Archives de 2004

"La France archéologique" ou 20 ans d'aménagements et de découvertes

2 novembre 2004

le ministre de la Culture et de la Communication, a rappelé à ce sujet « la note doptimisme apportée récemment dans ce domaine avec la loi du 9 août 2004, améliorant le régime de la redevance darchéologie préventive »… LInstitut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) a présenté jeudi à Renaud Donnedieu de Vabres un important ouvrage, « La France archéologique », retraçant vingt ans daménagements et de découvertes.

Lors dun point de presse, le ministre de la Culture et de la Communication, a rappelé à ce sujet « la note doptimisme apportée récemment dans ce domaine avec la loi du 9 août 2004, améliorant le régime de la redevance darchéologie préventive ».

Le mode de financement de ces fouilles dites « durgence », venant en amont dun aménagement, et qui relève principalement du principe « casseur-payeur » avait soulevé de nombreux problèmes depuis le système mis en place en 2001 et qui sétait avéré mal calibré.

Depuis trois mois, la redevance est directement proportionnelle aux travaux réellement projetés et non plus à la superficie de lunité foncière, ce qui entraînait des coûts disproportionnés en cas de travaux de faible importance.

Avec plus de 2.000 diagnostics et 400 fouilles par an, larchéologie préventive représente lessentiel des opérations et des découvertes archéologiques. « Même si, a souligné M. Jean-Paul Demoule, Président de lINRAP, les archéologues ne sont pas des obsessionnels de laccumulation, qui veulent à tout prix tout garder ».

En publiant « La France Archéologique », lINRAP, établissement public créé le 1er février 2002, qui rassemble 1.400 CDI et dispose dun budget de 120 MEUR, a tenu a en montrer limportance auprès dun grand public manifestement très intéressé, comme lont encore montré les dernières Journées du Patrimoine.

« Aucun livre navait encore fait état de ces travaux », a noté M. Demoule, qui a cité « parmi les découvertes les plus passionnantes », celle de la tombe des huit cavaliers gaulois de Gergovie inhumés avec leurs montures, ou de la cathédrale gallo-romaine dArles.

Co-édité avec les éditions Hazan, cet ouvrage collectif, rédigé à partir des contributions de quelque 160 archéologues, se divise en neuf chapitres chronologiques, allant du paléolithique à lépoque contemporaine, sans oublier loutre-mer.

(« La France archéologique – 20 ans daménagements et de découvertes », éd. INRAP/Hazan, 250 pages, 400 illustrations, 45 EUR). 

60EME ANNIVERSAIRE DU SYNDICAT PROFESSIONNEL DE LA PRESSE MAGAZINE ET D'OPINION

2 novembre 2004

Je le redis avec force : la presse d’opinion n’a besoin d’aucune tutelle. Mais elle a besoin de l’aide et du soutien effectif de l’Etat que le Président de la République, dans le message qu’il vous a adressé, vous a garanti. Je suis venu ici vous assurer du soutien du ministère de la culture et de la communication, à l’heure où je sais la fragilité de votre situation économique… Messieurs les Présidents,
Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Je vous remercie de m’avoir invité à célébrer avec vous « 60 ans d’action et de conviction » pour exprimer notre attachement commun à la presse d’opinion, pour rappeler pourquoi la presse d’opinion est plus que jamais nécessaire aujourd’hui.

Et je me réjouis de la très haute qualité de vos débats.

Avant de poursuivre mon intervention, qui vient ponctuer vos travaux entre vos deux tables rondes, vous comprendrez, alors que nous échangeons sur le sens de la presse d’opinion dans l’un des lieux où bat chaque jour le cœur de la démocratie, que je vous demande d’avoir une pensée pour nos deux journalistes – Georges MALBRUNOT et Christian CHESNOT – qui sont encore, pour le soixante-neuvième jour, retenus en Irak, avec leur chauffeur Syrien Mohamed AL-JOUNDI, pris en otages pour avoir simplement fait leur métier, pour témoigner, sur le terrain, en Irak, des soubresauts de l’histoire en marche.

Je veux redire ici que le Gouvernement s’emploie résolument à mettre un terme à cette situation inacceptable. Situation qui nous rappelle combien le débat que nous avons cet après-midi n’est pas théorique, combien il est incarné, dans l’engagement quotidien des hommes et des femmes qui font profession d’informer leurs semblables, avec courage, en prenant des risques, pour mettre des mots sur les souffrances, sur les réalités et sur les espoirs de ceux qui sans eux seraient condamnés au silence.

Je tiens à rendre hommage à ces journalistes qui, menacés, empêchés de remplir leur mission, nous rappellent que la liberté de la presse a un prix. Et quel prix ! Nous la considérons trop souvent comme une évidence, parce qu’elle est ancrée dans notre République depuis la loi fondatrice du 29 juillet 1881. Trop de journalistes paient le prix le plus fort, celui de leur vie.

Depuis le début de l’année, 57 journalistes et collaborateurs de presse ont trouvé la mort.

Depuis le 29 juillet dernier, une plaque, inscrite dans le parvis des Droits de l’Homme du Trocadéro, scelle l’hommage que nous leur devons, ainsi qu’à tous ceux qui, avant eux, sont morts ou ont disparu dans l’exercice de leur mission, pour leur sacrifice, pour que vive cet article XI de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 : « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ».

Oui, la liberté de la presse, est encore, dans le monde d’aujourd’hui, une conquête de tous les jours, une résistance de tous les instants contre la tentation de l’oppression et du silence.

Ce silence de la nuit, rompu par les voix de vos fondateurs, pendant l’occupation, la Résistance, puis la Libération.

Oui, il y a soixante ans, la France, selon l’expression du général De Gaulle « tourne l’une des plus grandes pages de son histoire », et avec les ordonnances du 26 août 1944, la liberté et l’indépendance de la presse sont rétablies. Deux femmes et cinq hommes de conviction, de tous les bords religieux et politiques, représentant toutes les tendances de la presse périodique parisienne, posent l’acte fondateur de votre syndicat (il s’appelait à l’époque le Syndicat de la presse hebdomadaire parisienne).

Et je tiens à rendre hommage à la mémoire de vos illustres prédécesseurs, Emilien Amaury (1909-1977), qui présida le Syndicat de sa fondation jusqu’en 1977, puis Georges Montaron (1921-1997), qui prit sa suite de 1977 à 1994.

Ces deux hommes se sont engagés dans la Résistance où ils organisèrent la rédaction et la fabrication de nombreuses publications. Il se sont battus sans relâche en faveur de la liberté d’expression. Leur idéal vous anime toujours aujourd’hui. Votre débat en témoigne, qui rassemble un panel représentatif de la diversité, des talents, et de la qualité de la presse d’opinion, mais aussi de sa mémoire et de son histoire. Car son histoire est notre histoire.

Je suis heureux de saluer le successeur de ces illustres fondateurs, un ami, François d’Orcival, célèbre éditorialiste, attaché comme moi à ces valeurs. Nous pensons ensemble que la démocratie d’opinion ne saurait se passer d’une presse d’opinion. D’une presse libre, diverse et vivante. Une presse qui explique pour impliquer. Une presse qui, plutôt que de faire la chasse au scoop, prend le temps de mettre en perspective les évènements que la télévision ou la radio nous livrent dans l’urgence de l’immédiat. Une presse qui instaure un véritable dialogue avec ses lecteurs, des citoyens actifs, dans la cité, dans le débat public, comme dans leurs loisirs, dans leurs passions, dans la diversité de leurs centres d’intérêt. Elle parvient à les fidéliser, dans une relation étroite avec eux, qui, comme le disait votre prédécesseur Bernard Porte, Monsieur le Président, « participe à la création du lien social ». Vous avez en commun de vous adresser à leur capacité de réflexion, d’analyse, d’indignation aussi, mais toujours, à leur intelligence, à leur liberté.

