Rubrique ‘Discours 2005’

Vernissage de l’exposition de Pablo Picasso, portraits d’Arlésiennes – Fondation Van Gogh à Arles

7 juillet 2005

Madame la Présidente, Chère Yolande Clergue,

Monsieur le Maire, Monsieur le Président,

Monsieur le Représentant du Conseil Régional,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux d’avoir pu répondre à l’invitation que vous
m’aviez lancée dès l’an dernier, Madame la présidente, pour venir
découvrir votre fondation, dans ce magnifique palais du 18ème
siècle, face aux arènes et aux théâtres antiques de votre cité, qui
fait vivre les hommages que les artistes et les créateurs n’ont
cessé de rendre à Vincent Van Gogh.

Il est des moments forts dans la vie d’un ministre, dans la vie d’un
homme. Et cette journée est assurément l’un de ces moments, de
l’abbaye de Montmajour aux expositions présentées dans le
cadre des rencontres de la photographie, en passant par le
musée de l’Arles et de la Provence antiques, par l’espace Van
Gogh et par l’école nationale supérieure de la photographie, qui
fête cette année le 20ème anniversaire de la sortie de sa première
promotion.

Une fois de plus, je suis charmé par votre ville, l’une
des plus rayonnantes de ce triangle d’or qui se déploie de la
Camargue et de la Méditerranée jusqu’à Avignon et Aix- en-
Provence, où je me rendrai demain et après-demain.

Oui, au coeur de la Provence, la culture est un atout pour votre
ville, pour le patrimoine historique dont vous êtes légitimement
fier, et pour les créations que vous accueillez et qui attirent ici
plus d’un demi million de visiteurs chaque année.

Pendant ces rencontres de la photographie, Arles est plus que
jamais la capitale du regard, de la vision, de la création, des
talents et de la lumière qui a attiré et inspiré tant de peintres
illustres, où Van Gogh et Picasso se distinguent nettement par la
force de leurs messages.

Vous montrez combien Picasso était littéralement fasciné par Van
Gogh, qui était l’une de ses deux plus grandes passions artistiques,
l’autre étant la figure du Minotaure, elle aussi liée à ses séjours à
Arles et au rituel andalou et arlésien des corridas.

De 1912 à 1958 – mais l’on pourrait aller jusqu’en 1971 –
l’Arlésienne et la tauromachie sont en effet les deux emblèmes, les
deux fils rouges, qui relient les dessins et les toiles du maître qui se
rattachent à Arles.

Et Picasso s’inscrit dans une longue filiation. Outre Van Gogh et lui,
le personnage symbolique et magique de l’Arlésienne n’a cessé
d’inspirer les peintres – Monticelli, Gauguin – mais aussi les
musiciens – Gounod et Bizet – les écrivains – Alphonse Daudet et
Frédéric Mistral – mais aussi, aujourd’hui encore, la haute couture,
sous l’influence de Christian Lacroix, arlésien de naissance.

Cette exposition propose un parcours inédit et étonnant à travers
les métamorphoses de cette série des Arlésiennes à la beauté
lumineuse, éclatantes de couleurs et de contrastes.

L’on songe immanquablement, à cette célèbre définition que
Maurice Denis a donnée de l’oeuvre picturale – dans ses Nouvelles
théories sur l’art moderne, parues dix ans après le premier séjour
de Picasso à Arles : « se rappeler qu’un tableau, avant d’être un
cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote,
est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un
certain ordre assemblées » .

Le portrait d’Arlésienne assurément le plus étonnant est celui de
son ami Paul Eluard, intitulé La femme au chat, qui a stupéfait les
plus inébranlables des surréalistes.

J’ajoute enfin que notre regard sur ce panorama de couleurs et de
formes est stimulé et éclairé par les photographies qui nous rendent
Picasso et ses amis présents et vivants, à Mougins, dans son
atelier, ou en Arles avec les toreros et les gitans. Avant de rendre
visite à un autre foyer du rayonnement culturel arlésien, les éditions
Actes Sud, je tiens à vous féliciter et à vous remercier pour cette
magnifique exposition, qui nous offre un très bel hymne à la beauté,
et qui rencontrera, je n’en doute pas, un très grand succès.

Je vous remercie.

Ouverture de la 10è édition du Festival de la correspondance de Grignan

6 juillet 2005

Monsieur le Ministre, Monsieur le Maire, Cher Bruno Durieux,

Monsieur le Ministre, Monsieur le Président du Conseil Régional , Cher Jean-
Jack Queyranne,

Monsieur le Président du Conseil Général,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux de fêter avec vous le 10ème anniversaire du festival de la
correspondance de Grignan. Je tiens d’abord à vous féliciter chaleureusement,
vous tous, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, toutes vos
équipes et tous les bénévoles, tous les comédiens, les artistes, les techniciens,
et tous ceux qui, passionnés de lettres et de littérature, ont fait de ce festival,
ancré dans l’histoire et le patrimoine de Grignan, un grand festival, un festival
de grande qualité, un festival de haute exigence culturelle, littéraire et
artistique, un festival authentiquement populaire, qui rassemble, aux côtés des
Personnalités, que je salue, la population et tous les visiteurs, qui font de
Grignan, non plus une étape, sur la route d’autres festivals, mais une vraie
halte, un lieu où se poser et se reposer, autour d’une même passion, d’un
même partage, d’un profond attachement, pour la lecture et l’écriture.

Grignan, c’est avant tout cela, c’est l’alliance réussie d’un patrimoine
magnifique, d’un paysage millénaire, façonné par les hommes, qui ont cultivé
ici la vigne, la lavande et les fruits de la terre, de vielles pierres restaurées
avec soin, et qui sont ici habitées, mises en lumière, cette si belle lumière,
célébrée avec tant de talent par Philippe et Anne-Marie Jaccottet, d’un
patrimoine historique et littéraire marqué par l’esprit de Madame de Sévigné et
des créations, architecturales, cher Jean-Michel Wilmotte, littéraires, artistiques
qui respectent, perpétuent et enrichissent cet héritage prestigieux.

Si ce festival nous touche tant et connaît de plus en plus de succès, c'est parce
qu'il redonne toute sa vertu à l'écrit, à la lettre, à une époque, où, la
communication n’a pas tué l’écrit, mais au contraire, a réveillé un profond désir
d’échange, qui n’est pas une nostalgie, comme si la correspondance – sur
tous les supports qu’elle emprunte aujourd’hui – était seule capable de révéler,
au sens photographique du terme, l'état de son coeur, le climat intérieur dans
lequel on se trouve, la teinte de sa propre vie.

Le ciel de Grignan est, pendant le festival, envahi par l'écho de toutes les
lettres à travers le temps, par toute la gamme des sentiments, des sujets et
des propos qu’avait commencée à explorer la marquise de Sévigné, dans sa
passion infinie pour sa fille, dont l’essentiel, à mon sens, aujourd’hui demeure
cet amour des mots, cette littérature en liberté, ce plaisir de la lecture,
auxquels elle nous invite.

Je demeure fasciné, par exemple, par ce fait, que pas une fois, dans les
centaines de lettres à sa fille, la marquise ne reproduise la même formule finale.

Quel formidable appel, on ne peut plus actuel, à l’invention, à l’imagination, à la
création, dans toute sa diversité !

Cette année encore, nous allons lire, dans votre belle cité, des
correspondances d'écrivains qui sont si instructives, si émouvantes, qu’elles
dévoilent les à-côtés, les secrets, les chemins de traverse, les aléas quotidiens,
les heures perdues et retrouvées du voyage romanesque ou poétique.

Il y a
aussi la voix, ces monologues, ces dialogues intimes, que nous allons écouter,
dans des spectacles superbes de dépouillement et de vérité. Et il y a ces
chambres d'écritures, qui sont autant de relais pour l'âme, de haltes pour
l'esprit, où chacun d'entre nous peut écrire, s'abandonner à des confidences,
retrouver ainsi le chemin de sa propre intimité, de sa propre émotion, d'autant
que le thème de ce festival est celui de l'amour. Il n’en est pas de plus beau.

Je souhaite un très grand succès à cette 10ème édition !

Je vous remercie.

Remise des insignes d’Officier dans l’ordre des arts et des lettres à Bruno Durieux à Grignan

6 juillet 2005

Cher Bruno Durieux,

Vous êtes le fondateur, le fédérateur et l’âme de ce festival à la
fois exigeant et populaire, qui convient tant à l’esprit de cette cité
dont vous êtes le maire. Un esprit fait de charme et de gravité
secrète, d'harmonie et de légèreté, d'équilibre entre l'ombre et la
lumière.

Vous êtes d’abord un homme de chiffres, polytechnicien,
statisticien, économiste. Votre brillante carrière débute, puis se
déploie, dans le monde de la finance, de l’économie, du
commerce extérieur, et toujours au service de l’intérêt général de
nos concitoyens, de l’Etat et de la France, comme haut
fonctionnaire chargé des comptes de la nation, comme conseiller
de Raymond Barre, ministre du commerce extérieur et premier
ministre, puis comme député et comme ministre, en charge de la
santé, et du commerce extérieur avant de devenir représentant
spécial du ministre de la défense , puis président du groupe
Défense conseil international jusqu’en 2001, où vous êtes nommé
inspecteur général des finances.

