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LES 4 VERITES : Invité : Renaud DONNEDIEU DE VABRES

6 septembre 2004

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Vous savez, ce matin, comme tous les jours et comme à tout moment, comme tous les Français, nous pensons à l’attente des familles et à l’attente bien sûr des otages. Le ministre des Affaires étrangères, effectivement, hier, à Matignon, après avoir rencontré le président de la République, a fait un point précis de la situation. Nous voulons croire, nous voulons toujours croire que leur libération sera la plus rapidement possible réalisée, mais il faut être d’une grande prudence… FRANÇOISE LABORDE  : Bonjour William, bonjour à tous. Avec Renaud DONNEDIEU DE VABRES, nous allons évoquer évidemment les thèmes d’actualité, à commencer par le sort des otages français en Irak. Alors, hier, Michel BARNIER, le ministre des Affaires étrangères, disait qu’il avait de bonnes raisons de croire que les otages étaient toujours en bonne santé. Vous avez participé dimanche après midi à une réunion autour du Premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN, est-ce que ce matin vous pouvez nous dire, Renaud DONNEDIEU DE VABRES, que l’on a toujours de bonnes raisons de croire qu’ils sont en bonne santé ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Vous savez, ce matin, comme tous les jours et comme à tout moment, comme tous les Français, nous pensons à l’attente des familles et à l’attente bien sûr des otages. Le ministre des Affaires étrangères, effectivement, hier, à Matignon, après avoir rencontré le président de la République, a fait un point précis de la situation. Nous voulons croire, nous voulons toujours croire que leur libération sera la plus rapidement possible réalisée, mais il faut être d’une grande prudence, et donc vous comprendrez que je sois très mesuré dans mes propos, parce que nous ne voulons rien faire qui puisse compromettre cette issue que nous attendons. Le Premier ministre nous réunit très régulièrement, on fait un point très très précis et je tiens à saluer l’atmosphère, au fond, d’unité nationale qui existe…

FRANÇOISE LABORDE : Gauche, droite.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES ; Avec… voilà, tout le monde, quelle que soit son étiquette politique, quelle que soit la couleur de sa peau, quelle que soit sa religion ou son absence de religion, il y a en France une atmosphère d’unité nationale autour de nos deux otages, parce que nous avons tous conscience que cest la liberté d’expression et la liberté de l’information, à travers la prise d’otages de journalistes qui est en cause, et donc ce sont des moments de gravité, de prudence, d’espérance.

FRANÇOISE LABORDE : Alors, j’ajoute, pour que l’information soit totalement complète, que selon un dirigeant Salafiste  irakien, ceux-là même qui ont lancé hier une Fatwa, cest-à-dire une condamnation religieuse contre les preneurs d’otages, eh bien ce sont les opérations militaires, notamment américaines et irakiennes sur la ville de Latifiya qui auraient perturbé le processus de libération ; ces opérations militaires se seraient interrompues ce matin, voilà donc qui pourrait aller effectivement dans le sens, peut-être, d’un espoir supplémentaire.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Je ne ferai pas de commentaire sur cette question et sur cet aspect des choses, disons que la situation nest pas simple, cest la raison pour laquelle nous sommes évidemment prudents et volontaires

FRANÇOISE LABORDE
: Merci, et nous le sommes évidemment tout autant puisque après tout cest le sort de deux Français et deux de nos confrères qui en dépend. Alors, passons maintenant à l’UMP, l’UMP qui tenait réunion ce week-end à Avoriaz, Nicolas SARKOZY a annoncé officiellement sa candidature, enfin, on le savait, ce nest pas une surprise. On ne l’a pas trouvé très chaleureux avec Jean-Pierre RAFFARIN : c’est une impression ou une réalité ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, vous savez, ce qui  compte, c’est l’unité d’action, cest le fait que, en cette rentrée, eh bien on soit tous en ordre de marche pour traiter les problèmes des Français. Nicolas SARKOZY est candidat à la présidence de l’UMP, cest une très bonne chose, je le soutiens…

FRANÇOISE LABORDE : Cest nouveau, que ce soit une bonne chose.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : … l’ensemble, au fond, des forces politiques, rassemblées au sein de cette nouvelle et grande famille politique qu’est l’UMP, tout le monde le soutient, c’est très bien, il faut qu’il y ait une bonne répartition des rôles entre le parti et le gouvernement et que surtout on donne bien le sentiment aux Français de penser à eux, aux problèmes, aux urgences, et pas à nous-mêmes.

Certains attendaient des déchirements, voulaient qu’il y ait des guerres de tranchées, des affrontements, et que l’actualité des prochaines semaines soit au fond des luttes fratricides, eh bien pas du tout, cest l’unité et le rassemblement et ça je crois que cest très important parce que, si vous voulez, si on veut continuer les réformes, si on veut faire en sorte que la croissance puisse profiter à chaque Français, si on veut faire en sorte que dans cette période de troubles, de perte d’identité, de repaires, parfois on se demande si notre pays, si notre activité, à cause des délocalisations, va pourvoir se maintenir dans de bonnes conditions, ou donc il y a des appréhensions, la feuille de route cest de réussir ensemble et le rôle d’un parti politique c’est d’être évidemment un aiguillon, cest-à-dire un porte-parole…

FRANÇOISE LABORDE
: Les patrons.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Attendez, c’est d’être un porte-parole pour dire le cas échéant si c’est nécessaire au gouvernement, comme le font les parlementaires, “ attendez, là, vous allez dans le bon sens. Attendez, là, vous faites une erreur ”, cest d’expliquer, c’est de travailler en synergie. Personne n’y réussira seul, personne, ni le gouvernement, ni le président de l’UMP, ni quiconque d’entre nous, et donc nous sommes rassemblés autour du président de la République pour mettre en œuvre les engagements et les promesses que nous avons prises au moment de l’élection présidentielle et législative. Voilà, donc je trouve qu’il y a une espèce d’harmonie…

FRANÇOISE LABORDE : C’est un message pour Nicolas SARKOZY…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Non.

FRANÇOISE LABORDE
: … parce que lui il dit qu’il veut un parti indocile et turbulent. Alors, est-ce qu’on peut être parti du gouvernement et être indocile et turbulent ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Mais, un parti a le droit de s’exprimer, chacun a le droit de s’exprimer, cest une très bonne chose. Nous avons, tous ensemble, l’ensemble des ministres, l’ensemble des parlementaires, l’ensemble des élus et en fait l’ensemble des Français, à faire réussir notre pays, à mener ensemble les réformes à et ne jamais s’écarter de la route qui est celle… et les engagements…

FRANÇOISE LABORDE : C’est la ligne jaune que Nicolas SARKOZY ne doit pas franchir.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, la ligne jaune qui s’applique à chacun d’entre nous, cest que nous avons pris des engagements vis à vis des Français, il faut les tenir. Nous avons une feuille de route, des réformes ont été faites ces derniers mois et ces dernières années par le gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN. Est-ce que nous avons terminé le travail ? Non, donc tous les conseils sont les bienvenus, ceux de Nicolas SARKOZY comme ceux des parlementaires, en sommes, ceux de tout le monde, parce que nous voulons réussir tous ensemble pour être, en 2007, avec un bon bilan et un bon projet.

