Archives de 2006

SECURITE : UNE MOBILISATION RENFORCEE NECESSAIRE

25 octobre 2006

Sur un sujet aussi important et sensible que celui de la tranquillité publique et de la sécurité, rien n’est jamais acquis. Seule une détermination courageuse et sans faille peut animer une mobilisation constante de tous les services concernés et organiser une collaboration efficace entre toutes celles et tous ceux en charge de cette question.

 Rendons hommage à l’engagement quotidien des fonctionnaires de l’Etat.

 Dans notre République, le Maire est le 1er magistrat et est, à ce titre, responsable devant ses concitoyens de leur sécurité et de leur tranquillité dans l’ensemble de la ville.

 

En lien avec le Préfet,  en charge des services de l’Etat (police nationale et gendarmerie), le maire met en œuvre sa politique de sécurité et organise les relations entre police municipale et les services de l’Etat.

 Le maire, dans le cadre de la prévention, coordonne et anime également le travail nécessaire d’accompagnement, d’écoute que réalise l’ensemble des services liés à l’action sociale de proximité (assistantes sociales, éducateurs, travailleurs de rue, gardiens d’immeubles…).

 Or existe-t’il une réelle politique de sécurité dans l’action que mène Jean GERMAIN à la tête de notre ville depuis bientôt 12 ans ?

 Du coté des services de l’Etat, pour Tours, les chiffres de l’automne 2006 concernant l’insécurité sont plutôt bons :

-Du 1er janvier au 31 août 2006, 7824 faits délictueux ont été recensés contre 8240 au cours des 8 premiers mois de 2005 (soit une baisse de 5, 05 %).

-le nombre total de faits répréhensibles constatés a diminué : 841 enregistrés en août 2006 contre 875 en août 2005 (soit une diminution de 3, 89 %).

 Pourtant nos concitoyens disent constater que les choses ne s’améliorent pas assez vite.

 Le quartier des Fontaines, celui des Deux-Lions avec sa passerelle, les Rives du Cher, Beaujardin, Velpeau, Maryse-Bastié, Lamartine, le Sanitas, la place de la Gare avec son parking souterrain, les Prébendes, la Cathédrale, les Bords de Loire et le Pont de Fil, mais également le nord de Tours, et plus particulièrement le Beffroi, de toute part les habitants de tous âges adressent à l’opposition des messages de préoccupation. 

 L’hypercentre de Tours avec la rue Nationale, le quartier Plumereau et celui des Halles, ont-ils retrouvé  la tranquillité et la sécurité que tous ceux qui les fréquentent et les font vivre (habitants, commerçants, jeunes, touristes) sont en droit d’attendre ?

 Les SDF et leurs chiens ont-ils quitté ces lieux ?

 Chacun peut constater que ce n’est pas le cas.

 C’est pourquoi, l’opposition demande à Jean GERMAIN  quels sont les mesures, les dispositifs et les moyens qu’il a consacrés pour mettre en œuvre une véritable politique de sécurité dans notre ville.

 L’opposition lui de mande également quels moyens et quel dispositif ont été mis en place dans le cadre de la prévention.

Sur cette question de la sécurité qui est aussi la première de nos libertés, l’arrêté très médiatique de Jean GERMAIN dit « arrêté anti-mendicité » a-t-il eu d’autres conséquences que celle d’une bonne communication politicienne ?

 A quoi cela sert-il donc de demander aux SDF de se déplacer quand ils mendient si c’est pour que ceux-ci se réinstallent quelques centaines de mètres plus loin ?

 Cela ne provoque que deux effets : démobiliser les forces de l’ordre chargées de faire respecter l’arrêté, et créer auprès des habitants le sentiment d’une totale impuissance publique.

 Sur un sujet aussi grave, aucune solution ne doit être écartée d’un revers de la main. Par exemple, s’agissant de la tranquillité dans un immeuble ou aux abords immédiats, quand Jean Germain se décidera-t-il enfin à entendre la proposition de l’opposition municipale répétée depuis 5 ans maintenant  d’augmenter le nombre des gardiens d’immeubles collectifs sous sa responsabilité ?

 L’opposition rappelle à Jean GERMAIN que pour une ville, une politique de sécurité efficace  se mesure à ses résultats et que ceux-ci sont facilement mesurables par tous ses habitants.

C’est au prix d’une détermination sans faille, d’une coordination parfaite entre les services municipaux et ceux de l’Etat et d’une action inscrite dans la durée que notre ville et ses habitants pourront retrouver ce à quoi chacune et chacun a droit : tranquillité et sécurité.

Visite du « Ciné Quai » à Saint-Dizier

23 octobre 2006

Monsieur le Député-Maire, cher François Cornut-Gentille,

Monsieur le Directeur, cher Thierry Tabaraud,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux d’être présent parmi vous pour célébrer ce nouveau
haut lieu de culture et de partage. Votre ville peut être fière de ce nouveau
bâtiment, qui achève la requalification de l'îlot Miko et offre à la culture et au
cinéma un écrin prestigieux, en plein centre ville.

Notre patrimoine industriel est précieux. Il porte une belle part de l’identité
d’une ville, de son histoire et de celle de ses habitants, car, ainsi que
l’écrivait magnifiquement Baudelaire : « La forme d’une ville change plus vite,
hélas ! que le coeur d’un mortel ». Je suis donc convaincu que les friches ont
un rôle essentiel à jouer dans la décentralisation et l’aménagement culturels
de notre territoire, et le nouveau multiplexe Ciné Quai en apporte un
nouveau très bel exemple.

Fière cité industrielle, la ville de Saint-Dizier a vu les premiers pas de
l’entreprise Miko, depuis ses premières tournées en triporteurs, grand sujet
de curiosité pour les Bragards qui découvraient les loisirs, pendant l’entre
deux guerres, et notamment la magie du cinéma, esquimau à la main !

Quelle joie pour tous les habitants de voir revivre cette friche au centre de
leur ville, et de savourer sa nouvelle vocation !

Car l’ouverture d’un nouveau lieu de culture est toujours riche en promesses,
d’autant plus riche qu’il rend ici une âme à un patrimoine emblématique, et
offre un nouveau souffle au coeur de la cité. Je tiens à féliciter l’architecte
Gilbert Long pour son travail remarquable, qui a su respecter l’identité et le
passé industriels de ce lieu, en consacrant notamment des espaces au
Musée Miko, consacré à ses fondateurs, la famille Ortiz, tout en l’adaptant
brillamment à sa nouvelle ambition culturelle.

Comme tous les élus locaux, je sais que les cinémas sont avant tout des
lieux de culture, mais aussi de rencontre, de partage, de vivre ensemble,
des lieux d’émotion, de plaisir, des lieux de dialogue, d’échanges, des lieux
où les gens se parlent, en croisant leurs propres regards, leurs expériences,
avec les récits, les images, les regards, les rires et les cris que vous leur
donnez à voir. Nous savons, ici, à Saint-Dizier, Cher François, comme à
Tours, comme dans toutes les villes de France, qu’un équipement
cinématographique est un équipement culturel à part entière.

A l’heure où chacun peut, de plus en plus, accéder à des films sur des
écrans individuels, plus ou moins petits, notamment via les réseaux de
communication, on n’ira jamais trop au cinéma en salles, lieu premier et
privilégié, d’exploitation des oeuvres cinématographiques. Oui, la salle de
cinéma a un bel avenir ! J’aime cette phrase de Truffaut où, pour expliquer
le plaisir qu’il ressent à voir d’abord un film en salle, il compare le cinéma
et la vidéo : « c’est exactement la différence entre un livre qu’on lit et un
livre qu’on consulte … ».

Oui, c’est tout cela qu’apporte l’émotion du cinéma, et je me réjouis que le
multiplexe Ciné Quai propose une offre diversifiée, en projetant
notamment des films art et essai, dans un souci de la transmission et de
la découverte, dans le respect également de la diversité des langues et
des expressions artistiques. C’est ainsi, faut-il le rappeler, dans les salles
classées art et essai que l’on peut voir les films étrangers en version
originale sous-titrée. C’est dans les salles art et essai que les oeuvres sont
présentées, expliquées, discutées, et sans doute aimées comme nulle
part ailleurs.

Je tiens à adresser mes remerciements sincères et mes voeux chaleureux
à son exploitant, Thierry Tabaraud, président du syndicat des cinémas de
l’Est et président adjoint de la Fédération Nationale des Cinémas
Français, ambassadeur passionné du septième art, à l’enthousiasme
communicatif, qui a présidé aux destinées de cette très belle réalisation.

Vous avez su mobiliser autour de votre projet les énergies de la Région
Champagne Ardenne, du ministère de la Culture et de la Communication,
à travers le Centre National de la Cinématographie et notamment le
Soutien Financier de l’Etat à l’Industrie Cinématographique, mais aussi
l’Union Européenne, grâce au programme européen Objectif 2, qui
soutient la revalorisation des quartiers sensibles.

Je tiens à vous en féliciter et à vous en remercier.

Conférence de presse de présentation des « Mesures nouvelles en faveur de l'art contemporain »

23 octobre 2006

Monsieur le Ministre, Cher Jean-Pierre Fourcade,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Avant l’ouverture de la FIAC, et en écho à l’annonce de mesures nouvelles
que le Premier Ministre, Dominique de Villepin, avait faite l’an dernier, je
suis très heureux de vous accueillir au ministère de la Culture et de la
Communication, pour vous présenter ce plan d’action et de développement
en faveur de l’art contemporain. J’ai voulu proposer un plan d’ensemble, en
faveur du rayonnement international de la France, de nos talents, de notre
fécondité artistique. C’est un plan ambitieux, résolument tourné vers
l’avenir, parce que je suis convaincu que l’art, la créativité, l’audace, sont
révélateurs de la propension d’une société, dans son ensemble, à aller de
l’avant, à adresser un message au monde, grâce à l’intelligence et à la
liberté de ses créateurs.

Ce plan d’action et de développement comprend de nombreuses mesures
destinées à stimuler, accompagner et encourager la création
contemporaine : la création de nouveaux lieux et de nouvelles structures,
tout d’abord, à Paris comme en région ; le lancement d’évènements-phares
susceptibles de porter les couleurs de nos artistes par delà les frontières ;
et enfin la mise en place de mesures de développement, visant à ancrer
l’art contemporain au coeur de la Cité dans l’ensemble de notre territoire,
comme à toucher les publics les plus larges.

