Archives de 2004

M. Donnedieu de Vabres à Venise pour la Mostra et la biennale d'architecture

11 septembre 2004

M. Donnedieu de Vabres a également inauguré vendredi le pavillon français de la Biennale darchitecture, ouverte au public à partir de ce samedi jusquau 7 novembre.
« Jétais présent à cette biennale darchitecture pour soutenir les équipes françaises, visiter lensemble des autres projets internationaux et voir létat des recherches en cours »… Le ministre français de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, participera samedi soir à la cérémonie de clôture du festival de Venise, au cours de laquelle sera décerné le Lion dOr couronnant le meilleur film en compétition.

« Jespère que les talents français seront reconnus », a déclaré à lAFP le ministre, qui après la cérémonie au théâtre de La Fenice participera à un dîner de gala au palais ducal.

Trois films français sont en compétition à Venise pour le Lion dOr : « Lintrus » de Claire Denis, « Rois et reine » dArnaud Desplechin et « Cinq fois deux » de François Ozon.

M. Donnedieu de Vabres a également inauguré vendredi le pavillon français de la Biennale darchitecture, ouverte au public à partir de ce samedi jusquau 7 novembre.
« Jétais présent à cette biennale darchitecture pour soutenir les équipes françaises, visiter lensemble des autres projets internationaux et voir létat des recherches en cours », a-t-il dit.

« Larchitecture est capable aussi bien de réaliser des oeuvres spectaculaires que de traiter les problèmes de la vie quotidienne », a-t-il commenté.

M. Donnedieu de Vabres devait avoir samedi un entretien informel avec son homologue italien Giuliano Urbani ainsi quavec le maire de Venise Paolo Costa.
Le ministre a par ailleurs indiqué quil se tenait informé sur la situation des deux journalistes français détenus en Irak, indiquant qu »aucun élément nouveau » nétait intervenu depuis la veille.

Modification du régime de la redevance d’archéologie préventive

10 septembre 2004

La loi du 1er août 2003 modifiant la loi du 17 janvier 2001, avait retenu comme assiette d’imposition, pour cette catégorie de travaux, la superficie de l’unité foncière sur laquelle ils étaient projetés. Dans le cas où des travaux de faible importance étaient envisagés sur des propriétés de grande taille le montant de la redevance exigible pouvait être disproportionné voire supérieur au coût des travaux prévus. Il y avait donc urgence à réformer ce système pour en corriger les aberrations… Renaud Donnedieu de Vabres se félicite de la publication de la loi n° 2004-804 du 9 août 2004 dont l’article 17 améliore le régime de la redevance d’archéologie préventive.

Le Parlement et le Gouvernement ont souhaité, à l’occasion de ce texte, corriger les effets pervers de la redevance appliquée, dans le régime de la loi de 2003, aux travaux affectant le sous-sol et soumis à une autorisation ou à une déclaration préalable en application du code de l’urbanisme.

La loi du 1er août 2003 modifiant la loi du 17 janvier 2001, avait retenu comme assiette d’imposition, pour cette catégorie de travaux, la superficie de l’unité foncière sur laquelle ils étaient projetés. Dans le cas où des travaux de faible importance étaient envisagés sur des propriétés de grande taille le montant de la redevance exigible pouvait être disproportionné voire supérieur au coût des travaux prévus. Il y avait donc urgence à réformer ce système pour en corriger les aberrations.

La redevance est désormais directement proportionnelle aux travaux réellement projetés puisqu’elle est assise sur la valeur de lensemble immobilier des constructions projetées, déterminée forfaitairement en appliquant à la surface de plancher développée hors oeuvre une valeur au mètre carré variable selon la catégorie des immeubles. Cette valeur est déterminée conformément aux dispositions de l’article 1585 D du code général des impôts selon la même typologie que celle de la taxe locale d’équipement.

Le Gouvernement et le Parlement ont été animés par le souci d’assurer la sauvegarde du patrimoine archéologique en garantissant à l’archéologie préventive une ressource financière suffisante et pérenne sans compromettre les projets d’aménagements indispensables au développement économique.

Le texte de loi qui est dapplication immédiate prévoit en outre la possibilité, pour les redevables qui relevaient des dispositions antérieures de solliciter un nouveau calcul de leur imposition selon ces nouvelles dispositions. Leurs demandes devront impérativement être adressées aux services liquidateurs de la taxe avant le 31 décembre 2004.

TVFI: Renaud Donnedieu de Vabres remet les "prix de l'export"

10 septembre 2004

M. Donnedieu de Vabres sest néanmoins déclaré « préoccupé » par « lévolution du nombre dheures de fiction et danimation produites en France ». »Je compte sur le mécanisme de crédit dimpôt à laudiovisuel que jai proposé au gouvernement de mettre en oeuvre en 2005 pour faciliter le financement de ce type de produit »… Le ministre de la culture et de la communication Renaud Donnedieu de Vabres a remis jeudi soir les « prix de lexport » décernés pour la première fois cette année lors du rendez vous de TV France international (TVFI) à Saint-Tropez (Var).

Ces prix décernés aux programmes les plus vendus à létranger ont été attribués à « Sous le soleil » dans la catégorie fiction (production Marathon) diffusé depuis 1996 sur TF1 et vendu dans 130 pays; à « Cédric » dans la catégorie animation (production Dupuis audiovisuel) diffusé sur France 3 et vendu dans plus de 56 territoires; et au documentaire « Opération Lune » de William Karel (production Point du Jour).

Le ministre, qui se considère dans lexercice de ses fonctions « en quelque sorte comme le premier +VRP+ des programmes français », a rendu hommage à laction de TVFI, grâce à laquelle « un nombre croissant de sociétés françaises sont désormais présentes sur le marché international ». Il se rendra en Chine, « un immense marché de centaines de millions de téléspectateurs », du 9 au 16 octobre dans le cadre du lancement de lannée de la France en Chine.