FRANÇOISE LABORDE : On a le sentiment que François  BAYROU, qui est à la tête de l’UDF et que vous connaissez, puisque vous venez de l’UDF, est plutôt content de cette opération, comme si au fond, entre SARKOZY et lui, il pouvait y avoir déjà une sorte de Yalta et de séparation des rôles de chacun.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Ce qui m’intéresse, cest que tous ensemble on ait à cœur de régler les problèmes des Français. Il y a des défis qui sont devant nous, il y a des compétitions, il y a des remises en cause, il y a des craintes, il y a un grand référendum à réussir sur l’Europe pour convaincre nos concitoyens, eh bien, que l’Europe nous donne des chances supplémentaires, que ça permette tout simplement à notre fierté, à notre identité de rayonner davantage. Alors, je souhaite que sur ces grandes échéances, les réformes, l’Europe, eh bien toutes les forces politiques de la majorité présidentielle, sans arrière pensée, se réunissent.

FRANÇOISE LABORDE : Alors, autre sujet qui vous préoccupe et qui intéresse aussi beaucoup nos téléspectateurs qui ont écrit, parce que j’ai eu plusieurs mails, plusieurs lettres d’intermittents du spectacle qui disaient : “ puisque vous recevez Renaud DONNEDIEU DE VABRES, est-ce que l’on avoir des questions sur les intermittents du spectacle ? ” Oui, voilà les questions sur les intermittents du spectacle. Alors, il y a eu cet été plusieurs avancées, d’abord tout s’est bien passé sur le front des festivals, il y a eu un certain nombre de mesures qui étaient prévues notamment pour les artistes femmes enceintes qui bénéficient du statut privilégié comme avant, il y aurait une caisse de relais, en quelque sorte, pour maintenir les prestations. Bref, plusieurs petites dispositions. Est-ce que tout cela fait un grand projet de réforme du statut d’intermittent ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: J’ai pris des engagements, je les tiendrai. J’ai reçu comme instruction du président de la République et du Premier ministre, de bâtir un système définitif pour faire en sorte qu’artistes et techniciens du cinéma, de l’audiovisuel et du spectacle vivant, puissent faire rayonner leurs talents dans de bonnes conditions, avec des conditions de vie acceptables. Il faut un nouveau système, il y a un calendrier que j’ai annoncé, et que je tiendrai, ça veut dire qu’il y a un système provisoire qui a été mis en place, il faut bâtir un système définitif, je veux entendre chacun, dès demain je reçois à nouveau toutes les organisations professionnelles et syndicales, le Conseil national des professions du spectacle sera réuni fin septembre ou début octobre. J’avais annoncé un débat national sur les métiers artistiques et culturels du spectacle vivant, il aura lieu le 18 octobre. L’expert…

FRANÇOISE LABORDE : Ce sera à l’Assemblée nationale.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non non non, ça ce nest pas le débat à l’Assemblée nationale, c’est un débat pour entendre les artistes et les techniciens, pour qu’ils s’expriment et pour qu’on les écoute.

FRANÇOISE LABORDE : D’accord.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : C’est un renversement de perspectives, ce nest pas moi qui vais parler devant eux, cest eux qui vont pouvoir s’exprimer devant un certain nombre de gens. Le 31 octobre, l’expert indépendant chargé de l’étude, rendra son rapport, à l’automne, cest-à-dire avant la fin de l’année, il y aura un débat à l’Assemblée nationale et au Sénat, d’orientation sur cette question, parce que je souhaite que tout le monde se rassemble. Et puis…

FRANÇOISE LABORDE : Il y aura une loi… une loi cadre sur le spectacle vivant, quelque chose comme ça ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, dans un premier… attendez, dans un premier temps, cest une prise de conscience et une expression parlementaire, avec un débat d’orientation, parce que moi je veux que l’ensemble des forces politiques et des Français, au-delà des forces politiques, se rassemblent autour des métiers culturels et de la défense des artistes et des techniciens. Et puis il y aura la dernière étape, cest-à-dire que là il faut, à un moment donné, que les partenaires sociaux se mettent autour de la table pour que l’on bâtisse le système définitif. J’ai une feuille de route, je tiendrai mes engagements.

FRANÇOISE LABORDE
: Une toute dernière question, elle concerne la télé, évidemment, ça nous intéresse, forcément, ici, on est dans la maison. Alors, la redevance pour le deuxième téléviseur elle n’existe plus, ça cest plutôt une bonne nouvelle, la TNT elle va être mise en place, quid de la chaîne tout info.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: D’abord, je fais confiance au service public, je suis à FRANCE 2 à FRANCETELEVISIONS, vous avez une magnifique mission à assumer, que vous faites d’ailleurs dans de très bonnes conditions, cest de faire en sorte que la liberté d’expression, l’information, l’accès à la culture, l’accès à toute forme de création, eh bien que vous en soyez, dans chacune de vos chaînes, les chantres et les propagateurs. Deuxièmement, cette année 2005 verra pour nos concitoyens, une offre télévisuelle élargie, grâce à la technologie, grâce à ce qu’il y a, pour le moment peut-être, un nom de code un peu barbare pour nos concitoyens, la TNT…

FRANÇOISE LABORDE
: Télévision Numérique Terrestre.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES :Nous allons veiller à son succès pour que ça soit un progrès, que ça n’apparaisse pas comme une espèce de complication pour les gens en se disant : “ oh la la, je vais avoir un décodeur, qu’est-ce que c’est, de quoi s’agit-il ? ”Je souhaite que ce soit un progrès et puis je dis aux gens qu’il s’agit de chaînes gratuites, dans un premier temps, donc voilà, c’est une offre élargie qui permettra au plus grand nombre de talents de rayonner et ça cest évidemment l’objectif du ministre de la Communication que je suis.

FRANÇOISE LABORDE : Merci Renaud DONNEDIEU DE VABRES d’être venu nous voir ce matin. Très bonne journée à vous, très bonne journée à tous. Cest à vous William, on se retrouve demain bien sûr.

WILLIAM LEYMERGIE : Ah ben écoutez, oui, volontiers.

FRANÇOISE LABORDE : Avec le site… voilà… le site, cest écrit : “ www.france2.fr ” pour écrire à nos invités passés ou futurs.

WILLIAM LEYMERGIE : Oui, on transmet, nous on est bien.

FRANÇOISE LABORDE : Oh, ben toujours !

WILLIAM LEYMERGIE : Vous avez vu, Françoise, ce ministre il nous aime.