Vous présidez depuis 1999 le
comité national des conseillers du commerce extérieur de la
France. L'ouvrage que vous avez récemment consacré aux
"relations commerciales France-Etats Unis", en collaboration avec
Patrick Messerlin, illustre votre talent d'analyse et de prospective,
dont bénéficient vos étudiants, à l’institut d’études politiques de
Lille, puis de Paris, où vous êtes professeur associé.

De vos réflexions sur l'économie mondiale, à votre passion pour
Grignan et notre patrimoine culturel, historique et littéraire, il s’agit
toujours du rayonnement de la France, que vous avez à coeur de faire
progresser.

Et le festival que vous avez créé en 1996, l’année du tricentenaire de
la mort de Marie de Sévigné, ici à Grignan, est connu et reconnu
partout en France et même au-delà de nos frontières. Sans doute la
marquise serait-elle stupéfaite, mais ô combien heureuse aujourd’hui,
de retrouver, grâce à vous et aux fidèles du festival, autant de ferveur
autour de la correspondance littéraire, elle qui en a fait, au fond, la
matière même de sa vie.

C'est vous, Bruno Durieux, qui êtes l'initiateur de ce généreux
partage; vous suscitez, vous appelez la mise en commun des goûts,
des sentiments, des pensées, tout ce qui favorise l'émergence de ce
que les écrivains ont de meilleur, et qui éclate et brille à la rencontre
des autres, dans leurs lettres. Oui, vous êtes un merveilleux passeur
des lettres et de la culture, un homme des lumières, un honnête
homme de notre temps, toujours raffiné et exact, dans l'action comme
dans la réflexion et dans la création, car vous êtes aussi sculpteur à
vos heures. Vous avez publié en 1994, Sculptures. Et tous les
pèlerins et les visiteurs d’Aiguebelle se souviennent de l’exposition
des quatorze oeuvres évoquant la passion du Christ que vous aviez
dédiées, en l’an 2000, au coeur de l’abbaye cistercienne, aux sept
religieux martyrs de Tibhirine.

L’hommage que je suis heureux et fier de vous rendre aujourd’hui au
nom de la France, n’est-il pas, au fond, comme une lettre que je vous
adresse, avec nos concitoyens, pour vous témoigner le respect, la
reconnaissance, la gratitude et l’admiration que nous devons à votre
action, à votre dévouement et à votre souci constant du bien
commun ?

Bruno Durieux, au nom de la République, nous vous faisons chevalier
dans l'ordre des arts et des lettres.

Présentation du rapport : « Garantir le pluralisme et l’indépendance de la presse quotidienne pour assurer son avenir » – Assemblée plénière du Conseil économique et social

5 juillet 2005

Monsieur le Président,

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Rapporteur,

Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Je suis très heureux de prendre la parole aujourd’hui devant vous, pour ma
première intervention dans l’hémicycle du Palais d’Iéna, sur le sujet,
fondamental pour la démocratie, dont vous vous êtes saisis.

Je tiens tout d’abord à rendre hommage au travail remarquable que vous avez
effectué, Monsieur le Rapporteur, avec la section du cadre de vie, qui honore
votre assemblée, en illustrant parfaitement le rôle de conseil, de réflexion et
de prospective qui lui est assigné par la Constitution et la loi organique, en
amont de la décision publique et du travail gouvernemental et parlementaire,
associant les représentants que vous êtes des forces vives de notre pays.

Votre rapport, tout comme le projet d’avis que vous soumettez aujourd’hui à la
délibération de l’assemblée plénière, feront date.

Vous montrez parfaitement l’enjeu capital que représentent la préservation et
le renforcement du pluralisme de la presse écrite, vous pointez les fragilités
qui le menacent et vous ouvrez avec force, pertinence et créativité des voies
d’améliorations et d’actions ambitieuses susceptibles d’éclairer la réflexion et
la politique du gouvernement et de la nation.

Je vous sais gré, tout d’abord, du retour aux sources auquel vous nous
invitez. Ce sont les sources de la liberté retrouvée et nourrie par tous ces
Résistants qui ont fait prévaloir, au coeur même des combats de l’ombre, la
force de ce droit, énoncé par l’article XI de la déclaration des droits de
l’homme et du citoyen, et que Benjamin Constant nommait « le droit des
droits » : « la libre communication des pensées et des opinions est un des
droits les plus précieux de l’homme ». N’oublions jamais que c’est le Conseil
national de la Résistance qui a fait de la presse quotidienne le pilier de la
reconstruction. Je le dis avec une certaine émotion, soixante et un ans après
les ordonnances de 1944 et devant l’un d’entre vous, Monsieur le Ministre
Philippe Dechartre, qui fut, comme membre du Conseil national de la
Résistance, puis de l’assemblée consultative provisoire, l’un des grands
acteurs de ce combat. Un combat qu’Albert Camus exprimait ainsi, le 31 août
1944, dans le premier éditorial du journal éponyme : « Notre désir, d’autant
plus profond qu’il était souvent muet, était de libérer les journaux de l’argent et
de lui donner un ton et une vérité qui mettent le public à la hauteur de ce qu’il
y a de meilleur en lui. Nous pensions alors qu’un pays vaut souvent ce que
vaut sa presse. Et s’il est vrai que les journaux sont la voix d’une nation, nous
étions décidé, à notre place et pour notre faible part, à élever ce pays en
élevant son langage… »

Oui, les principes fondateurs, les valeurs fondamentales, de la République et de la démocratie retrouvées et refondées,
continuent à orienter notre réflexion et notre action. Vous les avez rappelés. Il s’agit du respect et de la défense du
pluralisme, de la transparence, et de la solidarité.

Au-delà de ce rappel historique, le panorama que vous dressez dans votre rapport, Monsieur le Rapporteur, est complet, le
diagnostic que vous avez établi est pénétrant, et les propositions que vous formulez dans votre projet d’avis sont à la fois
audacieuses et réalistes. Vous ne laissez de côté aucun thème clé, qu’il s’agisse par exemple de la formation des
journalistes – thème cher à l’élu de Tours que je suis, où se trouve l’une des écoles reconnues par la profession – mais
aussi de la déontologie, de la concentration des entreprises, du lectorat des jeunes ou encore des problèmes spécifiques à
la distribution. Au-delà de chacune de ces préoccupations très actuelles et très concrètes, sur lesquelles je vais revenir
dans un instant, votre travail nous fournit l’occasion – trop rare – d’une réflexion transversale sur l’ensemble des problèmes
de la presse. Je vous en remercie.

Sur ce sujet, le ministère de la culture et de la communication n’est pas resté inactif et je tiens à redire ici l’importance que
les pouvoirs publics attachent à la vitalité de la presse écrite, d’information générale et politique en particulier. Le
Gouvernement déploie une action résolue pour accompagner les évolutions de ce secteur, favoriser son développement et
assurer son avenir.

Dans l’introduction de votre projet d’avis, Monsieur le rapporteur, vous évoquez, avec une finesse que je veux saluer, cette
« intelligence de l’information » qui caractérise la presse écrite dès lors qu’elle permet de « trouver la bonne distance à
l’égard des évènements ». Vous soulignez aussi la « fonction historique » de la presse en tant que « support de l’expression
démocratique et du pluralisme des idées et des opinions ».

Je reprends volontiers ces formules heureuses à mon compte ! Le pluralisme des idées et des opinions, si nécessaire à
l’exercice effectif de la liberté d’expression proclamée par l’article XI de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen,
par quoi passe-t-il mieux en effet que par la presse écrite, qui permet une appropriation active de l’information, une mise en
perspective des évènements, une confrontation des commentaires et des analyses, et à travers cela, la construction d’une
véritable conscience collective, culturelle et politique ?

Or la presse écrite, si essentielle au débat démocratique et à la vie de la Cité, connaît actuellement de profondes mutations
et fait face à de nouveaux enjeux. L’émergence de nouvelles habitudes de consommation, l’essor toujours accéléré des
nouvelles technologies, le développement d’une culture de la gratuité, bousculent les repères anciens et commandent d’agir
pour préserver et régénérer la presse écrite. Tel est le rôle régulateur de l’État, aux côtés des professionnels. À la fois
illustration et conséquence des mutations actuellement à l’oeuvre, le tissu des entreprises de presse est en pleine ébullition
et se recompose à une allure vertigineuse. Pratiquement aucune semaine ne passe sans qu’une recapitalisation, un rachat,
une prise de participation ou une fusion ne soient conclus ou annoncés.

Accompagner ces mouvements et en empêcher les dérives, sans en bloquer les effets bénéfiques, tel est le devoir de l’État.

Tel est notre objectif. Il paraît en effet vital que des groupes à la structure financière solide puissent investir dans le secteur
de la presse et le dynamiser, sans que cela nuise à la pluralité des titres et de leurs lignes éditoriales.

C’est dans cet esprit que le Premier ministre a confié à une commission indépendante, présidée par M. Alain LANCELOT,
une mission de réflexion sur les aménagements susceptibles d’être apportés à la législation applicable en la matière. À la
lumière des conclusions que rendra bientôt cette commission, le Gouvernement jugera de l’opportunité de remodeler les
dispositifs concourant à la préservation du pluralisme actuellement en vigueur.

L’État se mobilise avec détermination pour soutenir la presse et faire vivre le principe fondateur de solidarité – j’ai noté que
vous préférez ces termes à celui « d’aide » – afin de lui permettre de faire face aux difficultés qu’elle affronte et aux défis
qu’elle doit relever, dans le contexte de l’érosion du lectorat et d’une conjoncture publicitaire qui reste difficile, alors que les
charges ne cessent de croître.