Premier volet de ce plan, la création de nouvelles structures, de nouveaux
lieux, à Paris et en régions.

Une association de préfiguration vient d’être constituée, sous la présidence
de Daniel Janicot, Conseiller d'État, pour la création d’un nouvel
équipement innovant au service de l’art et du public, érigé sur la pointe aval
de l’Ile Seguin, à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine : le
Centre Européen de Création Contemporaine.

Vous vous rappelez que le Premier Ministre en avait fait l’annonce à la
dernière édition de la FIAC. Depuis, nous avons travaillé avec Nicolas
Sarkozy et Jean-Pierre Fourcade, avec les services du Conseil général des
Hauts-de-Seine et de la mairie de Boulogne-Billancourt, et nous avons
précisé nos ambitions communes, en plein accord.

La vocation de ce nouveau lieu est de soutenir et de favoriser la production
artistique et d'offrir au public les moyens de découvrir et de comprendre le
travail des artistes dans les différentes phases d'élaboration de leur oeuvre,
du projet à sa réalisation.

Ce Centre Européen de création sera articulé en trois pôles, répartis sur
plus de 25 000 m2.

Autour d’un « bâtiment outil », technologiquement capable de répondre
aux demandes des créateurs de notre temps, ce centre proposera des
résidences de production, et des cursus d’enseignement et de recherche
doctorale, liés aux grands établissements concernés par la création qui y
trouveront un véritable laboratoire d’expérimentation.

Des espaces d'exposition multidisciplinaires, publics et privés, feront
l'objet d'analyses et de propositions de l'association de préfiguration.

Ces établissements prendront place au sein d'un jardin expérimental de
13 000 m2, libre d’accès, conçu par un paysagiste en collaboration avec
des artistes.

Ce projet du Conseil général des Hauts-de-Seine, de la Ville de Boulogne-
Billancourt et de l'Etat, permettra à l'Ile Seguin de devenir « l’Ile des deux
cultures », en complétant, par la présence innovante du Centre Européen
de Création Contemporaine, l’implantation d’établissements à vocation
scientifique.

L’Etat s’implique fortement dans ce projet, puisqu’il participe dès 2007 au
budget d’études à hauteur de 600 000 euros, et participera au budget de
réalisation à hauteur de 50 millions d’euros, sur les 100 millions estimés.

Le programme sera rendu et les appels d’offre lancés à la fin de l’année
2007.

Autre projet, autre lieu ; puisque, comme le disait Marcel Duchamp, « l’art
est un jeu entre tous les hommes de toutes les époques », j’ai fait de
l’alliance entre le patrimoine et la création l’une des priorités de mon
action au ministère de la Culture et de la Communication. Le dialogue
entre les arts plastiques, les savoir-faire et les métiers d’art trouvera un
écrin de choix, dans l’enceinte de la Manufacture nationale : avec un
nouveau lieu d’exposition, la Galerie des Gobelins, construite au début du
siècle par Jean-Camille Formigé, et qui était fermée depuis plus de trente
ans.

Sa rénovation constitue la troisième tranche d'un plan de réhabilitation du
site. Ce nouveau lieu, qui ouvrira ses portes en avril 2007, avec
l’exposition « 1607-2007, quatre siècles de création », permettra au public
de découvrir les chefs-d’oeuvre de l'art tissé et du mobilier produits ou
conservés dans les manufactures nationales et, plus largement, de mettre
en relation le patrimoine et la création dans le paysage artistique actuel,
en explorant les liens qui relient tapisserie contemporaine, design,
architecture, peinture et photographie.

Et parce que la création et le talent irriguent tout le territoire, les structures
de diffusion et de formation en régions se transforment et s’adaptent afin
de mieux répondre aux missions qui leur sont confiées, comme à
l’accroissement de leurs publics et de leurs activités. L’Etat s’engage
fortement, en 2007, aux côtés des collectivités territoriales, sur de
nombreux chantiers de constructions de nouveaux bâtiments.

En ce qui concerne les collections publiques, l’Etat participe à plusieurs
chantiers de constructions de nouveaux Frac. Tout d’abord, les travaux
du FRAC Bretagne, conçu par l'architecte Odile Decq, qui ouvrira en
2008. Il sera situé au sein de la rénovation urbaine du site de Beauregard,
près de l'extraordinaire commande publique d’Aurélie Nemours,
L'alignement du XXIe siècle, inaugurée en 2006. La participation de l’Etat
s’élève à 3,25 millions d’euros, sur un budget total de 9,8 millions d’euros.

Les études concernant le FRAC Centre à Orléans sont également
lancées, après le choix par la Région Centre, le 6 octobre dernier, des
architectes Dominique Jakob et Brendan McFarlane, pour une
inauguration prévue fin 2009. L’Etat participe à hauteur de 3,2 millions
d’euros au budget total de travaux qui s’élève à 8,9 millions d’euros.

L’Etat finance également, à hauteur de 1,5 million d’euros, sur un budget
total de 4,5 millions d’euros, la réhabilitation et l’extension du centre d’art
contemporain « Le Consortium » à Dijon, pour une inauguration fin 2008,
sous la direction de l’architecte Shigeru Ban.

L’Etat favorise aussi la diffusion de la création contemporaine en régions,
en accompagnant la création du Point du Jour, à Cherbourg, centre d'art
contemporain consacré à la photographie, dont l'ouverture est prévue à la
fin de l'année 2007.

L’Etat soutient par ailleurs plusieurs projets innovants, réunissant écoles
d'art et lieux de diffusion.

L’Etat participe ainsi aux travaux de la Cité du Design de Saint-Etienne,
où je me rendrai le 29 novembre prochain, conduits par l’architecte Fin
Geipel [Finne Gaïpel], sur 8000 m², au sein d’une friche industrielle de 18
hectares.

Il finance également une partie des études de faisabilité concernant la
création à Dijon d’un pôle réunissant, sur un même site, le FRAC
Bourgogne, l’Ecole nationale supérieure d’art de Dijon, et la future
Médiathèque de la ville.

Pour ce pôle, l’étude vient d’être rendue et sa réalisation est inscrite au
contrat de projet Etat-Région (CPER) pour 1,5 M€.

Dans le domaine de la formation et de l’enseignement supérieur, car on
ne sait pas assez que ce ministère est aussi celui de l’enseignement
supérieur artistique, l’Etat est engagé dans plusieurs chantiers en régions.

Parmi ceux-ci, je mentionnerai, en vous invitant aussi à vous reporter à
votre dossier de presse, la construction du nouveau bâtiment de l’école
régionale des beaux-arts de Caen, sur les friches portuaires, la rénovation
du site des Subsistances à Lyon qui accueillera à partir de 2007 les
étudiants de l'Ecole nationale des beaux-arts, et le transfert de l’Ecole
nationale supérieure d’art (ENSA) de Nancy sur un campus, où seront
implantés notamment une école d’ingénieurs et une école de commerce,
au sein du grand projet pluridisciplinaire ARTEM. Le Ministère est engagé
dans le projet de relocalisation de l'ENSA de Nancy, à hauteur de 11 M€,
soit 50% du coût des travaux, aux côtés de la Communauté urbaine du
Grand Nancy, maître d'ouvrage pour cet important projet.

Je rappelle enfin que j’ai eu le plaisir d’inaugurer, le 3 février dernier,
l'Ecole supérieure des Beaux arts de Clermont-Ferrand, où le ministère de
la culture et de la communication, la région et le département sont venus
compléter, chacun à égale hauteur, le financement de l’agglomération
Clermont – Communauté, dont elle dépend.

L’Etat maintient enfin son engagement sur les crédits alloués aux FRAC
en partenariat avec les régions. Nés progressivement à partir de 1982,
dans le cadre de la décentralisation qui a donné aux régions plus de
responsabilités, les FRAC sont aujourd'hui présents dans toutes les
régions de France métropolitaine, ainsi qu'à la Martinique et à la Réunion.

En 2005, près de 700 000 visiteurs se sont répartis sur 85 expositions
dans leurs propres locaux et 273 expositions dans d'autres lieux. Les
FRAC sont devenus un symbole de décentralisation culturelle et un
exemple de partenariat entre l'Etat et les régions et la part du budget
alloué par l'Etat a été multiplié par trois depuis leur création.

Contrairement aux prophètes de mauvais augure, je souhaite donc
confirmer l'engagement de l'Etat aux côtés des régions, aussi bien sur les
crédits de fonctionnement que sur les crédits d'acquisition, et
accompagner les collectivités dans leurs projets de ré-implantation et de
construction.

La poursuite de cet effort avec la mise à niveau de certains budgets
d'acquisitions, comme en Poitou-Charentes, est prévue en 2007; de
même que le renforcement de certains budgets de fonctionnement, afin
d’améliorer les actions en direction des publics.

Deuxième volet du plan d’action lancé par le gouvernement en faveur de
l’art contemporain, le lancement d’événement-phares et pérennes qui font
de notre pays, aux yeux du monde entier, une référence internationale.

Après le succès de « La Force de l'art », au Grand Palais, qui a accueilli
135 000 visiteurs, j’ai le plaisir de vous annoncer aujourd’hui la
composition de l'équipe de la prochaine manifestation triennale,
programmée en 2009, au Grand Palais.

Cette manifestation, dont la vocation est de témoigner de la richesse et de
la pluralité de la création qui se développe en France, sera dirigée par une
équipe projet composée de quatre personnes :

– Le responsable du projet architectural, qui définira et mettra en place la
scénographie architecturale de l’exposition, Jean-Louis Froment,
commissaire indépendant renommé.

– Les deux commissaires de l’exposition, chargés de la conduite du projet et
de la sélection des artistes, Marie-Claude Beaud, directrice du nouveau
musée d’art moderne Grand Duc Jean à Luxembourg, et Didier Ottinger,
conservateur au Musée national d’art moderne, Centre Pompidou.

– La responsabilité des créations et des programmations audiovisuelles,
des productions éditoriales et des événements est confiée à Jean-Yves Jouannais, critique d’art, commissaire indépendant et producteur
audiovisuel.

Ces quatre personnalités reconnues du monde de l’art, travailleront en
étroite collaboration à la définition d’un projet ouvert sur la création et les
artistes, et adressé au public le plus large.