FRANÇOISE LABORDE : Mais oui ! D’ailleurs je vais lui donner tout de suite les mails que j’ai reçus. Tenez, voilà, je lui donne. Voilà.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : J’y répondrai !

WILLIAM LEYMERGIE : Oui oui, on fera suivre, on transmettra. Merci beaucoup de votre visite. Ma chère Françoise passez une excellente journée.

FRANÇOISE LABORDE : Merci.

Allocution au Festival "Visa pour l'image"

4 septembre 2004

Ce soir, nos pensées se tournent dabord vers Christian Chesnot et Georges Malbrunot, qui paient en ce moment même dun prix très fort celui de leur liberté, exercice de leur mission de journaliste ; la liberté qui leur est si chère et qui nous est tous si chère, parce que cest une valeur fondamentale en laquelle nous croyons, comme nous croyons en ce devoir dinformer qui est le moteur de leur passion pour leur métier… Ce soir, nos pensées se tournent dabord vers Christian Chesnot et Georges Malbrunot, qui paient en ce moment même dun prix très fort celui de leur liberté, exercice de leur mission de journaliste ; la liberté qui leur est si chère et qui nous est tous si chère, parce que cest une valeur fondamentale en laquelle nous croyons, comme nous croyons en ce devoir dinformer qui est le moteur de leur passion pour leur métier.

Nos pensées vont vers les membres de leurs familles et leurs proches si durement éprouvés par linsoutenable attente de ces derniers jours, dautant que cette attente se prolonge, avec lincertitude, linquiétude, mais aussi lespoir dun dénouement heureux de cette insupportable attente.

Lespoir et la confiance. Lextrême prudence aussi. Et cest avec beaucoup de prudence que nous avons tout lieu de croire, et nous espérons tous que Christian Chesnot et Georges Malbrunot sont en vie et quils seront bientôt libres, que ceux qui leur ont ôté leur liberté la leur rende. Grâce à la mobilisation générale des pouvoirs publics, sous lautorité du Président de la République, lunité nationale et internationale qui continue à se manifester et dont nous espérons tous quelle aura raison des forces de la nuit.

Cest donc à Christian Chesnot et Georges Malbrunot, et cest à la liberté que je veux dédier cette cérémonie.

La liberté de la presse peut paraître aller de soi aujourdhui, dans notre République, tant elle est inséparable de la liberté dopinion et dexpression qui est au fondement de la démocratie et qui demeure, avec le droit à la vie, le plus précieux des droits universels de lhomme, Benjamin Constant disait : « le droit des droits ».
Puisse ce festival, malgré cette actualité et en raison même de cette actualité être une fête de la liberté, de la liberté défendue, de la liberté menacée, de la liberté – nous lespérons tous -bientôt retrouvée, fragile conquête dont nous mesurons le prix !

Tous ici, photographes, professionnels de linformation et de la communication, responsables politiques, citoyens, nous sommes comptables de cette liberté dans vos œuvres, dans nos actions, dans nos vies.

Cest grâce à votre présence, journalistes, reporters et photographes, sur les terrains les plus dangereux, que nous mesurons à quel point, dans le monde actuel, les images sont au cœur des tensions, des confrontations, des haines, mais aussi des chemins de la paix et de la liberté, cette liberté du regard qui est au fond le « passeport » des photographes, de tous ceux qui ont reçu un visa pour limage.

Car dans un monde dominé par le flux des images télévisées, limage fixe, la photographie, prend une importance nouvelle pour nous permettre de porter un regard plus précis et plus juste sur le monde.

Face au déferlement des images, lun des plus grands risques est sans doute celui de loubli. Or limage fixe reste gravée dans notre mémoire collective.

Sans doute parce quelle fige cet « instant décisif » dont parlait Henri Cartier-Bresson, « lœil du XXe siècle » – selon lexpression de Willy Ronis, votre invité de marque cette année – ce très grand pionnier du journalisme et de la photographie, disparu il y a un mois et qui a tant fait, avec Robert Capa notamment, pour que le photographe soit considéré comme un journaliste à part entière.

La force de ces Rencontres est non seulement de présenter librement à un public toujours plus nombreux une extraordinaire diversité dœuvres et de talents qui sont autant de témoignages du monde, dans toute sa lumière, dans toute sa diversité, dans son immense part dombre, avec toute sa violence, avec toute sa cruauté.
Chacun de ces regards, chacun de ces témoignages, nous propose, selon lexpression de Charles Harbutt,  » dauthentiques expériences du monde « . Et jajouterais, de chocs, de confrontations, de coups de poing portés à notre bonne ou à notre mauvaise conscience, démotions et dappels à la réflexion et à laction.

Mais au-delà de ces regards croisés, vous organisez ici des débats ouverts à tous, où les meilleurs experts, historiens, sociologues, spécialistes de limage, interviennent sur la place de la photographie dans lunivers médiatique où nous vivons, ainsi que sur les questions techniques et déontologiques qui ne cessent de se poser à vous.

Je tiens à rendre hommage à cette extraordinaire richesse qui fait de Perpignan un lieu et un moment unique, un peu comme Cannes pour le cinéma. Mais ici, ce nest pas le spectacle qui est au centre de tout mais linformation.

Et cette année, si fortement marquée par la guerre en Irak, vos réflexions portent principalement sur les bouleversements induits par la photo numérique et son corollaire, les photos prises sur des téléphones portables, et transmises aussitôt sur Internet dans le monde entier par des « amateurs » ou des auteurs que souvent, lon ne peut pas identifier. Cette année, pour la première fois, vous montrez ici ces clichés de prisonniers irakiens torturés qui ont la une de toute la presse. Je pense aussi à cette photo de lexposition « One shot » où lon voit un Palestinien en train de prendre avec son téléphone portable la photo de lun de ses compatriotes mort au combat.

Ces photos nous font prendre ou reprendre à chacun conscience du rôle et du pouvoir des images. De nos responsabilités aussi.

On ressort différents de Perpignan. Il nest pas une des photographies exposées ici qui ne nous interroge, nous provoque, nous encourage aussi à regarder et à agir dans ce monde.

Je tenais à vous le dire et à vous en remercier, Monsieur le Sénateur-Maire, Cher Jean-Paul Alduy, qui soutenez ce festival depuis le début, cher Jean-François Leroy, qui en êtes, depuis que vous lavez créé avec Roger Thérond, plus que lanimateur, lâme.

Je tenais à le dire à tous les lauréats que vous distinguez, aux talents les plus confirmés, les plus reconnus, comme aux jeunes talents à qui vous donnez un grand coup de pouce.

Je tiens à vous féliciter et je souhaite une très longue vie à ce festival si nécessaire dans le monde

Renaud Donnedieu de Vabres rend hommage à Claude Lelouch

4 septembre 2004

Renaud Donnedieu de Vabres, a rendu hommage à Claude Lelouch vendredi soir à Deauville avant la cérémonie douverture du 30ème festival du cinéma américain dont le réalisateur est président du jury…  Le ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a rendu hommage à Claude Lelouch vendredi soir à Deauville avant la cérémonie douverture du 30ème festival du cinéma américain dont le réalisateur est président du jury.

