Archives de 2004

RDDV; "le pluralisme a besoin de moyens financiers"

30 juin 2004

« Cessez de vous composer et de vous comporter en inquisiteur. Ne jouez pas sur les peurs, les psychoses et les fantasmes », a-t-il lancé. »Pour le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, a conclu le ministre, cest lalliance de la liberté dexpression et de la réalité économique et financière qui concourt au pluralisme »…  Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Communication et de la Culture, interrogé mercredi à lAssemblée nationale sur le rachat de la Socpresse par lindustriel Dassault, a estimé que « le pluralisme a besoin de moyens financiers pour être une réalité concrète ».

Interpellé vivement par Michel Françaix, député PS de lOise, pour qui le groupe Dassault se « contentera de nuire au pluralisme et duniformiser un peu plus linformation dans notre pays », M. Donnedieu de Vabres a rappelé que le droit français « protège notre liberté dexpression et le pluralisme ».

« Sur le plan national, a-t-il fait valoir, le dispositif anti-concentration (loi du 1er aout 1986) relative au régime juridique de la presse, est respecté puisque la Socpresse natteint pas le seuil de 30% de possession de quotidiens dinformation politique et générale ».

« Sur le plan du droit de la concurrence, la Commission européenne a donné son autorisation le 17 juin dernier au rachat de la Socpresse par le groupe Dassault à la seule condition quil cède La Vie financière », a-t-il rappelé.

Enfin, a souligné le ministre, « la Socpresse – et cest normal et cest la garantie qui existe au moment dun rachat pour tout journaliste dans notre pays – a déclaré ouverte la clause de cession ».

« Cessez de vous composer et de vous comporter en inquisiteur. Ne jouez pas sur les peurs, les psychoses et les fantasmes », a-t-il lancé.

« Pour le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, a conclu le ministre, cest lalliance de la liberté dexpression et de la réalité économique et financière qui concourt au pluralisme ». 

ASSEMBLEE GÉNÉRALE DU SYNDICAT NATIONAL DE L'ÉDITION

30 juin 2004

Maintenir unis au sein d’un même syndicat des intérêts parfois si différents ne va jamais de soi. Je sais que ces deux dernières années, l’unité du SNE ne sest jamais démentie malgré les bouleversements qui sont intervenus dans le paysage de lédition française… Monsieur le Président du Syndicat national de l’Edition, Cher Serge Eyrolles,
Mesdames, Messieurs les membres du bureau,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je veux vous dire combien je me réjouis d’être parmi vous aujourd’hui, et je tiens à vous remercier d’avoir bien voulu interrompre les travaux de votre assemblée générale pour m’accueillir.

Mes premiers mots seront pour vous dire toute l’importance que j’attache au rôle du Syndicat national de lédition, interlocuteur et partenaire de l’Etat, sur toutes les questions touchant au livre, à la propriété intellectuelle. Mais aussi à l’avenir et au rayonnement de nos industries culturelles, l’édition étant la première dentre elles.

Ce rôle éminent, le SNE le joue avec une légitimité et un poids particuliers, pour deux grandes raisons. D’abord parce qu’il le fait en dialogue permanent avec les autres grands organismes représentatifs de la chaîne du livre : les syndicats professionnels des libraires, les sociétés d’auteurs, les grandes associations de bibliothécaires, et je veux naturellement vous encourager à poursuivre ce dialogue. Ensuite, parce que le SNE peut s’enorgueillir de représenter l’édition française dans toute sa diversité : diversité géographique, diversité des genres éditoriaux, diversités des tailles et des structures de maison, allant de petites maisons fières de leur indépendance, de leur prestige intellectuel et culturel, aux plus grands groupes, fiers de leur rang mondial et de leur développement international.

Maintenir unis au sein d’un même syndicat des intérêts parfois si différents ne va jamais de soi. Je sais que ces deux dernières années, l’unité du SNE ne sest jamais démentie malgré les bouleversements qui sont intervenus dans le paysage de lédition française. Ce paysage est aujourd’hui largement recomposé. A nous de faire en sorte que toute la chaîne du livre en sorte renforcée. Cela demandera une constante vigilance, afin de maintenir les équilibres indispensables à la diversité culturelle.

Je tiens à rendre hommage à votre président, Serge Eyrolles, qui a su, au-delà des différences et des divergences, toujours préserver la défense de vos intérêts communs.

Et le premier de ces intérêts communs, comme le premier de ces biens communs, c’est le droit d’auteur. Cest un bien fondamental, un droit premier, parce quil conditionne à la fois le respect et la reconnaissance de la création, et la rémunération des producteurs de l’écrit. Un des grands acteurs du livre aujourd’hui déclarait il y a deux semaines que « le livre est largement à l’abri des menaces du numérique ». C’est vrai. Faisons en sorte qu’il demeure à l’abri mais aussi qu’il sache saisir les atouts du numérique pour son développement.

Sur le droit dauteur, je suis heureux de vous apporter une bonne nouvelle. Jai en effet le plaisir de vous annoncer que j’ai signé les décrets d’application de la loi du 18 juin 2003 relative au droit de prêt en bibliothèque et au renforcement de la protection sociale des auteurs. Mes collègues chargés de l’éducation, de l’outre-mer, de l’économie et des finances, et enfin de l’intérieur ont signé ou vont signer dans les tout prochains jours. La publication des décrets est donc imminente. Dès ce moment, pourra commencer la phase d’agrément de la société qui sera chargée de gérer ce droit pour le compte des auteurs et des éditeurs. Je sais qu’avec les auteurs vous avez largement anticipé ce moment.

