Archives de 2004

IFAL : Institut Français d'Amérique Latine

17 novembre 2004

Madame la Présidente,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Je tiens tout d'abord à vous dire merci pour cette trés belle soirée, merci pour cette premiére journée
de ma vie au Mexique, une journée et une soirée pleines d'émotion. de chaleur et d'amitié.

Nous venons de partager un trés beau moment de musique et d'émotion au sein de l'Institut Français
d'Amérique Latine, pour ses soixante ans. Trois fois vingt ans ! Un lieu prestigieux, qui incarne, non
seulement les liens d'amitié, mais aussi cet élan trés fort, venu de I'histoire, de notre culture et de
notre langue, cet élan très fort qui nous porte les uns vers les autres, sous le regard de Molière. Par la
culture et par l'esprit.

C'est une chose toute naturelle entre le Mexique et la France ; car nos deux pays puisent aux mêmes
racines. Ils sont nourris des mêmes valeurs et des mêmes idéaux. Ils partagent l'essentiel : leur idée
de l'homme, de sa liberté et de sa dignité ; leur vision du monde, un monde en paix, en
d&eloppement, solidaire mais aussi respectueux de chacun et de son identité.

Comme le disait mon trés illustre prédécesseur André Malraux. « nous sommes chargés de l'héritage
du monde, mais il prendra la forme que nous lui donnerons ».

Aujourd'hui, à l'échelle du monde, Mexicains et Français partagent les mêmes préoccupations. Ils font
les mêmes analyses. Ils sont appelés à mener ensemble de grands combats. Parmi ceux-ci, nous
défendons ensemble le respect des identités, du dialogue des civilisations et des cultures, si
nécessaires à notre temps.

Votre pays, votre ville, fait partie de ceux qui font rêver dans le monde, qui ont marqué de leur
empreinte, des origines jusqu'aux temps les plus modernes, I'histoire de l'humanité.

Vous pouvez être fiers de cette histoire et de vos ambitions pour l'avenir.

Des ambitions que nous partageons, sous le regard de Molière, et de tous vos compatriotes qui ont
aussi traversé l'Atlantique pour occuper une place de choix dans nos coeurs, de Frida Khalo qui tint ici
sa premiére exposition personnelle a Mexico, à Siqueiros, d'octavio Paz à Alfonso Rey ou Carlos
Fuentes.

Aujourd'hui, cette salle et ce lieu renaissent. pour le soixantieme anniversaire de I'lnstitut. Un lieu
d'excellence et de rayonnement de la langue et de la culture, un lieu dédié à la rencontre et au
dialogue. Un lieu qui va s'animer, par le savoir, par la découverte, par les vibrations du cinéma, des
concerts, qui répondront. j'en suis sûr, à l'attente d'un public nombreux, exigeant et cultivé. qui sera ici
chez lui.

Chers amis, en venant partager avec vous la joie de cette inauguration, je veux vous remercier de
continuer ici une tradition incarnée par tant de noms illustres et qui nourrit notre rêve et nos projets
communs.

Meilleurs voeux à I'lnstitut français d'Amérique Latine et à l'amitié entre le Mexique et la France !

Brindamos a la amistad franco-rnexicana !

L'Etat propose de décentraliser 178 monuments nationaux

17 novembre 2004

« Le transfert se fera par voie de convention entre lEtat et la collectivité bénéficiaire », qui sera « négociée au cas par cas » et « prévoira pour une durée qui ne pourra excéder 5 ans un programme de travaux subventionné par lEtat à un taux préférentiel », a encore indiqué M. Donnedieu de Vabres… Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a rendu publique mercredi à Paris une liste de 178 monuments ou sites historiques appartenant à lEtat « susceptibles dêtre transférés » aux collectivités territoriales sur la base dun « strict volontariat » tout en réaffirmant lengagement de lEtat en faveur de la sauvegarde du patrimoine.

« Pour moi, la protection, la restauration et lanimation du patrimoine sont une ambition qui doit mobiliser lensemble de la nation: Etat, collectivités territoriales, entreprises et citoyens », a insisté le ministre, qui a plaidé pour une « responsabilité partagée ».

La liste des monuments transférables, « qui doit faire lobjet, avant la fin de lannée, dun décret en Conseil dEtat », reprend « dans sa quasi-intégralité les préconisations de la commission Rémond », a indiqué le ministre. Celle-ci avait présenté en novembre 2003 des propositions sur la répartition des monuments historiques entre lEtat et les collectivités en retenant « la règle dune affectation locale, la propriété de lEtat étant considérée comme lexception », a-t-il rappelé.

Selon la commission, la propriété de lEtat (jusquà présent 442 monuments ou sites) se justifie pour les lieux de mémoire nationale, les anciens biens de la Couronne, les archétypes architecturaux, certains sites archéologiques et les grottes ornées. Les monuments « transférables » sont ceux dont la « mise en valeur est susceptible dêtre améliorée par des initiatives locales », a précisé le ministre.

« Le transfert se fera par voie de convention entre lEtat et la collectivité bénéficiaire », qui sera « négociée au cas par cas » et « prévoira pour une durée qui ne pourra excéder 5 ans un programme de travaux subventionné par lEtat à un taux préférentiel », a encore indiqué M. Donnedieu de Vabres.

« Il ne sagit pas dimposer par la loi, le décret, la contrainte aux collectivités dassumer la charge de protéger, restaurer et animer un monument historique. Cest une proposition de lEtat propriétaire pour organiser (une) responsabilité partagée », a insisté le ministre, qui a plaidé pour « une concertation sereine et large avec les représentants syndicaux pour que le personnel des monuments concernés puisse disposer des garanties nécessaires à la préservation des statuts acquis ».

