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59ème congrès de la Fédération Nationale des Cinémas Français à Bordeaux

29 septembre 2004

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureux et honoré de m’adresser à vous aujourd’hui en cette ville de
Bordeaux que vous avez choisie pour tenir votre 59è Congrès.

Si Bordeaux est la capitale mondiale du vin, et en cela un lieu de Congrès fort agréable, c’est
aussi l’unité urbaine la mieux équipée de France – avec un fauteuil pour 37 habitants – pour
offrir à sa population un large choix de spectacles cinématographiques. Elle a connu ces
dernières années une transformation très significative de son parc de cinémas, avec quatre
multiplexes, mais aussi des salles entièrement vouées à l’ « art et essai », qui lui permettent
d’établir un autre record : celui de l’agglomération – hors Paris- qui réalise le plus d’entrées «
art et essai ».

Tout cela prédestinait donc Bordeaux à être le lieu de vos débats.

Votre Congrès, par le nombre de ses participants et la densité de son programme, est sans
aucun doute l’un des événements majeurs de l’année pour les professionnels du cinéma
dans leur ensemble.

J’ai le sentiment qu’il a pu s’ouvrir cette année sous le signe d’un certain réconfort. Alors que
l’année 2003 s’était achevée avec de nombreuses sources d’inquiétude, la fréquentation des
cinémas avait en effet montré des signes de faiblesse dans presque tous les pays du
monde, l’année 2004 est d’une tonalité bien différente. Du 1er janvier à la fin du mois d’août,
133,5 millions de spectateurs ont fréquenté les salles françaises soit 23,8 millions de plus
que l’année dernière sur la même période.

Les films français et européens contribuent pleinement à cette embellie. C’est une grande
source de satisfaction pour la diversité culturelle. La production française a attiré environ
trois millions d’entrées de plus que l’an dernier sur les huit premiers mois de l’année, soit un
total de 45,9 millions d’entrées.

En partie grâce au succès rencontré par de nombreux films français au premier semestre, de
nature et de genre très différents d’ailleurs, et en particulier grâce à la longue et remarquable
carrière des Choristes, que vous avez su entretenir et relayer dans la France entière. Je
pense aussi à Podium, un autre premier film, dont les premières images avaient été
présentées lors de votre congrès l’an dernier, et, dans un autre genre, au beau succès de
l’Esquive. Ces films sont les témoins que diversité et succès vont de pair.

Dans l’ensemble donc, il s’agit d’un magnifique résultat, qui peut nous conduire à
l’optimisme, et nous laisser imaginer qu’en 2004 nous retrouvions un niveau de fréquentation
des salles de cinéma comparable à ce qu’il était dans les années quatre-vingts, soit
approchant, peu à peu, les 200 millions d’entrées. Si cela se confirmait dans les années à
venir, ce serait un signe tangible que la salle de cinéma a su reconquérir un public qui s’était
tristement dispersé au début des années quatre-vingt dix.

Ces bons chiffres, conjugués au fait que la base même du public du cinéma s’est élargie,
passant de moins de 50 % des Français à près de 60 % de ceux-ci, au cours de ces
dernières années, sont un motif de satisfaction et d’espoir à partager avec l’ensemble de
l’industrie du cinéma français.

Car – nous le savons tous – c’est la salle qui confère aux oeuvres la qualité de films de
cinéma. Et vous, les exploitants, qui jouez un rôle irremplaçable à cet égard, par votre
passion et votre dynamisme.

Le cinéma c’est bien, d’abord, une rencontre entre une oeuvre et un public qui la découvre,
dans la lumière de l’écran et l’obscurité de la salle.
Vous êtes, toute la communauté des exploitants, dans sa diversité, les artisans de cette
rencontre. Et rien ne remplace le plaisir de voir un film en salle.

Je tiens à vous féliciter de vos efforts et de vos initiatives, et d’abord des investissements
que vous avez consentis, chacun à votre échelle, pour moderniser, agrandir et rénover notre
parc de salles, qui reste – on ne le dit pas assez – le premier d’Europe et le quatrième du
monde après la Chine, les Etats-Unis et l’Inde. Vos efforts ont été couronnés de succès. En
12 ans, 1000 nouveaux écrans ont été créés, grâce à vous.

Ces efforts sont accompagnés par les pouvoirs publics. Ils ont permis au cinéma français
d’affronter, puis de surmonter la grave crise qu’il a connu il y a une quinzaine d’années et de
retrouver aujourd’hui une santé et une vitalité qui ne se démentent pas et que nous
continuerons à soutenir.

Je pense notamment au tissu des salles d’art et essai et des salles de proximité, qui a
réalisé et engage toujours de précieux efforts de rénovation et de création de nouvelles
salles, tandis que l’équipement en multiplexes de nos grandes villes, puis des villes
moyennes, se poursuit à un rythme raisonnable et compatible avec l’équilibre économique
du secteur. L’ensemble de ces investissements est déterminant pour la diversité culturelle et
la diffusion du cinéma indépendant, indissociable de la création cinématographique.

L’accompagnement et le soutien de l’Etat, dans ce secteur fragile et si particulier est
absolument indispensable. Il doit être en permanence adapté pour être pleinement efficace.

C’est donc tout l’objet de notre rencontre d’aujourd’hui d’examiner ensemble les objectifs
communs que nous nous fixons.

S’agissant du soutien financier de l’Etat, les grands équilibres entre le soutien automatique
récemment réajusté, qui représente à ce jour une enveloppe annuelle de 53 M€, et les
diverses formes d’aides sélectives (subventions art et essai, subventions aux salles
indépendantes des grandes villes, aides à la création et à la modernisation des salles) dont
le total s’élève à 23 M€, doivent être maintenus.

Il est à mes yeux fondamental que le soutien, dans ses différents programmes, épouse la
diversité de l’exploitation.

Je me félicite par ailleurs – comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à Cannes – que la
contribution financière de Canal+ à l’ensemble de la filière de l’exploitation ait été reconduite
pour cinq années à compter de 2005. Je tiens à saluer ici la clairvoyance de l’équipe
dirigeante de Canal + . Elle a bien compris la solidarité naturelle qui unit une chaîne
consacrée au cinéma et les salles présentant les films qui passeront ultérieurement sur son
antenne. Je salue aussi le talent de négociateur du Président Jean Labé, car il est parvenu à
assurer la conclusion de ce point décisif de l’accord, qui était loin d’être acquis.