Au terme de cette première année d’application de la loi, qui étend le champ de la loi de 1981 sur le prix du livre en limitant les rabais consentis aux bibliothèques pour leurs achats, je suis également heureux de pouvoir vous dire que les bibliothèques – en tout cas les bibliothèques de lecture publique – ont choisi une dynamique d’augmentation de leurs budgets, pour maintenir ou augmenter le volume de leurs acquisitions. Leffet de levier des aides de lEtat dispensées par le Centre national du livre a joué à plein. Ces aides, entièrement consommées se sont élevées à un million et demi deuros, couvrant 50% de la dépense, ce qui représente trois millions deuros dacquisitions supplémentaires en 2004 et encore trois millions de plus en 2005. Cest très important.

Jen viens au projet de loi sur le droit d’auteur dans la société de l’information. Je me suis battu, dans le contexte dun ordre du jour parlementaire que vous savez très chargé, pour que ce texte soit examiné rapidement. Je puis vous annoncer quil viendra au Parlement à l’automne. D’ici là, je ne cesserai de travailler avec mon collègue François Fillon.

Nous devons en effet, tous ensemble, faire progresser les conditions d’un accord entre ayants droit et usagers. Je sais que par la qualité de vos propres propositions, vous m’y aidez et vous m’y aiderez. Je vous dis mon intention de mettre à profit une heureuse évolution et une heureuse conclusion de ce dossier, à laquelle je m’emploie, pour traiter enfin la question non encore réglée, fort de larbitrage du Premier ministre, de la rémunération de la photocopie à usage collectif dans les écoles primaires.

Les usages numériques doivent respecter le droit d’auteur, les ayants droit et le rôle propre de l’éditeur dans la production et la diffusion du savoir. Je sais que certaines initiatives récentes tendant à numériser des revues de sciences humaines et sociales, que vous avez portées, pour certaines, depuis des générations vous ont heurtés. Je sais que vous êtes ouverts à une concertation approfondie et à une vraie association des éditeurs à ce type de décision. Je sais que vous aspirez à la promotion d’un authentique partenariat entre privé et public. La Bibliothèque nationale de France – avec sa mission patrimoniale, son expérience des nouvelles technologies, son rayonnement francophone et international -, le Centre national du livre – qui aide près de 500 revues – ont une légitimité à agir en ce sens avec vous. Les deux institutions se sont à ce sujet déjà rapprochées de la direction de l’enseignement supérieur. Elles travaillent avec vous sur ce dossier. Je veux ici confirmer mon souhait qu’elles se mobilisent à vos côtés.

Je souhaite également que le SNE et mon ministère continuent de travailler ensemble sur un autre secteur fragile et vital pour assurer dans le domaine du livre la promotion de la diversité culturelle. Je pense à ce que lon appelle, à mon sens à tort, la « petite » édition, secouée en peu dannées par les faillites successives de plusieurs distributeurs. Je tiens à vous dire que je me retrouve dans les orientations de travail tracées, au nom de votre syndicat, par Liana Lévi, pour soutenir et mieux faire connaître ce secteur essentiel à la diversité culturelle et éditoriale.

Cette diversité, c’est aussi la possibilité, pour le plus grand nombre de maisons, de maintenir l’équilibre économique qui leur permet d’offrir au public la plus grande variété de titres. C’est pourquoi, après un travail approfondi entre le SNE et le ministère, le gouvernement a choisi d’ouvrir les seules chaînes du câble et du satellite à la publicité pour le livre. Un avis motivé de la Commission européenne, concernant l’édition, mais aussi le cinéma, est aujourd’hui à envisager. Le gouvernement ne changera pas de position. Je défendrai à nouveau le 13 juillet, auprès du commissaire Bolkenstein, la solution équilibrée et particulièrement adaptée au paysage actuel de l’édition française, que nous avons élaborée ensemble.

Je voudrais également souligner combien la diversité ne peut s’entendre sans liberté. Je souhaite que les travaux que conduit le SNE sur les relations de l’édition avec la justice permettent d’avancer, dans le prolongement du livre blanc que vous avez publié, sur la voie d’une « justice adaptée ». Justice adaptée au rôle culturel si particulier que tient le livre et aux spécificités économiques de l’édition. Sur ce dossier également, nous devons continuer ensemble notre travail sur l’application de la loi de 1949 et sur le droit à l’image.

La diversité doit être défendue au plan international et européen. Je sais que l’exportation du livre français, la cession de droits, sont parmi les grands défis que l’édition française doit relever pour aujourd’hui et pour demain. Je sais les efforts en ce sens de chacune de vos maisons. Je veux vous dire que l’aide du ministère ne vous fera pas défaut. Aide à la traduction, du français et en français, apportée par le CNL ; aide à la présence dans les salons étrangers, grâce au Bureau international de l’édition française, que préside Alain Grund ; aides aux contacts et aux échanges avec les professionnels étrangers, en particuliers ceux des pays qui font nouvellement leur entrée dans l’Union européenne, et qu’il nous faut ensemble convaincre du bien-fondé des législations sur le prix du livre.