Les demandes des collectivités « seront examinées dans les douze mois suivant la publication du décret » et « la décision finale tiendra compte des capacités de développement du service public culturel quelles contiennent, des projets de mise en valeur présentés et des conditions douverture et de présentation au public », a précisé le ministre.

« Si dans un département, une région, une ville, aucun des monuments que nous proposons ne trouve +preneur+, lEtat sera fier de continuer à en assumer lintégralité de la protection, de la restauration et de lanimation », a-t-il souligné.

Insistant sur « la permanence du soutien financier de lEtat à la sauvegarde du patrimoine », M. Donnedieu de Vabres a indiqué que loi de finances rectificative présentée ce mercredi en Conseil des ministres prévoyait « 35 millions deuros supplémentaires affectés aux investissements du ministère de la Culture, dont 26 M de crédits de paiement qui seront directement affectés aux monuments historiques ». Il a également rappelé que le projet de loi de Finances 2005 prévoyait « 25 M EUR de crédits de paiement supplémentaires pour les monuments historiques ».

Le ministre a également assuré que « la mission du Centre des monuments nationaux (Monum,), qui gère 46 des 178 monuments transférables, « ne sera pas affectée ni transformée » et annoncé « un programme prioritaire de mise en valeur » (accueil, muséographie…) des monuments dont elle a la gestion. 

TNT payante: décision de Raffarin "avant Noël", selon Donnedieu de Vabres

16 novembre 2004

« Le Premier ministre maintenant est confronté à une deuxième décision. Il prendra sa décision avant Noël concernant les chaînes payantes. Là encore, cest uniquement le souci de la vérification des perspectives technologiques et du service rendu qui sera le seul critère de décision », a-t-il insisté… Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin prendra « avant Noël » sa décision sur la norme technique retenue pour le lancement des chaînes payantes de la télévision numérique terrestre (TNT), a déclaré mardi le ministre de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres.

Pour la quinzaine de chaînes gratuites de la TNT, dont le lancement est prévu en mars 2005, cest « une norme utilisée dans tous les pays de lUnion européenne (le MPEG2, ndlr) qui a été retenue » (la semaine dernière par M. Raffarin), a rappelé M. Donnedieu de Vabres, lors de la séance de questions à lAssemblée nationale.

« Le Premier ministre maintenant est confronté à une deuxième décision. Il prendra sa décision avant Noël concernant les chaînes payantes. Là encore, cest uniquement le souci de la vérification des perspectives technologiques et du service rendu qui sera le seul critère de décision », a-t-il insisté.

« Pour ce faire, le gouvernement, en liaison avec le Conseil supérieur de laudiovisuel, en liaison bien sûr avec des experts, prendra sa décision, qui na quun seul objectif, faire en sorte que nos concitoyens aient une offre audiovisuelle élargie avec le progrès rendu possible par la technologie et par son évolution », a indiqué le ministre.

La norme MPEG2, déjà utilisée dans plusieurs pays, a précédé la norme MPEG4, deux fois plus performante mais dont les équipements grand public ne sont pas encore commercialisables.

Certains groupes audiovisuels, notamment TF1, souhaiteraient que le gouvernement adopte la norme MPEG4 pour le lancement des chaînes payantes de la TNT afin notamment quelles puissent être reçues en haute définition.

Le calendrier fixé par le CSA prévoit un lancement des chaînes payantes de la TNT à partir de septembre 2005 avec six mois de délai.

80ème anniversaire de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille.

15 novembre 2004

C’est grâce à votre engagement, grâce à la présence des journalistes, des reporters et des photographes sur les terrains les plus dangereux que nous mesurons à quel point dans le monde actuel, l’image, la parole, la photo, le film, sont déclencheurs de paix, de droit, de confrontations démocratiques, ou au contraire, facteurs de discordes, d’affrontements ou de haines….

80ème anniversaire de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille

12 novembre 2004

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Ministre,

Madame le Maire,

Monsieur le Président, cher Hervé Bourges,

Monsieur le Ministre, cher Philippe Vasseur,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord, Madame le Maire, vous remercier de votre
invitation à partager, avec les Lillois, avec tous les anciens élèves et
les élèves de l’Ecole supérieure de journalisme, ce moment
particulièrement émouvant et chaleureux qui est à la fois un point
d’orgue, un prélude et une fête.

Le point d’orgue de Lille 2004, vous l’avez rappelé puisque, depuis
le 6 décembre 2003, Lille est capitale européenne de la culture.

Depuis bientôt un an, la capitale de la Région Nord-Pas-de-Calais,
cité chargée d’histoire, jeune et vivante métropole européenne, vit
chaque jour à l’heure de la culture, de la joie, de la fraternité, dans
l’ouverture, dans l’échange avec vos voisins de Belgique, de
Grande-Bretagne, et jusqu’à nos amis de Gènes.

Lille 2004 incarne l’attachement de cette région à ses racines, à son
héritage et à son avenir européen. Lille 2004 incarne cette
conviction que nous partageons : la culture et la
communication sont au coeur, je dirais même qu’elles sont la force
motrice de notre identité nationale et de notre rayonnement
international.

Lille 2004, – et je tiens à rendre hommage, Madame le Maire, à
votre engagement européen – , prouve le mouvement vers l’Europe
de la culture, dont le Président de la République Jacques Chirac fait
l’un des grands axes de son action internationale.

Une Europe ouverte sur le monde, qui porte les valeurs du
pluralisme et de la diversité, qui sont au coeur de la francophonie,
Monsieur le Président, dont vous êtes le premier ambassadeur et
l’avocat le plus convaincant.