L’ensemble de ces soutiens devraient permettre d’accompagner, entre autres, les projets de
complexes de centre-ville que l’on voit désormais se développer dans les villes moyennes
comme Périgueux et Saint-Dizier, conçus d’après des projets architecturaux ambitieux et qui
feront part à la programmation « art et essai ». Tant et si bien que le cinéma va redevenir
dans ces villes, un équipement culturel de premier plan. Le soutien sélectif a évidemment
vocation à participer aussi activement au financement de salles d’ambition et de dimension
plus modestes en milieu rural, ou dans des petites agglomérations. Je constate avec
satisfaction que loin de disparaître, ces salles se rénovent, s’agrandissent et espèrent élargir
leur public.

Cependant, je n’ignore pas qu ‘au-delà de statistiques plutôt rassurantes, votre profession –
comme l’ensemble de l’industrie du cinéma – reste soumise au risque, et qu’elle a aussi
besoin de protections juridiques très adaptées à ses particularités.

Toute la régulation du cinéma s’est en effet construite sur des règles, certes complexes,
mais accordées au besoin d’équilibre de ce secteur. Elles ont fait l’objet d’adaptations
constantes. Ainsi la loi dite « Royer » d’orientation du commerce et de l’artisanat a-t-elle été
adaptée aux spécificités du cinéma, et a permis – certes au prix de révisions permanentes
mais justifiées – une saine régulation du développement des multiplexes en France.

Le ministère de la culture et de la communication a vocation à défendre et à faire
reconnaître, notamment auprès du Parlement, cette spécificité. Plusieurs projets de lois vont
être débattus cet automne, sur lesquels vous avez appelé mon attention, en signalant les
risques qui découleraient d’une application trop systématique du droit commun à l’univers et
aux particularités du cinéma.

J’ai entendu votre message et, à chaque fois que cela m’apparaîtra légitime, j’interviendrai
auprès de mes collègues du gouvernement, afin de faire valoir le traitement spécifique de
l’activité cinématographique. Je sais en particulier les initiatives qui ont été les vôtres, dans
le cadre de la construction de nouvelles salles, pour permettre un accès facilité aux
personnes handicapées, qui légitimement revendiquent un droit à être des spectateurs
comme les autres. Je tiens à saluer ces initiatives, qui s’inscrivent dans un mouvement de
fond de la société, en faveur de l’accès de tous à la culture. Mais je mesure aussi les
difficultés, parfois insurmontables, que rencontrent d’autres établissements- souvent des
petites salles de centre-ville – pour modifier leurs conditions d’accès. Je tiens à ce que cette
situation soit prise en compte dans le cadre de la discussion du projet de loi pour l’égalité
des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, qui
va venir prochainement en deuxième lecture au Sénat.

De même, je veille à ce que la législation sur les heures de nuit, qui soulève des problèmes
particuliers pour toute une catégorie d’entreprises culturelles, dont les vôtres, puisse évoluer
d’une manière adaptée.

Un autre enjeu important est, pour vous aussi, une source de préoccupation : c’est la lutte
contre la piraterie. J’ai pris l’initiative, avec le soutien du Président de la République, de
lancer un plan d’action contre la piraterie dans les industries culturelles. J’ai ainsi installé, le
15 juillet dernier, aux côtés du Ministre de l’économie et des finances, et du Ministre délégué
à l’Industrie, un comité de concertation pour le développement de l’offre légale et pour lutter
contre la piraterie. Une première charte d’engagements pour le développement de l’offre
légale de musique en ligne, le respect de la propriété intellectuelle et la lutte contre la
piraterie numérique a été signée le 28 juillet et concerne l’industrie musicale, la plus exposée
aujourd’hui aux méfaits du piratage.

Il importe maintenant de prolonger cette action dans le domaine du cinéma. Il est clair que la
possibilité d’un accès direct sur Internet à des films, avant même qu’ils soient exploités dans
vos salles, ne peut avoir que des conséquences désastreuses sur la vie des films en salles.

Tout sera mis en oeuvre pour endiguer ce phénomène, car ce serait toute la chronologie des
médias, qui est l’un des principes forts de l’économie et de la régulation du cinéma, qui en
serait brutalement bouleversée.

Nous avons, ensemble, à définir comment parvenir, dans le domaine du cinéma, à un accord
qui soit adapté aux attentes de l’ensemble des professionnels concernés. Les travaux du
groupe piloté par MM. Chantepie et Berbineau vont reprendre, parallèlement aux discussions
engagées au CNC sur les offres légales.

J’ai bien compris que les points de vue des tenants de la mise en place d’une offre légale de
cinéma sur Internet – sous forme de vidéo à la demande – et ceux des exploitants, et d’autres
professions, ne se rejoignent pas encore. Les premiers souhaitent un délai court après la
sortie en salles du film, alors que votre position, qui rejoint aussi celle de certains créateurs,
consiste à défendre la valeur de l’exclusivité de la salle et sa durée.

Le CNC a réuni, au début du mois de septembre, l’ensemble des parties concernées par ce
débat, qui doit se poursuivre, et dont je souhaite qu’il parvienne d’ici la fin de l’année, à un
compromis sur des propositions à la hauteur de l’importance de l’enjeu. Si la musique est
aujourd’hui plus exposée que le cinéma aux effets de la piraterie, l’évolution technologique
va très vite réduire cet écart. Je pense notamment à l’arrivée des offres d’abonnement à
Internet à très haut débit, qui facilitera le téléchargement rapide de films.

Il est également nécessaire que votre profession, en lien avec les distributeurs, les
producteurs et les industries techniques, mène une réflexion destinée à améliorer la
sécurisation des films. Il s’agit d’éviter qu’ils ne se retrouvent sur Internet avant même d’être
disponibles en DVD, et même dans vos salles ! Cela va du renforcement de la traçabilité à la
sensibilisation de tous les exploitants à la lutte contre les enregistrements sur caméra vidéo.

Il est vrai que les salles de cinéma sont aussi exposées à une autre forme de piraterie, les
projections illicites, aujourd’hui favorisées par la performance et la simplicité des dispositifs
de projection vidéonumérique. J’ai bien noté, que vous avez mis l’accent sur ce phénomène
en lui consacrant votre table ronde d’hier. J’ai demandé à l’Inspection générale de
l’administration des affaires culturelles de me remettre un rapport sur la question plus
générale du cinéma dit « non commercial » qui couvre, entre autres, ces projections illicites
et les moyens d’éviter leur prolifération incontrôlée. C’est M. Michel Berthod, Inspecteur
général, ancien DRAC de la région Aquitaine, qui sera chargé d’établir ce rapport, en liaison
avec les services du Centre national de la cinématographie. Il aura besoin de toute votre
collaboration sur ce dossier complexe.