Pour continuer à avancer ensemble sur ces dossiers cruciaux, je vous propose dès aujourd’hui de nous retrouver à deux grands rendez-vous dont je sais l’importance qu’ils revêtent pour vous. D’abord à Francfort, en octobre prochain. Ensuite au Salon du livre de Paris, en mars 2005. Je vous assure de toute notre mobilisation pour faire avec vous une réussite exceptionnelle d’une manifestation qui fêtera son 25ème anniversaire, et qui recevra à la fois comme invité d’honneur et comme invité professionnel, la Russie.

Je vous remercie.

La Fête du cinéma retrouve une fréquentation record de 4,3 millions

30 juin 2004

La Fête du cinéma, qui a retrouvé sa fréquentation record de 4,3 millions dentrées enregistrée il y a cinq ans, a célébré son 20ème anniversaire dans la joie, en présence de Patrick Bruel, Vincent Perez, Julie Gayet, Jacques Perrin, Tonie Marshall… La Fête du cinéma, qui a retrouvé sa fréquentation record de 4,3 millions dentrées enregistrée il y a cinq ans, a célébré son 20ème anniversaire dans la joie, en présence de Patrick Bruel, Vincent Perez, Julie Gayet, Jacques Perrin, Tonie Marshall.

Symbole du succès retrouvé du cinéma français, les petits chanteurs de Saint Marc, la chorale du film de Christophe Barratier « Les Choristes », ont chanté « Joyeux anniversaire » dans la cour de Buren où le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres recevait mardi soir le tout cinéma.

« Le ciel est bleu mais non dénué de nuages », a déclaré le ministre en annonçant le succès de la Fête avec 4,3 millions dentrées, en présence de Jean Labé, président de la Fédération nationale des cinémas français, maître doeuvre de la manifestation, lancée en 1985 par Jack Lang.

« Je ne ménagerai jamais mon énergie pour quartistes et techniciens aient les moyens dexercer leurs talents et pour que la culture française rayonne dans le monde entier », a ajouté le ministre avant de céder la parole à la chorale. « Les Choristes », sous la baguette du chef de choeur Gérard Jugnot, ont attiré plus de 6 millions de mélomanes cinéphiles depuis leur sortie.

Le président du Festival de Cannes Gilles Jacob, Didier Bourdon, Sylvie Testud, Catherine Jacob, Lambert Wilson, Karen Mulder, Véronique Genest figuraient parmi la foule qui se pressait sous les fenêtres du ministère. 

Assemblée Générale du Syndicat National de l'Edition

29 juin 2004

Monsieur le Président du Syndicat national de l’Edition, Cher Serge Eyrolles,

Mesdames, Messieurs les membres du bureau,

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je veux vous dire combien je me réjouis d’être parmi vous aujourd’hui, et je tiens à vous
remercier d’avoir bien voulu interrompre les travaux de votre assemblée générale pour
m’accueillir.

Mes premiers mots seront pour vous dire toute l’importance que j’attache au rôle du Syndicat
national de l'édition, interlocuteur et partenaire de l’Etat, sur toutes les questions touchant au
livre, à la propriété intellectuelle. Mais aussi à l’avenir et au rayonnement de nos industries
culturelles, l’édition étant la première d'entre elles.

Ce rôle éminent, le SNE le joue avec une légitimité et un poids particuliers, pour deux
grandes raisons. D’abord parce qu’il le fait en dialogue permanent avec les autres grands
organismes représentatifs de la chaîne du livre : les syndicats professionnels des libraires, les
sociétés d’auteurs, les grandes associations de bibliothécaires, et je veux naturellement vous
encourager à poursuivre ce dialogue. Ensuite, parce que le SNE peut s’enorgueillir de
représenter l’édition française dans toute sa diversité : diversité géographique, diversité des
genres éditoriaux, diversités des tailles et des structures de maison, allant de petites maisons
fières de leur indépendance, de leur prestige intellectuel et culturel, aux plus grands groupes,
fiers de leur rang mondial et de leur développement international.

Maintenir unis au sein d’un même syndicat des intérêts parfois si différents ne va jamais de
soi. Je sais que ces deux dernières années, l’unité du SNE ne s'est jamais démentie malgré les
bouleversements qui sont intervenus dans le paysage de l'édition française. Ce paysage est
aujourd’hui largement recomposé. A nous de faire en sorte que toute la chaîne du livre en
sorte renforcée. Cela demandera une constante vigilance, afin de maintenir les équilibres
indispensables à la diversité culturelle.

Je tiens à rendre hommage à votre président, Serge Eyrolles, qui a su, au-delà des différences
et des divergences, toujours préserver la défense de vos intérêts communs.

Et le premier de ces intérêts communs, comme le premier de ces biens communs, c’est le droit
d’auteur. C'est un bien fondamental, un droit premier, parce qu'il conditionne à la fois le
respect et la reconnaissance de la création, et la rémunération des producteurs de l’écrit. Un
des grands acteurs du livre aujourd’hui déclarait il y a deux semaines que « le livre est
largement à l’abri des menaces du numérique ». C’est vrai. Faisons en sorte qu’il demeure à
l’abri mais aussi qu’il sache saisir les atouts du numérique pour son développement.

