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CONTRAIREMENT AUX IDEES RECUES ET AUX PROPOS DU MAIRE, L’ETAT S’ENGAGE À TOURS

30 novembre 2004

Sans la volonté et cette intervention massive de l’Etat, la rénovation de ces quartiers n’aurait certainement pas pu être possible. C’est pourquoi l’opposition municipale se réjouit de la détermination du Gouvernement  et de l’Etat à faire de Tours une des premières agglomérations à bénéficier de ce programme qui vise à réduire les inégalités économiques, sociales et territoriales qui frappent certains quartiers de notre cité, en y rétablissant des conditions d’habitat et de vie décentes, en y soutenant le développement des activités et des services… Depuis deux ans maintenant, le Maire et son équipe se plaignent régulièrement d’une insuffisance des concours de l’Etat aux collectivités territoriales en général et à Tours en particulier. Selon eux, l’Etat réduirait progressivement ses concours financiers aux communes, lesquelles se verraient alors contraintes soit d’augmenter les impôts locaux soit de différer ou d’abandonner certains grands projets vitaux pour leur développement et leur avenir. Ainsi, cette raison est régulièrement invoquée par la municipalité pour expliquer le retard pris dans la mise en oeuvre du projet de transport en commun en site propre.

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La signature, le 10 novembre dernier, de la convention sur le programme de rénovation urbaine de l’agglomération de Tours contredit ces affirmations. En effet, pour permettre la réalisation de ce programme qui a pour objectif la transformation du cadre de vie des habitants des quartiers de l’Europe, des Fontaines et du Sanitas, l’Etat, grâce à l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU), apporte plus de 17 millions d’euros. Tours est ainsi parmi les premières villes à bénéficier de ce nouveau programme issu de la volonté du gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN et du Ministre des Affaires Sociales, Jean-Louis BORLOO, et approuvé en 2003 par le Parlement.

Dans les quartiers concernés, l’effort portera jusqu’en 2008 sur la réhabilitation du parc immobilier, des espaces extérieurs résidentiels et sur l’ouverture de véritables espaces publics de qualité.

Au Sanitas, sera ainsi démolie la barre « Theuriet » (coût 2,3 M€ soit 15,01 MF) et  l’espace, ainsi libéré, sera aménagé (533 000 € soit 3,5 MF). Les accès au square Foiny (210 000 € soit 1,4 MF) seront traités.  L’allée du Plessis sera aménagée et le groupe scolaire Diderot restructuré (2,3 M€ soit 15,1MF). La « résidentialisation » de logements rue de Luynes est également programmée.

Aux Fontaines, 1M€ (6,56 MF) d’investissements sont prévus. Enfin Tours Nord et le quartier de l’Europe vont bénéficier de ce programme, avec le réaménagement de la place du Nord, de la place de Serres et de la rue d’Arras, la réhabilitation de 1349 logements (14,8M€ soit 97,08 MF) et la construction de 40 logements dont 9 dans le quartier de l’Europe et 31 à Monconseil.

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Sans la volonté et cette intervention massive de l’Etat, la rénovation de ces quartiers n’aurait certainement pas pu être possible. C’est pourquoi l’opposition municipale se réjouit de la détermination du Gouvernement  et de l’Etat à faire de Tours une des premières agglomérations à bénéficier de ce programme qui vise à réduire les inégalités économiques, sociales et territoriales qui frappent certains quartiers de notre cité, en y rétablissant des conditions d’habitat et de vie décentes, en y soutenant le développement des activités et des services.  

Tours fait l’objet d’une attention particulière de la part de l’Etat. Les critiques de la municipalité sont donc  irrecevables. En réalité, en mal d’idées et de projets, celle-ci cherche, en lançant cette nouvelle polémique, un alibi pour justifier le non respect de ses promesses, masquer ses erreurs de gestion, ses mauvaises décisions et ses tiraillements internes.

LES 4 VERITES : Invité : Renaud DONNEDIEU DE VABRES

30 novembre 2004

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bien sûr, tout ça, simplement parce que ça contribue à l’attractivité d’une ville, d’une région, de notre pays. Vous savez lorsque nous avons lancé l’année de la France en Chine, il faut savoir que par exemple le spectacle d’ouverture, le grand concert de Jean-Michel JARRE a eu 750 millions de téléspectateurs. Tout ça contribue au rayonnement de notre pays et je crois aujourd’hui que vous ne recevez pas le ministre des troubadours et des vieilles pierres, même si j’ai de l’affection pour les uns et pour les autres. Mais nous sommes au cœur du rayonnement et de l’influence de notre pays… FRANÇOISE LABORDE : Bonjour William, bonjour à tous. Avec Renaud DONNEDIEU de VABRES en effet, nous allons parler surprise générale, culture et communication à commencer avec le rapport GUILLOT. Bonjour monsieur le ministre.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bonjour.

FRANÇOISE LABORDE
: Ce rapport que vous avez demandé pour mettre un peu à plat le problème des intermittents du spectacle. Il y a eu un pré-rapport qui vous avait été remis et on attend le rapport définitif pour ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Ce n’est pas pour mettre à plat, c’est pour créer les bases d’un système définitif pour soutenir toutes les formes d’expression artistique dans le domaine du cinéma, de l’audiovisuel et du spectacle vivant, pour soutenir l’emploi et faire en sorte qu’on ait un système d’indemnisation du chômage équitable, financé par l’UNEDIC et définitivement installé. Alors j’attends pour lundi prochain, le 29 novembre, le rapport de Jean-Paul GUILLOT qui est un expert indépendant, chacun m’avait demandé de le désigner pour tout simplement faire le point objectif de la situation. Ce rapport sera rendu public mercredi prochain, cest-à-dire  le 1er décembre…

FRANÇOISE LABORDE : Cest-à-dire  que vous allez publier, enfin rendre public le rapport en l’état sans autre forme de commentaire ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Absolument en l’état, c’est un rapport d’un expert indépendant, d’une certaine manière il ne m’engage pas, il jette en pâture un certain nombre de pistes de travail et de réflexion. Je tiens, si vous voulez, de manière scrupuleuse, au respect de chacun des engagements que j’avais pris. Parce que c’est, je crois, ce qui permet de rétablir un climat de confiance. Donc lundi prochain la remise à moi du rapport GUILLOT, mercredi, je le rends public, le 9 décembre il y a un débat à l’Assemblée nationale d’orientation sur les métiers artistiques et le spectacle vivant. Cest-à-dire  le soutien aussi à l’activité et moi, je souhaite que chacun s’engage, cest-à-dire  qu’aujourd’hui, dans la France d’aujourd’hui, le plus important c’est de faire en sorte que l’Etat, les collectivités territoriales, tout le monde ait à cœur de soutenir l’activité artistique. Ensuite vient une autre question qui est le système provisoire. Que j’avais mis en place…

FRANÇOISE LABORDE ; Le système provisoire qui…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Au 1er juillet, pour rattraper un certain nombre d’artistes et de techniciens qui étaient exclus par les dispositions du protocole de 2003, ce système vient à expiration le 31 décembre, il y aura un nouveau système à partir du 1er janvier. Je suis dans l’attente d’un accord définitif entre les partenaires sociaux, je ne vais pas laisser les artistes et les techniciens livrés, j’allais dire à eux-mêmes sans un système complémentaire.