M. Donnedieu de Vabres sest néanmoins déclaré « préoccupé » par « lévolution du nombre dheures de fiction et danimation produites en France ». »Je compte sur le mécanisme de crédit dimpôt à laudiovisuel que jai proposé au gouvernement de mettre en oeuvre en 2005 pour faciliter le financement de ce type de produit », a t-il dit, ajoutant : »Sans doute faut-il davantage soutenir aussi la vente internationale et le métier dexportateur et donc de distributeur ». « La France doit saffirmer comme une nation exportatrice de programmes », a encore déclaré le ministre.

Allocution de Renaud Donnedieu de Vabres pour la Journées européennes du Patrimoine

9 septembre 2004

Oui, nous aimons notre Patrimoine, nous en sommes fiers, et cest pourquoi nous voulons le sauvegarder, le protéger, mais aussi le découvrir, louvrir, le faire connaître, car cest un héritage commun, dans toute sa diversité, que nous avons en partage. Il sest construit, au fil des siècles, dont il restitue lhistoire, la mémoire, la vie, la splendeur, le souvenir de cicatrices… Septembre 1984 – septembre 2004 : 20 ans se sont écoulés depuis les premières journées du Patrimoine qui incitèrent les Françaises et les Français à visiter massivement leurs monuments historiques, après que 1980 fut déclarée par Jean-Philippe Lecat lannée du Patrimoine, contribuant à sensibiliser nos concitoyens.

Aujourdhui, ces vingt et unièmes journées du Patrimoine sont des journées européennes.

A loccasion de ces vingt et unièmes journées, la première question qui me semble devoir se poser est : quest-ce que le Patrimoine au vingt et unième siècle ?

Le patrimoine est dabord une passion.

En France, plus de 11, 5 millions de visiteurs participent chaque année aux Journées du Patrimoine. 17 000 ouvertures et animations leur sont proposées, que vous retrouverez dans le dossier de presse.

Cest une passion partagée, qui rassemble familles, associations, entreprises et administrations, collectivités publiques et propriétaires privés. Une passion partagée et nous nous en réjouissons tous en Europe.

Pourquoi cet engouement, cette soif de découverte qui sempare de nos concitoyens à loccasion des Journées du Patrimoine ? Parce que, dans toute sa diversité, et jy reviendrai dans un instant, ces Journées nous rapprochent des lieux de mémoire, étranges ou familiers, qui sont nos racines, notre identité, notre fierté.

Oui, nous aimons notre Patrimoine, nous en sommes fiers, et cest pourquoi nous voulons le sauvegarder, le protéger, mais aussi le découvrir, louvrir, le faire connaître, car cest un héritage commun, dans toute sa diversité, que nous avons en partage. Il sest construit, au fil des siècles, dont il restitue lhistoire, la mémoire, la vie, la splendeur, le souvenir de cicatrices aussi qui ne sont pas toutes refermées mais qui éclairent dune même lumière la réalité daujourdhui.

Car le Patrimoine nest pas quune passion du passé, cest dabord une passion du vivre ensemble, une passion de la connaissance et du savoir partagé. Cest pourquoi je suis très attaché au patrimoine du vingtième siècle et au patrimoine des sciences et techniques qui sont les thèmes phares autour desquels nous nous retrouvons cette année pour cet événement.

Jévoquai à linstant ce que notre patrimoine apporte au vivre ensemble, à la communauté nationale et aussi européenne, qui sest tissée tout au long de notre histoire, des origines les plus anciennes de notre vie collective jusquà la mémoire la plus récente.

Car notre patrimoine nest pas seulement de pierres, aussi belles et aussi vénérables soient-elles. Il est aussi fait dun socle de valeurs.

Cest pourquoi, jai tenu à ce que soit présenté pendant ces deux jours, ici même, dans le grand salon du Palais Royal, loriginal dun document qui est un monument de lhistoire de la France : lEdit de Nantes. Signé en 1598 par le roi Henri IV, cet édit a mis fin à une longue guerre de religion entre catholiques et protestants français. Premier acte de tolérance dans une Europe divisée par la fracture de la Réforme, ce texte législatif est un élément fondateur de lEtat moderne. Aujourdhui, plus encore, son exposition porte un message universel de lidéal de tolérance religieuse et civile qui demeure plus que jamais actuel dans le monde daujourdhui.

Quant aux pierres, les édifices prestigieux qui font notre histoire et notre fierté, nous leur devons pour le présent et pour lavenir beaucoup dégards. Et nous savons quen la matière les besoins sont très importants. Cest pourquoi je donnerai quelques coups de projecteur sur des monuments emblématiques.

En effet, mon propre parcours, au cours de ces journées se doit dêtre exemplaire, je vous annonce que jirai ainsi samedi 18 septembre, sur le chantier des restaurations du donjon de Vincennes. Dans ce monument éminent de la constitution de notre nation, je suivrai en compagnie de Jean-Philippe Lecat, la démonstration d’une technique novatrice de traitement de la maladie de la pierre (par silicatisation).

Le lendemain, dimanche 19 septembre, je me ferai présenter les efforts de mise en valeur de lancien domaine royal au château de Fontainebleau, autre haut lieu phare de lHistoire de France, où beaucoup defforts sont faits, mais où il reste beaucoup à faire pour conserver, et aussi transmettre le goût de notre magnifique patrimoine, en particulier aux plus jeunes, car cest naturellement dès le plus jeune âge que cette passion senracine. Cest pourquoi j’évaluerai les conditions d’une extension de l’accueil au bénéfice des publics scolaires susceptible sur un site de cette importance d’appréhender un panorama complet de l’histoire de France et de l’histoire de l’art, décors, peintures, architecture et jardins.

Dune manière générale, je tiens beaucoup à cet accueil des écoliers, collégiens et lycéens. Je me réjouis que cette année, les journées souvrent dès le vendredi 17 septembre pour les classes.

Le patrimoine est un trésor à découvrir et à redécouvrir.