Sur le droit d'auteur, je suis heureux de vous apporter une bonne nouvelle. J'ai en effet le
plaisir de vous annoncer que j’ai signé les décrets d’application de la loi du 18 juin 2003
relative au droit de prêt en bibliothèque et au renforcement de la protection sociale des
auteurs. Mes collègues chargés de l’éducation, de l’outre-mer, de l’économie et des finances,
et enfin de l’intérieur ont signé ou vont signer dans les tout prochains jours. La publication
des décrets est donc imminente. Dès ce moment, pourra commencer la phase d’agrément de la
société qui sera chargée de gérer ce droit pour le compte des auteurs et des éditeurs. Je sais
qu’avec les auteurs vous avez largement anticipé ce moment.

Au terme de cette première année d’application de la loi, qui étend le champ de la loi de 1981
sur le prix du livre en limitant les rabais consentis aux bibliothèques pour leurs achats, je suis
également heureux de pouvoir vous dire que les bibliothèques – en tout cas les bibliothèques
de lecture publique – ont choisi une dynamique d’augmentation de leurs budgets, pour
maintenir ou augmenter le volume de leurs acquisitions. L'effet de levier des aides de l'Etat
dispensées par le Centre national du livre a joué à plein. Ces aides, entièrement consommées
se sont élevées à un million et demi d'euros, couvrant 50% de la dépense, ce qui représente
trois millions d'euros d'acquisitions supplémentaires en 2004 et encore trois millions de plus
en 2005. C'est très important.

J'en viens au projet de loi sur le droit d’auteur dans la société de l’information. Je me suis
battu, dans le contexte d'un ordre du jour parlementaire que vous savez très chargé, pour que
ce texte soit examiné rapidement. Je puis vous annoncer qu'il viendra au Parlement à
l’automne. D’ici là, je ne cesserai de travailler avec mon collègue François Fillon.

Nous devons en effet, tous ensemble, faire progresser les conditions d’un accord entre ayants
droit et usagers. Je sais que par la qualité de vos propres propositions, vous m’y aidez et vous
m’y aiderez. Je vous dis mon intention de mettre à profit une heureuse évolution et une
heureuse conclusion de ce dossier, à laquelle je m’emploie, pour traiter enfin la question non
encore réglée, fort de l'arbitrage du Premier ministre, de la rémunération de la photocopie à
usage collectif dans les écoles primaires.

Les usages numériques doivent respecter le droit d’auteur, les ayants droit et le rôle propre de
l’éditeur dans la production et la diffusion du savoir. Je sais que certaines initiatives récentes
tendant à numériser des revues de sciences humaines et sociales, que vous avez portées, pour
certaines, depuis des générations vous ont heurtés. Je sais que vous êtes ouverts à une
concertation approfondie et à une vraie association des éditeurs à ce type de décision. Je sais
que vous aspirez à la promotion d’un authentique partenariat entre privé et public. La
Bibliothèque nationale de France – avec sa mission patrimoniale, son expérience des nouvelles
technologies, son rayonnement francophone et international -, le Centre national du livre – qui
aide près de 500 revues – ont une légitimité à agir en ce sens avec vous. Les deux institutions
se sont à ce sujet déjà rapprochées de la direction de l’enseignement supérieur. Elles
travaillent avec vous sur ce dossier. Je veux ici confirmer mon souhait qu’elles se mobilisent à
vos côtés.

Je souhaite également que le SNE et mon ministère continuent de travailler ensemble sur un
autre secteur fragile et vital pour assurer dans le domaine du livre la promotion de la diversité
culturelle. Je pense à ce que l'on appelle, à mon sens à tort, la "petite" édition, secouée en peu
d'années par les faillites successives de plusieurs distributeurs. Je tiens à vous dire que je me
retrouve dans les orientations de travail tracées, au nom de votre syndicat, par Liana Lévi,
pour soutenir et mieux faire connaître ce secteur essentiel à la diversité culturelle et éditoriale.

Cette diversité, c’est aussi la possibilité, pour le plus grand nombre de maisons, de maintenir
l’équilibre économique qui leur permet d’offrir au public la plus grande variété de titres. C’est
pourquoi, après un travail approfondi entre le SNE et le ministère, le gouvernement a choisi
d’ouvrir les seules chaînes du câble et du satellite à la publicité pour le livre. Un avis motivé
de la Commission européenne, concernant l’édition, mais aussi le cinéma, est aujourd’hui à
envisager. Le gouvernement ne changera pas de position. Je défendrai à nouveau le 13 juillet,
auprès du commissaire Bolkenstein, la solution équilibrée et particulièrement adaptée au
paysage actuel de l’édition française, que nous avons élaborée ensemble.

Je voudrais également souligner combien la diversité ne peut s’entendre sans liberté. Je
souhaite que les travaux que conduit le SNE sur les relations de l’édition avec la justice
permettent d’avancer, dans le prolongement du livre blanc que vous avez publié, sur la voie
d’une « justice adaptée ». Justice adaptée au rôle culturel si particulier que tient le livre et aux
spécificités économiques de l’édition. Sur ce dossier également, nous devons continuer
ensemble notre travail sur l’application de la loi de 1949 et sur le droit à l’image.

La diversité doit être défendue au plan international et européen. Je sais que l’exportation du
livre français, la cession de droits, sont parmi les grands défis que l’édition française doit
relever pour aujourd’hui et pour demain. Je sais les efforts en ce sens de chacune de vos
maisons. Je veux vous dire que l’aide du ministère ne vous fera pas défaut. Aide à la
traduction, du français et en français, apportée par le CNL ; aide à la présence dans les salons
étrangers, grâce au Bureau international de l’édition française, que préside Alain Grund ;
aides aux contacts et aux échanges avec les professionnels étrangers, en particuliers ceux des
pays qui font nouvellement leur entrée dans l’Union européenne, et qu’il nous faut ensemble
convaincre du bien-fondé des législations sur le prix du livre.