FRANÇOISE LABORDE : Donc le système d’urgence sera prolongé le temps qu’il faut c’est ça ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Exactement en l’attente d’un système définitif, à partir du 1er janvier 2005, il y aura de toute façon un nouveau fonds de transition au fonds vers un système définitif. Ce qui veut dire quoi ? Ce qui veut dire que les artistes et les techniciens qui auront fait leurs 507 heures en 12 mois, continueront à être indemnisés comme ça a été le cas grâce au premier fonds provisoire. Voilà. Je pense si vous voulez qu’on a sur la table à bâtir un système de soutien positif à l’emploi culturel. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que vous avez des gens qui aujourd’hui ont des statuts de précaire et qu’il faut essayer progressivement de permanentiser, cest-à-dire  de donner un contrat de travail à temps permanent. Et puis il y a par contre des formes d’expression artistique qui de toute façon repose sur l’intermittence, cest-à-dire  sur des contrats de travail qui sont à durée déterminée et pour toutes ces formes d’expression artistique, il faut un système juste. Ca veut dire que je ne veux pas supprimer le régime et le système de l’intermittence, il est nécessaire à la diversité culturelle et artistique, il faut qu’il soit juste. Voilà. On avance…

FRANÇOISE LABORDE : Et complémentarité entre…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : C’est difficile, mais je tiens de manière vraiment très rigoureuse à tenir tous les engagements et toutes les étapes que je prends au nom du gouvernement.

FRANÇOISE LABORDE : Dans le pré-rapport de monsieur GUILLOT, il y avait l’idée notamment que les collectivités locales et territoriales pouvaient être un peu plus mises à contribution, c’est une des pistes…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Vous devez avoir accès à des rapports pirates, madame LABORDE ? Parce que je ne connais pas cette proposition. Non par contre, ce qui est la vérité, c’est que l’emploi culturel, c’est quelque chose de très important et aujourd’hui beaucoup des dépenses culturelles sont financées par les collectivités territoriales.

FRANÇOISE LABORDE : Et puis les maires et les élus sont très contents d’avoir en effet des activités l’été, des spectacles…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bien sûr, tout ça, simplement parce que ça contribue à l’attractivité d’une ville, d’une région, de notre pays. Vous savez lorsque nous avons lancé l’année de la France en Chine, il faut savoir que par exemple le spectacle d’ouverture, le grand concert de Jean-Michel JARRE a eu 750 millions de téléspectateurs. Tout ça contribue au rayonnement de notre pays et je crois aujourd’hui que vous ne recevez pas le ministre des troubadours et des vieilles pierres, même si j’ai de l’affection pour les uns et pour les autres. Mais nous sommes au cœur du rayonnement et de l’influence de notre pays. C’est la raison d’ailleurs pour laquelle ce soir, je serai à Jérusalem dans un concert que la France et que le ministère de la Culture parrainent, qui rassemblera des artistes israéliens et palestiniens de toutes les religions et qui interpréteront d’une seule voix, d’une même voix un certain nombre de musiques, notamment religieuses, dédiées à la construction de la paix.

FRANÇOISE LABORDE : Ca veut dire, qu’il y a un grand concert sur la paix qui aura lieu donc à Jérusalem demain…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Organisé et soutenu par la France et par le ministère de la Culture. Tout simplement pour que les artistes relaient et expriment directement à leur manière cette volonté de rassembler d’une seule voix. Parce que ça c’est quelque chose de très important.

FRANÇOISE LABORDE
: Est-ce que ça a été compliqué à organiser un concert comme ça ? Parce qu’on imagine évidemment les difficultés à rassembler parfois les artistes cela dit, ils se rassemblent facilement ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Oui, mais je pense que voilà, si vous voulez les liens de la culture, les liens de l’humanisme font qu’ils réussissent peut-être mieux que d’autres à dépasser un certain nombre de limites et toutes les religions, qu’il s’agisse de la religion musulmane, juive, chrétienne, orthodoxe, ce soir interprèteront un certain nombre de musiques.

FRANÇOISE LABORDE : Vous parlez justement de la musique, une question sur le piratage, on sait que c’est un vrai souci pour les artistes, pour les maisons de disques, est-ce qu’il y a des moyens supplémentaires de lutter contre ça ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Alors d’abord je dis “ Vive Internet ” cest-à-dire  vive l’accès à la musique et au cinéma grâce à Internet, mais de manière responsable, pour ne pas détruire au fond la diversité culturelle et artistique. Pour ne pas que se produisent les effets contraires de ce qu’on espère. Cest-à-dire, on se dit grâce à Internet je peux avoir accès au moindre petit groupe, en fait il faut que l’on fasse très attention. Ce qui veut dire qu’on s’approche des fêtes de fin d’année, moi j’encourage en respectant la liberté de chacun, parents et enfants à offrir aux uns et aux autres, en fonction de l’expression culturelle et artistique de leur préférence des disques, des CD, des DVD etc. etc. aussi pour soutenir la création musicale et cinématographique. L’autre soir j’ai été entendre un groupe de rock new-yorkais mais largement soutenu par les Français qui s’appelle INTERPOL, à l’Elysée Montmartre.

FRANÇOISE LABORDE : Oui. Très rock oui.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Et j’ai assisté exactement, exactement en direct à tout le problème qui est en train de se passer, cest-à-dire que vous aviez des tas de gens qui étaient en train, avec comme ça, un espèce de petit caméscope d’enregistrer. Et je suis sûr on n’a pas eu le temps de faire l’essai, mais que quelques minutes après l’enregistrement comme ça, comme on dit “ pirate ” de ce concert, se retrouvait dans le monde entier.

FRANÇOISE LABORDE : Etait diffusé sur Internet.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bon ! C’est à la fois une liberté, mais à ce ceux qui sont les champs de cette liberté absolue, je dis qu’ayez les mêmes réflexes que vis à vis de l’environnement. Ca veut dire qu’aujourd’hui, vis à vis de l’air, de l’eau et de la diversité biologique, si on ne fait pas gaffe, si on ne prend pas des mesures de précaution, on épuisera la planète. Vis à vis de la diversité artistique, il en est de même, il faut soutenir l’ensemble des talents, l’ensemble de la création et pas être désinvolte.

FRANÇOISE LABORDE : Vous partez à Jérusalem, vous serez rentré tout de même dimanche pour aller au Bourget à la réunion de l’UMP ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bien sûr, bien sûr que je serai présent à l’UMP. Parce que l’UMP c’est ma famille, j’ai fait partie de celles et ceux qui l’ont crée et je crois à la nécessité du rassemblement. Et je dirais avec un esprit très positif, d’abord pour soutenir Nicolas SARKOZY et pour faire que tous ensemble, on définisse les conditions de la réussite en 2007. Alors la réussite en 2007 c’est quoi ? C’est l’union, c’est un bon bilan, ça veut dire qu’il faut que le gouvernement, il continue à bosser au milieu de la mêlée et en contact avec les réalités des Français et un bon projet. Et pour ça on a besoin de tous les talents et je ne suis pas en train de vous brosser une espèce de tableau idyllique, on a besoin d’un parti…

FRANÇOISE LABORDE : Du candidat idéal ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: On a besoin d’un parti extraordinairement performant, qui sache rappeler à l’ordre, mais qui ait le courage aussi de soutenir quand c’est difficile.

FRANÇOISE LABORDE : Et soutenir le gouvernement.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ce qu’a fait Alain JUPPE. Parce qu’il y avait des moments où les réformes, il fallait les expliquer aux Français, donc l’ardeur pour lancer des projets, le courage de soutenir, pour le gouvernement rester au cœur de la mêlée et agir, voilà je pense que c’est cet état d’esprit qui est important, le rassemblement, l’authenticité, la proximité avec les Français et donc je souhaite à Nicolas SARKOZY une grande réussite. Ca ne doit pas être si facile que ça, parce qu’au fond lorsqu’on exerce une fonction ministérielle, c’est passionnant. J’imagine que pour lui quitter Bercy c’est quelque part un arrachement et donc je le remercie de prendre la présidence de l’UMP, parce qu’il mettra son talent et son énergie à la tête de ce parti, mais nous devons travailler tous ensemble sinon les espoirs de 2007, c’est foutu.

