Archives de 2004

Paris et Hollywood se liguent contre le piratage de films sur internet

23 octobre 2004

Le ministre français de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres et Dan Glickman, le président de la Motion Pictures Association of America (MPAA – organisme regroupant les grands studios américains) ont fait cause commune samedi à Beaune contre le piratage de films sur internet… Le ministre français de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres et Dan Glickman, le président de la Motion Pictures Association of America (MPAA – organisme regroupant les grands studios américains) ont fait cause commune samedi à Beaune contre le piratage de films sur internet.

« La contrefaçon menace la création et la diversité culturelle et finira par nuire également au public en appauvrissant la création. Une action urgente et coordonnée avec les professionnels concernés est donc indispensable », ont-ils souligné dans un communiqué publié à lissue de leur rencontre en marge des 14èmes Rencontres cinématographiques de Beaune.

MM. Donnedieu de Vabres et Glickman « considèrent que la propriété intellectuelle est un droit fondamental des créateurs, qui est indispensable à la création et quil est nécessaire de renforcer la législation pour ladapter aux nouvelles formes de contrefaçon ».

Ils se sont également « réjouis du dialogue engagé en France entre les professionnels du cinéma et de linternet sous légide du gouvernement ».

Ils souhaitent quil « puisse déboucher rapidement sur un plan conjoint visant à développer une offre légale et payante (…) mettre en place des actions conjointes déducation au public (…) organiser des mesures partagées de prévention et de lutte contre la contrefaçon », selon le communiqué.

Dan Glickman, qui a succédé il y a six semaines à Jack Valenti, président de la MPAA pendant 38 ans, effectuait à Beaune son premier déplacement à létranger depuis sa prise de fonctions.

15e Rencontres cinématographiques de Beaune

22 octobre 2004

Mesdames, Messieurs,

chers amis,

Je me réjouis d'être ici, pour la première fois, à vos côtés. Et je tiens à remercier l'ARP et les
organisateurs de ces Rencontres de m'avoir invité à y participer.

Je sais que de Beaune jaillissent, dans le dialogue et les débats que nous allons avoir, non
seulement les idées nouvelles, mais aussi et surtout, les propositions de réforme.

C'est dans cet esprit que je veux avec vous relever les défis de l'avenir.
Et je me réjouis que nous commencions par la diversité culturelle en Europe et dans le
monde.

La diversité culturelle, dont le cinéma est l'expression même.

La diversité culturelle qui est, non seulement une ambition française, mais aussi une
ambition européenne.

Une ambition à proposer au monde, dans le dialogue, pour affirmer avec force l'égale dignité
de toutes les cultures et le rayonnement des valeurs qui nous sont chères. Des valeurs que
je crois profondément européennes et qui sont à partager avec le monde entier : au premier
rang de ces valeurs, la création, la liberté – liberté de créer, liberté de rêver, le respect de
l'autre – l'accès de tous à la culture.

Ces valeurs sont autant d'enjeux économiques pour cet art qui est aussi une industrie, le
cinéma, dans une mondialisation où ne peuvent régner les seules règles du marché. Car il
n'y a rien de plus étranger au génie humain que l'évolution vers une civilisation uniforme qui
ne respecterait pas la diversité des cultures.

Je me réjouis aussi que les débats de ce matin soient prolongés, lors de ces Rencontres, par
une réflexion stimulante sur les nouvelles technologies.

Des technologies qui sont lourdes, nous le savons, de menaces pour la création et pour la
diversité culturelle. Mais j'ajoute aussitôt que je suis convaincu que l'ère du numérique qui
s'ouvre devant nous est aussi riche de perspectives de croissance passionnantes pour
l'industrie cinématographique, comme pour tous les amoureux du cinéma que nous sommes.

Je compte beaucoup sur nos débats, sur vos propositions, sur nos échanges.

Et je souhaite que ces 14èmes Rencontres, résolument ouvertes sur l'Europe et sur le
monde, qui sont notre horizon commun, nous permettent de jeter les bases d'une "nouvelle
alliance" que j'appelle de mes voeux, entre le cinéma, la diversité culturelle et les nouvelles
technologies.

Enfin je me félicite que ces rencontres soient l'occasion pour nous tous d'allier travail et
plaisir. Le charme de Beaune tient aussi à ces événement conviviaux qui nous sont
proposés ici. Je pense notamment au dîner dans les Hospices et aux projections, bien sûr,
comme celles du Silence d'Orso Miret, d'Holy Lola de Bertrand Tavernier, ou encore de
L'équipier de Philippe Lioret.

Je vous remercie.

ANNONCES POUR LA REGULATION DU MARCHE DE LA VIDEO (SUITE DU RAPPORT
FRIES)

Je sais qu'ici l'an dernier vous aviez mis l'accent à juste titre sur les problèmes de régulation
du marché de la vidéo.

Lors des Rencontres professionnelles de Beaune 2003, les auteurs et réalisateurs du
cinéma avaient souhaité que des mesures soient prises par les pouvoirs publics pour une
meilleure régulation du marché de la vidéo. La contribution du secteur de la vidéo au cinéma
leur semble insuffisante. En particulier, ils reprochent aux éditeurs vidéo le manque de
transparence du marché, le développement d'opération à prix bas, et l'insuffisance de la
remontée de recettes pour les films français. Par ailleurs, les auteurs et réalisateurs estiment
que le principe de rémunération proportionnelle au prix payé par le public prévu par la loi
n'est pas respecté.

Je sais la grande attente des professionnels sur ce sujet, comme en témoignent les
différentes plateformes que je viens de recevoir. Le groupe de travail mis en place par le
CNC va faire des propositions dans des délais rapides notamment sur l'accord global
possible entre les ayant droits et les éditeurs ainsi que sur les améliorations à apporter au
compte de soutien.

D'ores et déjà, des mesures doivent sans tarder être prises. Je souhaite en préciser les
contours.

1. Je vous annonce La création d'un baromètre de la vidéo, permettant de disposer
régulièrement d'une batterie de chiffres fiables, comme il en existe pour le cinéma ou la
télévision. Cette mesure fait l'objet d'un très large consensus. Ce baromètre, qui sera géré
par le CNC et permettra de disposer de données statistiques périodiques et transparentes
sur l'état du marché. Je crois que cela répondra à un réel besoin et à une demande de
l'ensemble du secteur.

2. Plusieurs groupes de travail vont prochainement se mettre en place entre le CNC et
les professionnels pour évoquer un certain nombre de mesures qui ont reçu un accueil de
principe favorable mais dont il faut mettre au point les modalités et arbitrer la répartition des
efforts. Il s'agit notamment : – de rendre plus lisible la grille des prix du DVD pour le
consommateur. Le développement de certaines opérations de braderie, sur internet par
exemple, et d'opérations de promotion dans lesquelles le DVD joue un rôle de " produit
d'appel " pour certains grands journaux mais aussi pour des produits alimentaires,
contribuent à brouiller gravement pour le grand public la compréhension de la valeur d'un
DVD. Je souhaite saisir le ministère de l'économie, des finances et de l'industrie (et
plus précisément la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la
répression des fraudes (DGCCRF) de ce problème, pour évoquer la notion de prix
abusivement bas et de vente à perte. Une prochaine modification de la loi Galland, suite
au rapport Canivet, offre peut-être une occasion de clarifier les règles du jeu, sachant qu'il ne
s'agit en aucun cas de s'opposer à la baisse normale du prix d'un DVD au cours de sa
carrière commerciale.

– d'entreprendre la normalisation et la standardisation de certaines clauses
contractuelles entre les éditeurs et les ayants droit, telle que l'obligation d'obtenir
l'accord explicite de l'auteur pour pouvoir procéder au déclassement d'une oeuvre.

– de rapprocher les modes de rémunération des auteurs des dispositions légales. Cela
suppose d'identifier strictement le chiffre d'affaires exact réalisé par un titre, ce qui se heurte
aux pratiques des fameuses " marges arrière ".