J’ai souhaité que le Grand Palais, rénové, retrouve sa vocation première,
de faire rayonner la France dans le monde entier, et j’ai décidé d’offrir,
tous les ans, sa nef de verre et d’acier à un grand artiste, afin qu’il
confronte son regard à son espace, à son histoire et à ses volumes, pour
faire naître une oeuvre nouvelle, éclairée par ce lieu monumental et
magique. La « Grande exposition », internationale, ambitieuse, s’élèvera à
la hauteur des plus grands rendez-vous de l’art actuel sur la scène
mondiale, et s’ouvrira à un large public. Cette manifestation présentera,
sur les trois premières années, les oeuvres d’Anselm Kiefer en mai-juin
2007, de Richard Serra au printemps 2008 et de Christian Boltanski en
hiver 2009.

Anselm Kiefer, célèbre artiste allemand ayant choisi de vivre en France
depuis plus de dix ans, a choisi de dédier à la poésie l’immense ensemble
d’oeuvres nouvelles qu’il créera spécifiquement pour la première de ces
expositions, en rendant hommage à deux grands poètes : Paul Celan et
Ingeborg Bachmann.

José Alvarez, directeur des éditions du Regard, assurera le commissariat
de cette exposition, le commissariat de l’exposition Richard Serra étant
assuré par Alfred Pacquement, directeur du Musée national d’art
moderne.

Troisième volet du plan, des mesures de développement qui ancrent l’art
contemporain au coeur de la cité.

Là encore, l’Etat s’engage fortement, et donne l’exemple.

Avec pour objectif une meilleure diffusion des collections publiques, et le
renforcement de l’autonomie de gestion des lieux dans lesquelles celles-ci
sont aujourd’hui largement déposées, je propose des mesures de
transfert de propriété d’oeuvres contemporaines de premier plan de la
collection du Fond national d’art contemporain.

Ce geste s’inscrit au coeur d’une initiative plus large en direction des
institutions nationales et des collectivités territoriales. L’Etat initie ainsi une
politique de transfert de propriété des oeuvres déposées avant 1910 vers
les musées des collectivités territoriales dépositaires qui le souhaiteront.

De même, il organisera le reversement vers les institutions patrimoniales
de l’Etat qui le demanderont, des oeuvres créées avant 1960. Les
missions du FNAC se trouveront ainsi recentrées vers son objectif
principal, la création contemporaine.

Au-delà de ces initiatives, pour favoriser le développement ou la création
de départements contemporains dans les musées des collectivités
territoriales, je propose également le transfert de propriété d'ensembles
d'oeuvres contemporaines de premier plan du FNAC à 12 Musées de
France en région.

Alors que les régions de France se sont largement engagées dans la
rénovation ou la création de musées ouverts à l’art contemporain, cette
mesure leur permettra de conforter et d’étendre leur politique dans ce
domaine, grâce à l’apport d’oeuvres exemplaires, acquises par le FNAC
auprès des artistes les plus importants de notre temps.

Je tiens aussi à favoriser et à soutenir les expressions dynamiques,
créatives, innovantes, et spontanées, qui émergent au coeur de la Cité.
C’est pourquoi je ferai très prochainement une proposition de relogement
au collectif d’artistes « La Générale », actuellement installé dans un
bâtiment du quartier de Belleville appartenant au ministère de l’Education
nationale, et qui va être vendu. Nous veillerons à leur proposer un
nouveau lieu répondant au mieux à leurs attentes.

Je suis conscient du rôle fondamental qu’occupe l’artiste dans l’espace
public et j’ai fait de la commande publique l’une des priorités de mon
action, en étroite collaboration avec les collectivités territoriales et les
différents partenaires de l'Etat en régions, ainsi que les établissements
publics et les partenaires privés, que je remercie.

Présent dans des lieux très divers, des jardins aux monuments
historiques, des sites touristiques au nouvel espace qu'est l'Internet, l'art
contemporain dans l'espace public met en jeu une extraordinaire variété
d'expressions plastiques et de disciplines artistiques : de la sculpture au
design, des métiers d'art aux nouveaux médias, de la photographie au
graphisme, sans oublier le paysage, la lumière, la vidéo.

Environ 45 projets sont lancés chaque année, pour un montant national
qui est de 4 M€ en moyenne. Parmi les commandes qui, conduites par la
Délégation aux arts plastiques et le Centre national des arts plastiques,
ont été achevées récemment ou seront prochainement inaugurées, fin
2006 et en 2007, je citerai :

L’extraordinaire installation de l’artiste brésilien Ernesto Neto, qui a
récemment investi le Panthéon, exemple de partenariat avec le Festival
d’Automne, et dans le même esprit, l’oeuvre commune de Miguel Barcelo
et Josef Nadj pour le Festival d’Avignon.

· L’inauguration le 1er décembre prochain, lors de la Journée mondiale
contre le SIDA, de l’oeuvre de Fabrice Hyber à la Villette, l'ARTERE.
Cette commande a été réalisée en association avec l’établissement public
de la Villette, l’association « Ensemble contre le sida » et la Ville de Paris ;

· L’oeuvre de Bernard Piffaretti, créée pour la Salle d'Audience de la Cour
administrative d’appel de Paris à l'Hôtel de Beauvais, en partenariat avec
le ministère de la Justice, qui sera inaugurée début 2007.

· Les vitraux qui seront réalisés en 2007 par Jean-Pierre Bertrand pour le
Panthéon.

· La commande exemplaire d’un nouveau projet de bibliophilie
contemporaine, qui sera exposée à la Villa Arson à Nice en janvier 2007 :
réalisation de quinze livres, permettant d’associer quinze artistes, quinze
auteurs et des ateliers d’impression et de fabrication.

D'autres commandes publiques, lancées, au nom du ministère de la
culture et de la communication, par ses Directions régionales des affaires
culturelles, en partenariat avec les collectivités territoriales, vont
prochainement être inaugurées en région :

· Je rappelle tout d’abord l'inauguration, le 14 octobre dernier, de la "Maison
Flottante", résidence d'artiste conçue par les designers Erwan et Ronan
Bouroullec pour le Centre national de l'estampe et de l'art imprimé à
Chatou.

· Le 30 septembre dernier, un premier geste inaugural a permis aux
habitants de Lorient de découvrir La Fontaine créée par Jeppe Hein. Ce
projet, qui s'inscrit aux abords du centre aquatique, sur un axe structurant
de la ville, sera achevé en 2007.

· L'inauguration, le 8 décembre prochain, des vitraux contemporains conçus
par le plasticien martiniquais Victor Anicet pour la Cathédrale de Notre-
Dame du Bon Port à Saint-Pierre, en Martinique.

· Le 15 décembre prochain sera inaugurée l'intervention de l'artiste japonais
Katsuhito Nishikawa au sein de l'Hôpital Claude Huriez de Lille, qui
propose une nouvelle forme de présence de l’art à l’hôpital par
l’aménagement des espaces d’accueil extérieurs et intérieurs de
l'établissement.

· Le 26 janvier 2007, sera inauguré le parcours artistique confié à Michel
Blazy, en partenariat avec le Comité Départemental de Protection de la
Nature et de l’Environnement, dans le cadre de la Réserve naturelle
nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain, près de Blois.
· 2007 verra également les inaugurations des accompagnements
artistiques du tramway de Bordeaux, commandes publiques réalisées en
partenariat avec la Région et confiées à Stalker, Claude Closky, Elisabeth
Ballet, Melik Ohanian, Xavier Veilhan, Valérie Mrejen et Michel François.
Concernant le tramway de Mulhouse où l'accompagnement artistique de
chacune des deux lignes a été demandé à un seul artiste, Daniel Buren et
Tobias Rehberger, une inauguration est prévue à la fin du printemps
2007.

Sans oublier les vingt magnifiques commandes du métro de Toulouse et
les quinze commandes du tramway de Nice.

En 2008, débutera le projet majeur de Gerhard Richter pour les vitraux de
la cathédrale de Reims.

Enfin, renouant avec une tradition historique qui vit le Service des Beaux-
Arts engager dès 1851 la « Mission Héliographique », première
commande publique en photographie, j’ai décidé de prolonger les
grandes campagnes photographiques nationales que furent la mission de
la DATAR et plus récemment « Le plus bel âge », commande à une
quarantaine de photographes sur le thème de la jeunesse. Je souhaite
qu’une vingtaine de créateurs portent leur regard sur la diversité culturelle
de notre pays. La notion d'espace public habituellement dévolu aux
commandes sera élargie aux institutions culturelles et aux festivals
oeuvrant dans le domaine de l'image, mais aussi aux magazines, voire
aux sites Internet.

A côté de la commande publique, qui mobilise près de 4 millions d’euros,
près de 6 millions d’euros supplémentaires pourront désormais être
mobilisés chaque année au titre du 1% artistique grâce à la nouvelle
procédure obligatoire, désormais officielle depuis la publication d'une
circulaire d'application parue le 30 septembre 2006. C’est un outil
simplifié, moderne et efficace, qui est à la disposition de l’Etat, des
collectivités territoriales et des maîtres d'ouvrage publics, afin de favoriser
la présence d’oeuvres d’art dans l’espace public. Du fait de cette mesure,
plus de 4 millions ont été mobilisés dans ce cadre depuis février 2005.

Je tiens à vous confirmer aussi, que les mesures fiscales destinées à
dynamiser le marché de l’art en France, annoncées par le Premier
ministre lors de la Foire internationale d’art contemporain, en octobre
2005, ont d’ores et déjà été mises en oeuvre.

– Les droits de donation et de succession (ainsi que le paiement de l'ISF)
peuvent être acquittés grâce à des oeuvres d’artistes vivants. C’est un
formidable encouragement pour les initiatives privées concernant la
constitution de notre patrimoine contemporain.

– Le mécénat d’entreprise peut se développer pleinement grâce à la
possibilité d’acquérir des oeuvres quel que soit leur prix, avec comme
seule obligation de les exposer dans les espaces publics de l’entreprise.
– La TVA concernant les installations audiovisuelles, les oeuvres vidéos et
sur support multimédia est ramenée au taux général concernant les
oeuvres d’art originales passant de 19,6% à 5,5%, contribuant, par là, à la
reconnaissance de la qualité artistique de ces oeuvres.

