Archives de 2004

Piraterie sur internet: accord sur un projet de charte d'engagements

15 juillet 2004

Ce projet de charte repose sur trois piliers: « des actions de pédagogie et de sensibilisation », « des actions de dissuasion et la mise en oeuvre dobstacles concrets contre les adeptes du piratage », ainsi que « le développement et la promotion de loffre légale de musique en ligne »… Les différents acteurs concernés par la lutte contre la piraterie sur internet se sont mis daccord sur « un projet de charte dengagements », a déclaré jeudi le ministre de lEconomie Nicolas Sarkozy, lors dune réunion à Bercy des interlocuteurs concernés par cette piraterie.

Ce projet de charte repose sur trois piliers: « des actions de pédagogie et de sensibilisation », « des actions de dissuasion et la mise en oeuvre dobstacles concrets contre les adeptes du piratage », ainsi que « le développement et la promotion de loffre légale de musique en ligne ».

Selon M. Sarkozy, « la plupart des internautes seraient prêts à cesser » le téléchargement illicite « si on leur expliquait les enjeux majeurs qui sont en cause pour lavenir même de la création artistique et intellectuelle », doù un premier volet pédagogique qui mobilisera les fournisseurs daccès à internet auprès de leur clients, mais aussi les pouvoirs publics, avec la diffusion de films dans les écoles.

Côté dissuasion, les fournisseurs daccès seront appelés à avertir « ceux de leurs abonnés qui auront été repérés en train de faire du piratage sur internet » et à mettre fin « aux abonnements de ceux qui auront été condamnés pour piratage par des juges », a ajouté M. Sarkozy.

Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, a déclaré que la réunion jeudi à Bercy des interlocuteurs concernés par la piraterie sur internet était « un point de départ dune négociation » devant « aboutir rapidement ».

M. Donnedieu de Vabres a estimé que le monde du cinéma devait être « nécessairement associé à cette négociation ». Concernant la mise en place doffres légales de téléchargement de films, « un groupe de travail sera organisé par le CNC (Centre national de la cinématographie), pour déterminer les modèles économiques » et la date à laquelle les films pourront être mis en vente en ligne. Ce groupe de travail devrait, selon M. Donnedieu de Vabres, « aboutir à des propositions dici à la fin de lannée ».

Le Belge Gérard Mortier nommé directeur de l'Opéra de Paris

15 juillet 2004

Depuis novembre 2001, Gérard Mortier était « directeur désigné » de lOpéra de Paris dont il a pu établir déjà le programme de la saison 2004-2005.
Il succèdera le 25 juillet 2004 à Hugues Gall qui a dirigé pendant neuf ans lOpéra de Paris Le Belge Gérard Mortier a été nommé jeudi en Conseil des ministres, directeur de lOpéra de Paris, a indiqué le communiqué du Conseil.

Cette nomination a été décidée sur proposition du ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres.

Depuis novembre 2001, Gérard Mortier était « directeur désigné » de lOpéra de Paris dont il a pu établir déjà le programme de la saison 2004-2005.
Il succèdera le 25 juillet 2004 à Hugues Gall qui a dirigé pendant neuf ans lOpéra de Paris.

Gérard Mortier a été auparavant principalement directeur de la Monnaie de Bruxelles (Belgique) et du Festival dété de Salzbourg (Autriche). 

Réunion de concertation sur la lutte contre la piraterie

15 juillet 2004

Il y a urgence : avec l’explosion de la piraterie sur Internet, c’est l’ensemble des activités de création qui sont menacées, musique, cinéma, mais aussi bande dessinée, jeu vidéo et logiciel. D’ores et déjà, les téléchargements illicites de contenus protégés se chiffrent par milliards, pour représenter près de quatre fois les ventes… Monsieur le ministre d’Etat,
Monsieur le ministre,
Mesdames, Messieurs,

Je tiens à remercier Nicolas Sarkozy d’accueillir au ministère de l’économie, des finances et de l’industrie cette réunion, qui à mes yeux a un caractère fondateur.

C’est en effet un symbole extrêmement fort, que nous nous trouvions aujourd’hui ensemble autour de cette table, ministère de l’économie, des finances et de l’industrie avec le ministère de la culture et de la communication, fournisseurs d’accès à internet avec les créateurs, artistes et producteurs, sans oublier les consommateurs, industries et distributeurs, pour aboutir à des propositions communes.

Car il y a urgence : avec l’explosion de la piraterie sur Internet, c’est l’ensemble des activités de création qui sont menacées, musique, cinéma, mais aussi bande dessinée, jeu vidéo et logiciel. D’ores et déjà, les téléchargements illicites de contenus protégés se chiffrent par milliards, pour représenter près de quatre fois les ventes. D’ores et déjà, l’impact économique, social et sur la création se fait durement sentir, notamment sur la musique.