FRANÇOISE LABORDE : Merci Renaud DONNEDIEU de VABRES d’être venu nous voir ce matin. Très bonne journée à vous, très bonne journée à tous. C’est à vous William, avec évidemment comme d’habitude, tac, “ www.france2.fr ”

WILLIAM LEYMERGIE : C’est fait, on vous a mis la petite adresse.

FRANÇOISE LABORDE : En boucle et y compris en Israël où nous sommes reçus en direct “ life, ” comme on dit en français.

WILLIAM LEYMERGIE : Oui, évidemment, qui regardent cette émission tous les jours en direct et de toute façon si vous souhaitez revoir cet entretien ou le réentendre vous pouvez cliquer avec l’adresse que vous venez de voir. Merci beaucoup monsieur le ministre.

Nomination des maîtres d’art 2004

29 novembre 2004

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes ici tous rassemblés pour fêter les dix ans du titre des maîtres d’art, et pour
nommer les sept nouveaux maîtres d’art de la promotion 2004. En une décennie, leur
nombre est porté à 63, et à plus d’une cinquantaine le nombre de leurs élèves. Nous fêtons
aussi l’arrivée de deux chefs d’atelier d’entreprises du luxe qui nous rejoignent et recevront
un trophée.

Dix ans, c’est à la fois peu et beaucoup pour transmettre avec passion des connaissances,
des expériences, des secrets de fabrication, créer de vrais liens entre un maître et son élève.

Je ne relancerai pas le vieux débat « artiste – artisan », qui avait fait l’objet d’une exposition
célèbre au musée des arts décoratifs, pour laquelle des grands noms de l’histoire de l’art et
de ses techniques avaient prêté leur plume, tels Georges Duby et André Chastel.

Les maîtres d’art que je nomme aujourd’hui sont à la fois des professionnels des métiers
d’art et des « métiers de l’art », dont certains sont inscrits à la Maison des artistes. Ils savent
allier à la maîtrise du « travail bien fait », de la restitution historique, la conscience de
l’évolution de leur métier, la notion de progrès et d’innovation. Car il ne suffit pas de savoirfaire.

Il faut aussi une intelligence sensible. Il faut s’adapter, écouter la matière et la
transformer. C’est ainsi que les connaissances et les expériences au service de la main et
de la pensée permettent à l’artisan d’art de devenir un véritable « maître », dans l’expression
de toutes les facettes de son art.

Aujourd’hui, plus que jamais, nos métiers d’art sont garants de nos traditions, de notre
identité et de notre rayonnement dans un environnement européen et international, qui
évolue très vite. Je pense par exemple à la protection de la faune et de la flore. Certains de
ces métiers sont menacés.

Je tiens à ce que le ministère de la culture et de la communication maintienne ses efforts
pour valoriser l’excellence des maîtres d’art et de leurs élèves, et améliorer encore la
transmission de leurs savoir-faire exceptionnels. La variété des compétences, les facettes
nombreuses de ces métiers qui touchent à la fois la grande tradition française, l’évolution
technologique, et la création contemporaine, leur permettent de relever les défis qu’ils
doivent affronter aujourd’hui.

Je sais que certains d’entre vous ont accepté, par passion, de reprendre de nouveaux
élèves, et de devenir à nouveau des pédagogues pendant trois ans, afin d’éviter la
disparition de certains secteurs.

Je tiens à vous en remercier.

Le ministère les accompagnera comme il l’a fait par le passé, et en remettant cette année
aux nouveaux nommés une allocation de 16.000 euros annuelle.

Mais je souhaite faire plus. C’est pourquoi j’ai décidé qu’il convenait d’aller plus loin et de
mettre à la disposition de vos métiers d’exception un lieu dont l’identité soit à votre image : la
Manufacture des Gobelins, à Paris. La grande galerie va être réhabilitée et abritera des
événements en faveur des métiers d’art. Cet espace de 1.000m² environ sur deux niveaux
sera accessible au public.

Je demande aux membres du Conseil des métiers d’art ici présents de poursuivre leurs
travaux dans les domaines du patrimoine, de la formation, des matériaux, et de l’innovation –
et de prendre en compte l’ensemble des problèmes rencontrés par les maîtres d’art.

Je souhaite aussi qu’il y ait à partir de l’année prochaine une plus grande transparence sur
les appels d’offres de la fonction publique. J’y veillerai particulièrement pour ceux du
ministère de la culture et de la communication, accessibles sur le site portail et sur celui des
métiers d’art du ministère, et je vais prendre contact avec le ministère de la fonction
publique pour les autres.

Je vais remettre à chaque nouveau maître d’art son diplôme, réalisé par un calligraphe, M.
Pierre Aubery, sur un très beau Velin d’Arche – fait main, bien sûr, – par le Moulin du Gué.

J’invite chacune des personnes à me rejoindre sur ce podium à l’appel de son nom :

– M. Alain BUYSE, sérigraphe. La sérigraphie offre de nombreuses possibilités
d’impressions et de matériaux que vous savez adapter et exploiter avec des artistes
contemporains ;

– M. Pierre CHARIAL, noteur. Un métier qui date du XVIIe siècle. Certaines morceaux de
Haydn ou de Mozart ont été créés spécialement pour l’orgue de barbarie. Ce métier, vous
savez le faire évoluer grâce à votre formation musicale, et à l’aide de l’informatique, en
créant un instrument qui réponde davantage aux exigences des compositeurs
contemporains.

– M. Jean-Dominique FLEURY, peintre-verrier. Vos nombreuses restaurations sont connues
au même titre que les projets ambitieux partagés avec Pierre SOULAGES ou Martial
RAYSSE. J’ai inauguré en juillet votre création, les vitraux de la Salle des Pèlerins de
l’ancien hôpital de Pons (Poitou-Charentes) ;

– M. Gilles JONEMANN, créateur-bijoutier. On pourrait dire que vous êtes inclassable, vous
travaillez aussi bien les métaux précieux que les matériaux naturels, en les détournant de
leur usage habituel. L’île de la Réunion vient de vous confier la mise en place d’une école
pour la transmission de vos savoir-faire à l’écoute de la nature ;

– M. Pierre MEYER, tourneur « figuré » sur ivoire. Vous travaillez également la nacre, les
bois précieux, l’écaille de tortue, et bien d’autre matériaux rares et réglementés. Votre très
grande dextérité et votre parfaite minutie vous ont permis d’être connu dans de nombreux
pays, et par des grandes marques ;

– M. Pierre REVERDY, coutelier d’art en acier damassé. Votre métier est un voyage dans le
temps et nous transporte chez les Celtes et les Peuples d’Orient. Vos lames ont la réputation
d’être les plus souples, les plus tranchantes, les plus dures ; elles ne peuvent ni se tordre, ni
se briser ;

– M. Eric SANSON, marqueteur. Vous recouvrez des meubles et des objets en trompe-l’oeil
avec du galuchat, de l’ivoire et de la nacre, avec patience et créativité. Vous remportez de
nombreux prix car la marqueterie, l’ébénisterie sont vraiment une affaire de famille chez les
Sanson.

Maintenant, je m’adresse aux deux chefs d’atelier des maisons Bernardaud et Puiforcat, que
j’invite également à me rejoindre, et auxquels je remets un trophée intitulé « Décor pour
service Diane – 1970 » créé par l’artiste Etienne Hajdu, dans les ateliers de la Manufacture
nationale de Sèvres :

– M. Christian BRUNET, modeleur, chef d’atelier de la société Bernardaud. Votre formation
à l’école nationale des arts décoratifs de Limoges vous permet de réaliser des porcelaines
gravées, des lithophanies, des pièces émaillées, et de modeler des pièces contemporaines ;

– M. Eric POPINEAU, planeur en orfèvrerie, chef d’atelier de la société Puiforcat-Hermès.
Vous représentez un grand savoir-faire d’un travail effectué uniquement à la main, au
contact de la flamme. Chacun de vos gestes exige force, précision, toucher et écoute, pour
réaliser des pièces de prestige en argent, en or ou en platine.