Car la francophonie se retrouve autour de notre langue, bien sûr.
Mais c’est aussi une culture et un ensemble de valeurs, au premier
rang desquels, la liberté, l’égalité, la fraternité, qui impliquent la
tolérance et le dialogue des cultures.

Parce qu’une langue est bien plus qu’un simple mode de
communication : elle est l’élément essentiel d’une certaine vision
du monde, d’une certaine idée de l’homme.

L’avenir de cette vision et de cette idée ne se joue évidemment
pas seulement en France et en Europe. Elle se joue, notamment,
dans tous les pays francophones.

Un Français épris des cultures du monde et qui fut l’un de mes
illustres prédécesseurs, André Malraux, estimait que la France
n’est jamais aussi grande dans l’Histoire que lorsqu’elle est la
France « pour les autres », c’est-à-dire engagée dans un combat
qui la dépasse et qui a une portée humaniste et universelle.

Ce combat commun, il est le nôtre aujourd’hui, pour défendre la
diversité et promouvoir le pluralisme.

Notre rencontre est un prélude et une fête, puisque c’est la séance
solennelle de rentrée de l’Ecole supérieure de journalisme, et nous
aurons la chance d’entendre dans un instant la leçon inaugurale de
Monsieur le Président Diouf, et nous aurons la joie de célébrer
cette jeune et dynamique octogénaire, dont vous êtes tous les
enfants et les petits-enfants.

Mais je vous demande en cet instant, de partager une pensée pour
vos confrères en journalisme, Georges Malbrunot et Christian
Chesnot, qui sont encore, pour le 85ème jour, retenus en Irak,
avec leur chauffeur Syrien Mohamed Al Joundi, pris en otage, pour
avoir simplement fait leur métier, votre métier ou futur métier.

Oui, votre métier, Mesdames et Messieurs, est au coeur du combat
de chaque jour contre la violence, contre les stéréotypes, contre
l’uniformisation du monde, contre la manipulation des hommes et
des idées, un combat de chaque jour pour la liberté.

C’est pourquoi j’ai souhaité aujourd’hui rendre solennellement
hommage à ce métier qui est bien plus qu’une profession, une
vraie passion de l’information, de l’événement, de l’Histoire.

Quelques années avant la fondation de votre école, Albert Londres
écrivait : « votre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire
du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».

Ces plaies, elles sont aujourd’hui nombreuses et profondes. Elles
sont à vif, dans un monde où la violence, où toutes les violences,
les conflits, les tragédies, se heurtent aux prises de conscience et
aux mobilisations déclenchées par le talent, le courage,
l’engagement de celles et de ceux qui mettent des mots, des
images et des sons sur les souffrances, et aussi sur les espoirs de
ceux qui, sans eux, seraient condamnés au silence.

C’est grâce à votre engagement, grâce à la présence des
journalistes, des reporters et des photographes sur les terrains les
plus dangereux que nous mesurons à quel point dans le monde
actuel, l’image, la parole, la photo, le film, sont déclencheurs de
paix, de droit, de confrontations démocratiques, ou au contraire,
facteurs de discordes, d’affrontements ou de haines.

C’est dire toute l’importance pour notre pays, et pour la
francophonie, comme pour tous ceux qui partagent nos valeurs, de la chaîne d’information internationale, qui est une nécessité
stratégique. Une nécessité qui n’enlève rien, bien au contraire, au
rôle de TV5, qui fête, cette année aussi, son anniversaire : son
vingtième anniversaire. Je veux associer à mon propos la mémoire
de Serge Adda, le Président de TV5 International, un humaniste
rayonnant et attachant, un méditerranéen, un passionné d’Afrique,
de francophonie et de communication.

Je le redis ici, la vocation de la chaîne internationale, ce n’est pas
d’être la voix de la France. C’est d’être la voix de la liberté et des
valeurs que nous avons en partage. Au premier rang desquelles la
liberté de la presse.

Benjamin Constant a écrit que la liberté de la presse était « le droit
des droits », oui, sans doute le premier, le tout premier avec, bien
sûr, le droit à la vie. La mémoire de tous les journalistes disparus,
désormais inscrite sur le parvis des Droits de l’Homme, au
Trocadéro à Paris, c’est aussi la mémoire de tous ces combattants
de la liberté, de la liberté de l’esprit.

Comme le proclame l’article XI de la Déclaration des Droits de
l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 : « La libre communication
des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de
l’homme ».

Je tenais à rappeler la force de cette liberté, au regard des
sacrifices qu’elle a coûtés, au moment de célébrer avec vous ce
80ème anniversaire.

Car, les pionniers qui ont fondé votre école, la plus ancienne école
de journalisme, l’avaient certainement présente à l’esprit, comme
tous ceux qui se sont engagés ensuite dans la Résistance.

Car cet anniversaire coïncide avec un autre : il y a soixante ans,
selon l’expression d’un très grand Lillois, le Général De Gaulle, la
France « tourne l’une des plus grandes pages de son histoire »,
et, avec les ordonnances du 26 août 1944, la liberté et
l’indépendance de la presse sont rétablies.

Le combat pour les libertés et l’engagement professionnel ne
faisaient qu’un.

Votre école est fidèle à cet héritage. Dans cet héritage, je veux voir
d’abord aujourd’hui le professionnalisme et son exigence.

Bien sûr, vous êtes recrutés par un concours difficile, très sélectif.
Et votre formation vous donne une certification de qualité très
appréciée. Mais votre métier est surtout un engagement personnel.

On n’est pas journaliste de 8 heures à 18 heures. On l’est
constamment quand l’information, l’événement, l’actualité,
l’exigent.