Le budget sans précédent des aides à la presse pour 2005, dont j’ai obtenu l’adoption par le Parlement, témoigne de mon
engagement.

Avec un montant total de près de 280 millions d’euros, soit une progression, à périmètre constant, de près de 30 % par
rapport à l’année précédente, la loi de finances pour 2005 a consacré à la presse des moyens exceptionnels par leur
ampleur. Vous notez justement dans votre rapport le caractère également exceptionnel de l’ampleur de notre système de
soutien en Europe et dans le monde. C’est un gage de l’importance que j’attache à l’apport inestimable à la diversité
culturelle de la presse écrite . La presse exprime profondément l’identité de chaque nation et au sein de celle-ci, de ses
régions.

Cet effort budgétaire en faveur de la presse, je pense en particulier au doublement des aides directes, entre 2004 et 2005,
ce qui constitue un effort sans précédent en faveur du secteur, est d’autant plus notable qu’il intervient dans un contexte de
forte tension sur les finances publiques.

Près de cinquante millions d’euros de crédits supplémentaires sont consacrés cette année au financement de nouveaux
dispositifs, destinés à soutenir massivement les efforts de modernisation engagés par la presse écrite, afin de restaurer ou
de conforter les conditions de son indépendance économique et de son développement futur.

Dans le même temps, le Gouvernement poursuit un ambitieux chantier de réforme des fonds existants, afin de répondre
avec la plus grande réactivité, la plus grande efficacité, et bien sûr la plus grande transparence possibles aux besoins, en
constante évolution.
Nos objectifs sont clairs.

Il s’agit d’abord d’encourager la modernisation du secteur, qu’il s’agisse des conditions de fabrication de la presse ou des
conditions de sa distribution, avec le souci d’intégrer tous les maillons de la chaîne.

Ainsi, 38 millions d’euros sont consacrés cette année à une nouvelle aide à la modernisation sociale de la fabrication de la
presse quotidienne d’information politique et générale. L’État prend ainsi les dispositions nécessaires pour soutenir les
initiatives de modernisation des processus de production, de redéfinition des métiers et de rénovation des relations du
travail, mises en oeuvre tant par la presse quotidienne nationale que par la presse quotidienne en régions. Pour la presse
nationale, je souhaite que le décret permettant d’organiser le soutien public soit prochainement publié au Journal officiel.

L’État est également prêt à accompagner l’effort de modernisation sociale en régions dès que les partenaires sociaux et les
représentants des salariés auront trouvé un accord sur les modalités de cette modernisation.

L’avenir de la presse écrite passe, j’en suis convaincu, par un fort soutien à sa diffusion et à sa distribution. S’agissant des
conditions de diffusion de la presse, l’aide instituée en 2002 pour la distribution de la presse quotidienne nationale
d’information politique et générale est complétée, en 2005, par une aide spécifique à la modernisation du réseau des
diffuseurs, dotée de 3,5 millions d’euros. Ce nouveau dispositif, qui a commencé de fonctionner – une première série de
subventions devant être attribuée d’ici la fin du mois – renforce le plan global de consolidation du réseau actuellement mis
en place par la filière.

Deuxième priorité de notre action : contribuer au développement de la diffusion, sous toutes ses formes. Il s’agit notamment
du transport postal de la presse, de l’impression décentralisée des quotidiens, du portage et de l’expansion de la presse
française à l’étranger.

À cette action en faveur de la diffusion, je tiens à ajouter, cette année, un effort tout particulier pour soutenir le
développement du lectorat des jeunes. Nous avons « sanctuarisé » à cette fin une enveloppe de 3,5 millions d’euros au titre
du fonds d’aide à la modernisation de la presse, l’objectif étant de faire émerger des projets innovants en la matière et de
contribuer à leur financement. J’ai présidé ce matin même une réunion du Comité d’orientation du fonds de modernisation
dédiée à ce sujet : les choses avancent et je m’en réjouis. L’avenir de la presse passe par cette reconquête des lecteurs de
demain.

Vous le voyez, nous travaillons dans le même sens : une rationalisation et une modernisation des aides à la presse pour
une plus grande efficacité. Certaines de vos propositions sont innovantes. C’est avec beaucoup d’intérêt que je les
étudierai.

Il nous faut enfin veiller au maintien du pluralisme. Vous le rappelez avec énergie, vous avez raison. Comme Vous le savez,
un soutien spécifique est dédié aux quotidiens à faibles ressources publicitaires, afin de garantir la pérennité et
l'indépendance des titres d’information et d’opinion qui incarnent la richesse et la vitalité de notre débat démocratique. La
réforme du fonds d’aide à la modernisation de la presse quotidienne et assimilée d’information politique et générale
prolonge cette action, en prévoyant l’augmentation des taux de subvention appliqués aux investissements portés par les
titres concernés. J’ai le plaisir de vous annoncer que le décret introduisant ces changements a été publié ce matin même au
Journal officiel.

Vous le voyez, l’action des pouvoirs publics en faveur de la presse écrite, et en particulier de la presse quotidienne
d’information politique et générale, est nécessairement multiple. Elle est cohérente, car, en s’adaptant à la diversité des
situations, elle converge vers un même but : garantir l’avenir de la presse écrite, en accompagnant sa nécessaire
modernisation, en contribuant au développement de sa diffusion et de son lectorat, tout en veillant au maintien de son
indépendance et de son pluralisme.

Je tiens à vous remercier, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers, pour votre contribution majeure,
ambitieuse et forte à notre réflexion collective sur cet objectif partagé.

Je vous remercie.

Réception donnée à l’occasion des collections de haute couture

5 juillet 2005

Monsieur le Président de la Chambre syndicale de la haute couture,
Cher Didier Grumbach,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Je suis très heureux de vous accueillir, à la veille des présentations des
collections automne-hiver 2005/2006 de la haute couture française, ici, rue de
Valois, au ministère de la culture et de la communication qui est aussi, je
tenais à vous le dire ce soir, celui des arts de la mode. Des arts qui font partie
intégrante de notre culture, de l’image de la France et de Paris. Je vous prie
tout d’abord d’excuser mon retard. Je ne viens pas de l’un des défilés de prêt à
porter masculin de l’été 2006, mais de la réunion, avec les députés et
sénateurs, qui marque, à Matignon, la clôture de la session – de la saison !-
parlementaire…

Je suis très heureux de vous recevoir, vous qui êtes les grands couturiers
d’aujourd’hui et de demain. Je me réjouis en effet que la Chambre syndicale
invite de plus en plus de jeunes talents à côté des défilés des grandes
maisons. Car vous participez tous – et cela me tient particulièrement à coeur –
à l’émergence de nouvelles marques de mode, avec tous les savoir-faire,
toutes les compétences, celles des ouvrières, des ateliers, des brodeurs, des
modistes, des bottiers, des plumassiers : merveilleux métiers, merveilleux
artisans, merveilleuse habileté, merveilleuse intelligence, merveilleuse finesse
du geste et de l’esprit. Je tiens à vous rendre hommage ce soir, car sans vous,
rien de cet art si particulier ne serait possible.

Oui, avec toute la diversité de vos talents, vous portez tous, non seulement
l’image de la mode, mais aussi celle de la France, dans ce qu’elle a de plus
rare, de plus raffiné, de plus précieux, de plus original et de plus beau : l’art de
la pièce luxueuse et unique, conçue aux mesures de la cliente, dans ses
moindres détails.

Domaine de prédilection du travail à la main, laboratoire d’idées et de
techniques, espace où la créativité peut s’exprimer librement, la haute couture
reste, avant tout, un savoir faire, un savoir tout court, une inspiration, cette
« multitude de secrets que l’on se chuchote », comme le dit si joliment Yves
Saint Laurent. Oui, c’est un art d’exception, qui recrée chaque jour la magie de
la mode et du spectacle du monde, devant nos yeux émerveillés.

Et si j’ai tenu à rendre hommage à la haute couture aujourd’hui, ce n’est pas
seulement parce qu’elle incarne le prestige et l’image de notre pays, en entraînant
dans son sillage le prêt-à-porter, les accessoires et les parfums. C’est parce qu’elle
est la source d’activités et d’attractivité économiques, d’emplois, de rayonnement et
d’événements, que l’on peut mesurer de multiples façons, et notamment par le fait
qu’ils attirent, chaque saison à Paris, quelque 500 journalistes et 150 photographes,
représentant 250 journaux, 35 télévisions et radios, venus de 35 pays du monde.

Bien sûr, la haute couture est tout cela. Mais elle est surtout, pour moi, une vision
poétique et précise de notre temps, qui mêle savamment dans ses plis et dans ses
formes le passé et le présent, refusant de dissocier l’art de la vie.

Christian Dior, dont nous célébrons le centenaire, avec, notamment une magnifique
exposition que j’ai inaugurée à Granville, ajoutait ces paroles intemporelles : « elle
représente un trésor d’artisanat consciencieux, un triomphe de tour de main, une
manière de chef d’oeuvre, elle représente des centaines d’heures de travail. Et c’est
elle qui demain, par la façon dont elle sera portée, fera la mode de Paris, la mode du
monde ».

