Archives de 2004

Signature de l'Accord Etat / Presse / Poste

24 juillet 2004

Le protocole daccord qui est soumis aujourdhui à votre signature va en effet bien au-delà dun simple réaménagement des conditions tarifaires et techniques du traitement et de la distribution de la presse par lopérateur postal. Il a pour ambition de jeter les bases, pour les quatre années à venir, dun nouveau mode de relations entre les éditeurs, La Poste et lÉtat… Mes premiers mots seront pour vous remercier. Vous remercier du travail accompli pour aboutir à un accord marquant non seulement pour le transport postal de la presse, mais plus largement dans lhistoire quont en commun la presse, La Poste et les pouvoirs publics.

Le protocole daccord qui est soumis aujourdhui à votre signature va en effet bien au-delà dun simple réaménagement des conditions tarifaires et techniques du traitement et de la distribution de la presse par lopérateur postal. Il a pour ambition de jeter les bases, pour les quatre années à venir, dun nouveau mode de relations entre les éditeurs, La Poste et lÉtat.

A lheure où la Poste souvre largement à la concurrence et fait un effort sans précédent de modernisation, il était en effet nécessaire de garantir lavenir du transport postal de la presse et de faire face aux enjeux qui sy attachent.

La mise en œuvre des accords de janvier 1997, dits  » accords Galmot  » avait de toute évidence laissé à lensemble des parties prenantes un sentiment dinachevé.

 LÉtat versait à lopérateur postal une subvention globale, dont le lien avec lobjectif poursuivi de défense du pluralisme apparut de moins en moins clairement au fil des années. Les éditeurs ont ainsi supporté dimportantes hausses tarifaires, sans avoir le sentiment que se réalisaient parallèlement des progrès déterminants du service rendu en contrepartie. Quant à La Poste, reconnaissons ensemble quelle enregistre aujourdhui encore un important déficit à raison de la distribution de la presse.

Pour étayer ce constat, et en tirer toutes les conséquences, le gouvernement a confié à Monsieur Henri Paul, en décembre 2002, la délicate mission détablir un bilan contradictoire des accords Galmot, et de proposer des voies damélioration. Je tiens à saisir loccasion qui mest donnée pour saluer linvestissement personnel dHenri Paul dans cette mission, saluant à travers lui toutes celles et ceux qui ont contribué à cet important travail éditeurs, agents de la Poste, fonctionnaires du ministère de lIndustrie et de la direction du Développement des Médias. Sans les qualités danalyse, dexpertise et de négociation que nous lui connaissons, je ne suis pas sûr que nous serions aujourdhui réunis.

Au-delà du constat des carences du système actuel, les discussions tripartites menées dans le cadre de la mission dite  » mission Paul  » ont permis de cerner les enjeux auxquels auront à faire face les acteurs du transport postal de la presse :

· La Poste, qui doit opérer une profonde mutation industrielle et commerciale afin daffronter lévolution de son environnement réglementaire, économique et concurrentiel ;

    · La presse, qui doit développer sa diffusion par une politique dabonnements à un coût raisonnable, acheminés avec une bonne qualité de service ;

    · LÉtat, qui doit continuer à assurer le pluralisme de linformation et veiller sur tout le territoire à légalité des titres et des lecteurs en matière de distribution postale.
    Le protocole daccord que vous avez devant vous, et qui constitue laboutissement des travaux et des discussions engagées entre nous voici plusieurs mois, prend     toute la mesure de ces enjeux, et jai la conviction quil donne à chacun les meilleurs chances dy répondre.

Pour permettre aux éditeurs de presse et à La Poste une visibilité à moyen terme, laccord couvre une période de 4 ans, de 2005 à 2008.

La Poste propose une offre mixte, avec un cadre de base et des options, qui peut et doit apporter aux éditeurs une amélioration de ses services, tant pour loffre de base que pour les options.

    – La loi définit les obligations de service public de lopérateur postal en matière de transport et de distribution de la presse ;

    – lEtat participe au financement de celles qui ont pour objectif le pluralisme de linformation, cest laide au ciblage, et légalité des titres et des lecteurs sur tout le     territoire, laide à la distribution dans les zones de faible densité.

Les évolutions quinstaure ce protocole daccord devaient intervenir sans bouleversement des repères des différents acteurs : maintien du principe de paritarisme, périmètre inchangé de la presse à régime réglementé, conservation des principes de tarification introduits en 1997, introduction dun engagement de responsabilité et damélioration de la qualité du service, observatoire paritaire de la qualité, etc.

Le texte qui va être signé par chacun dans quelques instants est un texte déquilibre. Cet équilibre est le fruit de votre travail conjugué pendant ces deux années. Il traduit le sens des responsabilités de chacun, La Poste, la presse et lEtat. Les bilans annuels qui en seront faits et auxquels jattache la plus haute importance en montreront, jen suis convaincu, les effets vertueux et structurants.

Je sais que ce texte de compromis, devra dans les années qui viennent « vivre sa vie » et je souhaite assurer les parties signataires de mon constant soutien pour que cette nouvelle étape des relations entre la Presse et la Poste soit fructueuse et utile au développement de nos relations communes.

Signature de l'Accord Etat / Presse / Poste

22 juillet 2004

Monsieur le Ministre,

Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs,

Mes premiers mots seront pour vous remercier. Vous remercier du travail accompli pour
aboutir à un accord marquant non seulement pour le transport postal de la presse, mais plus
largement dans l'histoire qu'ont en commun la presse, La Poste et les pouvoirs publics.

Le protocole d'accord qui est soumis aujourd'hui à votre signature va en effet bien au-delà
d'un simple réaménagement des conditions tarifaires et techniques du traitement et de la
distribution de la presse par l'opérateur postal. Il a pour ambition de jeter les bases, pour les
quatre années à venir, d'un nouveau mode de relations entre les éditeurs, La Poste et l'État.

A l'heure où la Poste s'ouvre largement à la concurrence et fait un effort sans précédent de
modernisation, il était en effet nécessaire de garantir l'avenir du transport postal de la presse
et de faire face aux enjeux qui s'y attachent.

La mise en oeuvre des accords de janvier 1997, dits " accords Galmot " avait de toute
évidence laissé à l'ensemble des parties prenantes un sentiment d'inachevé. L'État versait à
l'opérateur postal une subvention globale, dont le lien avec l'objectif poursuivi de défense du
pluralisme apparut de moins en moins clairement au fil des années. Les éditeurs ont ainsi
supporté d'importantes hausses tarifaires, sans avoir le sentiment que se réalisaient
parallèlement des progrès déterminants du service rendu en contrepartie. Quant à La Poste,
reconnaissons ensemble qu'elle enregistre aujourd'hui encore un important déficit à raison
de la distribution de la presse.