Pour continuer à avancer ensemble sur ces dossiers cruciaux, je vous propose dès aujourd’hui
de nous retrouver à deux grands rendez-vous dont je sais l’importance qu’ils revêtent pour
vous. D’abord à Francfort, en octobre prochain. Ensuite au Salon du livre de Paris, en mars
2005. Je vous assure de toute notre mobilisation pour faire avec vous une réussite
exceptionnelle d’une manifestation qui fêtera son 25ème anniversaire, et qui recevra à la fois
comme invité d’honneur et comme invité professionnel, la Russie.

Je vous remercie.

NOUVELLE MOSQUEE : LES TOURANGEAUX ONT AUSSI LE DROIT D’ETRE INFORMES

26 juin 2004

Fruit d’une décision brutale, hâtive, démagogique et non concertée, cette implantation d’un lieu de culte et d’un centre culturel musulmans au cœur de la zone du Menetton a été décidée et est gérée dans la plus grande opacité… Dans la plus grande discrétion, la majorité du conseil municipal a approuvé le 7 juin dernier, dans le cadre du programme d’actions inscrites au nouveau contrat d’agglomération, la construction du Centre Culturel du Menetton.

Comprise dans le projet d’édification d’une nouvelle mosquée dans notre agglomération, sujet très important et sensible, la création de ce centre culturel aurait dû normalement faire l’objet d’une information plus large à destination des Tourangeaux. Il n’en fut rien.

Fruit d’une décision brutale, hâtive, démagogique et non concertée, cette implantation d’un lieu de culte et d’un centre culturel musulmans au cœur de la zone du Menetton a été décidée et est gérée dans la plus grande opacité.

L’opposition a d’ailleurs dénoncé les conditions dans lesquelles cette affaire est traitée en déplorant l’absence d’explication relative au choix du lieu d’implantation, le manque de transparence dans les négociations menées avec quelques responsables musulmans et le flou du financement prévu par le Maire (vente d’un terrain à très bas prix, sans distinguer la partie consacrée au culte de celle attribuée à l’action culturelle qui, elle,  peut être subventionnée).

Ainsi, si l’opposition avait été écoutée, l’annulation de la décision du conseil municipal approuvant la cession de ce terrain à un prix peu élevé, récemment prononcée par le tribunal administratif d’Orléans, aurait pu être évitée. La vente en question étant selon le tribunal assimilable à une subvention déguisée au profit d’un lieu de culte ce qui est prohibé par la loi.

Dès lors comment peut-on prévoir au programme d’actions inscrites au contrat d’agglomération le financement d’un centre culturel sur un terrain dont la cession à l’association chargée de sa réalisation vient d’être annulée ? Comment dans ces conditions peut-on aussi maintenir le projet de construction de moquée à cet emplacement ?

C’est pourquoi les conseillers municipaux de l’opposition demandent au Maire et à son équipe un rapport complet et détaillé sur ce projet et son état d’avancement. Ce qui permettra ainsi à l’ensemble des habitants de notre ville d’être parfaitement informé sur cette importante réalisation.  Nous  sommes déterminés à agir en ce sens.

COMPTE ADMINISTRATIF 2003 : UNE ILLUSOIRE STABILITE DE LA FISCALITE

26 juin 2004

La pression fiscale à Tours semble stable, cette apparente stabilité ne peut cependant masquer les augmentations que la communauté d’agglomération « Tour’(s) Plus » impose aux contribuables : 25% pour la collecte des ordures ménagères et maintenant, pour 2004, 5% sur le prix de l’eau malgré un excédent de 3 878 618 euros… Lors de l’examen du compte administratif de l’Année 2003, en séance, la municipalité s’est félicitée de ses  résultats et a mis en avant une stabilité de la fiscalité. Peut-on y croire ?

Si la pression fiscale à Tours semble stable, cette apparente stabilité ne peut cependant masquer les augmentations que la communauté d’agglomération « Tour’(s) Plus » impose aux contribuables : 25% pour la collecte des ordures ménagères et maintenant, pour 2004, 5% sur le prix de l’eau malgré un excédent de 3 878 618 euros… Sans la baisse significative des tarifs de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne et de la taxe sur la pollution, la note serait encore plus « salée ».

Ce semblant de stabilité des impôts pourra-t’il durer longtemps? N’oublions pas que la ville a souscrit en 1999 un emprunt obligataire pour un montant de 79,88 millions d’euros (524 millions de francs)  qu’il faudra rembourser de 2023 à 2026.

Légitimement, les Tourangeaux peuvent s’inquiéter, car ils subissent déjà les augmentations régulières (taxes, tarifs, etc.…) de Tour’(s) Plus qu’on nous présente comme liées aux transferts de compétences de la Ville de Tours vers la communauté d’agglomération – communauté d’agglomération dont l’opposition est  écartée – mais  ils risquent en plus d’avoir à subir en 2005 des hausses importantes  de leurs impôts liées à la gestion de la Ville.