« Cest un double hommage, au festival du film américain, qui a trente ans, et à Claude Lelouch », qua dit vouloir rendre le ministre qui sexprimait à la presse peu avant le début de la cérémonie douverture.

A lissue de cette cérémonie devait être projeté le dernier film de Claude Lelouch, « Les Parisiens », en avant-première mondiale.

« Je suis un homme douverture, chaque pays doit pouvoir faire rayonner ses talents et cela ne me gêne pas de dire dans un même élan: vive le grand cinéma français et vive le grand cinéma américain », a poursuivi le ministre.

Interrogé sur le poids croissant du cinéma américain par rapport au cinéma français, M. Donnedieu de Vabres a répondu: « Je nai pas le sentiment que cette année, le cinéma français soit à la peine. Il faut un équilibre et je suis vigilant. Notre cinéma doit avoir les moyens de rayonner. LEtat nest pas près de se désengager ».
Le festival du cinéma américain sachèvera le 12 septembre.

Palais des congrès de Perpignan : Festival "Visa pour l'image"

2 septembre 2004

Monsieur le Sénateur-Maire,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis de Perpignan et du Festival,

Ce soir, nos pensées se tournent d'abord vers Christian Chesnot et Georges Malbrunot, qui
paient en ce moment même d'un prix très fort celui de leur liberté, exercice de leur mission
de journaliste ; la liberté qui leur est si chère et qui nous est tous si chère, parce que c'est
une valeur fondamentale en laquelle nous croyons, comme nous croyons en ce devoir
d'informer qui est le moteur de leur passion pour leur métier.

Nos pensées vont vers les membres de leurs familles et leurs proches si durement éprouvés
par l'insoutenable attente de ces derniers jours, d'autant que cette attente se prolonge, avec
l'incertitude, l'inquiétude, mais aussi l'espoir d'un dénouement heureux de cette
insupportable attente.

L'espoir et la confiance. L'extrême prudence aussi. Et c'est avec beaucoup de prudence que
nous avons tout lieu de croire, et nous espérons tous que Christian Chesnot et Georges
Malbrunot sont en vie et qu'ils seront bientôt libres, que ceux qui leur ont ôté leur liberté la
leur rende. Grâce à la mobilisation générale des pouvoirs publics, sous l'autorité du
Président de la République, l'unité nationale et internationale qui continue à se manifester et
dont nous espérons tous qu'elle aura raison des forces de la nuit.

C'est donc à Christian Chesnot et Georges Malbrunot, et c'est à la liberté que je veux dédier
cette cérémonie.

La liberté de la presse peut paraître aller de soi aujourd'hui, dans notre République, tant elle
est inséparable de la liberté d'opinion et d'expression qui est au fondement de la démocratie
et qui demeure, avec le droit à la vie, le plus précieux des droits universels de l'homme,
Benjamin Constant disait : "le droit des droits".

Puisse ce festival, malgré cette actualité et en raison même de cette actualité être une fête
de la liberté, de la liberté défendue, de la liberté menacée, de la liberté – nous l'espérons tous
-bientôt retrouvée, fragile conquête dont nous mesurons le prix !

Tous ici, photographes, professionnels de l'information et de la communication, responsables
politiques, citoyens, nous sommes comptables de cette liberté dans vos oeuvres, dans nos
actions, dans nos vies.

C'est grâce à votre présence, journalistes, reporters et photographes, sur les terrains les plus
dangereux, que nous mesurons à quel point, dans le monde actuel, les images sont au coeur
des tensions, des confrontations, des haines, mais aussi des chemins de la paix et de la
liberté, cette liberté du regard qui est au fond le "passeport" des photographes, de tous ceux
qui ont reçu un visa pour l'image.

Car dans un monde dominé par le flux des images télévisées, l'image fixe, la photographie,
prend une importance nouvelle pour nous permettre de porter un regard plus précis et plus
juste sur le monde.

Face au déferlement des images, l'un des plus grands risques est sans doute celui de l'oubli.

Or l'image fixe reste gravée dans notre mémoire collective.

Sans doute parce qu'elle fige cet "instant décisif" dont parlait Henri Cartier-Bresson, "l'oeil du
XXe siècle" – selon l'expression de Willy Ronis, votre invité de marque cette année – ce très
grand pionnier du journalisme et de la photographie, disparu il y a un mois et qui a tant fait,
avec Robert Capa notamment, pour que le photographe soit considéré comme un journaliste
à part entière.

La force de ces Rencontres est non seulement de présenter librement à un public toujours
plus nombreux une extraordinaire diversité d'oeuvres et de talents qui sont autant de
témoignages du monde, dans toute sa lumière, dans toute sa diversité, dans son immense
part d'ombre, avec toute sa violence, avec toute sa cruauté.

Chacun de ces regards, chacun de ces témoignages, nous propose, selon l'expression de
Charles Harbutt, " d'authentiques expériences du monde ". Et j'ajouterais, de chocs, de
confrontations, de coups de poing portés à notre bonne ou à notre mauvaise conscience,
d'émotions et d'appels à la réflexion et à l'action.

Mais au-delà de ces regards croisés, vous organisez ici des débats ouverts à tous, où les
meilleurs experts, historiens, sociologues, spécialistes de l'image, interviennent sur la place
de la photographie dans l'univers médiatique où nous vivons, ainsi que sur les questions
techniques et déontologiques qui ne cessent de se poser à vous.

Je tiens à rendre hommage à cette extraordinaire richesse qui fait de Perpignan un lieu et un
moment unique, un peu comme Cannes pour le cinéma. Mais ici, ce n'est pas le spectacle
qui est au centre de tout mais l'information.

Et cette année, si fortement marquée par la guerre en Irak, vos réflexions portent
principalement sur les bouleversements induits par la photo numérique et son corollaire, les
photos prises sur des téléphones portables, et transmises aussitôt sur Internet dans le
monde entier par des "amateurs" ou des auteurs que souvent, l'on ne peut pas identifier.

Cette année, pour la première fois, vous montrez ici ces clichés de prisonniers irakiens
torturés qui ont la une de toute la presse. Je pense aussi à cette photo de l'exposition "One
shot" où l'on voit un Palestinien en train de prendre avec son téléphone portable la photo de
l'un de ses compatriotes mort au combat.

Ces photos nous font prendre ou reprendre à chacun conscience du rôle et du pouvoir des
images. De nos responsabilités aussi.

On ressort différents de Perpignan. Il n'est pas une des photographies exposées ici qui ne
nous interroge, nous provoque, nous encourage aussi à regarder et à agir dans ce monde.