– Les créateurs, dans le domaine des arts plastiques, débutant leur activité
ou s’installant en France bénéficient, dans la limite d’un plafond de 50 000
€ au titre de leur cinq premières déclarations fiscales, d’un abattement de
50% de leur bénéfice imposable. Ces mesures favorisent à la fois
l’installation professionnelle des jeunes créateurs et l’installation de
créateurs étrangers, renforçant ainsi l’attractivité culturelle de la France.

Et parce que l’homme de culture est avant tout « un inventeur d’âmes »,
selon la belle formule d’Aimé Césaire, nous avons, avec le Ministère de
l’Education Nationale, lancé un vaste plan d’action en faveur de
l’éducation artistique et culturelle à l’école.

Pour renforcer la familiarité du public avec l’art, pour lui donner un accès
direct et libre à notre patrimoine commun, pour lui rendre les formes de
création contemporaines accessibles, l’accès à l’art et à la culture se joue
dès l’école.

Une avancée majeure a été faite en ce sens. L’éducation artistique et
culturelle est désormais inscrite dans le Socle Commun de
Connaissances qui définit le contenu de base de l’enseignement scolaire
obligatoire. Cela se traduira notamment par une formation appropriée des
futurs enseignants, par une mise en perspective internationale de nos
initiatives, par la multiplication des jumelages et parrainages entre les
lieux d’enseignement et les institutions culturelles dédiées aux différentes
disciplines artistiques.

Les deux ministères travaillent ensemble à de nombreuses perspectives
et projets, nourris en particulier par les travaux du haut conseil pour
l’éducation artistique et culturelle. Parmi eux, la réalisation d’un support
pédagogique destiné à initier les collégiens à l'histoire européenne des
arts, devra permettre de présenter aux élèves européens les grands
courants de la pensée artistique européenne, et de conforter ainsi le
sentiment d’appartenance à une culture commune.

Temps fort du calendrier de la création en France, j’inaugurerai mardi et
mercredi avec un grand plaisir la Foire Internationale d’Art Contemporain,
qui se tiendra dans la cour carrée du Louvre, mais aussi sous la nef du
Grand Palais qui a retrouvé toute sa splendeur, et sa belle vitalité au
service du rayonnement de notre pays. Pour sa 33e édition, la Fiac réunira
les oeuvres de quelque 160 galeries, représentant une vingtaine de pays,
et invitera le public à une formidable plongée au coeur de l’art moderne et
contemporain.

J’ai souhaité qu’à nouveau l’État soit présent à ce grand rendez-vous, en
profitant de la qualité des créations présentées par les galeries, pour
enrichir notre patrimoine en acquérant, pour 400.000 euros, un certain
nombre d’oeuvres exposées.

Je me rendrai aussi dans les deux autres foires qui se sont spontanément
organisées en même temps que la Fiac, Show off et Slick, qui toutes deux
témoignent de la vitalité et de l’esprit d’initiative du marché de l’art
français, que je tiens à saluer.

Le plan que je vous ai présenté s’inscrit au coeur d’une politique culturelle
que je suis fier de mener à bien, et qui vise à reconnaître pleinement la
place de la création dans notre société et à faire de la France l’un des
foyers les plus vivants et les plus attractifs de la création contemporaine.

Je vous remercie.

Inauguration du « Pavillon noir »le nouveau Centre chorégraphique national d’Aix en-Provence

19 octobre 2006

Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Je suis très heureux d’inaugurer à vos côtés ce Pavillon Noir, maison du Ballet Preljocaj, nouveau haut lieu de culture, qui vient confirmer, et l’engagement de l’Etat, et le dynamisme de la vie culturelle de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et celui de la ville d’Aix-en-Provence en particulier, véritable vivier de talents et de lieux dédiés au patrimoine comme à la création.

Comme le dit celui qui est véritablement l’âme de ce Centre chorégraphique national, celui qui lui insuffle toute son inspiration et tout son esprit, je parle bien entendu de vous, cher Angelin Preljocaj : « il n’est d’émotion plus grande que de donner un écrin à la danse »et je voudrais vous dire, cher Angelin, vous méritez ce lieu. C’est votre talent et votre passion qui ont permis et ont réussi cette addition des énergies.

Et quel écrin ! Le génie de Rudy Ricciotti a su épouser et exprimer, par ce navire de verre, toute votre audace, et votre style inimitable, mais aussi votre noble ambition d’offrir la danse, langage universel, au regard de l’amateur, du passionné, comme du public, du passant, de l’habitant.
Chacun pourra ainsi contempler, de l’extérieur, dans ce bâtiment de transparence et de lumière, la plus infime étape de votre travail chorégraphique, assister à la naissance de vos créations et au ballet aérien des danseurs, tels les pirates funambules de ce Pavillon Noir.

Magnifique hommage, peut-être, à cette photographie de Rudolf Noureev, comme suspendu dans les airs, que vous avez découverte très jeune, et qui vous a ouvert les yeux sur la poésie de la danse.
Magnifique hommage, surtout, au corps du danseur, à ce « corps à cœur » de l’art chorégraphique, que vous exaltez avec toute l’inspiration que l’on connaît.
Le Ballet Preljocaj est aujourdhui le premier Centre chorégraphique national doté de son lieu propre, lieu de répétition et de création, bien sûr, mais aussi lieu d’accueil et de résidence pour les compagnies invitées, et, précieuse nouveauté, espace de représentation. Je dis à tous les directeurs des CCN que leur tour viendra ! Destiné à faire éclore les nouvelles écritures chorégraphiques, le Pavillon Noir est destiné à s’ouvrir à la Cité, à la ville et au Pays d’Aix, au département et à la région, grâce à un solide programme pédagogique à destination des professionnels comme du grand public, mais aussi au travail du « Groupe Urbain dIntervention Dansée » qui, sous votre pilotage artistique, sadresse en priorité aux quartiers sensibles. Ces « câbles de la culture », ainsi que vous les appelez, cher Angelin Preljocaj, qui lient les hommes et les peuples, tels les chaînes d’or que Rimbaud tendaient « d’étoile en étoile », le Ballet qui porte votre nom, et qui jouit d’un immense rayonnement, continuera également de les jeter par-delà les frontières et les mers.

Je souhaite que se développent en région de grands pôles chorégraphiques, investis dun rôle de développement de la création et de la diffusion de la danse. Ces pôles sont tout naturellement confiés, dans la plupart des cas, à des centres chorégraphiques nationaux, animés par des artistes consacrant leur expérience et leur talent à la promotion de leur art.
La France compte aujourd’hui 19 Centres chorégraphiques nationaux, fers de lance de la création dans notre pays, et outils majeurs de la structuration de notre paysage chorégraphique. Au cours de la saison
2006-2007, deux dentre eux seront également dotés déquipements venant renforcer leurs missions et leur rôle de tout premier plan au service de la vitalité de la danse sur lensemble du territoire : le Centre
chorégraphique national de Rillieux-la-Pape, animé par Maguy Marin, et dont le projet architectural a été réalisé par Patrick Bouchain et Loïc Julienne, et le Centre National de Danse Contemporaine dAngers, qui prendra possession de nouveaux espaces au sein du « Quai ».

Grâce à « laccueil-studio », les Centre chorégraphiques nationaux sont devenus, pour les compagnies, des points dappui exemplaires, et, audelà, les garants dun dialogue équilibré entre lexpérience et la
reconnaissance dont ils sont déjà porteurs, et les jeunes artistes quils accueillent.
Dans notre pays, l’aide apportée par l’Etat à la danse, art vivant par excellence, est unique au monde. Le budget consacré à la danse, et j’y ai veillé personnellement, dans un contexte parfois difficile, ne cesse d’augmenter. Il a progressé de plus de 12 millions deuros depuis 2003, soit 13%.

J’assume d’avoir parfois le mauvais rôle mais je suis le garant du fait que pour les artistes et les techniciens, la solidarité interprofessionnelle est essentielle. Je souhaite un système pérenne. Si je dois constater un échec des négociations entre les partenaires sociaux, j’agirai.

J’ai demandé au Directeur, Jean de Saint-Guilhem, de créer une délégation à la danse à part entière, au sein de la direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles réorganisée, afin de permettre de mieux accompagner encore le développement de cet art majeur.
Une concertation permanente avec les collectivités territoriales nous permet de conjuguer, pour le succès de cette politique, les préoccupations dordre national – avec leurs prolongements sur la scène chorégraphique internationale – et les besoins de chaque territoire.
La réussite d’une réalisation exemplaire, comme celle du Pavillon noir, est le fruit de l’addition des énergies de tous : celles de l’Etat, qui y a contribué pour plus de 40%, de la région, de la ville d’Aix et de la communauté d’agglomération du pays d’Aix, du département.

C’est avec une grande fierté que je vois aujourd’hui le magnifique vaisseau conçu par Rudy Ricciotti prendre le large, avec aux commandes l’un des plus grands chorégraphes de la scène contemporaine. J’y vois l’emblème – et n’est-ce pas la belle signification du Pavillon ? – de la richesse du tissu chorégraphique de notre pays, du talent de nos artistes et de nos créateurs, mais aussi, je me plais à le dire, de la grande curiosité du public, toujours prêt à embarquer pour la nouveauté et l’imprévu. A vous toutes et à vous tous qui en êtes les acteurs, les artisans, les artistes, engagés et passionnés, jadresse toute ma confiance, ma reconnaissance et ma chaleureuse gratitude.

Je souhaite que ce lieu puisse être un véritable phare, un pavillon noir qui éclaire : c’est peut-être un défi.
Je vous remercie.

Inauguration du « Pavillon noir », le nouveau bâtiment du Centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence – Ballet Preljocaj

19 octobre 2006

Madame le Député-Maire, Président de la Communauté du Pays d’Aix,
chère Maryse Joissains-Masini,

Monsieur le Ministre, Président de la Région Provence-Alpes-Côte
d’Azur, cher Michel Vauzelle,

Monsieur le Sénateur, Président du Conseil général des Bouches-du-
Rhône, cher Jean-Noël Guérini,

Monsieur le Directeur de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des
Spectacles, cher Jean de Saint-Guilhem,

Monsieur le Préfet,

Monsieur le Président, cher Dominique Meyer,

Cher Angelin Preljocaj,

Cher Rudy Ricciotti,

Chère Nicole Saïd,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux d’inaugurer à vos côtés ce Pavillon Noir, maison du
Ballet Preljocaj, nouveau haut lieu de culture, qui vient confirmer, et
l’engagement de l’Etat, et le dynamisme de la vie culturelle de la région
Provence-Alpes-Côte d’Azur, et celui de la ville d’Aix-en-Provence en
particulier, véritable vivier de talents et de lieux dédiés au patrimoine
comme à la création.