La piraterie, c’est du chômage. C’est du vol. Mais c’est bien plus encore.

Parce qu’elle peut être fatale aux créateurs les plus fragiles, la piraterie est une menace pour la création et la diversité culturelle. Car la piraterie, en définitive, assèche peu à peu la création, la diversité à laquelle le public est attaché. Ceux qui sont menacés, ce sont les jeunes artistes, encore peu connus du public et de la presse, dont la disparition passera inaperçue, alors qu’ils auraient pu être les grands artistes de demain.

Si nous ne réagissons pas rapidement, la piraterie finira par nuire au public, quand bien même il pense en tirer profit, parce qu’elle ne lui laissera qu’un désert culturel, uniforme et insipide.

Je veux donc faire émerger la création et la diversité culturelle comme des valeurs, auxquelles nous sommes tous ensemble attachés, mais surtout que chacun doit respecter et protéger, à l’image de la protection de l’environnement.

L’enjeu est grand. Nous ne sommes qu’au début d’un phénomène, qui a pourtant commencé il y a cinq ans. Cinq ans dans le domaine des nouvelles technologies, c’est déjà très long, mais c’est très court dans la vie des industries de création, qui sont contraintes de s’adapter à marche forcée.

Face à cette situation, il nous faut réagir, maintenant et ensemble, pour mobiliser les énergies.

D’abord le Gouvernement : c’est le sens du plan d’action que j’ai, dès le 19 mai dernier, présenté au conseil des ministres, à la demande du Président de la République et du Premier Ministre.

Ensemble, cela veut dire aussi, au-delà des pouvoirs publics, avec tous les acteurs concernés et c’est tout le sens de notre réunion d’aujourd’hui, qui exprime cette large mobilisation.

Mais cette mobilisation doit dépasser le cadre national, car c’est au niveau international que le problème se pose. C’est aussi à ce niveau qu’une solution durable peut être efficacement envisagée.

J’ai ainsi organisé à Cannes, le 16 mai dernier, une réunion avec les représentants des studios de cinéma, des sociétés de production, des diffuseurs et des réalisateurs des Etats-Unis, d’Europe, d’Inde, de Chine et de Russie. A l’issue de cette réunion, nous avons rédigé une déclaration commune, posant les bases d’une alliance nouvelle et un peu inattendue, pour la lutte contre la piraterie et en faveur de la diversité culturelle.

Mardi dernier à Rotterdam, j’ai proposé à la présidence néerlandaise de l’Union européenne et à mes collègues ministres de la culture de l’Europe à 25 d’élaborer ensemble un plan européen de lutte contre la piraterie en concertation avec les autres formations concernées du Conseil des ministres (compétitivité-marché intérieur, justice et affaires intérieures).

Ce plan aurait d’abord pour objectif de sensibiliser ensemble les opinions publiques et de développer les échanges de bonnes pratiques entre Etats membres.

Il pourrait comprendre également une décision-cadre sur les sanctions pénales contre la contrefaçon, pour compléter la directive contrefaçon.

Il permettrait d’aborder de façon concertée la promotion des offres légales. Je souhaite notamment que nous puissions organiser une journée européenne du téléchargement légal, qui mobilisera les offres les plus créatives et les plus diverses dans chaque capitale ou dans chaque grande ville de culture de notre continent.

Il aurait aussi pour effet de stimuler les travaux de la commission européenne sur l’interopérabilité ou compatibilité des systèmes. C’est en effet un aspect essentiel, qui crée là encore une alliance nouvelle et inattendue, cette fois entre les producteurs et les consommateurs, qui souhaitent ensemble que les offres puissent être facilement accessibles sur un maximum de supports.

Cette mobilisation européenne est essentielle. Car en cette matière en particulier, il faut jouer collectif pour gagner. La coordination de l’action est la clé du succès. Mais regardons les choses en face : ce travail de conviction ne fait que commencer. La présidence néerlandaise préfère laisser faire le marché là où nous voulons une action volontariste. Nous devons la gagner à notre cause.

Par ailleurs, pour gagner ce combat, il importe de prendre la mesure de la complexité du problème.

Cette complexité est d’abord celle de la chaîne de valeur de la création, avec ses créateurs, ses artistes, ses producteurs, ses distributeurs, ses clients, mais aussi des contraintes propres à chaque type d’œuvre.

Si les enjeux de la lutte contre la piraterie sont partagés, les différents types d’œuvre, musique, cinéma, bande dessinée, jeu vidéo, ont ou auront des modèles économiques et des calendriers assez différents pour l’offre légale en ligne.