Pour étayer ce constat, et en tirer toutes les conséquences, le gouvernement a confié à
Monsieur Henri Paul, en décembre 2002, la délicate mission d'établir un bilan contradictoire
des accords Galmot, et de proposer des voies d'amélioration. Je tiens à saisir l'occasion qui
m'est donnée pour saluer l'investissement personnel d'Henri Paul dans cette mission,
saluant à travers lui toutes celles et ceux qui ont contribué à cet important travail éditeurs,
agents de la Poste, fonctionnaires du ministère de l'Industrie et de la direction du
Développement des Médias. Sans les qualités d'analyse, d'expertise et de négociation que
nous lui connaissons, je ne suis pas sûr que nous serions aujourd'hui réunis.

Au-delà du constat des carences du système actuel, les discussions tripartites menées dans
le cadre de la mission dite " mission Paul " ont permis de cerner les enjeux auxquels auront à
faire face les acteurs du transport postal de la presse :

· La Poste, qui doit opérer une profonde mutation industrielle et commerciale afin d'affronter
l'évolution de son environnement réglementaire, économique et concurrentiel ;

· La presse, qui doit développer sa diffusion par une politique d'abonnements à un coût
raisonnable, acheminés avec une bonne qualité de service ;

· L'État, qui doit continuer à assurer le pluralisme de l'information et veiller sur tout le territoire
à l'égalité des titres et des lecteurs en matière de distribution postale.

Le protocole d'accord que vous avez devant vous, et qui constitue l'aboutissement des
travaux et des discussions engagées entre nous voici plusieurs mois, prend toute la mesure
de ces enjeux, et j'ai la conviction qu'il donne à chacun les meilleurs chances d'y répondre.

Pour permettre aux éditeurs de presse et à La Poste une visibilité à moyen terme, l'accord
couvre une période de 4 ans, de 2005 à 2008.

La Poste propose une offre mixte, avec un cadre de base et des options, qui peut et doit
apporter aux éditeurs une amélioration de ses services, tant pour l'offre de base que pour les
options.

– La loi définit les obligations de service public de l'opérateur postal en matière de transport
et de distribution de la presse ;

– l'Etat participe au financement de celles qui ont pour objectif le pluralisme de l'information,
c'est l'aide au ciblage, et l'égalité des titres et des lecteurs sur tout le territoire, l'aide à la
distribution dans les zones de faible densité.

Les évolutions qu'instaure ce protocole d'accord devaient intervenir sans bouleversement
des repères des différents acteurs : maintien du principe de paritarisme, périmètre inchangé
de la presse à régime réglementé, conservation des principes de tarification introduits en
1997, introduction d'un engagement de responsabilité et d'amélioration de la qualité du
service, observatoire paritaire de la qualité, etc.

Le texte qui va être signé par chacun dans quelques instants est un texte d'équilibre. Cet
équilibre est le fruit de votre travail conjugué pendant ces deux années. Il traduit le sens des
responsabilités de chacun, La Poste, la presse et l'Etat. Les bilans annuels qui en seront
faits et auxquels j'attache la plus haute importance en montreront, j'en suis convaincu, les
effets vertueux et structurants.

Je sais que ce texte de compromis, devra dans les années qui viennent "vivre sa vie" et je
souhaite assurer les parties signataires de mon constant soutien pour que cette nouvelle
étape des relations entre la Presse et la Poste soit fructueuse et utile au développement de
nos relations communes.

Je vous remercie.

Programmes européens Culture et Média en "forte progression"

21 juillet 2004

Le ministre a en outre proposé dans ce cadre « la création dun programme spécifique pour les industries culturelles non audiovisuelles telles que lédition, le disque et larchitecture »… Une « forte progression » de lenveloppe financière des programmes européens « Culture » et « Média » est proposée par la Commission européenne de Bruxelles pour les prochaines années, a annoncé mardi le ministère de la Culture.

Le ministre Renaud Donnedieu de Vabres sest félicité « de la forte progression de lenveloppe financière des programmes +Culture+ et +Média+ proposée par la Commission européenne (respectivement, de 294 millions deuros sur 2000-2006 à 408 millions deuros sur 2007-2013, soit + 39%, et de 638 millions deuros sur 2000-2006 à 1055 millions deuros sur 2007-2013 soit + 65%) », a précisé le ministère dans un communiqué.

Cette proposition de la Commission devra faire lobjet dun accord de lensemble des Etats membres dans le cadre des négociations du budget communautaire.
« Le gouvernement français, dans le respect de la limitation du budget communautaire à 1% du PIB, soutient fermement la nécessité dune forte progression des dépenses communautaires consacrées à la culture et à laudiovisuel », a rappelé M. Donnedieu de Vabres.

Le ministre a en outre proposé dans ce cadre « la création dun programme spécifique pour les industries culturelles non audiovisuelles telles que lédition, le disque et larchitecture », a-t-il précisé.

Renaud Donnedieu de Vabres; deux jours pour se forger une opinion.

21 juillet 2004

Grand oral pour Valenciennes, Lens, Calais et Boulogne-sur-Mer devant Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture

FIN du marathon régional du ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres ce soir à Arras. Deux jours pour se forger une opinion : laquelle des cinq villes candidates de la région Nord – Pas-de-Calais (plus Amiens en Picardie) est-elle la mieux placée pour accueillir l’antenne du Louvre (ouverture prévue au printemps 2009) ? Après les candidatures papier, place au terrain pour le ministre entouré de sa cohorte de conseillers.
D’abord Valenciennes, « l’outsider ». Le maire, Dominique Riquier, a présenté son projet « politique, culturel et économique » pour une ville qui a énormément souffert : 40 000 licenciements au milieu des années 70, des indices de souffrance sociale parmi les plus élevés de France. Ça, c’était pour le passé. Depuis, l’Athènes du Nord relève la tête, regarde la vie en numérique et haute technologie, et surtout ne verrait pas d’inconvénient à accueillir l’antenne du Louvre. Visite sur place du site des Repenties, 40 000 m² bien situés avec un parking (visité aussi par l’équipe ministérielle) de 600 places. Candidature propre, soignée et séduisante.
Puis en début d’après-midi, arrivée à l’hôtel de ville de Lens, direction le 8e étage. L’ensemble des techniciens de la ville ayant participé au projet attendaient. Une répétition du grand oral avait déjà eu lieu lors d’une réunion plénière au conseil régional, mais cette fois, l’enjeu était tout autre. Sur les tables, un dossier : 2008, le Louvre à Lens. En illustration, un terril encadré par deux pyramides de verre. En avocat, le maire Guy Delcourt présentant sa fosse 9 et ses 20 hectares (dont 7 boisés).