Cest aussi un objet de sciences qui mobilise un savoir scientifique et une palette dhabilités extraordinaires nous permettant à la fois de le mieux connaître et de le mieux conserver. Cest dans cet esprit que le samedi 18 septembre, après avoir ouvert les portes du Palais Royal, je recevrai au laboratoire de recherches de monuments historiques de Champs sur Marne les principaux responsables scientifiques : conservateurs du patrimoine et architectes, chargés de la conduite des opérations techniques complexes et novatrices qui sont au cœur de la mission de conservation de nos monuments et des objets qu’ils renferment, ainsi que les mécènes qui accompagnent cet effort.

Jai convié François dAubert à cette visite. Mais aussi, au-delà des responsables scientifiques et techniques, lensemble des responsables du  » Cercle des partenaires du patrimoine  » avec les mécènes qui accompagnent le travail, cette passion, cette mission.

Le patrimoine est en effet porté par les efforts de tous.

Le patrimoine national est naturellement dabord de la responsabilité de lEtat, et de ses propriétaires, publics et privés. Mais au-delà le patrimoine que nous aimons appartient, en quelque sorte, à tous. Il y a une politique nationale densemble qui doit faire converger les efforts de tous. Le patrimoine fait la fierté dun territoire quelle quil soit, commune, département, région, Etat, Europe, humanité. A chacun de ces niveaux, il est porteur dune identité collective.

Parce que je suis un européen convaincu, je veux placer ces journées sous le signe de lEurope.

47 pays européens nous suivent cette année. Ils témoignent de ce que lintérêt pour le patrimoine ne cesse de se développer dans lensemble de lEurope.

Je suis un fervent partisan, un avocat déterminé de lEurope de la culture, parce que je suis convaincu que la citoyenneté européenne que jappelle de mes vœux, pour prolonger la force de la citoyenneté nationale, trouvera sa source dans la richesse de nos cultures. Et la France a évidemment sur ce terrain dimmenses atouts.

Cest pourquoi jai proposé à mes collègues européens un pacte pour lEurope de la culture qui prend en compte cette passion du patrimoine, de façon très concrète, par la création dun label du patrimoine européen, qui sintègre dans le cadre de la mise en œuvre du mémorandum de la France sur la coopération culturelle européenne. Je lavais annoncé au mois de mai au conseil des ministres européens de la culture, à Bruxelles. Je vais consulter sur ce projet mes homologues européens, lUnion européenne et le Conseil de lEurope.

Ce label permettra de rappeler notre identité européenne commune. Je souhaiterais quil contribue aussi à construire de véritables parcours du patrimoine au sein de lEurope, par delà les frontières nationales, conformément à lhistoire européenne, qui sest écrite ainsi, avec ses souverains, ses savants, ses artistes, ses marchands, depuis la plus haute Antiquité jusquà aujourdhui, en passant par le Moyen-Age, la Renaissance et le Siècle des Lumières.

Parce que le patrimoine est identité, et aussi parce que je suis un élu local, je veux aussi placer ces journées sous le signe de la décentralisation. Les collectivités locales, aux côtés des propriétaires, ont un rôle éminent à jouer, en particulier sagissant du patrimoine de proximité.

Cest pourquoi le dimanche 19 septembre je leur rendrai hommage, en recevant les élus du département de Seine-et-Marne.

A Vaux-le-Vicomte je prendrai la mesure de la part si importante des propriétaires privés à la conservation et à la vie de nos monuments.

Sagissant de ce château exceptionnel, une importante campagne de restauration (toitures) a été engagée avec laccord de lEtat.

Puis je me rendrai à Moret-sur-Loing, célébrer l’achèvement de la restauration ambitieuse de l’exceptionnel buffet Renaissance de l’orgue.

L’abbaye de Château Landon montre un autre exemple des fruits des efforts de l’Etat et des collectivités, en loccurrence le département de Seine-et-Marne, engagés dans la restauration d’un ensemble patrimonial exceptionnel et dans sa reconversion remarquable au service de la cohésion sociale et du lien entre les générations.

Ainsi, mon propre programme pour ces journées mettra en lumière ces aspects très actuels de notre patrimoine auquel je tiens. Dans un instant François dAubert présentera son propre programme à la lumière du coup de projecteur que nous avons voulu donner cette année à la culture scientifique et technique.

Avant de lui donner la parole et de répondre à vos questions, je veux vous présenter les principaux axes de ma politique en faveur du patrimoine, qui doit répondre, avec les moyens du ministère de la culture et de la communication, à la hauteur des enjeux que jai soulignés en préambule et de la passion des Français et des visiteurs du monde entier.

Car, la richesse de notre patrimoine exerce un attrait considérable. Si la France est la première destination touristique mondiale, si elle accueille 75 millions de touristes chaque année, ce qui représente une immense richesse, au-delà de la contribution, de l’ordre de 7 % à notre produit intérieur brut, c’est-à-dire à la croissance et à l’emploi, c’est en grande partie grâce à la force d’attraction de notre patrimoine et à sa capacité à répondre à la soif de découvertes, de connaissances, de curiosité, de tous ces citoyens du monde, citoyens de la culture.

Notre politique culturelle du patrimoine doit naturellement sadapter à cet enjeu.

En effet, depuis Prosper Mérimée, les politiques, les administrations et les scientifiques ont dégagé peu à peu, les catégories dun patrimoine défini par référence à lhistoire, essentiellement celle de la Nation française, et à lhistoire de lart.

Je souhaite aujourdhui que ladministration du patrimoine se rapproche des Français. A la faveur de la décentralisation elle doit devenir une politique territoriale de développement culturel local.

Laspiration des Français à plus de proximité avec leur patrimoine ma conduit à proposer que des dispositions relatives à la décentralisation soient inscrites dans le titre éducation, culture et sports de la loi relative aux libertés et responsabilités locales, adoptée le 13 août dernier. Cest lun des deux domaines que jai retenus, avec léducation artistique.