Cette complexité naît également de l’existence de deux mythes, le mythe de la gratuité et le mythe de l’impunité sur Internet.

La gratuité, c’est une société qui efface les traces de ses pas.

Ce mythe de la gratuité inspire des idées nouvelles, proposant de faire table rase de la propriété intellectuelle, pour mettre en place des systèmes de mutualisation séduisant par leur simplicité.

Gardons-nous des fausses bonnes idées, qui détruiraient un modèle de financement de la création qui a fait ses preuves pour un système dont personne ne sait s’il serait capable d’assurer correctement le financement de la création.

Le mythe de la gratuité détruit la valeur de la création. Lorsque tout est gratuit, on ne perçoit plus la valeur de la création, que l’on prend et que l’on jette. Face au gratuit, il est tentant de considérer que le prix du payant est trop élevé, et de justifier ainsi la piraterie. La qualité a en effet un prix, qui est celui de la création originale.

Cette question du prix remet d’ailleurs au cœur du débat la question de la baisse de la TVA sur le disque, baisse qu’il faudrait envisager d’étendre à la vente de contenus en ligne. La sensibilisation des autres Etats européens à laquelle je m’attache, sur les sujets de la diversité culturelle et de la piraterie, devraient en amener certains à devenir nos alliés sur cette question, ce qui est essentiel puisque la décision relève du niveau européen.

A côté du mythe de la gratuité, existe sur Internet le mythe de l’impunité.

Entendons-nous bien : je suis un enthousiaste d’Internet, de ce monde décloisonné, de l’accès à la connaissance et à l’information pour tous, de l’extraordinaire liberté d’expression qu’il permet. Mais il n’y a pas de liberté sans responsabilité et sans conscience de cette responsabilité.

Chacun doit pouvoir protéger sa vie privée sur Internet, et nous y sommes très attachés en France. Mais la protection de la vie privée ne doit pas servir de couverture à des infractions, pour lesquelles le juge peut lever l’anonymat. Internet n’est pas, ne doit pas être un espace de non-droit.

Face à cette complexité, il est nécessaire de promouvoir une approche globale du problème. C’est le sens du plan d’action que j’ai présenté, qui repose sur un équilibre entre les mesures de lutte contre la piraterie, les actions judiciaires devant être accompagnées de mesures de sensibilisation et de prévention. Mais il faut aussi mettre en place des offres légales sur internet les plus diverses et les plus abondantes possible.

L’un des axes importants de ce plan d’action repose sur la concertation que nous commençons aujourd’hui. Notre réunion est un point de départ d’une négociation entre les acteurs qui doit aboutir rapidement.

Comme viens de le dire Nicolas Sarkozy, des propositions communes aux fournisseurs d’accès à internet, aux auteurs et aux producteurs de musique, ont déjà été formalisées dans un projet de charte.

Certaines de ces propositions pourront être mises en œuvre immédiatement. Des modalités techniques devront être rapidement précisées pour d’autres, avec le soutien de Philippe Chantepie et Jean Berbinau. Les plates-formes de distribution en ligne jouent un rôle éminent dans l’offre légale et devront être associées. Enfin, d’autres propositions nécessitent une étude et une expérimentation rapide.

C’est le cas du filtrage, qui doit être abordé dans un esprit positif de responsabilisation des utilisateurs. Ces techniques devront pouvoir donner lieu à des expérimentations rapides auprès d’un panel d’abonnés, afin d’en valider l’efficacité. [sous l’égide d’un expert indépendant nommé par les pouvoirs publics]

C’est également le cas de la mise en place des offres légales pour le cinéma, qui doit être nécessairement associé à cette négociation. Un groupe de travail sera organisé par le CNC, pour déterminer les modèles économiques et la place des offres licites en ligne dans la chronologie des médias, et aboutir à des propositions d’ici à la fin de l’année.
J’invite l’ensemble des industries culturelles à s’associer à ce projet, en tenant compte des spécificités de chacune et selon leur calendrier de mise en place des offres légales.

Je suis convaincu que grâce à vous tous cette mobilisation portera ses fruits. Je compte sur votre engagement à tous et je en vous remercie.