Et c’est cela, sans doute, qui par dessus tout nous réunit, et caractérise sans doute votre syndicat, qui rassemble des titres très divers.

Théophraste Renaudot l’écrivait déjà plus de quatre siècles avant la fondation de votre Syndicat, en s’adressant aux lecteurs et aux protecteurs de la Gazette : « En une seule chose, ne cèderai-je à personne, en la recherche de la vérité ».

N’est-ce pas l’honneur de la presse d’opinion de dire à notre société ce qu’elle ne souhaite pas toujours entendre, de nous montrer parfois nos errements ou nos renoncements, de pointer nos contradictions ?

C’est dire si vous avez partie liée avec une citoyenneté à raviver dans notre République.

C’est aussi tout le sens du pluralisme, qui rime avec humanisme, si nécessaire pour lutter contre ce danger pour les sociétés démocratiques, de plus en plus « médiatisées », déjà entrevu par Tocqueville : « Une idée fausse, mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu’une idée vraie, mais complexe ». Quelle plus belle mission pour la presse d’opinion, que de dépasser les apparences des discours d’évidence, pour expliciter cette complexité du monde, sans céder à la tentation de la facilité !

Et ici même, au cœur de votre mission, l’enjeu démocratique rejoint l’enjeu économique. L’un et l’autre doivent être relevés ensemble.

Cela, vos fondateurs le savaient, qui devaient confronter leurs idéaux avec les réalités des pénuries de l’après-guerre, et d’abord de la pénurie de papier, mais aussi des rationnements de toutes sortes. Il leur fallut tout reconstruire : l’approvisionnement, la fabrication, l’imprimerie, la distribution chez les marchands de journaux, l’acheminement par la poste.

Car ces conditions économiques sont, elles aussi, au fondement de la liberté de la presse, qui n’existe pas sans elles. Et vous vous plaisez, Monsieur le Président, à rappeler ces propos de Georges Montaron, qui situait à leur niveau ces exigences économiques : « La Poste, c’était l’incarnation de l’égalité, garante de la liberté » .

Je le redis avec force : la presse d’opinion n’a besoin d’aucune tutelle. Mais elle a besoin de l’aide et du soutien effectif de l’Etat que le Président de la République, dans le message qu’il vous a adressé, vous a garanti. Je suis venu ici vous assurer du soutien du ministère de la culture et de la communication, à l’heure où je sais la fragilité de votre situation économique.

Recueillant souvent, presque par nature, moins de recettes publicitaires que les autres formes de presse (et parfois pas du tout, comme le Canard Enchaîné, membre du SPPMO), vous devez d’abord votre indépendance à vos lecteurs. Vous subissez donc plus durement les soubresauts de la conjoncture.

Si la liberté est fragile, le pluralisme aussi est fragile.

La presse dans son ensemble et plus particulièrement la presse d’opinion traverse une période difficile, marquée par l’érosion du lectorat, une conjoncture publicitaire qui tarde à se redresser, tandis que les charges ne cessent de croître.

C’est parce qu’il est conscient de cette fragilité, que l’État s’apprête à consentir, comme je l’ai annoncé lors de la présentation à la Presse de mon budget, un effort sans précédent pour la modernisation de la presse française.

Si l’aide à la fabrication concerne davantage la presse quotidienne, les aides à la diffusion de la presse vous concernent au premier chef.

Et d’abord, l’aide au transport postal de la Presse sur l’ensemble du territoire, pour préserver les conditions du pluralisme, pour garantir l’égal accès de tous vos lecteurs aux publications, pour d’améliorer la qualité du service, pour tenir compte aussi des exigences de rationalité économique qui s’imposent à tout opérateur.

Vous le savez, l’accord Presse-Poste auquel nous sommes parvenus est un bon accord qui a su préserver les intérêts essentiels de toutes les familles de presse.
Je tiens à saluer ici le remarquable travail accompli par Henri Paul, mon directeur de cabinet.

Au termes de ces longs mois de négociations, où chacun a pu faire valoir son point de vue et où les préoccupations de La Poste et de chaque famille de presse ont été attentivement prises en compte, les accords signés le 22 juillet dernier jettent les bases, pour les quatre années à venir, d’un nouveau mode de relations entre les éditeurs, La Poste et l’État.

Je sais l’importance de ces accords pour vous, qui comptez une part plus importante d’abonnés parmi vos lecteurs que la presse quotidienne nationale. Je veillerai à ce que, de son côté, la Poste les respecte, en particulier sur le plan de la qualité et de la ponctualité.

Je sais aussi vos préoccupations quant à l’évolution du réseau des distributeurs.

Le nombre des points de vente de presse a chuté de 16 % depuis 1995. Cette baisse de la diffusion de la presse ne saurait être une fatalité.

Cette situation traduit les difficultés bien connues de la profession. La rudesse des conditions de travail, l’augmentation du nombre et du volume des produits à traiter et la relative modicité des rémunérations, conjuguées au renchérissement des pas-de-porte et à l’augmentation des loyers en centre ville, contribuent à expliquer la fragilité économique du secteur et la contraction du réseau de vente. Il y a urgence à le consolider. Les professionnels ont élaboré un plan de consolidation, de modernisation et de développement du réseau de vente de la presse. Les grandes orientations de ce plan ont été présentées le 30 juin 2004 par le président du Conseil supérieur des messageries de presse.

Afin que l’Etat soutienne et accompagne cette évolution, j’ai décidé la création d’un fonds de modernisation du réseau des diffuseurs de presse à hauteur de 3,5 M€.
Parallèlement, les autres fonds dont la presse d’opinion bénéficie plus particulièrement voient leur dotation globalement maintenue. C’est le cas des aides au pluralisme. La dotation du Fonds faibles ressources publicitaires a été consolidée au niveau de 2004, qui avait marqué une progression de 30% des crédits, rendue nécessaire par l’éligibilité d’un nouveau titre. D’autres fonds feront l’objet d’une modernisation importante dès l’année prochaine, je pense notamment au Fonds d’aide à l’expansion de la presse française à l’étranger dont bénéficient beaucoup de vos titres.

Vous le voyez, l’État prend toute sa part dans les mutations que vous vivez actuellement.

Avec un budget total de près de 180 millions d’euros, soit une progression, à périmètre constant, de près de 80 % par rapport à l’année en cours, le projet de loi de finances pour 2005 que je défendrai dans les toutes prochaines semaines au Parlement consacre à la presse des moyens exceptionnels par leur ampleur. L’État ne pouvait manifester de manière plus concrète ni plus forte son attention à l’avenir de la presse française. C’est d’autant plus notable que j’ai obtenu ce budget, vous le savez, dans un contexte de forte tension sur les finances publiques.

J’ajoute que j’ai mobilisé 3,5M€ au titre du budget 2005, pour inciter les jeunes à lire la presse quotidienne d’information politique et générale. Je vais mettre en place très prochainement le comité de suivi que j’ai constitué pour examiner les propositions du rapport Spitz sur le lectorat des jeunes.

Ces propositions concernent en premier chef la presse quotidienne. Mais elle vous concerne aussi, tant la désaffection du jeune public à l’égard de la presse écrite est préoccupante quant à leur participation au débat d’idées. Elle constitue aussi une menace pour l’avenir de la diffusion de la presse dans son ensemble.
L’Etat a une immense responsabilité, comme garant de l’intérêt général.

Mais évidemment l’avenir de la presse d’opinion est d’abord entre les mains de la presse elle-même, pour répondre aux exigences de qualité de l’information, de rigueur, de satisfaction de lecteurs devenus plus exigeants en même temps que plus versatiles. C’est finalement le défi commun qu’ont à relever les politiques et les médias : convaincre jour après jour par l’action, par l’engagement, par la vérité des convictions et la réalité des faits, des citoyens qui ne s’en laissent plus compter.