Les Tourangelles et les Tourangeaux seraient plutôt en droit d’attendre une baisse des contributions municipales qui permettrait de compenser les coûts supplémentaires engendrés par la création de Tour’(s) Plus.

C’est pourquoi l’opposition s’engage à nouveau à être plus que vigilante sur l’usage de l’argent du contribuable et sur les éventuelles hausses décidées par le Maire et la municipalité.

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NOUVELLE MOSQUEE : LES TOURANGEAUX ONT AUSSI LE DROIT D’ETRE INFORMES

Dans la plus grande discrétion, la majorité du conseil municipal a approuvé le 7 juin dernier, dans le cadre du programme d’actions inscrites au nouveau contrat d’agglomération, la construction du Centre Culturel du Menetton.

Comprise dans le projet d’édification d’une nouvelle mosquée dans notre agglomération, sujet très important et sensible, la création de ce centre culturel aurait dû normalement faire l’objet d’une information plus large à destination des Tourangeaux. Il n’en fut rien.

Fruit d’une décision brutale, hâtive, démagogique et non concertée, cette implantation d’un lieu de culte et d’un centre culturel musulmans au cœur de la zone du Menetton a été décidée et est gérée dans la plus grande opacité.

L’opposition a d’ailleurs dénoncé les conditions dans lesquelles cette affaire est traitée en déplorant l’absence d’explication relative au choix du lieu d’implantation, le manque de transparence dans les négociations menées avec quelques responsables musulmans et le flou du financement prévu par le Maire (vente d’un terrain à très bas prix, sans distinguer la partie consacrée au culte de celle attribuée à l’action culturelle qui, elle,  peut être subventionnée).

Ainsi, si l’opposition avait été écoutée, l’annulation de la décision du conseil municipal approuvant la cession de ce terrain à un prix peu élevé, récemment prononcée par le tribunal administratif d’Orléans, aurait pu être évitée. La vente en question étant selon le tribunal assimilable à une subvention déguisée au profit d’un lieu de culte ce qui est prohibé par la loi.

Dès lors comment peut-on prévoir au programme d’actions inscrites au contrat d’agglomération le financement d’un centre culturel sur un terrain dont la cession à l’association chargée de sa réalisation vient d’être annulée ? Comment dans ces conditions peut-on aussi maintenir le projet de construction de moquée à cet emplacement ?

C’est pourquoi les conseillers municipaux de l’opposition demandent au Maire et à son équipe un rapport complet et détaillé sur ce projet et son état d’avancement. Ce qui permettra ainsi à l’ensemble des habitants de notre ville d’être parfaitement informé sur cette importante réalisation.  Nous  sommes déterminés à agir en ce sens.

Un an après le début du conflit, les intermittents cherchent une porte de sortie

26 juin 2004

Un an après la signature du protocole daccord refondant leur régime spécifique dindemnisation du chômage, les intermittents sefforcent de trouver une issue au conflit que les dernières mesures annoncées par le gouvernement paraissent avoir commencé à apaiser… Un an après la signature du protocole daccord refondant leur régime spécifique dindemnisation du chômage, les intermittents sefforcent de trouver une issue au conflit que les dernières mesures annoncées par le gouvernement paraissent avoir commencé à apaiser.

Une manifestation marque toutefois cet anniversaire : depuis vendredi soir une trentaine dintermittents qui avaient manifesté avec les chômeurs devant le siège de lUnedic se sont installés sur le toit de limmeuble jouxtant le siège du Medef, avenue Bosquet (7e arrondissement). Ils y étaient toujours samedi matin.

« Nous demandons le retrait du protocole daccord du 26 juin 2003 », a déclaré à lAFP Francis (les intermittents de la coordination se désignent par leur seul prénom). Ils exigent également un « expert indépendant », récusant Jean-Paul Guillot, qui a été nommé par les ministres de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres et de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo.

Les mesures annoncées par M. Donnedieu de Vabres depuis quil a succédé à Jean-Jacques Aillagon à la veille du Printemps de Bourges ont sensiblement calmé le débat. Loccupation par les intermittents et précaires de limmeuble avoisinant le Medef était la première « action » denvergure menée par la coordination depuis le Festival de Cannes.

De son côté, la CGT du spectacle, tout en continuant à demander une « véritable réforme » du régime actuel, a choisi dautres voies pour manifester ses revendications. Présente vendredi après-midi aux côtés des chômeurs devant lUnedic, la CGT semble désireuse de continuer le dialogue avec le ministre de la Culture.

« La situation nest pas tout à fait la même que lan dernier », a déclaré à lAFP Jean Voirin, secrétaire général de la fédération CGT des spectacles.

La CGT et FO (qui rejettent le protocole daccord signé dans la nuit du 26 au 27 juin 2003) nont pas répondu à lappel lancé le 23 juin dernier par la coordination leur demandant « de lancer un appel à une grève nationale reconductible jusquà labrogation du protocole du 26 juin ».

« Certaines de nos demandes ont trouvé leur traduction, répond Jean Voirin, comme la mise en place du fonds durgence qui permet de récupérer 14.000 allocataires » (ndlr : intermittents initialement exclus par le nouvel accord, durcissant les conditions daccès à lintermittence). La CGT « attend » maintenant la publication de la circulaire entérinant le fonds durgence, qui devrait intervenir le 1er juillet.