Ambassadrices de choc

Plus que de chiffres, il a été question d’hommes lors de cette présentation, de générations sacrifiées, de courage, et aussi d’une population qui a soif de culture. « On bosse, Monsieur le ministre, on se retrousse les manches. Je peux vous parler des heures de ce projet. Développer les arguments de cette agglomération à une heure de Lille, de cette terre de patrimoine, mais en clair, si le Louvre ne vient à Lens, nous n’aurons rien », annonçait l’élu. Alors, avec son parking de 2 500 places non loin, la situation de la fosse 9 semble idéale.
La visite ministérielle était préparée au centimètre près. Pas un papier, pas un détritus, rien ne souillait l’immense espace boisé, à un kilomètre du centre-ville lensois. L’enjeu sur cette zone sinistrée est d’importance et l’arrivée du Louvre une véritable raison de survie.
Alors Guy Delcourt et ses conseillers ont montré, démontré que le Louvre, c’était là et pas ailleurs. Le maire de Lens ne pouvait rêver meilleures ambassadrices que trois petites dames de la cité minière croisées par hasard et saluées par le ministre. Marie, Helena et Sophie lui ont rendu son salut à leur façon : « Ben oui, M’sieur le ministre, ce serait bien pour nous, ce Louvre. Vous voyez, on a tellement dit que les mineurs, c’était la basse classe, qu’on était tout en bas, alors décrocher le Louvre, on prendrait ça comme un honneur, M’sieur le ministre.
» Touché. Et puis s’il fallait encore un argument, le maire a remis au ministre les 8 000 signatures spontanées des Lensois exprimant leur adhésion à ce beau projet : « Je mesure le poids de la responsabilité que j’ai à prendre en rendant ma décision. »
Direction Calais ensuite, où l’accueil était plus réservé en mairie. La présentation du projet n’avait pas la fibre chaleureuse de l’ex-bassin minier. Le maire – absent pour cause de rentrée parlementaire – refuse de pallier un désengagement de l’État. Il propose ses terrains. Pour le reste… Les deux sites avancés par Calais sont bien situés par rapport aux axes routiers mais sans le charme et le poids de l’histoire du site lensois. Calais joue la carte de la porte de France, du deuxième port de voyageurs derrière Hong-Kong et avant Douvres, de la clientèle étrangère qui consomme, mais sans grande conviction.
Enfin, dernière visite à Boulogne-sur-Mer et retrouvailles avec un Guy Lengagne décidé à retenir toute l’attention du ministre avec qui il partage de joyeux souvenirs de voyages parlementaires en Israël et en Turquie. Le genre de détail qui compte… Quelques minutes d’abord dans le bureau du maire, Frédéric Cuvillier, et avec Jack Lang, député de la ville. Boulogne a déjà son potentiel de clients avec Nausicaà. Le site serait sur l’ancien terminal transmanche, avec vue sur le port et la COMILOG. Le symbole est là. La volonté aussi : celle de faire de Boulogne une vraie grande station balnéaire. Au début du siècle, quarante hôtels y faisaient face à la mer. Un autre site idéal.

V. C.
Aujourd’hui, le ministre de la Culture termine son cycle de visites par Amiens et Arras.

Inauguration du Musée national de préhistoire

19 juillet 2004

Monsieur le Ministre,

Messieurs les Sénateurs,

Messieurs les Députés,

Monsieur le Président du Conseil régional,

Monsieur le Président du Conseil général,

Mesdames et Messieurs les Maires et les Elus,

Mesdames et Messieurs,

Dans la vallée de la Vézère, la présence de l'Homme est inscrite depuis l'aube des temps.

Oui, ici, l'on peut dire en toute connaissance de cause, selon l'expression du grand
paléontologue Yves Coppens, " ce qu'est l'homme et d'où il vient ". Ici, l'on sait dans quelle
histoire, celle de la vie, s'inscrit " l'odyssée de l'espèce " que tant de témoignages
rassemblés dans ce musée unique au monde, nous racontent sur les lieux mêmes où nos
lointains ancêtres vivaient depuis 400 000 ans.

Tout autour, en effet, ont été découverts depuis le milieu du XIXe siècle, parfois au hasard,
parfois dans le cadre de prospections plus organisées, des grottes ornées, de simples abris
ou de grands gisements qui ont fait à chaque découverte progresser à la fois la
connaissance et la vision du destin de l'humanité.

Car c'est ici, au confluent de la Vézère et de la Beune, qu'est née la science de la
préhistoire, dont on peut dire ce qu'Yves Coppens a écrit de la paléontologie : elle est " une
science qui se doit de rêver pour comprendre ". Ce magnifique musée national de la
préhistoire nous permet et de rêver et de comprendre. Et il n'est pas besoin d'être savant
pour être profondément ému par ces preuves de la très haute ancienneté de l'homme, que
Boucher de Perthes appelait " antédiluvien ", avant que la notion d'évolution humaine soit
universellement acceptée. L'homme qui a survécu à l'alternance d'au moins une vingtaine de
cycles glaciaires et interglaciaires au cours de l'ère quaternaire, qui ont façonné les
paysages que nous connaissons aujourd'hui et l'héritage commun de l'humanité. Un héritage
qui n'est pas seulement génétique ou biologique, car il est autant naturel que culturel et il est
artistique aussi, comme le prouvent les oeuvres d'art rupestres et les objets présentés ici.

C'est parce que cet héritage n'est pas seulement celui du Périgord, de la France, ni même
de l'Europe, mais bien parce qu'il appartient à l'humanité tout entière, qu'il a été, dès 1979,
inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Les grottes ornées de la vallée de la
Vézère, la vallée de l'Homme, figurent en effet au deuxième rang sur cette liste prestigieuse,
juste après la cathédrale de Chartres et avant les grottes d'Altamira, en Espagne, qui y ont
été inscrites en 1985.

L'histoire des découvertes successives qui ont eu lieu ici, depuis la fouille de la grotte
Richard par Edouard LARTET et Henri CHRISTY, en 1863 et celle de l'abri Cro-Magnon en
1868, est aussi l'histoire de la reconnaissance de l'art pariétal, des pratiques funéraires et
d'une expression symbolique chez les premiers hommes. Une expression qui fit l'objet de
débats passionnés et des plus vives polémiques, parce qu'elle remettait en cause bien des
certitudes et interroge ce qu'il y a de plus profond dans l'homme. Au fur et à mesure que les
connaissances progressent et la science préhistorique française continue à apporter une
contribution déterminante au décryptage de l'évolution de l'humanité, ces interrogations
demeurent. Elles saisissent encore le visiteur confronté au regard de pierre de " l'homme
primitif " de Dardé qui surplombe la Vézère, sur le flanc de ce musée.