– d'instaurer un dialogue permanent avec les distributeurs détaillants, qui sont
demandeurs, et peuvent aussi devenir partenaires.

3. Dans un troisième temps, et selon le cheminement des accords professionnels, les
pouvoirs publics pourront toujours en liaison avec les professionnels, faire évoluer
les règles d'accès au compte de soutien, tant automatique que sélectif, dans le sens,
notamment, de :

– conditionner l'accès aux aides du CNC (automatique et sélective), à un comportement
vertueux ;

– renforcer les sanctions contre les éditeurs qui ne déclarent pas leur activité ;

– augmenter le nombre d'éditeurs et de producteurs qui bénéficient de l'automatique ;

– réduire de 5 à 3 ans le délai de mobilisation des crédits disponibles ;

– encourager l'utilisation de l'aide automatique au préfinancement des films, au moment du
tour de table des producteurs et non plus seulement par l'acquisition tardive de minimum
garantis (MG) une fois le film terminé.

Ces actions devront être menées en accompagnement des efforts des professionnels et non
pas isolément. Tel est le sens du travail que j'ai souhaité entreprendre, avec le concours de
tous.

LA CONVENTION SUR LA DIVERSITE CULTURELLE A L'UNESCO
(calendrier et procédure)

1. Lors des deux précédentes éditions des Rencontres, je sais que vos débats avaient porté
sur l'opportunité d'élaboer, à l'UNESCO, une Convention mondiale sur la diversité culturelle.

J'ai aujourd'hui le plaisir de vous indiquer que les travaux gouvernementaux ont été
officiellement lancés le 20 septembre dernier à Paris. La présence de près de 600 délégués,
représentant 132 pays, à Paris a montré l'intérêt que suscite cette Convention. Les débats
animés, qui m'ont été rapportés, ont permis de souligner que tous s'accordaient sur la
nécessité de préserver et promouvoir la diversité culturelle par un nouvel instrument, qui
comblait un vide du droit international. Il y a à peine deux ans que le Président de la
République a, pour la première fois, à Johannesburg en septembre 2002, émis le souhait de
voir adoptée une telle Convention à l'UNESCO, ou que les ministres de la culture du RIPC
produisaient la première ébauche d'" instrument international " sur la diversité culturelle.

C'est dire combien les choses ont avancé vite, et nous devons tous nous en réjouir.

2. L'objectif de l'adoption de ce texte en 2005 reste d'actualité. Deux réunions d'experts
gouvernementaux à Paris nous séparent de cette échéance, elles se tiendront à l'UNESCO
en janvier-février 2005 puis en mai-juin 2005. Au terme de ces travaux, une version finale du
projet de texte sera transmise aux Etats pour que la Conférence générale de l'automne 2005
puisse l'adopter.

(enjeux)

1. Les enjeux de ce futur texte sont considérables. Il s'agit de faire reconnaître sur la scène
internationale :

– le droit plein et entier des Etats à soutenir la création ;

– la spécificité des biens et services culturels, qui ne sont pas des marchandises comme les
autres ;

– la nécessité de la coopération et de la solidarité internationale. En effet, la diversité
culturelle ne saurait justifier un repli sur notre identité culturelle. Elle implique, par définition,
une ouverture aux autres cultures.

2. Pour que ce travail ait toute son utilité, il faut aussi veiller à ce que que la Convention soit
effective, c'est-à-dire qu'elle trouve sa place dans l'ordre juridique international au côté des
autres traités existants. Elle ne saurait être subordonnée aux traités commerciaux, comme
ceux de l'OMC. Elle doit pouvoir y être opposable. C'est tout l'enjeu de la définition d'une
articulation convenable entre cette Convention et les autres traités internationaux et
beaucoup d'efforts sont encore à fournir pour y parvenir.

(position américaine)

1. Je voudrais terminer ce point sur la Convention UNESCO en soulignant l'évolution de
l'attitude américaine. Leur position me semble avoir évolué et je crois que nous devons nous
en féliciter. J'ai noté que, contrairement aux craintes de certains, ils avaient abordé la
négociation UNESCO de manière positive et constructive.

2. Il ne s'agit pas ici d'être naïf, de nier les divergences qui caractérisent nos approches de la
diversité culturelle mais de bien comprendre que seul le consensus international permettra à
la Convention d'être ratifiée, donc effective. C'est pourquoi je souhaite renouer le dialogue
avec nos partenaires américains, sans renoncer en rien à nos objectifs, mais pour éviter
qu'une opposition stérile entre nos deux pays ne prive la future Convention de toute
effectivité.

(mobilisation des professionnels)

1. Je sais que je peux compter sur vous pour soutenir ces efforts. Au travers de la Coalition
pour la diversité culturelle, dont l'ARP est un membre actif, vous avez accompagné toutes
les étapes de ce processus. Vous m'avez régulièrement fait part de vos commentaires, de
vos attentes, voire de vos inquiétudes et je vous remercie de cette collaboration. Les
dernières Rencontres internationales des organisations professionnelles de la culture à
Séoul (1-4 juin 2004) ont fourni une caisse de résonance à l'avancée des travaux à
l'UNESCO, tout comme la réunion organisée à l'UNESCO par les professionnels associant
tous les Ambassadeurs.

2. Je souhaite pour ma part que l'ensemble des professionnels, notamment ceux du cinéma
ici présents, continuent à se mobiliser sur ces discussions essentielles.
Transition : la France se réjouit du soutien très large de nombreux pays européens à
l'élaboration d'une Convention à l'UNESCO, dont l'Espagne, qui permettra l'émergence d'une
position communautaire solide. En tant qu'européens convaincus, nous pensons que
l'Europe, riche de sa propre diversité, doit peser dans les négociations. Nous souhaitons une
coordination, ce qui ne doit pas empêcher les Etats membres de faire valoir leur diversité.

L'EUROPE DE LA CULTURE ET LE PROJET DE TRAITE CONSTITUTIONNEL

1. L'évolution du cadre international doit s'accompagner d'une évolution parallèle au niveau
communautaire. Une meilleure reconnaissance des enjeux liés à la diversité culturelle à
l'UNESCO portera ses fruits si, au niveau communautaire, elle est mieux prise en compte.

2. C'est pourquoi nous devons nous rejouir que la place de la culture dans le projet de traité
constitutionnel soit améliorée :

– la diversité culturelle est élevée au rang des objectifs et des valeurs de l'Union.

– le projet d'article 181-5 (ex article 151-5), qui fonde les actions de l'Union en matière
culturelle, prévoit le passage à la majorité qualifiée du processus de décision. Ainsi, la durée
de négociation d'un programme culturel sera réduite et de véritables priorités pourront lui
être imprimées.

– Les accords relatifs au commerce des services culturels et audiovisuels continueront à
relever de l'unanimité " lorsque ceux-ci risquent de porter atteinte à la diversité culturelle et
linguistique de l'Union ". Le projet maintient donc notre droit de véto et confirme le principe
de la préservation de la diversité culturelle, y compris en matière de politique commerciale.

L'ambition européenne en matière audiovisuelle et de cinéma :

– le programme MEDIA. La négociation du programme qui succédera à MEDIA+ en 2007
s'ouvre à peine, et durera sans doute jusqu'à 2006. J'aurai l'occasion de faire part de nos
premiers commentaires au prochain Conseil des Ministres. Je sais que le projet de la
Commission, qui reprend les principaux mécanismes, a été bien accueilli par les Etats
membres. Les propositions nouvelles répondent d'ailleurs assez largement aux demandes
de la France, telles qu'exprimées par les professionnels lors des consultations organisées
par le CNC.

– Diversité culturelle et aides d'Etat : à cet égard, je crois qu'on ne peut pas à la fois défendre
la diversité culturelle et interdire les aides aux industries culturelles : ce serait une
incohérence. Je souhaite sensibiliser rapidement la nouvelle Commission sur ce dossier, et
j'ai prévu de rencontrer les Commissaires concernés dès novembre, dans le cadre de la
discussion en cours sur le renouvellement du système français.