La CGT nentend pas céder sur deux mesures quelle juge « non négociables »: la prise en compte des congés-maladie dans le calcul des indemnités chômage (ceux-ci seront comptabilisés désormais à partir de trois mois darrêt-maladie, ce qui, selon le syndicat, introduit une discrimination entre salariés) et celle des heures de formation et denseignement pour les techniciens. « Il convient de ne pas perdre de temps afin quun nouveau dispositif pérenne entre en vigueur à partir du 1er janvier 2005 », déclare Jean Voirin.

Une dizaine de ministres au Conseil national de l'UMP

26 juin 2004

Une dizaine de ministres participeront dimanche au Conseil national élargi de lUMP, au Coudray-Montceaux (Essonne), en plus de Jean-Pierre Raffarin, qui interviendra en fin de matinée… Une dizaine de ministres participeront dimanche au Conseil national élargi de lUMP, au Coudray-Montceaux (Essonne), en plus de Jean-Pierre Raffarin, qui interviendra en fin de matinée.

Une dizaine de ministres viendront exposer leur politique et dialoguer avec les membres du conseil, élargi aux délégués de circonscription et autres cadres locaux, selon lUMP.

Seront présents: François Fillon (Education nationale), Dominique de Villepin (Intérieur), Jean-Louis Borloo (Emploi et Cohésion sociale), Dominique Perben (Justice), Philippe Douste-Blazy (Santé), Renaud Dutreil (Fonction publique), Hervé Gaymard (Agriculture), Renaud Donnedieu de Vabres (Culture), Nicole Ameline (Parité) et Marie-José Roig (Famille).

La veille sera une journée à huis clos au cours de laquelle Alain Juppé, président, Jean-Claude Gaudin, vice-président délégué, Philippe Douste-Blazy, secrétaire général, et François Baroin, secrétaire général délégué, animeront deux débats, lun sur « lorganisation et les perspectives de lUMP », lautre sur « le projet politique de lUMP ».

Nicolas Sarkozy interviendra samedi entre 15h00 et 16h00, juste avant le deuxième débat.Une dizaine de ministres participeront dimanche au Conseil national élargi de lUMP, au Coudray-Montceaux (Essonne), en plus de Jean-Pierre Raffarin, qui interviendra en fin de matinée.

Une dizaine de ministres viendront exposer leur politique et dialoguer avec les membres du conseil, élargi aux délégués de circonscription et autres cadres locaux, selon lUMP.

Seront présents: François Fillon (Education nationale), Dominique de Villepin (Intérieur), Jean-Louis Borloo (Emploi et Cohésion sociale), Dominique Perben (Justice), Philippe Douste-Blazy (Santé), Renaud Dutreil (Fonction publique), Hervé Gaymard (Agriculture), Renaud Donnedieu de Vabres (Culture), Nicole Ameline (Parité) et Marie-José Roig (Famille).

La veille sera une journée à huis clos au cours de laquelle Alain Juppé, président, Jean-Claude Gaudin, vice-président délégué, Philippe Douste-Blazy, secrétaire général, et François Baroin, secrétaire général délégué, animeront deux débats, lun sur « lorganisation et les perspectives de lUMP », lautre sur « le projet politique de lUMP ».

Nicolas Sarkozy interviendra samedi entre 15h00 et 16h00, juste avant le deuxième débat.

NOUVELLE MOSQUEE : LES TOURANGEAUX ONT AUSSI LE DROIT D’ETRE INFORMES

26 juin 2004

Dans la plus grande discrétion, la majorité du conseil municipal a approuvé le 7 juin dernier, dans le cadre du programme d’actions inscrites au nouveau contrat d’agglomération, la construction du Centre Culturel du Menetton.Comprise dans le projet d’édification d’une nouvelle mosquée dans notre agglomération, sujet très important et sensible, la création de ce centre culturel aurait dû normalement faire l’objet d’une information plus large à destination des Tourangeaux. Il n’en fut rien.

Fruit d’une décision brutale, hâtive, démagogique et non concertée, cette implantation d’un lieu de culte et d’un centre culturel musulmans au cœur de la zone du Menetton a été décidée et est gérée dans la plus grande opacité.

L’opposition a d’ailleurs dénoncé les conditions dans lesquelles cette affaire est traitée en déplorant l’absence d’explication relative au choix du lieu d’implantation, le manque de transparence dans les négociations menées avec quelques responsables musulmans et le flou du financement prévu par le Maire (vente d’un terrain à très bas prix, sans distinguer la partie consacrée au culte de celle attribuée à l’action culturelle qui, elle,  peut être subventionnée).

Ainsi, si l’opposition avait été écoutée, l’annulation de la décision du conseil municipal approuvant la cession de ce terrain à un prix peu élevé, récemment prononcée par le tribunal administratif d’Orléans, aurait pu être évitée. La vente en question étant selon le tribunal assimilable à une subvention déguisée au profit d’un lieu de culte ce qui est prohibé par la loi.

Dès lors comment peut-on prévoir au programme d’actions inscrites au contrat d’agglomération le financement d’un centre culturel sur un terrain dont la cession à l’association chargée de sa réalisation vient d’être annulée ? Comment dans ces conditions peut-on aussi maintenir le projet de construction de moquée à cet emplacement ?

C’est pourquoi les conseillers municipaux de l’opposition demandent au Maire et à son équipe un rapport complet et détaillé sur ce projet et son état d’avancement. Ce qui permettra ainsi à l’ensemble des habitants de notre ville d’être parfaitement informé sur cette importante réalisation.  Nous  sommes déterminés à agir en ce sens.