Je tiens à rendre hommage à tous les précurseurs et à toutes les institutions qui ont été les
acteurs de ces découvertes et de leur protection.

La loi de 1913 sur les monuments historiques facilitait la protection des sites archéologiques.

Il fallait un musée pour mettre à l'abri et présenter les collections. C'est donc dès 1913 que
Denis PEYRONY, ancien instituteur, chargé de mission au Ministère des Beaux-Arts, crée le
premier musée de préhistoire des Eyzies, où il pratiquait des fouilles depuis des années
avec l'abbé BREUIL et le docteur CAPITAN.

Il fit acheter par l'Etat les ruines du château des Eyzies pour y installer un dépôt de fouilles et
un musée " national " de Préhistoire, dans lequel entre sa propre collection, dont la majeure
partie des séries lithiques et d'industrie osseuse de la grotte de la Madeleine. L'archéologue
a également constitué un important fonds photographique de plus de 400 négatifs sur les
fouilles et sur les collections du musée.

Il milite par ailleurs pour faire de la vallée de la Vézère un important centre de tourisme
culturel. Dès 1920, le village possède son syndicat d'initiative et la grotte de Font de Gaume
est électrifiée en vue de son ouverture ou public… C'est dire ce que le nouveau musée que
nous inaugurons, mais aussi le Pôle international de préhistoire qui accompagne aujourd'hui
son ouverture aux publics doivent à cette figure de conservateur, d'archéologue et de
pionnier du tourisme.

Le Pôle international de Préhistoire, a été créé en 2002 sous la forme d'un groupement
d'intérêt public associant l'Etat, la région Aquitaine et le département de la Dordogne, pour
valoriser les sites préhistoriques de la vallée, l'accueil des visiteurs et la mise en place
d'outils de médiation destinés à favoriser pour tous les publics, mais en particulier le public
scolaire, l'accès aux connaissances dans le domaine de la Préhistoire et des sciences de
l'histoire de l'Homme.

Il me semble que nous nous rapprochons là de l'ambition, à la fois scientifique et
pédagogique, du fondateur du musée des Eyzies, Denis PEYRONY, et je me réjouis que le
musée national soit, dès sa réouverture au public, le pilier principal de cette coopération
entre les collectivités territoriales et l'Etat.

C'est le fils de Didier PEYRONY, Elie PEYRONY, qui va diriger le musée pendant trente ans
à partir de 1936, poursuivra cette oeuvre magnifique en portant, toutefois, les efforts du
musée davantage vers l'accueil des chercheurs, pendant que les visiteurs affluent, en raison
du développement du tourisme et de la découverte fortuite, en 1940, de la grotte de
Lascaux, puis de celle de Rouffignac en 1956.

Il fallait préserver Lascaux et sa fermeture, en 1963, entraîne un regain d'intérêt pour les
Eyzies. Les salles permanentes furent entièrement réorganisées après la nomination de
Jean GUICHARD comme conservateur en 1967 et le rattachement de l'établissement à la
direction des musées de France en 1972. Tout en posant dès 1973 les jalons d'une nouvelle
extension du musée, Jean GUICHARD mène cette rénovation complète qui s'achève en
1979 avec l'ouverture de la grande salle de morphotypologie de l'industrie lithique destinée à
permettre au grand public de comprendre les classifications des préhistoriens.

Pour relever le défi du rayonnement mondial qu'entraîne l'inscription des sites de la vallée
sur la liste de l'UNESCO, le ministère de la culture décide le lancement d'une nouvelle
extension. Le musée national des Eyzies, grâce aux collaborations nouées avec les grands
organismes de recherche de la région – le Centre national de Préhistoire, l'Institut du
quaternaire de l'Université de Bordeaux, le Service régional et le service départemental de
l'archéologie, – grâce aussi à la nomination en 1988 d'un nouveau directeur, Jean-Jacques
CLEYET-MERLE, connaît ainsi un nouveau développement de ses collections.

Il conserve désormais et enrichit de manière continue des séries d'intérêt mondial dans le
domaine de la paléontologie, de l'art, des industries lithiques et osseuses. Porté par l'essor
de la science préhistorique, il se devait de présenter ces collections exceptionnelles dans le
cadre d'un projet scientifique, culturel et muséographique nouveau, afin de rendre
intelligibles les grandes étapes de l'aventure humaine au sein d'une région d'un intérêt
exceptionnel pour tous ceux que la Préhistoire passionne.

L'intérêt des collectivités locales, de la Région et du département pour la mise en valeur de
la Vallée de la Vézère plaidait aussi en faveur de la construction d'un musée entièrement
nouveau.

Un concours d'architecture est lancé en 1984, que remporte Jean-Pierre BUFFI auquel nous
devons donc les beaux bâtiments, si bien inscrits dans la falaise et dans le village des
Eyzies, que nous inaugurons aujourd'hui. Après de fructueuse fouilles de sauvetage entre
1989 et 1991, justifiées par l'implantation sur un site archéologique très important, et
diverses opérations de sécurité, les travaux de construction proprement dit ont commencé
en 1995.

Le bâtiment était achevé fin 2002. Les aménagements muséographiques, particulièrement
délicats, en raison notamment du tri très complexe des 18 000 objets exposés, en raison
également de l'enrichissement continu des collections, auront quant à eux duré un peu plus
de deux ans.

C'est beaucoup de temps, dit-on, mais si peu au regard de l'histoire qui nous est contée ici,
et c'est tout à fait raisonnable, me semble-t-il, pour un établissement qui compte parmi les
très rares grands musées entièrement dévolus à la Préhistoire ancienne en Europe, et
probablement l'un des plus réussis. Avec plus de 3600 m2 de surfaces nouvelles, dont 1450
m2 de galeries d'exposition permanente ou temporaire, il dote la capitale mondiale de la
préhistoire d'un foyer de rayonnement exceptionnel.

Cette réussite nous la devons bien sûr à Jean-Jacques CLEYET-MERLE, directeur du
musée, et à toute son équipe qui ont travaillé sur ce projet en liaison étroite avec un comité
scientifique international présidé par Jean-Philippe RIGAUD, ancien directeur du Centre
national de la Préhistoire de Périgueux.

Nous la devons également à Jean-Pierre BUFFI, qui a réussi merveilleusement cette
confrontation avec un paysage marqué par la présence d'une grande falaise donnant sur une
vaste vallée et un village faisant contrepoids à la verticalité d'un château médiéval. Le pari
était difficile compte tenu des nombreuses contraintes liées notamment à la nature du sol, à
l'exiguïté de la parcelle et à l'incroyable dénivelé.