Ces paroles de Christian Dior nous rappellent la nécessité, de faire dialoguer toutes
les formes de création contemporaine, mais aussi notre patrimoine historique avec
cette création. Et cette soirée est aussi une inauguration. En venant ici, vous avez vu,
ou vous verrez, tout à l’heure, les vitrines situées sous le péristyle du Palais Royal, à
l’entrée du ministère. C’est un magnifique lieu d’exposition. Et pour l’inaugurer
aujourd’hui et pour tout l’été, j’ai voulu donner « carte blanche » à agnès b. Tout le
monde connaît ses créations. Mais tout le monde ne sait pas qu’elle porte un regard
acéré sur l’art contemporain, dont elle est une collectionneuse très avisée.

Elle a sorti, de sa propre collection, des oeuvres de Calder, qui voisinent, avec
bonheur, avec les oeuvres, qu’elle a choisies dans les collections du fonds national
d’art contemporain, de Joe Scanlan, Sandrine Raquin, Rei Nato, le Cercle Ramon
Nash, Claude Closky, David Mach et Jean Noël. C’est un hommage à la mode, art
parmi les arts, si proche de nous et si raffiné dans ses détails.

Je tiens à vous remercier très chaleureusement d’avoir accepté, avec tant de
générosité, d’enthousiasme et d’énergie cette proposition, qui enchantera tous les
visiteurs du ministère et tous les promeneurs du Palais Royal pendant tout l’été.

Je vous remercie toutes et tous de continuer à nous faire partager vos rêves, vos
regards sur le monde, vos créations, vos talents.

30 ans de la DRAC Ile-de-France

30 juin 2005

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Je suis très heureux de fêter avec vous ce double événement, cet anniversaire, qui est donc
aussi une inauguration ! Vous êtes toutes et tous les témoins et les acteurs de cette histoire,
que nous célébrons ensemble, que nous continuons ensemble, et que vous venez de
rappeler à grands traits, cher Christian Pattyn, cher Jean-François de Canchy. Vous êtes l’un
et l’autre, avec vos équipes et sans doute tous ceux, ici présents, qui vous ont
respectivement succédé et précédés dans cette magnifique et unique fonction, les héritiers
de cet esprit de mission, qui a animé les pionniers de ce jeune ministère depuis sa création
et qui continue de vous inspirer, de nous inspirer, dans cette région pas comme les autres, à
tous points de vue et en particulier en raison du nombre d'habitants, de la présence de Paris
capitale, de ses richesses mais aussi de la grande diversité de ses territoires – du plus rural
au plus urbain, dont un tiers de zones urbaines dites sensibles, soit plus qu’en toute autre
région de notre pays.

Votre DRAC est un service particulièrement jeune de ce jeune ministère. Un service dont la
création n’allait sans doute pas de soi. Elle fut évidente, dans son principe, mais mit
longtemps à entrer dans les faits.

Avec la décentralisation, puis la déconcentration, [la fameuse « déconcentralisation » chère
à René Gachet, ici présent] l'aménagement culturel du territoire s’est poursuivi, dans notre
pays, mais aussi au sein de l’Europe. Et toutes les études montrent que la France a besoin
d'une région, de régions "locomotives" dans le cadre d’une compétition territoriale accrue.

Parmi celles-ci, l'Ile-de-France joue un rôle éminent dans le rayonnement de notre culture et
de notre territoire. Elle a vocation à accueillir de grandes opérations d’ampleur nationale,
comme les Portes du Temps, que je lancerai mercredi prochain à Fontainebleau et qui
accueillera 10000 jeunes venus de toute la France mais principalement de l'Ile-de-France. Je
pense aussi, à la formidable mobilisation populaire autour des Jeux Olympiques de 2012.

C’est aussi un grand enjeu culturel, dont le sort se jouera dès la semaine prochaine, le 6
juillet : nous serons bientôt fixés ! Bien sûr, notre région capitale concentre les monuments
les plus emblématiques de notre pays, un tiers des crédits affectés aux monuments
historiques, un tiers de la programmation en spectacle vivant, mais aussi, les neuf dixièmes
des artistes plasticiens vivant et travaillant en France.

Et l’on ajoute à cela :

– un préfet de région, auprès duquel le DRAC anime le pôle culture, dans le cadre d’une
administration regroupée autour de ses grandes missions ;

– huit préfets de département ;

– huit SDAP, dont celui de Paris qui comprend 35 agents ;

– 45 établissements publics ;

– 31 services à compétence nationale ;

– et 22 monuments gérés par le Centre des monuments nationaux.

Bien sûr, l’administration centrale n’est pas loin, pour vous aider – en tout cas je l’espère et
je l’y incite – à accomplir vos missions, mais aussi à améliorer l’action de l’Etat, vous qui êtes,
quotidiennement, en première ligne, dans vos bureaux, mais aussi sur les routes de notre
réseau francilien, au contact des créateurs, des artistes et de tous ceux qui les
accompagnent.

Car vous incarnez et vous animez l’action culturelle de l’Etat, dans toute l’étendue de vos
responsabilités et de vos compétences, de généralistes ou de spécialistes, ou des deux à la
fois. Car votre action est à la fois très transversale, ancrée dans les territoires de cette région
et surtout, et fait appel à vos nombreuses compétences, notamment scientifiques et
techniques. Vous êtes le lieu de la cohérence et de l’unité de l’action du ministère, dans cette
région à nulle autre pareille.

On a pu écrire, à peu près au moment où je suis arrivé rue de Valois, que ce ministère serait
« le ministère de l’impossible… ». La DRAC Ile-de-France est un peu dans la même
situation. Et c’est d’abord votre enthousiasme, votre travail, votre énergie qui sont
déterminants, pour relever la pari des politiques culturelles à mener, aux côtés des autres
services de l’Etat et des élus, et qui sont autant de nouvelles aventures, de nouvelles
réponses à inventer, de nouveaux liens à tisser, au service de notre patrimoine, mais aussi
des rêves, des projets, des créations des autres, puisque telle est notre vocation première,
comme j’ai eu l’occasion de vous le dire au grand palais, qui fut longtemps le siège de la
DRAC.

Mais je veux surtout aujourd’hui vous rendre hommage et vous remercier pour votre action,
pour votre engagement à tous. Je veux vous remercier pour l’initiative que vous avez prise
avec le comité d’histoire, de restituer la mémoire collective de cette DRAC et de vos trente
ans de combat et d’idéal au service de la culture et de la communication.

Je tiens à vous féliciter pour le remarquable ouvrage que vous avez publié et qui retrace, de
manière très vivante ces entretiens avec les DRAC successifs, ces trente ans d’action et de
souvenirs. C’est sur cette mémoire partagée que nous agissons dans le présent et
construisons l’avenir.

Je vous remercie.

Journée de la fiction au Sénat

30 juin 2005

Monsieur le Président Directeur Général de Public Sénat,
Cher Jean-Pierre Elkabbach

Monsieur le Président de l’Association pour la Promotion de la Production
Audiovisuelle, Cher Jean-François Boyer,

Mesdames les Présidentes, Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Je suis très heureux de conclure cette deuxième journée de la fiction, un an
après avoir inauguré avec vous, à Versailles, votre premier rendez-vous, qui a
rencontré un réel succès et s’est désormais installé dans la grille des réflexions
collectives sur notre paysage audiovisuel.

Un paysage qui traverse une phase de mutation intense et profonde, sous
l’effet conjugué de plusieurs phénomènes. En premier lieu, l’enrichissement
des canaux de diffusion, dû à l’arrivée de la TNT, le 31 mars dernier. Et je me
réjouis que, grâce à Public Sénat, cette journée soit diffusée sur la TNT.

Il est
d’ailleurs très intéressant d’observer, Monsieur le Président, cher Jean-Pierre
Elkabbach, que cette chaîne parlementaire, chaîne civique, chaîne de réflexion
par excellence, qui partage son antenne entre l’information, l’actualité et le
documentaire, l’ouvre à notre réflexion sur la fiction. C’est non seulement
légitime, mais aussi révélateur et nécessaire, dans une société où nos
concitoyens passent un temps croissant devant la télévision, et en particulier
devant les programmes de fiction. Ceux-ci rythment leur vie quotidienne, par
des rendez-vous familiers, mais aussi par des rencontres nouvelles et des
découvertes, en sollicitant, non seulement leur émotion, mais aussi leur regard
sur le monde et leur réflexion sur la société, ou sur des questions qu’ils se
posent dans leur vie. La transformation du paysage audiovisuel français,
amorcée avec l’arrivée de la TNT, va se poursuivre avec l’amélioration de la
qualité technique des programmes et le développement à venir de la haute
définition ; mais aussi, la multiplicité des modes de diffusion ; la montée en
charge de l’ADSL et de la télévision sur mobile ; et enfin, la
professionnalisation des chaînes locales.

Je souhaite que cette mutation ait un impact positif sur les programmes, sur
leur enrichissement et sur leur diversité. Et je tiens à ce que les pouvoirs
publics continuent à veiller, face à ces développements nouveaux, aux
exigences de qualité et de respect du public qui s’imposent, en raison de la
place croissante de cette offre accrue dans la vie de nos concitoyens. Je
rappelle que ce sont d’abord les programmes, les contenus, qui fédèrent
l’adhésion et les choix du public. L’histoire de la télévision nous le montre.

La fiction, comme je vous l’ai dit à Versailles, l’an dernier, est vraiment le
programme phare de la télévision, plébiscité par les Français, qui placent
régulièrement, depuis plusieurs années, plus de 50% de fictions en tête des
meilleures audiences. Ces programmes sont aussi, je le sais, plus onéreux que
d’autres, ce qui explique leurs difficultés à essaimer en dehors des heures de
grande écoute, en raison des coûts de fabrication et des difficultés de
rediffusion.