LA DIRECTIVE " TELEVISION SANS FRONTIERES "

Afin de favoriser la promotion de la diversité culturelle et d'encourager la compétitivité de
l'industrie européenne de programmes, la directive " télévision sans frontières " (TVSF) fixe
des obligations de diffusion des oeuvres européennes et de soutien aux oeuvres émanant de
producteurs indépendants. Les services de radiodiffusion télévisuelle doivent réserver une
proportion majoritaire de leur temps de diffusion à des oeuvres européennes (article 4) et au
moins 10 % de leur temps d'antenne ou de leur budget de programmation à des oeuvres
européennes émanant de producteurs indépendants (article 5).

I. – Les quotas de la directive TVSF sont globalement bien respectés

Le 28 juillet 2004, la Commission a adopté son 6ème rapport sur l'application des quotas,
dans lequel elle conclut que, globalement, les articles 4 et 5 de la directive TVSF sont bien
appliqués. Les proportions observées sont largement supérieures à celles fixées par la
directive TVSF. Ainsi, en 2002, dans les quinze États membres, le temps de diffusion moyen
réservé à des oeuvres européennes s'élevait à 66,10 % et la proportion des oeuvres de
producteurs indépendants diffusées sur l'ensemble des chaînes européennes était de 34,03
%.

Les quotas sont efficaces.

II. – L'avenir des quotas dans le contexte de la révision de la directive TVSF

Lors du réexamen de la directive " télévision sans frontières " mené courant 2003, la
question de la modification du système des quotas a été posée. A l'issue de la consultation
publique de l'ensemble des acteurs concernés, la Commission a pris position pour le statu
quo, à ce stade. Elle entendait ainsi se réserver le droit de modifier sa position en fonction
des résultats de l'étude sur l'impact des quotas, confiée au cabinet britannique David
Graham.

Cette étude, qui est en cours de réalisation, a fait l'objet d'une présentation d'étape par le
cabinet David Graham, le 14 octobre dernier à Bruxelles. La présentation a été relativement
neutre, le consultant ayant indiqué qu'il se contenterait de rassembler des données
factuelles, notamment sur les effets spécifiques des articles 4 et 5, et laisserait à la
Commission le soin de tirer des conclusions sur l'impact des quotas, et a fortiori de formuler
des recommandations. Les réactions des professionnels ou représentants des États
membres présents ont surtout porté sur les choix méthodologiques. Les résultats définitifs de
l'étude devraient être connus au premier trimestre 2005.

En conséquence, il convient de rester vigilant quant aux résultats de l'étude et aux
réactions de la Commission qui pourrait proposer des évolutions du dispositif des
quotas lors de la révision de la directive TVSF, qui débutera au plus tôt fin 2005. Le
maintien des quotas dans leur forme actuelle doit être défendu car il constitue
incontestablement un moyen propre à garantir l'objectif fondamental de promotion de
la diversité culturelle.

L'engagement de la France pour la diversité culturelle au sein de l'Union européenne
se traduit à minima par une défense de la notion d'oeuvre (déjà très large dans le texte
de la directive) et des quotas de diffusion et de production ainsi que la défense de la
définition de la production indépendante (nous sommes attaqués sur ce sujet à
Bruxelles sur les liens capitalistiques qui peuvent unir en France les diffuseurs et les
producteurs). La diversité culturelle n'est pas seulement la juxtaposition des oeuvres
nationales mais aussi l'émergence de plus d'oeuvres européennes (coproductions), ce
qui est lié à Media Plus.

Media 2007

La proposition de la commission, qui va à présent être discutée et amendée au Conseil
comme au Parlement européen sur l'année à venir, est une bonne proposition. Elle reconduit
les grands objectifs et axes de MEDIA Plus, qui se sont révélés efficaces, et introduit des
mesures innovatrices importantes (prise en compte du numérique, instrument financier pour
faciliter le crédit bancaire…)

La proposition budgétaire, sur laquelle nous n'avons pas à nous prononcer formellement à
ce stade, nous semble satisfaisante aussi. Elle nous paraît compatible avec la position
française générale sur le prochain budget de l'Union Européenne.

Nous mènerons cette négociation qui ne fait que s'ouvrir, en concertation étroite avec vous,
car je sais combien ce programme a pris d'importance pour le secteur en France. Le CNC
entamera d'ailleurs dans les semaines à venir la consultation des organismes professionnels
sur le projet de texte.

Piraterie

Promouvoir la diversité culturelle c'est, avant tout, soutenir et garantir la création. Or, la
création est en danger lorsque les oeuvres de l'esprit sont pillées. Selon une étude récente
du CNC, un million de films sont échangés chaque jour sur Internet, soit le double des
entrées en salles et cinq fois plus que les ventes de DVD.

C'est pour assurer le respect de la création, la juste rémunération des artistes et la garantie
d'une offre culturelle diversifiée que j'ai annoncé en juin dernier (à l'occasion du Colloque sur
le piratage et les industries culturelles), un plan d'action gouvernemental. Cet ensemble de
mesures témoigne de l'engagement du gouvernement tout entier. Il consiste notamment à
améliorer la sensibilisation du public et à accroître la coordination des actions de l'Etat avec
les initiatives des professionnels. Je souhaite qu'il aboutisse à la mise en place d'un véritable
plan européen de lutte contre la piraterie, comme je l'ai dit à mes homologues européens.

Je me réjouis à cet égard que les " CNC européens " aient prévu d'organiser, en janvier
prochain, à l'initiative du UK Film Council, une rencontre autour de l'ALPA et de ses
homologues européens.

Favoriser le dialogue entre les acteurs sur la mise en place d'une offre légale et payante sur
les réseaux est une priorité. A cet effet, et en ma présence, ainsi que de celle de M. Nicolas
Sarkozy, Ministre d'Etat, Ministre de l'Economie et des Finances, et de M. Patrick Devedjian,
Ministre délégué à l'Industrie, une Charte d'engagements entre les fournisseurs d'accès à
Internet et les auteurs et producteurs de musique a été signée le 28 juillet 2004 à l'Olympia.

Elle participe à la " la nouvelle alliance entre les fournisseurs d'accès Internet et l'industrie
cinématographique", qui est aussi le thème de votre table ronde cet après-midi, et que
j'appelle de mes voeux.

L'Etat et Carrefour font entrer 130 dessins anciens dans les musées de France

22 octobre 2004

Cette acquisition majeure auprès dun collectionneur privé français, dun montant de 11,33 M EUR, a été annoncée jeudi dans un communiqué de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de Communication et de Dominique Bussereau, Secrétaire dEtat au budget… Un ensemble insigne de 130 dessins italiens de la Renaissance et du Premier Age baroque (XVI-XVIIe s.), a été acquis par lEtat grâce au mécénat du Groupe Carrefour, au profit de six musées français.

Cette acquisition majeure auprès dun collectionneur privé français, dun montant de 11,33 M EUR, a été annoncée jeudi dans un communiqué de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de Communication et de Dominique Bussereau, Secrétaire dEtat au budget.

Elle devait être officiellement présentée jeudi soir aux Galeries du Grand Palais en présence du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le président du Groupe Carrefour, Daniel Bernard, déjà très impliqué dans le mécénat culturel.

On y trouve des feuilles des plus grands maîtres des écoles de Parme (Corrège, Parmesan), Venise (Lorenzo Lotto, Tintoret, Véronèse), Rome (Caravage, Jules Romain), Florence (Fra Bartolomeo, Salviati, Vasari), Sienne (Peruzzi, Beccafumi) ou Bologne (Carrache). Au cours des siècles passés, ces oeuvres ont appartenu aux meilleurs connaisseurs et amateurs dart.

Elles ont été patiemment réunies, depuis 1972, par un grand collectionneur français qui a requis lanonymat. Il a effectué ses achats à Paris, à Londres mais aussi New York, facilitant ainsi le retour en Europe de très rares feuilles.

