut est un roman de la vie.

C’est pourquoi il reste si proche de nous.

C’est pourquoi je vous invite à faire, sans mélancolie, sans tristesse, de cet hommage qui lui
est dû, un hommage à la vie.

La vie où beaucoup, sinon tout, se joue lors de l’enfance, lors de l’adolescence, où il s’est
éveillé à l’existence et au cinéma. Ce moment, ce passage, que Les Quatre cents coups ont
rendu inoubliable.

C’est pourquoi j’ai tenu à associer Jean-Pierre Léaud, son acteur et son double, à cette
soirée. Je le remercie de sa présence.

Nous sommes tous particulièrement sensibles à la présence de Madeleine Morgenstern et
de sa fille, Eva Truffaut. Je tiens à les remercier.

Je remercie également Marin Karmitz, qui nous a prêté la copie que vous allez voir dans un
instant, qui a restauré le film, et dont je tiens à souligner l’engagement pour la préservation
de notre patrimoine cinématographique. J’associe à ces remerciements la Fondation GAN,
qui a participé à cette restauration.

Vous pourrez voir, exposés dans l’entrée de la salle des documents particulièrement
émouvants. Je remercie la Bibliothèque du Film (BIFI) et son directeur Marc Vernet de nous
les avoir prêtés.

Je remercie enfin tout particulièrement Jeanne Moreau, son admirable interprète, son amie,
sa confidente, ainsi que tous les acteurs, chers à François Truffaut, qui sont présents ce soir
et qu’elle va appeler dans un instant à nous rejoindre, après le message que je vais lire, et
qui nous est adressé par le Président de la République.

Réunion du comité national des professions du spectacle-CNPS

4 octobre 2004

Je tiens à saluer, devant votre assemblée, l’esprit de responsabilité et de dialogue – les talents multiples, aussi – de tous ceux qui ont permis que se conjuguent, dans une harmonie retrouvée et une tension maintenue, la qualité des spectacles et l’exigence du débat… Rassurez-vous, je ne vous ferai pas un long discours. Je me contenterai d’une rapide introduction à un ordre du jour que je sais chargé – et je me réjouis que nous puissions poursuivre nos échanges, à l’issue de la réunion, autour d’un buffet informel.

Je suis heureux de vous retrouver ce matin, après la période de l’été, pour évoquer avec vous la poursuite des actions engagées depuis le printemps dernier et les grandes étapes qui nous attendent d’ici la fin de l’année 2004 pour préparer l’avenir du système.

Le 8 septembre dernier, j’ai présenté une communication en Conseil des ministres sur le bilan des festivals du printemps et de l’été 2004. Nombreux (ils sont plus de mille), ils se sont déroulés dans de bonnes conditions. Une large place a été aussi donnée au débat, qui a fait progresser notre réflexion commune. Je suis allé m’en rendre compte et y participer, sur place, aussi souvent que possible. Ces festivals ont permis aux artistes de rencontrer leur public, d’expérimenter des formes nouvelles d’expression, de créer des lieux ouverts et de nourrir la création contemporaine.

Je tiens à saluer, devant votre assemblée, l’esprit de responsabilité et de dialogue – les talents multiples, aussi – de tous ceux qui ont permis que se conjuguent, dans une harmonie retrouvée et une tension maintenue, la qualité des spectacles et l’exigence du débat. J’y vois, et le Gouvernement avec moi, un puissant encouragement – je devrais dire un devoir ! – à poursuivre, de manière déterminée, nos efforts communs pour parvenir à un système satisfaisant de soutien à l’emploi des artistes et techniciens du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel.

Quelques mots de ce qui a été fait au cours de l’été

Depuis le 1er juillet, comme je m’y étais engagé devant vous le 7 juin dernier, la mise en œuvre du fonds provisoire spécifique est effective. Ce fonds permet de faire bénéficier d’une ouverture de droits les salariés qui ont effectué 507h sur 12 mois au lieu de 11 mois prévus par l’accord du 26 juin 2003 – ainsi que ceux qui ont eu un congé de maladie de plus de trois mois. Géré par l’UNEDIC, ce fonds est alimenté par l’Etat. Une cellule de suivi, placée sous la responsabilité de Monsieur Michel LAGRAVE, Conseiller maître honoraire à la Cour des Comptes, a été constituée au cours de l’été, pour veiller à la mise en œuvre du fonds et pour répondre aux éventuelles difficultés. Monsieur Michel LAGRAVE, que je voudrais chaleureusement remercier, présentera au cours de cette réunion un point d’étape sur la mise en place de ce fonds. Nous pourrons avoir un premier échange sur l’analyse de la situation qu’il nous proposera.