Ces dispositions sont au nombre de quatre :

    1. les régions se verront confier la compétence de la conduite de lInventaire général des monuments et des richesses artistiques, en coordination avec les autres collectivités territoriales, lEtat conservant la charge de définir les normes nationales, dassurer le contrôle scientifique et technique des opérations conduites et de garantir la mise à disposition du public des résultats.

    2. Les collectivités locales qui en feront la demande pourront devenir propriétaires de monuments historiques, appartenant actuellement à lEtat, et développer autour deux une politique patrimoniale :
Je vais très prochainement, sur la base des propositions que la commission présidée par René Rémond a présentées à Jean-Jacques Aillagon, établir la liste des monuments qui pourraient êtres transférés à titre gratuit aux collectivités territoriales.

    3. De nombreuses œuvres dart vont être déposées dans les musées de France relevant des collectivités territoriales.

    4. Les régions se verront proposer, ou si elles ne se portent pas candidates dans un délai de six mois, les départements, de procéder pour une durée de quatre ans, à une expérimentation de gestion des crédits dentretien et de restauration des monuments historiques qui appartiennent à l’Etat.

Vous le voyez, le droit du patrimoine et son cadre administratif et financier sont en profonde évolution. Cette évolution est aussi, cette année, institutionnelle.
Les Journées du patrimoine 2004 ont pour thème principal : Patrimoine, sciences et techniques.

A lheure où les sciences sont au cœur de nombreux débats publics, notre patrimoine offre une nouvelle porte dentrée aux sciences.

François d’Aubert vous expliquera dans un instant comment.

Je tiens simplement à rappeler que, depuis plus de vingt ans, la direction de lArchitecture et du Patrimoine a mené des actions de connaissance et de protection du patrimoine scientifique et technique : repérage du patrimoine industriel, programmes consacrés à lastronomie, à laéronautique, aux phares, aux hôpitaux, aux instruments scientifiques des établissements denseignement …

Les sciences des matériaux, de la vie et de la terre sont venues pour leur part fertiliser les champs de recherches qui étaient traditionnellement ceux de notre ministère : lhistoire de lart, larchéologie … De nouvelles disciplines sont nées ou se constituent: larchéométrie, liconométrie.

Linteraction entre patrimoine, sciences et techniques sera déclinée de deux manières principales au cours des journées du patrimoine :

    – Elles sont l’occasion de mettre en valeur le patrimoine lié à une activité relevant de la recherche ou illustrant lemploi des différentes techniques qui ont jalonné le développement des sciences ou de lindustrie.

    – Elles mettent aussi au grand jour les méthodes employées au sein des services et des laboratoires du ministère de la Culture et de la Communication, et de ses partenaires, pour fonder leur connaissance du patrimoine, qu’il s’agisse de monuments historiques, de sites archéologiques, d’objets mobiliers ou de patrimoine immatériel et assurer sa transmission aux générations à venir. Technologies et techniques traditionnelles ou résolument innovantes sy côtoient.

Cette année encore de nombreux partenaires ont rassemblé leurs forces pour nous proposer des visites et des animations très variées, et souvent exceptionnelles.

Jattire particulièrement votre attention sur les demeures privées, dont les propriétaires, représentés notamment par leurs deux grandes associations la Demeure historique et les Vieilles maisons française, sont des acteurs importants de la scène patrimoniale et nos partenaires très actifs .

Comme chaque année un très grand nombre dédifices abritant de grandes institutions de lEtat souvriront au public : palais de lElysée, hôtel Matignon, Cour des Comptes, Assemblée nationale, Sénat, ainsi que de nombreux ministères et ambassades pour lesquels je remercie mes collègues et les représentants des pays amis.

A la lecture du programme, contenu dans les dossiers de presse ou sur le site internet www.journeesdupatrimoine.culture.fr, vous constaterez que de nombreuses évènements permettront de se familiariser avec larchitecture du XX° siècle, par exemple la création dun spectacle dans la chapelle Notre Dame de Ronchamp, œuvre majeure de Le Corbusier, ou la visite de léglise Saint-Rémy de Baccarat, avec ses 4 000 dalles de cristal. Lieux exemplaires de ce qui, partout, le patrimoine fait bon ménage avec la création.

Le label architecture du XX° siècle, appelle un regard attentif du public comme des professionnels ou des élus, sans faire peser des contraintes juridiques. Les constructions dont lintérêt architectural et urbain justifie la transmission aux générations futures sont ainsi identifiées et signalées, ce sont des témoins précieux de lévolution contemporaine de notre société.

A loccasion de ces Journées du patrimoine les commissions régionales du patrimoine et des sites ont proposé de labelliser plus dune centaine de bâtiments supplémentaires.

Avant de donner la parole à François dAubert, je tiens à remercier tout particulièrement les représentants des entreprises partenaires des Journées du patrimoine, présents dans cette salle, outre nos partenaire médias, bien sûr, France Inter et France télévisions, je pense au groupe Carrefour, au Crédit agricole et la Fondation du crédit agricole Pays de France, à la Confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment, trois entreprises ou groupements, dont lappui, tant en mettant des crédits à disposition du ministère de la Culture et de la Communication quen organisant eux mêmes des animations, est exemplaire par sa continuité et sa fidélité.

Et je vous remercie tous de votre présence aujourdhui, et surtout, de votre participation au grand rendez-vous culturel de lautomne que sont les Journées Européennes du Patrimoine.

Je vous donne rendez-vous pour ma part, ici-même, le samedi 18 septembre.

Cérémonie d'ouverture du congrès de l'association des archéologues à Lyon – Discours de Renaud Donnedieu de Vabres prononcé par Michel Clément, directeur de la Dapa (Direction de l'architecture et du patrimoine)

8 septembre 2004

Monsieur le Président du Conseil général,

Monsieur le Président de l'association européenne des Archéologues,

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Je me réjouis du choix pour vos travaux de la ville de Lyon, dont l'admirable situation, aux
confluents du Rhône et de la Saône, à mi distance du nord et du midi, explique le destin
millénaire de l'ancienne capitale des trois Gaules.