Je voudrais saluer également le remarquable travail accompli par les muséographes de
l'agence HB Design, Roberto BENAVENTE et Christian VALDES, et par l'atelier TER
BEKKE-BEHAGE pour la signalétique. Mes remerciements vont également au maître
d'ouvrage délégué de ce projet, la S.E.MI.P.E.R., que préside M. le Sénateur Bernard
CAZEAU, qui a accompli là, dans des conditions parfois difficiles, un remarquable travail de
coordination des entreprises.

Je voudrais remercier enfin et féliciter également de l'attention incessante qu'ils ont portée à
cette grande opération nationale, depuis son lancement il y a vingt ans, les responsables
successifs de la Direction des musées de France et de la Direction régionale des affaires
culturelles d'Aquitaine, ainsi que leurs services.

Au-delà de ses missions patrimoniales et de recherche qu'il est maintenant en mesure de
poursuivre dans les meilleures conditions, le nouveau musée national de Préhistoire des
Eyzies-de-Tayac doit assurer un travail tout aussi essentiel d'accueil et de diffusion culturelle
auprès du plus large public.

Je pense en particulier aux jeunes générations, et aux touristes de toutes origines nombreux
dans la région.

L'attrait de cette vallée pour les visiteurs du monde entier me paraît exemplaire du rôle que
notre patrimoine, et nos musées, jouent dans le développement de nos territoires.

Si la France est la première destination touristique mondiale, si elle accueille 75 millions de
touristes chaque année, ce qui représente une immense richesse, au-delà de la contribution,
de l'ordre de 7 % à notre produit intérieur brut, c'est-à-dire à la croissance et à l'emploi, c'est
en grande partie grâce à la force d'attraction de notre patrimoine et à sa capacité à répondre
à la soif de découvertes, de connaissances, de curiosité, de tous ces citoyens du monde,
citoyens de la culture.

Qu'il s'agisse de visiteurs étrangers ou français, le tourisme culturel constitue l'un des modes
d'accès à la culture, qui participe le plus à son ouverture à tous les publics. Je préfère ce mot
d'ouverture à celui de démocratisation. Car la culture est par essence démocratique, en un
double sens : elle est une exigence et elle appartient à tous.

Cette volonté de toucher le plus large public est incluse dans l'exigence du service public de
la culture. Une exigence de qualité qui est au fondement de la rencontre entre la culture et le
tourisme. Et qui s'inscrit dans une éthique, comme ici, dans la vallée de la Vézère, dans
cette belle région chère à notre coeur, où tous les partenaires réunis autour du musée ont le
souci permanent du développement durable.

C'est avec ce souci que les musées et notre patrimoine demeureront des lieux d'excellence,
des lieux de transmission du savoir, des lieux d'éducation, des lieux d'intégration et de
cohésion sociale.

Des lieux porteurs de la vocation universelle de la culture.
Le musée national de la préhistoire, qui expose toute l'histoire de l'homme de 400 000 ans à
8 000 ans avant notre ère, est tout à fait exemplaire de cette vocation.

Je tenais à vous le dire et à vous en remercier.

«Voilà comment nous agissons»

19 juillet 2004

Intermittents, mécénat, spectacles vivants, politique européenne : depuis 45 ans, les dossiers de la Rue de Valois ont bien évolué… Les réponses du ministre de la Culture et de la Communication…

Nous allons vivre lété des festivals. Dans toute la France, tous les talents, dans la plus grande diversité des formes artistiques, expriment la richesse de notre culture. Une culture commune, que je souhaite partagée par le plus grand nombre de nos compatriotes et de tous ceux qui viennent dans notre pays chercher cette diversité de la création et des talents.

Je crois profondément actuelle la mission quAndré Malraux, dès sa création, avait assignée à ce ministère : «Rendre accessibles les oeuvres capitales de lhumanité, et dabord de la France, au plus grand nombre possible de Français ; assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel, et favoriser la création des oeuvres de lart et de lesprit qui lenrichissent.»

Tel est aujourdhui encore, plus que jamais, le sens du défi que nous devons relever collectivement, nous tous qui aimons la vie culturelle et exerçons des responsabilités en son sein. Jai pris les miennes.

Il me fallait dabord, dès mon arrivée Rue de Valois, renouer les fils du dialogue pour sortir dune crise qui trouvait sa source à la fois dans lextension considérable et souhaitable des activités culturelles, mais également des dérapages et des abus. Sans doute aussi dune perception insuffisante, par la société française, de la place des artistes, des techniciens, de tous les créateurs. Cest pourquoi je souhaite que le public participe en nombre aux débats organisés cet été, parallèlement aux festivals, pour préparer les Assises qui auront lieu à lautomne et déboucheront sur un débat dorientation au Parlement et pour les rencontrer, tout simplement. Il sagit de réconcilier les Français avec les artistes et techniciens du spectacle vivant, du cinéma et de laudiovisuel.

Avec toutes les organisations demployeurs et de salariés, avec les coordinations, avec le comité de suivi, avec les parlementaires et les élus, avec Jean-Pierre Raffarin et Jean-Louis Borloo – sans oublier Bercy ! – nous avons pris les mesures durgence indispensables. Le fonds durgence que jai mis en place fonctionne depuis le 1er juillet. LUnedic prend en compte la situation des femmes en congé de maternité. Cest un véritable plan de sortie de crise que jai mis en oeuvre.

Il fallait aussi engager sans délai le traitement des problèmes de fond, pour renforcer la lutte contre les abus, mieux délimiter le périmètre des métiers, des secteurs dactivité, voire des productions, dont les spécificités justifient réellement le recours à lintermittence. Jai lancé ce travail. Il sera réalisé au cours de lété.

Il fallait enfin définir lorganisation dun système pérenne avec les partenaires sociaux bien sûr, mais aussi lEtat et les collectivités territoriales. Cest lobjectif de la mission que jai confiée à un expert indépendant, Jean-Paul Guillot, qui me rendra ses propositions à lautomne, afin délaborer, avec toutes les parties prenantes et à la lumière du débat dorientation, les fondements dun nouveau système pour le début 2005.

Je suis très conscient de lhéritage prestigieux que jai la charge de faire vivre, de transmettre et de faire partager à nos concitoyens. Je souhaite, dans un même élan, susciter la création contemporaine et faire éclore et connaître de nouveaux talents.

Je suis très sensible à lévocation par Marc Fumaroli de lhumanisme et des humanités qui sont au fondement de notre civilisation et de notre culture. Jai été très attentif à sa dénonciation de certaines des impasses de notre Etat culturel, qui, loin de rappeler le Léviathan fait plutôt penser à cet animal légendaire qui sautodévore, le catoblépas… Mais, pas plus que je ne crois au mythe de lâge dor, qui a toujours hanté les hommes depuis que Platon nous a raconté le temps de Cronos précédant celui de Zeus, je ne crois aux prophètes du déclin. Je ne cultive pas non plus la nostalgie. Et plus que la «chute annoncée», jentends lappel de Michel del Castillo à limagination, à la création, à linvention – quil passe, au gré de chacun, par un retour aux sources de lart ou par le comblement du fossé entre lart et la culture…

Jentends aussi et je convie chacune et chacun à entendre avec nous son hymne à la liberté, à la liberté créatrice, à la liberté de lartiste. Non, lartiste nest pas et ne veut pas être un fonctionnaire ! Mais lun et lautre, avec le public, partagent cette passion de la culture qui nous rassemble.