Celles-ci auraient dû être mises aux enchères en 2004 et 2005 par Sothebys dans trois ventes à Londres et à New York. Deux dentre elles (« Etude dhomme nu », de Pâris Bordone, et « Etude dhomme drapé » de Primatice), conservées en France depuis plus de 50 ans, ont pu être classées « trésors nationaux », il y a un an.

Elles ont par conséquent été temporairement interdites de sortie du territoire, tandis que les 128 autres ont été reconnues « oeuvres dintérêt patrimonial » par la Commission consultative des trésors nationaux début 2004.

Leur acquisition par lEtat, grâce aux dispositions fiscales des lois de 2002 et 2003 relatives au mécénat et à lengagement du groupe Carrefour dans cette opération, a permis déviter leur dispersion.

La maison Sothebys a de son côté facilité lopération en acceptant dannuler les ventes initialement prévues pour permettre la sauvegarde sur le territoire français de cet ensemble patrimonial artistique.

Les dessins ont été répartis entre le musée du Louvre (25 de différentes écoles pour le département des Arts graphiques), et cinq grands musées des Beaux-Arts en région: à Lille (école romaine du XVIe s.), Marseille (école florentine et siennoise), Orléans (écoles bolonaise et romaine du XVIIe s), Rennes (école lombarde et émilienne), et Toulouse (école de Vénétie).

Dans son communiqué, Renaud Donnedieu de Vabres « rend hommage à lengagement exceptionnellement généreux en faveur du patrimoine national et de la diffusion culturelle dont ont fait preuve les responsables du groupe Carrefour, déjà partenaire du ministère à travers les Journées européennes du patrimoine ».

« Conformément au souhait du mécéne, ajoute-t-il notamment, les dessins seront présentés en Chine début 2005, dans le cadre de lannée de la France en Chine, puis au printemps à la Villa Médicis, à Rome et enfin au Louvre durant lété 2005 ».

Collection de 130 dessins italiens de la Renaissance et du Premier Âge

21 octobre 2004

Monsieur le Ministre, cher Dominique,

Monsieur le Président (Daniel Bernard)

Mesdames, Messieurs,

Nous célébrons aujourd’hui un événement exceptionnel.

L’acquisition par l’Etat de 130 dessins italiens de la Renaissance et du Premier Âge baroque,
réalisée grâce au mécénat d’une entreprise devenue partenaire de notre politique culturelle
nationale, le groupe Carrefour, marque un temps fort dans la vie des musées de France, tout
autant qu’un enrichissement majeur de nos collections publiques.

Avant de céder la parole à M. BERNARD, Président du Groupe Carrefour, je voudrais rendre
hommage au collectionneur qui a rassemblé les dessins que nous avons le privilège de
découvrir ce soir, constituant un remarquable panorama de la création graphique du XVe au
début du XVIIe siècle, dans le respect de l’anonymat qu’il a souhaité.

Ses achats successifs, réalisés en une trentaine d’années, à Paris, à Londres ou sur
d’autres places étrangères, ont permis de maintenir en France des oeuvres qui, sans cela,
auraient quitté l’Europe.

Cette collection constitue en elle-même un véritable cabinet de dessins, guidé par un goût
très sûr et riche de chefs-d’oeuvre et de raretés qui feraient la gloire des grands musées du
monde.

On doit tout particulièrement y remarquer les pages des plus grands maîtres de l’école de
Parme, de l’école vénitienne, de l’école romaine, de l’école florentine, de l’école siennoise et
de l’école bolonaise. Les Italiens actifs en France au XVIe siècle et qui ont fondé l’Ecole de
Fontainebleau sont aussi brillamment représentés.

A côté de ces grands noms (Corrège, Lotto, Tintoret, Véronèse, Caravage, Vasari, les
Carrache, Primatice, pour n’en citer que quelques uns), la collection comprend aussi des
pièces précieuses par leur rareté autant que par leur qualité. Il s’agit de dessins de maîtres
moins connus mais dont les oeuvres, devenues pratiquement introuvables, ne figurent que
dans très peu de collections graphiques dans le monde.

On peut donc aisément comprendre l’émotion éprouvée, il y a quelques mois, par Mme
Françoise VIATTE, conservateur général, alors responsable du département des arts
graphiques du Louvre, et M. Dominique CORDELLIER, conservateur en chef, spécialiste de
l’Italie de la Renaissance, lorsqu’ils apprirent la probable dispersion de cette collection en
plusieurs ventes publiques à Londres et à New York. Monsieur Carel van TUYLL, qui a
succédé à Mme VIATTE au début du mois de septembre, et qui est lui-même un spécialiste
internationalement reconnu du dessin de la Renaissance, nous éclairera plus complètement
tout à l’heure sur la qualité de ces oeuvres.

Cet événement marque une double première.

A mon sens, cette acquisition n’était concevable qu’à la condition de bénéficier non
seulement aux collections nationales mais aussi à celles de grands musées en région.

Ce qui explique la répartition que j’ai retenue, sur la proposition du département des arts
graphiques du Louvre et de la direction des musées de France pour ces 130 oeuvres, en six
lots cohérents, correspondant aux différentes écoles italiennes.

Elles sont attribuées au Louvre pour une partie. Mais j’ai tenu à ce que la majorité d’entre
elles soient attribuées à cinq grands musées de région : ceux de Lille, Marseille, Orléans,
Rennes et Toulouse.

Et j’ai souhaité que ces dépôts soient bientôt transformés en affectation de pleine propriété.

Ce sera fait bientôt, après la prochaine consultation du Haut Conseil des Musées de France,
conformément aux dispositions nouvelles de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de
France, qui est ainsi appliquée pour la première fois.

C’est la décentralisation culturelle telle que je la conçois : elle est un enrichissement. Elle
apporte un « plus » au rayonnement de nos territoires.

C’est dans le même esprit que je compte mener à bien les projets importants désormais
engagés, qu’ils concernent la création d’antennes régionales des grands établissements – le
Centre Pompidou aujourd’hui à Metz, et demain le Louvre – mais aussi l’ouverture du fonds
du patrimoine en faveur des musées décentralisés, et la poursuite d’une politique de dépôts,
active et audacieuse, pour les musées territoriaux.

Nous voyons aussi ce soir la première application, pour une opération de cette envergure,
des nouvelles dispositions fiscales de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France
et de la loi du 1er août 2003, qui ont grandement facilité le recours au mécénat d’une
entreprise, déjà partenaire du Ministère de la culture et de la communication à travers les
Journées européennes du patrimoine et les présentations de reproductions d’oeuvres des
collections publiques, organisées dans les magasins du groupe, en collaboration avec la
Réunion des musées nationaux.

Avec les services de la direction des musées de France, le Louvre s’est tourné vers le
collectionneur, bien sûr, mais aussi vers les responsables de Sotheby’s, en particulier Mme
de BEAUVAU-CRAON, qui ont consenti un délai, avant que les ventes ne soient organisées,
et qui ont finalement accepté de renoncer à ces ventes pour participer au maintien en France
d’un ensemble patrimonial aussi important. Car très vite, les responsables du groupe
Carrefour, M. Daniel BERNARD, et M. Philippe RABIT, son conseiller, avaient accepté avec
enthousiasme de financer cette acquisition exceptionnelle.

Je veux enfin insister sur l’apport de cette collection au rayonnement culturel international de
la France. J’étais il y a encore quelques jours en Chine, dans la foulée de la visite d’Etat du
Président de la République, pour lancer l’année de la France dans ce pays où la demande
adressée à notre culture est considérable, à la mesure de la soif de connaissances et de
découvertes de son immense population.

Je me réjouis que le président Bernard ait souhaité montrer une sélection de ces dessins en
Chine, dans le cadre de l’année de la France, afin de permettre à un très large public de
mieux connaître ces trésors artistiques. Cet itinéraire devrait connaître une autre étape à
Rome, avant que l’ensemble des dessins ne soient présentés au public au Louvre durant
l’été 2005, puis définitivement affectés aux différents musées bénéficiaires.