Hommage à Philippe Léotard à Fréjus

25 juin 2004

Monsieur le Ministre, Cher François,

Monsieur le Maire,

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Depuis plus de deux mille ans, le théâtre romain de cette ville à la généalogie enchantée,
fondée, dit-on, par Jules César, est un temple de l’éloquence, de la parole, du verbe haut et
chaud qui s’épanouit à la lumière de la Mère Méditerranée.

Aussi est-ce un dieu de l’antiquité que je voudrais invoquer en cet instant : Harpocrate, le dieu
du silence. Honoré en Grèce et à Rome, placé à l’entrée des temples, il tient l’index sur la
bouche, pour recommander le silence et la discrétion. La chouette, symbole de la nuit, se tient
au pied de sa statue. Parmi les arbres, le pêcher lui est particulièrement consacré, parce que,
dit Plutarque, la feuille du pêcher a la forme d’une langue, et son fruit celle du coeur :
emblème du parfait accord qui doit exister entre la langue et le coeur.

Eh bien, c’est avec le coeur que je veux vous dire quelques mots, devant le buste de Philippe,
ton frère, dans cette ville aimée. Certainement pas pour prononcer une oraison funèbre !

Bossuet l’avouait déjà : « nous ne pouvons rien pour la gloire des âmes extraordinaires…
leurs seules actions les peuvent louer, toute autre louange languit auprès des grands noms ».

Mais pour vous dire mon émotion.

Emotion de prendre la parole après toi, François. Lorsque je travaillais à tes côtés, au
ministère de la culture et de la communication, combien de fois n’as-tu pas souffert de ne pas
pouvoir écarter le silence du coeur et le recueillement simple, pour devoir céder au devoir de
la « parole d’Etat », quand le ministre « doit » parler ? Et pourtant, ton éloquence est
nonpareille.

Dans le livre où tu as voulu faire partager ton expérience de ce beau ministère, Culture, les
chemins de la liberté, tu ajoutes ces mots que ton frère, l’acteur, le poète, le chanteur, aurait
pu faire rouler de sa voix « râpe et scie » : « Mais qui s’est tu exactement ? »

Et tu cites ce beau vers d’Hölderlin : « nous ne sommes rien, c’est ce que nous cherchons qui
est tout ».

Aujourd’hui, sous le soleil de Fréjus, ce n’est pas ton successeur qui parle, c’est l’ami. Et
l’ami cherche ton frère.

Ton frère ne cherchait pas les honneurs.

Ton frère avait le culte de l’Amitié. Une amitié exigeante et rare.

Ton successeur doit faire preuve d’humilité.

Ton ami sait que tu comprendras sa pudeur.

Que puis-je ajouter à l’hommage vibrant que tu viens de rendre à Philippe, ton frère, pour dire
mon respect, pour honorer sa mémoire ?

Pour tenter d’être fidèle à l’une de ses plus belles qualités, la générosité, je veux simplement
vous faire partager deux de ses textes que j’aime.

Philippe Léotard, notre frère en humanité, n’est pas mort. Il nous a quitté. La magie de ses
mots demeure. Il nous l’a donnée en partage. Elle nous appartient à tous, désormais.

J’ai donc choisi un texte en prose, extrait de La clinique de la raison close (Les Belles Lettres
– 1997)

« Je n’ai jamais pu faire que mes mains se croisent, sans que mes doigts se perdent.

Parfois… Soudain… L’instant est comme un coeur ivre de jeune fille, une tiédeur de cuisses
sous la soie, un son tendre de bois, même froid, contre la brûlure des pierres, ou la fraîcheur
des robes associées au feu, aux parfums qui s’absentent, aux cheveux qui caressent des
épaules innocentes, ou seulement coupables d’oublis frissonnants…

… Ou ces interminables fuites du Temps, qui s’efforcent, à notre place, de séduire sans dire,
comme un été…

Je comprends la vocation tardive de l’enfance.

Bien sûr ! On doit tout mettre entre toutes les mains ! Serrer ! Oui ! Et aussi, étreindre la
lumière, en exciter la nuit, la baiser, la frotter jusqu’à l’incandescence indécente, lui donner
faim, multiplier des pains, longs, longs comme les jours sans crime.
Saler, sans le salir, le sang de la Source. »

Et l’un des poèmes de Pas un jour sans une ligne (Les Belles Lettres – 1992)

« Brave Blue World »

« Et si la Nature était bleue,
Et les forêts faites de ciel,
Sur les plages de l’horizon,
On aurait toujours les yeux
Remplis de lointains et de Vosges,
De Voix lactées, d’étoiles bées,
Sous nos paupières closes,
Et d’autres dieux, d’autres démons,
Professionnellement profonds,
Comme la gorge d’un Mystère,
Et des Barbares vieux,
Et des Don Juan veufs,
Pourquoi pas : des tabliers neufs,
Pour étudiantes militaires,
Aux joues de flamme,
Au cul de feu,
Aux airs de baptême,
Fuyant les matins blêmes,
Les onctions extrêmes,
N’aimant des mots que les poèmes,
De la vie, que le bleu
De son Jeu…
Et si la nature était noire,
Comme une orange sans espoir,
Sans Gagarine,
Sans Eluard… »

Je vous remercie.