Je vous remercie Messieurs. Car cette année il n’y a pas de femme, nous attendrons l’année
2006.

L’année 2005 sera placée sous le signe de la transmission, des échanges et du progrès. Les
maîtres d’art participeront non seulement aux salons et aux manifestations du ministère. Ils
interviendront aussi dans les écoles d’art, dans les colloques, à titre d’expert.

Vous participez, je dois le souligner, au rayonnement international de la culture française. Je
tiens à signaler l’édition d’un guide des maîtres d’art, traduit en trois langues, qui vient de
paraître. Et je me réjouis de vous annoncer que l’année 2005 se clôturera par une exposition
en Chine, dans le cadre de l’année de la France en Chine.

Je vous remercie

Commission Nationale Culture-Handicap

29 novembre 2004

Madame la Ministre, Chère Marie-Anne,

Monsieur le Délégué interministériel, cher Patrick Gohet,

Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir rue de Valois, avec ma collègue, Marie-
Anne Montchamp, pour cette quatrième réunion annuelle de la Commission Culture-
Handicap.

Le Président de la République a tenu à faire, vous le savez tous, de l’insertion des
personnes handicapés, l’un des grands chantiers de son quinquennat, afin de permettre « à
la société française de mieux accueillir la différence et de recueillir ses richesses ». A
l’occasion de la clôture de l’année européenne des personnes handicapées, à la fin de l’an
dernier, le Président de la République ajoutait : « notre conception de la citoyenneté nous
engage à rendre à nos concitoyens handicapés toute leur place au coeur de la cité, à leur
permettre de jouir des droits fondamentaux, d’être soumis aux devoirs qui s’imposent à tous
et de participer à la définition des choix publics ».

Cette année 2004, a été marquée par la discussion au Parlement, qui vous a mobilisée,
chère Marie-Anne, de la grande loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et
la citoyenneté des personnes handicapées, dont l’article premier, tel qu’il a été adopté par le
Sénat, proclame notamment : « toute personne handicapée a droit à la solidarité de
l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation nationale,
l’accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens, notamment (…) à l’éducation,
à la formation et à l’orientation professionnelle, à l’emploi (…) aux loisirs, au tourisme, à la
culture, à l’information et aux technologies de l’information et au plein exercice de sa
citoyenneté ».

Sans doute allez-vous revenir dans un instant, Chère Marie-Anne, sur cette oeuvre législative
majeure qui prendra, dès l’an prochain, le relais de la grande loi de 1975 et qui a pour
ambition de faire franchir à la société française une nouvelle étape.

Je tiens à vous dire aujourd’hui solennellement et à réaffirmer par ma voix que le Ministère
de la culture et de la communication prendra toute sa part de la réalisation de cette grande
ambition. C’est un devoir. C’est une chance. C’est aussi un beau projet pour réaliser
pleinement la mission qui lui a été assignée par André Malraux dès sa création : « rendre
accessibles les oeuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand
nombre possible de Français » et « assurer la plus vaste audience à notre patrimoine
culturel ».

Ce ministère est celui de l’alliance entre le patrimoine et la création. Il est celui de l’identité et
du rayonnement. Il est celui de la diversité. En prenant en compte les besoins des personnes
handicapées, en veillant à favoriser un meilleur accès de l’ensemble des publics à la culture
et aux pratiques artistiques, comme aux moyens d’information et de communication, ce
ministère accomplit sa mission et sa vocation.

La Commission nationale Culture-Handicap constitue le lieu par excellence des échanges,
des appuis nécessaires. C’est aussi le lieu idéal qui permet aux ministres, au délégué
interministériel, aux directeurs d’administration centrale, aux sociétés et aux établissements
publics, aux responsables des associations, d’impulser la mobilisation de tous, afin de faire
vivre, dans le domaine de la culture et de la communication, essentiel à la vie personnelle et
sociale, les trois grands principes, les trois grandes valeurs inscrites aux frontons de nos
édifices républicains.

Je tiens à remercier chacun d’entre vous pour votre participation à cette commission. Je
tiens à saluer :

– les associations représentatives des personnes handicapées qui s’engagent activement, je
le sais, dans chacun des groupes de travail, qui se réunissent tout au long de l’année pour
prolonger les recommandations et les orientations de cette commission ;

– les services du ministère de la culture et de la communication, et les établissements publics
sous sa tutelle, qui sont également représentés au plus haut niveau ;

– les sociétés de l'audiovisuel public, et notamment France Télévisions représentée par son
Président, M. Marc Tessier.

Le principe d’accessibilité généralisée affirmé par le projet de loi constitue le cadre général
de notre action qui doit se décliner dans toute la diversité des dimensions, des modes
d’expression et des métiers de la culture et de la communication.

Je pense, d'abord, à l'accès des personnes handicapées aux pratiques artistiques en
amateur.

Je pense, ensuite, à l'accès des artistes et les créateurs handicapés aux formations et aux
métiers de la culture. Cet accès doit être facilité. Il faut en conséquence adapter les cursus et
les techniques d'apprentissage, de médiation humaine et technique.

Je l’ai dit, la semaine dernière, en inaugurant les nouveaux locaux de l’Ecole nationale
supérieure des arts décoratifs, qui est « l’autre » grande école de la rue d’Ulm : on ne sait
pas assez que le Ministère de la culture et de la communication est aussi le ministère de
l’enseignement supérieur artistique et culturel. Et je tiens à ce qu’il assume à ce titre toutes
ses responsabilités.

Je tiens à saluer à ce propos, à titre d’exemple, l’engagement de l'Ecole supérieure des
Beaux-Arts de Marseille, qui réalise une refonte de son projet pédagogique pour accueillir
des étudiants sourds et malentendants.

Je pense aussi naturellement à l’accès de tous aux lieux de culture et notamment aux
monuments historiques : parce que notre patrimoine appartient à tous, il doit être ouvert à
tous.

Je ne manque pas de saluer et de mettre en valeur les efforts qui sont faits par les
responsables de ces lieux, en concertation avec les associations concernées et les élus, à
chacun de mes nombreux déplacements à travers la France. Ainsi, en inaugurant la
médiathèque José Cabanis à Toulouse, j’ai été sensible à l’effort d’équipement spécifique
qui a été fait pour permettre aux malvoyants l’accès au fonds des oeuvres littéraires et
artistiques.

A Chambord, j’ai salué l’accessibilité du rez-de-chaussée avec l’ouverture d’une piste de
visite, ainsi que la mise à disposition de véhicules électriques qui permettent enfin l’accès
autonome au parc, grâce à l’action déterminée de l’établissement, du ministère et le soutien
des associations et du mécénat.

Je tiens aussi beaucoup aux liens entre la culture et la communication par l’usage intelligent
des nouvelles technologies. A Chambord, un film en images de synthèse de haute définition
permet à toutes les personnes qui ne peuvent parcourir les terrasses ni les étages de
connaître l’ensemble des volumes, des façades et des ornements qui ont été entièrement
modélisés.

En inaugurant le musée des Beaux-Arts d’Angers agrandi et transformé, j’ai également
salué, non seulement l’enrichissement des collections, grâce à un apport exceptionnel des
collections nationales, mais aussi les efforts faits pour l’accès aux personnes handicapées et
de celles qui les accompagnent.