S’agissant toujours des nouvelles technologies, si nous tentons une vision prospective, nous
n’éviterons pas d’aborder la question du changement technologique, qui devrait s’imposer
dans les prochaines années, avec une possible généralisation de la projection numérique en
haute définition.

Je sais que le sujet soulève plus de questions non résolues à ce jour qu’il ne présente de
réels attraits pour votre profession. Il n’existe pas encore de modèle économique du passage
au numérique, et la question des nouveaux standards de projection numérique n’est pas
tranchée. Sans compter les conséquences que pourrait avoir le mode de diffusion numérique
des films en salles sur les conditions de leur distribution, ou sur les industries techniques . Il
y a là, sans aucun, doute matière à une réflexion prospective approfondie que les pouvoirs
publics accompagneront, afin d’anticiper dans les meilleures conditions une mutation
technologique – comme en a déjà connue le cinéma par le passé – qui parait inéluctable,
même si personne n’en connaît l’échéance précise.

Il faudra veiller à ce que cette mutation technologique soutienne notre cause, celle de la
diversité culturelle.

Tous ces chantiers nous attendent, mais ne doivent pas pour autant peser sur le coeur de
votre métier qui est d’offrir au public – à tous les publics – le plaisir du cinéma. Un plaisir
partagé entre toutes les générations.

J’ai la conviction que nous devons aujourd’hui prêter une attention particulière au jeune
public, vivier des spectateurs de demain. Un vrai programme d’éducation au cinéma, plus
ambitieux que celui dont nous disposons aujourd’hui, devrait voir le jour. Je me suis
récemment entretenu de cette question avec mon collègue François Fillon, et nous sommes
convenus d’amplifier et de renforcer les initiatives favorisant la découverte des films en salles
par les publics scolaires. Les opérations « Ecole, Collège et Lycée au cinéma » doivent être
non seulement poursuivies mais étendues – voire prolongées par d’autres initiatives. Et j’ai
suggéré au Ministre de l’éducation nationale une meilleure coordination de ces programmes
entre nos deux ministères, à travers la nomination d’un responsable à l’éducation nationale.

Je sais que vous avez la préoccupation constante de communiquer auprès de votre public,
et notamment des plus jeunes.

Je tiens à féliciter le président Jean Labé et ses équipes pour le très beau travail de
promotion du cinéma effectué cet année par la Fédération, notamment à l’occasion du
Printemps du cinéma et du 20ème anniversaire de la Fête du cinéma, qui ont été de réels
succès. Je pense aussi à la nouvelle opération destinée à promouvoir les films de la rentrée
cinématographique, avec un million de DVD de bandes-annonces offerts au public. Enfin, je
sais que demain, ici même, avec la collaboration de vos collègues distributeurs, et
l’engagement actif de Marin Karmitz, Président de la Fédération nationale des distributeurs
de films, vous allez permettre à tous les participants du Congrès de voir bandes-annonces et
premières images de presque tous les films qui passeront sur les écrans ces prochains mois.

C’est un relais précieux de notoriété pour bon nombre d’entre eux.

Je suis convaincu – car la rumeur positive sur certains de ces films est venue jusqu’à moi –
que 2004 nous laissera la mémoire d’une bonne année cinématographique. Je forme donc
avec vous le voeu que nous puissions, en début d’année prochaine, constater que toutes les
conditions sont désormais réunies pour retrouver un niveau de fréquentation des salles que
nous n’avions pas connu depuis de nombreuses années et qui redonne au cinéma son statut
de spectacle offert au plus grand nombre. Ce serait la marque du succès des efforts
conjugués de tous ceux qui pensent – et je suis de ceux-là – que la création
cinématographique dans sa pluralité, dans la diversité, dans la liberté, est l’une des
expressions les plus précieuses de notre culture.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite d’excellents travaux.

Les défis du « peer-to-peer » : message de Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture et de la Communication, lu lors du colloque du Forum des droits de l’Internet au Sénat

28 septembre 2004

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les Sénateurs,

Mesdames et messieurs les Députés,

Mesdames et messieurs,

Le Ministre de la culture et de la communication, Renaud
DONNEDIEU de VABRES, convaincu que le développement
d’un Internet respectueux de la création est un enjeu majeur
pour notre culture, aurait souhaité pouvoir introduire ce colloque
sur les défis du « peer-to-peer ».

Comme il n’a malheureusement pas pu se libérer pour être
présent ce matin parmi nous, il a tenu à me charger du message
suivant à votre attention :

« Le développement des échanges illicites d’oeuvres protégées
par le droit d’auteur a atteint une ampleur sans précédent,
bafouant la propriété et la dignité des créateurs. D’ores et déjà,
ces échanges se chiffrent quotidiennement en millions et
représentent plus du triple des ventes. Le secteur de la musique
en ressent déjà les dures conséquences sociales, économiques
et en matière de création.

Avec le soutien du Président de la République, je me suis saisi
du problème dès mon arrivée dans ce ministère. J’ai ainsi
proposé au Conseil des ministres du 19 mai de mettre en place
un plan de lutte contre la piraterie.
Internet représente un formidable moyen de mieux diffuser l’offre
culturelle au plan national et international. Mais cette diffusion
doit être respectueuse de la création, afin d’éviter que la
diversité culturelle, à laquelle nous sommes tous attachés, ne
soit irrémédiablement fragilisée.

Le vote de la loi pour la confiance dans l’économie numérique, et
de la loi relative à la protection des données à caractère
personnel, avant l’été, ont mis en place une série d’outils
juridiques pour défendre les droits des créateurs.

La charte « musique et Internet », signée le 28 juillet par les
professionnels concernés, sous l’égide du gouvernement, est un
symbole fort de la coopération qui s’instaure entre ces
professions, pour bâtir un Internet respectueux de la création
musicale.

Cette charte comporte une série d’engagements visant à développer l’offre
légale de musique en ligne et des mesures de sensibilisation et de lutte
contre la piraterie.

Pour développer l’offre légale, ces engagements consistent à favoriser
l’accès aux catalogues pour les plates-formes de distribution, faire passer de
300 000 à 600 000 les titres disponibles en ligne, dans le cadre d’une
tarification claire et compétitive, et développer diverses actions de promotion
pour les plates-formes et la musique légale en ligne.

Pour prévenir et lutter contre la piraterie, ces engagements visent
à sensibiliser les internautes, mieux articuler la publicité pour l’accès à
Internet avec le respect de la propriété intellectuelle, mettre en place un
dispositif d’alerte par des messages de prévention, organiser les recours au
juge et étudier la faisabilité d’une offre de contrôle parental bloquant
l’utilisation du « peer-to-peer ».

