Inauguration de la maquette de la Nouvelle-Orléans au siège de la Cour Suprême à la Nouvelle Orléans
Monsieur le Maire, Cher Ray Nagin,
Monsieur l’Ambassadeur de France aux Etats-Unis d’Amérique,
Cher Jean-David Levitte,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis
C’est pour moi un très grand plaisir, et un honneur, de remettre aujourd’hui
à la ville de la Nouvelle-Orléans, et aux bons soins de Madame Priscilla
Lawrence, directrice exécutive de The Historic New Orleans Collection, la
maquette de la Nouvelle-Orléans.
Cette maquette est le fruit de la passion et du travail méticuleux de deux
amoureux des notes bleues, Pierre Atlan, et son ami Pierre Merlin, aidés
de deux grands noms du jazz français, Jean-Christophe Averty et Claude
Luter. Permettez-moi d’y voir, plus largement, l’amour que la France a
toujours porté à votre ville, et le symbole de son engagement à vos côtés,
après la tragédie qui vous a touchés.
Nous avons sous les yeux 25 ans d’un patient travail de reconstitution à
l’identique de la ville de la Nouvelle-Orléans au début du siècle, à partir de
documents d’archives, de milliers de photos et de nombreux séjours dans
cette ville.
Le réalisme et la qualité de cette reconstitution, dont nous n’avons pu
retrouver qu’une partie, étaient tels, que Louis Malle l’utilisa en 1977, en
vue aérienne de nuit, pour le générique d’ouverture de son film La petite.
L’action se déroulait dans les maisons de plaisirs de Storyville, maisons
dans lesquelles se produisaient les plus grands noms du Jazz à leurs
débuts.
A l’époque de sa création, le souci d’exactitude des auteurs est allé jusqu’à
remplir les voies d’eau de l’eau même du Mississipi transportée en
bouteilles !
Cette maquette est un véritable symbole, un hommage rendu à cette ville à
laquelle la France est particulièrement attachée, mais aussi à laquelle le
monde entier doit une part essentielle de son patrimoine musical.
J’ai tenu, en 2005, deux mois après les ravages de l’ouragan Katrina, à
me rendre à la Nouvelle-Orléans, et à vous rencontrer, M. Ray Nagin. Je
suis fier d’avoir engagé, avec vous, de nombreux projets de reconstruction
de la vie culturelle de la ville :
– des concerts de soutien aux musiciens louisianais ;
– des accueils en résidence dans nos Centres culturels de rencontre ;
– un jumelage entre l’opéra de la Nouvelle-Orléans et l’opéra de
Bordeaux ;
– des dons de livres aux bibliothèques sinistrées ;
– l’exposition Femme, femme, femme, qui réunit plus de quatre-vingt
peintures françaises du XIXe siècle, et que je viens d’inaugurer, au
New Orleans Museum of Art ;
– une exposition d’archives sur 400 ans de présence française en
Louisiane, provenant de la Bibliothèque Nationale de France, dont je
viens également de célébrer l’ouverture, à la Historic New Orleans
Collection ;
– enfin, un projet fondateur, je l’espère, d’une riche coopération
patrimoniale : la restauration du « Passebon Cottage », dans le
quartier Tremé, en partenariat avec l’université de Tulane, French
Heritage Society et Maisons de France.
En témoignage de l’ensemble de ces projets de coopération, et en accord
avec la famille Atlan, j’ai décidé d’offrir en dépôt à la ville de Nouvelle-
Orléans cet ouvrage extraordinaire dont nous ne voyons aujourd’hui
qu’une partie, je vous le rappelle, mais une partie haute en symbole,
puisque l’on y reconnaît le Carré Français !
Je tiens à remercier chaleureusement les ateliers d’Alain Pras, présent
parmi nous aujourd’hui, qui en ont assuré la restauration délicate, et ont
soutenu cette opération.
Comme Madame Pierre Atlan, représentée aujourd’hui par Pauline Atlan,
à mes côtés, et Emmanuelle Atlan, je suis convaincu que cette oeuvre
connaîtra ici sa juste destination.
Je vous remercie.