Et je suis déterminé à faire partager cette passion le plus largement possible au sein de lEurope et dans le monde entier. Cest le sens du Pacte pour lEurope de la culture que jai proposé, le 13 juillet à Rotterdam, à mes homologues européens. Car je me reconnais dans la devise du projet de Constitution européenne : «Unis dans la diversité». Et je suis convaincu que la citoyenneté européenne passe par la culture.

Comme mes collègues allemands, qui mont accompagné en Avignon, je mengage pour que, dans une Europe de 450 millions dhabitants qui sest construite depuis cinquante ans dans le domaine économique, la culture donne un sens concret, dans lordre de la raison comme des sentiments, au projet politique le plus extraordinaire de notre temps, qui consiste à unir tout un continent dans la paix, par la volonté libre de ses peuples.

Cest aussi un retour aux sources de cet humanisme sur lequel sest bâtie lEurope de François Ier, de Léonard et dErasme, aux sources de ce regard de la Joconde que des millions de visiteurs viennent croiser au Louvre, chaque année.

Cest pourquoi je défends lEurope de la culture contre une double menace : de lextérieur, les méfaits dune mondialisation mal maîtrisée – qui conduit à traiter les biens et les services culturels comme des marchandises ordinaires – risquent, tôt ou tard, de réduire loffre culturelle à ce que produira lindustrie la plus puissante ; de lintérieur, lavance prise par lintégration économique dans la construction européenne et lapplication sans discrimination à la culture de la politique de la concurrence et de lharmonisation du marché intérieur risquent dassécher la création.

Oui, il est temps de bâtir une Europe de la culture en inventant linstrument juridique collectif – le Pacte – qui assurera un traitement spécifique des questions culturelles dans toutes les négociations européennes et appuiera le rayonnement culturel européen dans le monde.

La promotion de la diversité culturelle sera prolongée au niveau mondial par ladoption par lUnesco dune convention internationale sur la diversité culturelle, voulue par Jacques Chirac, en novembre 2005.

«Lexception» culturelle nest pas lexpression dune arrogance, ni un mot vide de sens. Elle est au contraire le levier qui permettra à lEtat et à tous les acteurs de la culture de retrouver une marge de manoeuvre, cest-à-dire daction. Cest pourquoi le ministère de la Culture, loin dêtre ce «ministère de limpossible» que lon a parfois décrit, est au contraire un ministère des possibles, le ministère de lintelligence créatrice, au service de notre fantastique patrimoine culturel, mais aussi de tous les projets artistiques et des projets de tous les Français. Cest en vertu de cette ambition que jai, entre autres décisions concrètes, augmenté de 10% les crédits du patrimoine consacrés aux monuments historiques.

Cest aussi pourquoi la culture doit toucher le plus grand nombre. Une culture de notre temps, cest une culture pour tous. Car elle est un facteur que je crois déterminant de cohésion sociale. Elle forme le ciment de lidentité nationale et de lintégration. Elle apporte une réponse décisive à toutes les haines, à toutes les violences, en en appelant tout simplement à lhumanité de lhomme, en la hissant vers le haut.

Cest la raison pour laquelle le public jeune, voire très jeune, sans exclusive, constitue pour moi une priorité. Car beaucoup se joue dès lécole, dès lenfance. Cest pourquoi je suis résolu avec François Fillon à faire de léducation artistique et culturelle un temps fort de la politique culturelle.

Bien sûr, lEtat ne peut pas tout, ne doit pas tout faire. Il nen a pas la prétention. Mais il est là pour tenir un cap, celui de lEtat stratège. Lune des dimensions essentielles de cette action consiste à jeter des ponts, à créer des liens, non seulement entre toutes les disciplines culturelles et tous les publics, mais aussi entre la culture et la communication. Et je compte my employer, en particulier pour marquer la spécificité culturelle et encourager les initiatives culturelles dans laudiovisuel public.

Ainsi, Molière sera bien vivant sur les scènes comme, je le souhaite, sur les écrans qui font désormais partie, quon sen félicite ou quon le déplore, de notre quotidien.

Ainsi, la culture se rapprochera de la définition quen donnait Aimé Césaire : «Tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour saccommoder du monde et pour le rendre digne de lhomme.»

Car la culture, ne loublions pas, est aussi une fête. Une fête de lintelligence, de la création, de lémotion, de la vie. Elle nest pas une marchandise, elle est notre richesse

Par Renaud Donnedieu de Vabres
[17 juillet 2004]

M. Donnedieu de Vabres inaugure le musée national de Préhistoire

19 juillet 2004

Le musée, dune superficie de 5.000 m2, « compte parmi les très rares grands musées entièrement dévolus à la Préhistoire ancienne en Europe et lun des plus réussis », a affirmé M. Donnedieu de Vabres. Il « dote la capitale mondiale de la Préhistoire dun foyer de rayonnement exceptionnel »… Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a inauguré lundi le musée national de Préhistoire des Eyzies-de-Tayac, le plus grand dEurope avec 18.000 pièces exposées et une collection denviron 6 millions dobjets.

Le musée, dune superficie de 5.000 m2, « compte parmi les très rares grands musées entièrement dévolus à la Préhistoire ancienne en Europe et lun des plus réussis », a affirmé M. Donnedieu de Vabres. Il « dote la capitale mondiale de la Préhistoire dun foyer de rayonnement exceptionnel », a-t-il poursuivi.

Le ministre a visité le musée, construit à flanc de falaise, pendant une heure environ en compagnie de son conservateur Jean-Jacques Cleyet-Merle. « Cest un musée parfait » où « on y apprend beaucoup de choses », a-t-il commenté après la visite.

Le musée national de Préhistoire retrace 400.000 ans de présence dhominidés -lHomme de Neandertal et lHomo sapiens- dans la vallée de la Vézère, classée au patrimoine mondial de lUnesco depuis 1979. Cest ici quà notamment été découverte en 1940 la célèbre grotte ornée de Lascaux.

« Cet héritage (…) appartient à lhumanité toute entière », a souligné le ministre.