En ce sens, comme l’a écrit Hubert Beuve-Mery : « Le journalisme,
c’est le contact et la distance », avec cette actualité, avec ce flux
permanent des images et des informations, qui rend plus que
jamais nécessaire les formations qui sont dispensées ici,
formations générales et initiales, formations spécialisées dans les
différentes branches, par exemple, du journalisme scientifique ou
du journalisme agricole, formation continue, tout au long de la vie,
car on ne naît pas journaliste, on le devient.

L’initiative de la création de votre école suscita à l’époque, nombre
d’interrogations et de critiques dans le monde, que l’on n’appelait
pas encore, le monde des médias. Un monde où le journaliste était
autant aventurier qu’écrivain. Un monde où, quelques années plus
tôt , Proust, dans un morceau d’anthologie, décrit le sentiment qui
est le sien d’ouvrir le journal et d’y découvrir son article, en
imaginant la communion de pensée qui l’unit, en une « aurore
innombrable » aux dix mille lecteurs du Figaro de l’époque.

Nous ne sommes plus au temps de Proust.

La presse écrite est aujourd’hui bousculée, malmenée, par de
nouvelles habitudes de consommation, par l’essor des nouvelles
technologies, par l’immédiateté de l’instant, qui privilégient le fait
brut, plutôt que le commentaire, l’analyse et la réflexion ; par la
culture de la gratuité, par le marketing qui préfère le produit
formaté par le marché à l’expression de la pensée, qui, elle, est
contraire à l’uniformisation du discours.

Il appartient aux écoles de journalisme, et le succès de votre école
leur montre la voie, d’adapter la formation aux bouleversements
des techniques, des connaissances, et d’un monde qui est devenu
celui des médias.

Nous avons précisément besoin de la capacité du journaliste à
hiérarchiser et à problématiser les évènements et les enjeux. C’est
dire l’importance de son rôle et de sa place au coeur de la société
d’aujourd’hui.

Une société où la liberté d'expression est vécue par le journaliste,
non comme un simple principe, mais comme une pratique du
quotidien. Ce rôle confère à la profession sa grandeur et aussi ses
servitudes. Car la liberté d’expression ne doit pas s’analyser
uniquement comme un privilège du journaliste, mais aussi comme
un droit du public à recevoir une information pluraliste. Le ministre
de la communication que je suis ne l’oublie pas et y veillera.

Laissez-moi vous dire à ce sujet que je ne crois pas à certaines
analyses contemporaines, sur l’inexorable déclin de la qualité de
l’information et du débat public.

Je crois au contraire qu’au sein d’un environnement bouleversé
par l’avènement des nouvelles technologies, dans un monde où
les sources d’information sont devenues quasiment infinies,
seules la mise en perspective de l’information, sa vérification et
son authentification scrupuleuse, sa lecture critique et sa
hiérarchisation permettent au lecteur de lui donner un sens et
font la richesse irremplaçable de l’information écrite. Ce travail du
journaliste participe à la formation du citoyen, en lui offrant
pleinement la possibilité de s’inscrire dans la vie de la cité.

Depuis sa création, votre école a placé le souci de l’éthique au
coeur de son enseignement et de son rayonnement.

Nous vivons dans un monde de violences. Nous entrons dans le
siècle de l’éthique.

Et je sais la place que prennent dans votre formation, la réflexion
et les échanges sur la déontologie des journalistes, qui est une garantie de fiabilité et de qualité de l’information. Elle assure la
fidélité du lecteur et apparaît ainsi comme le plus sûr moyen de
lutter contre l’érosion du lectorat que connaît aujourd’hui la
presse quotidienne.

La liberté d'informer comporte des « devoirs et responsabilités »,
inscrits notamment dans les règles établies par la loi du 29 juillet
1881, fondatrice de la liberté de la presse.

Au-delà des dispositions législatives encadrant la liberté de
communication, la déontologie vise à rappeler les principes et
règles de conduite auxquels doit obéir l'activité de journaliste.

Les règles d'éthique professionnelle doivent contribuer à
accompagner le journaliste dans son activité quotidienne en fixant
les lignes directrices de sa mission d'information du public :
garantir une indépendance à l'égard de toute pression financière
ou morale, assurer une information exacte, honnête et complète et
veiller au respect des personnes.

Au coeur du métier de journaliste, les formations dispensées dans
les écoles jouent un rôle primordial dans l’apprentissage des
pratiques déontologiques, en adéquation avec l’évolution des
valeurs de la société et des exigences du public.

Je suis l’élu d’une ville, Tours, qui accueille l’une de ces écoles.
Toutefois, les journalistes, même s’ils n’ont pas bénéficié d’une
formation initiale dispensée par les écoles, peuvent y avoir accès
dans le cadre de la formation continue.

Sans une formation commune, nourrie et solidaire, proche de la
réalité quotidienne du métier, le journaliste perd sa spécificité, au
risque de compromettre sa crédibilité.

L’École supérieure de journalisme de Lille, forte de son expérience
octogénaire, a non seulement pleinement assumé ce rôle mais lui
a également conféré une dimension internationale.

Cette dimension crée une formidable attente dans le monde entier
à votre égard. Cette attente, je l’ai ressentie au cours de ce
moment particulièrement émouvant, où, avec le Président
Bourges, nous avons remis à Shanghaï, il y a trois semaines, des
diplômes à des cadres dirigeants de l’un des plus importants
groupes de médias de Chine, formés à Lille.

Je forme le voeu qu’à la mondialisation de l’information réponde
une mondialisation de la déontologie, permettant un partage des
valeurs communes de la profession qui concourent, au quotidien,
au combat pour la démocratie.