Les confidences du ministre de la Culture

13 juillet 2004

En compagnie de Jean-Louis Foulquier, le patron des Francos, et de Didier Varrod, qui remplacera ce dernier lan prochain, il regarde Robert Charlebois entrer en piste. « Encore un festival qui va ouvrir ses portes », se réjouit-il… Après Montpellier il y a quinze jours, Aix et Avignon la semaine dernière, RDDV (comme le surnomment ses proches) est en passe de remplir son contrat : sauver la saison des festivals 2004 et faire oublier lété noir de lan passé… RENAUD Donnedieu de Vabres tombe la cravate. 20 heures hier, derrière la grande scène des Francofolies, esplanade Saint-Jean-dAcre à La Rochelle. Le ministre de la Culture est soulagé.
En compagnie de Jean-Louis Foulquier, le patron des Francos, et de Didier Varrod, qui remplacera ce dernier lan prochain, il regarde Robert Charlebois entrer en piste. « Encore un festival qui va ouvrir ses portes », se réjouit-il… Après Montpellier il y a quinze jours, Aix et Avignon la semaine dernière, RDDV (comme le surnomment ses proches) est en passe de remplir son contrat : sauver la saison des festivals 2004 et faire oublier lété noir de lan passé, causé par le mouvement des intermittents. Ce soir, tout est calme. Donnedieu a simplement reçu une délégation dintermittents pour faire le point. Ce nest pas comme à Avignon, où il fut plusieurs fois interpellé et où il dut parfois emprunter des souterrains… « Cela a été sportif, reconnaît-il. Mais on a réussi à passer la barrière de la paralysie. » A chaque fois, il répète la même chose : le fonds provisoire de 80 millions deuros quil a mis en place pour indemniser les 14 000 intermittents recalés suite à la réforme du système, le rapport sur les métiers du spectacle quil a commandé et qui servira de base à une nouvelle réforme… Des avancées que reconnaît la CGT-Spectacle, qui nont pas non plus vexé le Medef et la CFDT, signataires de laccord explosif de juin 2003. « Jai voulu quil ny ait ni vainqueurs ni vaincus », dit-il.

Linterview de Sarkozy « inopportune »
Maintenant que « le climat est apaisé », Donnedieu de Vabres aimerait ne plus seulement apparaître comme lhomme dun seul dossier. Le successeur de Jean-Jacques Aillagon rêve dimprimer sa marque avec la lutte contre le piratage ou pour la présence de programmes culturels à la télé… Il entend aussi ne pas oublier de faire de la politique. Fervent chiraquien, il est admiratif de la « résistance » de Jean-Pierre Raffarin. « Il y a eu contre lui des injures à caractère raciste. Simplement parce quil na pas fait lENA ou Science po », remarque-t-il. Hier, il a dailleurs passé une bonne partie de sa journée en compagnie de Dominique Bussereau, élu de Charente-Maritime et plus proche ami du chef du gouvernement. Attristé par le sort dAlain Juppé, il ne restera pas inactif dans la bagarre qui se profile avec Nicolas Sarkozy. « Tout le monde aura besoin de tout le monde. Même lui en 2007 », prévient celui qui a trouvé linterview du ministre de lEconomie au « Monde » de ce week-end « inopportune ». Lui organisera début octobre à Tours (Indre-et-Loire) un grand banquet de lUMP. Pour linstant, il ne sait pas encore quelle forme exacte il lui donnera : « Mais en pleine campagne pour la succession de Juppé, cela pourra servir au cas où… » En clair : au cas où il faudrait combattre Sarkozy. Mais, hier soir, le ministre de la Culture est bien loin de la guerre en Chiraquie. Après avoir dîné avec Francis Cabrel et Isabelle Boulay, il a assisté au concert de Laurent Voulzy.

Ludovic Vigogne  

Donnedieu de Vabres vante la "décentralisation-coopération" culturelle

12 juillet 2004

« Il sagit dune opération exemplaire de la décentralisation-coopération culturelle telle que je la conçois, qui a été financée par lEtat, la communauté des communes, le conseil régional de Poitou-Charentes et le conseil général de Charente-Maritime », a dit le ministre… Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a mis laccent lundi sur lexemplarité de la « décentralisation-coopération » culturelle en inaugurant les travaux de restauration de lhôpital des Pèlerins de Pons (Charente-Maritime).

« Il sagit dune opération exemplaire de la décentralisation-coopération culturelle telle que je la conçois, qui a été financée par lEtat, la communauté des communes, le conseil régional de Poitou-Charentes et le conseil général de Charente-Maritime », a dit le ministre.

Lhôpital des Pèlerins construit au XIIe siècle, classé au titre des monuments historiques et dont la rénovation a commencé en 1997, est un haut lieu culturel des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Les travaux de restauration ont bénéficié du soutien de la fondation Gaz de France.

Publicité télévisée: réaction de Donnedieu à l'avis de la Commission européenne

10 juillet 2004

Linterdiction de la publicité pour le cinéma à la télévision, estime le ministre, « bénéficie aussi aux films européens dont les conditions dexposition restent difficiles et qui ne disposent pas des moyens nécessaires aux campagnes de publicité télévisée »… Le ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, après lavis motivé de la Commission Européenne demandant à la France douvrir la publicité télévisée à lédition et au cinéma, rappelle que le réglementation française vise à préserver la diversité de loffre pour le public et contribue à la diversité culturelle, dans un communiqué publié jeudi.