Au terme de cette journée de réflexions et de propositions, je tiens à revenir sur
l’évolution des conditions de production de la fiction depuis un an, avant de
vous proposer de reprendre avec vous des pistes de réflexion pour l’avenir. Je
suis très conscient, vous le savez, de vos préoccupations et de vos attentes, et
j’examinerai avec attention les propositions précises que vous avez formulées
aujourd’hui.

Comme vous, je pense que la production est d’abord le fruit de la passion, de la
création, du travail, de l’audace et du risque des hommes et des femmes qui la
font. Et en particulier de celles et de ceux qui conçoivent, écrivent, ces histoires,
ces récits, ces oeuvres, qui constituent, il faut en avoir conscience, la principale
voie d’accès, pour la plupart de nos contemporains, à l’imaginaire, au rêve, au
symbolique.

C’est pourquoi, avant d’aborder l’économie de la production, je tiens à évoquer
un problème essentiel à mes yeux : la formation de nos auteurs, de nos
scénaristes. Elle requiert des connaissances et des compétences très variées.

Je tiens à rendre hommage au travail accompli par le Conservatoire européen
d’écriture audiovisuelle (CEEA) qui est financé et soutenu, je le rappelle, par
l’ensemble des professionnels de l’audiovisuel.

Ce Conservatoire, qui aura dix ans l’an prochain, vient d’engager une
procédure de certification professionnelle, qui lui permettra de délivrer des
diplômes reconnus par l’Etat. Je soutiens entièrement cette démarche.

Vous le savez, ma préoccupation première, dès ma prise de fonction, a été
d’améliorer les conditions de financement et de tournage des oeuvres de fiction.

Nous pouvons nous féliciter, collectivement, que les premiers effets des
mesures que j’ai décidées se traduisent par l’accroissement du volume de
production, bien sûr – j’y reviendrai dans un instant – mais aussi, et vous savez
que j’y tiens beaucoup, par la relocalisation des tournages et des emplois en
France. Car dès l’annonce de ces mesures, vous avez anticipé ce mouvement
de relocalisation qui se dessine aujourd’hui. En effet, la durée des tournages à
l’étranger diminue presque de moitié en 2004 (973 jours de tournage à
l’étranger, contre 1816 jours en 2003).

La première de ces mesures, c’est l’extension du crédit d’impôt à l’audiovisuel,
que je vous avais annoncée, l’an dernier à Versailles. Le CNC a déjà reçu 150
demandes. C’est dire le succès que rencontre cette mesure.

Vous savez que j’ai tenu à ce que la télévision publique joue un rôle exemplaire
dans le financement et le renouvellement de la création. Elle doit constituer une
référence. J’ai obtenu que les ressources publiques affectées à la télévision
publique en 2005 soient en augmentation de 3,2%, soit plus de 60 millions
d’euros, par rapport à 2004. Ces moyens supplémentaires vont, je vous le
rappelle, en priorité, à la production de programmes. Dans le domaine de la
fiction, la télévision publique a ainsi pu innover, et je m’en félicite. France 3 a
diffusé un feuilleton quotidien, ce qui représentait une réelle prise de risque ; et
France 2 a renouvelé la ligne éditoriale des 52 minutes et de la fiction jeunesse.

France 2 et France 3 ont accentué leur engagement dans le financement des
fictions en 2004, si bien que le volume horaire des fictions cofinancées par les
deux chaînes a atteint 460 heures. Je souhaite que ces efforts continuent et
s’accentuent, notamment pour la fiction de journée.

La mise en place des fonds régionaux, le fameux 1- de l’Etat pour 2- de la
Région, est également déterminante. Depuis que j’ai signé la première
convention, avec la région Centre, le 20 septembre dernier, trois mois après
Versailles, je suis heureux de vous annoncer que 17 conventions portant sur la
période 2004-2006 ont été conclues par l’Etat et le CNC avec 20 collectivités
territoriales (17 régions et 3 départements). C’est une dynamique nouvelle qui
est lancée. Et je suis heureux de le dire au Sénat, l’assemblée qui représente les collectivités territoriales de la République. Je me réjouis que les régions –
mais aussi quelques départements, comme la Charente-Maritime, par exemple
– aient répondu aussi favorablement à notre appel et manifestent un tel intérêt
pour le soutien à l’audiovisuel.

Vous connaissez ma détermination à décloisonner et à favoriser toutes les
passerelles possibles entre la culture et la communication, entre le patrimoine
et la création. J’ai souhaité ouvrir les monuments historiques, pour les rendre
plus accessibles aux tournages. J’ai souhaité aussi renforcer le rôle de la
Commission nationale du film France, et je tiens à rendre hommage à son
action très positive.

J’ai été sensible, vous le savez, aux réflexions qui ont animé les professions de
l’audiovisuel sur la définition de l’oeuvre audiovisuelle. Aussi ai- décidé, en
accord avec la position prise par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, de
confier à l’Observatoire de la production audiovisuelle l’évaluation de l’impact
du dispositif réglementaire sur l’économie du secteur. Depuis le mois de janvier
2005, le groupe de travail de l’Observatoire s’est déjà réuni plusieurs fois, en
associant, comme j’y tenais, les professionnels concernés aux trois
administrations membres de l’Observatoire.

Dans le cadre de ce travail, une enquête a été élaborée par les représentants
de la production audiovisuelle, afin de mesurer concrètement en quoi les
décrets de 2001 ont changé leurs relations avec les chaînes de télévision et
l’économie de leur entreprise. Ce questionnaire vient de vous être adressé. Et
je souhaite que les premiers résultats nous parviennent pour la fin de l’été.

Il faudra attendre 2006 pour dresser un bilan complet du dispositif. Mais dès
l’automne prochain, un premier bilan pourra déterminer dans quelle mesure la
réglementation remplit ses trois objectifs :

– renforcer la production et le financement des oeuvres audiovisuelles ;

– améliorer la circulation et l’exposition des oeuvres ;

et renforcer l’économie des entreprises de production.

La fiction a connu une forte croissance en 2004, 8.4% de volume horaire en
plus, selon les chiffres du CNC. Cette croissance s’accompagne d’une
diversification des formats, notamment vers les programmes courts, de
quelques minutes ou de 26 minutes. Nous verrons si les chiffres de 2005
confirment cette tendance, mais les annonces récentes des intentions des
diffuseurs privés et publics confirment cet appétit pour la fiction. Cette
diversification répond à de nouvelles attentes du public. Elle permet aussi de
révéler de nouveaux talents, de raconter de nouvelles histoires, bref, d’innover
dans la création. Et je me réjouis que la fiction, tous formats confondus, ait
connu un vrai succès, tout en innovant. Je citerai quelques exemples qui m’ont
marqué depuis ce début d’année : le magnifique film d’Alain Tasma Nuit noire
sur Canal +, écrit par Patrick Rotman, a ouvert des perspectives nouvelles dans
la façon de raconter l’histoire tragique et jusqu’ici méconnue du 17 octobre
1961 ; Plus Belle la vie, le feuilleton quotidien de France 3, a gagné son pari et
conquis le public ; la pétillante Clara Sheller a largement convaincu le public de
France 2 et rallié des millions de téléspectateurs dans un format, le 52 minutes,
et avec des héros certainement moins classiques que ceux qu’offre
habituellement la première partie de soirée ; Kaamelott sur M6 apporte un
humour inhabituel dans la fiction française ; Dans la tête d’un tueur sur TF1
donne au fait divers une dimension dramatique bouleversante ; et nous
attendons beaucoup de la rencontre de Vénus et Apollon, sur Arte, à la rentrée.

Il y a aujourd’hui un véritable élan de la fiction, qui entraîne, tant le public que
les chaînes et les auteurs, les réalisateurs et les producteurs. Cela nous permet
d’espérer une vraie diversification des récits et des formats, corroborée par les
premières constatations de l’observatoire de la production audiovisuelle.

Mais si la vie est « plus belle » à Marseille , ou « sous le soleil » de Saint-
Tropez , les nuages qui restent à dissiper, sont encore nombreux.

– Les chiffres du CSA sont éloquents : la journée, comme la deuxième partie de
soirée, reste largement occupée par les fictions américaines ou européennes ;
seule la jeunesse, avec les fictions de France 2, et des fictions aussi
emblématiques que Sous le soleil montrent la voix d’un réel progrès.

– La seconde partie de soirée de fictions françaises, qui recèle un réel potentiel
d’écritures innovantes, est encore trop timide.

– Le compte de soutien, auquel vous faites appel pour financer des pilotes,
connaît des difficultés de financement, liées au ralentissement de la publicité à
la télévision. C’est un grand sujet de préoccupation, alors que les demandes
sont toujours plus nombreuses.

– Le deuxième marché de la fiction n’existe pas vraiment en France. Ni
d’ailleurs hors de nos frontières, pour la fiction française, et la diffusion à
l’export est une préoccupation importante. J’attends prochainement, sur ce
sujet, les conclusions de la mission diligentée par le CNC.

D’une manière générale, les séries françaises sont conçues (par leurs thèmes,
leur écriture, leur distribution, leur financement) dans une logique de
propriétaire et pas suffisamment dans une logique de circulation. Et tous les
efforts des acteurs économiques comme de la réglementation se concentrent
sur les heures de forte écoute. Je pense par exemple à l’obligation de diffusion
d’oeuvres inédites.