Soyez assuré, Monsieur le Président, de toute notre gratitude pour cette contribution
importante au rayonnement de notre patrimoine et de notre culture.

Je vous remercie.

Inauguration d'une FIAC plus grande, plus jeune

21 octobre 2004

Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a salué « la place particulière accordée aux toutes jeunes galeries et lentrée en scène du design, qui manifeste un esprit douverture à toutes les formes de la création »…. La 31e Foire internationale dart contemporain (FIAC) a été inaugurée mercredi sur le mode « plus grande, plus jeune ».

Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a salué « la place particulière accordée aux toutes jeunes galeries et lentrée en scène du design, qui manifeste un esprit douverture à toutes les formes de la création ».

« La FIAC 2004, a-t-il souligné, rassemble plus de 200 galeries dont la moitié de galeries étrangères, ce qui montre bien la reconnaissance internationale dont elle bénéficie. Et elle continue dafficher une volonté de renouvellement puisque environ 60 galeries viennent pour la première fois ».

Plus grande, la FIAC lest à coup sûr avec son hall supplémentaire, le « 5.1 »: 6.000 m2 dévolus à lart le plus contemporain, dont le nouveau secteur « Futur Quake » (tremblement du futur), pour les galeries de moins de trois ans.

Reste à savoir jusquà quel point il secouera les visiteurs (80.000 espérés), même si certaines galeries balbutiantes ont déjà retenu loeil.

Cest le cas dAlcuadrado, galerie itinérante de Bogota, qui présente trois artistes colombiens mêlant vidéo, photographies, sculpture et installations.

Oscar Munoz y déploie une remarquable série de photographies, intitulée « Narcissus » où le portrait dun homme tracé au charbon dans le fond dun lavabo, se dilue et se déforme très progressivement sous leau courante.

Non loin, lartiste allemand Clemens Von Wedemeyer (Galerie Jocely Wolff) attire le visiteur par les bruits de casse que renvoie une vidéo. Deux détenus sy acharnent à détruire une maison construite dans lenceinte de leur prison, après lavoir construite pour en tester les matériaux. Un renvoi au film de Laurel et Hardy où deux représentants de commerce se livrent, sans la moindre jouissance, à la destruction systématique de la maison dun homme qui refuse de leur acheter un sapin de Noël au mois daoût.

Au secteur « Perspectives » -jeune, mais plus de trois ans-, nous voilà plongés dans linstallation de Geert Mul (Ronmandos), « La Bibliothèque de Babel »: neuf surfaces de vidéo-projection formant un parterre lumineux à fouler au sol pour faire apparaître lun des 100.000 clichés que commande un ordinateur.

Dans limmense hall 4, où se trouvent tous les courants de lart moderne et contemporain, le peintre Arsen Savadov (Orel Art Presenta) se livre à une vision ironique et talentueuse du progrès en Russie, et Valery Koshlyakov revisite les grands maîtres en version ruban adhésif sur plastique.

Une grande bouffée de fraîcheur nous vient de chez Alain le Gaillard avec « Garage Modem », sculpture du Camerounais Pascale (Bien Pascale) Marthine Tayou, composée déléments de voitures-épaves et génialement rafistolés.

On pourrait évoquer les trésors des Galeries Thessa Herold (« Les grandes encres », de Henri Michaux), les photographies-choc de Rancinan (Rabouan Moussion) ou lhommage au peintre et sculpteur Daniel Pommereulle (Di Meo).

(Paris-Expo, Porte de Versailles, du 21 au 25 octobre. www.fiac-online.com) 

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT

20 octobre 2004

Shanghai, a été le siège d’une réunion très importante sur la diversité culturelle et sur la préparation d’une convention à l’UNESCO. Alors, pour beaucoup de nos concitoyens qui nous regardent, ils se disent : L’UNESCO, qu’est-ce que ça veut dire par rapport à l’OMC ? C’est tout simplement la possibilité que chaque Etat puisse défendre une politique culturelle, ses artistes et ses talents… YVES CENSI, DEPUTE UMP AVEYRON

Merci, Monsieur le Président. Ma question s’adresse à monsieur le ministre de la Culture et de la Communication. Le président de la République s’est rendu en Chine du 9 au 12 octobre et a lancé l’Année de la France en Chine qui fait suite à l’Année de la Chine en France. Cette opération comprend un volet culturel important, vous avez accompagné le président de la République et vous avez participé à une rencontre internationale sur la diversité culturelle. Monsieur le Ministre, la Chine se présente comme l’un des premiers géants mondiaux en matière démographique et économique, son poids culturel dans le monde connaît également un essor considérable devant lequel la France doit s’afficher comme puissance culturelle historique, mais surtout d’avenir. Alors, Monsieur le Ministre, ce déplacement, cette rencontre auront-ils un impact sur le rayonnement culturel de notre pays ? Et quels sont vos objectifs et les résultats obtenus en matière de soutien à nos industries culturelles, notamment audiovisuelle, donc à l’emploi, et à nos exportations vers la Chine ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES, MINISTRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION

Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés. Monsieur le Député CENSI. Avec la mondialisation, l’internationalisation des échanges et les délocalisations, nous avons parfois le sentiment qu’on nous pique tout et que notre influence est réduite. Avec l’ouverture de l’Année de la France en Chine lancée par la visite d’Etat du président de la République, je crois que tout simplement, nous avons, les uns et les autres, et cela doit rassembler l’ensemble de la représentation nationale, pu mesurer à quel point le rayonnement de nos artistes, de notre culture est grand en Chine. La France est le premier pays qui a été autorisé par le gouvernement chinois à ouvrir un centre culturel à Pékin. Ca a été évidemment un moment particulièrement important qui se situe, quarante ans après le voyage du général de GAULLE et l’ouverture des rapports franco-chinois, comme un élément très important. Deuxième élément, beaucoup de manifestations culturelles ont été organisées avec la répercussion que permet l’ensemble du peuple chinois.

Il faut que vous sachiez que les images du spectacle de Jean-Michel JARRE ont été reçues par 650 millions de Chinois. Et lorsque tout à l’heure, nous avons évoqué les couleurs tricolores, sachez que les couleurs tricolores sur l’ancienne muraille de Pékin ont été perçues, analysées et reçues par 650 millions de Chinois. De la même manière que les citations de Victor HUGO et la déclaration des droits de l’homme, le patrimoine et la culture contemporaine étaient à l’honneur. Notre pays est en compétition sur place avec les plus grands pays et les plus grandes institutions. Nous sommes aujourd’hui en compétition avec les Américains pour animer un centre culturel particulièrement important à HongKong. Dernier point, Pékin…, Shanghai, pardon, a été le siège d’une réunion très importante sur la diversité culturelle et sur la préparation d’une convention à l’UNESCO. Alors, pour beaucoup de nos concitoyens qui nous regardent, ils se disent : L’UNESCO, qu’est-ce que ça veut dire par rapport à l’OMC ? C’est tout simplement la possibilité que chaque Etat puisse défendre une politique culturelle, ses artistes et ses talents. Nous avons, sur cette grande cause, réussi à avoir le soutien de cet immense pays qu’est la Chine. C’est la raison pour laquelle je crois que le bilan économique et culturel de cette visite d’Etat doit nous rassembler et être un grand succès. Merci.

Inauguration de l’exposition Culture Design, au Palais de la Porte Dorée

19 octobre 2004

Messieurs les Présidents,

Mesdames les directrices,

Messieurs les directeurs,

Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi un bonheur tout particulier que d’inaugurer, aujourd’hui,
en présence de tant de professionnels et d’amateurs, « Culture
design ».

Le design, dans la diversité de ses modes d’expression et de
production, occupe un espace considérable dans la création
contemporaine. Le dynamisme et la qualité des designers qui vivent et
travaillent dans notre pays, la vitalité de ceux qui, éditeurs, entreprises,
marchands, oeuvrent à sa diffusion et à sa rencontre avec le public,
confèrent à la France une position de choix sur la scène internationale.