Dun coût de 24,4 millions deuros, le musée, qui a nécessité six ans de travaux, attend 300.000 visiteurs par an

Renaud Donnedieu de Vabres à Avignon pour débattre du spectacle

17 juillet 2004

Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a déclaré vendredi à Avignon que le budget 2005 de lEtat serait maintenu à son niveau actuel, tout en réaffirmant ses engagements concernant un nouveau régime de lassurance-chômage des intermittents… Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a déclaré vendredi à Avignon que le budget 2005 de lEtat serait maintenu à son niveau actuel, tout en réaffirmant ses engagements concernant un nouveau régime de lassurance-chômage des intermittents.

Le ministre, qui effectuait sa troisième visite à Avignon depuis début juillet, sexplimait dans le cadre dun débat organisé par le Syndicat des directeurs des entreprises daction culturelle (Syndeac) et le Festival dAvignon (58e), sur le thème de « la nécessité dun financement public du spectacle vivant », au terme de quatre journées réunissant des représentants du spectacle vivant et du secteur politique.

M. Donnedieu de Vabres a par ailleurs confirmé lorganisation en octobre dun débat national sur les droits, sous tous leurs aspects, des artistes et des techniciens du spectacle et la tenue en novembre dun débat au Parlement autour dune loi dorientation.

Il a en outre assuré être « convaincu » que le système dassurance-chômage des intermittents devait « être au sein de la solidarité interprofessionnelle », affirmant vouloir « bâtir un nouveau système ».

« Je ferai tout pour que cela soit fait le 1er janvier 2005 (…) mais je ne suis pas sûr que ce sera le cas à cent pour cent », a-t-il ajouté.

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, qui était notamment convié à cette rencontre du Syndeac – sur le thème de « la nécessité dun financement public du spectacle vivant » – a estimé nécessaire une « négociation du protocole dassurance-chômage des intermittents ».

M. Hollande a également déclaré que les collectivités territoriales à majorité socialiste étaient « prêtes à intervenir pour lemploi culturel, mais pas pour financer le chômage (…) ».

Le ministre de la Culture refuse la démolition de la "gare du Sud" à Nice

16 juillet 2004

« La démolition dun édifice protégé est un acte trop grave et exceptionnel pour être recevable sans que soit expertisé lensemble des autres possibilités de conservation », a expliqué le ministère… Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres refuse la démolition de la « gare du Sud » à Nice, en partie classée, que la municipalité niçoise voulait déplacer pour établir ses nouveaux locaux, a-t-on appris vendredi auprès du ministère.

« Ce refus daccorder les permis de démolir est donné à titre conservatoire », a précisé le ministère dans un communiqué.

Le ministre, qui sétait rendu à Nice le 25 juin, a refusé la destruction de deux parties: le « bâtiment des voyageurs » (façade) et la halle métallique qui protégeait autrefois les voies.

« La démolition dun édifice protégé est un acte trop grave et exceptionnel pour être recevable sans que soit expertisé lensemble des autres possibilités de conservation », a expliqué le ministère qui propose de subventionner à hauteur de 40% les travaux de rénovation de la gare, dans un état de vétusté avancé.

Joint par lAFP, le sénateur-maire de Nice Jacques Peyrat (UMP) na pas souhaité sexprimer.

La mairie envisageait de démonter la façade, pierre par pierre, pour la remonter ailleurs. La gare du Sud, construite par larchitecte Prosper Bobin en 1892, appartient à la lignée architecturale de la gare du Nord à Paris, et selon le ministère, elle sy rattache par la disposition de sa façade avec une série de détails comme ses corniches néo-grecques.

Réunion de concertation sur la lutte contre la piraterie et sur le développement de l’offre légale à l’ère numérique

15 juillet 2004

Monsieur le ministre d’Etat,

Monsieur le ministre,

Mesdames, Messieurs,

Je tiens à remercier Nicolas Sarkozy d’accueillir au ministère de
l’économie, des finances et de l’industrie cette réunion, qui à
mes yeux a un caractère fondateur.

C’est en effet un symbole extrêmement fort, que nous nous
trouvions aujourd’hui ensemble autour de cette table, ministère
de l’économie, des finances et de l’industrie avec le ministère de
la culture et de la communication, fournisseurs d’accès à internet
avec les créateurs, artistes et producteurs, sans oublier les
consommateurs, industries et distributeurs, pour aboutir à des
propositions communes.

Car il y a urgence : avec l’explosion de la piraterie sur Internet,
c’est l’ensemble des activités de création qui sont menacées,
musique, cinéma, mais aussi bande dessinée, jeu vidéo et
logiciel. D’ores et déjà, les téléchargements illicites de contenus
protégés se chiffrent par milliards, pour représenter près de
quatre fois les ventes. D’ores et déjà, l’impact économique,
social et sur la création se fait durement sentir, notamment sur la
musique.

La piraterie, c’est du chômage. C’est du vol. Mais c’est bien plus
encore.

Parce qu’elle peut être fatale aux créateurs les plus fragiles, la
piraterie est une menace pour la création et la diversité
culturelle. Car la piraterie, en définitive, assèche peu à peu la
création, la diversité à laquelle le public est attaché. Ceux qui
sont menacés, ce sont les jeunes artistes, encore peu connus du
public et de la presse, dont la disparition passera inaperçue,
alors qu’ils auraient pu être les grands artistes de demain.

Si nous ne réagissons pas rapidement, la piraterie finira par
nuire au public, quand bien même il pense en tirer profit, parce
qu’elle ne lui laissera qu’un désert culturel, uniforme et insipide.

Je veux donc faire émerger la création et la diversité culturelle comme des valeurs,
auxquelles nous sommes tous ensemble attachés, mais surtout que chacun doit
respecter et protéger, à l’image de la protection de l’environnement.

L’enjeu est grand. Nous ne sommes qu’au début d’un phénomène, qui a pourtant
commencé il y a cinq ans. Cinq ans dans le domaine des nouvelles technologies,
c’est déjà très long, mais c’est très court dans la vie des industries de création, qui
sont contraintes de s’adapter à marche forcée.

Face à cette situation, il nous faut réagir, maintenant et ensemble, pour mobiliser
les énergies.

D’abord le Gouvernement : c’est le sens du plan d’action que j’ai, dès le 19 mai
dernier, présenté au conseil des ministres, à la demande du Président de la
République et du Premier Ministre.

Ensemble, cela veut dire aussi, au-delà des pouvoirs publics, avec tous les acteurs
concernés et c’est tout le sens de notre réunion d’aujourd’hui, qui exprime cette
large mobilisation.

Mais cette mobilisation doit dépasser le cadre national, car c’est au niveau
international que le problème se pose. C’est aussi à ce niveau qu’une solution
durable peut être efficacement envisagée.