Les efforts de tous les services concernés par la lutte contre le travail illégal se poursuivent et portent leurs fruits. Je vous rappelle que le secteur du spectacle a été défini comme l’un des quatre secteurs prioritaires du gouvernement en matière de lutte contre le travail illégal. Le 14 septembre, un certain nombre d’entre vous ont participé au comité de suivi de la convention nationale de lutte contre le travail illégal dans le spectacle. Quelques premiers résultats significatifs ressortent de cette réunion : près de 600 entreprises ont été contrôlées depuis 11 mois ; la progression du nombre d’entreprises contrôlées a été permanente au cours de cette période ; le nombre de procédures pénales qui y font suite s’est accru fortement au cours des derniers mois, ce qui marque clairement la montée en charge du dispositif et la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés.

Une véritable dynamique s’est aujourd’hui engagée au plan local entre les services compétents, à la fois pour une meilleure efficacité des contrôles et pour le développement d’actions de prévention à l’attention des entreprises comme des collectivités. Ces actions, par leur exemplarité, devraient avoir un effet positif sur les pratiques d’emploi de ce secteur. Vous savez l’importance que j’attache à ce volet de notre action, qui fonde la légitimité de notre démarche.

Le 7 juin dernier, j’ai demandé à l’ensemble des directeurs régionaux des affaires culturelles, afin de contribuer à l’assainissement des pratiques d’emploi dans le secteur subventionné, de procéder à un examen de la situation des établissements ou associations bénéficiaires des subventions du ministère au regard du respect du droit du travail. Là aussi une dynamique s’est engagée, associant les co-financeurs des structures subventionnées.

J’ai, dans le même esprit, invité les responsables des chaînes de télévision, publiques et privées, des sociétés de production du cinéma et de l’audiovisuel, à se mobiliser et à se montrer particulièrement vigilants, pour mettre un terme à certaines dérives qui ont pu se produire en matière de recours à l’intermittence, pour pérenniser, sur des contrats durables, les activités qui le justifient, pour veiller à ce que, chez leurs sous-traitants, le même niveau d’exigence se manifeste. Dans toutes ces sociétés, on me dit que ces demandes commencent à produire des effets et que, conjuguées au renforcement des contrôles, elles ont permis d’enclencher un mouvement. Vous pouvez être assurés que je demeure, autant que jamais, déterminé à ce que les employeurs soient pleinement responsabilisés sur leurs pratiques d’emploi et sur un scrupuleux respect des règles du droit du travail.

Jacques CHARPILLON vous a adressé, le 25 août dernier, un premier document de travail sur un sujet délicat, qu’il a mené dans des délais serrés et avec un esprit de concertation que je veux saluer. Son projet de rapport permet de recenser et d’ordonner les différentes pistes qui ont été évoquées ces dernières années, d’en suggérer de nouvelles, pour mieux définir le périmètre des métiers et secteurs dont les spécificités justifient le recours à l’intermittence. Sa démarche permet de recueillir, sur chacune de ses propositions, les avis des professionnels des secteurs concernés. Plusieurs d’entre vous (il a reçu 15 contributions !) lui ont adressé des réactions, qu’il a bien voulu me communiquer, et dont j’ai pris connaissance avec beaucoup d’attention et d’intérêt.

Pour que les choses soient tout à fait claires entre nous, je tiens à affirmer mon attachement, de manière générale mais plus encore sur un sujet sensible, à la totale liberté et responsabilité de proposition du rapporteur comme à la totale liberté et responsabilité des partenaires sociaux et des pouvoirs publics quant aux mesures qu’ils retiendront et mettront en œuvre. A cet égard, le caractère qui a pu paraître audacieux de certaines propositions de Jacques CHARPILLON, la vivacité des débats me paraissent normaux et sains, sur un tel sujet. Cela ne me gêne pas – et n’engage évidemment pas, comme il est d’usage dans la plupart des rapports, le Ministre.

Je relève d’abord que l’importance et la qualité de vos contributions montrent qu’il s’agit d’un sujet majeur, sur lequel vos organisations ont une réflexion et des propositions, que la conscience est partagée de la nécessité de maîtriser l’évolution du nombre d’employeurs et de salariés bénéficiaires des annexes VIII et X et de débattre des mesures nécessaires pour y parvenir.