Je cite ces exemples, qui sont tous situés en Régions, délibérément. Pour vous montrer
l’importance que j’attache à ce que, bien sûr, les plus grands établissements, les plus
prestigieux, comme la Cité des Sciences et de l’Industrie, dont nous entendrons dans un
instant le Président, le musée du Quai Branly, le musée d’Orsay, le musée du Louvre, situés
à Paris, soient non seulement accessibles mais exemplaires. Mais je tiens aussi à ce que
ces efforts d’accessibilité soient répartis sur l’ensemble de notre territoire.

Et c’est sur l’ensemble de notre territoire que l'accès des visiteurs aux oeuvres doit être
développé, c’est une question de scénographie, d’adaptation de l’offre culturelle, de
dispositifs techniques et de médiation humaine.

J’attache aussi beaucoup d’importance à l'accès à l'information, aux outils de la pensée, au
discours critique, à la parole libératrice et créatrice, aux échanges culturels. C’est une
question d'apprentissage et de bonne maîtrise de la langue et des langues.

L'amélioration de l'accès à la culture exige enfin un effort de formation de l’ensemble des
professionnels de la culture et de la communication.
Notre séance permettra de décliner de nombreuses initiatives qui toutes ensemble,
constituent un véritable plan d'action en faveur de l'accès des personnes handicapées aux
pratiques artistiques et culturelles.

En premier lieu, c’est une mobilisation de l’administration centrale. La création d’un poste de
correspondant handicap, au sein de la délégation au développement et aux affaires
internationales, permettra la coordination entre les associations, le ministère de la culture et
ses établissements et les ministères partenaires.

Je me félicite que l’accessibilité au nouveau bâtiment qui abritera, dès le début de l’an
prochain les services du ministère, rue des Bons Enfants, soit exemplaire, tant pour le
personnel handicapé, que pour l’accueil des visiteurs handicapés.

J’ajoute que le ministère a fait de l'accueil des personnes handicapées au sein des
équipements culturels l’un des principaux indicateurs d’évaluation de son action à destination
des publics.

Chacune des directions régionales a été dotée d’un correspondant Handicap avec pour
mission d'assurer la mobilisation des différents secteurs de la culture, au sein de chaque
DRAC. Un plan de formation de ces correspondants Handicap et des conseillers sectoriels
des DRAC démarrera dès le mois prochain.

Jean-François Hébert nous présentera, au cours de cette séance, le bilan des six groupes
qui ont travaillé depuis l’an dernier sur l’amélioration de l’accueil des personnes handicapées
au sein des Etablissements publics. Je tiens à le remercier pour son investissement
personnel et pour le rôle moteur de la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Le ministère de la culture et de la communication est aussi, vous le savez, le ministère de
l’architecture et en particulier des écoles d’architecture.

J’ai présenté au conseil des ministres mercredi dernier, avec mes collègues Gilles de Robien
et Marc-Philippe Daubresse une communication sur l’amélioration de la qualité architecturale
et du cadre de vie des Français. L’action que nous devons mener en faveur de l’accessibilité
du cadre bâti, et en particulier, du patrimoine dépendant du Ministère de la culture et de la
communication, où l’on estime qu’au total environ 600 établissements sont ouverts au public,
est une action résolue, qui doit commencer par un inventaire précis de l’existant.

Le domaine de la formation des architectes est également essentiel. Une étape très
importante a été franchie lors de cette rentrée universitaire, avec l’inscription de modules
consacrés à l’accessibilité pour tous les étudiants dans tous les programmes. Des
expériences pilotes ont été réalisées dans les écoles d’architecture de Rennes et de
Montpellier.

De manière plus large, afin d'encourager l'ensemble des lieux culturels à mieux accueillir les
personnes handicapées, le ministère de la culture et de la communication a engagé des
actions de sensibilisation et de formation. Je signale notamment :

– l’édition de guides pratiques ;

– la mise en place de séminaires, et notamment d'un cycle de séminaires inter-régionaux au
sein des DRAC. Je tiens à saluer l'action de la DRAC Alsace, dont le directeur est parmi
nous, qui a mis en oeuvre, le 7 octobre dernier, le premier séminaire interrégional Culture et
Handicap, sur l'accès des personnes handicapées aux pratiques artistiques. Un séminaire
national sur l’accueil des jeunes handicapés dans les établissements d’enseignement
artistique spécialisés (conservatoires et écoles de musique, de danse et de théâtre) sera
également organisé en 2005, par la direction de la musique, de la danse, du théâtre et du
spectacle vivant.

Enfin, je ne sépare pas le contact avec la culture, du lien avec l’audiovisuel et les industries
culturelles. C’est pourquoi je tiens à ce que l'accès au cinéma et à la télévision constitue un
champ d'action privilégié. Monsieur Marc Tessier, président de France Télévisions vous
présentera tout à l’heure le plan d'action de sa société pour l’accessibilité des programmes
des chaînes publiques. Je tiens également à souligner les initiatives du Centre National du
Cinéma pour l’accès au cinéma, que vous présentera Madame Catherine Colonna, et
notamment la mise en place d'un groupe de concertation rassemblant producteurs,
exploitants, diffuseurs et associations représentatives des personnes handicapées. C’est un
sujet que j’ai abordé notamment au congrès de la Fédération nationale des exploitants à
Bordeaux.

Afin d’irriguer d’avantage l’ensemble du territoire, nous souhaitons, avec Marie-Anne
Montchamp, que soit mise en place une convention culture/handicap, pour le secteur
médico-social, sur le modèle de la convention culture/santé qui concerne les hôpitaux.

Cette convention permettra le développement des pratiques artistiques au sein des
institutions d'accueil des personnes handicapées, notamment grâce à des jumelages entre
ces institutions et des équipements culturels. Cette action impliquera la collaboration des
ministères de la culture et de la communication et du Secrétariat d’Etat aux personnes
handicapées, en lien avec les associations de personnes handicapées gestionnaires
d'établissements d'accueil.

Je propose qu’un groupe de travail, se réunisse dès janvier 2005, afin de parvenir à la
conclusion d’une convention entre nos deux ministères dès le premier semestre de l’an
prochain.

L’ensemble de cette politique ne pourra porter pleinement ses fruits que si elle est ponctuée
de moments forts qui permettent au plus grand nombre d’acteurs de se rencontrer et
d’échanger, avec le relais des médias. Les rencontres “ Art, Culture et Handicap ” tenues en
octobre 2003 à Bourges ont été une vraie réussite. Forts de ce premier succès, nous devons
nous mobiliser pour organiser de nouvelles Rencontres “ Art, Culture et Handicap ” l’an
prochain.

Enfin, je me réjouis de signer aujourd’hui la charte nationale d'accessibilité, au cours de la
conférence de presse qui suivra cette séance.

Par cette adhésion sans réserve, j'entends renforcer l'engagement de mon ministère pour :

1. l’accessibilité des nouveaux aménagements et la prise en compte de la notion de chaîne
du déplacement ;

2. la concertation permanente avec les associations représentatives des personnes
handicapées ;

3. le conditionnement des aides publiques au résultat d’accessibilité, notamment dans les
contrats d'objectifs et de moyens ;

4. la qualité d’usage des équipements en fin de réalisation ;

5. l’accompagnement humain ;

6. la mise en place d’une information de qualité.

En conclusion, je voudrais insister sur le fait que la mobilisation de l’ensemble des acteurs
réunis autour de cette table est une condition essentielle de la réussite de notre action. Il est
particulièrement important que parallèlement à la mobilisation des services de mon ministère
et des établissements publics, des référents « culture » puissent être désignés et reconnus
au sein même des différentes associations nationales et de leurs délégations régionales.