Il est vrai que le coût très élevé de la fiction française, notamment en raison de
la distribution, conduit naturellement les chaînes à privilégier les heures de forte
écoute, y compris pour la rediffusion. Et les succès d’audience des rediffusions
d’épisodes de séries récurrentes n’incitent pas les diffuseurs à choisir d’autres
cases de programmation. La diversité n’en sort pas gagnante.

– A ces obstacles structurels s’ajoutent les difficultés liées aux rediffusions de
journée. Vous les connaissez mieux que personne.

Sur la base de ce constat, et en vous remerciant une fois de plus pour vos
propositions, je tiens à ouvrir dès à présent quelques pistes de réflexion et
d’action.

Sur la diversité des cases, je vous propose d’explorer deux pistes de réflexion :
d’abord, une écriture adaptée ; le ministère de la culture et le CNC contribuent à
cette recherche, grâce au fonds d’innovation audiovisuelle, destiné à financer
des écritures innovantes, dont le premier appel à projet a été lancé le 10 juin
dernier. Une incitation réglementaire est également possible. Les contraintes
pesant sur les diffuseurs sont nombreuses, il n’est pas question d’en rajouter.

Mais il s’agit de les rendre plus incitatives, pour diversifier les cases de
programmation en journée, ou en deuxième partie de soirée. Je note d’ailleurs
que TF1 a obtenu un résultat d’audience remarquable samedi dernier, avec une
série américaine inédite et, il faut le reconnaître, de qualité. Ce score s’est
maintenu, et même légèrement amélioré, en deuxième partie de soirée.

J’y vois
un signe extrêmement encourageant. France Télévisions avait montré
l’exemple, avec ses cases du vendredi soir, consacrées à la série française de
qualité. Il faut poursuivre dans cette voie. C’est pourquoi je propose d’engager
une discussion sur la fiction, à l’occasion du futur contrat d’objectifs et de
moyens de France Télévisions.

Sur le compte de soutien, le système de financement a pour mission
d’accompagner le financement des oeuvres d’intérêt culturel à vocation
patrimoniale. La fiction est évidemment au coeur de cette mission et je souhaite
que le CNC entame un vraie réflexion sur ce sujet avec les professionnels.

L’inclusion dans l’assiette des versements au COSIP des recettes issues des
appels téléphoniques surtaxés et mini-messages portera ses fruits en 2006.

Sur la présence des marques à l’image et le placement de produits, afin de
répondre aux préoccupations des professionnels, qui l’ont alertée sur ce sujet,
la Direction du développement des médias a rappelé le régime juridique
applicable, dans le cadre de l’Observatoire de la production audiovisuelle.

Par ailleurs, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a précisé aux professionnels
sa doctrine sur cette question : lorsque la visualisation du produit est introduite
pour des raisons tenant au réalisme et à la crédibilité du scénario, et si sa
présence est mesurée, le CSA ne considère pas qu’il y a publicité clandestine.

La publicité évolue à la télévision. Il faut prendre le temps de l’analyse et de la
réflexion. Car les sujets ne manquent pas et l’arrivée de la distribution – aprèsdemain
– nous incite à une vision globale sur ce thème, afin de trouver les
ressources dont notre télévision, publique comme privée, a besoin.

N’oublions
pas que la publicité, c’est aussi de l’activité, de l’emploi, et de la production !

L’ouverture de discussions avec les artistes interprètes et leurs agents, sur la
modération salariale et les conditions de rediffusion, fera l’objet d’un groupe de
travail , qui doit démarrer bientôt.

Enfin je souhaite conclure sur les promesses que représente, pour l’avenir de la
création et de la diversité des programmes de fiction, le développement de la
télévision en haute définition, notamment sur la TNT.

Je veillerai à ce que vous soyez étroitement associés à ces nouvelles
perspectives, comme à toutes les mesures qui vous concernent.

Je vous remercie.

Le trentième anniversaire de l'Onda (Office national de diffusion artistique)

28 juin 2005

Madame la Ministre, Chère Catherine Tasca,

Madame la Présidente de l'Office national de diffusion artistique, Chère Michèle Puybasset,

Monsieur le Directeur honoraire de l'ONDA, Cher Philippe Tiry,

Monsieur le Directeur, Cher Fabien Jannelle,

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je suis très heureux de vous retrouver pour célébrer avec vous ces trente saisons de l'office
national de diffusion artistique. L'ONDA, quel beau sigle, qui évoque l'onde, les ondulations,
les vagues qui se succèdent les unes aux autres, portées par le souffle du développement
de nos créations théâtrales, musicales et chorégraphiques dans toute leur diversité, et pour
tous les publics, jeunes et adultes, partout en France, depuis trente ans !

Vous êtes tous ici les témoins et les acteurs de cette formidable croissance du spectacle
vivant, accompagnée par l'ONDA au fur et à mesure de l'éclosion des lieux, des
compagnies, des créations, des festivals et rendue possible grâce au soutien sans faille de
l'Etat et à l'intervention accrue des collectivités territoriales en faveur de la culture.

Vous savez tous aussi que la diffusion vit pourtant une crise sans précédent et que la
construction de théâtres dans la plupart des villes de France s'est paradoxalement
accompagnée d'une baisse sensible du nombre de représentations par spectacle. Cette
crise, qui frappe de plein fouet les artistes et les techniciens, je mesure combien il est urgent
de la résoudre. Je ne veux pas voir s'effondrer un pan entier de notre politique de soutien
aux arts de la scène : celui qui permet la rencontre des créateurs et des publics. Qu'y a-t-il
de pire pour notre démocratie culturelle que des spectacles créés avec l'argent de tous et
joués pour quelques uns seulement ? Qu'y a-t-il de plus absurde, pour tous ceux qui écrivent
et répètent pendant de longues semaines, que de jouer seulement quelques soirs ?

Vous le savez, j'ai la chance d'avoir la responsabilité d'un ministère relativement jeune et qui
a pourtant – cet anniversaire en est la preuve – le sens de l'histoire. Et s'il est bon de revenir
aux sources pour puiser l'énergie nécessaire à l'action quotidienne, il est essentiel aussi de
remettre en cause des principes d'action qui furent bons en leur temps mais ne s'appliquent
plus aux situations nouvelles.

Dans quelques semaines, à l'issue du Festival d'Avignon dont je célébrerai en 2006 le
soixantième anniversaire – qui est aussi celui de la décentralisation théâtrale – je vous
présenterai donc mes axes de travail en faveur du théâtre. A la lumière des propositions
pour le spectacle vivant élaborées par mes services, dans le droit fil de certaines des
préconisations du rapport de Bernard Latarjet que je salue, je m'attacherai à redonner du
sens à l'action de l'Etat, parfois perçue comme riche mais confuse.

Aujourd'hui, je suis comme vous un héritier de Michel Guy, qui créa l'ONDA et incarna une
certaine idée de la politique culturelle : exigeant sur la qualité des spectacles, exigeant sur le
professionnalisme des interventions de l'Etat, soucieux de faire partager ces exigences à un
public non pas abstrait et parfois rêvé, mais à des spectateurs réels, dans leur diversité
sociale et géographique. Et surtout, en cette fin d'année consacrée à la discussion avec les
partenaires sociaux, particulièrement attentif aux conditions d'exercice des métiers de ceux
qui font vivre le théâtre sur les plateaux et dans les salles.

L'ONDA doit ainsi plus que jamais poursuivre sa mission d'aménagement culturel de notre
territoire. C'est là une constante de son action depuis trente ans, même si la décentralisation
a métamorphosé le paysage culturel français en faisant émerger de nouveaux acteurs
publics au service de la création et de la diffusion. Oui, par vos déplacements aux six coins
de l'hexagone, par les rencontres que vous n'avez cessé de susciter, notamment à travers
les Rencontres Interrégionales de Diffusion Artistique (les RIDA), par les informations que
vous n'avez cessé de faire circuler, par votre curiosité, par votre écoute, par les liens
privilégiés que vous avez tissés grâce à votre engagement et à votre fidélité, vous, les
équipes, les animateurs, les " guetteurs de l'ONDA ", vous avez apporté une contribution
majeure au développement des publics, conformément à votre mission première.

Chaque année, on compte par centaines vos interventions qui ont su et sauront encore
évoluer : garanties financières, aide aux séries de représentations, aide aux tournées
territoriales, aide aux séries de représentations en Ile-de-France, aide à la diffusion des
ensembles musicaux et vocaux et des grands ensembles de jazz, aide à l'accueil de
spectacles de rue qui s'est trouvée renforcée par le lancement du Temps des arts de la rue,
que j'ai annoncé le 2 février dernier à Marseille.

L'ONDA a su prendre des risques et inciter les autres à en prendre, tout en affirmant une
ambition artistique qui n'allait pas de soi, dans toute la France, depuis trente saisons. Il est
vrai que vous aviez, cher Philippe Tiry, avant de prendre les rênes de l'ONDA, favorisé les
débuts, au Centre national dramatique du sud-est puis à la maison de la culture d'Amiens, de
jeunes metteurs en scène, comme Ariane Mnouchkine et Jérôme Deschamps. Je tiens à
vous rendre hommage – ainsi qu'à tous ceux qui vous ont entouré et suivi, Fabien Jannelle
en particulier et Catherine Tasca que je suis heureux de saluer – pour avoir mené avec
succès cette action de longue haleine, en apportant votre concours à tant de lieux, tant de
structures, grandes, et surtout petites, tant de compagnies, en permettant à tant de
spectacles de rencontrer leurs publics.