Je voudrais redire, à cet égard, que la question du périmètre n’est pas à mes yeux, une question économique ou financière. C’est une question de contenu, de légitimité pour le système d’indemnisation du chômage des artistes et des techniciens. Je tiens à ce que le périmètre soit le moins contestable possible, le plus possible fondé sur des spécificités objectives des métiers : ce n’est qu’à cette condition qu’il sera accepté par nos concitoyens et qu’il justifiera la solidarité interprofessionnelle.

Je ne veux pas me prononcer sur chacune des propositions – et sur toutes vos réactions. Je voudrais, à ce stade, vous présenter simplement quelques commentaires que m’a inspirés la lecture du projet de rapport de Jacques CHARPILLON et des observations qu’il a suscitées de votre part.

Je note que beaucoup de vos contributions convergent sur les propositions qui visent à mieux réguler le fonctionnement du dispositif, grâce notamment à la possibilité d’établir une traçabilité de l’emploi, à l’incitation à la négociation collective dans ces domaines, au renforcement du rôle que l’Etat peut avoir à ce titre. Il me semble que c’est l’autre aspect – avec la lutte contre les abus et la vigilance sur l’application des textes, avec les mécanismes de subventionnement des activités culturelles et artistiques – sur lequel les pouvoirs publics peuvent accompagner les efforts des partenaires sociaux. Vous pouvez être assurés de la détermination du gouvernement auquel j’appartiens à s’engager pleinement à vos côtés dans cette perspective.

J’ai noté le relatif consensus qui paraît se dégager également pour écarter du régime des annexes VIII et X les métiers de ladministration et du support qui ne sont pas caractéristiques des professions du spectacle – et il me semble qu’il manifeste une volonté partagée par l’ensemble des organisations qui se sont exprimées de retrouver les fondements originels de ce régime. Je relève, pour m’y associer, la réserve de certains d’entre vous sur la proposition d’étendre cette exclusion aux fonctions techniques : sous une appellation apparemment identique, se cachent en effet des spécialités professionnelles très différentes, et qui ne sont pas facilement transposables d’un secteur à l’autre. L’on risquerait ainsi d’éliminer du champ des activités et des professions qui y ont toute leur place, comme on pourrait le faire si l’on retenait, pour le bénéfice du régime de l’annexe VIII, les seuls responsables chefs de file et premiers adjoints.

La priorité que j’entends réserver au développement de la diffusion des œuvres et à la conquête de nouveaux publics me retient de souscrire à la proposition qui consiste à distinguer entre les activités de création d’œuvres et les activités de diffusion, pour réserver le régime de l’intermittence aux premières. Je craindrais que les restrictions envisagées n’aboutissent à affaiblir la diffusion (ce qui serait le contraire de l’effet recherché) et ne soient, dans la pratique, très difficilement opérantes.
Je souhaite que vous puissiez aujourd’hui vous exprimer sur ces questions et sur toutes celles soulevées par Jacques CHARPILLON, pour que son rapport définitif soit bien le fruit du travail collectif auquel vous avez concouru.

Il me paraît également important que vous interveniez sur ces questions en présence de Jean-Paul GUILLOT, car vos observations nourriront la réflexion plus globale qu’il conduit sur l’expertise des dispositifs et la construction d’un système pérenne. Aussi bien, la question du périmètre ne peut-elle être qu’un des éléments d’un nouveau dispositif – et elle ne peut être traitée isolément.

En effet, la mission que j’ai confiée, à la suite de la demande exprimée par un grand nombre d’entre vous lors des réunions du CNPS, à Jean-Paul GUILLOT, vise à aider l’ensemble des acteurs concernés à construire un système pérenne de financement de l’emploi dans les secteurs du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel et tout particulièrement un système équitable et viable d’indemnisation du chômage des artistes et des techniciens. Cette mission va permettre de bénéficier d’un regard extérieur, d’un appui méthodologique pour rassembler, avec le concours de l’UNEDIC, les éléments permettant de repenser l’architecture de l’emploi culturel et de son financement dans ces secteurs, en intégrant les aspects économiques, financiers, mais aussi la spécificité de conditions d’emploi des professionnels concernés. Un groupe de suivi, réduit, accompagne les travaux de Jean-Paul GUILLOT au fur et à mesure de leur avancement. Une première réunion s’est déroulée hier, qui a permis à chacun, je crois, d’apprécier l’intérêt de la démarche ainsi engagée. Je rappelle que j’ai demandé à Jean-Paul GUILLOT de remettre ses propositions pour le 2 novembre.