Comme le dit celui qui est véritablement l’âme de ce Centre
chorégraphique national, celui qui lui insuffle toute son inspiration et tout
son esprit, je parle bien entendu de vous, cher Angelin Preljocaj : « il
n’est d’émotion plus grande que de donner un écrin à la danse »et je
voudrais vous dire, cher Angelin, vous méritez ce lieu. C’est votre talent
et votre passion qui ont permis et ont réussi cette addition des énergies.

Et quel écrin ! Le génie de Rudy Ricciotti a su épouser et exprimer, par ce
navire de verre, toute votre audace, et votre style inimitable, mais aussi
votre noble ambition d’offrir la danse, langage universel, au regard de
l’amateur, du passionné, comme du public, du passant, de l’habitant.

Chacun pourra ainsi contempler, de l’extérieur, dans ce bâtiment de
transparence et de lumière, la plus infime étape de votre travail
chorégraphique, assister à la naissance de vos créations et au ballet
aérien des danseurs, tels les pirates funambules de ce Pavillon Noir.

Magnifique hommage, peut-être, à cette photographie de Rudolf
Noureev, comme suspendu dans les airs, que vous avez découverte très
jeune, et qui vous a ouvert les yeux sur la poésie de la danse.
Magnifique hommage, surtout, au corps du danseur, à ce « corps à
coeur » de l’art chorégraphique, que vous exaltez avec toute l’inspiration
que l’on connaît.

Le Ballet Preljocaj est aujourd'hui le premier Centre chorégraphique
national doté de son lieu propre, lieu de répétition et de création, bien sûr,
mais aussi lieu d’accueil et de résidence pour les compagnies invitées, et,
précieuse nouveauté, espace de représentation. Je dis à tous les
directeurs des CCN que leur tour viendra ! Destiné à faire éclore les
nouvelles écritures chorégraphiques, le Pavillon Noir est destiné à s’ouvrir
à la Cité, à la ville et au Pays d’Aix, au département et à la région, grâce à
un solide programme pédagogique à destination des professionnels
comme du grand public, mais aussi au travail du « Groupe Urbain
d'Intervention Dansée » qui, sous votre pilotage artistique, s'adresse en
priorité aux quartiers sensibles. Ces « câbles de la culture », ainsi que
vous les appelez, cher Angelin Preljocaj, qui lient les hommes et les
peuples, tels les chaînes d’or que Rimbaud tendaient « d’étoile en étoile »,
le Ballet qui porte votre nom, et qui jouit d’un immense rayonnement,
continuera également de les jeter par-delà les frontières et les mers.

Je souhaite que se développent en région de grands pôles
chorégraphiques, investis d'un rôle de développement de la création et de
la diffusion de la danse. Ces pôles sont tout naturellement confiés, dans la
plupart des cas, à des centres chorégraphiques nationaux, animés par
des artistes consacrant leur expérience et leur talent à la promotion de
leur art.

La France compte aujourd’hui 19 Centres chorégraphiques nationaux, fers
de lance de la création dans notre pays, et outils majeurs de la
structuration de notre paysage chorégraphique. Au cours de la saison
2006-2007, deux d'entre eux seront également dotés d'équipements
venant renforcer leurs missions et leur rôle de tout premier plan au service
de la vitalité de la danse sur l'ensemble du territoire : le Centre
chorégraphique national de Rillieux-la-Pape, animé par Maguy Marin, et
dont le projet architectural a été réalisé par Patrick Bouchain et Loïc
Julienne, et le Centre National de Danse Contemporaine d'Angers, qui
prendra possession de nouveaux espaces au sein du « Quai ».

Grâce à « l'accueil-studio », les Centre chorégraphiques nationaux sont
devenus, pour les compagnies, des points d'appui exemplaires, et, au-delà,
les garants d'un dialogue équilibré entre l'expérience et la
reconnaissance dont ils sont déjà porteurs, et les jeunes artistes qu'ils
accueillent.

Dans notre pays, l’aide apportée par l’Etat à la danse, art vivant par
excellence, est unique au monde. Le budget consacré à la danse, et j’y ai
veillé personnellement, dans un contexte parfois difficile, ne cesse
d’augmenter. Il a progressé de plus de 12 millions d'euros depuis 2003,
soit 13%.

J’assume d’avoir parfois le mauvais rôle mais je suis le garant du fait que
pour les artistes et les techniciens, la solidarité interprofessionnelle est
essentielle. Je souhaite un système pérenne. Si je dois constater un
échec des négociations entre les partenaires sociaux, j’agirai.

J’ai demandé au Directeur, Jean de Saint-Guilhem, de créer une
délégation à la danse à part entière, au sein de la direction de la musique,
de la danse, du théâtre et des spectacles réorganisée, afin de permettre
de mieux accompagner encore le développement de cet art majeur.

Une concertation permanente avec les collectivités territoriales nous
permet de conjuguer, pour le succès de cette politique, les préoccupations
d'ordre national – avec leurs prolongements sur la scène chorégraphique
internationale – et les besoins de chaque territoire.

La réussite d’une réalisation exemplaire, comme celle du Pavillon noir, est
le fruit de l’addition des énergies de tous : celles de l’Etat, qui y a
contribué pour plus de 40%, de la région, de la ville d’Aix et de la
communauté d’agglomération du pays d’Aix, du département.

C’est avec une grande fierté que je vois aujourd’hui le magnifique
vaisseau conçu par Rudy Ricciotti prendre le large, avec aux commandes
l’un des plus grands chorégraphes de la scène contemporaine. J’y vois
l’emblème – et n’est-ce pas la belle signification du Pavillon ? – de la
richesse du tissu chorégraphique de notre pays, du talent de nos artistes
et de nos créateurs, mais aussi, je me plais à le dire, de la grande
curiosité du public, toujours prêt à embarquer pour la nouveauté et
l’imprévu. A vous toutes et à vous tous qui en êtes les acteurs, les
artisans, les artistes, engagés et passionnés, j'adresse toute ma
confiance, ma reconnaissance et ma chaleureuse gratitude.

Je souhaite que ce lieu puisse être un véritable phare, un pavillon noir qui
éclaire : c’est peut-être un défi.

Je vous remercie.

Réception de l'Ambassadeur d'Arménie pour la communauté française d'Arménie à l’Opéra Garnier

18 octobre 2006

Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Ministre,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs les Maires,

Monsieur le Directeur de l’Opéra national de Paris, Cher Gérard Mortier,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux de vous retrouver ici ce soir. Et permettez-moi
d’emblée de m’exprimer en ce lieu, en espérant ne pas trop écorcher
votre si belle langue, témoignage vivant de votre culture plurimillénaire :
Kezzé Hastani tarin fransiayum !
[Vive l'année de l'Arménie en France !]

Je tiens à remercier le Directeur de l’Opéra national de Paris, Gérard
Mortier, de nous accueillir dans le cadre exceptionnel de ce grand foyer
qui a retrouvé tout son éclat, tout son or et son lustre, et qui offre à ce
lancement un écrin prestigieux, à la hauteur des liens de l’esprit et du
coeur, des liens anciens, solides, profonds et vivants qui unissent nos
deux pays.

Et le 17 février prochain, nous aurons le plaisir de revenir dans ce temple
de l’art lyrique, cher Charles Aznavour, pour le concert exceptionnel que
vous donnerez à l’Opéra Garnier.

Mais aujourd’hui, c’est un nouveau temps fort de notre amitié qui nous
rassemble, et qui nous rappelle ce moment exceptionnel, à la fois intense
et festif, moment de joie et d’émotion, celui de votre concert, cher Charles
Aznavour, sur la place de la République à Erevan, qui lança la Saison
française en Arménie et l’Année de l’Arménie en France, il y a moins de
trois semaines, en présence du Président de la République d’Arménie et
du Président de la République française.

C’est la première visite d’Etat
d’un chef de l’Etat français en terre d’Arménie. Et en cet instant, je me
souviens aussi, avec une particulière émotion, de ce moment de
recueillement, ce samedi matin 30 septembre, où le Président de la
République s’est incliné devant le mémorial de Tsitserkanaberd ; après
avoir déposé des oeillets devant la flamme éternelle, et planté un arbre du
souvenir, il a inscrit ces mots sur le livre d’or : « souviens-toi ». Oui, tel
était aussi le sens de cette visite d’Etat : regarder l’histoire en face, et
rendre hommage aux victimes du génocide, que notre pays a reconnu
officiellement par la loi qu’il a adoptée le 29 janvier 2001.

Grâce à vous, Monsieur l’Ambassadeur, nous avons la chance de mettre
à nouveau en lumière les temps forts de l’Année de l’Arménie en France,
pour inviter le public français à un très beau Voyage en Arménie. Grâce à
l’excellente programmation proposée par nos deux commissaires, nos
concitoyens pourront découvrir ou redécouvrir sa culture ancestrale trop
souvent méconnue, comme la vitalité de ses créations contemporaines.

Je tiens à saluer très chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont
participé à l’organisation de cette belle Année, et d’abord nos amis
arméniens, ainsi que les commissaires de la saison, Viguen Sargsian et
Nelly Tardivier. Je veux également remercier pour leur engagement et leur
générosité, les nombreuses collectivités territoriales, les associations de la
communauté française d’origine arménienne – dont je salue les
représentants présents ce soir et dont l’élan a été décisif – ainsi que les
institutions culturelles qui ont ouvert leurs portes. Je n’oublie pas nos
généreux mécènes et partenaires media, sans qui cette Année n’aurait
pas la même ampleur.

L’Arménie recèle des trésors ancestraux et un patrimoine extraordinaire
qui expriment la richesse de sa mémoire et de son histoire. Ce patrimoine,
nous devons le protéger, surtout quand il est menacé. Je tiens à rappeler
mon attachement personnel et l’attachement de la France a la
préservation de ce patrimoine, parce qu’il est un élément fondamental de
la mémoire et de l’identité d’un peuple – et je pense notamment à ces
joyaux de votre culture que sont les hachkars. Ce patrimoine qui est le
vôtre est aussi le plus bel outil du dialogue entre les cultures si nécessaire
à notre temps.