La sensibilisation et l’éducation du jeune public sont indispensables et le
ministère de la culture et de la communication y travaille avec le ministère de
l’éducation nationale.

Sous l’égide des pouvoirs publics, les professionnels sont en train de mettre
en place ces mesures. Un point d’étape sera réalisé au début du mois de
novembre. J’en attends des avancées concrètes.

Une démarche similaire s’engage également dans le domaine du cinéma.
D’ores et déjà, la concertation pour le développement de l’offre légale de
films en ligne, la VOD – vidéo à la demande, s’est engagée sous l’égide du
Centre National de la Cinématographie, notamment pour définir sa place
dans la chronologie des médias. Cette concertation devra déboucher sur
des propositions d’ici la fin de l’année, en parallèle des travaux qui seront
menés sur ce sujet par le groupe de travail piloté par messieurs Chantepie
et Berbinau.

Enfin la discussion que je souhaite prochaine du projet de loi sur le droit
d’auteur devra traduire cet équilibre entre la liberté du public et le respect
des créateurs et donc de leur rémunération.

L’enjeu de ces actions est ambitieux. Car au-delà des mesures concrètes
qui doivent contribuer à bâtir un Internet respectueux de la création, c’est
surtout une valeur nouvelle qu’il faut faire émerger et partager avec nos
concitoyens, la valeur du respect de la création.

La protection de la création et de la diversité culturelle, auxquelles nous
sommes tous attachés, nécessite que chacun prenne conscience que la
création et la dignité des créateurs sont des valeurs qui méritent qu’on les
respecte, sans céder à la facilité qui consisterait à justifier la piraterie au
nom d’une liberté sans limites.

Je souhaite donc que les échanges de ce colloque puissent être fructueux et
contribuer à faire prendre conscience à chacun de cette valeur qu’est la
création, pour que nos créateurs puissent continuer à exercer leurs talents et
à renforcer le rayonnement de notre pays dans le monde. »

Donnedieu de Vabres prêt à "défendre la diversité culturelle" dans le monde

28 septembre 2004

La Semaine des cultures étrangères « fait suite, de façon tout à fait symbolique, à la semaine durant laquelle les experts gouvernementaux ont débattu à lUNESCO de lavant-projet de convention internationale sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. Il sagissait là de la première étape de la négociation. Près de 600 délégués représentant plus de 130 pays ont fait le déplacement à Paris pour participer à cette réunion ». Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, sest dit prêt lundi à « soutenir les cultures étrangères en France et à défendre la diversité culturelle sur la scène internationale ».

Le ministre lançait rue de Valois la 3ème édition de la « Semaine des Cultures étrangères » aux côtés de son homologue brésilien Gilberto Gil et du Canadien Robert Desbiens, président du Forum des instituts culturels étrangers à Paris.

Evoquant le thème choisi, « Létranger dans la ville », il a souligné que « face à une tentation communautariste fondée sur le repli identitaire, il est nécessaire de réaffirmer la richesse de lapport des différentes composantes de notre société (…) La France considère comme des valeurs fondamentales la tolérance et la reconnaissance de la diversité culturelle ».

A propos du soutien des cultures étrangères en France, M. Donnedieu de Vabres a indiqué que « deux séries dactions prioritaires visent, dune part à améliorer les conditions daccueil et dexercice en France des artistes et des professionnels étrangers, et dautre part à accroître et mieux faire connaître notre offre de formation des professionnels étrangers ».

« Nos établissements publics accueillent désormais des professionnels de la culture étrangers pour des stages de longue durée. La présence des artistes étrangers dans les centres culturels de rencontre a été renforcée », a-t-il dit.

Le ministre a noté que la Semaine des cultures étrangères « fait suite, de façon tout à fait symbolique, à la semaine durant laquelle les experts gouvernementaux ont débattu à lUNESCO de lavant-projet de convention internationale sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. Il sagissait là de la première étape de la négociation. Près de 600 délégués représentant plus de 130 pays ont fait le déplacement à Paris pour participer à cette réunion ».

La négociation se poursuivra lannée prochaine et devrait se conclure par ladoption de la convention à la prochaine Conférence générale de lUNESCO, à lautomne 2005.

Lancement de la 3ème édition de la semaine des cultures étrangères à Paris

27 septembre 2004

Mesdames et Messieurs les Directeurs d’instituts et de centres culturels étrangers à Paris,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux d’ouvrir, en votre présence, Monsieur le Ministre, cher Gilberto, la
Semaine des cultures étrangères à Paris, qui propose pour la troisième année consécutive,
un parcours festif et riche en découvertes parmi les 35 centres et instituts culturels étrangers
à Paris.

Je souhaiterais tout d’abord rendre hommage à tous les centres et instituts culturels
étrangers qui ont organisé cette fête des étrangers de Paris et de leurs cultures. Je voudrais
également souligner le rôle d’initiateur du Centre culturel canadien qui a été à l’origine de ce
projet. Ce n’est pas un hasard si nous retrouvons toujours le Canada à nos côtés pour parler
de la diversité des cultures. Cette initiative illustre une fois de plus l’attachement de ce grand
pays aux valeurs et aux principes du dialogue interculturel et de la diversité culturelle. Le
Canada est un exemple de tolérance et d’ouverture à autrui ; dans ce pays où plus de 200
groupes ethniques cohabitent dans le respect de leur identité, la diversité culturelle n’est pas
un vain mot. Comme le Canada, la France estime que défendre l’égale dignité des cultures
est une condition sine qua non de la paix. Dans ces temps troublés, le respect de l’autre est
essentiel ; il est en effet primordial d’apprendre à se connaître et de s’enrichir au contact des
autres cultures. Je suis convaincu que la culture est la porte qui ouvre sur la connaissance
de l’autre et la connaissance du monde. Aussi ce parcours que vous nous proposez va-t-il
une fois encore nous permettre de mieux connaître les centres culturels et instituts culturels
étrangers à Paris et de découvrir les multiples facettes des diverses cultures qu’ils
représentent.

Je tiens à saluer ici le travail accompli par le Forum des instituts culturels étrangers à Paris
qui, fort du succès des deux années précédentes, a organisé une nouvelle édition de plus
grande ampleur encore. Je suis heureux que le Ministère de la Culture et de la
Communication soit associé à cet événement.