Je voudrais, à ce stade de mon propos, insister sur un dernier point de calendrier. Quel que soit le degré d’avancement des travaux de Jean-Paul GUILLOT, des pouvoirs publics, des partenaires sociaux, sur l’élaboration d’un nouveau système, sur la possibilité de le mettre en place au 1er janvier 2005, il est clair que le gouvernement ne laissera pas s’installer un « no mans land » à partir du 1er janvier 2005. Ce pourra être, ce que je souhaite, un nouveau système sur lequel tout le monde se sera mis d’accord, ou bien des éléments progressifs de mise en œuvre d’un nouveau système, en attendant de parvenir à un accord complet et définitif, ou bien des mesures provisoires, à l’image du fonds spécifique provisoire qui prend fin au 31 décembre 2004, mais dont les effets pourront se prolonger en 2005 pour ceux qui y auront été éligibles au cours de l’année 2004. A l’heure où je vous parle, je n’en sais rien – et je ne veux préjuger de rien. Mais ce dont je suis certain, c’est que le gouvernement ne se désintéressera pas des dispositions qui s’appliqueront au régime d’indemnisation du chômage des artistes et techniciens du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel à partir du 1er janvier 2005.

Les travaux de Jean-Paul GUILLOT comme notre réflexion commune se nourriront aussi du débat qui se poursuit à la fois au plan national et dans les régions, au plan technique comme au plan général.

Ainsi, sur un plan technique, après les travaux de la commission emploi du CNPS, présidée par Monsieur Claude SEIBEL, dont la synthèse vous est remise, un programme de travail est prévu pour continuer à améliorer la connaissance statistique du secteur : actualisation des données analysées l’an dernier, suivi des données qui seront issues de l’interconnexion des fichiers, analyse de l’emploi permanent, analyse statistique des entreprises du spectacle, définition d’une méthode commune aux observatoires régionaux.

La commission permanente sur la sécurité dans le spectacle vivant et enregistré, chargée notamment de promouvoir la prévention des risques professionnels propres au secteur et d’analyser les causes des accidents du travail, va être constituée, à partir de vos propositions de désignation.

Les instances régionales de dialogue social dans les secteurs du spectacle vivant et enregistré se mettent progressivement en place sur l’ensemble du territoire. Plusieurs de ces réunions doivent se tenir ce mois d’octobre – et j’ai prévu d’assister à l’une d’entre elles, à Besançon, le 25 octobre prochain.

Il ressort des réunions qui se sont tenues de juin à septembre que ces instances de réflexion répondent à un vrai besoin, qu’elles permettent une prise de conscience, par l’ensemble des acteurs régionaux, des enjeux de chaque situation régionale. Ces réunions se poursuivent généralement par la mise en place de groupes de travail sur l’observation de l’emploi régional, la réglementation, les besoins de formation initiale et continue, …, dont il importera que nous puissions tirer les enseignements. Ces réunions font aussi apparaître qu’il est indispensable, aussi, que chacun des acteurs puisse exercer pleinement ses compétences. L’Etat n’est pas seul sur ces questions. L’implication des collectivités locales est d’ores et déjà une réalité massive.

Une partie de la régulation d’un secteur professionnel relève de la négociation de textes conventionnels par ses partenaires sociaux. De ce point de vue, l’activité conventionnelle du secteur du spectacle, tant vivant qu’enregistré, ne se déploie pas dans les meilleures conditions. Certains d’entre vous ont souhaité, lors de notre dernière séance, qu’un travail soit engagé sur la couverture conventionnelle du secteur. Ces travaux sont en cours. Je sais que lextension de certaines des conventions collectives signées dernièrement dans le secteur du spectacle vivant pose problème. Compte tenu de lenjeu que je viens dénoncer, je vous propose que nous menions une réflexion plus large sur la couverture conventionnelle de ce secteur dans le cadre dun groupe de travail du CNPS, que je demande à la DMDTS de constituer très rapidement, avec laide du ministère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale, pour vous aider à clarifier le champ des diverses conventions collectives. Je crois qu’il est effectivement important que tout soit fait pour que la négociation collective tienne pleinement sa place dans ce secteur. Je souhaite aussi vous dire que l’implication des services de l’Etat sera également renforcée pour accompagner les travaux de la CPNEF-SV sur les questions de formation et de qualification sur lesquelles il nous faut conjointement avancer.