Et puisque nous sommes dans la salle qui porte son nom, et que je vais céder la parole aux parlementaires pour débattre de l’enjeu économique, permettez-moi, pour conclure, de rappeler ces mots prononcés par Victor Hugo, dans l’hémicycle tout proche, un jour d’octobre 1848 : « La liberté de la presse est la garantie de la liberté des assemblées ». Après l’affaire Dreyfus, Clemenceau, le journaliste, lui répond : « Gloire au pays où l’on parle, honte au pays où l’on se tait ! ». Et j’ajouterai : heureux les pays qui ont une presse d’opinion libre et vivante !

"La France archéologique" ou 20 ans d'aménagements et de découvertes

28 octobre 2004

Lors dun point de presse, le ministre de la Culture et de la Communication, a rappelé à ce sujet « la note doptimisme apportée récemment dans ce domaine avec la loi du 9 août 2004, améliorant le régime de la redevance darchéologie préventive »…. LInstitut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) a présenté jeudi à Renaud Donnedieu de Vabres un important ouvrage, « La France archéologique », retraçant vingt ans daménagements et de découvertes.

Lors dun point de presse, le ministre de la Culture et de la Communication, a rappelé à ce sujet « la note doptimisme apportée récemment dans ce domaine avec la loi du 9 août 2004, améliorant le régime de la redevance darchéologie préventive ».

Le mode de financement de ces fouilles dites « durgence », venant en amont dun aménagement, et qui relève principalement du principe « casseur-payeur » avait soulevé de nombreux problèmes depuis le système mis en place en 2001 et qui sétait avéré mal calibré.

Depuis trois mois, la redevance est directement proportionnelle aux travaux réellement projetés et non plus à la superficie de lunité foncière, ce qui entraînait des coûts disproportionnés en cas de travaux de faible importance.

Avec plus de 2.000 diagnostics et 400 fouilles par an, larchéologie préventive représente lessentiel des opérations et des découvertes archéologiques. « Même si, a souligné M. Jean-Paul Demoule, Président de lINRAP, les archéologues ne sont pas des obsessionnels de laccumulation, qui veulent à tout prix tout garder ».

En publiant « La France Archéologique », lINRAP, établissement public créé le 1er février 2002, qui rassemble 1.400 CDI et dispose dun budget de 120 MEUR, a tenu a en montrer limportance auprès dun grand public manifestement très intéressé, comme lont encore montré les dernières Journées du Patrimoine.

« Aucun livre navait encore fait état de ces travaux », a noté M. Demoule, qui a cité « parmi les découvertes les plus passionnantes », celle de la tombe des huit cavaliers gaulois de Gergovie inhumés avec leurs montures, ou de la cathédrale gallo-romaine dArles.

Co-édité avec les éditions Hazan, cet ouvrage collectif, rédigé à partir des contributions de quelque 160 archéologues, se divise en neuf chapitres chronologiques, allant du paléolithique à lépoque contemporaine, sans oublier loutre-mer.

(« La France archéologique – 20 ans daménagements et de découvertes », éd. INRAP/Hazan, 250 pages, 400 illustrations, 45 EUR).

Donnedieu de Vabres: liberté de la presse, "une conquête de tous les jours"

27 octobre 2004

Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, a estimé mercredi que « la liberté de la presse est encore dans le monde daujourdhui une conquête de tous les jours, une résistance de tous les instants »… Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, sest dit prêt lundi à « soutenir les cultures étrangères en France et à défendre la diversité culturelle sur la scène internationale ».

Le ministre lançait rue de Valois la 3ème édition de la « Semaine des Cultures étrangères » aux côtés de son homologue brésilien Gilberto Gil et du Canadien Robert Desbiens, président du Forum des instituts culturels étrangers à Paris.

Evoquant le thème choisi, « Létranger dans la ville », il a souligné que « face à une tentation communautariste fondée sur le repli identitaire, il est nécessaire de réaffirmer la richesse de lapport des différentes composantes de notre société (…) La France considère comme des valeurs fondamentales la tolérance et la reconnaissance de la diversité culturelle ».

A propos du soutien des cultures étrangères en France, M. Donnedieu de Vabres a indiqué que « deux séries dactions prioritaires visent, dune part à améliorer les conditions daccueil et dexercice en France des artistes et des professionnels étrangers, et dautre part à accroître et mieux faire connaître notre offre de formation des professionnels étrangers ».

« Nos établissements publics accueillent désormais des professionnels de la culture étrangers pour des stages de longue durée. La présence des artistes étrangers dans les centres culturels de rencontre a été renforcée », a-t-il dit.

Le ministre a noté que la Semaine des cultures étrangères « fait suite, de façon tout à fait symbolique, à la semaine durant laquelle les experts gouvernementaux ont débattu à lUNESCO de lavant-projet de convention internationale sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. Il sagissait là de la première étape de la négociation. Près de 600 délégués représentant plus de 130 pays ont fait le déplacement à Paris pour participer à cette réunion ».

La négociation se poursuivra lannée prochaine et devrait se conclure par ladoption de la convention à la prochaine Conférence générale de lUNESCO, à lautomne 2005.

“ Si j'étais maire de Tours, je ferais… ”

27 octobre 2004

La rédaction a rencontré Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et conseiller municipal, chef de lopposition à Tours. Questions-réponses à propos de ses projets pour la ville.

Est-ce que vous serez candidat aux prochaines élections municipales ?

Renaud Donnedieu de Vabres : « Oui, si Dieu me prête vie ! Est-ce que les municipales auront lieu à lautomne 2007 ou au printemps 2008 ? On ne le sait pas encore. À mon avis, plus on séloignera du 2e tour des présidentielles et des législatives, moins elles apparaîtront comme le 3e tour des élections nationales et mieux ce sera. Il faut que les municipales soient spécifiquement consacrées aux enjeux de pur terrain. Nous réfléchissons à notre projet pour Tours. Quand il arrivera, il sera très offensif. »

Et si vous étiez maire de Tours, quel serait le principal dossier auquel vous vous attaqueriez ?

« Le transport en commun en site propre (TCSP, NDLR). Avec Jean Germain, les Tourangeaux auront perdu six ans. Le maire déplore le désengagement de lÉtat, mais ce désengagement est intervenu en 2002… Or 2001, date de la réélection de Jean Germain cétait avant 2002. Il avait donc le temps dagir. »

Tramway sur rail ou sur pneus ? Quel mode de transport en voie réservée imaginez-vous pour Tours ?

« Cest un sujet compliqué et je ne veux pas être caricatural. Ce projet est lourd sur le plan financier, et compliqué sur le plan technique. Ce qui se passe à Nancy ou à Bordeaux est préoccupant. Je me suis rendu au salon du transport en commun organisé à Paris pour minformer mais jai été extrêmement déçu et je lai dit aux organisateurs. Sur lalimentation électrique des modes de transport en voie réservée, par exemple, on napprenait absolument rien. »

Et si vous étiez maire, auriez-vous envie den débattre avec les Tourangeaux ?

« Le problème, cest que je ne sais pas dans quelles conditions jaurais à prendre le dossier. Et je répète que je nai pas de certitude sur le plan technologique. Quand on est dans lopposition, on na pas de moyens. Pas dingénieurs, pas de services techniques pour nous épauler. »

Transport en commun, daccord… Et que pensez-vous du trafic automobile en ville ?

« Il y a de gros points noirs, autour de la gare, notamment. Que fait la mairie ? Rien. Tout est engorgé car la rue qui passe devant la gare sert à la fois de voie de circulation et de desserte de voyageurs. Il faut séparer les deux fonctions. Pourquoi pas construire un accès souterrain à la gare ? »

Retour sur un important projet mené par la communauté dagglomération, la création dun centre aquatique à la place de la piscine du lac. Quen pensez-vous ?