Cette Semaine des cultures étrangères, vous avez choisi de la décliner sous le thème de
l’étranger dans la ville. L’étranger, les étrangers, c’est vous, représentants de tous ces pays
que je suis heureux d’accueillir ici. La ville, comme l’a dit l’historien Emile Temine, c’est par
excellence le lieu où l’on vient d’ailleurs.

Grâce à votre initiative, les Parisiens, les Parisiennes sont incités à sortir à votre rencontre,
et vous leur donnez rendez-vous autour d’un art venu d’ailleurs, représenté dans toute sa
diversité d’expression. Ils vont pouvoir s’émerveiller, rêver, voyager, et porter un regard
différent sur l’autre, cet étranger si loin mais si étrangement proche. Ils vont ainsi découvrir
l’art dans toute sa diversité d’expression, de la culture traditionnelle à la culture
contemporaine, l’art exprimé à travers de multiples identités, du Mexique à la Chine, de
Sanaa (Yémen) à Helsinki. Ce thème de l’étranger dans la ville nous est cher car il est au
coeur des préoccupations de l’Etat. Face à une tentation communautariste fondée sur le repli
identitaire, il est nécessaire de réaffirmer la richesse de l’apport des différentes composantes
de notre société. La France est à la fois une terre d’immigration et le pays des droits de
l’homme. Elle considère donc comme des valeurs fondamentales la tolérance et la
reconnaissance de la diversité culturelle.

C’est pourquoi je suis naturellement attaché à soutenir les cultures étrangères en
France et à défendre la diversité culturelle sur la scène internationale.

Le soutien des cultures étrangères en France passe d’abord par l’aide à de nombreux
projets et événements culturels internationaux.

La présence à mes côtés de Gilberto Gil, Ministre brésilien de la Culture, me fournit
l’excellente occasion d’évoquer la saison culturelle du Brésil, baptisée « Brésil, Brésils », qui
sera organisée à Paris et en région, de mars à décembre 2005. Cette saison du Brésil, dont
le mot d'ordre sera « diversité et modernité », mobilisera les secteurs publics et privés de
nos deux pays et permettra de mieux faire connaître la vitalité et la richesse des cultures du
Brésil.

Les Français apprécient tout particulièrement les manifestations des cultures étrangères, et
font souvent preuve d’enthousiasme quand elles viennent à eux. J’aurai ainsi la grande joie
de participer ce soir au Palais de la Découverte à l’inauguration de la Quinzaine culturelle
islandaise, « Islande, de glace et de feu », prévue en France du 27 septembre au 10 octobre
prochain.

Cependant, le soutien aux cultures étrangères passe également par l’accueil des artistes et
des professionnels de la culture.

L’ouverture aux créateurs du monde entier est l’une des qualités les plus constantes de la
culture française. L’un des facteurs principaux du dynamisme et du rayonnement de la
culture française, c’est précisément la présence de quelque 25 000 artistes et professionnels
de la culture, de nationalité étrangère, qui viennent travailler aujourd’hui dans notre pays.

Ces artistes et ces professionnels nous apportent partage et enrichissement ; ils sont pour
nous de merveilleux révélateurs, parce que « les yeux de l’étranger voient plus clair »,
comme le dit Charles Reade dans « The Cloister and the Hearth ».

Cette tradition vivace de « xénophilie » reflète exactement notre conception de l’ouverture à
l’altérité et de la promotion de la diversité culturelle. Cette conception, si fortement ancrée
dans notre histoire, et constitutive de notre patrimoine artistique et culturel, trouve
aujourd’hui une pertinence et une force particulières. Il nous appartient dès lors de la
réaffirmer, de la renforcer et de la promouvoir, tant au niveau européen qu’international.

Pour cette raison, la promotion de la diversité culturelle guidant l’action internationale de ce
ministère, notre dispositif d’incitation et d’accueil des artistes et professionnels étrangers en
France a été largement conforté.

Deux séries d’actions prioritaires visent d’une part à améliorer les conditions d’accueil et
d’exercice en France des artistes et des professionnels étrangers, d’autre part, à accroître et
mieux faire connaître notre offre de formation des professionnels étrangers.

Nos établissements publics accueillent désormais des professionnels de la culture étrangers
pour des stages de longue durée. La présence des artistes étrangers dans les centres
culturels de rencontre a été renforcée.

Enfin, je voudrais tout particulièrement insister sur la promotion de la diversité culturelle sur
la scène internationale.

La Semaine des cultures étrangères fait suite, de façon tout à fait symbolique, à la semaine
durant laquelle les experts gouvernementaux ont débattu à l’UNESCO de l’avant-projet de
convention internationale « sur la protection de la diversité des contenus culturels et des
expressions artistiques ». Il s’agissait là de la première étape de la négociation. Près de 600
délégués représentant plus de 130 pays ont fait le déplacement à Paris pour participer à
cette réunion et signifier ainsi l’importance et l’urgence d’une telle convention. Un tel taux de
participation est historique.

Il m’a été rapporté que la majorité des Etats membres ont reconnu la qualité du travail réalisé
par les experts indépendants en qualifiant leur avant-projet d’excellente base de départ. De
ce premier échange de vue gouvernemental s’est dégagé un consensus général sur la
nécessité :

– de mieux promouvoir et protéger les expressions culturelles,

– de reconnaître la spécificité des biens et services culturels qui, « parce qu’ils sont porteurs
d’identités, de valeurs et de sens, ne doivent pas être considérés comme des marchandises
ou des biens de consommation comme les autres »,

– enfin de reconnaître le droit souverain des Etats de mener des politiques culturelles.

Je sais que les débats ont été riches et je partage l’avis de nombreuses délégations qui se
sont exprimées pour rappeler la primauté des Droits de l’homme. En effet en aucun cas la
promotion des cultures nationales ne saurait justifier une atteinte aux droits et libertés
fondamentales.

Cette convention en introduisant la richesse des cultures dans l’ordre juridique international
participe du progrès de ces valeurs universelles. Pour qu’elle devienne vraiment cet
instrument efficace que nous appelons de nos voeux cette convention ne doit pas se
contenter d’ajouter une déclaration de plus sur la diversité culturelle mais doit créer un texte
normatif fondateur du dialogue des cultures.

Je me félicite que cet instrument soit élaboré à l’UNESCO, seule organisation des Nations
Unies à avoir un mandat culturel. C’est une garantie de l’universalité de la convention.

La négociation se poursuivra l’année prochaine et devrait se conclure, nous le souhaitons
tous, par l’adoption de cette convention à la prochaine Conférence générale de l’UNESCO, à
l’automne 2005.