Cet événement est conçu comme un diptyque. D’une part, il présente
quelque 2000 pièces des collections du Fonds national d’art
contemporain (FNAC) ; d’autre part, vous avez accès ici à un choix de
réalisations marquantes de l’Atelier de recherche et de création du
Mobilier national, qui réunit l’une des plus grandes expositions de
design jamais présentées en France.

Je tiens à remercier les commissaires des deux expositions, les
scénographes, ainsi que toutes les équipes du Centre national des arts
plastiques, du Mobilier national, de la Cité de l’architecture et du
patrimoine et de l’Institut français d’architecture.

Je tiens enfin à remercier toutes les personnalités qui ont participé aux
commissions et tous les conservateurs français et étrangers qui nous
ont aidé à faire découvrir la richesse de ces collections.

J’ai décidé de donner à cette action une nouvelle dynamique. Elle
passe par l’union centrale des Arts décoratifs, dont les collections
seront, à partir de l’an prochain, rendues au public dans le cadre des
réaménagements des espaces de la rue de Rivoli.

L’exposition montre que la création française s’inscrit dans une
perspective internationale, suivant en cela l’exemple des designers
français eux-mêmes qui sont, aujourd’hui, on peut être fiers de
l’affirmer, appréciés et reconnus non seulement en Europe mais
également dans le monde entier.

Design en stock s’inscrit dans le cadre du vaste programme
d’expositions, de la Chine à Saint-Etienne en passant par la Corée,
lancé par le Ministère de la culture et de la communication pour mieux
faire connaître, au-delà des prêts et dépôts consentis aux musées
français et étrangers, les différentes collections du Fonds national d’art
contemporain.

Certains Fonds régionaux d’art contemporain ont acquis, eux aussi, des
objets design, en particulier le Frac Nord-Pas-de-Calais qui a constitué un
ensemble exemplaire présenté, pour la première fois, au Tri postal, à Lille,
jusqu’en novembre 2004. Je tiens à ce que le Ministère se distingue dans
l’encouragement à l’innovation et le soutien apporté aux créateurs qui vivent
dans notre pays. J’insiste à ce propos sur le rôle de la commande publique,
qui doit permettre la réalisation de nombreux projets.

L’ Atelier de recherche et de création du Mobilier national est aussi l’un de
ces outils dynamiques de soutien à la création. Depuis 1964, il fabrique des
prototypes de mobilier contemporain à partir de projets conçus par des
designers, des artistes et des architectes. En mettant au service des
nouveaux créateurs le savoir-faire de l’atelier, le mobilier national contribue
à perpétuer la tradition d’excellence du meuble français tout en lui offrant les
conditions d’un brillant renouvellement.

Je tiens aujourd’hui à rendre un hommage tout particulier à la mémoire de
Jean Coural, son fondateur. Je salue la présence parmi nous de son épouse
mais aussi l’ensemble des créateurs qui ont collaboré à l’atelier.

Je tiens à ce que le ministère de la culture et de la communication s’engage
puissamment dans l’appui à la formation des créateurs grâce au réseau des
quelques trente écoles d’art qui dispensent en France un enseignement
supérieur du design, tels l’Ecole nationale supérieure de création industrielle
(ENSCI), ou encore l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs
(ENSAD), qui retrouvera en novembre 2004 son implantation historique de
la rue d’Ulm, au terme de travaux, auxquels Philippe Starck a été associé,
qui la dotent enfin des équipements à la hauteur de son ambition.

Je peux citer aussi des écoles comme Bordeaux, Brest, Reims, Strasbourg,
Nancy, Limoges-Aubusson ou encore les Beaux-arts de Saint-Etienne qui
proposera, pour la quatrième édition de la Biennale internationale dont les
portes s’ouvriront le 6 novembre 2004, un état des lieux de la prospective
sur les 5 continents.

Cette Biennale sera pour moi l’occasion de réaffirmer le soutien de mon
ministère à la création du Centre du design, sur le site Carnot, qui
rassemblera tous les acteurs du design, de la formation à la recherche, en
passant par la création industrielle.

Ainsi, Culture design est l’occasion de réaffirmer ma volonté d’associer
secteur privé et pouvoirs publics au rayonnement de différents secteurs,
comme le design ou encore la mode.

C’est bien de vitalité de la création qu’il s’agit. Une vitalité et une créativité
que le monde entier nous envie.

Je vous remercie.

l’inauguration de l’exposition Culture Design, au Palais de la Porte Dorée

19 octobre 2004

Cet événement est conçu comme un diptyque. D’une part, il présente quelque 2000 pièces des collections du Fonds national d’art contemporain (FNAC) ; d’autre part, vous avez accès ici à un choix de réalisations marquantes de l’Atelier de recherche et de création du Mobilier national, qui réunit l’une des plus grandes expositions de design jamais présentées en France… Messieurs les Présidents,
Mesdames les directrices,
Messieurs les directeurs,
Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi un bonheur tout particulier que d’inaugurer, aujourd’hui, en présence de tant de professionnels et d’amateurs, « Culture design ».
Le design, dans la diversité de ses modes d’expression et de production, occupe un espace considérable dans la création contemporaine. Le dynamisme et la qualité des designers qui vivent et travaillent dans notre pays, la vitalité de ceux qui, éditeurs, entreprises, marchands, œuvrent à sa diffusion et à sa rencontre avec le public, confèrent à la France une position de choix sur la scène internationale.

Cet événement est conçu comme un diptyque. D’une part, il présente quelque 2000 pièces des collections du Fonds national d’art contemporain (FNAC) ; d’autre part, vous avez accès ici à un choix de réalisations marquantes de l’Atelier de recherche et de création du Mobilier national, qui réunit l’une des plus grandes expositions de design jamais présentées en France.

Je tiens à remercier les commissaires des deux expositions, les scénographes, ainsi que toutes les équipes du Centre national des arts plastiques, du Mobilier national, de la Cité de l’architecture et du patrimoine et de l’Institut français d’architecture.

Je tiens enfin à remercier toutes les personnalités qui ont participé aux commissions et tous les conservateurs français et étrangers qui nous ont aidé à faire découvrir la richesse de ces collections.

J’ai décidé de donner à cette action une nouvelle dynamique. Elle passe par l’union centrale des Arts décoratifs, dont les collections seront, à partir de l’an prochain, rendues au public dans le cadre des réaménagements des espaces de la rue de Rivoli.

L’exposition montre que la création française s’inscrit dans une perspective internationale, suivant en cela l’exemple des designers français eux-mêmes qui sont, aujourd’hui, on peut être fiers de l’affirmer, appréciés et reconnus non seulement en Europe mais également dans le monde entier.

Design en stock s’inscrit dans le cadre du vaste programme d’expositions, de la Chine à Saint-Etienne en passant par la Corée, lancé par le Ministère de la culture et de la communication pour mieux faire connaître, au-delà des prêts et dépôts consentis aux musées français et étrangers, les différentes collections du Fonds national d’art contemporain.

Certains Fonds régionaux d’art contemporain ont acquis, eux aussi, des objets design, en particulier le Frac Nord-Pas-de-Calais qui a constitué un ensemble exemplaire présenté, pour la première fois, au Tri postal, à Lille, jusqu’en novembre 2004. Je tiens à ce que le Ministère se distingue dans l’encouragement à l’innovation et le soutien apporté aux créateurs qui vivent dans notre pays. J’insiste à ce propos sur le rôle de la commande publique, qui doit permettre la réalisation de nombreux projets.

L’ Atelier de recherche et de création du Mobilier national est aussi l’un de ces outils dynamiques de soutien à la création. Depuis 1964, il fabrique des prototypes de mobilier contemporain à partir de projets conçus par des designers, des artistes et des architectes. En mettant au service des nouveaux créateurs le savoir-faire de l’atelier, le mobilier national contribue à perpétuer la tradition d’excellence du meuble français tout en lui offrant les conditions d’un brillant renouvellement.