Ainsi, un partenariat plus étroit entre le ministère de la culture et les associations qui siègent
autour de cette table pourra se nouer. Je pense notamment à l’accès aux pratiques
artistiques et culturelles.

Chère Marie-Anne, avant de te laisser la parole, je voudrais évoquer le souvenir de ce
samedi après-midi que nous avions passé ensemble en juin à Nogent-sur-Marne, après les
longs jours et les longues nuits que tu avais consacrés à la discussion de ton texte à
l’Assemblée. J’avais répondu à ton invitation à visiter l’exposition d’un artiste qui s’appelle
Odon. Son oeuvre très originale, et multiforme, est une oeuvre de tissage et de métissage,
constituée d’une série de tresses, à partir notamment de peintures sur papier.

Eh bien aujourd’hui, je t’invite, et je vous invite tous, en vous remerciant pour votre
participation et vos propositions, à tresser, à tisser, ensemble, de nouveaux liens. Des liens
de culture et de communication. Des liens essentiels à la cohésion et à l’avenir de notre
société.

Je vous remercie.

Inauguration de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs

24 novembre 2004

Monsieur le Maire,

Madame l’Adjointe au Maire,

Monsieur le Président,

Monsieur le Directeur,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de contribuer aujourd’hui avec vous
à écrire une nouvelle page de l’histoire de la Rue d’Ulm. Car le
grand public ne le sait pas assez, il y a deux écoles
extrêmement prestigieuses rue d’Ulm : l’école normale
supérieure et l’école nationale supérieure, la plus ancienne,
puisque bien qu’implantée sur ce site depuis 1920, elle est
l’héritière de l’école royale de dessin, créée en 1766.

Et l’on ne sait pas assez que le Ministère de la culture et
de la communication est aussi celui de l’enseignement supérieur
artistique. Avec trois Grandes écoles à Paris, l’ENSAD (Ecole
Nationale Supérieure des Arts Décoratifs), l’ENSBA (Ecole
Nationale Supérieure des Beaux-Arts) et l’ENSCI (Ecole
Nationale Supérieure de Création Industrielle).

Sa vocation interdisciplinaire a toujours été le gage de
sa réussite et des succès de ses élèves dans tous les domaines
de la création artistique.

J’en citerai deux exemples illustres – et quels exemples !

– Les personnalités aussi marquantes et différentes que Violletle-
Duc ou Rodin. Plus près de nous, Zao Wou ki, Annette
Messager ou encore Claude Closky, mais aussi Pierre
Huyghes, lauréat de la Biennale de Venise en 2001.

Ces quelques noms, parmi tant d’autres, si prestigieux,
témoignent de l’excellence d’un établissement dont je tiens à
rappeler le caractère patrimonial, l’ancrage dans l’histoire des
formes, la capacité jamais démentie d’adaptation qui lui a permis
d’accompagner tous les mouvements de l’art vivant, dans leur
extraordinaire diversité.

A travers l’apprentissage rigoureux et exigeant du
dessin, l’école s’est appliquée, dès l’origine, à associer métier et
culture, intelligence et sensibilité, pour que les meilleurs artisans
deviennent des artistes créateurs. Sa mission initiale s’est
affinée en même temps que son ambition s’est affirmée. Après
plusieurs changements d’appellation, l’école devient en 1877
l’Ecole nationale des arts décoratifs puis, en 1925, l’Ecole
nationale supérieure des arts décoratifs.

A partir des années 1930, elle couvre de nouveaux domaines, en
particulier les arts graphiques. L’enseignement après-guerre se recentre
sur l’architecture intérieure. Puis c’est ici qu’est créé le premier
enseignement en France de design industriel. En 1966, les arts graphiques
deviennent la communication visuelle. Puis de nouvelles disciplines
apparaissent : design vêtement, textile, photo, scénographie, vidéo,
mobilier et infographie. Entre 1990 et 2002, avec Richard Peduzzi, l’Ecole
renforce ses liens avec le monde professionnel et s’ouvre à l’international.

Cette adaptation constante se reflète aujourd’hui dans vos locaux
remaniés et conformes à l’ensemble des missions de l’établissement,
grâce au projet architectural ambitieux, réalisé avec talent et passion par
Luc Arsène-Henry et Philippe Starck pour les bâtiments, par Pascal Cribier
pour les extérieurs. L’identité visuelle de l’école a été transformée par
l’ensemble des aménagements.

Et, dès la rentrée scolaire 2004-2005, les dysfonctionnements, inévitables
lorsque les locaux de l’école étaient partagés entre les deux sites, de Paris
et d’Ivry-sur-Seine, disparaissent.

Cette cohérence plus forte se retrouve aussi dans les changements
intervenus dans le déroulement du cursus de formation.

Vous le savez, je suis très attaché au rôle et à l’attractivité des
établissements de formation au sein du Ministère de la culture et de la
communication. Ils doivent renforcer la qualité de leur enseignement et
s’inscrire pleinement dans l’Europe d’aujourd’hui, une Europe des Arts et
de la Culture.

En rendant hommage aux directeurs successifs qui ont conduit les
adaptations des enseignements aux défis de leurs temps, je ne peux que
féliciter le directeur ainsi que l’équipe pédagogique actuels pour avoir
compris les enjeux et pour avoir mis en place ce vaste chantier sans lequel
l’ENSAD aurait pris le risque de perdre son attractivité. J’ai conscience de
la somme de travail que représente la refonte d’un programme permettant
de passer d’un cursus de quatre à cinq ans !

Vous avez su mener à bien cette réforme dite du L/M/D (licence – mastère
– doctorat) et saisir cette occasion pour accentuer une interdisciplinarité
plus nécessaire que jamais.

Pour ma part, je ne peux que vous suivre dans la démarche qui vise par
ailleurs à ouvrir l’école au monde de l’entreprise. Votre Président, Monsieur
Christian Blanckaert, dont je connais le dynamisme, ne peut que vous
accompagner dans cette voie qu’il connaît bien.

Ce nouvel outil plus performant mis à la disposition des enseignants et des
étudiants doit permettre d’assurer un rayonnement encore plus fort : il doit
notamment favoriser les échanges internationaux.

Je ne peux que vous inciter à prendre les premiers rôles sur la scène
européenne (sans arrogance, bien sûr) en organisant par exemple des
assises sur les arts décoratifs. Il va de soi que je serai à vos côtés pour
ouvrir ces journées européennes !

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur, Chers Amis, vous avez
devant vous un défi magnifique à relever.

En plus d’une solide réputation obtenue grâce à un héritage prestigieux,
grâce aux mérites de vos équipes administrative et pédagogique, grâce au
travail et au talent de vos étudiants, vous êtes désormais dotés de
bâtiments rénovés propres à servir une grande ambition. Vous pouvez
compter sur moi pour vous soutenir dans vos actions et vos projets, afin
qu’ils continuent de placer l’ENSAD au premier plan du rayonnement de
notre culture et de nos savoir-faire en Europe et dans le monde.

Je vous remercie.

Inaugurataion du nouveau chapiteau de l'Ecole nationale des arts du cirque de Rosny

22 novembre 2004

Le nouveau chapiteau de lEcole nationale des Arts du cirque de Rosny-sous-Bois (ENACR), a été inauguré samedi matin par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres… La ville de Rosny accueille depuis 1983 des activités autour des arts du cirque et cest cette implication dans ce secteur qui a amené lEtat, lors de la mise en place dune politique daide au cirque, à y installer un premier cycle de formation… Le nouveau chapiteau de lEcole nationale des Arts du cirque de Rosny-sous-Bois (ENACR), a été inauguré samedi matin par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, le maire de la Ville et les présidents de la région Ile-de-France et du conseil général de Seine-Saint-Denis).