J’ai enfin, la semaine dernière, présenté le budget 2005 du Ministère de la Culture et de la Communication. Vous en avez eu les échos dans la presse, aussi je ne veux pas m’y étendre trop longuement. Je voudrais simplement souligner que ce budget, qui présente l’une des plus fortes hausses (5,9 %) parmi l’ensemble des ministères, témoigne de la priorité que le gouvernement accorde aux secteurs de la culture et de la communication, et, en leur sein, vous aurez relevé la part éminente réservée au soutien au spectacle vivant. Je vous ai fait distribuer, pour votre complète information, le texte de mon discours de présentation du budget, ainsi que le dossier qui a été remis à la presse.

Les rendez-vous des prochaines semaines

Je souhaite que nous puissions dans les prochaines semaines, au plan national, avoir un débat très large, notamment afin de préparer le débat d’orientation au Parlement que j’ai sollicité et qui se déroulera en décembre. Eclairé par l’ensemble des travaux, nationaux et régionaux, qui ont été conduits ces derniers mois, ce débat devrait traiter des responsabilités respectives de l’Etat, des collectivités territoriales, des partenaires sociaux en matière de soutien à l’activité culturelle et artistique et, plus particulièrement, de soutien à l’emploi.

Je me réjouis, à ce titre, de la participation si régulière, si attentive, de parlementaires à nos réunions et qu’ils soient ainsi pleinement sensibilisés aux questions qui seront traitées dans ce cadre. Je les remercie par conséquent de leur présence à notre séance d’aujourd’hui.

Pour préparer ce débat, j’organise, le 18 octobre prochain, une journée de travail qui se déroulera à l’académie du cirque Fratellini à Saint-Denis. Je conçois cette journée, à laquelle vous êtes tous conviés, comme une occasion, pour les artistes et techniciens, de s’exprimer eux-mêmes et directement sur leurs métiers, leurs publics, sur la création, leurs attentes à l’égard des institutions. Ce doit être pour eux une occasion de faire partager la réalité de leur expérience, de mieux faire connaître leurs conditions de vie et d’emploi, de permettre à tous ceux qui les écouteront de mesurer les spécificités de ce secteur, mais aussi tous les enjeux de société qu’il porte. Nous y reviendrons au cours de cette matinée.

Le directeur de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles vous a adressé un document de travail contenant un ensemble de propositions pour le spectacle vivant, dont nous traiterons ce matin, et qui fait l’objet d’une très large diffusion, afin que les avis du plus grand nombre puissent être recueillis. Ces propositions visent à refonder la politique de soutien aux arts de la scène en s’appuyant sur deux orientations : l’ouverture à de nouveaux publics, l’affirmation de la place de l’artiste dans la cité, qui sont les axes majeurs de l’action que je souhaite mener dans mon ministère.

Je vous propose maintenant d’aborder le premier point de notre ordre du jour.

Remise des Insignes de Chevalier de l'Ordre National du Mérite à Madame Michèle Reiser

30 septembre 2004

Chère Michèle Reiser,

La passion qui vous anime est sans doute, d’abord, celle de la philosophie, car vous êtes
philosophe de formation.

Non pas celle que vous avez apprise au lycée, puis à l’université, celle qui confronte nos
conceptions et nos visions du monde, nos regards sur le monde, nos images du monde.

Et votre passion essentielle, celle qui traverse, me semble-t-il, toute votre vie et toute votre
oeuvre, c’est cette passion du monde, du monde qui nous entoure, du monde où nous
vivons. Un monde que l’ensemble de votre oeuvre nous permet de mieux connaître, grâce à
votre regard.

Un monde que vous appréhendez d’abord par les livres pour la jeunesse. Dès 1975, vous
créez une série d’émissions littéraires hebdomadaires pour les jeunes, Des Livres pour nous,
que vous présentez et produisez pendant huit ans, tout en tenant une chronique littéraire
dans Le Monde de l’éducation.

Dès 1978, vous signez vos premières réalisations, et c’est en le filmant au Festival de la
bande dessinée d’Angoulême, en 1980, que vous rencontrez Reiser. Trop tôt disparu, le 5
novembre 1983, à l’âge de quarante-deux ans, il fut l’un des créateurs les plus incisifs de
toute une génération, celui qui a décomplexé le dessin au plus haut point, en portant sur son
époque, la nôtre, un regard sans concession. C’était un homme « aux semelles de vent »,
animé dans son art de visions, dont l’exposition qui lui a été consacrée l’an dernier au Centre
Georges Pompidou nous a rappelé toute la force.

Aujourd’hui, en continuant de porter son nom, vous perpétuez sa mémoire. C’est à lui
notamment que vous consacrez votre premier portrait, diffusé sur Antenne 2 en 1985.