Je me réjouis que cette Année de l’Arménie en France permette de
révéler certains des plus beaux joyaux de ce patrimoine au grand jour,
grâce, notamment, à la magnifique exposition au Louvre, « Armenia
Sacra », ou encore à la collection de manuscrits de livres arméniens très
anciens issus du fonds de la Bibliothèque nationale de France, qui seront
exposés au public pour la première fois.

L’Année de l’Arménie nous transporte également au coeur de la vitalité
créatrice moderne de cette toute nouvelle République, avec la
rétrospective, au Centre Georges Pompidou, de l’oeuvre de
l’expressionniste abstrait américain Arshile Gorky, et l’exposition dédiée
au peintre, dessinateur et cinéaste Sergueï Paradjanov à l’Ecole Nationale
Supérieure des Beaux Arts de Paris et au Musée de Saint-Etienne. Le
public français pourra découvrir aussi les chefs d’oeuvre des compositeurs
Komitas ou Aram Khatchaturian, et les représentants de l’un des arts dans
lesquels l’Arménie excelle : la photographie.

Les saisons culturelles sont l’occasion de temps
politiques forts. Monsieur le Premier Ministre, vous étiez hier au Sénat
pour une rencontre extraordinaire entre les villes jumelées arméniennes et
françaises, qui a confirmé la vitalité foisonnante de nos échanges. Elles
sont aussi le moment de confirmer une vision partagée du monde, portée
par une tradition culturelle et francophone commune, que nous
souhaitons, ensemble, soutenir dans toute sa diversité. Cette proximité
est un atout et un espoir pour défendre ensemble ce à quoi nous croyons
tous profondément : l’égale dignité des cultures, et la nécessité d’en
préserver toutes les richesses.

Et ce dialogue, ces échanges, je souhaite qu’ils vivent et prospèrent entre
nos deux pays. Parce qu’ils puisent au plus profond de notre histoire, et
de notre destin commun, en nous permettant aussi de forger de nouveaux
projets.

Je souhaite un grand succès à l’Année de l’Arménie en France,
« Arménie, mon amie ». Puisse-t-elle, comme nous y invite, cher Charles
Aznavour, l’une de vos très belles chansons, nous « emmener », tous,
« au bout de la terre, au pays des merveilles ».

Kezze Hayastan, Kezze Francia, Kezze hay-fransiakan barekamutiun !
[Vive l’Arménie ! Vive la France ! Vive l’amitié franco-arménienne ! ]

Je vous remercie.

Remise des insignes d’Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Irina Chostakovitch

18 octobre 2006

Chère Irina Chostakovitch,

Je suis très heureux de vous accueillir aujourd’hui au ministère de la
Culture et de la Communication, pour rendre hommage à l’action que vous
menez pour préserver et mettre en lumière l’oeuvre et la mémoire de Dimitri
Chostakovitch, dont nous fêtons cette année le centenaire de la naissance.

C’est en 1962, alors rédactrice littéraire dans l’édition musicale, que vous
épousez celui qui figure, dans toutes nos mémoires, comme l’un des plus
grands génies du XXe siècle. Il disparaît treize ans plus tard, en nous
léguant une oeuvre considérable, énigmatique, que le public du XXIe siècle
ne cesse de redécouvrir, dans le monde entier. La Biennale « Classique en
images », à l’auditorium du musée du Louvre, lui rend en ce moment même
un brillant hommage. « Pourquoi joue-t-on autant la musique de
Chostakovitch aujourd’hui ? » feint de se demander le grand pianiste et
chef d’orchestre Vladimir Ashkenazy : « c’est que son art se réfère
directement à la vie, qu’il exprime des sentiments très forts, ce dont ont été
incapables de nombreux compositeurs du XXe siècle. »

La vie d’un compositeur génial, atypique, vrai résistant intérieur, étouffant
dans les carcans de l’idéologie stalinienne et des canons jdanoviens. A
l'époque si cruelle du stalinisme et du nazisme, Dimitri Chostakovitch a eu
le courage d’ériger son art en rempart contre la barbarie totalitaire, de
chanter le malheur des peuples opprimés. Il a fait résonner ses hymnes à
la paix et à la liberté jusqu’en Amérique, faisant notamment de sa septième
symphonie, dédiée à Leningrad, le symbole de la résistance au joug nazi,
et confirmant son succès international avec sa huitième symphonie, dédiée
à toutes les victimes de la guerre, y compris du stalinisme.

Persécuté par le Parti, il a livré des oeuvres alternant, parfois au sein d’un
même morceau, des danses lentes, émouvantes, poignantes, et des
dissonances à l’ironie cinglante, avec des faux hommages à la musique du
XVIIIe siècle, en réponse à l’absurdité du régime. Sa neuvième symphonie,
censée exalter la gloire et la victoire du Petit Père des peuples, en est
probablement l’un des plus beaux exemples. « Ceux qui ont vécu en
URSS, écrivez-vous, Madame, savent quel courage il fallait pour défendre
dans ce contexte ses propres convictions. […] Face à l’Etat oppresseur,
Chostakovitch était comme nous tous : sans défense. Et lui risquait plus
gros que d’autres, car au-delà de son bien-être ou de sa liberté, il y avait
son oeuvre que l’on malmenait, et son talent que l’on bradait. Or il le plaçait
bien plus haut que son destin personnel. »

Oui, l’oeuvre de Dimitri Chostakovitch, tout comme sa personnalité, à la fois
lumineuse et sombre, reste encore énigmatique, et je suis très heureux que
vous ayez choisi de créer un Centre de documentation de musique
contemporaine en sa mémoire. Je souhaite qu’il permette à tous les
chercheurs, les musiciens, les étudiants, et tous les mélomanes de percer
plus avant les secrets de ce compositeur, qui, comme tous les génies
confrontés à la censure d’un régime totalitaire, devait parfois avancer
masqué.

La France a toujours aimé et admiré le talent de votre époux. Dimitri
Chostakovitch a été le premier étranger à devenir Commandeur dans l’ordre
des Arts et des Lettres, et c’est à Paris qu’il a donné son dernier concert en
tant que pianiste, alors qu’il souffrait d’un début de paralysie des membres.

C’est un honneur immense, pour tous les Français, que vous ayez fait de
notre capitale le berceau de l’Association Internationale Dimitri
Chostakovitch, vouée à perpétuer et à mettre en lumière son oeuvre et son
héritage, à travers de nombreuses manifestations, mais aussi des concours
mettant en avant de jeunes talents contemporains.

Vous accomplissez un travail remarquable, une oeuvre admirable, de
véritable passeur, entre les époques, entre les générations, entre les
continents, également, puisque vous tissez, à partir de la rue des Saints-
Pères, au coeur de Saint-Germain des Prés, un réseau solide dans de
nombreux pays du monde qui partagent le même amour pour la musique de
Dimitri Chostakovitch.

Les morts sont-ils sans défense ? vous demandez-vous dans un article
publié sur le site de votre association. Votre dévotion, votre enthousiasme,
les actions que vous menez, montrent plutôt que « le vrai tombeau des
morts, c’est le coeur des vivants ». Et votre coeur, chère Irina Chostakovitch,
est immense.

Irina Chostakovitch, au nom de la République, nous vous remettons les
insignes d’Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres.

Remise du Prix Liliane Bettencourt Pour l’intelligence de la main 2006, à Catherine Chotard, bijoutier créateur au Pavillon Gabriel

17 octobre 2006

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux d’être présent parmi vous aujourd’hui, pour célébrer le
talent, la virtuosité, la créativité, le savoir-faire, « l’intelligence de la main »,
ainsi que Liliane Bettencourt a brillamment qualifié l’excellence de nos
métiers d’art.

Comme vous tous ce soir, je pense particulièrement à Liliane et
André Bettencourt, à qui nous devons cette très belle manifestation, et je
serai très reconnaissant à Jean-Pierre et Françoise Meyer de leur adresser
mes très chaleureuses et amicales pensées. Le prix qui nous rassemble ce
soir rend hommage à ces métiers, véritables rencontres entre l’imagination,
l’habileté et l’esprit, qu’il est de notre devoir de mettre en lumière et de faire
connaître au public le plus large.

L’artisanat français, particulièrement vivant et divers, puise dans
l’extraordinaire richesse de ses traditions la force d’un véritable renouveau.

C’est à ce renouveau, incarné cette année par les lauréats que vous mettez
à l’honneur ce soir, que nous devons travailler, au sein comme au-delà de
nos frontières. Je suis venu vous dire que vous êtes la fierté de notre pays,
de notre patrimoine. Vos savoir-faire en ont écrit les riches heures et vous
continuez à en réinventer le prestige et la gloire. Dans notre société qui
parfois tend à privilégier la facilité, l’éphémère, l’instantané, l’uniformité et le
jetable, nos métiers d’art nous rappellent les valeurs, les exigences
essentielles de l’effort, de la qualité, de l’ingéniosité, de l’unique.

Ce renouveau passe bien évidemment par la transmission de vos
compétences remarquables. Toutes les générations doivent prendre la
mesure de la beauté, de la richesse, et de la grande diversité de vos
professions. Parce qu’elles ouvrent des voies d’excellence, et sont des
sources de grandes satisfactions. Nous devons reconnaître toute leur valeur
culturelle, mais aussi économique et sociale, à ces métiers, sans lesquels la
France ne serait certainement pas ce qu’elle est.

Comme je l’ai annoncé au Conseil des métiers d’art, je souhaite lancer, avec
mon collègue chargé des PME et de l’Artisanat et mon collègue chargé de
l’Education nationale, une vaste campagne d’information sur les métiers d’art
hautement qualifiés, et sur les formations dispensées notamment par le
ministère de l’Education nationale et le ministère de la Culture et de la
Communication. J’ai proposé que cette campagne d’information soit
précédée par des Journées Rencontres Culture et Education nationale, qui
permettraient de mettre en valeur ces formations.

Et parce que je partage votre ambition d’offrir à ces métiers d’exception
un cadre à leur hauteur, j’ai demandé la restauration des 950 m2 de la
Galerie des Gobelins, dans les bâtiments de la Savonnerie et du Mobilier
national. Cet espace rénové sera l’écrin, chaque année, d’expositions
institutionnelles, et parmi elles, d’une manifestation de trois mois au moins
consacrée aux métiers d’art.