« On se trompe de priorité, franchement. Ce que javais prévu, moi, cétait de construire une autre piscine à Tours-Nord. En plus, il faudrait également rénover les vestiaires dune autre piscine municipale, la piscine Gilbert Bozon, en centre-ville. Avant de déléguer des choses au domaine privé, il faut assumer ses responsabilités dans le domaine privé. (le centre aquatique du lac sera géré par la société Vert-Marine, NDLR).

“ Tours ? Une belle ville ! ”


Est-ce que le ministre de la Culture parle de sa ville à Paris, à lautre bout de la France ou du monde, lors de ses déplacements ? « Oui, bien sûr. Jai un territoire et jen parle beaucoup ! Dans mon crâne, je suis très branché sur Tours ! » Quelle image a-t-on, à Lille ou à Marseille, de la ville de Tours, au-delà de ses seules rillettes ? « On dit de Tours que cest une belle ville ! » Mais il pense quil y a encore beaucoup à faire pour développer son attractivité. « Le plan dembellissement, la qualité des parcs et jardins, tout cela contribue incontestablement à la bonne image de Tours. Mais il ny a pas dévénement phare qui fasse parler de la ville dans tout le pays. Et dautres choses ne vont pas : le rééquilibrage de la ville au nord de la Loire, cest zéro, la boule à Toto ! Même sil y a eu quelques aménagements, comme la métamorphose de lavenue Maginot, le déséquilibre de la ville au profit du centre se voit comme le nez au milieu de la figure. »

Depuis son arrivée au ministère de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres a voyagé dans 45 départements. « Je regarde partout, je pioche des idées pour Tours, je me dis : « Chez nous, comment on pourrait faire ? » Il est « jaloux » du musée des Beaux-Arts dAngers. Sans remettre en cause le CCC (Centre de création contemporaine de Tours), le ministre annonce quil a missionné son directeur – Alain-Julien Lafferrière – pour étudier la création dun « autre lieu pour lart contemporain, un lieu qui aurait une autre dimension ».

Il souhaite que sa fonction ministérielle soit utile à sa ville… Renaud Donnedieu de Vabres semble à laise au ministère de la Culture, mais sur les bancs de lopposition à Tours ? Comment peut-on travailler au ministère et jouer un rôle dopposant localement ? « Nous votons les trois quarts des délibérations du conseil municipal. Je ne suis pas un opposant de principe, mais être dans lopposition est frustrant. Vous devez accepter beaucoup de dossiers, de projets qui vous sont soumis. »

“ Le maire est cynique ”

Renaud Donnedieu de Vabres accorde-t-il un bon point à Jean Germain ? « Oui, pour léclairage public. » Un blâme ? « Le cynisme. Le sien et celui de son équipe. »

Quelle différence entre les deux « Jean », Royer et Germain ? « Les époques ne sont pas les mêmes. »

Comment le ministre de la Culture se voit-il, se juge-t-il, lui-même ? « Je suis quelquun de digne de la chance quil a, et aussi quelquun dexigeant par rapport à lui-même. » Comment fait-il pour afficher une telle forme ministérielle, pour travailler 25 heures sur 24, avoir un emploi du temps démentiel ? « Il faut être mobilisé, concentré et se démultiplier. On na pas droit à la moindre erreur. » Il dit aimer « transmettre de lénergie ». Comment vit-il la pression, les critiques ? « Jai décalaminé mes durites », avoue-t-il dans un vocabulaire quon attribuera à la mécanique automobile. Est-il blindé à vie, après les épreuves vécues ? « Non », conclut-il. « Il y a eu la violence du procès (du financement du Parti républicain, où il a été condamné à une peine avec sursis, NDLR), il y a eu la violence de lhémicycle en 1998 (où il a refusé de sallier au FN pour remporter la présidence de la région Centre NDLR), il y a eu les attaques contre ma personne (au moment des municipales de 2001). »

A ce propos, RDDV conteste formellement sa participation à la fameuse manifestation anti-Pacs où des propos homophones ont été prononcés. « Je me suis exprimé quinze fois sur cette question. Jétais là au début de la manifestation pour saluer une délégation de Tourangeaux, mais jen suis parti très vite. Jamais je nai pas défilé dans ce cortège ! »

Propos recueillis par Jacques BENZAKOUN,
Pascal DENIS, Jean-Pierre BEL,
Olivier POUVREAU
et Magalie BASSET

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT

27 octobre 2004

Le moment venu et dans un horizon très proche, de confirmer aux Françaises et aux Français que la norme que nous allons proposer pour permettre  l’accès à l’ensemble de nos concitoyens à 15 chaînes gratuites supplémentaires.  Ce qui est absolument considérable. Donc, nous ne voulons pas que ça apparaisse, si vous voulez, comme une manœuvre ;  vous ne m’entendrez jamais utiliser le terme de “ décodeur ”… DIDIER MATHUS, DEPUTE SOCIALISTE

Monsieur le Président,  mes chers collègues,  ma question s’adresse au ministre de la Culture et de la Communication, mais je voudrais auparavant faire observer à Monsieur FILLON qui nous disait que les crédits de la Recherche augmentaient de 10% en 2005, sous la pression des chercheurs, qu’ils avaient auparavant diminué de 20% en 2003 et début 2004.

Monsieur le Ministre, alors que la télévision numérique terrestre devrait voir le jour dès le mois de mars prochain, le gouvernement semble prêter main forte au groupe BOUYGUES et à TF1, ainsi qu’à M.6 pour ce qui s’oppose depuis deux ans à l’application de la loi. La télévision numérique de terre n’est pas un projet technique, c’est un enjeu démocratique  puisqu’elle permettrait à tous les téléspectateurs de recevoir près de 30 chaînes dont 14 de gratuites, sans modifier leur antenne ni changer leur téléviseur. Tout est près pour démarrer dès le mois de mars.

Mais cette multiplication des chaînes mettrait donc fin au monopole privé de TF1 et de M.6 qui capent aujourd’hui à eux seuls plus de 70% des recettes de publicité. Et on comprend bien que c’est là que le bât semble blesser pour le gouvernement, à l’heure où tout est fait pour que l’ensemble des médias soient aux mains d’une oligarchie proche du pouvoir. En retenant l’idée dilatoire lancée par TF1 d’une nouvelle norme technique dite de haute définition, qui obligerait les téléspectateurs à acheter un téléviseur spécial d’environ 5.000 euros, auquel il faudra ajouter un décodeur de 200 euros.

Le gouvernement retiendrait un système qui n’a cours dans aucun autre pays au monde et qui ne concernerait bien sûr que quelques foyers privilégiés. La manœuvre est donc claire, il s’agit de tuer dans l’œuf, tout déploiement sérieux de la télévision numérique gratuite pour tous, afin de préserver les intérêts de TF1 et de M.6  Au moment où ce numérique terrestre connaît de grands succès populaires dans les pays où  le même modèle gratuit prédomine, la France s’apprêterait donc, contre l’avis unanime du CSA – Conseil supérieur de l’audiovisuel – à faire un choix incompréhensible.

Il est vrai que depuis la dernière élection présidentielle, l’UMP n’en finit pas de payer ses dettes à TF1. Il est vrai que nous connaissons les liens étroits de Monsieur SARKOZY avec Monsieur Martin BOUYGUES ; mais dans la circonstance, Monsieur le Ministre, devant une telle soumission des intérêts particuliers, ne serait-il pas plus simple de laisser votre fauteuil à Monsieur LE LAY, PDG de TF1 puisque, en tout état de cause, c’est lui qui dicte aujourd’hui  la politique du gouvernement ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES, MINISTRE DE LA CULTURE

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, Monsieur le Député  MATHUS. Je trouve très dommage que vous utilisiez ce ton de polémique et de caricature pour traiter d’un sujet très important pour nos concitoyens.