Aujourd'hui, cette capitale régionale, au coeur de l'Europe, garde un rôle éminent, digne de
son histoire. Une histoire gravée dans l'urbanisme d'une ville, d'un département et d'une
région pionniers dans le domaine de l'archéologie classique, mais aussi dans le domaine de
l'archéologie préventive.

Ici, un Service régional de l'Etat particulièrement actif, un Service municipal déjà ancien et,
bien sûr, des musées départementaux prestigieux font référence. Je pense aux magnifiques
Musées de la Civilisation gallo-romaine à Fourvière et de Saint-Romain-en-Gal, sur les bords
du Rhône.

En présentant ce matin, au ministère de la culture et de la communication, les journées
européennes du patrimoine des 18 et 19 septembre, je me félicitais de l'attachement et
même de la véritable passion vouée par les Français et par les Européens à leur patrimoine.

Dans l'ensemble de nos pays, nos concitoyens sont fiers de leur patrimoine, où ils trouvent
ou retrouvent leur identité ou leurs racines.

L'archéologie était autrefois décrite comme une " science auxiliaire " de l'Histoire. A la
lumière de ce phénomène de société, elle est évidemment bien plus que cela. Elle participe
de cette quête des racines, de cette recherche d'identités souvent multiples, qui, à travers
des monuments prestigieux mais aussi des traces matérielles de la vie quotidienne,
accompagne notre présent et nous projette vers l'avenir.

C'est vous dire ma conviction que l'archéologie constitue un élément fondateur de la politique
du patrimoine et mérite à ce titre, une préoccupation et une attention particulières.

Livrant les fragments des civilisations et des époques qui nous ont précédé, elle exige de
nous des précautions particulières de méthodes et de moyens dont vous, les membres de la
communauté scientifique, êtes les garants.

L'expression populaire parle de " trésors cachés " . Elle révèle ainsi le mystère et la valeur
des origines et des avatars des activités humaines que l'archéologie conserve et transmet.

Or la politique de développement et d'aménagement y voit souvent une simple contrainte,
imprévisible et incontrôlable. Vous savez que mon engagement en faveur de l'archéologie,
en particulier l'archéologie préventive, a été total et que j'ai cherché à assurer un système
pérenne qui préserve les intérêts de tous, archéologues comme aménageurs.

Telle est donc avec ses paradoxes, la discipline qui nous réunit.
Jusqu'au milieu du XXe siècle, elle était essentiellement monumentale, tournée vers l'histoire
de l'art et la protection du patrimoine. De son côté, s'affirmant peu à peu dans ses
connaissances comme ses méthodes, l'archéologie préhistorique est restée en lien étroit
avec les conceptions de l'évolution générale de la Terre et des hommes.

Ce n'est qu'en 1941 que le législateur est intervenu pour donner à l'archéologie un cadre
législatif propre, et c'est hier, dans la deuxième moitié du XXe siècle, qu'en France comme
ailleurs en Europe, les populations et les pouvoirs publics ont véritablement pris conscience
de l'importance du patrimoine enfoui. On a assisté alors à une forte augmentation du nombre
des interventions archéologiques : de 720 en 1964 à 3600 en 1996 ! Parallèlement, les
professionnels en archéologie sont passés de quelques dizaines en 1970 à plus de 3000
aujourd'hui.

A la fin des années 1990, le système a atteint ses limites.

Chacun s'est accordé à reconnaître qu'il fallait clarifier la situation. Il fallait donc une loi qui
prenne en compte le contexte européen, la Convention de Malte. Il fallait aussi moderniser
les méthodes, professionnaliser les pratiques, stabiliser le financement des études et des
interventions. Mais aussi, prendre en considération les besoins souvent contradictoires des
aménageurs : respect des délais et de budgets compatibles avec les projets
d'investissement.

C'est ainsi que s'est ouvert en France depuis quelques années, un chantier de réformes.

La loi du 17 janvier 2001 a affirmé la responsabilité particulière de l'Etat et la reconnaissance
de l'unicité de la recherche en archéologie.

Elle a créé un organisme public spécifique, de recherche et opérationnel : l'Institut national
de recherches archéologiques préventives (INRAP). Elle a mis en place un système de
financement proportionnel aux dégâts potentiels, et donc à l'intervention archéologique
nécessaires aux opérations projetées.

Mais, très rapidement, des difficultés de mise en oeuvre liées à l' inadaptation du mode de
calcul de la redevance et au déséquilibre entre les financements ruraux et urbains, d'autant
que la participation des collectivités territoriales ayant des services d'archéologie n'avait pas
été prise en compte ont conduit le gouvernement à présenter une loi rectificative.

Votée le 1er août 2003, elle a confirmé la responsabilité de l'Etat et le rôle de l'INRAP
comme principal opérateur.

La principale modification a porté sur le financement : au lieu d'être lié uniquement aux
aménagements sur lesquels les services de l'Etat établissent des prescriptions d'opération
archéologique, celui-ci est calculé dorénavant sur l'ensemble des projets d'aménagements,
qu'ils comportent des vestiges ou non.

Cet acquis est essentiel, puisqu'il permet de mutualiser des ressources dévolues à la
recherche archéologique.

Cette loi permet également de développer le rôle des collectivités territoriales comme
opérateurs d'archéologie préventive.

Mais cette nouvelle intervention législative n'avait pas vocation à régler tous les problèmes.

Des difficultés d'évaluation dans le calcul des redevances ont provoqué une nouvelle
modification : la loi du 9 août 2004 a fait évoluer l'assiette de cette redevance. Au lieu de
considérer comme base de calcul du financement la totalité de la surface du terrain sur
lequel est réalisé l'aménagement, on prend désormais en compte, pour les travaux soumis
au Code de l'urbanisme, les surfaces de plancher effectivement construites. Ainsi, la
contrainte fiscale est plus proche du volume d'investissement projeté.

Nous sommes en pleine période de mise en place de ces modifications qui ont pour objet de
suivre au plus près les évolutions des pratiques de terrain, celles des archéologues ou celles
des aménageurs et des acteurs sociaux.