Puis il y a la passion de la Chine, où vous tournez, la même année, un film sur un spectacle
créé par Marcel Maréchal à Shanghaï. La Chine, où vous tournez, trois mois après les
évènements de Tian an men, en 1989, Les Amoureux de Shanghaï, un documentaire de 52
minutes sur l’amour en Chine, diffusé sur Antenne 2 le 7 mai 1990 et qui a un énorme
retentissement.

En 1993 vous tournez en quelque sorte le « négatif » de l’amour chinois, L’Amour au Brésil,
un documentaire de 52 minutes réalisé pour Canal + et diffusé l’été de cette année là.

Vous retrouvez Eros et Thanatos en signant, en 1998, pour France 2, Premiers émois,
documentaire de 52 minutes sur les enfants de sept-huit ans qui connaît un immense
succès. Début 2004, vous avez l’idée de revenir sur la vie des enfants interviewés dans
Premiers émois, qui ont donc cinq ans de plus : Vis ta vie, ou les parents ça sert à rien, porte
un regard bienveillant sur les adolescents d’aujourd’hui, leurs rêves et leurs soucis. Diffusé
sur France 5 en avril 2004, il connaît aussi un grand succès.

Cette réflexion sur l’enfance, au coeur d’une actualité parfois douloureuse et cruelle, vous la
prolongez aujourd’hui en commençant le tournage d’un film sur l’enfance et les mensonges
infantiles, pour France 5, La Vérité sort de la bouche des enfants.

Cette même passion du monde vous conduit à explorer les rapports de l’âme et du corps,
dans plusieurs films qui explorent ces « maladies du siècle » : La Maladie d’Alzheimer, qui
obtient de nombreuses distinctions ; la schizophrénie, avec cet époustouflant portrait d’un
psychotique qui vous vaut plusieurs prix, Un Homme sous haute surveillance ; les
Epilepsies, primé au Festival du film médical de Deauville.

Sans doute votre passion pour la musique s’inscrit-elle dans le prolongement de cette
exploration des méandres et de la construction de l’âme humaine. Vous avez signé, en
particulier pour France 3, la réalisation de plusieurs opéras.

Votre passion, c’est aussi de nous donner à voir et à partager la passion des autres. Parce
que vous avez vous-même la passion de la chose publique, du Politique avec un grand P,
des valeurs de la République, vous avez voulu faire partager cette passion, dans plusieurs
de vos films, qui esquissent une réhabilitation du Politique que je crois particulièrement
nécessaire aujourd’hui.

Cette réhabilitation n’est pas désincarnée. Au contraire, vous l’avez entreprise, selon votre
méthode, en nous donnant des portraits d’hommes qui partagent cette passion.

L’homme politique, l’élu local que je suis est particulièrement sensible à votre souci de
témoigner de la réalité du travail de terrain des responsables politiques. Les maires que vous
avez suivis pendant plusieurs mois, en vous immergeant dans le quotidien de trois villes, très
différentes certes par leurs parcours, leurs personnalités et les défis qu’ils ont à relever avec
leurs équipes, au service de leurs populations, mais qui partagent tous une même passion
du service de la République. Une République de proximité dont vous nous montrez le travail
quotidien.

C’est d’abord Alain Juppé, que vous filmez entre mai 1995 et avril 1996 pour la campagne
électorale à Bordeaux. Son portrait est diffusé le 25 mai 1996 sur France 3. Cette première
expérience débouche sur l’élaboration d’une nouvelle collection pour France 5, « un maire,
une ville ».

Vous commencez par Le Maire de Bordeaux (diffusé sur France 5 en novembre 2002) que
vous présentez cette fois-ci dans ses fonctions d’élu municipal.

En 2003, vous faites le portrait de Jean-Claude Gaudin, Le Maire de Marseille, diffusé en
octobre 2003 sur France 5. Avec Le Maire de Montceau-les-Mines (diffusé en juin 2004 sur
France 5), vous explorez le destin d’une ville moyenne, qui cherche à trouver une nouvelle
identité.

Votre passion de la cité rejoint votre passion de la philosophie. Et je sais que vous avez
d’autres projets notamment pour Arte sur l’histoire du féminisme. Ici, toutes vos passions se
rejoignent en une même passion du bien commun qui nous rassemble tous et qui me vaut le
plaisir et l’honneur de vous distinguer aujourd’hui.

Michèle Reiser, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous
sont conférés, nous vous faisons chevalier dans l’ordre national du Mérite.