Linterdiction de la publicité pour le cinéma à la télévision, estime le ministre, « bénéficie aussi aux films européens dont les conditions dexposition restent difficiles et qui ne disposent pas des moyens nécessaires aux campagnes de publicité télévisée ».

Renaud Donnedieu de Vabres souhaite que la procédure engagée par la Commission européenne (ndlr au sujet des secteurs interdits de publicité) « permette à la France de rappeler que sa réglementation concourt principalement à la préservation essentielle de loffre en Europe sans distorsion de concurrence et que les instances compétentes de lUnion reconnaissent la justesse de ce combat en faveur de la diversité culturelle ». 

Exposition sur la Renaissance à Chambord avec le Codex Leicester en vedette

8 juillet 2004

Une grande exposition au château de Chambord, inaugurée mercredi par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, évoque linfluence italienne sur les débuts de la Renaissance en France, avec en vedette le Codex Leicester de Léonard de Vinci…. Une grande exposition au château de Chambord, inaugurée mercredi par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, évoque linfluence italienne sur les débuts de la Renaissance en France, avec en vedette le Codex Leicester de Léonard de Vinci.

Intitulée « De lItalie à Chambord, la chevauchée des princes » et ouverte jusquau 7 octobre, lexposition montre au travers de peintures, sculptures, et autres tapisseries comment, à partir des guerres dItalie, les rois de France et particulièrement François 1er ont eu une autre vision du monde sous linfluence des maîtres transalpins.
 
La fascination du vainqueur de Marignan pour Léonard de Vinci, quil invita à séjourner en France, à Amboise (Indre-et-Loire), est évidemment mise en valeur avec, notamment, des répliques, datant parfois de plusieurs siècles, des grands tableaux du maître (La Joconde, le Saint Jean-Baptiste, la Vierge et lEnfant avec Sainte Anne, etc…).

Pièce originale et clou de la visite, dans une petite pièce très sécurisée, sont exposés les 18 feuillets de papier de lin du Codex Leicester, prêté par le roi de linformatique américain Bill Gates.

Sur ce manuscrit, rédigé dune écriture serrée de droite à gauche, ne pouvant donc être lue quavec un miroir, et assorti de 360 croquis, le génial artiste et savant expose ses recherches sur leau et lastronomie.

« Une rivière peut être détournée par quelques pierres, si lon comprend bien le sens de son courant », peut-on lire notamment. 

Ouverture de l'Année Italienne à Chambord

7 juillet 2004

Madame le Sénateur,

Messieurs les Députés,

Monsieur le Maire,

Messieurs les Présidents,

Monsieur l’Ambassadeur,

Monsieur le Préfet,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux d’inaugurer cette magnifique exposition « de l’Italie à Chambord,
François 1er, la chevauchée des princes français ».

Chambord : un domaine symbolique du patrimoine commun de l’humanité dont nous avons
la charge et où nous accueillons un public qui a rendez-vous ici avec l’art et avec l’histoire.

Chambord, comme le Louvre et Versailles, c’est un lieu mythique, un lieu hautement
symbolique du pouvoir royal. Un pouvoir qui n’était pas fixé en un point précis mais se
déplaçait au gré des mouvements du roi et de sa cour.

Oui, ici nous avons rendez-vous avec l’histoire : l’histoire de la France, l’histoire de l’Italie,
l’histoire de l’Europe. Car c’est au fond une seule et même histoire que nous rendent
présents les illustres témoignages rassemblés par les commissaires de l’exposition, que je
tiens à remercier, Madame Arminjon, Monsieur Lavalle, Madame Chatenet et Monsieur
d’Anthenaise.

Oui, ce sont les racines de notre culture humaniste qui revivent ici grâce à vous. Grâce aussi
à la magie de Chambord, le plus grand, le plus illustre château de ce Val-de-Loire cher à
notre coeur, cher au coeur des Français et des millions de visiteurs qui viennent ici à la
recherche de l’âme de l’Europe. A la recherche aussi d’un idéal de bonheur et d’un certain
art de vivre chanté par les poètes. C’est sans doute ce « doux vivre » évoqué par Clément
Marot qui nous retient encore dans le regard de la Joconde ou de la Belle Ferronnière :

« … Sous bel ombre, en chambre et galeries
Nous promenant, livres et railleries,
Dames et bains, seraient les passe-temps,
Lieux et labeurs de nos esprits contents…
Le chien, l’oiseau, l’épinette et le livre,
Le deviser, l’amour (à un besoin),
Et le masquer, serait tout notre soing. »

Au-delà de cet art de vivre, c’est l’Europe de l’intelligence et de l’esprit qui fut au coeur de la
rencontre entre la France et l’Italie. Rencontre des princes, des artistes, des poètes et des
savants qui se fît dans les toutes dernières années du XVe siècle et les toutes premières
années du XVIe siècle. C’était le début de la Renaissance et de l’idéal d’un homme complet
qui saurait conjuguer l’élan de la pensée et une sensation esthétique tout à fait nouvelle.