L’enjeu est fondamental. C’est pourquoi je serais heureux que vous, Mesdames et
Messieurs, chers amis, puissiez continuer de témoigner concrètement de l’importance de la
diversité culturelle auprès de vos publics.

La Semaine des cultures étrangères à Paris est par essence une grande fête de la diversité
culturelle. Je remercie très sincèrement le FICEP pour son initiative et lui souhaite le meilleur
succès pour cette troisième édition.

Conseil Supérieur des Archives

27 septembre 2004

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux d’ouvrir, pour la première fois, une séance de votre conseil. Depuis
votre dernière réunion plénière, le 15 décembre 2003, l’actualité des archives a été riche et
foisonnante ; l’actualité tout court également.

Mais avant d’en venir à votre ordre du jour, je tiens à vous dire combien je suis convaincu
que les Archives, c’est notre mémoire collective, notre patrimoine, notre histoire, nos valeurs.

C’est pourquoi elles sont au coeur de la politique culturelle. J’en veux pour preuve le succès
qu’a remporté la présentation, dans ce salon même, il y a un peu plus d’une semaine, de
l’Edit de Nantes. Ce texte – qui avait déjà été montré au public au Musée de l’Histoire de
France – a été dévoilé pour la première fois rue de Valois, aux yeux du grand public, dans le
cadre des XXIe journées européennes du patrimoine.

L’intérêt que lui ont porté près de 10.000 visiteurs, leur émotion, leurs témoignages, illustrent
l’attachement de tous nos concitoyens au message universel de tolérance et de liberté
exprimé par ce « monument » de l’histoire de France.

Avant de retracer les évènements récents, je veux vous faire part d’une décision importante
relative à l’organisation des Archives nationales à l’heure où la construction d’un nouveau
centre à Pierrefitte, en Seine-Saint-Denis, mobilise toutes les énergies.

La modernisation des Archives nationales est l’une des priorités que j’ai présentée à la
presse dans le cadre du budget 2005. Mais au-delà des moyens, d’autres évolutions me
paraissent stratégiques.

La réforme du service public, l’évolution de la fonction « archive » face à de nouvelles
missions et à de nouvelles contraintes, la nécessaire modernisation de l’organisation,
concourent à rendre impérative la modernisation des Archives nationales sur le plan
administratif.

Afin d’éclairer ces évolutions, j’ai souhaité confier à un groupe d’experts une mission d’étude
sur l’organisation des Archives nationales et sur les possibilités s’offrant à l’action de l’Etat
en ce domaine.

Sa composition définitive sera rendue publique prochainement, mais j’ai tenu à vous faire la
primeur de cette annonce.

Depuis ma prise de fonctions, j’ai eu à coeur de réunir les conditions permettant le lancement
effectif du projet de nouveau centre et sa réalisation dans les délais fixés par le Président de
la République.

La première de ces conditions, c’est bien entendu le financement de la construction du
bâtiment. Les crédits permettant de choisir l’architecte et de lancer les études de maîtrise
d’oeuvre sont inscrits au projet de loi de finances pour 2005. Le Premier Ministre a
également arbitré, dans le courant de l’été, les modalités de financement de l’ensemble du
projet jusqu’à son achèvement en 2010. C’est une avancée considérable, qui permet
d’ancrer ce projet dans la durée.

Par ailleurs, les études de programmation se sont poursuivies, de manière à disposer des
éléments nécessaires à l’organisation du concours d’architecte. L’appel à candidatures a été
lancé durant l’été. Près d’une centaine d’équipes sont déjà sur les rangs, preuve de
l’immense intérêt que suscite le projet. La composition du jury est arrêtée. Il se réunira dans
la deuxième quinzaine d’octobre pour choisir les 5 équipes appelées à concourir pendant 14
semaines. Le choix définitif de l’architecte interviendra en février 2005.

Ces derniers mois, le programme préparatoire a fait l’objet d’une large concertation :
l’ensemble des acteurs de ce nouveau projet s’investissent d’ores et déjà pleinement. Je
salue leur engagement. Un Conseil scientifique, nouvellement installé par la direction des
Archives de France, réunissant universitaires, chercheurs et utilisateurs des archives, s’est
réuni pour la première fois vendredi dernier.

Je souhaite que la concertation se poursuive tout au long de l’élaboration du projet. Qu’elle
s’exerce vers l’extérieur (collectivités territoriales concernées et services déconcentrés de
l’Etat compétents) ou vers l’intérieur (agents des archives, représentants et encadrement),
elle est le pivot du projet tout entier. Je tiens tout particulièrement à saluer Monsieur Ermisse
et Madame Pétillat pour leur implication dans ce processus.

Enfin, la construction du nouveau centre ne me fait pas négliger, bien au contraire, les
centres existants. Ainsi, une enveloppe confortable (4,5 M€) est prévue au PLF 2005 pour la
construction d’un bâtiment provisoire sur le site de Fontainebleau, afin de garantir la capacité
de collecte du Centre des Archives contemporaines jusqu’en 2009. Parallèlement,
d’importants crédits (2,1 M€) permettront d’engager les travaux de rénovation des magasins
du Centre historique des Archives nationales à Paris.

C’est donc un programme cohérent et complet de rénovation des Archives nationales que
j’engage dès 2005.

Les archives électroniques, mémoire de demain, retiennent dans le même temps toute mon
attention. L’archivage électronique occupe chaque jour un espace grandissant et des
moyens spécifiques y seront consacrés en 2005. Les archives de France sont en pointe sur
un dossier devenu stratégique depuis le lancement par le Premier Ministre du Plan pour
l’administration électronique. Expertise auprès des autres ministères, sensibilisation des
agents publics, modernisation des infrastructures, les archives sont sur tous les fronts de la
révolution numérique.

L’octroi de moyens nouveaux traduit mon véritable souci des archives.
Le classement comme archives historiques d’archives privées est un autre moyen de
rapprocher public et patrimoine. Nous en avons un excellent exemple avec le dossier des
archives de Breteuil que vous allez examiner aujourd’hui.

C’est pourquoi je serai très attentif à vos réflexions et tout particulièrement aux travaux des
commissions que vous avez installées sur les archives notariales, les archives orales, les
archives scientifiques, la sélection, et les instruments de recherche. Je tiens à dire un grand
merci à leurs présidents et à leurs membres pour la tâche déjà accomplie et mes bons voeux
pour les efforts à venir.

Je vous remercie.