Je veux enfin saluer le rôle international de l'ONDA : la circulation des oeuvres et des artistes
demeure une priorité et une attente forte, comme l'ont montré les Rencontres pour l'Europe
de la culture que j'ai organisées à la Comédie-Française les 2 et 3 mai derniers. Et vos
contacts européens et internationaux sont assurément très précieux pour contribuer à la
connaissance et au rayonnement dans notre pays de spectacles venus du monde entier.

Le partage, l'échange, la rencontre : tels me paraissent être les maîtres mots de vos trente
ans.

Et si je parle au présent de votre action, je pourrai en parler au futur, en évoquant ce poème
de Saint-John Perse, " La Gloire des Rois ", que vous aviez mis en exergue lors de votre 20è
anniversaire : " je t'attendrai chaque saison au plus haut flux de mer, interrogeant sur tes
projets les gens de mer et de rivière ". L'ONDA s'est développée et l'onde continue à se
propager, tel un organisme vivant. Je suis heureux et fier de saluer sa longévité qui est
aussi, selon la fameuse formule de Philippe Tiry, celle de " l'âne qui porte les prophètes " .

Je vous remercie.

Signature de la convention de partenariat scientifique sur Lascaux

28 juin 2005

Monsieur le Président de la Fondation Electricité de France, Cher Pierre
Gadonneix,

Monsieur le Vice-Président de l’Université Bordeaux I, Monsieur le professeur
Robert Cori,

Monsieur le Directeur-adjoint du Centre national de la recherche scientifique,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux de vous accueillir aujourd’hui au ministère de la culture et
de la communication, pour la signature de la convention de partenariat
scientifique avec la Fondation Electricité de France sur la Grotte de Lascaux.

C’est l’avenir de ce site qui est en jeu. Il fut le deuxième, avec les autres
grottes ornées de la vallée de la Vézère, dès 1979, après la cathédrale de
Chartres et avant les grottes d’Altamira en Espagne, à être inscrit sur la liste du
patrimoine mondial de l’humanité. Le seul nom de Lascaux suffit à évoquer en
chacun de nous, toutes les images, tous les rêves et toutes les émotions liés à
ce qu’ Yves Coppens a appelé « l’ Odyssée » de notre espèce , l’homo
sapiens.

Et je garderai à jamais le souvenir de cette visite en Périgord, un jour
très chaud de juillet, où, après avoir inauguré le magnifique musée national de
la préhistoire aux Eyzies, j’ai ressenti cette longue coulée du temps de
l’aventure humaine, gravée dans les figures animales et dans les signes
énigmatiques des parois originales de Lascaux, toutes proches de la
magnifique réplique, dite Lascaux II, que des millions de visiteurs ont pu
découvrir émerveillés, depuis son ouverture. Ce site exceptionnel, qu’André
Malraux avait dû fermer au public en 1963, pour qu’il demeure ouvert à la
science et aux générations futures, mérite une mobilisation exceptionnelle.

C’est elle qui nous réunit aujourd’hui.
Je suis heureux de saluer cette mobilisation, en présence de Pierre
Gadonneix, président de la Fondation Electricité de France, mécène de
l’opération. Nous allons, dans un instant, signer cette convention, avec nos
partenaires scientifiques, Robert Cori, vice-président de l’université Bordeaux I,
et Michel Trinité, directeur adjoint au département des Sciences de l’Ingénieur,
qui représente Bernard Larrouturou, directeur général du Centre national de la
recherche scientifique.

Cette convention permet de franchir une nouvelle étape, très importante, du
plan de conservation de la grotte de Lascaux, défini par le comité scientifique
international créé en juillet 2002.

Ce comité, présidé par Marc Gauthier, inspecteur général honoraire de
l’archéologie, regroupe des spécialistes de plusieurs disciplines, comme
l’hydrogéologie, la microbiologie, la climatologie, la géochimie, ayant uni leurs
savoirs et leurs talents à ceux des conservateurs et des archéologues, pour
élaborer un programme global d’étude et de conservation de la totalité de ce
milieu souterrain particulièrement complexe.

Depuis sa fermeture au public en 1963, la grotte fait l’objet d’une attention
constante des services des monuments historiques et de l’archéologie.

Grâce
aux analyses effectuées par le Laboratoire de recherche des monuments
historiques, l’altération constatée en 2001, provoquée par le développement
d’un champignon et de bactéries associées, a pu être traitée en urgence et
enrayée. Mais elle n’est pas encore complètement éliminée. C’est pourquoi
nous devons poursuivre les recherches, pour mieux comprendre les paramètres
climatiques, géologiques et microbiologiques de ce phénomène, afin de mieux
le maîtriser.

Pour assurer cette surveillance complète du milieu souterrain, et surtout sa
préservation pérenne, le comité scientifique a jugé indispensable de disposer
d’un état des lieux objectif et exhaustif de la grotte. Ce constat s’appuie sur un
relevé en trois dimensions, qui fait appel aux compétences des chercheurs
d’Electricité de France, dont nous verrons tout à l’heure les images.

Leur modélisation en trois dimensions va permettre de mieux comprendre les
phénomènes physiques à l’oeuvre dans la grotte et leur influence sur l’équilibre
biologique de ce milieu tout à fait unique. Cette connaissance est indispensable
à l’action. Elle nous permettra de mettre en oeuvre les solutions les mieux
adaptées à la conservation des décors peints et gravés de la grotte.

Des recherches nouvelles complèteront ce relevé. Les eaux de Lascaux seront
étudiées par le Laboratoire du centre de développement des géosciences
appliquées de l’université de Bordeaux I. L’évolution des microorganismes
présents dans la grotte et leurs relations avec le milieu physique seront
scrutées par les spécialistes du Laboratoire de recherche des monuments
historiques, de l’Institut national de recherche agronomique, du Muséum
national d’histoire naturelle et du Conseil national italien de la recherche.

C’est une coopération tout à fait exemplaire, une addition de synergies et
d’énergies entre équipes, entre disciplines, entre la recherche fondamentale,
les sciences appliquées et la culture, entre des savants et des ingénieurs
confirmés et de jeunes chercheurs, que je tiens à saluer. Car le sauvetage et la
transmission de notre patrimoine sont le fruit des efforts de tous.

Je tiens aussi à rendre hommage à la Fondation Electricité de France qui nous
montre ici un bel exemple de son engagement dans une politique originale et
éclectique de mécénat en faveur de la culture et du patrimoine au sens large,
en mobilisant les savoir-faire les plus pointus et les plus divers d’une entreprise,
qui est aussi porteuse, dans notre pays et sur les marchés internationaux, de
l’image de la France.

J’ai pu apprécier, depuis que j’ai pris mes fonctions, la diversité et la pertinence
de vos engagements, pour la mise en lumière des monuments, le soutien à de
nombreux musées, comme le musée Guimet par exemple, ou encore la
présentation d’expositions dans de nouveaux espaces culturels.

Pour le projet qui nous réunit aujourd’hui, votre Fondation, en partenariat avec
le Ministère de la culture et de la communication, l’Université de Bordeaux I et
le CNRS, apporte ses compétences dans l’un des domaines d’excellence de
votre entreprise, celui de la simulation numérique. Que des techniques de
pointe utilisées pour assurer la sécurité des centrales nucléaires et des
barrages, soient mises au service de la conservation des racines les plus profondes de notre histoire, symbolise une symbiose féconde entre la culture, le
patrimoine, et les autres domaines d’excellence de notre pays en matière de
recherche, d’industrie et de services.

Je souhaite que les recherches entreprises pour assurer la conservation du site
emblématique de Lascaux, soient riches d’enseignements pour d’autres grottes
ornées, dans notre pays, mais aussi au-delà de nos frontières, en Europe et
dans le monde, tant le patrimoine et les compétences qu’il mobilise à son
service constituent à la fois un facteur essentiel d’attractivité et de rayonnement
de la France, dans tous les domaines, mais aussi un enjeu universel de
progrès, pour une humanité qui peut construire son développement durable sur
la connaissance et la transmission de ses racines aux générations présentes et
futures.

Grâce à la science, grâce aux compétences de nos chercheurs et de nos
industriels, grâce à l’intérêt du public, grâce à tous ceux qui s’engagent à nos
côtés pour le préserver, notre patrimoine demeure ainsi, plus que jamais, une
grande force dans le monde d’aujourd’hui.

Je vous remercie.

Conférence de l'European Business Group (EBG)

28 juin 2005

Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux d’ouvrir vos deux journées de réflexions et d’échanges, à
l’occasion de votre assemblée générale. Je tiens à saluer l’action de votre
président, François-Henri Pinault, pour rassembler la réflexion des grandes
entreprises actives dans les secteurs de l’industrie, de la distribution, des
services, des médias et des nouvelles technologies et pour l’élargir aux sujets
stratégiques liés à l’innovation et à l’entreprise, dans un cadre résolument
européen. Car l’Europe d’aujourd’hui a besoin de votre engagement, de votre
envie de créer, d’innover et de réussir. Sans préjuger de vos décisions, je
salue par anticipation Patrick Le Lay, qui ne manquera pas de poursuivre cette
action si vous lui accordez vos suffrages, comme, m’a-t-on dit, cela est
probable. Votre matinée porte sur « Internet et la révolution des médias ». Il est
vrai que ce secteur vit une étape décisive de son développement, dont nous
sommes les témoins et les acteurs.