Bien sûr, cette épopée artistique et culturelle commença dans la guerre. Cette exposition
évoque les campagnes d’Italie, les guerres où s’illustra le tout jeune François 1er et son
chevalier Bayard, avec au centre de cette évocation, la célèbre victoire de Marignan qui
demeure, sans doute, la date la plus connue de l’histoire de France. La toute-puissance du
roi se nourrit de ces batailles. C’est sous son règne qu’apparut l’expression « Votre Majesté
» jusque-là réservée à l’Empereur. Mais très vite le roi chevalier s’érige, sur le modèle des
mécènes italiens, en grand protecteur des arts et des lettres. Et il est particulièrement
émouvant de découvrir ici l’unique Codex Leicester, l’un des sept ouvrages rédigés par
Léonard avant que François 1er le fit venir en France.

Nous avons la chance extraordinaire de découvrir ces pages de la main de Léonard, où le
génie le plus accompli de la Renaissance médite sur la mystérieuse beauté des éléments,
sur la certitude du rythme éternel de l’eau et de la terre.

Comment ne pas être fasciné par le souffle stimulant d’une création en marche, par le
rayonnement d’un « astre immense » ? Ce n’était pourtant qu’un homme : et l’erreur est
humaine. Le plus grand savant de tous les temps a pu errer puisque, d’après le très beau
catalogue de l’exposition, le Codex, « démontre » que la lune n’a aucune influence sur le
mouvement des marées !

Grâce à Bill Gates, et à René Monory, et sur l’intervention du Président de la République, ce
trésor nous est désormais accessible. Nous pouvons leur en être particulièrement
reconnaissants. Les foules venues du monde entier se presser devant la Joconde nous le
prouvent chaque jour, vous nous le prouvez à votre tour : « il n’y a pas de doute, dans le ciel
de France, le soleil de Léonard ne s’est pas éteint ».

Dans quel autre lieu que Chambord pouvait-on mieux faire passer ce souffle de la
Renaissance, ce souffle d’une Europe de l’esprit qui amena François 1er à recruter dans
l’Europe entière les « lecteurs royaux » qui formeront plus tard le Collège de France ?

Les échanges d’étudiants dans l’Europe d’aujourd’hui sont imprégnés par l’esprit de ce
temps, puisqu’ils sont placés sous le signe de l’un de ses plus prestigieux savants.

Et le programme d’action de l’Union européenne en faveur de la formation professionnelle
porte le nom de Leonardo.

Oui, Chambord, c’est la fusion, de l’art, du monument, de l’histoire et du présent. C’est la
raison pour laquelle Xavier Patier, ancien commissaire, l’appelle le « château absolu ».

Il y a à Chambord un autre aspect du patrimoine, que je tiens à mettre en valeur. Là aussi,
l’héritage de François 1er et de la Renaissance prend un relief très moderne : c’est, sinon la
fusion, en tout cas la rencontre de la culture et de la nature.

Le plus vivant témoignage nous en est donné par ce magnifique parc qui est aussi le plus
grand enclos forestier d’Europe, avec l’équivalent de la superficie de Paris ! C’est aussi,
Monsieur le Maire, au sein de cet ensemble, le patrimoine d’un authentique village, d’une
commune vivante, qui est tout sauf un musée !

C’est encore un patrimoine naturel exceptionnel par sa faune et sa flore, un patrimoine
cynégétique également. Je tiens à remercier pour son partenariat constant avec le domaine,
la Fondation de la maison de la chasse et de la nature, qui s’est associée étroitement à cette
exposition.

Je suis convaincu que cette complémentarité entre le château et le parc prend tout son sens
aujourd’hui, afin que les visiteurs qui viennent ici admirer le patrimoine naturel puissent
également mieux connaître le patrimoine architectural et monumental.

J’y vois une grande fidélité à l’esprit des lieux et à François 1er, puisque Chambord fut
d’abord – faut-il le rappeler – un immense relais de chasse. La chasse était l’activité préférée,
sinon principale, du roi au grand étonnement de vos lointains prédécesseurs, Monsieur
l’Ambassadeur d’Italie. La chasse était alors un privilège. Elle se confondait avec l’exercice
du pouvoir.