C’est aussi le sens de votre rayonnement international. Et je note
qu’Hamid Karzaï, par exemple, l’actuel chef d’Etat Afghan, s’initia,
chez vous, avec dix autres résistants, au reportage télévisuel, afin
de transmettre des images du conflit à l’Occident.

Et je me félicite que votre école soit au coeur du réseau
international, qui porte le beau nom de Théophraste, et qui fédère
dans l’espace francophone, les formations au journalisme.

Avant d’entendre la leçon inaugurale du Président Diouf, c’est
précisément sur un sage conseil du fondateur de La Gazette que
je souhaite clore ce propos : « en une seule chose ne cèderai-je à
personne, dans la recherche de la vérité ».

Je vous remercie.
Renaud Donnedieu de Vabres

L'Ecole supérieure de journalisme de Lille fête ses 80 ans

12 novembre 2004

Plus de 400 anciens élèves participent jusquà samedi aux cérémonies et colloques organisés à cette occasion, ainsi que les représentants dune trentaine décoles de journalisme françaises et étrangères…. LEcole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, qui a formé depuis sa création plus de 3.000 journalistes travaillant dans 80 pays, a fêté vendredi son 80e anniversaire, sous le signe de la francophonie.

Plus de 400 anciens élèves participent jusquà samedi aux cérémonies et colloques organisés à cette occasion, ainsi que les représentants dune trentaine décoles de journalisme françaises et étrangères.

Le secrétaire général de lOrganisation internationale de la Francophonie, lancien président du Sénégal Abdou Diouf, a prononcé la leçon inaugurale de rentrée de lESJ, à lHôtel de ville de Lille, en présence de la maire PS, Martine Aubry, et du président de lécole, Hervé Bourges.

M. Diouf a affirmé que lESJ était « dans (son) domaine le fer de lance de la Francophonie moderne », en soulignant sa « tradition daccueil des étudiants étrangers ».

En 80 ans, lESJ a formé plus de 500 journalistes étrangers, de 62 nationalités. Elle propose également des formations dans de nombreux pays, notamment en Afrique, en Roumanie, en Pologne, au Vietnam.

« vaccin contre lethnocentrisme »

« Ce besoin déchanges se révèle être (…) un excellent vaccin contre lethnocentrisme. Cest aussi (…) une manière incomparable de promouvoir le français », a estimé M. Diouf qui a jugé « globalement préoccupante la situation actuelle des médias francophones ».

« Sans des médias francophones plus forts et plus indépendants, nos démocraties seront bancales », a-t-il affirmé.

M. Diouf a plaidé pour la création, à côté de TV5, « dune chaîne publique multilatérale et francophone ». Un souhait également exprimé un peu plus tôt par le ministre de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres pour qui la création dune telle chaîne dinformation est « une nécessité stratégique ».

Le ministre a salué en lESJ « une jeune et dynamique octogénaire » et souligné que les formations dispensées dans les écoles jouaient « un rôle primordial dans lapprentissage des règles déontologiques ».

Créée en 1924, lESJ est la plus ancienne école de journalisme française. Toutes filières confondues, elle forme chaque année une centaine détudiants, recrutés par concours sur un millier de candidats. Elle est ainsi lécole qui fournit le plus de journalistes à la profession.

Sont notamment sortis de lESJ Thomas Hugues (TF1), Ulysse Gosset (FR3), Elisabeth Tchoungi (Arte), ou Hervé Bourges. Lactuel président de lAfghanistan Hamid Karzai a également suivi à Lille, dans les années 80, une formation en audiovisuel avec dix autres résistants afghans.

Outre la formation « généraliste » (radio, télévision, presse écrite et agence de presse), lESJ sest dotée ces dernières années de filières spécialisées pour répondre à lévolution des médias: « journalisme scientifique », « presse hebdomadaire régionale », « journalisme et agriculture ».

TROIS QUESTIONS à Donnedieu de Vabres

12 novembre 2004

RDDV – Linformation est une arme qui peut concourir à la liberté, à la prise de conscience, à la mobilisation des esprits, mais qui peut être utilisée pour détourner au contraire de la vérité, de la réalité et des prises de conscience nécessaires. Dou le rôle central du journaliste, de son regard, sa liberté, son professionnalisme, de son exigence… Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, a indiqué vendredi à lAFP quune opération, encore « à définir », dabonnement gratuit de jeunes à des quotidiens pourrait être lancée début 2005, et quil envisage des « opérations expérimentales » sur les kiosques.

AFP : Alors que vous fêtez le 80ème anniversaire de lEcole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, comment vous apparaît le métier de journaliste?

RDDV – Linformation est une arme qui peut concourir à la liberté, à la prise de conscience, à la mobilisation des esprits, mais qui peut être utilisée pour détourner au contraire de la vérité, de la réalité et des prises de conscience nécessaires. Dou le rôle central du journaliste, de son regard, sa liberté, son professionnalisme, de son exigence.

AFP : Le traitement de certaines chaînes arabes notamment sur les otages vous interpelle-t-il ?

RDDV : Cest toute la problématique actuelle. Cest pour cela que jai utilisé le terme darme. La réponse est en terme de déontologie. A partir de quand diffuse-t-on ou ne diffuse-t-on pas une photo ou un reportage à partir du moment quil/elle a été fait(e) sous la contrainte? Selon les pays, vous avez une déontologie tout à fait différente, avec un problème nouveau, Internet.
Pour cette raison, nous avons pris par la loi des dispositions permettant de mettre un terme à une diffusion via Internet dinformations contraires aux principes des droits de lHomme et de la République.
Lémergence de nouvelles sources dinformation est une chance, car le pluralisme est la liberté. Mais on sait très bien quun certain nombre de moyens dexpression véhicule la violence et la haine.