FOYERS SOCIO-EDUCATIFS : L’HEURE DU BILAN

25 septembre 2004

Plus de deux ans après leur liquidation judiciaire, la disparition des foyers ACCESS  est devenue une réalité concrète pour tous les Tourangeaux. Pourtant des opérateurs ont été nommés qui sont censés avoir repris les activités que ces foyers offraient auparavant… Comme chaque année, en cette période, se pose pour chaque famille et pour les personnes âgées, la question  des  activités dans leur quartier.

Plus de deux ans après leur liquidation judiciaire, la disparition des foyers ACCESS  est devenue une réalité concrète pour tous les Tourangeaux. Pourtant des opérateurs ont été nommés qui sont censés avoir repris les activités que ces foyers offraient auparavant.

Or, un constat s’impose : si une partie des activités a été reprise par les nouvelles structures, d’autres ont disparu. Si certains quartiers de notre ville en bénéficient, d’autres (comme Rochepinard et Les Rives du Cher) en sont totalement dépourvus.

C’est pourquoi, les habitants de notre cité sont en droit d’exiger un rapport détaillé sur ces activités éducatives et socioculturelles.

Certes, lors du dernier conseil municipal, un bilan 2003/2004 des activités conduites par les opérateurs conventionnés a été présenté mais il ne correspond guère à ce qu’a toujours demandé l’opposition, à savoir :

 – un réel bilan quartier par quartier permettant de comparer l’ensemble des services offerts actuellement par les trois opérateurs à ceux proposés auparavant par ACCES,
 -Quid du nécessaire reclassement du personnel des anciens foyers ? Au 30 juin 2003, sur les 123 qui avaient adhéré à la cellule de reclassement, 56,92% d’entre eux étaient en activité.  Où en sommes nous aujourd’hui ?
-A l’automne dernier, certaines associations hébergées par les anciens centres sociaux n’avaient toujours pas retrouvé de local. Y a-t-il eu une évolution ?
-Enfin, qu’est devenu le passif qui s’élevait à 40041€ ?

Dans ces conditions et compte tenu de l’importance de l’action éducative et socioculturelle pour la vie de notre cité, notre groupe renouvelle donc sa demande de rapport détaillé sur cette  question afin de déterminer dans quelle mesure le nouveau système a pris le relais de l’ancien et exposant les mesures que le Maire et son équipe entendent prendre pour trouver une solution durable, équitable et juste afin que tous nos concitoyens dans chaque quartier puissent à nouveau bénéficier des mêmes activités.

 La Municipalité étant principalement responsable de ce gâchis financier et humain, il serait temps qu’elle répare les dommages qu’elle a causés en prenant enfin les mesures qui s’imposent.

Donnedieu de Vabres rend hommage à Sagan,

25 septembre 2004

« Cest avec une immense peine que japprends le décès de cette personnalité flamboyante, qui aimait la vitesse, qui croquait la vie à pleines dents, en dépit de ses fragilités, et dont nous espérions que, triomphant de la maladie, elle pourrait poursuivre son oeuvre »… Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres a rendu hommage vendredi à la romancière Françoise Sagan, évoquant une « personnalité flamboyante ».

« Avec Françoise Sagan, un regard attachant et ironique, une intelligence exceptionnelle, une plume virtuose, un visage lumineux nous quittent ce soir », a déclaré le ministre à Toulouse, où il inaugurait une manifestation culturelle.

« Cest avec une immense peine que japprends le décès de cette personnalité flamboyante, qui aimait la vitesse, qui croquait la vie à pleines dents, en dépit de ses fragilités, et dont nous espérions que, triomphant de la maladie, elle pourrait poursuivre son oeuvre ».

« Une oeuvre, qui a embrassé avec un immense talent la littérature bien sûr, en conquérant très tôt le succès, mais aussi le théâtre, le cinéma, la chanson. Comme Proust, quelle admirait, elle a su scruter, comme en passant, les facettes de nos coeurs, de nos existences, de notre époque. Ce soir, ce nest pas Bonjour tristesse, mais cest un immense chagrin », a conclu le ministre.

Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres avait rendu visite à Françoise Sagan « il y a quelques semaines » avec l »espoir quelle triompherait de la maladie », a-t-il expliqué vendredi soir sur France Info.

« Je lavais rencontrée à lhôpital il y a quelques semaines et au fond, javais le secret espoir quelle triompherait de la maladie et quelle reprendrait la plume, le stylo pour écrire une oeuvre qui nous aurait fortement émus », a dit M. Donnedieu de Vabres.

« Lorsque je lai rencontrée, je lui avais dit que je respectais sa liberté. Jétais venu avec un stylo, un calepin, pour quelle reprenne ce chemin-là (…) mais elle doutait delle-même », a ajouté le ministre.

« Nous aurions aimé quelle puisse nous faire rayonner encore de son talent », a-t-il encore déclaré.

Un peu plus tôt, le ministre avait rendu hommage à la romancière disparue vendredi à lâge de 69 ans, évoquant une « personnalité flamboyante ». « Ce soir, ce nest pas Bonjour tristesse, mais cest un immense chagrin », avait conclu le ministre.

Le ministre de la Culture à Londres pour s'informer sur la TNT

24 septembre 2004

Un premier groupe de 15 chaînes gratuites doit commencer à être diffusé en numérique à partir du mois de mars 2005 sur 17 sites, dont Paris. Cette diffusion sera progressivement étendue à 80% du territoire et une quinzaine de chaînes payantes viendront sajouter, en septembre 2005, aux chaînes gratuites… Le ministre français de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres sest rendu à Londres vendredi pour sinformer sur létat de déploiement de la télévision numérique terrestre (TNT) en Grande-Bretagne.

Il sagit, a-t-il indiqué à loccasion de ce voyage, de « dégager lhorizon des incertitudes techniques pour pouvoir lancer positivement cette offre télévisuelle nouvelle auprès de nos concitoyens ».

Lancée en Grande-Bretagne, il y a cinq ans, la TNT est aujourdhui reçue dans plus de la moitié des foyers britanniques. En France, la diffusion de la TNT doit débuter en mars 2005.

Le ministre, qui était notamment accompagné de Dominique Baudis, président de linstance de régulation de laudiovisuel, le Conseil supérieur de laudiovisuel (CSA), a eu des entretiens avec son homologue britannique Lord McIntosh, ainsi quavec les responsables de lOfcom (Office of Communications), équivalent britannique du CSA.

Les autorités britanniques étudient actuellement la mise en oeuvre du « switchover », cest-à-dire la phase pendant laquelle les émissions de télévision en numérique remplaceront progressivement les émissions en analogique.

Selon Lord McIntosh, lextinction progressive des signaux en analogique devrait débuter « au début de lannée 2005 » en Grande-Bretagne et sachever entre 2008 et 2012.