Je tenais à vous le dire et à vous en remercier, Monsieur le Sénateur-Maire, Cher Jean-Paul
Alduy, qui soutenez ce festival depuis le début, cher Jean-François Leroy, qui en êtes,
depuis que vous l'avez créé avec Roger Thérond, plus que l'animateur, l'âme.

Je tenais à le dire à tous les lauréats que vous distinguez, aux talents les plus confirmés, les
plus reconnus, comme aux jeunes talents à qui vous donnez un grand coup de pouce.

Je tiens à vous féliciter et je souhaite une très longue vie à ce festival si nécessaire dans le
monde d'aujourd'hui.

RDDV dans "l'invité du matin" de Pierre-Luc SEGUILLON

31 août 2004

RDDV :  Le gouvernement est comme les Français, nous sommes mobilisés, nous sommes unis, nous sommes inquiets. Tant que nos otages ne seront pas libérés, nous serons dans cette inquiétude que je ne peux qualifier, d’une grande inquiétude, mais nous sommes totalement mobilisés et l’ensemble des Français, quelles que soient leurs religions, quelles que soient leurs croyances, quelles que soient leurs appartenances politiques, aujourd’hui, est en état de choc, exige cette libération de nos otages, parce que nous ne comprenons pas pourquoi deux journalistes qui sont les symboles de la liberté d’expression, de la liberté de l’information, sont pris en otages… PIERRE-LUC SEGUILLON: Aux vues des derniers développements, de la cassette diffusée par AL JAZIRA, et des informations dont vous pouvez disposer, est-ce que le gouvernement est plutôt optimiste ou plutôt pessimiste sur les chances de libérer nos deux confrères ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Le gouvernement est comme les Français, nous sommes mobilisés, nous sommes unis, nous sommes inquiets. Tant que nos otages ne seront pas libérés, nous serons dans cette inquiétude que je ne peux qualifier, d’une grande inquiétude, mais nous sommes totalement mobilisés et l’ensemble des Français, quelles que soient leurs religions, quelles que soient leurs croyances, quelles que soient leurs appartenances politiques, aujourd’hui, est en état de choc, exige cette libération de nos otages, parce que nous ne comprenons pas pourquoi deux journalistes qui sont les symboles de la liberté d’expression, de la liberté de l’information, sont pris en otages…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, qu’est-ce…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : … deux Français qui connaissent particulièrement bien les pays arabes, qui aiment les pays du monde arabe, qui respectent, par définition, la coutume, la religion, la foi, la croyance de chacun. Pourquoi deux journalistes français, alors que notre pays, vis à vis de l’Irak, a exprimé avec une immense force, la nécessité du respect du droit, pour parvenir à la paix et à la sécurité internationale au sein de l’ONU et donc cette mobilisation elle est forte et réelle. Beaucoup de contacts, beaucoup d’initiatives, bien évidemment, sont en cours, nous sommes mobilisés et inquiets.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, quelques questions très précises. D’abord : qu’est-ce que répond le gouvernement aux propos tenus à travers les deux journalistes instrumentalisés dans la cassette, demandant à Jacques CHIRAC d’abroger la loi et au peuple français de se mobiliser pour protester contre la loi ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Au moment où je vous parle et où je vous réponds, Pierre-Luc SEGUILLON, nous avons deux journalises pris en otages. Alors,  peut-être que nos propos sont écoutés, observés et analysés. La seule réponse que je peux faire, cest de dire qu’en France, la liberté religieuse elle est garantie à chacun et les Français, de religion musulmane, comme de toutes les autres religions, l’ont exprimé ces jours derniers, vont le ré-exprimer : aujourd’hui, en France, pays des droits de l’homme, chacun a le droit de pratiquer sa religion et les Français de religion musulmane, quelle que soit leur appartenance politique ou philosophique personnelle, expriment cela et réclament la libération de nos otages.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, vous êtes ministre de la Communication. Est-ce que, d’abord, vous estimez qu’il faut ou qu’il ne faut pas présenter les images publiées par AL JAZIRA, de votre point de vue ? C’est évidemment la responsabilité de chaque rédaction mais j’aimerais avoir votre sentiment

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Chaque rédaction a pris ses responsabilités. L’engrenage dans lequel nous sommes placés, il est terrifiant, cest-à-dire que vous voyez bien que certains cherchent à utiliser les armes de la démocratie à des fins politiques…

PIERRE-LUC SEGUILLON
: Donc vous pensez qu’il vaut mieux refuser ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Eh bien cette information elle est largement publique, mais il y a une guerre qui se passe à travers aujourd’hui la gestion des images, la gestion de l’information, et vous voyez bien que nous sommes dans une période où chacun a des réflexes nouveaux, ne serait-ce que le réflexe du rassemblement, vous l’avez vu hier au Trocadéro, il y a des moments où le débat démocratique classique il est insupportable, et aujourd’hui aucun d’entre nous, quel qu’il soit, de droite ou de gauche, n’a envie d’avoir un débat démocratique classique…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Dans cette guerre, est-ce que vous, ministre de la Communication, vous recommandez ou non aux journalistes de quitter l’Irak ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Mais…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Français.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Je ne peux pas le faire de manière abstraite, parce que pour le moment nous ne connaissons pas l’identité exacte et le mode de fonctionnement des ravisseurs. Lorsque nous pourrons, j’espère, de manière heureuse et positive, tirer les conclusions de ce qui s’est passé, nous pourrons apporter les réponses à cela, mais il ne faut pas que nous nous engagions, nous, le pays des droits de l’homme et de la démocratie, dans une spirale qui serait celle de la censure. Pourquoi est-ce que dans la Convention de Genève les journalistes ont droit à un traitement particulier ? Parce que ce sont,  j’allais dire, les Casques Bleus de la démocratie et de l’humanisme, cest-à-dire qu’il leur appartient en étant sur place et partout dans le monde, de faire émerger la vérité.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Dans cette guerre, vous parliez de cette guerre de communication, qu’est-ce que vous pensez du jeu joué par AL JAZIRA ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Mais c’est un paramètre nouveau dans cette bataille internationale, parce qu’il y a une grande diversité des sources d’informations. Le ministre des Affaires étrangères s’est exprimé au Caire, devant vos confrères d’AL JAZIRA parce qu’il nous paraissait nécessaire de porter la parole avec l’ensemble des vecteurs qui permettent d’aboutir peut-être à un résultat. Il y a un certain nombre de chaînes de radios, d’ailleurs, françaises…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, est-ce que dans ce contexte..

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : … qui sont écoutées, fortement, et que nous essayons d’utiliser au maximum.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Est-ce que dans ce contexte le ministre de la Communication ne regrette pas aujourd’hui, que la fameuse chaîne souhaitée par Jacques CHIRAC, internationale, d’information, n’existe toujours pas et soit toujours dans les cartons ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Mais beaucoup de moyens d’expression internationaux existent aujourd’hui et fonctionnent remarquablement bien.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, répondez-moi précisément…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : RADIO FRANCE INTERNATIONALE fonctionne remarquablement bien, RMC Moyen Orient fonctionne de manière remarquable, nous avons utilisé toutes sortes de moyens de communication.