AFP  : Face aux difficultés économiques de la presse, laide du gouvernement inscrite au budget est-elle suffisante?

RDDV
  : Le gouvernement est véritablement mobilisé pour soutenir la presse écrite. Dans le budget 2005, il y a une augmentation de 30% des aides globales à périmètre constant, par rapport à 2004.
Le pluralisme de la presse nationale dinformation est une nécessité absolue. Il est important que chacun puisse avoir les moyens de fonctionner. On ne peut que se réjouir lorsque des investisseurs consacrent des moyens financiers importants au soutien de la presse écrite, à la condition évidemment expresse que le soutien de grands investisseurs ne se fasse pas au détriment du pluralisme.
Sur la jeunesse, il faut se préoccuper de créer en permanence de bons réflexes (…) Cela suppose des opérations de soutien et de connaissance de la presse écrite vis-à-vis des jeunes.
Le budget prévoit 3,5 M EUR pour des opérations de promotion directement issues du rapport Spitz. Des discussions avec les professionnels sont menées pour voir comment faire entrer dans les premières semaines de 2005, un certain nombre des préconisations du rapport, notamment celle ayant trait à labonnement gratuit pour les jeunes. On en définit le contour, la durée, les lieux, les titres…, mais le principe, lié à une opération à définir, est acquis.
Autre élément auquel jattache beaucoup dimportance, les kiosques. Je voudrais lancer des opérations expérimentales, pour essayer des lieux nouveaux ou des concepts de kiosques nouveaux.
Quun kiosque puisse abriter aussi bien la presse écrite que des bornes daccès à Internet, du moment que cest un lieu vivant, accueillant, placé à la rencontre des gens, me semble une bonne idée.

Examen du budget de la communication pour le projet de loi de finances 2005 à l’Assemblée Nationale

10 novembre 2004

Messieurs les Présidents,

Messieurs les Rapporteurs,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Avant d’entrer dans la discussion budgétaire sur les crédits de la
communication, je vous demande d’avoir une pensée pour nos
deux journalistes, Georges Malbrunot et Christian Chesnot, qui
sont encore retenus en Irak, avec leur chauffeur syrien,
Mohamed Al-Joundi, pris en otages pour avoir simplement fait
leur métier.

Le respect du pluralisme et la promotion de la diversité sont les
deux axes essentiels de mon action, en matière de
communication, comme dans le domaine de la culture. Car si
vous examinez ces crédits séparément, je tiens à vous dire
d’emblée que l’inspiration de la politique, dont ce budget est
l’expression, est la même.

Je remercie les Rapporteurs pour la grande qualité de leurs
travaux. Vous avez, l’un et l’autre, mis l’accent sur des aspects
essentiels de ce secteur de l’audiovisuel public et de la presse,
si importants pour la vitalité de notre démocratie et pour la vie
quotidienne de nos concitoyens.

Cher Dominique Richard, vous avez souligné à juste titre
l’importance économique de l’audiovisuel public, et en particulier
l’effet démultiplicateur de la redevance sur les créations
d’emplois de ce secteur. Permettez-moi de vous dire, cependant
que je vous trouve un peu injuste à l’égard d’une réforme qui
constitue un progrès majeur. Car elle conserve au secteur une
ressource affectée et pérenne. Une ressource, qui je le rappelle,
s’élève pour 2005 à 2 milliards 659 millions d’euros.

Cher Patrice Martin-Lalande, vous devez être fier de voir avec
cette réforme, l’un des chantiers que vous aviez conduits au sein
de la Mission d’Evaluation et de Contrôle aboutir enfin.

Cette réforme est une bonne réforme. Parce qu’elle est juste,
équilibrée et solide. Et ce, autant pour le secteur public
audiovisuel que pour le contribuable.

Le secteur public audiovisuel est consolidé par le maintien d’un
financement spécifique, d’une garantie de ressource propre et
directement affectée. Il est vrai que certains défauts du mode de
recouvrement de cette redevance devenaient criants et
symptomatiques d’un archaïsme fiscal.

C’est la raison pour laquelle nous avons estimé que l’adossement
du recouvrement de la redevance à la taxe d’habitation permettait
une rationalisation conforme à notre ambition de réforme de l’Etat.

La réduction du coût de la collecte constituait la principale demande
de votre commission. Désormais, le recouvrement et le contrôle de
la redevance seront à la fois plus efficace et moins coûteux, ce qui
bénéficiera à l’ensemble de la collectivité. Pour la troisième année
consécutive, le contribuable ne verra pas sa redevance augmenter.

Mais pour la première fois, le contribuable téléspectateur et auditeur
bénéficiera d’un système plus juste et plus simple :

– un système plus simple : une seule redevance due par foyer
fiscal détenteur d’un poste de télévision, quel que soit le lieu de
réception ;

– un système plus juste : en alignant les dégrèvements de
redevance pour motifs sociaux sur ceux de la taxe d’habitation,
le Gouvernement permet à un million de foyers modestes
supplémentaires, notamment les personnes âgées de 60 à 65
ans et les bénéficiaires du RMI, de bénéficier de cette
exonération.

Au total, comme l’a indiqué le rapporteur spécial, le projet de
réforme de la redevance entraîne une progression des
encaissements de 84 millions d’euros, ce qui assure au secteur
public de l’audiovisuel une progression de ses ressources de 2,4 %
en 2005 par rapport à 2004. C’est plus que l’année dernière (2,34%)
et c’est loin d’être négligeable.

Cette augmentation ne me fait pas oublier les débats qui ont animé
votre Assemblée au moment de l’adoption de cette réforme qui
constitue, permettez-moi de vous le dire, un progrès majeur.