Le coût du nouveau chapiteau, une grande tente/cerf volant à sept mats, financé par lEtat 23% et les collectivités territoriales, ville 27%, région 30% et conseil général 20%, se monte à près de 3 millions deuros.

LENACR qui a succédé en 2000 à lEcole nationale du cirque de Rosny (ENCR) elle même créée en 1991, a eu son chapiteau détruit et son matériel dégradé lors de la tempête de 1999.

Elle a cependant continué, grâce à divers partenariats, ses activités de formation au premier diplôme dEtat de lenseignement des arts du cirque. Munis de ce diplôme, les éléves peuvent accéder au Centre national des arts du cirque, installé à Châlons-en-Champagne (Marne).

LENACR accueille sur deux promotions 32 à 36 éléves et chaque année quelque 250 amateurs.

La ville de Rosny accueille depuis 1983 des activités autour des arts du cirque et cest cette implication dans ce secteur qui a amené lEtat, lors de la mise en place dune politique daide au cirque, à y installer un premier cycle de formation.

LENACR qui a été créée par Bernard Turin, est actuellemnt dirigée par Anni Goyer.

Donnedieu de Vabres : «Il faut cantonner l'OMC aux échanges économiques»

19 novembre 2004

Un appel commun, pour que le traité de lUnesco ait force de loi, vient dêtre signé. Si le président Vicente Fox accepte lidée de défendre la diversité culturelle, il na pas pour autant arrêté son choix sur la question essentielle de savoir si ce principe doit être ou non subordonné aux accords de lOMC. Cest tout lenjeu des discussions entre le Mexique et la France. Cest aussi le combat que mène Renaud Donnedieu de Vabres pour convaincre ses partenaires…. Jean-Pierre Raffarin entend faire partager au Mexique le combat pour la diversité culturelle, autrefois dénommée – lorsque la France seule le menait – lexception culturelle. «Rien ne serait pire quune humanité uniforme soumise à une seule culture mondialisée, appauvrie. Nos deux pays doivent saccorder pour faire entendre le message en faveur de la diversité et du pluralisme des oeuvres culturelles. Notre lutte engage la richesse culturelle du patrimoine de lhumanité», a notamment déclaré le premier ministre à Mexico. Comme en France, le Mexique a pris un certain nombre de décisions pour protéger sa culture et son audiovisuel. Les sociétés étrangères ne peuvent pas prendre plus de 49% du capital des sociétés de production et dexploitation et les billets des salles de cinéma sont assujettis à une taxe de sept centimes reversés à léquivalent du CNC. Les oeuvres mexicaines recueillent 30% dentrées en moyenne dans les salles comme à la télévision, mais ce pays souhaite élargir laccès au marché des services audiovisuels. Un appel commun, pour que le traité de lUnesco ait force de loi, vient dêtre signé. Si le président Vicente Fox accepte lidée de défendre la diversité culturelle, il na pas pour autant arrêté son choix sur la question essentielle de savoir si ce principe doit être ou non subordonné aux accords de lOMC. Cest tout lenjeu des discussions entre le Mexique et la France. Cest aussi le combat que mène Renaud Donnedieu de Vabres pour convaincre ses partenaires.

Propos recueillis par Emmanuel Schwartzenberg
 

LE FIGARO.Pourquoi le combat pour la défense de la culture est-il devenu un enjeu national ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES. – La violence de lactualité internationale et ses répercutions sur la scène intérieure dans la plupart des pays du monde – je pense aux risques du terrorisme et de lintégrisme – engendrent un nouveau réflexe face à une mondialisation qui peut apparaître aussi bien comme une chance que comme une destruction des industries et des marchés avec les conséquences qui en découlent. Lurgence politique veut que léchange ne soit pas lui-même destructeur. Chacun veut aujourdhui mettre à labri sa propre identité, sa culture, ses racines, son patrimoine.

Quels sont les secteurs les plus menacés : le patrimoine ou laudiovisuel ?

Par définition, ce sont toujours les plus faibles qui sont menacés. Les cultures les plus fragiles sont toujours les plus exposées. En France, nous avons la chance davoir entre les mains un capital dinfluence et de rayonnement exceptionnels, fondés sur le patrimoine et la création artistique. Et pour autant, à cause parfois de la technologie, nous ne sommes pas à labri. Doù le rôle politique joué par le président de la République et le gouvernement sur la scène internationale pour dire dans un même élan «Oui à léchange culturel. Oui aux droits des nations à soutenir la politique culturelle de leur pays». Cest le sens des débats qui vont se dérouler en 2005 à lUnesco.

Quelles garanties apportera la convention Unesco sur la diversité cultu relle ?

Ce nest pas un exercice théorique, cest un acte politique essentiel. Lactivité culturelle et artistique nest pas une activité comme les autres. Elle mérite une protection particulière. Les règles applicables à la circulation des marchandises ne peuvent pas sappliquer davantage à ce que lon appelle, en termes peu élégants, les biens culturels. Ce qui était le thème de lexception culturelle, perçu par nos détracteurs comme léternelle arrogance française, apparaît aujourdhui à la plupart des pays du monde, et même à nos amis américains, comme une nécessité politique et stratégique. La prise de position commune entre la Chine et la France, que jai proposée à mon homologue, en est lillustration. La visite de Jean-Pierre Raffarin au Mexique est une étape très importante avec ce grand pays dont nous sommes très proches politiquement.

Est-ce que vous ne redoutez pas, comme pour le protocole de Kyoto, que le monde se divise demain entre ceux qui défendent le projet français et les autres qui rallient le camp américain ?

Jespère sincèrement quautant la prise en compte de la situation internationale actuelle que certains aspects de lévolution technologique – je pense bien sûr à Internet – permettront à nos amis américains de mieux comprendre notre point de vue. Dans le domaine du cinéma, cest quasiment chose faite. La difficulté majeure qui est devant nous cest de légitimer, pour les questions de santé, lautorité politique et juridique de lOMS ; pour les questions culturelles, celle de lUnesco, et de cantonner lOMC aux échanges économiques.

Le soutien que lEurope a apporté cette semaine à la convention Unesco va-t-il lui permettre davoir, par rapport à lOMC, une force politique suffi sante ?

Lobjectif politique français vis-à-vis de lUnesco, tendant à conforter les politiques culturelles nationales, cest au fond le même que celui qui me fait mopposer directement et fortement à la Commission européenne lorsquelle remet en cause le droit de la France à soutenir ses industries culturelles. Le mandat que lensemble des ministres de la Culture européens vient de donner à la Commission pour faire reconnaître le droit à la diversité culturelle face à lOMC est une étape très importante. LEurope de la culture qui sest fait trop attendre prend force. Le respect du pluralisme et de la diversité politique, religieuse, intellectuelle, voilà bien la valeur européenne suprême dont le rayonnement international franchit les océans. Le Canada, le Brésil, le Mexique, la Chine, et pourquoi pas demain nos amis américains, en sont irradiés.

Si le traité Unesco nest pas adopté comme prévu en 2005, quadviendra-t-il des identités culturelles ?

Le risque serait grand dune uniformisation, dune sorte de culture unique qui ne manquerait pas de revenir comme un boomerang. Certains pays – lAustralie, la Nouvelle-Zélande – se sentent déjà bousculés par certaines formes dhégémonie culturelle, faute davoir su protéger à temps leurs talents nationaux.

Est-ce que ce traité ne va pas permettre à des pays de protéger des traditions révolues sous couvert de défense du patrimoine ?

Effectivement, le concept des droits de lhomme doit avoir une portée universelle et mettre en échec toutes les dérives et les violences attentatoires à la dignité humaine constatées dans le monde contemporain.