C'est dans cette perspective que je souhaite que vos débats, en confrontant les politiques
archéologiques de vos différents pays, nous indiquent des voies à étudier.

Notre objectif essentiel est de garantir les capacités d'une politique forte de la France en
matière de recherche et de conservation, et d'une réelle information culturelle vers le plus
large public.

Je suis persuadé de la valeur des principes inscrits dans notre législation :

– financement public et mutualisé de la contrainte patrimoniale ;

– garantie de ressources affectées ;

– responsabilité de l'Etat dans l'expertise des programmes comme dans la recherche
scientifique et la méthodologie ;

– collaboration enfin avec tous les acteurs publics et privés : collectivités locales du vaste
mouvement de décentralisation culturelle, professionnels, chercheurs, mais aussi acteurs de
l'aménagement du territoire et de la politique du logement.

Ces principes doivent être appréciés au regard des forces et des faiblesses de l'archéologie
préventive en France.

La dimension importante des opérations d'aménagement du territoire constitue
indéniablement un atout : TGV, Autoroutes, aéroports, ZAC, tous ces chantiers ont obligé à
un renouvellement des méthodes et des connaissances, pour toutes les périodes, et
spécialement la protohistoire et l'époque médiévale. Les données environnementales pour
l'étude et l'interprétation des sites et les modalités d'occupation du sol sont de mieux en
mieux prises en compte.

La professionnalisation de l'archéologie a permis une meilleure coopération entre les
opérateurs de terrain et les chercheurs, souvent regroupés au sein d'unités mixtes de
recherche.

La tendance est aujourd'hui, et je m'en félicite, à renforcer cette coopération.

Quelles que soient les forces de notre archéologie, il ne faut pas s'en dissimuler les
faiblesses, ni les combats qui restent à mener.

Tout d'abord, la difficulté à archiver la production importante de données et à moderniser la
collaboration entre les acteurs de l'archéologie : services de l'Etat, collectivités territoriales,
experts.

Ensuite, la production éditoriale : Quels types de sites publier ? Selon quelles modalités
établir les monographies des grands sites ? Quelles synthèses sur les régions ou les thèmes
transversaux, sur les périodes ? Sous quelles formes publier (papier et électronique) et
comment transmettre au mieux, vite, loin et longtemps, les données comme les méthodes ?

Enfin, comment choisir les sites nécessitant une mise en valeur, quelles techniques de
conservation et quels principes de restitution y appliquer ? Quels liens à établir avec leur
contexte social et culturel ? Sur toutes ces questions il nous faut mobiliser les savoir- faire au
niveau européen, ce dont vous allez débattre ici.

C'est dire combien j'attends de vos travaux qu'ils nous permettent de répondre à toutes ces
questions, d'éclairer les difficultés de votre profession, face aux défis qui se posent à elle et à
l'administration. Une profession encore trop méconnue, mais une profession qui fait naître
tant de vocations !

Vous pouvez compter sur moi. Car notre objectif commun est le progrès de la connaissance.

Un objectif qui suppose de donner la priorité aux critères scientifiques et aux objectifs de
diffusion des résultats de la recherche, selon les règles qui sont celles de votre communauté.

Je tenais à vous le dire, au moment où vous débutez vos travaux.

Je vous remercie.

Renaud Donnedieu de Vabres lance les Journées du Patrimoine

8 septembre 2004

Les 21èmes « Journées du Patrimoine » des 18 et 19 septembre ont été lancées mercredi par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture, qui a aussi présenté de nouvelles mesures en faveur du Patrimoine… Les 21èmes « Journées du Patrimoine » des 18 et 19 septembre ont été lancées mercredi par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture, qui a aussi présenté de nouvelles mesures en faveur du Patrimoine.

Retardé en raison dune réunion à lHôtel Matignon sur la situation des otages français en Irak, le ministre a laissé le soin à son directeur du Patrimoine, Michel Clément et à François dAubert, ministre délégué à la Recherche, de commencer le début de sa présentation.

Rappelant que « les sciences et techniques » sont le thème choisi pour cette 21ème édition, M. dAubert a souligné « combien la science et les technologies les plus récentes sont utiles à la sauvegarde et à la préservation du patrimoine ».

De son côté, Michel Clément, citant le ministre de la Culture, a évoqué « la passion » des Français pour le Patrimoine. « Plus de 11,5 millions de visiteurs participent aux Journées du Patrimoine. 17.000 ouvertures et animations leur sont proposées ».

En tant qu »Européen convaincu, le ministre souhaite placer ces Journées sous le signe de lEurope et a proposé à ses collègues européens la « création dun laboratoire du patrimoine européen ».

Parmi les mesures de décentralisation annoncées figurent la dévolution aux collectivités territoriales de lInventaire général des monuments, de monuments historiques appartenant à lEtat, dun nombre important doeuvres dart, et de la gestion des crédits dentretien et de restauration des monuments.

M. Donnedieu de Vabres, rejoignant cette présentation, a également rappelé que « notre patrimoine est aussi fait dun socle de valeurs » et a annoncé quil exposerait dans les salons du ministère, les 18 et 19 septembre, loriginal de lEdit de Nantes, signé en 1598 par le roi Henri IV et qui scella la réconciliation entre catholiques et protestants français.

Remise des insignes de commandeur dans l'Ordre national de la Légion d'honneur à Jack Valenti

6 septembre 2004

Cher Jack Valenti,

Mesdames, Messieurs,

It's a great pleasure and a great honour for me to welcome you here, rue de Valois, and to
celebrate, with our friends, a great career and a great man, in the name of the French
Republic and all our fellow citizens.

And first of all, "Happy birthday Mr Chairman ! ". Oui, bon anniversaire, c'était hier : vous me
pardonnerez de vous rajeunir d'une journée mais, comme le dit je crois Kevin Spacey dans
American Beauty, " aujourd'hui, c'est le premier jour du reste de votre vie " !