PIERRE-LUC SEGUILLON
: Question précise : est-ce que le projet de chaîne internationale tel que l’a réalisé monsieur BROCHAND, alliance du service public et d’une chaîne privée, en l’occurrence TF1, est abandonné et enterré, est-ce que vous avez un nouveau projet à proposer, est-ce qu’on verra jamais cette chaîne ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Il n’est évidemment pas abandonné. Le rayonnement de nos idées, au- delà de nos frontières, et surtout dans les périodes de crise, est une impérieuse nécessité, nous avons déjà des moyens de diffusion, il faut les renforcer, ils seront renforcés et il faut que se conjuguent les énergies de celles et ceux qui le feront aujourd’hui et de celles et ceux qui peuvent le faire demain et donc ce projet est un bon projet.

 PIERRE-LUC SEGUILLON : Tout à l’heure vous avez parlé de contact, il fut un temps où Jean-Charles MARCHIANI menait ses contacts. Hier, notre correspondant disait : Jean-Charles MARCHIANI nous manque dans cette affaire, il est aujourd’hui à la Santé. Vous regrettez l’absence d’hommes capables de mener ces contacts souterrains ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Tout l’appareil d’Etat est mobilisé aujourd’hui, tout l’appareil d’Etat, et donc je souhaite tout simplement que l’ensemble des initiatives qui sont prises, des actions qui sont menées par des fonctionnaires ou par des militaires, d’exceptionnelle qualité, aboutissent à la libération de nos otages. Nous avons, en France, la chance d’avoir des équipes vraiment très entraînées, très aguerries, formées à ce genre de problème, j’espère qu’ils auront les résultats que nous attendons.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Dernière question. Le Premier ministre irakien a fait une déclaration à plusieurs organes de presse en disant deux choses : un avertissement, la France ne sera pas épargnée, un reproche implicite, la France n’a pas aidé les Irakiens, n’a pas pris ses responsabilités dans la lutte contre le terrorisme.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : L’heure nest pas au débat sur les modalités de la politique étrangère. S’il faut un jour avoir un débat sur la politique étrangère que nous devons avoir avec d’autres Etats et avec le gouvernement irakien, nous pourrons l’avoir. Aujourd’hui, notre pays attend de chacun qu’il contribue et apporte sa  pierre à la libération de nos otages. Aujourd’hui, nous n’avons pas de la moindre manière envie d’entrer dans une polémique, nous souhaitons tout simplement que se rassemblent, comme cest le cas, et nous remercions toutes celles et tous ceux qui aujourd’hui, dans chacun des pays du monde arabe, tous les chefs religieux, qui aujourd’hui, par solidarité vis à vis de la France, par reconnaissance et par gratitude vis à vis de ce que nous exprimons, cest-à-dire le principe de liberté, religieuse, le principe du respect du droit, le respect des Nations Unies, nous remercions celles et ceux qui aujourd’hui apportent leur concours à cette tâche de libération.

Manifestation otages: Donnedieu de Vabres "très mobilisé et très inquiet"

30 août 2004

« Rien ni personne ne pourra nous diviser », a ajouté le ministre avant de rejoindre le rassemblement organisé au Trocadéro en faveur de Christian Chesnot, correspondant des radios publiques Radio France et Radio France Internationale (RFI) et de Georges Malbrunot, envoyé spécial des quotidiens Figaro et Ouest-France et correspondant de la radio RTL… Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, sest déclaré lundi « très mobilisé et très inquiet » pour les deux journalistes français enlevés en Irak lors dune manifestation qui a réuni environ 200 personnes devant la Maison de la radio.

« A lheure où je vous parle nous navons pas dinformations plus précises, nous sommes très mobilisés parce que nous sommes très inquiets », a déclaré le ministre devant les manifestants, dont de nombreux journalistes, réunis à linitiative dun comité dintellectuels musulmans.

« Rien ni personne ne pourra nous diviser », a ajouté le ministre avant de rejoindre le rassemblement organisé au Trocadéro en faveur de Christian Chesnot, correspondant des radios publiques Radio France et Radio France Internationale (RFI) et de Georges Malbrunot, envoyé spécial des quotidiens Figaro et Ouest-France et correspondant de la radio RTL.

Cet enlèvement « nous choque beaucoup car la France nest pour rien dans cette guerre irakienne, les ravisseurs se trompent de cible. Il faut se mobiliser », a pour sa part déclaré Beddy Ould Ebnou, écrivain mauritanien et lun des organisateurs de la manifestation. Il a précisé avoir fait passer à plusieurs reprises un appel en arabe aux ravisseurs pour quils libèrent leurs otages sur la télévision satellitaire Al-Jazira.

Leïla Shahid, représentante de lOLP en France, sest déclarée « bouleversée » par lenlèvement. « On na jamais vu les Français aussi unis de quelque bord quils soient », a-t-elle noté, saluant la réaction « fantastique » de la population.

« Jespère de tout coeur que quelquun fera passer le message à cette nébuleuse (ndlr: lArmée islamique en Irak qui a revendiqué lenlèvement) qui prend en otage lislam de France », a-t-elle souhaité.

Pour Salim Amara, porte-parole des associations musulmanes en Seine-Saint-Denis, « on avait vraiment pas besoin de ça, on va nous montrer du doigt de plus en plus, tout ce quon souhaite cest que les otages soient libérés le plus vite possible ».

De simples citoyens se trouvaient également parmi les manifestants comme Aziz, étudiant à Paris: « on na pas à se laisser dicter notre politique par des extrémistes », a-t-il estimé, faisant référence à la revendication des ravisseurs qui exigent labrogation de la loi sur le foulard islamique.

LA QUESTION D’INFO

30 août 2004

RDDV :  Quelle que soit la religion de chacun, aujourd’hui c’est cette France rassemblée, réunie autour de cette cause que nous devons obtenir, c’est-à-dire la libération de nos otages. Les valeurs de notre pays ce sont celles de la liberté de penser, de la fraternité, de l’égalité absolue, quelle que soit l’origine, quelle que soit la religion, et c’est ça que nous voulons faire entendre partout dans le monde, c’est ce qu’a indiqué le président de la République en disant que ces valeurs de respect et de tolérance elles inspirent notre action partout dans le monde, comme sur notre territoire national… Olivier DELAGARDE : Merci d’être avec nous dans ce studio. Je rappelle que vous êtes ministre de la Culture et puis, plus précisément pour nous aujourd’hui, ministre également de la Communication. Cela fait maintenant onze jours que nous n’avons plus de contact avec Georges MALBRUNOT, du “ Figaro ”, et Christian CHESNOT, qui collabore à Radio France. Dans une cassette, leurs ravisseurs donnent un ultimatum à la France, jusqu’à ce soir vingt et une heures. Alors, bien sûr, la question que l’on se pose c’est, que peut faire la France, que fait la France ?