En ce qui concerne la France, un premier groupe de 15 chaînes gratuites doit commencer à être diffusé en numérique à partir du mois de mars 2005 sur 17 sites, dont Paris.

Cette diffusion sera progressivement étendue à 80% du territoire et une quinzaine de chaînes payantes viendront sajouter, en septembre 2005, aux chaînes gratuites.

Renaud Donnedieu de Vabres lance le crédit d'impôt pour les programmes télé

23 septembre 2004

Favoriser la présence de la culture dans les médias. Faire de Francetélévisions lun des moteurs de la future télévision numérique de terre. Tels sont quelques-uns des objectifs prioritaires que sest fixés Renaud Donnedieu de Vabres… Enrichir loffre de programmes de laudiovisuel public. Lutter contre les délocalisations de tournage, que ce soit dans le domaine du cinéma ou dans celui de la production audiovisuelle.

Favoriser la présence de la culture dans les médias. Faire de Francetélévisions lun des moteurs de la future télévision numérique de terre. Tels sont quelques-uns des objectifs prioritaires que sest fixés Renaud Donnedieu de Vabres à travers le budget 2005 du ministère de la Culture et de la Communication, dont les crédits à destination de laudiovisuel public progressent de 2,6% par rapport à 2004.

Mais ce que lon retiendra surtout de la présentation dhier, cest lannonce de la création dun crédit dimpôt pour la production audiovisuelle.

Une mesure destinée à retenir les tournages démissions télévisées en France. Elle existait déjà pour le cinéma, et sera étendue à la production audiovisuelle à partir du 1er janvier 2005.

Le dispositif touchera les fictions télévisuelles, les films danimation et les documentaires. Il sera «assis sur limpôt sur les sociétés», a expliqué Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture, et offert à tout producteur réalisant lintégralité de ses dépenses de tournage ou de post-production en France. Ce dispositif entraînera soit une baisse de limpôt sur les sociétés dû par le producteur, soit un remboursement de ladministration fiscale si le producteur ne réalise pas de bénéfice imposable.

Par ailleurs, les plafonds du crédit dimpôt en vigueur pour les producteurs de cinéma seront relevés à 1 million deuros par film à partir du 1er janvier 2005, contre 500 000 euros actuellement, afin de pouvoir «toucher de plus gros films générateurs demplois», selon le ministre.

Ces deux nouvelles dispositions «seront introduites dans le projet de loi de finances rectificatif de fin dannée», a ajouté le ministère.

«Le crédit dimpôt cinéma tient ses promesses», a affirmé M. Donnedieu de Vabres. «Grâce à ce dispositif pour le cinéma, la part des semaines de tournage réalisé en France est passée de 61% à 72%», a-t-il assuré.

Dune manière générale, lenveloppe allouée par lEtat à laudiovisuel public augmentera de 2,4% en 2005, pour atteindre, au total, 2,66 milliards deuros.

Une rallonge de 89 millions deuros que le gouvernement espère financer quasi intégralement avec la réforme du mode de recouvrement de la redevance télévisée, dont le ministère attend tirer 84 millions dencaissement supplémentaires. Afin daccélérer la sauvegarde et la numérisation du patrimoine audiovisuel, lInstitut national de laudiovisuel bénéficie de la plus forte hausse. Son budget augmente de 5,7% à 72,7 millions deuros. Radio France arrive en deuxième position, avec une hausse de 2,7% à 481,9 millions deuros. Le budget de Francetélévisions croît de 2,3% à 1,781 milliard et celui dArte France, de + 2,3% à 197,9 millions, la hausse la plus faible revenant à RFI, avec un budget en progression de 1,1% à 125,8 millions deuros.

Laugmentation attribuée aux télévisions publiques doit «leur permettre dengager dans les meilleures conditions le démarrage de la télévision numérique terrestre» (TNT), à partir de mars 2005, indique le ministère.

Avec les recettes publicitaires, le parrainage et les ressources propres de laudiovisuel public, le budget total de ce secteur sélèvera en 2005 à 3,46 milliards deuros, en progression de 2,6%.

«Je souhaite que le service public constitue loffre de programmes de référence dans le domaine de la TNT», a affirmé Renaud Donnedieu de Vabres. On laura compris : la TNT, «oubliée» lannée dernière du budget, est devenue une priorité.

En revanche, la future chaîne dinformation internationale (CII), qui doit être lancée par le groupe public Francetélévisions et le groupe privé TF 1, apparaît comme la grande absente.

Pas un centime ny est consacré dans le budget de lannée 2005. Mais cela ne signifie pas cependant que la chaîne ne sera pas lancée lan prochain car «il peut y avoir des lois de finances rectificatives», a affirmé Renaud Donnedieu de Vabres.

«Ce nest pas parce que ce nest pas dans le budget 2005 que nous sommes paralysés. Avec nos collègues du ministère des Affaires étrangères, nous travaillons très activement à la mise en oeuvre de ce projet» qui est «une nécessité stratégique» et qui «verra le jour», a en effet affirmé Renaud Donnedieu de Vabres.

La CFII, "une nécessité" qui "verra le jour", selon M. Donnedieu de Vabres

23 septembre 2004

La future CFII doit être lancée par le groupe public France Télévisions (France 2, France 3, France 5 et RFO) et le groupe privé TF1, associés à 50/50 dans ce projet… Le projet de chaîne française dinformation internationale (CFII) est « une nécessité stratégique qui verra le jour », a affirmé mercredi le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres.

« Avec nos collègues du ministère des Affaires étrangères, nous travaillons très activement à la mise en oeuvre de ce projet » qui est « une nécessité stratégique » et qui « verra le jour », a déclaré M. Donnedieu de Vabres lors dune conférence de presse sur le projet de budget 2005 du gouvernement.

Interrogé sur la date de lancement de la CFII, le ministre a indiqué quil ne pouvait « pas donner une idée du délai ». « Sinon cela (la CFII, ndlr) serait dans le budget » 2005, a-t-il ajouté.

Mais, a-t-il souligné, labsence de ligne budgétaire pour le financement de la CFII dans le projet de budget 2005 ne signifie pas que la chaîne ne sera pas lancée lan prochain car « il peut y avoir des lois de finances rectificatives ». « Ce nest pas parce que ce nest pas dans le budget 2005 que nous sommes paralysés », a-t-il insisté.

La future CFII doit être lancée par le groupe public France Télévisions (France 2, France 3, France 5 et RFO) et le groupe privé TF1, associés à 50/50 dans ce projet.