J’ai ainsi organisé à Cannes, le 16 mai dernier, une réunion avec les représentants
des studios de cinéma, des sociétés de production, des diffuseurs et des
réalisateurs des Etats-Unis, d’Europe, d’Inde, de Chine et de Russie. A l’issue de
cette réunion, nous avons rédigé une déclaration commune, posant les bases
d’une alliance nouvelle et un peu inattendue, pour la lutte contre la piraterie et en
faveur de la diversité culturelle.

Mardi dernier à Rotterdam, j’ai proposé à la présidence néerlandaise de l’Union
européenne et à mes collègues ministres de la culture de l’Europe à 25 d’élaborer
ensemble un plan européen de lutte contre la piraterie en concertation avec les
autres formations concernées du Conseil des ministres (compétitivité-marché
intérieur, justice et affaires intérieures).

Ce plan aurait d’abord pour objectif de sensibiliser ensemble les opinions
publiques et de développer les échanges de bonnes pratiques entre Etats
membres.

Il pourrait comprendre également une décision-cadre sur les sanctions pénales
contre la contrefaçon, pour compléter la directive contrefaçon.
Il permettrait d’aborder de façon concertée la promotion des offres légales. Je
souhaite notamment que nous puissions organiser une journée européenne du
téléchargement légal, qui mobilisera les offres les plus créatives et les plus
diverses dans chaque capitale ou dans chaque grande ville de culture de notre
continent.

Il aurait aussi pour effet de stimuler les travaux de la commission européenne sur
l’interopérabilité ou compatibilité des systèmes. C’est en effet un aspect essentiel,
qui crée là encore une alliance nouvelle et inattendue, cette fois entre les
producteurs et les consommateurs, qui souhaitent ensemble que les offres
puissent être facilement accessibles sur un maximum de supports.
Cette mobilisation européenne est essentielle. Car en cette matière en particulier, il
faut jouer collectif pour gagner. La coordination de l’action est la clé du succès.

Mais regardons les choses en face : ce travail de conviction ne fait que
commencer. La présidence néerlandaise préfère laisser faire le marché là où nous
voulons une action volontariste. Nous devons la gagner à notre cause.
Par ailleurs, pour gagner ce combat, il importe de prendre la mesure de la
complexité du problème.

Cette complexité est d’abord celle de la chaîne de valeur de la création, avec ses
créateurs, ses artistes, ses producteurs, ses distributeurs, ses clients, mais aussi
des contraintes propres à chaque type d’oeuvre.

Si les enjeux de la lutte contre la piraterie sont partagés, les différents types
d’oeuvre, musique, cinéma, bande dessinée, jeu vidéo, ont ou auront des modèles
économiques et des calendriers assez différents pour l’offre légale en ligne.

Cette complexité naît également de l’existence de deux mythes, le mythe de la
gratuité et le mythe de l’impunité sur Internet.

La gratuité, c’est une société qui efface les traces de ses pas.

Ce mythe de la gratuité inspire des idées nouvelles, proposant de faire table rase
de la propriété intellectuelle, pour mettre en place des systèmes de mutualisation
séduisant par leur simplicité.

Gardons-nous des fausses bonnes idées, qui détruiraient un modèle de
financement de la création qui a fait ses preuves pour un système dont personne
ne sait s’il serait capable d’assurer correctement le financement de la création.

Le mythe de la gratuité détruit la valeur de la création. Lorsque tout est gratuit, on
ne perçoit plus la valeur de la création, que l’on prend et que l’on jette. Face au
gratuit, il est tentant de considérer que le prix du payant est trop élevé, et de
justifier ainsi la piraterie. La qualité a en effet un prix, qui est celui de la création
originale.

Cette question du prix remet d’ailleurs au coeur du débat la question de la baisse
de la TVA sur le disque, baisse qu’il faudrait envisager d’étendre à la vente de
contenus en ligne. La sensibilisation des autres Etats européens à laquelle je
m’attache, sur les sujets de la diversité culturelle et de la piraterie, devraient en
amener certains à devenir nos alliés sur cette question, ce qui est essentiel
puisque la décision relève du niveau européen.

A côté du mythe de la gratuité, existe sur Internet le mythe de l’impunité.
Entendons-nous bien : je suis un enthousiaste d’Internet, de ce monde
décloisonné, de l’accès à la connaissance et à l’information pour tous, de
l’extraordinaire liberté d’expression qu’il permet. Mais il n’y a pas de liberté sans
responsabilité et sans conscience de cette responsabilité.

Chacun doit pouvoir protéger sa vie privée sur Internet, et nous y sommes très
attachés en France. Mais la protection de la vie privée ne doit pas servir de
couverture à des infractions, pour lesquelles le juge peut lever l’anonymat. Internet
n’est pas, ne doit pas être un espace de non-droit.

Face à cette complexité, il est nécessaire de promouvoir une approche globale du
problème. C’est le sens du plan d’action que j’ai présenté, qui repose sur un
équilibre entre les mesures de lutte contre la piraterie, les actions judiciaires devant
être accompagnées de mesures de sensibilisation et de prévention. Mais il faut
aussi mettre en place des offres légales sur internet les plus diverses et les plus
abondantes possible.

L’un des axes importants de ce plan d’action repose sur la concertation que nous
commençons aujourd’hui. Notre réunion est un point de départ d’une négociation
entre les acteurs qui doit aboutir rapidement.

Comme viens de le dire Nicolas Sarkozy, des propositions communes aux
fournisseurs d’accès à internet, aux auteurs et aux producteurs de musique, ont
déjà été formalisées dans un projet de charte.

Certaines de ces propositions pourront être mises en oeuvre immédiatement. Des
modalités techniques devront être rapidement précisées pour d’autres, avec le
soutien de Philippe Chantepie et Jean Berbinau. Les plates-formes de distribution
en ligne jouent un rôle éminent dans l’offre légale et devront être associées. Enfin,
d’autres propositions nécessitent une étude et une expérimentation rapide.

C’est le cas du filtrage, qui doit être abordé dans un esprit positif de
responsabilisation des utilisateurs. Ces techniques devront pouvoir donner lieu à
des expérimentations rapides auprès d’un panel d’abonnés, afin d’en valider
l’efficacité. [sous l’égide d’un expert indépendant nommé par les pouvoirs publics]

C’est également le cas de la mise en place des offres légales pour le cinéma, qui
doit être nécessairement associé à cette négociation. Un groupe de travail sera
organisé par le CNC, pour déterminer les modèles économiques et la place des
offres licites en ligne dans la chronologie des médias, et aboutir à des propositions
d’ici à la fin de l’année.

J’invite l’ensemble des industries culturelles à s’associer à ce projet, en tenant
compte des spécificités de chacune et selon leur calendrier de mise en place des
offres légales.

Je suis convaincu que grâce à vous tous cette mobilisation portera ses fruits. Je
compte sur votre engagement à tous et je en vous remercie.