De quoi s’agit-il ?  La TNT ce n’est pas un sigle barbare, incompréhensible, c’est une offre audiovisuelle élargie qui va être à la disposition de l’ensemble de nos concitoyens grâce à la technologie qui est à la portée de la main. Alors, nous serions des gens inconséquents si nous ne voulions avant que la décision définitive ne soit prise, si nous ne voulions avoir procédé à un certain nombre de vérifications qui sont l’intérêt même de nos concitoyens et des téléspectateurs.

Les vérifications sont de quel ordre ? Elles sont de l’ordre juridique, elles sont d’ordre technologique, pour être bien certains que la norme, c’est-à-dire le dispositif technique que nous allons retenir soit véritablement performant pour nos concitoyens. Avec le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, sur instruction du Premier ministre, je me suis rendu à Londres pour voir sur place une expérience réussie.

Donc, ce n’est pas pour être dilatoire, ce n’est pas pour céder aux manœuvres des uns et des autres, c’est tout simplement pour permettre au Premier ministre et au Conseil supérieur de l’audiovisuel et à son président, le moment venu et dans un horizon très proche, de confirmer aux Françaises et aux Français que la norme que nous allons proposer pour permettre  l’accès à l’ensemble de nos concitoyens à 15 chaînes gratuites supplémentaires.  Ce qui est absolument considérable. Donc, nous ne voulons pas que ça apparaisse, si vous voulez, comme une manœuvre ;  vous ne m’entendrez jamais utiliser le terme de “ décodeur ”, et je vous demande de ne pas l’utiliser. Parce qu’il ne faut pas que nos concitoyens aient le sentiment que ce progrès technologique complique les choses et que ça soit une forme de taxe ou une forme de télévision payante qui s’annonce.

C’est la raison pour laquelle, le Premier ministre va être dans les jours ou semaines prochaines, sans beaucoup d’esse (phon)  amené à confirmer l’entrée en  vigueur dans notre pays, de cette offre télévisuelle nouvelle. Ce qui n’exclut pas, ce qui n’exclut pas à l’avenir, que d’autres normes pour d’autres types de télévision, puissent voir le jour. Et ce n’est pas la même chose. Donc, ne me caricaturez pas. Il y aura l’étape de la télévision gratuite pour tous, grâce à la TNT et ça c’est pour 2005 et il y aura des étapes d’après.

“ Si j'étais maire de Tours, je ferais… ”

27 octobre 2004

La rédaction a rencontré Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et conseiller municipal, chef de lopposition à Tours. Questions-réponses à propos de ses projets pour la ville.

Est-ce que vous serez candidat aux prochaines élections municipales ?

Renaud Donnedieu de Vabres : « Oui, si Dieu me prête vie ! Est-ce que les municipales auront lieu à lautomne 2007 ou au printemps 2008 ? On ne le sait pas encore. À mon avis, plus on séloignera du 2e tour des présidentielles et des législatives, moins elles apparaîtront comme le 3e tour des élections nationales et mieux ce sera. Il faut que les municipales soient spécifiquement consacrées aux enjeux de pur terrain. Nous réfléchissons à notre projet pour Tours. Quand il arrivera, il sera très offensif. »

Et si vous étiez maire de Tours, quel serait le principal dossier auquel vous vous attaqueriez ?

« Le transport en commun en site propre (TCSP, NDLR). Avec Jean Germain, les Tourangeaux auront perdu six ans. Le maire déplore le désengagement de lÉtat, mais ce désengagement est intervenu en 2002… Or 2001, date de la réélection de Jean Germain cétait avant 2002. Il avait donc le temps dagir. »

Tramway sur rail ou sur pneus ? Quel mode de transport en voie réservée imaginez-vous pour Tours ?

« Cest un sujet compliqué et je ne veux pas être caricatural. Ce projet est lourd sur le plan financier, et compliqué sur le plan technique. Ce qui se passe à Nancy ou à Bordeaux est préoccupant. Je me suis rendu au salon du transport en commun organisé à Paris pour minformer mais jai été extrêmement déçu et je lai dit aux organisateurs. Sur lalimentation électrique des modes de transport en voie réservée, par exemple, on napprenait absolument rien. »

Et si vous étiez maire, auriez-vous envie den débattre avec les Tourangeaux ?

« Le problème, cest que je ne sais pas dans quelles conditions jaurais à prendre le dossier. Et je répète que je nai pas de certitude sur le plan technologique. Quand on est dans lopposition, on na pas de moyens. Pas dingénieurs, pas de services techniques pour nous épauler. »

Transport en commun, daccord… Et que pensez-vous du trafic automobile en ville ?

« Il y a de gros points noirs, autour de la gare, notamment. Que fait la mairie ? Rien. Tout est engorgé car la rue qui passe devant la gare sert à la fois de voie de circulation et de desserte de voyageurs. Il faut séparer les deux fonctions. Pourquoi pas construire un accès souterrain à la gare ? »

Retour sur un important projet mené par la communauté dagglomération, la création dun centre aquatique à la place de la piscine du lac. Quen pensez-vous ?

« On se trompe de priorité, franchement. Ce que javais prévu, moi, cétait de construire une autre piscine à Tours-Nord. En plus, il faudrait également rénover les vestiaires dune autre piscine municipale, la piscine Gilbert Bozon, en centre-ville. Avant de déléguer des choses au domaine privé, il faut assumer ses responsabilités dans le domaine privé. (le centre aquatique du lac sera géré par la société Vert-Marine, NDLR).

“ Tours ? Une belle ville ! ”


Est-ce que le ministre de la Culture parle de sa ville à Paris, à lautre bout de la France ou du monde, lors de ses déplacements ? « Oui, bien sûr. Jai un territoire et jen parle beaucoup ! Dans mon crâne, je suis très branché sur Tours ! » Quelle image a-t-on, à Lille ou à Marseille, de la ville de Tours, au-delà de ses seules rillettes ? « On dit de Tours que cest une belle ville ! » Mais il pense quil y a encore beaucoup à faire pour développer son attractivité. « Le plan dembellissement, la qualité des parcs et jardins, tout cela contribue incontestablement à la bonne image de Tours. Mais il ny a pas dévénement phare qui fasse parler de la ville dans tout le pays. Et dautres choses ne vont pas : le rééquilibrage de la ville au nord de la Loire, cest zéro, la boule à Toto ! Même sil y a eu quelques aménagements, comme la métamorphose de lavenue Maginot, le déséquilibre de la ville au profit du centre se voit comme le nez au milieu de la figure. »

Depuis son arrivée au ministère de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres a voyagé dans 45 départements. « Je regarde partout, je pioche des idées pour Tours, je me dis : « Chez nous, comment on pourrait faire ? » Il est « jaloux » du musée des Beaux-Arts dAngers. Sans remettre en cause le CCC (Centre de création contemporaine de Tours), le ministre annonce quil a missionné son directeur – Alain-Julien Lafferrière – pour étudier la création dun « autre lieu pour lart contemporain, un lieu qui aurait une autre dimension ».