Notre patrimoine est notre bien le plus précieux, il est donc l’affaire de
tous, pouvoirs publics, entreprises, particuliers. Votre fondation, dont je
salue également l’oeuvre exemplaire dans les domaines de l’action sociale
et humanitaire, est un partenaire essentiel de la politique que je mène, au
ministère de la Culture et de la Communication, en faveur de la
sauvegarde et de la promotion de ces métiers.

Cela fait sept ans déjà que vous illustrez brillamment cette « intelligence
de la main », en choisissant chaque année un matériau différent, pour
mettre en valeur celles et ceux qui s’en inspirent, qui lui donnent forme,
qui le façonnent, avec une maîtrise technique et une inventivité
remarquables. Après les métiers du bois et de la facture instrumentale, les
métiers du verre, de la céramique, du cuir, de la pierre et des métaux, ce
sont les métaux précieux que vous mettez à l’honneur cette année.

Chaque année le public découvre, grâce à vous, des objets exceptionnels,
de véritables oeuvres d’art, mais aussi des hommes et des femmes de
grand talent, virtuoses de cet art de soumettre la matière à leur
imagination, alchimistes des temps modernes, dépositaires de talents
admirables. Je me réjouis que les spectateurs toujours fidèles et
nombreux de l’émission de service public Des Racines et des ailes
puissent cette année en découvrir tout le génie.

Oui, c’est l’intelligence d’un mécénat exemplaire auquel je rends
hommage ce soir, en même temps que l’intelligence de la main. Ce qui
aurait pu n’être qu’une passion, qu’une admiration sans borne pour le
beau et le talent, est devenu chez vous une véritable vocation.

Vous avez voulu donner les moyens à ces hommes et à ces femmes de
se faire connaître, et de développer leur art, en inscrivant ce prix dans les
missions de votre Fondation, qui en garantit la pérennité. Comme le disait
Hector Berlioz : « La chance d'avoir du talent ne suffit pas ; il faut encore
le talent d'avoir de la chance. » Cette chance, vous l’offrez chaque année
à travers vos récompenses, gardant en mémoire cette petite phrase que
votre père avait coutume de vous répéter, et qui a motivé toute votre
action : « Le difficile n’est pas d’avoir une idée, mais de la réaliser. »

Je crois que cette même phrase nous vient tous à l’esprit, en contemplant
l’oeuvre lauréate, l’extraordinaire collier de Catherine Chotard, que je
félicite chaleureusement. Né d’une vision, au sens rimbaldien du terme –
et je sais que le « poète maudit » est pour vous, avec Baudelaire et
Verlaine, une source inépuisable d’inspiration – celle d’une toile
d’araignée traversée par la lumière, et constellée de minuscules débris
végétaux, votre collier est un véritable nuage de particules en suspension,
un bijou de légèreté, une myriade aérienne de poussière d’or. Il concrétise
de façon exemplaire cette alliance entre l’ingéniosité technique et le
souffle créateur qu’exalte à juste titre la Fondation Bettencourt-Schueller.

Je tiens également à saluer l’orfèvre Roland Daraspe, dont le somptueux
« Navire à caviar », en argent massif, clin d’oeil à l’univers des croisières
luxueuses du XXe siècle, est également distingué par le jury cette année.

Au-delà même de notre admiration pour la beauté et la qualité
exceptionnelles de ces objets qui sont aussi de véritables oeuvres d’art,
c’est l’ensemble des métiers d’art, c’est le talent, l’esprit, la tradition et
l’audace de merveilleux créateurs, c’est l’alliance féconde du patrimoine et
de la création que nous célébrons ce soir.

Je vous remercie.

Colloque "mobilité, nouvel âge de la télévision" au Sénat

17 octobre 2006

Monsieur le Président, Cher Bruno Sido,

Messieurs les Sénateurs,

Messieurs les Députés,

Madame la Présidente du Forum de la Télévision mobile,

Mesdames, Messieurs,

Les « assises de la télévision mobile » que vous tenez aujourd’hui au
Palais du Luxembourg, montrent qu’avec la révolution numérique, qui n’est
pas seulement une simple innovation technologique, la télévision est entrée
dans un nouvel âge. Oui, c’est une révolution pour nos concitoyens, pour
leur façon de regarder chaque jour la télévision. Au delà de la qualité de la
réception et de l’augmentation du nombre des programmes, C’est une
révolution aussi pour la création audiovisuelle, qui multiplie ses possibilités
de diffusion et donc de rencontres de nouveaux publics.

Le lancement en mars 2005 de la Télévision Numérique Terrestre, pour
lequel le gouvernement et le conseil supérieur de l’audiovisuel se sont
engagés avec détermination, a joué un rôle décisif. Il a fallu faire des choix
difficiles en ce qui concerne les normes de compression Mpeg-2 ou Mpeg-
4.

Depuis son démarrage il y a à peine un an et demi, ce sont plus de 4
millions d’adaptateurs qui ont été installés, permettant à 13% des foyers
français d’accéder à une nouvelle offre gratuite de 18 chaînes de télévision
en qualité numérique. Cela fait de la France l’un des pays les plus
dynamiques de l’Europe dans ce domaine.

Ce succès a suscité de très fortes attentes parmi nos concitoyens.

Partout,
on s’impatiente de voir arriver la TNT là où elle n’est pas encore diffusée.
Cette attente est bien légitime, même si le déploiement de la TNT est le
plus rapide de l’histoire de la télévision : alors qu’il aura fallu 30 ans pour
déployer les six chaînes analogiques, il s’agit pour la TNT de déployer plus
de trente chaînes en 6 ans. C’est un formidable enjeu.

Afin de mieux répondre à cette attente, le gouvernement a souhaité
accélérer ce déploiement, en coordination avec le conseil supérieur de
l’audiovisuel dont c’est la mission. Nous venons ainsi de passer la phase 4
qui a vu le lancement de 22 nouveaux sites, ce qui porte au total le
déploiement à 73 sites couvrant 65% de la population. La phase 5 est
planifiée pour un démarrage au 31 mars 2007, après une démarche de
coordination accélérée aux frontières. Ce sont 19 sites supplémentaires qui
devraient démarrer, portant la couverture à plus de 70% de la population.

Les négociations de coordination internationale se poursuivent pour les 21
derniers sites sur les 115 prévus initialement.

Cette expérience démontre le formidable intérêt de nos concitoyens pour
les contenus diffusés à la télévision, pour le pluralisme et la diversité.
De nouvelles perspectives s’annoncent, avec la télévision à haute
définition et la télévision mobile. La mobilité, en particulier, laisse présager
une véritable révolution d’usage, multipliant les lieux et les moments où
chacun pourra regarder la télévision. La personnalisation et
l’individualisation de ces usages, grâce au développement des terminaux
personnels comme les téléphones mobiles ou les baladeurs dits « MP3 »,
est très certainement une révolution encore plus importante, qui modifiera
en profondeur la physionomie des usages, atténuant progressivement leur
appréhension au travers du seul prisme du « foyer ».

Bien sûr, comme tout changement, ces perspectives peuvent inquiéter. Je
suis pour ma part convaincu que ces nouvelles formes de télévision
seront complémentaires des formes existantes, sans s’y substituer. Tout
comme, dans le passé, le CD n’a pas pris la place de la radio, ou comme
la télévision puis la vidéo n’ont pas sonné le glas des salles obscures. Il
s’agit de développer de nouveaux usages qui élargiront la diffusion
télévisuelle et accroîtront le marché.

Pour les consommateurs, la télévision mobile offre en effet une nouvelle
liberté : c’est la liberté qu’offre la diversité, la liberté d’avoir accès à plus
de programmes et d’élargir ainsi son choix ; la liberté de choisir. La
télévision mobile est également une opportunité pour les créateurs, car
c’est la perspective de nouvelles rencontres avec le public pour leurs
oeuvres et la perspective de nouveaux programmes innovants dans des
formats adaptés ; c’est également la perspective de nouvelles ressources,
qu’elles soient directement issues de ces nouvelles exploitations ou qu’il
s’agisse de ressources indirectes grâce à la majoration de 0,1 % de la
taxe venant alimenter le compte de soutien.

C’est aussi une chance, pour les éditeurs de chaînes comme pour les
opérateurs de téléphonie mobile. Pour les éditeurs de chaînes de
développer une nouvelle audience. La TNT a d’ores et déjà permis
d’augmenter de 20 minutes par jour l’audience de la télévision. La
télévision mobile devrait avoir un impact encore plus important. Pour les
opérateurs de téléphonie mobile des dernières générations de bénéficier
des synergies entre les services de télévision et les services multimédia
mobiles. Bien entendu, ces opportunités économiques auront également
des conséquences positives sur l’emploi.

Afin que ces perspectives puissent devenir réalité, j’ai présenté au conseil
des ministres du 26 juillet dernier le projet de loi relatif à la modernisation
de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur. La conférence des
présidents de la Haute Assemblée a permis que ce projet de loi puisse
être examiné au Sénat à la fin du mois de novembre. Et j’ai bon espoir
qu’en dépit de l’encombrement de son ordre du jour, l’Assemblée
nationale puisse l’examiner dès la fin du mois de janvier prochain.

Son objectif est d’abord d’améliorer la couverture du territoire par la TNT,
afin de répondre à l’engouement et aux attentes très fortes de nos
concitoyens. Il s’agit surtout de permettre le lancement rapide des
nouvelles formes de télévision du futur que nous appelons de nos voeux.

A l’heure où de nombreux autres pays européens prennent la même voie,
c’est un enjeu essentiel pour la création, pour nos concitoyens et pour le
dynamisme technologique de notre pays.

Ce développement de la télévision du futur est néanmoins soumis à une
contrainte, celle de la disponibilité des fréquences nécessaires pour ces
nouveaux services. Le conseil supérieur de l’audiovisuel a ainsi identifié
un réseau dit « M7 » sur lequel il serait possible de lancer des services de
télévision mobile. S’agissant d’un réseau dont la couverture est pour
l’instant limitée, il est nécessaire d’envisager dès maintenant les
conditions pratiques du basculement de la télévision au numérique, afin
de libérer, progressivement, à partir de 2008 et en procédant par zone, les
fréquences nécessaires au développement des nouveaux services, en
particulier la télévision mobile. Ce sont ces perspectives d’utilisation
nouvelle des fréquences au bénéfice de la société qui justifient la
nécessité du basculement rapide au numérique.