Sans remonter trop loin dans le temps, depuis l’arrivée du câble et des chaînes
thématiques, après l’explosion des programmes radiophoniques sur la bande
FM, la France a toujours été dans le peloton de tête du développement des
médias audiovisuels en Europe.

L’apparition des technologies numériques a d’abord bouleversé le paysage de
la production, en modifiant profondément les méthodes de captation et de
traitement des programmes, ce qui a entraîné l’abaissement des coûts, le
maintien d’une qualité irréprochable au cours d’étapes de post-production de
plus en plus complexes, et la diversification des formats, adaptés à des
vecteurs différents. Quant à la diffusion auprès du public, les moyens
numériques, notamment par satellite, ont provoqué un développement
considérable du nombre de chaînes.

La généralisation du numérique dans l'audiovisuel, tant en télévision qu'en
radio, fournit à nouveau l'occasion d'une éclosion formidable de nouveaux
services.

Pour le ministre de la culture et de la communication, il est essentiel que ces
nouveaux services permettent de mieux répondre aux besoins de nos
concitoyens en matière d’information, de culture et de divertissement ; mais
aussi de renforcer nos industries de création audiovisuelle, cinématographique
et musicale, en particulier. C’est l'occasion d’ouvrir des espaces de création
nouveaux et de créer des emplois culturels nouveaux et diversifiés, ce qui est,
vous le savez, pour moi, et je l’espère pour vous aussi, une priorité.

Et à ce jour en France, les perspectives sont riches de promesses.

L’effervescence actuelle du monde audiovisuel correspond à la diversité des
sujets que vous aborderez au cours de ces deux jours : je citerai le lancement
de la télévision numérique de terre, le développement de services de télévision
en haute définition, les études préalables au lancement de la télévision sur les
mobiles, la radio numérique, les portails multimédia permettant le
développement d'offres légales de téléchargement d’oeuvres.

35 % de la population a aujourd’hui accès à la nouvelle offre de la TNT, lancée
le 31 mars dernier qui triple le nombre de chaînes disponibles sans
abonnement pour les deux tiers des téléspectateurs recevant la télévision par
l’antenne "râteau". Dès le mois de septembre, 50% de la population pourra y
avoir accès. En outre, de nouvelles chaînes gratuites viendront compléter cette
offre dès l'automne, ainsi que des bouquets de chaînes payantes qui pourront
être commercialisés à partir de septembre.

Les 400 000 adaptateurs vendus et les prévisions de 1 million à 1,5 millions de
foyers équipés d'ici à la fin de l'année montrent un réel engouement des
téléspectateurs pour ce nouveau média.

Ces nouvelles chaînes doivent maintenant devenir rapidement disponibles pour
l'ensemble des Français. Je souhaite que le groupe de travail conjoint entre le
Conseil supérieur de l'audiovisuel et la Direction du développement des
médias, mis en place par le Premier ministre sur la couverture géographique de
la TNT, permette d'accélérer le déploiement effectif de cette nouvelle
technologie et que l'on puisse atteindre, bien avant la fin de l'année 2007, date
initialement prévue, le seuil de 85% de la population ayant effectivement accès
à ces nouvelles chaînes.

La haute définition constitue un autre mode de diffusion appelé à se généraliser
au cours des prochaines années. Vous connaissez les facteurs favorables à
son développement : l’apparition des écrans plats, le goût accru des
téléspectateurs pour les images de haute qualité fournies par les DVD, la photo
numérique ou encore les consoles de jeux.

La haute définition est déjà une réalité dans de nombreux pays, tels que les
Etats-Unis, le Japon ou la Corée du Sud, où elle rencontre un réel succès. Les
prévisions actuelles portent sur un parc de 16 millions de téléviseurs haute
définition installés en 2007 au Japon et de 37 millions en 2008 aux Etats-Unis.

Les Européens doivent à l’évidence, à leur tour anticiper cette évolution. C’est
un enjeu culturel majeur : les productions audiovisuelles européennes, et
françaises en particulier, seront progressivement exclues des marchés
internationaux si elles ne sont pas produites en haute définition.

Des services en haute définition sont d’ores et déjà en cours d’expérimentation
ou annoncés dans notre pays pour la fin de l’année. Il convient dans ces
conditions de ménager une place à la haute définition sur la TNT.

En effet, la télévision hertzienne terrestre reste le seul mode de réception pour
près de deux tiers des foyers français. Nous ne pouvons exclure ces foyers de
la haute définition, en la réservant aux autres modes de diffusion, qui sont
payants. Ne pas prévoir dès le départ la haute définition sur la TNT reviendrait
à priver la majorité des Français de la haute définition pour une période d'au
moins 5 à 10 ans.

Tel est le sens de la décision, prise par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin
en décembre dernier, de retenir la norme MPEG-4 pour la diffusion des chaînes
payantes de la TNT. En imposant une norme de compression plus efficace,
nous avons voulu libérer les ressources en fréquences nécessaires au
lancement d’une offre en haute définition qui sera également diffusée en MPEG
4.

Je travaille activement, avec le ministre de l'économie, des finances et de
l'industrie, Thierry BRETON, sur les voies et moyens d’un lancement rapide de
chaînes gratuites et payantes en haute définition sur la TNT.

Comme le montrent déjà les projets existants sur les autres supports, le nombre
de projets de diffusion en haute définition sur la TNT devrait être important. Une
sélection des chaînes sera donc nécessaire. Il nous faut organiser cette
procédure de sélection. C’est l’étape qui est devant nous, avec pour objectif de
permettre le lancement d’une offre haute définition sur la TNT, comprenant des
chaînes gratuites et des chaînes payantes, avant la fin du premier semestre
2006.

Le service public aura, bien sûr, un rôle important à jouer et il conviendra de
déterminer les chaînes du service public audiovisuel qui seront diffusées en
haute définition sur la TNT.

La télévision sur les mobiles paraît, elle aussi, promise à un bel avenir. Ces
services de télévision sont particulièrement adaptés au nouveau nomadisme
contemporain, avec ses outils caractéristiques, devenus indispensables, que
sont les téléphones mobiles, les assistants personnels, les baladeurs
multimédia ou les consoles de jeux.

Le succès des services de télévision en UMTS montre l’intérêt du public pour
cette nouvelle forme de consommation, d’autant que de nouvelles technologies
permettent d’envisager de fournir ce type de services avec une meilleure
efficacité. Ce sont de nouveaux et vastes territoires à défricher, que vous êtes
sans doute déjà en train d’explorer.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a prévu d’autoriser à la rentrée prochaine
des expérimentations en grandeur nature destinées à mieux cerner les usages,
les attentes et les comportements du public, que votre science du marketing
vous permet d’interroger, mais aussi de valider certains aspects liés au
déploiement du réseau. Un cadre juridique adapté à ces nouveaux services
devra ensuite être arrêté, d'ici 18 mois, en fonction de ce retour d’expérience.

Enfin, la convergence, organisée par la loi du 9 juillet 2004 relative aux
communications électroniques et aux services de communication audiovisuelle,
a trouvé rapidement sa concrétisation, avec le développement de nouveaux
services audiovisuels sur le réseau ADSL notamment. Plusieurs offres de
télévision sur ADSL sont désormais disponibles, qui permettent l’accès d’un
nouveau public à des bouquets de chaînes, habituellement disponibles sur le
satellite.

Le prolongement naturel de ces offres de télévision sur ADSL, comme d’autres
offres sur le câble, au-delà de l’accès à Internet, est bien sûr l’accès à une offre
de films à la demande. Cette offre doit s’inscrire dans un cadre régulé, dans le
respect des droits des créateurs, afin de leur procurer une juste rémunération et
de préserver la diversité de nos créations et de nos productions.

C’est dans ce sens que j’ai entamé le dialogue entre les professionnels du
cinéma et de l’Internet, afin de définir ensemble les conditions de
développement des nouvelles offres de films en ligne, et de lutter contre la
contrefaçon numérique, selon un processus de riposte graduée, des messages
de prévention jusqu ‘aux sanctions, proportionnées à la gravité des atteintes.

L’objectif est toujours le même : il s’agit de préserver la diversité de la création.

Ce dialogue progresse et je souhaite qu’il aboutisse, par étapes, à un accord
global.

Vos travaux sont au coeur de cette convergence. Les contenus, les oeuvres,
dont la demande augmente de manière croissante pour alimenter les différents
vecteurs de distribution des programmes, doivent incarner la diversité culturelle.

Qu’il s’agisse de la tendance à la convergence des contenus ou à la
concentration des médias et de l’offre, les valeurs qui doivent nous guider sont
toujours les mêmes : ce sont celles de la création, de la diversité, et du
pluralisme. Ces valeurs nous ont faits ce que nous sommes. Ce sont des
valeurs européennes et je sais que vous partagez ma conviction que ce sont
des valeurs clés de la croissance, de l’attractivité et du dynamisme.

Sachez que
j’assume pleinement ma responsabilité de ministre en charge des industries
culturelles, qui sont, pour une part croissante, des industries de la
communication. Mais je ne sépare pas mes responsabilités dans ce domaine
de celles dont j’ai la charge en matière de culture, et je pense par exemple à cet
autre aspect de la révolution de l’Internet qui concerne l’accès du plus grand
nombre au plus grand nombre d’oeuvres, que les nouvelles initiatives et
possibilités numériques mettent au premier plan de l’actualité. C’est la mission
fondatrice qui a été assignée au ministère de la culture dès sa création.

Je vous remercie.