La chasse est toujours un art de vivre. Elle apporte aujourd’hui beaucoup à la connaissance
et à la protection de la nature, dont Montaigne disait déjà qu’elle est un « doux guide » –
l’homme n’avait alors pas conscience, pour vivre en harmonie avec elle, de devoir inventer le
« développement durable ». C’est aussi cela qu’il convient de mettre en valeur à Chambord,
pour répondre à la fois à une forte demande et à un besoin profond du public d’aujourd’hui.

C’est cette dynamique, qui permet de fidéliser et de conquérir de nouveaux publics, que je
souhaite mettre en mouvement à Chambord. La création, à partir du 1er janvier prochain
d’un établissement public national nous offrira un outil au service de cet objectif.

Cette structure donnera une cohérence nouvelle à l’exploitation de l’ensemble de Chambord,
l’ensemble exceptionnel du château et du domaine. C’est le projet de loi en cours de
discussion devant le Parlement sur le développement des territoires ruraux qui permettra de
créer ce nouvel établissement public.

Notre patrimoine, et c’est l’une de mes convictions fortes, appartient à tous. Il doit être ouvert
à tous. C’est dans cet esprit que la culture apporte une contribution que je crois déterminante
à la cohésion sociale aujourd’hui. Parmi les moyens utiles, qui sont aussi du ressort de mon
ministère, car je tiens beaucoup aux liens entre culture et communication, il y a l’usage
intelligent des nouvelles technologies.

Et je suis très heureux d’inaugurer ici non seulement cette magnifique exposition mais aussi
cette grande première pour un monument historique existant : l’entière modélisation de ses
volumes, de ses façades, de ses ornements et la restitution de ces données sous forme d’un
film en images de synthèse d’une haute définition.

L’apport du film numérique à la connaissance du château en fait un outil pédagogique et
scientifique sans précédent pour lire en toute clarté son architecture complexe. Je tiens à
remercier l’association des Amis de Chambord et les entreprises mécènes, les laboratoires
Pierre Fabre et la Fondation EDF.

Cette exploration virtuelle ouvrira plus largement Chambord au public. A tous les publics.

Les personnes qui ne peuvent atteindre les terrasses ni parcourir les étages, et parmi elles,
les personnes handicapées, y trouveront des informations essentielles sur le monument. Je
me réjouis que les nouvelles technologies répondent efficacement au désir de connaissance
de chacun, tout en permettant à tous ceux que les langages traditionnels excluent, ou qu’une
mobilité réduite affecte, d’entrer à leur tour dans le monument.

Ainsi, le chantier de l’accessibilité avance, puisque le rez-de-chaussée est maintenant
accessible avec l’ouverture d’une piste de visite. Des véhicules électriques permettent
également enfin l’accès autonome au parc, grâce à l’action déterminée du ministère, et au
soutien du conseil général et de l’association des Amis de Chambord que je tiens à
remercier. Nous pouvons tous nous en féliciter. Il faut nous mobiliser pour continuer cet effort
afin que Chambord, labellisé l’an dernier à l’occasion de l’année européenne des
handicapés, demeure un monument exemplaire de la contribution de la culture à la cohésion
sociale, si nécessaire à notre temps.

André Malraux disait que notre civilisation exprime volontiers ce qu’elle apporte dans le
vocabulaire de celles qui l’ont précédée. En s’ouvrant à tous les publics, Chambord tient
aujourd’hui les promesses de l’humanisme dont il est le symbole.

Je tenais à vous le dire et à vous en remercier.

Emotion, tristesse et applaudissements au dernier Bureau politique de Juppé

7 juillet 2004

« Cest lélégance avec un immense E », a souligné le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres… Emotion, tristesse et applaudissements ont marqué, mardi soir, le dernier Bureau politique dAlain Juppé en tant que président de lUMP.

Alain Juppé, frappé de dix ans dinégibilité après sa condamnation à 18 mois de prison avec sursis pour prise illégale dintérêt dans laffaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, a confirmé lors de cette réunion quil quittera la présidence de lUMP « à la mi juillet », sans préciser la date exacte de son départ, ont indiqué plusieurs participants.

A lUMP, on a indiqué que ce départ interviendra de toute façon après le 14 juillet, date de la traditionnelle interview du chef de lEtat, Jacques Chirac, à loccasion de la fête nationale.

M. Juppé a brièvement pris la parole à la fin de la réunion « pour se féliciter du travail fait et remercier tous les membres du Bureau politique qui ont travaillé avec lui pendant 2 ans », a indiqué le député Dominique Dord à la sortie. Cela a été fait « dans un esprit de grande sobriété, de grande simplicité et de discrétion », a relevé le secrétaire général délégué François Baroin. Il a exprimé sa « confiance en lUMP et en lavenir de lUMP », a analysé Eric Woerth, secrétaire dEtat à la Fonction publique.