Des boîtes de plomb scellées dans la statue équestre de Henri IV

19 novembre 2004

Ce cheval et son cavalier ont remplacé, sur lordre de Louis XVIII, la précédente statue équestre du premier des Bourbons qui avait été édifiée au même endroit à linitiative de Marie de Médicis en 1614 et détruite sous la Révolution en août 1792… Des boîtes de plomb scellées, découvertes à lintérieur de la statue équestre de Henri IV érigée sur le Pont-Neuf à Paris, seront ouvertes vendredi par Renaud Donnedieu de Vabres au ministère de la Culture.

Dans un communiqué, le ministère précise que ces boîtes « renferment probablement, comme il était dusage pour les grands monuments commémoratifs, des documents liés à lérection de cette statue en 1818 par le sculpteur François-Frédéric Lemot ».

Ce cheval et son cavalier ont remplacé, sur lordre de Louis XVIII, la précédente statue équestre du premier des Bourbons qui avait été édifiée au même endroit à linitiative de Marie de Médicis en 1614 et détruite sous la Révolution en août 1792.

« Les objets et documents renfermés dans ces boîtes témoignent probablement aussi du culte rendu en permanence à la mémoire du Bon Roi par lopinion publique malgré les vicissitudes de lHistoire », ajoute le ministère.

M. Donnedieu de Vabres, procèdera vendredi à 16h rue de Valois, à louverture de ces boîtes -découvertes lors de lexploration intérieure du cheval et du cavalier-, en présence de Jean-Pierre Babelon, président de la Société Henri IV, historien dHenri IV et de Paris.

La statue équestre de Henri IV se dresse à la pointe de lîle de la Cité sur le terre-plein qui surplombe le jardin du Vert-Galant.

Inauguration de l'Alliance Française de Polanco

18 novembre 2004

Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

II y a 120 ans, en 1884, des hommes de culture, d'aventure et d'idéal, dont Jules Verne et Ferdinand de
Lesseps, réunis à Paris, créaient I'Alliance Française. au service de la langue française et des valeurs
universelles.

Quelques mois plus tard, un groupe de Mexicains et de Français s'engageaient avec passion et
générosité, en jetant les bases de ce qui allait devenir I'Alliance Française de Mexico.

Cette petite association, à l'époque, traversa, libre, la Révolution mexicaine, deux guerres mondiales et
plusieurs crises financières pour devenir, 120 ans plus tard, le premier réseau au monde. Un réseau qui
accueille aujourd'hui 35 000 étudiants et organise plus de 160 manifestations culturelles chaque année.

Quelle belle et forte aventure que la vôtre !

Je suis très heureux et très fier de célébrer avec vous, en inaugurant le siége renové de la Fédération à
Polanco, le 120ème anniversaire de I'Alliance Française au Mexique.

Forte de ses 62 antennes dans tous les Etats de la République, forte de ses prestigieux partenaires des
milieux artistiques et culturels mais aussi économiques, forte de I'appui de la France, et en particulier des
services culturels de notre Ambassade, I'Alliance Française peut se tourner vers l'avenir avec optimisme,
avec confiance. Et avec I'espoir de voir s'épanouir sur votre territoire une culture et une langue qui vous
sont chères.

Quel magnifique succés que le vôtre !

L'engouement pour le français dans votre pays où le gènie humain s'exprime avec tant de force depuis
tant de siécles, cette «Terre des hommes admirables », fière de son passé et résolument tournée vers
l'avenir, cette grande nation moderne, bruissante d'activités et de projets, oui, cet engouement, nous
remplit de joie et d'espérance. Et de confiance pour le combat que nous menons ensemble.

Un combat où la France et le Mexique sont en première ligne. Un combat pacifique pour la diversité
culturelle et linguistique, et pour le dialogue des civilisations. Un combat pour la reconnaissance de l'autre,
la tolérance et la paix. Un combat pour le respect de la dignité de l'homme, la liberté, la justice et la
solidarité.

Ici, vous ouvrez des portes, aux étudiants, et aux cadres que vous accueillez, vers notre belle langue,
mais aussi vers les sciences et les techniques, vers les échanges, culturels et commerciaux.

Vous ouvrez des fenêtres, sur le monde français et francophone. sur un patrimoine historique prestigieux
et sur des creations innovantes et contemporaines.

Vous offrez une profession de foi dans ces valeurs humanistes et universalistes que nous avons en
partage. Vous nouez de nouveaux liens linguistiques, culturels, économiques et politiques. Des liens
riches de oromesses. Des liens fondés sur la culture et sur l'humanisme.

Du fond du coeur, je suis heureux de dire mon admiration, mon estime et ma reconnaissance à toute votre
équipe, à toux ceux qui vous soutiennent, à toux ceux qui mobilisent leurs talents, leurs ressources et
leurs énergies, sans compter leur temps, au service de l'amitié franco-mexicaine.

Je forme le voeu que grâce à vous, tous ceux qui entrent ici puissent déclarer, comme Octavio Paz lors
de sa réception au Palais de I'Elysée à Paris en 1994 : Sin el francés no seria Io que soy .

Je vous remercie.

Remise des insignes de Chevalier dans l'Ordre des Arts et Lettres à Madame Lidia Camacho, Directrice Générale de Radio Educacion au Mexique

18 novembre 2004

Chère Lidia Camacho,

Je suis très fier de vous distinguer aujourd’hui dans ce haut lieu de la culture et des arts, le
Musée national d’Anthropologie de Mexico, au moment même où nos deux pays réaffirment
leur engagement commun en faveur de la diversité culturelle.

Chère Lidia Camacho, vous êtes, par votre action, au coeur de la coopération francomexicaine,
non seulement dans le domaine audiovisuel, mais aussi dans celui de la création.

En tant que directrice générale de Radio Educacion, la première radio mexicaine, vous avez
crée avec Radio France internationale, les Biennales internationales de la radio, en
accueillant les rencontres latino-américaines des radios partenaires de RFI.

Vous êtes aussi à l’origine de l’adaptation mexicaine du Festival Imagina, qui est le grand
rendez-vous international des nouvelles images.

Vous faites vivre, sur les ondes, le dialogue entre nos deux cultures.

Grâce à vous, les antennes de Radio Educacion sont toujours ouvertes aux événements
culturels franco-mexicains, dans le domaine du cinéma, avec le « Tour de Cinéma français
au Mexique ». Mais aussi avec le « Festival de Cinéma franco-mexicain », qui débute
aujourd’hui même. Et encore dans les domaines de la littérature, des spectacles et de
l’enseignement du français.

Vous êtes Docteur en communication. Après être passée par l’Institut national de
l’audiovisuel, qui est le centre d’excellence de la conservation et de la diffusion du patrimoine
audiovisuel français, vous avez dirigé le Collège de la communication de l’Université del
Claustro de Sor Juana.

Du monde de l’Université, vous êtes passée avec bonheur à celui de l’Entreprise, en faisant
de la radio publique, l’instrument de la cohésion nationale et du lien social entre toutes les
générations et toutes les communautés.

Vos antennes ouvrent à l’ensemble du peuple mexicain un très large accès à la culture, une
culture vivante, proche et ouverte sur le monde, une culture de la diversité.

Aujourd’hui, Radio Educacion fête ses 80 ans. Et vous lancez de nouveaux ateliers de
création radiophonique. Je tiens à remercier ici les services culturels de l’Ambassade de
France de leur appui à cette initiative, avec la venue d’Andrea Cohen, productrice à France
Culture.

Et vous vous engagez en faveur de la sauvegarde du patrimoine audiovisuel, qui fait partie
intégrante de notre patrimoine.

Vous avez jeté des ponts entre nos deux pays et vous avez fait progresser la coopération
culturelle Franco-Mexicaine.

Chère Lidia Camacho, je suis très heureux de vous faire, au nom de la République
Française, Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.