La mise en oeuvre volontaire et déterminée de ce basculement implique
comme l’a clairement indiqué le Conseil d’Etat, une compensation de
nature à permettre l’extinction anticipée des autorisations délivrées aux
chaînes nationales en analogiques. Il s’agit d’un canal additionnel qui leur
sera attribué par le CSA, si elles le demandent, et si elles respectent le
principe de pluralisme, au moment de l’extinction de l’analogique, soit en
2012. L’intérêt est important tant pour les téléspectateurs que pour la
production audiovisuelle et cinématographique puisque ces chaînes
devront y contribuer.

Au-delà des nombreuses questions techniques que soulève la révolution
numérique, je souhaite qu’elles n’occultent pas l’enjeu à mes yeux
essentiel des contenus et de la création. La haute définition, la mobilité ou
toutes les innovations technologiques ne prendront tout leur essor que si
elles sont mises au service de contenus forts et attractifs, qui se
distinguent notamment par des créations originales. Le passé récent le
montre : au-delà de l’identité de chaque chaîne et de leur attractivité
propre auprès des téléspectateurs, ce sont de plus en plus les contenus
qui font la différence et qui attirent le succès. C’est aussi la diversité de
cette création qui permet d’ouvrir aux citoyens un accès plus large à des
programmes les plus diversifiés et les plus innovants.

C’est pourquoi j’ai souhaité que le projet de loi prenne pleinement en
compte ces enjeux essentiels et puisse bénéficier à la création et à la
diversité culturelle. C’est ainsi que la taxe sera majorée pour les éditeurs
des chaînes de télévision en haute définition ou mobile, respectivement
de 0,2% et de 0,1%, abondant ainsi le compte de soutien à l’industrie des
programmes. De même, pour l’attribution des chaînes en haute définition,
le premier critère d’attribution portera sur les engagements en production
de programmes. Je souhaite par ailleurs que le compte de soutien du
CNC aide les productions en haute définition et celles destinées à la
télévision mobile.

Un autre enjeu important concerne la place du service public. Comme
pour la TNT, le service public a un rôle majeur à jouer dans le
développement des nouvelles formes de télévision. Le contrat d’objectifs
et de moyens de France télévisions devra répondre à cet impératif. Le
service public ne sera pas le laissé pour compte de ces nouvelles
technologies.

Enfin, le projet de loi a pour but de favoriser l’innovation, pour faciliter le
développement de nouveaux modèles. En premier lieu, le projet de loi
prévoit que le CSA devra réserver une part appropriée des fréquences
disponibles à des services innovants. En deuxième lieu, le projet de loi
reste neutre sur les modèles économiques et donne suffisamment de
souplesse pour faciliter l’adaptation progressive des formats aux nouvelles
formes de télévision, qu’il s’agisse de haute définition ou de télévision
mobile. Le CSA pourra ainsi utiliser cette latitude pour permettre le
développement progressif des nouveaux formats. Enfin, le projet de loi
préserve le « dividende numérique », en confiant au Premier Ministre le
soin de ré-affecter, au cas par cas, les fréquences ainsi libérées.

Voilà quelle est l’ambition de ce projet de loi. Il est en effet temps que
notre pays offre un cadre favorable au développement de la télévision
sous toutes ses formes, en veillant à favoriser la diversité culturelle, le
dynamisme de nos talents créatifs et l’innovation, pour le plus grand
bénéfice de nos concitoyens, les téléspectateurs, qui sont, ne nous y
trompons pas, les premiers concernés par « ce nouvel âge de la
télévision ».

Je vous remercie.

Remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur à François Braize

16 octobre 2006

Cher François Braize,

Je me réjouis de vous mettre aujourd’hui à l’honneur de cette maison, qui
est aussi la vôtre depuis de nombreuses années, puisque vous y êtes
entré en 1989, à la suite de votre nomination au grade d’administrateur
civil.

Je me réjouis d’autant plus que nous sommes réunis aujourd’hui pour
sanctionner le parcours professionnel au service de l’Etat d’un
fonctionnaire dont les compétences lui ont valu, et lui valent encore
aujourd’hui, d’exercer de hautes responsabilités au ministère de la Culture
et de la Communication.

Vous êtes né à Privas, dans l’Ardèche. Après avoir achevé vos études
secondaires au lycée Ampère à Lyon, vous allez choisir le droit comme
discipline pour vos études universitaires et ce choix va être déterminant
pour la suite de votre carrière, puisque vous n’allez pas cesser de valoriser
vos compétences de juriste.

C’est à Lyon également que vous faites vos études de droit, sanctionnées
par la licence en 1972 et un diplôme d’études supérieure de droit public et
de sciences politiques en 1974. Dès cette époque, vous faites preuve
d’une remarquable puissance de travail, en menant de front vos études
avec une activité professionnelle, comme surveillant d’externat au collège
Jean Macé à Villeurbanne et comme chargé de travaux dirigés à
l’université Jean Moulin de Lyon.

Vous allez compléter votre formation de juriste en obtenant, en 1982, à
l’université de Paris I – Panthéon-Sorbonne, un diplôme d’études
supérieures spécialisées en administration et gestion publique. Mais à
cette date, vous aviez déjà choisi de faire une carrière dans le service
public puisque vous êtes, depuis 1976, inspecteur des PTT.

Vous allez faire dans ce ministère une carrière rapide et tout à fait
remarquable. Affecté comme inspecteur au service des affaires juridiques
et contentieuses du ministère des PTT, vous êtes promu inspecteur
principal en 1981. Vos qualités de juriste sont rapidement remarquées et
d’importantes responsabilités vous sont bientôt confiées.

Vous êtes successivement nommé responsable de la section contentieux
et affaires juridiques des personnels de l’administration des PTT, puis chef
de département au service des affaires juridiques et contentieuses. En
mai 1986, vous êtes nommé chef du service juridique de la poste.

A ce titre, vous animez, dirigez et coordonnez une équipe de 20
personnes, dont 18 juristes. Vous publiez également de nombreux articles
dans la revue JURIS PTT et collaborez aux cahiers « Droit des
PTT ».dont vous êtes membre du comité directeur.

Vos lourdes responsabilités administratives ne vous empêchent
cependant pas d’avoir des activités dans le secteur associatif, puisque
vous êtes également, à cette époque, président de l’Association Sportive
des PTT, pour la section football et secrétaire général adjoint du tennis-club
du 13e arrondissement.

C’est à la suite de votre nomination dans le corps des administrateurs
civils que vous êtes affectés, en août 1989, au ministère de la culture et
de la communication.

Cette seconde étape de votre carrière va être particulièrement riche, par
la diversité des fonctions que vous allez occuper et par l’importance des
responsabilités qui vont vous être confiées.

Vous occupez successivement le poste d’adjoint du sous-directeur de la
législation et du contentieux de 1989 à 1993. Parallèlement, vous êtes
chef de la mission du développement et de la déconcentration auprès du
directeur de l’administration générale de 1991 à 1992.

Vous poursuivez votre carrière en qualité de rapporteur au Conseil d’Etat,
dans le cadre de la mobilité, où vous rapportez des textes importants,
notamment la loi du 30 décembre 1993 relative à l’immigration. Votre
intérêt pour tout ce qui touche à la réforme de l’Etat et aux problèmes liés
à la déconcentration vous conduit à être nommé chargé de mission, puis
chef de mission au commissariat à la réforme de l’Etat, de 1995 à 1998.
Dans ces dernières fonctions, vous avez notamment en charge les
réformes des administrations centrales et vous oeuvrez à la création des
services à compétence nationale.

Nommé sous-directeur des affaires juridiques à la direction de
l’administration générale du ministère de la culture et de la communication
en mai 1998, vous allez notamment conduire la négociation de directives
déterminantes pour l’avenir du droit d’auteur. Vous occupez ces fonctions
jusqu’en mai 2001, date à laquelle vous êtes nommé directeur adjoint de
l’architecture et du patrimoine auprès de Wanda Diebolt, puis, depuis
janvier 2003, de Michel Clément.

Dans ces fonctions, vous avez en charge la préparation de plusieurs
réformes importantes, telles que la décentralisation de l’inventaire et des
monuments historiques, mais aussi la réforme des espaces protégés, et
en particulier des secteurs sauvegardés. Votre nom reste attaché à la
réforme de la profession d’architecte. Vous êtes également en charge des
réformes qui touchent à l’organisation des services déconcentrés du
ministère, en particulier du chantier des relations entre les DRAC et les
SDAP.

Vos compétences de juriste et votre expérience des problèmes de la
déconcentration acquise au commissariat à la réforme de l’Etat, mais
également vos qualités humaines, ont été déterminantes pour faire aboutir
ces dossiers très sensibles et très importants.

Depuis le 26 mai dernier, vous êtes directeur de projet, chef de la mission
de préfiguration du projet du Grand-Palais. Un projet auquel je tiens
particulièrement. Une mission de confiance. Parallèlement, vous êtes
chargé de l’accompagnement de certaines réformes conduites dans le
domaine de l’architecture et du patrimoine, telle que celles du droit des
monuments historiques et des espaces protégés, ainsi que celle des
services déconcentrés du ministère.

Vous qualifiez volontiers votre parcours professionnel d’atypique. Je dirais
qu’il est brillant et qu’une remarquable continuité s’exprime entre toutes
les étapes de votre carrière. Continuité marquée en premier lieu par
l’importance que vous avez toujours accordée aux aspects juridiques de
l’action de l’Etat, mais aussi à la réforme de l’Etat et à l’amélioration de
ses relations avec les citoyens.

J’ajoute, qu’outre votre intérêt personnel pour le sport et pour l’art, vous
êtes membre du club des disciples de Dodin-Bouffant, dont je salue le
Président, Jean-Pierre Farnier, ici présent. Nous sommes quelques-uns ici
à penser que la création culinaire est l’un des arts contemporains et que la
gastronomie fait assurément partie de la culture. Comme l’écrivait Brillat-
Savarin en exergue de sa fameuse Physiologie du goût : « la découverte
d’un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la
découverte d’une étoile ». J’ajoute enfin que vous conduisez depuis dix
ans un chantier de restauration d’une longère percheronne et de son four
banal où vous mélangez sans scrupule les fonctions de maître d’ouvrage,
de maître d’oeuvre, de conception et de réalisation… Et vous avez obtenu,
en 2003, le label de la Fondation du patrimoine…

François Braize, au nom du Président de la République et en vertu des
pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion
d’Honneur.