Il souhaite que sa fonction ministérielle soit utile à sa ville… Renaud Donnedieu de Vabres semble à laise au ministère de la Culture, mais sur les bancs de lopposition à Tours ? Comment peut-on travailler au ministère et jouer un rôle dopposant localement ? « Nous votons les trois quarts des délibérations du conseil municipal. Je ne suis pas un opposant de principe, mais être dans lopposition est frustrant. Vous devez accepter beaucoup de dossiers, de projets qui vous sont soumis. »

“ Le maire est cynique ”

Renaud Donnedieu de Vabres accorde-t-il un bon point à Jean Germain ? « Oui, pour léclairage public. » Un blâme ? « Le cynisme. Le sien et celui de son équipe. »

Quelle différence entre les deux « Jean », Royer et Germain ? « Les époques ne sont pas les mêmes. »

Comment le ministre de la Culture se voit-il, se juge-t-il, lui-même ? « Je suis quelquun de digne de la chance quil a, et aussi quelquun dexigeant par rapport à lui-même. » Comment fait-il pour afficher une telle forme ministérielle, pour travailler 25 heures sur 24, avoir un emploi du temps démentiel ? « Il faut être mobilisé, concentré et se démultiplier. On na pas droit à la moindre erreur. » Il dit aimer « transmettre de lénergie ». Comment vit-il la pression, les critiques ? « Jai décalaminé mes durites », avoue-t-il dans un vocabulaire quon attribuera à la mécanique automobile. Est-il blindé à vie, après les épreuves vécues ? « Non », conclut-il. « Il y a eu la violence du procès (du financement du Parti républicain, où il a été condamné à une peine avec sursis, NDLR), il y a eu la violence de lhémicycle en 1998 (où il a refusé de sallier au FN pour remporter la présidence de la région Centre NDLR), il y a eu les attaques contre ma personne (au moment des municipales de 2001). »

A ce propos, RDDV conteste formellement sa participation à la fameuse manifestation anti-Pacs où des propos homophones ont été prononcés. « Je me suis exprimé quinze fois sur cette question. Jétais là au début de la manifestation pour saluer une délégation de Tourangeaux, mais jen suis parti très vite. Jamais je nai pas défilé dans ce cortège ! »

Propos recueillis par Jacques BENZAKOUN,
Pascal DENIS, Jean-Pierre BEL,
Olivier POUVREAU
et Magalie BASSET

Diversité culturelle et piratage ont été au cœur de deux débats passionnants

25 octobre 2004

Deux entretiens passionnants, lun sur le piratage et lautre sur la diversité culturelle, ont rempli les 340 places de lauditorium du palais des Congrès de Beaune pour les 14es Rencontres cinémato-graphiques. La matinée de samedi des 14es Rencontres cinématographiques de Beaune a été consacrée à la «diversité culturelle en Europe et dans le monde», en présence du ministre de la Culture et de la Communication…

Renaud Donnedieu de Vabres.

Dans ce premier débat, il a fortement été question des espoirs placés dans ladoption dune convention internationale sur la diversité culturelle, actuellement en préparation à lUNESCO. «Si, concernant la diversité culturelle, la bataille des valeurs a été gagnée, cette notion étant consensuellement acceptée, il faut maintenant réussir à instituer des lieux de responsabilités politiques à côté de ceux qui existent aujourdhui», a déclaré le ministre de la Culture. Lenjeu est de déterminer concrètement quels outils financiers et juridiques les états membres de lUE vont mettre en place pour instaurer un équilibre en faveur de la culture, jusquici très largement désavantagée au profit du commerce dans les négociations internationales.

Un cadre juridique paraît dautant plus indispensable avec lenvol des nouvelles technologies qui rendent désormais les œuvres accessibles à tous, gratuitement et illégalement.

Un fléau pour le cinéma
«Pour une nouvelle alliance entre les fournisseurs daccès Internet et lindustrie cinématographique» est précisément le thème du deuxième entretien très attendu qui a animé laprès-midi, en présence du ministre délégué à lIndustrie, Patrick Devedjian.

La France est le pays au monde où le taux de progression du haut débit est le plus fort. On compte aujourdhui cinq millions de foyers équipés. Si «hier» il fallait huit heures pour télécharger un film, il faut aujourdhui 15 minutes, et demain, avec le très haut débit, il ne faudra plus que 70 secondes. Certains films sont, sur un seul site, télécharger jusquà 30 000 fois la quinzaine de leur sortie en salle. Ces chiffres montrent lampleur du phénomène qui, si rien nest fait, ne fait que commencer.

Patrick Devedjian, pensant quil nest «ni possible, ni souhaitable dentraver la technologie peer-to-peer» (échange de fichiers sur Internet) et, «ne disposant pas de solution miracle», a mis en avant larsenal de dispositifs contre la piraterie: la pédagogie, la répression et la promotion de loffre culturelle légale en ligne. Il a appelé les professionnels du cinéma à tirer les enseignements de ce quavait connu le monde musical et les a invités à se réunir autour dun projet de standardisation des téléchargements afin de créer «leur propre offre industrielle». Les responsables de fournisseurs daccès haut débit, tout en déclarant «quils nont rien à gagner sur ces échanges sur lesquels ils nont aucune prise» ont fait part de leur intention de mettre en place une campagne de sensibilisation sur la prévention et la répression à lendroit des internautes, comme ils lavaient fait avec lindustrie du disque. Ils ont aussi regretté labsence dalternative légale.

Le représentant des ayants droit, Alain Sussfeld, a ensuite dénoncé avec ironie cette déclaration en précisant que «les FAI avaient au contraire beaucoup à gagner de cette pratique, en multipliant leur nombre dabonnés.». Il ny a daprès lui «pas doffre attractive légale possible sil y a à côté une offre gratuite».

Pourtant, la peur du gendarme, tant évoquée au cours de ce débat, les très fortes sanctions encourues (1), les retours potentiels dinvestissement sur la pédagogie, et la probable mauvaise conscience dune grande partie des «échangistes» pourraient conforter dans lavenir les résultats dune enquête réalisée par un fournisseur daccès, dans laquelle plus de 40% des internautes se disent prêts à payer pour télécharger en toute légalité. Car chacun a pris ou doit prendre conscience que sans rémunération, cest la mort du cinéma qui est annoncée.

O. S.
(1) Les peines encourues sont trois ans de prison et 300 000 euros damende. 

Renaud Donnedieu de Vabres candidat aux municipales à Tours

25 octobre 2004

Renaud Donnedieu de Vabres a annoncé quil sera candidat lors des prochaines élections municipales à Tours, dont il est conseiller municipal, dans un entretien publié lundi par la Nouvelle République du Centre-Ouest. « Oui (je serais candidat), si Dieu me prête vie… Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres a annoncé quil sera candidat lors des prochaines élections municipales à Tours, dont il est conseiller municipal, dans un entretien publié lundi par la Nouvelle République du Centre-Ouest.

« Oui (je serais candidat), si Dieu me prête vie. Est-ce que les municipales auront lieu à lautomne 2007 ou au printemps 2008? On ne le sait pas encore », a déclaré M. Donnedieu de Vabres, conseiller municipal depuis 2001. Il est également député UMP de lIndre-et-Loire.

La mairie de Tours est détenue depuis 1995 par Jean Germain (PS).

"LES FEMMES ET LES PATRONS D’ABORD" Invite : Renaud DONNEDIEU de VABRES

25 octobre 2004

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : j’ai beaucoup de contraintes sur les épaules, mais je suis un être libre et c’est ma fierté d’essayer d’aller jusqu’au bout des choses, d’être maintenant apte à la violence. Paix à Jacques DERRIDA parce que voilà, c’est quelqu’un qui nous a quitté, c’est quelqu’un qui a été d’une dureté extrême vis-à-vis de moi lorsque j’ai pris mes fonctions, eh bien c’est ça la vie. Et ma liberté si vous voulez, c’est de penser ce que je veux, mais de continuer à avancer et à transmettre de l’énergie… ALEXANDRA GOLOVANOFF : Monsieur le ministre, bonjour et bienvenue.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bonjour.

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Vous m’excuserez, mais ma première question est pour Catherine. Comment devient-on ministre ?