Je tiens aujourd’hui à rendre un hommage tout particulier à la mémoire de Jean Coural, son fondateur. Je salue la présence parmi nous de son épouse mais aussi l’ensemble des créateurs qui ont collaboré à l’atelier.

Je tiens à ce que le ministère de la culture et de la communication s’engage puissamment dans l’appui à la formation des créateurs grâce au réseau des quelques trente écoles d’art qui dispensent en France un enseignement supérieur du design, tels l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (ENSCI), ou encore l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD), qui retrouvera en novembre 2004 son implantation historique de la rue d’Ulm, au terme de travaux, auxquels Philippe Starck a été associé, qui la dotent enfin des équipements à la hauteur de son ambition.

Je peux citer aussi des écoles comme Bordeaux, Brest, Reims, Strasbourg, Nancy, Limoges-Aubusson ou encore les Beaux-arts de Saint-Etienne qui proposera, pour la quatrième édition de la Biennale internationale dont les portes s’ouvriront le 6 novembre 2004, un état des lieux de la prospective sur les 5 continents.
Cette Biennale sera pour moi l’occasion de réaffirmer le soutien de mon ministère à la création du Centre du design, sur le site Carnot, qui rassemblera tous les acteurs du design, de la formation à la recherche, en passant par la création industrielle.

Ainsi, Culture design est l’occasion de réaffirmer ma volonté d’associer secteur privé et pouvoirs publics au rayonnement de différents secteurs, comme le design ou encore la mode.

C’est bien de vitalité de la création qu’il s’agit. Une vitalité et une créativité que le monde entier nous envie.

Je vous remercie.

CANAL PLUS: "LA MATINALE" invite RENAUD DONNEDIEU DE VABRES MINISTRE DE LA CULTURE

19 octobre 2004

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Je souhaite si vous voulez que tout le monde se mette autour de la table dans un esprit où il n’y a pas de vainqueur et de vaincu. Je crois que cet état d’esprit là et que cette période est maintenant derrière nous. On a à bâtir un système définitif, en tout cas, l’Etat assumera ses responsabilités au début de l’année 2005… VALERIE ASTRUC :  Renaud DONNEDIEU-de-VABRES, ministre de la Culture et de la Communication, il a organisé hier une journée du spectacle vivant sans provoquer de fièvre, de poussée de fièvre des intermittents. Donc on va faire le point sur ce dossier et faire aussi le bilan de son voyage en Chine.

BRUCE TOUSSAINT :  Bonjour Monsieur le Ministre, bienvenue dans la Matinale, on est ravi de vous accueillir, le carton rouge, vous savez c’est une tradition dans cette interview, le carton rouge vous l’adressez à qui aujourd’hui ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ecoutez, je l’adresse à Bruno GOLLNISCH pour ses propos infamants sur les camps de concentration – parce qu’il y a des sujets où la mémoire est sacrée et donc je trouve ça indigne. Mais au-delà de l’indignité si vous voulez, je n’arrive pas à comprendre pourquoi vouloir avoir des intentions aussi, j’allais dire misérables.

VALERIE ASTRUC : Alors il y a les propos révisionnistes de Brno GOLLNISCH, il y a aussi les propos limites anti sémites de Alain MENARGUES le directeur de l’Information de RFI. Il dit en autres qu’Israël est un état raciste, qu’est-ce que vous en pensez est-ce que vous condamnez ?

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES :  Je pense si vous voulez, que les journalistes ont évidemment une liberté d’expression totale, mais aussi un devoir un peu particulier. Parce que c’est eux qui au fond par leurs messages, par leurs expressions, par leurs commentaires forgent l’esprit de nos concitoyens. Je pense que la violence au Proche Orient est évidemment atroce. Que d’une certaine manière l’impuissance de la Communauté internationale est difficilement supportable et pour autant, voilà, il faut avoir un regard juste sur ce qui se passe.

BRUCE TOUSSAINT :  Il a démissionné là Alain MENARGUES.

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES :  Il a quitté ses fonctions, il y a quitté ses fonctions, parce que…

BRUCE TOUSSAINT ; Vous l’avez poussé à démissionner, parce que l’on sait que RFI c’est une chaîne qui…

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Non, non je n’exerce pas de tutelle au sens…

BRUCE TOUSSAINT :  Le gouvernement je veux dire.

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES :  Non, mais auquel je suis ministre de la Communication, mais ce n’est pas à moi de dicter la conduite personne d’une rédaction ou d’un journaliste ou d’un président de chaîne.

BRUCE TOUSSAINT :  Vous pourriez accepter qu’il reste malgré ses propos ?

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES :  Mais comment vous dire, il y a ce que  je pense politiquement, et il y a mon pouvoir juridique. Il faut que vous sachiez la répartition des rôles d’ailleurs qui intervient sur ces sujets, dans le domaine de la télévision par exemple entre le Conseil supérieur de l’audiovisuel et le ministre de la Communication. A chacun son rôle et la déontologie est quelque chose de très important, elle est assurée je pense par les journalistes eux-mêmes.

VALERIE ASTRUC : Alors si nous revenons sur les intermittents, vous aviez donc organisé hier les Entretiens du spectacle vivant, même le journal LIBERATION, réputé pour ne pas être un journal qui aime la droite dit que ces journées, c’était une journée de consensus tel qu’aucun ministre n’ose plus en rêver. Alors comment vous avez fait, est-ce qu’il n’y a plus de problème des intermittents ?

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES
:  Non, d’abord la question traitée si vous voulez était beaucoup plus large que l’assurance chômage qui est évidemment un sujet très important, qui est encore devant nous, qui n’est que partiellement réglé.

VALERIE ASTRUC :  Mais les intermittents auraient pu polluer justement votre journée !

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Mais ils étaient là, tout le monde a discuté, il y a eu des moments très vifs. Mais mon objectif, il était très simple, il était que, le monde du théâtre, de la musique, de la danse, du cirque, enfin de toutes les formes de spectacles vivants parle librement, directement de leur métier. Comment on rentre dans le métier, comment on n’y rentre pas. Alors il y a eu des moments où il y a eu des sujets qui ont mis beaucoup d’électricité. Par exemple dans l’espace du cirque FRATELLINI dans lequel on était hier à Saint-Denis, qui est un endroit absolument exceptionnel, qui est vraiment un endroit, qui, en lui-même si vous voulez génère une atmosphère magnifique. Et quand vous prononcez le terme de diplôme, paf le feu prend. Quand il y a des polémiques sur le public pour savoir s’il y a beaucoup de monde, pas assez monde, etc à certains spectacles, paf le feu prend. Quand on parle des grandes institutions à côté des petites troupes qui ont des situations très précaires, bon, il y a des tas de sujets où le débat était posé. Mais je crois qu’effectivement tout le monde avait besoin de se retrouver et je suis heureux que chacun soit venu et qu’il y a eu une forme de grand respect. C’est-à-dire qu’on était à certains moments 800 ou 900 et chacun a pu parler dans un vrai silence. Ce qui n’a pas signifié que pour autant que c’était un rassemblement d’eunuques. Parce que, parce que, il y a encore beaucoup d’électricité dans l’air voilà.

VALERIE ASTRUC : Alors revenons justement à ce problème des intermittents, vous avez mis en place un fonds provisoire de 80 millions d’euros pour indemniser les exclus du nouveau régime. Seulement un million a été utilisé jusqu’ici, est-ce que cela veut dire que finalement il n’y a pas tant d’exclus que ça et que finalement le nouveau régime n’est pas si dramatique que ça ?

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Non, ce n’est pas aussi simple, permettez-moi de dire les choses de cette manière. Il y avait un certain nombre de gens qui étaient exclus par le dispositif du protocole négocié en 2003. Il n’était pas possible de tout revoir de fond en comble immédiatement, mais il fallait que l’on sorte de la crise. Donc le gouvernement m’a… j’avais une feuille de route très précise qui m’était fixée par le président de la République et par le Premier ministre, donc l’Etat s’est engagé. Donc nous avons mis un fonds provisoire, l’enveloppe n’était qu’estimative, mais il s’agissait de rattraper celles et ceux qui avaient fait leurs  507 heures de travail, non pas en onze mois, mais en douze mois. Je dis ça, parce que je crois qu’il y a un certain nombre de gens qui ne connaissent pas encore la mesure. Donc je dis à tous les intermittents du spectacle, aux artistes et aux techniciens, si vous avez 507 heures en douze mois, eh bien vous pouvez toucher l’indemnisation du chômage.