Je souhaite aussi saluer le vote par votre Assemblée de
l’amendement de Patrice Martin-Lalande tendant à sécuriser les
ressources de l’audiovisuel public en 2005. Cette initiative permettra
dès 2005 de vous rassurer sur la collecte, ce qui n’est pas encore le
cas pour 2004. Je tiens à vous remercier de l’avoir prise.

La réforme de la collecte de la redevance est importante à mes yeux
mais ne constitue pas une fin en soi. En d’autres termes, la politique
audiovisuelle que je mène au nom du Gouvernement ne saurait se
réduire à la réforme de la redevance. Mon objectif est d’inscrire la
politique de l’audiovisuel dans la stratégie du Gouvernement en
faveur du développement de l’emploi et de l’attractivité du territoire,
tout en offrant au téléspectateur une télévision et une radio
publiques de qualité et clairement identifiées dans leur mission de
service public.

La stratégie de l’emploi d’abord. En écho au débat que vous avez
tenu sur les délocalisations, j’inscris pleinement mon action dans
cette perspective. Il faut consolider le secteur public audiovisuel au
service du développement du cinéma et de la production
audiovisuelle française, au service de la re-localisation des
tournages dans nos régions et donc de la création d’emplois. En ce
sens, les ressources de l’audiovisuel public ne couvrent pas
uniquement les besoins d’un secteur. Mon ambition est avant tout de
consolider l’attractivité de notre territoire, tout en développant un
secteur économique qui représente plus de 20 000 emplois directs.

C’est ma priorité car elle conditionne toutes les autres.

Ainsi, le crédit d’impôt cinéma voté en fin d’année dernière a tenu
toutes ses promesses puisque la part des semaines de tournages
réalisées en France est passée de 61 % à 72 % en 2004. Fort de ce
résultat, j’ai souhaité pour 2005 étendre le crédit d’impôt cinéma aux
films ambitieux, susceptibles de créer un nombre important
d’emplois.

Mon objectif est le même pour la production audiovisuelle. La qualité
et le talent de nos artistes et de nos techniciens sont reconnus dans
le monde entier. La qualité et la diversité de nos paysages et de nos
monuments en font des décors naturels incomparables. Et pourtant,
ce sont encore près de 22 % des journées de tournages de fictions
télévisées qui se déroulent à l’étranger.

Dans le même esprit que pour le cinéma, le crédit d’impôt spécifique
pour la production audiovisuelle est une réponse forte et efficace.

Il s’agit de rapatrier environ 70 000 jours de travail liés à des
tournages dans les domaines de la fiction, de l’animation ou encore
du documentaire. Bien sûr, le succès de cette mesure dépend de
l’esprit de responsabilité de chacun : diffuseurs publics et privés,
producteurs, pouvoirs publics. Comme pour le crédit d’impôt cinéma,
je souhaite une évaluation régulière de son impact.

Ces mesures nouvelles en faveur du cinéma et de la production
audiovisuelle correspondent à une aide fiscale de 40 millions d’euros
en 2005.

En second lieu, j’ai souhaité étendre à la production audiovisuelle
dès 2005 le système des fonds régionaux.

Dans le même esprit, j’ai demandé à France Télévisions d’étudier
l’amélioration du financement de certains secteurs fragiles de la
production audiovisuelle. Je salue à cette occasion l’accord qui vient
d’être passé par France Télévisions avec le secteur du
documentaire, dont vous savez qu’il est fragile et mal financé.

La consolidation de l’emploi passe aussi par la requalification de
l’emploi précaire dans le secteur public audiovisuel. J’ai réuni lundi 8
novembre, avant-hier, une table ronde des diffuseurs afin de dresser
un bilan d’étape et de faire le point sur les actions à mener. En la
matière, le secteur public audiovisuel se doit d’être exemplaire.

J’approuve et je soutiens le plan présenté par Marc Teissier,
Président de France Télévisions, tendant à faire passer le taux de
recours à l’emploi précaire de 16 % à 10 % au total. Si la politique
de l’audiovisuel public que je souhaite mener est bien sûr centrée
sur la lutte contre les délocalisations, elle n’en oublie pas pour
autant la consolidation et le développement de l’identité propre du
service public de l’audiovisuel, second objectif. En d’autres termes,
la consolidation économique d’un secteur n’a de sens que si le
téléspectateur se voit offrir des programmes plus diversifiés, plus
riches et clairement identifiés, et si la notion de service public a bien
un sens. Lorsque l’on sait que les français passent en moyenne 3 h
30 par jour devant leur petit écran, la question est loin d’être
mineure.

Les médias audiovisuels sont, pour moi, un moyen essentiel de la
politique culturelle. La large diffusion de l’offre culturelle, la conquête
de nouveaux publics passent par l’écran de télévision et les ondes
de la radio publique.

Je crois possible un enrichissement des programmes de télévision
et de radio pour donner au service public une identité plus forte, plus
audacieuse, qui est plus que jamais nécessaire dans le paysage
audiovisuel français. Je sais que vous avez souvent entendu ce
discours : ce ne sont pas des mots pour moi vides de sens. Il s’agit
d’une démarche de fond que je veux inscrire dans la durée.

En la matière, les résultats concrets sont déjà là :

– l’effort additionnel en 2005 de France Télévisions en faveur des
programmes de culture et de connaissance s’élèvera à 6,3 millions
d’euros ;

– le récent accord signé par France Télévisions avec l’Union
syndicale de la production audiovisuelle (UPSA) et le Syndicat des
Producteurs Indépendants (SPI) en faveur du documentaire de
création, qui se concrétise par un engagement financier de 64
millions d’euros en 2004 et une enveloppe supplémentaire de 10
millions d’euros pour les années 2005 à 2007. Mais là encore, j’attire
votre attention sur le fait que cet engagement financier est
conditionné par l’évolution des ressources publiques qui seront
attribuées à France Télévisions au cours des trois années à venir.