CATHERINE PEGARD : Si l’on regarde le moment de la formation du gouvernement, on croit toujours que c’est complètement par hasard, parce qu’on a devant soi des gens qui sont enroulés dans le fil de leur téléphone, à attendre de savoir s’ils vont être nommés ou pas. Et puis parfois, à minuit ils sont garde des Sceaux, et puis à 4 heures du matin ils ne sont plus que “ sous-secrétaire d’Etat aux Choux Farcis ”. Alors si on regarde tout ça, on se dit “ ça se fait dans l’improvisation la plus parfaite ”, en fait ça n’est pas ça du tout. Je crois que la formation d’un gouvernement obéit à des codes, à des règles, et que rien de tout ça ne se fait vraiment dans l’improvisation. Il  y a d’abord une part de négociations politiques, c’est une forme de cocktail, donc il y a un dosage politique, il faut être là au bon moment dans le bon dosage, ce n’est pas le cas de tout le monde. Il y a aussi la reconnaissance du travail qui a été effectué par celui que l’on va nommer…

ALEXANDRA GOLOVANOFF : C’est-à-dire un peu une récompense.

CATHERINE PEGARD : Un peu une récompense, bien sûr une récompense, la récompense d’un travail qui souvent – on en reparlera – remonte à des années. Et puis je crois qu’il y a aussi la volonté de celui qui veut être ministre, je crois que… vous savez, on ne s’improvise pas homme politique, on ne s’improvise pas ministre. On veut le devenir, on veut faire de la politique, et puis parce qu’on va faire une transition sur le destin de Renaud DONNEDIEU de VABRES, alors lui il a eu aussi les bonnes fées sur son berceau, parce qu’il appartient à la promotion VOLTAIRE. Et alors dans notre petit milieu, dans le jargon on dit “ la promotion VOLTAIRE de l’ENA…

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Alors VOLTAIRE, c’est une promotion à l’ENA ?

CATHERINE PEGARD : C’est aujourd’hui la promotion des ministres, il faut en être, qu’on soit de gauche ou de droite. Vous avez Renaud DONNEDIEU de VABRES, vous avez Dominique de VILLEPIN, et puis à gauche vous avez François HOLLANDE, Ségolène ROYALE. C’est la promotion phare du moment. Alors si on est méchant, on dira que c’est la promotion des quinquagénaires, de ceux qui arrivent aujourd’hui au pouvoir.

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Alors monsieur le ministre, on a relu pour vous tout CHATEAUBRIAND, non j’exagère, on a trouvé une phrase qui nous a fait penser à vous, et on voudrait vous y faire réagir : tout homme qui a été ministre le redevient, il reste sur celui qui a porté l’habit, une odeur de portefeuille qui le fait retrouver. Quand on a été ministre, est-il plus facile de le redevenir ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Je ne sais pas, je crois que la première fois qu’on est nommé, c’est évidemment un moment très important. En fait par rapport à ce que vous venez de dire, il y a quelque chose ou quelqu’un que vous avez fondamentalement oublié, ce sont les citoyens, parce que je me sens l’enfant du suffrage universel, je le dis parfois comme ça sous forme d’humour, je suis l’enfant du trottoir. C’est-à-dire que si je suis aujourd’hui ministre, c’est parce que j’ai été parlementaire, parce que j’ai été élu local, et ce n’est pas mes diplômes qui me font occuper aujourd’hui cette fonction. La première fois que j’ai été nommé, c’était donc dans le 1er gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN, j’étais nommé ministre des Affaires européennes, et les circonstances ont été un peu cocasses dans lequel cela m’a été officiellement dit par le Premier ministre, parce que je commençais à comprendre que ça allait se faire, j’avais même eu une information très directe, et puis j’étais….

ALEXANDRA GOLOVANOFF
: Un coup de fil.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : A l’époque de Dominique de VILLEPIN. Et puis je m’étais dit donc qu’il fallait que je rentre de ma permanence à Tours, pour être sagement à mon bureau à l’Assemblée nationale…

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Prêt à réagir.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Prêt à réagir évidemment, j’étais donc dans le train…

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Près du téléphone.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Et j’étais dans le train avec mon portable, et j’étais dans la voiture-bar où il  n’y avait pratiquement personne. Et puis j’ai le Premier ministre au téléphone, qui m’annonce qu’il m’avait choisi et qu’il allait proposer ma nomination au président de la République. Et donc vous savez dans le TGV, le téléphone… dans le bar d’abord on n’a pas tellement le droit…

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Ca passe, ça ne passe pas…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Et deuxièmement, ça passe, ça coupe, etc…, je me suis dit que c’était une vraie catastrophe d’avoir le téléphone dans ce genre de circonstance. Et puis comme il n’y avait personne dans le wagon, je me suis retourné vers le responsable du bar, et je lui ai dit “ vous savez… certainement vous ne savez pas qui je suis ”, il m’a dit “ si, si, je suis de Tours ”, “ ah bon d’accord, eh bien voilà, on vient de m’annoncer que je suis ministre des Affaires européennes ”, donc si vous voulez bien, je ne sais pas, on va prendre un petit verre de quelque chose ”, donc vous savez ce qu’il y a dans les wagons du train, donc on a dû prendre un verre de whisky, voilà. Et donc, ça a été pour moi la première étape. Donc on ne sait jamais comment les choses vont se passer, et dans un premier temps en fait, malgré l’honneur extraordinaire, on n’est pas vraiment heureux, parce qu’on a immédiatement le sentiment… une espèce de chape de soucis qui s’abat sur vous, mais c’est un défi évidemment grisant, donc j’ai beaucoup de chances.

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Alors Catherine, Monsieur le ministre Renaud DONNEDIEU de VABRES a été nommé en 2002, après avoir été balladurien en 95, est-ce que ce n’est pas une promotion très rapide ?

CATHERINE PEGARD : Non, je crois qu’il a répondu à  cette question, il a fait tout le parcours initiatique avant. Alors après, les étiquettes balladurien, pas balladurien, il n’était pas lui-même l’emblème du balladurisme à l’époque…

ALEXANDRA GOLOVANOFF : C’est dans ce sens-là ma question.

CATHERINE PEGARD : L’emblème du balladurisme, c’était le patron de son parti, c’était François LEOTARD, ce n’était pas lui. Et puis je crois que Renaud DONNEDIEU de VABRES a fait très vite le choix après de l’UMP, il en a été le porte-parole, et donc très vite il a tiré les conclusions, peut-être nous le dira-t-il, d’un échec, et il a pensé que l’union de la majorité serait ce qui pourrait faire gagner cette majorité la fois suivante. Donc, je crois qu’il a effacé très vite cette période-là, sans perdre nullement la loyauté qu’il pouvait avoir eu à l’égard d’Edouard BALLADUR dans le passé.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Il y a eu un moment très solennel pour moi, c’est un dimanche soir de janvier je crois, là pour la dernière élection présidentielle de 2002, où un certain nombre de gens qui n’étaient pas issus directement de la famille gaulliste, se sont engagés dès le 1er tour pour Jacques CHIRAC. Et ce n’était pas manœuvre, ce n’était pas comme ça des espèces de jeu d’appétit, de pouvoir, de tout ce que vous voulez. Ma famille politique c’était le rassemblement des libéraux, des chrétiens démocrates, des radicaux, cette famille avait éclaté, et donc tout le monde était un peu… comment vous dire, comme ça en phase de réflexion sur soi-même. Et donc avec d’autres, j’ai pris la décision de soutenir dès le premier tour Jacques CHIRAC à l’élection présidentielle. Vous savez, on a des parcours qui ne sont  pas liés aux ambitions conjoncturelles. Mon premier engagement politique, ça a été pour soutenir… j’étais tout jeune, j’étais étudiant, Jacques CHABAN DELMAS dans sa campagne présidentielle, parce qu’au fond le thème de la nouvelle société, la réconciliation entre la liberté individuelle et puis un système collectif ou une forme d’humanisme social semblait possible. Donc voilà, en fonction d’un certain nombre d’étapes dans sa vie, on fait des choix, des choix qu’il faut assumer dans la clarté, qui ne sont pas des choix de soupente, qui ne sont pas des petits arrangements, qui sont des moments où on fait équipe avec quelqu’un, et où… à un niveau qui est modeste, on annonce qu’on va essayer de soutenir et engager ses forces. C’est ce que j’ai fait au moment de l’élection présidentielle pour Jacques CHIRAC, j’étais parlementaire à ce moment-là.