Renaud DONNEDIEU de VABRES : Tout d’abord, vous me permettrez d’exprimer de la solidarité, de l’émotion, de la compassion vis-à-vis de Christian CHESNOT et de Georges MALBRUNOT, vis-à-vis de leurs familles, de leurs amis, de leurs camarades de travail, qui sont dans cette inquiétude, et au-delà de cette compassion de la détermination et de la colère. De la détermination parce que le président de la République l’a indiqué hier après-midi, depuis quelques jours eh bien nous sommes, j’allais dire, en état de veille active, de combat, d’action, pour faire en sorte que leur libération soit obtenue. Toutes sortes de contacts sont utilisés pour y parvenir, vous comprendrez aisément qu’on ne puisse pas publiquement en parler, c’est la raison pour laquelle le ministre des Affaires étrangères s’est rendu dans la région pour coordonner l’action de celles et ceux qui sont présents pour avoir les contacts et les solidarités nécessaires.

Olivier DELAGARDE : Quand vous dites dans la région, c’est autour de l’Irak, c’est en Irak, il est en Egypte aujourd’hui ?

Renaud DONNEDIEU de VABRES
: Au moment où nous parlons, il est à quelques minutes d’intervenir sur Al-Jezira depuis le Caire pour s’exprimer très fortement au nom de la France, pour rassembler le plus grand nombre de citoyens, d’associations, de religieux de cette région en notre faveur. Parce que la France est l’amie des pays arabes, l’amie des Musulmans partout dans le monde et nous avons été heureux de constater la réaction immédiate de solidarité des Français de religion musulmane qui se sont exprimés hier matin, tout simplement pour dire qu’ils étaient avant tout des Français révoltés.

Quelle que soit la religion de chacun, aujourd’hui c’est cette France rassemblée, réunie autour de cette cause que nous devons obtenir, c’est-à-dire la libération de nos otages. Les valeurs de notre pays ce sont celles de la liberté de penser, de la fraternité, de l’égalité absolue, quelle que soit l’origine, quelle que soit la religion, et c’est ça que nous voulons faire entendre partout dans le monde, c’est ce qu’a indiqué le président de la République en disant que ces valeurs de respect et de tolérance elles inspirent notre action partout dans le monde, comme sur notre territoire national. Et il a eu raison, bien évidemment, de rappeler que c’est ça qui a légitimé le fondement même de la politique de la France en Irak, c’est-à-dire le respect du droit, le respect de la liberté.

Et à travers ces deux journalistes qui sont pris en otage, vous voyez bien que c’est la démocratie, que c’est la liberté de l’information, que c’est la liberté d’expression qui est en cause. Les journalistes ce sont des symboles, ce sont les témoins actifs de cette cause, de cette liberté. C’est la raison pour laquelle le message que nous adressons est un message fort et nous sommes heureux de voir que dans chacune des capitales, que dans un certain nombre d’institutions religieuses, qui parfois n’ont pas bien compris un certain nombre d’éléments de notre politique, il condamne avec la plus extrême fermeté cette prise d’otage.

Olivier DELAGARDE : Alors on sent bien qu’il y a une unité nationale politiquement en France autour de cette question, mais ça ne va pas suffire, est-ce qu’en Irak il y a une collaboration avec les Américains sur le terrain, est-ce qu’on recherche ces deux otages ?

Renaud DONNEDIEU de VABRES : Tous les efforts sont faits sur place pour parvenir au résultat de la libération, avec une multiplicité de contacts et avec, vous savez, des coopérations très fortes et permanentes entre tous les services de renseignements des démocraties occidentales. Même dans les périodes de crise absolue cette coopération, elle a toujours existé, elle existe. Vous comprendrez qu’on ne puisse donner aucun élément d’information au moment où nous nous exprimons parce qu’il est vraisemblable que par les moyens de communication tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui, eh bien les comparses de ceux qui sont en train par cette prise d’otage de commettre ce crime, parce qu’une prise d’otage c’est un crime, eh bien ils cherchent toutes les informations nécessaires et possibles et donc nous nous ne donnerons aucune information leur permettant d’identifier ce que nous sommes en train d’essayer de faire et d’obtenir.

Olivier DELAGARDE : Mais en ce moment les moyens français en Irak sont suffisants sur place ?

Renaud DONNEDIEU de VABRES : Les moyens sont présents, ils ne seront suffisants que le jour où on aura obtenu la libération, voilà. Vous savez, on a un objectif qui est difficile à atteindre, c’est la libération de nos otages. Alors tout est mis en œuvre, tout. Les dispositifs, comme l’a indiqué le Premier ministre, ont été renforcés, je ne peux pas en dire plus, mais voilà. Les heures comptent, mais tout est enclenché.

Olivier DELAGARDE : Jean-Pierre RAFFARIN vient de dire qu’il venait de renforcer le dispositif français en Irak ; vous pouvez nous…

Renaud DONNEDIEU de VABRES : Non, je ne peux pas donner de détails, ce n’est pas pour cacher l’information, ce serait ridicule et ce serait honteux, mais là vous voyez bien qu’on est dans une espèce de situation opérationnelle de crise absolue, nous ne pouvons pas dire les initiatives qui sont prises, nous ne pouvons pas dévoiler qui sont les interlocuteurs ou les contacts parce que ce serait évidemment grave et suicidaire, encore une fois, par rapport à la cause que nous voulons servir et comme l’a rappelé le président de la République et le Premier ministre dans la journée d’hier, tout est mis en œuvre pour parvenir à ce résultat et nous avons souhaité et nous obtenons heure par heure les pressions et les mobilisations d’un certain nombre d’entités religieuses, de gouvernements sur place et dans la région parce que c’est évidemment quelque chose de très important et de nécessaire pour dénoncer avec force cette agression insupportable dirigée, encore une fois, contre la démocratie, contre la liberté d’expression.

Vous savez dans les conventions internationales de Genève sur le droit de la guerre, s’en prendre à un journaliste ça comporte des circonstances aggravantes, parce qu’un journaliste c’est justement, j’allais dire, une sorte de casque bleu de la démocratie et de l’humanisme et donc c’est une circonstance aggravante que s’en prendre à un journaliste qui est là pour faire triompher la vérité, pour mobiliser les énergies, pour dénoncer ce qui doit l’être partout dans le monde et obtenir les solidarités nécessaires. Et donc c’est un symbole évidemment au-delà des personnes et nous sommes attachés avant toute chose aux personnes, mais on s’en prend aussi aux symboles et ça c’est une guerre qui est menée.