Et quelle vie ! Une vie toute entière vouée au service de votre pays, à son rayonnement dans
le monde, pour défendre un idéal de liberté, et pour accompagner l'extraordinaire expansion
de l'industrie du cinéma.

Car au fond, ce qui me paraît le " fil rouge" de votre action, c'est la valeur essentielle sur
laquelle ont été fondés les Etats-Unis d'Amérique, avec – faut-il le rappeler ? – le concours de
la France, cette valeur inscrite au premier amendement de votre Constitution : la liberté.

Et cette année, cette valeur fondatrice des Etats-Unis d'Amérique et de la République
française, prend une importance et une résonance toutes particulières. Car nous célébrons
le soixantenaire de la Libération de la France. Le 6 juin dernier nous avons commémoré
avec une très forte émotion le débarquement sur les plages de Normandie. Le 15 août
dernier, le débarquement sur les plages de Provence. Le 1er septembre, il y a 5 jours, c'était
la Libération de Tours, ma ville : au fil de chacune de ces étapes, nous nous souvenons que
tant d'hommes, des Français et des Américains, ont donné leur vie pour cette liberté et nous
n'oublierons jamais que l'amitié franco-américaine est tissée de ces sacrifices.

Vous en savez quelque chose, cher Jack Valenti, puisque vous avez vécu cette période de
la guerre aux commandes d'un bombardier d'attaque B25 dans l'armée de l'air américaine,
en Italie, où vous avez effectué 51 missions de combat. Oui, Vous savez le prix de cette
liberté, pour laquelle tant de nos camarades sont tombés, et pour laquelle vous avez pris tant
de risques.

Après de brillantes études dans votre ville natale de Houston, puis à l'université de Harvard,
vous créez l'agence de conseil en communication politique qui porte votre nom et celui de
votre associé et c'est en 1955 que vous rencontrez l'homme qui aura probablement la plus
grande influence sur le cours de votre vie professionnelle : le leader de la majorité
sénatoriale Lyndon Johnson.

Parce que vous êtes Texan, parce que vous êtes – déjà ! – l'un des conseillers en
communication les plus reconnus et les plus habiles du monde de Washington, et que vous
vous occupez de la communication du Vice-Président, vous êtes tout naturellement en
charge de la Presse, un certain 22 novembre 1963, pour couvrir la visite à Dallas du
Président Kennedy et du Vice-Président Johnson. Vous êtes dans le cortège à six voitures
derrière le Président assassiné. Une heure après, vous êtes à bord d'Air Force One, de
retour à Washington, avec le nouveau Président Johnson, auprès de qui vous restez à la
Maison Blanche jusqu'en 1966.

De ce drame, vous avez dû retenir beaucoup de leçons. Mais vous en retenez aussi que
dans votre pays le titre le plus important n'est pas celui de Président, mais celui de citoyen
des Etats-Unis.

Puis, le cours de votre vie change à nouveau et vous devenez le troisième Président de la
Motion Picture Association of America (MPAA), fondée en 1922.

Et vous êtes tellement irremplaçable que vous venez seulement – au prix de quelles
migraines pour les meilleurs chasseurs de têtes ! – il y a quelques jours, de passer le
flambeau à la tête de cette organisation à Dan Glickman, ancien ministre de l'Agriculture.

Le premier ministre français de la culture que vous connaissez s'appelle André Malraux. Il
est le créateur de ce ministère. Il a inventé le système d'aide sélective qui permet encore
aujourd'hui à vos compatriotes de savourer, par exemple, le fabuleux destin d'Amélie
Poulain. Il a rattaché le cinéma, non plus au ministère de l'industrie, mais à ce tout jeune
ministère. Car le cinéma est – d'abord – un art avant d'être une industrie.

C'est dire l'honneur qui m'échoit, moi qui suis votre 19ème interlocuteur à la tête de ce
ministère, où nous avons notamment en charge la défense des intérêts du cinéma français,
à être le premier à vous remettre une distinction dans l'ordre le plus prestigieux de notre
République.

Je tiens à dire ici que j'ai pu personnellement apprécier la force de votre engagement, de
votre – comment dit-on en français ? – leadership, mais aussi de votre attention et de votre
sens du dialogue, lors de notre rencontre à Cannes en mai dernier, avec les producteurs
que vous avez mobilisés " Le magnétoscope est au producteur de films et au public ce que
l'étrangleur de Boston est à la femme seule à la maison" dans le combat que vous menez depuis des années contre cette nouvelle menace contre la
liberté de création : la piraterie, qui porte atteinte à l'un des droits les plus précieux de
l'homme, le droit de propriété intellectuelle. Un droit que Beaumarchais considérait comme le
premier des droits.

C'est en vous efforçant d'obtenir la protection de ce droit, que vous estimiez menacé dans
votre pays par l'usage sans considération du copyright des magnétoscopes et des cassettes
vidéo vierges, que vous avez déclaré devant la Chambre des représentants américains : " Le
magnétoscope est au producteur de films et au public ce que l'étrangleur de Boston est à la
femme seule à la maison".

Ces mots vous ont été reprochés jusqu'à la caricature, mais, au-delà de votre sens
légendaire de la formule et de la rhétorique – qui font peut-être de vous le meilleur scénariste
du cinéma américain ! – ils prennent tout leur sens dans le contexte de l'époque (1982) et
plus encore aujourd'hui au regard des risques liés aux nouvelles technologies numériques.

La France, vous le savez, est mobilisée dans ce combat, pour le respect du droit des
créateurs, pour la diversité culturelle. Un combat qui doit unir tous ceux qui, de part et d'autre
de l'Atlantique et sur tous les continents, ont à coeur de défendre l'expression des identités et
de la créativité dans l'égale dignité de toutes les cultures.

Dans ce domaine comme dans d'autres, vous avez été visionnaire en décelant très tôt les
dangers de la piraterie. Nous sommes ensemble dans ce combat, que je mène pour ma part
au niveau français et européen.