VALERIE ASTRUC :  Ils ne sont pas assez informés, c’est pour ça que le fonds n’est pas assez utilisé.

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Il y a peut-être un problème d’information. L’enveloppe si vous voulez, elle n’était qu’estimative, je l’ai toujours dit et donc on va voir son application. J’ai désigné un expert indépendant pour faire le point sur les chiffres de l’UNEDIC et proposer un système définitif, il me remettra son rapport dans le courant du mois de novembre.

VALERIE ASTRUC : Alors justement ce système définitif, vous voulez le mettre en place fin 2004, est-ce que vous pensez que le MEDEF et la CFDT sont prêts à réviser leur copie ?

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Ecoutez, de toute façon pour l’année 2005 il y aura le cas échéant, un système provisoire complémentaire que je déciderai, si jamais les partenaires sociaux ne décidaient pas immédiatement de renégocier.

VALERIE ASTRUC : Mais vous êtes optimiste, vous pensez que les partenaires sociaux vont réviser leur copie ou pas ?

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Je souhaite si vous voulez que tout le monde se mette autour de la table dans un esprit où il n’y a pas de vainqueur et de vaincu. Je crois que cet état d’esprit là et que cette période est maintenant derrière nous. On a à bâtir un système définitif, en tout cas, l’Etat assumera ses responsabilités au début de l’année 2005, en d’autres termes, cela veut dire concrètement, s’il n’y a pas de système définitif établi et négocié à ce moment là, eh bien, je prolongerai de manière revisitée, parce que cela ne sera pas le même fonds provisoire un dispositif d’état. J’espère qu’on y arrivera parce que…

VALERIE ASTRUC : De toute façon, Renaud DONNEDIEU-de-VABRES, quoi qu’il en soit, est-ce que de toute façon l’Etat et les collectivités locales, de toute façon financeront, mettront un petit peu la main à la poche pour financer ce régime d’assurance-chômage… ?

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Il y a deux aspects différents, il y a le soutien financier à l’assurance chômage, mais moi ce qui m’intéresse, c’est le soutien de l’activité culturelle. Donc je souhaite que de toute façon que l’Etat, ce qu’il fait aujourd’hui, les collectivités territoriales ce qu’elles font déjà aujourd’hui, ne soyons pas injustes, mais on peut tous faire davantage pour soutenir l’emploi culturel. Et donc on en déterminera les conditions là aussi autour d’une table.

BRUCE TOUSSAINT : Alors je voudrais que l’on parle du voyage présidentiel en Chine, vous avez participé à ce voyage, on sait que la moisson de contrats a été un petit peu moins bonne que prévu, sur le plan culturel est-ce que…

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Attendez, d’abord sur les contrats, l’esprit même des Chinois c’est la gestion du temps. Donc ne considérez pas que les résultats en terme de contrats économiques…

BRUCE TOUSSAINT :  Enfin il y a des patrons qui ont dit qu’ils étaient déçus quand même !

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Ils ont le droit de dire ce qu’ils veulent. Moi je leur dis, soyez un tout petit peu patients, vous verrez d’ici quelques semaines ou d’ici quelques mois, finalement ce qu’il en sera advenu. En ce qui concerne l’aspect culturel, cela a été un moment extraordinaire, parce que…non, non franchement, je pense que cela peut nous remplir de fierté. C’est-à-dire que l’ensemble des artistes qui ont été présentés là-bas et qui tout au long de l’année, de la France en Chine vont se présenter ont un rayonnement exceptionnel. Et je souhaite que nos concitoyens soient tout simplement fiers de l’image que donne leur pays. Et je pense d’ailleurs, et je l’ai dit souvent, mais que la culture ce n’est pas la cerise sur le gâteau. Je ne suis pas le ministre des vieilles pierres et de troubadour, même si j’ai beaucoup d’affection pour les vieilles pierres et les troubadours. Je souhaite que nos concitoyens mesurent à quel point dans le monde d’aujourd’hui on a le sentiment qu’on nous pique tout, à quel point le rayonnement culturel est une arme d’influence et d’activité.

VALERIE ASTRUC
: Alors à propos de rayonnement culturel, avant la Chine, Jacques CHIRAC est allé au Vietnam et il a accusé les Etats-Unis d’imposer au monde une sous-culture, qu’est-ce que vous en pensez, est-ce que vous le rejoignez sur ce terrain là, parce qu’une sous-culture, c’est quand même un peu exagéré.

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES :  Je pense si vous voulez, qu’il a voulu dire et affirmer la nécessité de la force et de la diversité de la culture de chacun dans le monde et c’est pour ça qu’il m’a demandé de rester un peu plus longtemps que lui en Chine. Et j’ai été à une réunion internationale sur la diversité culturelle. Cela veut dire qu’aujourd’hui il faut dire…

VALERIE ASTRUC
: Non, mais est-ce que les Etats-Unis nous menacent effectivement de nous imposer une sous-culture ou non ? Il ne faut pas exagérer !

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES : Eh bien chacun a forcément une vision un peu hégémonique de son rayonnement. Mais il y a un sujet très important, c’est le droit à chaque pays de défendre ses racines, son identité et sa politique culturelle. C’est un débat très compliqué en ce moment, parce que c’est le débat qui oppose l’UNESCO et l’OMC. Cela veut que pour les gens, ils se disent, qu’est-ce que cela veut dire tout ça ? C’est du jargon de technocrates, cela veut dire que nous considérons que les échanges culturels sont une nécessité, mais que ce ne sont pas des biens comme les autres et qu’il faut avoir le souci de protéger les plus petits et l’identité de chacun. Dans le monde d’aujourd’hui, dans la violence internationale actuelle, ce n’est pas uniquement la défense des artistes, même si c’est très nécessaire, c’est la défense de la paix, c’est beaucoup plus important que ça.

BRUCE TOUSSAINT :  Alors on est au terme de cette interview, je voudrais vous demander un mot sur les otages français qui sont actuellement détenus en Irak, c’est le 61ème jour pour Christian CHESNOT et Gorges MALBRUNOT et leur chauffeur syrien. Le mot qui revient le plus dans les déclarations du gouvernement, c’est la discrétion…

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES :  Ecoutez oui !

BRUCE TOUSSAINT : Mais plus concrètement, est-ce qu’aujourd’hui vous avez par exemple des preuves qu’ils sont encore en vie, voilà effectivement c’est la question qui est peut-être la plus importante aujourd’hui.

RENAUD DONNEDIEU-DE-VABRES
: Je n’ai aucun élément de plus que ce qu’a annoncé le Premier ministre la semaine dernière. En d’autres termes, que le contact avec les ravisseurs, de manière indirecte avait pu être rétabli, voilà. Et donc tant qu’ils ne seront pas dans les bras d’autorités françaises, la prudence du Gouvernement sera totale.

BRUCE TOUSSAINT : Merci beaucoup Monsieur le Ministre, merci d’avoir participé à la Matinale.

Les rencontres du spectacle vivant à l’Académie Fratellini

18 octobre 2004

Les rencontres du spectacle vivant, organisées à Saint-Denis, sous le chapiteau de l’Académie Fratellini, réunissent de très nombreux professionnels du théâtre venus s’exprimer avec vigueur sur les sujets qui les animent. Je reste présent dix heures d’affilée, bientôt rejoint par des parlementaires ainsi que par deux de mes collègues du Gouvernement, Gérard Larcher et Laurent Hénart.

Un temps de confrontation à la portée psychologique considérable pour des artistes et responsables d’institutions peu habitués à un échange aussi long avec leurs représentants.