Olivier DELAGARDE : Renaud DONNEDIEU de VABRES, merci. Je rappelle que vous êtes ministre de la Culture et de la Communication. Je rappelle également qu’il y a une grande manifestation ce soir, à dix-huit heures, parvis des Droits de l’Homme, place du Trocadéro, à Paris, en soutien à nos deux confrères.

Le ministre de la Culture au festival de la Chaise-Dieu

28 août 2004

« Le patrimoine et la création sont les vecteurs clés du rayonnement et de lactivité de demain, il est urgent de conjuguer les efforts et dagir ensemble pour le patrimoine », a assuré le ministre… Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres a participé vendredi à la 38e édition du Festival de la Chaise-Dieu.

« Jai été ébloui par la force et la splendeur du patrimoine et la qualité des interprètes que jai pu rencontrer », a-t-il déclaré à lissue du concert donné en labbatiale, par la Maîtrise de Bretagne et le parlement de musique dirigé par Martin Gesteret.

Le ministre avait assisté jeudi soir au concert « Purcell at the royal chapel » donné par le Kings consort, sous la direction de Robert King, à la Basilique Saint-Julien de Brioude, dans le cadre de la commémoration du 17e centenaire du martyre de Saint-Julien.

Vendredi matin, il a visité dans la matinée le musée Charles Crozatier au Puy-en-Velay et notamment lexposition du sculpteur Pierre Julien, réalisée en partenariat avec le musée du Louvre.

Il a pris note du souhait de la municipalité de mettre en valeur une politique de travaux pour ce musée, selon son entourage.

« Le patrimoine et la création sont les vecteurs clés du rayonnement et de lactivité de demain, il est urgent de conjuguer les efforts et dagir ensemble pour le patrimoine », a assuré le ministre à lissue de sa visite.

Il sest ensuite rendu à la cathédrale Notre-Dame du Puy, classée au patrimoine mondial de lUnesco, avant de visiter le conseil général de Haute-Loire, restauré par larchitecte Jean-Michel Wilmotte.

« Nous devons exercer ensemble avec les collectivités territoriales un partage des responsabilités », a-t-il déclaré devant des journalistes.

RDDV rend hommage aux victimes de la "barbarie" de Maillé

26 août 2004

« Jai écrit sur le livre dor de la commune cette très belle phrase de Paul Valéry:  » Le vrai tombeau des morts, cest le coeur des vivants « , a déclaré le ministre à la presse. « Cest pour ça que le ministre de la République que je suis est là à Maillé: (…) pour faire un nécessaire devoir de mémoire, pour donner aux familles des victimes de cette barbarie lassurance que, les uns avec les autres (la commune, le conseil général, lEtat), nous allons faire en sorte de faire naître un vrai lieu de mémoire active »… Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a rendu hommage mercredi à Maillé aux victimes de la « barbarie » vécue par ce village dIndre-et-Loire lors dune opération allemande de représailles le 25 août 1944.

Evénement doublement éclipsé par la Libération de Paris, survenue le même jour, mais aussi par le massacre, le 10 juin 1944, dOradour-sur-Glane, distant de 130 km, le martyre du bourg de Maillé na jamais fait lobjet dune grande commémoration.

Pourtant, il y a soixante ans, entre 70 et 100 soldats allemands tuèrent toutes les personnes qui se trouvaient à Maillé, enfants, femmes, vieillards.

Mardi dans la matinée, les enfants de cette commune aujourdhui peuplée de 650 habitants ont déposé 124 roses – soit le nombre de victimes – devant le monument aux victimes érigé dans le cimetière municipal.

M. Donnedieu de Vabres, qui est aussi député UMP dIndre-et-Loire, sest recueilli devant le monument dans laprès-midi lors dune cérémonie silencieuse, avant de se rendre sur le site de la future Maison du souvenir de Maillé, qui doit ouvrir en mai 2005.

« Jai écrit sur le livre dor de la commune cette très belle phrase de Paul Valéry: +Le vrai tombeau des morts, cest le coeur des vivants+ », a déclaré le ministre à la presse.

« Cest pour ça que le ministre de la République que je suis est là à Maillé: (…) pour faire un nécessaire devoir de mémoire, pour donner aux familles des victimes de cette barbarie lassurance que, les uns avec les autres (la commune, le conseil général, lEtat), nous allons faire en sorte de faire naître un vrai lieu de mémoire active », a ajouté M. Donnedieu de Vabres.

Le ministre a souhaité « quà partir de Maillé, ce soit un message de détermination qui soit envoyé ». La future Maison du souvenir prévoit dévoquer, au-delà du martyre du village, les massacres perpétrés partout dans le monde.

La 9ème "Forêt des livres" dimanche en Touraine

24 août 2004

La Forêt des livres, placé sous le haut patronage du ministère de la Culture -Renaud Donnedieu de Vabres est attendu dimanche après midi-, est fondé sur lidée que « les feuilles des livres sont issues des arbres et que les écrivains doivent revenir à la forêt avec lhommage de leurs pages »… La 9ème édition du festival littéraire, « La Forêt des Livres », parrainé cette année par Charles Aznavour, se tiendra dimanche en Touraine, à Chanceaux-près-Loches, en présence de dizaines dauteurs.

Ce festival, qui marque traditionnellement les débuts de la rentrée littéraire, a lambition de « créer une familiarité spontanée entre les grands auteurs et le plus vaste public », selon les organisateurs.

Allée des bouquinistes, déjeuner sur lherbe avec paniers pique-nique Belle Epoque, Café littéraire en plein air et Veillée romantique (avec un concert dHervé Vilard dédié aux grands auteurs du 20ème siècle et un spectacle à deux voix à travers la correspondance amoureuse de George Sand) sont organisés dans le cadre de cette manifestation, qui, lan dernier, avait attiré 20.000 visiteurs.

Organisé par Gonzague Saint Bris, écrivain et enfant du pays, le festival sera cette année parrainé par Charles Aznavour, entouré notamment des académiciens Jean-François Deniau, Jean-Marie Rouart et René de Obaldia ainsi que de Françoise Dorin, Patrick Poivre dArvor, Jean Piat, Marc Lambron, Marc Lévy, Michel Quint et des comédiens Macha Méril, Francis Perrin et Jacques Villeret.

Le thème en sera le Bicentenaire de la naissance de George Sand ainsi que la célébration des « Lettres Persanes » avec la présence de trois écrivains iraniens. Dix prix littéraires intitulés « Les Lauriers Verts de La Forêt des Livres » seront décernés.

La Forêt des livres, placé sous le haut patronage du ministère de la Culture -Renaud Donnedieu de Vabres est attendu dimanche après midi-, est fondé sur lidée que « les feuilles des livres sont issues des arbres et que les écrivains doivent revenir à la forêt avec lhommage de leurs pages ». Elle a pris racine dans la vallée de lIndre, au pays décrivains comme Rabelais, Ronsard, Balzac, Vigny, Anatole France ou Courteline.