Cher Jack Valenti, vous avez déclaré à la revue de sciences politiques de Harvard (Harvard
political review, janvier 2003) que l'une des leçons que vous aviez apprises de votre maître
en politique, le Président Johnson, c'est qu'en politique, on ne remporte jamais de victoires,
mais seulement des négociations. Et vous êtes assurément un négociateur hors de pair.

Mais, votre combat permanent, notre combat commun, pour la liberté de l'esprit, portera ses
fruits, j'en suis convaincu, pour sceller la victoire du cinéma, du cinéma que nous aimons
tous, Français et Américains, Européens et citoyens du monde, du cinéma qui joue un si
grand rôle dans nos vies, parce que, au-delà des rêves qu'il nous permet de partager, et des
visions du monde qu'il nous permet de confronter, il est écrit avec le coeur.

Cher Jack Valenti, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous
sont conférés, nous vous faisons Commandeur dans l’Ordre national de la Légion d’honneur.

Donnedieu de Vabres: la candidature de Sarkozy est "une très bonne chose"

6 septembre 2004

« Nicolas Sarkozy est candidat à la présidence de lUMP. Cest une très bonne chose. Je le soutiens. Lensemble des forces politiques rassemblées au sein de cette nouvelle et grande famille politique quest lUMP, tout le monde le soutient », a déclaré M. Donnedieu de Vabres au lendemain des universités dété de lUMP à Avoriaz… Le ministre de la Communication et de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a estimé lundi sur France 2 que la candidature de Nicolas Sarkozy pour la présidence de lUMP était « une très bonne chose ».

« Nicolas Sarkozy est candidat à la présidence de lUMP. Cest une très bonne chose. Je le soutiens. Lensemble des forces politiques rassemblées au sein de cette nouvelle et grande famille politique quest lUMP, tout le monde le soutient », a déclaré M. Donnedieu de Vabres au lendemain des universités dété de lUMP à Avoriaz.
 
Souhaitant « une bonne répartition des rôles entre le parti et le gouvernement », le ministre considère que, « ce qui compte, cest lunité daction, cest le fait quen cette rentrée, on soit tous en ordre de marche pour traiter les problèmes des Français ».

« Le rôle dun parti politique, cest dêtre évidemment un aiguillon (…) dexpliquer, de travailler en synergie. Personne ne réussira seul, personne, ni le gouvernement, ni le président de lUMP, ni quiconque dentre nous », a déclaré M. Donnedieu de Vabres, ajoutant qu »un parti a le droit de sexprimer ».

M. Donnedieu de Vabres "tiendra ses engagements" sur les intermittents

6 septembre 2004

« Jai pris des engagements. Je les tiendrai » afin de « bâtir un système définitif pour faire en sorte quartistes et techniciens du cinéma, de laudiovisuel et du spectacle vivant puissent faire rayonner leurs talents dans de bonnes conditions, avec des conditions de vie acceptables », a déclaré M. Donnedieu de Vabres… Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, a affirmé lundi sur France 2 quil tiendrait ses engagements concernant lindemnisation des intermittents du spectacle.

« Jai pris des engagements. Je les tiendrai » afin de « bâtir un système définitif pour faire en sorte quartistes et techniciens du cinéma, de laudiovisuel et du spectacle vivant puissent faire rayonner leurs talents dans de bonnes conditions, avec des conditions de vie acceptables », a déclaré M. Donnedieu de Vabres.

Le ministre a assuré quil allait tenir « le calendrier annoncé ». « Je veux entendre chacun. Dès demain (mardi, ndlr), je reçois à nouveau toutes les organisations professionnelles et syndicales », a-t-il indiqué.

Une porte-parole du ministère de la Culture et de la Communication a expliqué que le programme de mardi prévoyait une simple « reprise de contact avec les uns et les autres, au fil de la journée ».

« Le conseil national des professions du spectacle sera réuni fin septembre ou début octobre », a également indiqué M. Donnedieu de Vabres sur France 2. Le débat national annoncé « sur les métiers artistiques et culturels du spectacle vivant aura lieu le 18 octobre », afin d »entendre les artistes et techniciens » et qu »on les écoute », a-t-il poursuivi.

Puis, « le 31 octobre, lexpert indépendant chargé de létude (sur lindemnisation des intermittents, ndlr) rendra son rapport. A lautomne, cest-à-dire avant la fin de lannée, il y a aura un débat à lAssemblée nationale et au Sénat dorientation sur cette question (…). Dans un premier temps, cest une prise de conscience et une expression parlementaire avec un débat dorientation », a souligné le ministre.

La « dernière étape » sera une réunion des partenaires sociaux « pour quon bâtisse le système définitif », a ajouté M. Donnedieu de Vabres, sans fixer de délai pour la tenue de cette réunion.

Donnedieu de Vabres: "il faut être d'une grande prudence" sur le sort des otages

6 septembre 2004

« La situation nest pas simple. Cest la raison pour laquelle nous sommes évidemment prudents et volontaires », a souligné le ministre, qui na pas souhaité faire de commentaire sur la fatwa (décret religieux) émise dimanche par un imam salafiste irakien appelant les ravisseurs des deux journalistes à les libérer immédiatement… Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, a déclaré lundi sur France 2 quil fallait observer une « grande prudence » concernant le sort des deux journalistes français retenus en otages en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

« Nous voulons toujours croire que leur libération sera la plus rapidement possible réalisée, mais il faut être dune grande prudence (…) Nous ne voulons rien faire qui puisse compromettre cette issue que nous attendons », a déclaré M. Donnedieu de Vabres.

« La situation nest pas simple. Cest la raison pour laquelle nous sommes évidemment prudents et volontaires », a souligné le ministre, qui na pas souhaité faire de commentaire sur la fatwa (décret religieux) émise dimanche par un imam salafiste irakien appelant les ravisseurs des deux journalistes à les libérer immédiatement.

« Le Premier ministre nous réunit très régulièrement. On fait un point très précis » sur la situation, a ajouté M. Donnedieu de Vabres, qui a « salué latmosphère dunité nationale qui existe ».