ALEXANDRA GOLOVANOFF
: Alors si on revient à aujourd’hui, et qu’on fait référence un petit peu au sujet et à ce que dit François LEOTARD, pourquoi est-il si difficile d’être de droite et ministre de la Culture ?

CATHERINE PEGARD : Ca c’est une vieille histoire, il y a une espèce de malédiction qui pèse sur la droite… on peut dire depuis l’après-guerre peut-être, et puis renforcée par la période 68, où intellectuel de droite ça semblait totalement antinomique, parce que si vous êtes de droite vous êtes conservateur, vous êtes bourgeois, donc vous ne comprenez rien à la création, donc vous aimez l’opéra et pas le hip-hop. Tout ça c’est…

ALEXANDRA GOLOVANOFF
: C’est-à-dire, de droite on n’est pas rock’n roll.

CATHERINE PEGARD : Non, ce n’est pas rock’n roll, c’est que de droite au fond on ne comprend pas la modernité, l’évolution du monde, enfin voilà, ça c’est les stéréotypes qui sont véhiculés depuis des années. Alors en plus, je crois qu’il est honnête de dire que Jack LANG a inhibé des générations de ministre de la Culture, par la force avec laquelle il avait pris ce ministère, et donc il y a une autre époque qui s’ouvre aujourd’hui. Je crois qu’aussi tout change, mais il est vrai que le ministre de la Culture, il se doit d’être partout. Et Jack LANG, il avait réussi ce prodige étonnant, c’est qu’il donnait le sentiment d’être partout, même quand il n’était pas là. Alors je ne sais pas la leçon que peut en tirer l’actuel ministre de la Culture ou pas, mais plus sérieusement je crois qu’effectivement il y a aujourd’hui la démonstration à faire que la droite n’est pas forcément la plus bête du monde, pour reprendre une expression lointaine.

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Alors je vous propose tout de suite de regarder un petit reportage, qui fait un peu le point sur la crise des intermittents.
(…)

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Alors Renaud DONNEDIEU de VABRES, est-ce que ce dossier des intermittents est en passe d’être réglé ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Ecoutez, je pense qu’il y a eu un travail d’écoute, de dialogue, de mesures que j’ai prises qui, dans un premier temps avaient un caractère provisoire, et puis on est maintenant en train de se coltiner la réalité pour bâtir un système définitif. Je crois qu’il y avait beaucoup de questions qui se trouvaient posées, il n’y avait pas que la question de l’indemnisation du chômage, il y avait aussi tout simplement la reconnaissance de la nature du métier d’artiste ou de technicien, dans les différents domaines qui sont très différents d’ailleurs les uns des autres, le spectacle vivant, le cinéma ou l’audiovisuel. Donc ma première attitude a été une attitude d’écoute, ce n’était pas une ruse, je pense que c’est ma manière d’être permanent parce que c’est une nécessité dans la France d’aujourd’hui, les gens ils ont besoin d’être reconnus…

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Oui, ça je crois que ça a été très bien compris que vous écoutiez.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Et on est dans une situation un peu d’antagonisme, où ma principale préoccupation elle a été aussi que l’ensemble de mes concitoyens, qui n’était pas au fait de la réalité du métier d’artiste ou de technicien, comprenne mieux. Et dans cette période, que j’ai définie parfois d’un peu “ poujadiste ”, c’était pour moi très important d’être une sorte d’interface, et de faire en sorte que les logiques se comprennent. Donc, j’ai annoncé un certain nombre d’étapes, c’est des problèmes qui sont aujourd’hui définitivement réglés, tous ne le sont pas. Et puis au-delà de ça, plus on avance, plus on s’aperçoit que se pose le problème de l’accès dans le métier, des lieux de diffusion, du public, enfin toutes sortes de questions qui sont évidemment très importantes. Le seul rapport d’étape que je puisse dire, c’est que je crois que la confiance est à peu près établie entre nous.

ALEXANDRA GOLOVANOFF
; Et votre arrivée à ce ministère, comment vous l’avez vécu, parce que quand même on vous a traité d’une façon un peu limite, parfois sous les quolibets.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Oui mais vous savez, comme un immense honneur parce que c’est un lieu très particulier, parce que c’est un lieu des symboles, ce n’est pas un lieu technique au sens classique du terme…

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Ce n’est pas Bercy ou la Défense ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : C’est une très belle fonction, mais ce n’est pas ça, là c’est un endroit très particulier parce que, comme je le dis parfois avec humour, je ne suis pas le ministre “ des vieilles pierres et des troubadours ”, même si j’ai beaucoup d’affection pour les uns et les autres. Tout ce que je fais, je veux que ça soit au service d’une vraie cause. Un exemple, quand dans la même foulée je vais assister à un spectacle de hip-hop, que le lendemain j’ouvre un centre de spiritualité à Port-Royal, que j’accueille pour la première fois l’ensemble de la musique techno et électronique rue de Valois, quand je dis la première fois c’est que personne ne l’avait fait avant, et que le samedi qui suit, je mets à la disposition de mes concitoyens l’original de l’Edit de Nantes, ce texte extraordinaire sur la liberté religieuse, je ne suis pas une espèce de ministre en train de faire des coups, cherchant à exister, c’est pour moi le symbole tout simplement de la diversité, de la reconnaissance de l’identité de chacun. C’est aussi bien une valeur importante sur la situation intérieure française, avec les violences que l’on connaît, que sur la scène internationale. Donc c’est pour moi un lieu si vous voulez très très particulier, j’ai une chance extraordinaire d’avoir été nommé à cette fonction, pas parce que les circonstances étaient difficiles et électriques, parce que c’est un lieu symbolique.

ALEXANDRA GOLOVANOFF : Alors Catherine, ça devient un peu notre tradition, votre dernière question au ministre.

CATHERINE PEGARD : Ecoutez, j’ai lu récemment une citation de Jacques DERRIDA, le philosophe qui vient de mourir, qui m’a beaucoup intriguée, et qui disait à propos des hommes politiques : personne n’est moins libre que ces gens-Là. Alors je voulais savoir si Renaud DONNEDIEU de VABRES se sentait esclave d’une machinerie qui le dépasse un peu, comme le faisait remarquer ailleurs le même Jacques DERRIDA ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, j’ai beaucoup de contraintes sur les épaules, mais je suis un être libre et c’est ma fierté d’essayer d’aller jusqu’au bout des choses, d’être maintenant apte à la violence. Paix à Jacques DERRIDA parce que voilà, c’est quelqu’un qui nous a quitté, c’est quelqu’un qui a été d’une dureté extrême vis-à-vis de moi lorsque j’ai pris mes fonctions, eh bien c’est ça la vie. Et ma liberté si vous voulez, c’est de penser ce que je veux, mais de continuer à avancer et à transmettre de l’énergie. Je pense qu’on est dans une période où il faut essayer de faire bouger un peu les lignes, et donc ma liberté c’est de croire qu’on peut les faire avancer.

ALEXANDRA GOLOVANOFF : C’est un bon mot de la fin, je vous remercie.