Des applaudissements nourris ont salué cette intervention. Selon M. Baroin, ils ont été « à la fois profonds, chaleureux et en même temps empreints dune grande sincérité et de beaucoup damitié ».

« Un attachement à lhomme »

« Beaucoup au fond deux-mêmes, quelles que soient les orientations, les choix tactiques, les postures ont une profonde admiration pour la trajectoire qui est la sienne », a ajouté M. Baroin.

« Il y avait, et il y a toujours, un attachement à lhomme », a souligné Pierre Méhaignerie, président de la commission des Finances de lAssemblée.

Cette sobriété a semblé frustrer le président délégué Jean-Claude Gaudin. « Comment voulez-vous que nous nayons pas un moment démotion? Mais visiblement lhomme dEtat quest Alain Juppé ne souhaitait pas que nous soyons trop expansifs. Pour un méridional comme moi, cest difficile de ne pas lêtre », a-t-il dit. « Quelquefois, nous pensons quil y a des choses injustes et cela nous peine », a-t-il ajouté.

« Sur le plan humain et personnel, il y a une tristesse incontestable », a noté François Goulard, secrétaire dEtat aux Transports. « Cest lélégance avec un immense E », a souligné le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres.

Même le sarkozyste Christian Estrosi a reconnu « une émotion évidente » car « Alain Juppé a été le premier président à donner toute sa consistance à cette grande formation politique ». « Lavenir de lUMP, je le vois aux couleurs de Nicolas Sarkozy bien évidemment », a-t-il poursuivi.

Nicolas Dupont-Aignan, candidat malheureux contre Alain Juppé pour la présidence de lUMP en novembre 2002, a estimé que son ancien adversaire, « sincèrement, était attaché à lUMP ». Mais « est-ce que lUMP est simplement là pour cirer les pompes du gouvernement de manière maladroite ou est-ce quelle est là pour aider le gouvernement avec des idées nouvelles pour résoudre les problèmes des Français ? Cest cela la vraie question », a-t-il relevé. Pour lui, « ce nest le départ dAlain Juppé qui est une bonne chose, cest quil y ait enfin des élections libres », a ajouté celui qui a déjà indiqué quil sera à nouveau candidat à la tête de lUMP à lautomne.

« Cest une page qui se tourne mais jespère quun jour il y aura une autre page qui se tournera avec lui », a affirmé Pierre Lequiller.

Le ministre de la Culture se prononce en faveur d’une journée antipiratage en Europe

6 juillet 2004

La table ronde du 15 juillet prochain aura pour objet de lutter contre le piratage et de discuter de l’adoption du filtrage des œuvres sur Internet. Cette réunion réunira l’ensemble des partenaires musique et du cinéma, des fournisseurs d’accès, des producteurs, des distributeurs… La table ronde du 15 juillet prochain aura pour objet de lutter contre le piratage et de discuter de l’adoption du filtrage des œuvres sur Internet.

Cette réunion réunira l’ensemble des partenaires musique et du cinéma, des fournisseurs d’accès, des producteurs, des distributeurs aux interprètes et aux consommateurs. Monsieur Donnedieu de Vabres « souhaite qu’au terme de cette réunion un calendrier précis, de sensibilisation et de mesures coercitives, soit décidé ».

« Ce que nous voulons obtenir » a-t-il poursuivi, « c’est le maintien de la diversité culturelle et de la création. Si nous laissons les choses empirer, ce sont des pans entiers de musique ou de cinéma qui disparaîtront avec l’impossibilité pour les plus petits pays, les plus fragiles, de continuer à rayonner ».

Le ministre de la Culture a plus particulièrement évoqué la question des prix, essentielle pour encandrer le téléchargement légal. En cette matière, a déclaré Donnedieu de Vabres, « la responsabilité des fournisseurs d’accès […] est primordiale. Il ne faut pas qu’à travers le maillage des normes techniques un nouveau protectionnisme se développe ». »C’est la gratuité totale qui détruit », a-t-il martellé.

Au sujet de la baisse de la TVA, Donnedieu de Vabres a déclaré « compter pour ce dossier sur le soutien actif de mon collègue ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances ». Toutefois a-t-il rappelé, la décision doit être prise à l’unanimité par les pays membres de l’Union européenne.

Revenant sur le filtrage des œuvres sur Internet, le ministre souhaite « obtenir que le même jour, dans tous les pays de l’Union européenne, il y ait un événement mettant en lumière, pays par pays, l’offre légale payante », afin de la garantir et l’offrir de manière responsable au public et de concert avec l’ensemble des acteurs.