– France Télévisions, il faut le souligner, investit plus que ses
obligations dans la production audiovisuelle. L’accord signé avec le
BLOC (Bureau de Liaison des organisations du Cinéma) et l’ARP
(société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs) est également
très important pour le financement de l’industrie cinématographique.

Je crois aussi à une plus grande diversité culturelle, les succès du
« Silence de la mer » ou de « l’Odyssée de l’espèce » montrent tout
l’apport que peut incarner le service public qui doit savoir rendre plus
tangible encore sa différence.

Cette diversité culturelle, c’est aussi une meilleure représentation
des minorités visibles sur les antennes de service public et une
véritable place donnée dans le service public au dialogue des
peuples et des cultures.

Enfin, l’enrichissement de l’offre de programmes se concrétisera en
2005 par la place du secteur public audiovisuel au sein de la
Télévision Numérique de Terre (TNT). A tous ceux qui critiquent le
choix de la norme de diffusion de la TNT, je veux dire qu’il s’agit d’un
vrai choix stratégique apportant une réelle, concrète et rapide valeur
ajoutée à l’offre de programmes du secteur public audiovisuel. Pour
le téléspectateur français, la TNT ce sera avant tout la diffusion 24
heures sur 24 d’Arte et de France 5, deux chaînes emblématiques
de la diffusion des programmes de culture et de connaissance. De
même, la création de la chaîne Festival permettra une large diffusion
du spectacle vivant et de concerts en particulier. L’arrivée de la TNT
sur les écrans de nos concitoyens illustrera cette volonté de rendre
accessibles à tous et à toute heure nos programmes de culture et de
connaissance.

En d’autres termes, Mesdames et Messieurs les députés, ces
actions traduisent un engagement solennel que je prends devant
vous : celui de veiller à ce que chaque euro du contribuable trouve
sa contrepartie dans les programmes qui lui sont offerts par le
service public audiovisuel. Cette démarche ne peut s’inscrire dans le
seul cadre annuel.

Je souhaite que l’année prochaine permette d’améliorer, de
rationaliser et de rendre plus efficaces les rapports entre l’Etat et les
entreprises publiques de l’audiovisuel. Ainsi, le deuxième contrat
d’objectifs de l’INA pourrait être conclu dans les semaines à venir.

Les contrats d’objectifs de Radio France et de Radio France
Internationale sont relancés. Je souhaite définir avec vous le moyen
de donner à l’engagement financier de l’Etat une crédibilité et un
sens. Je sais, cher Patrice Martin-Lalande, que vous avez des
propositions en ce sens. Elles constituent un pas dans la bonne
direction. Mais, à mes yeux, il faut aller plus loin encore. Le temps
est peut-être venu d’une réflexion prospective et libre pour dissiper
les critiques injustes et définir ensemble une stratégie de
développement. Je souhaite donc réfléchir avec vous, dans le strict
respect de l’annualité budgétaire, à la constitution d’un groupe de
travail sur ce sujet auquel le Parlement pourrait être associé.

Il s’agit d’abord de soutenir les options stratégiques de Radio
France : numérisation des antennes, achèvement du plan bleu,
régionalisation de l’offre de programmes, restructuration de la
Maison de la Radio. L’adaptation des programmes de la radio
publique aux attentes des auditeurs doit être permanente.

Je veux aussi vous dire ma préoccupation concernant les radios
associatives. En effet, le Fonds de soutien à l’expression
radiophonique voit ses recettes diminuer. J’ai saisi de ce problème
récurrent mon collègue, le Ministre d’Etat afin qu’une solution puisse
être trouvée dans les meilleurs délais. Il en va, là aussi du respect
du pluralisme auquel, je le sais, vous êtes autant attachés que moi.

Le respect et la défense du pluralisme sont les fils conducteurs de
ce budget. Et cela vaut tout particulièrement pour la presse écrite.
Ce budget marque un effort historique en faveur de la presse, à la
hauteur des défis qui se présentent à ce secteur aujourd’hui. Ces
moyens doivent contribuer à la modernisation de la presse écrite.

Atteignant un montant total de près de 280 M€, soit une progression,
à périmètre constant, de près de 30 % par rapport à 2004, le projet
de budget que je vous présente consacre à la presse des moyens
exceptionnels par leur ampleur, à la mesure du soutien concret que
le Gouvernement entend apporter au pluralisme dans ce pays. La
presse en effet connaît aujourd’hui l’occasion unique de moderniser
ses structures de production, ce qui implique un effort financier de
l’Etat très important et soutenu.

L’action du gouvernement vis à vis de la presse écrite porte d’abord
sur la rénovation des aides existantes, dans un objectif de plus
grande transparence et d’efficacité.

La réforme de l’aide au transport postal de la presse s’inscrit dans
cette dynamique nouvelle : à l’issue de plusieurs mois de
négociations, le protocole d’accord signé le 22 juillet 2004 définit le
nouveau cadre des relations entre l’État, la presse et La Poste.

Les modalités du soutien public au transport postal de la presse,
d’un montant global de 242 M€, sont recentrées autour de deux
actions prioritaires : l’aide à la diffusion des journaux d’information
politique et générale et l’aide à la distribution de l’ensemble de la
presse écrite dans les zones de faible densité.

Je veux aussi mentionner la réforme du fonds d’aide à la
modernisation et à la distribution de la presse, qui est l’instrument
fondamental de la modernisation du secteur et qui entrera en
vigueur en 2005.

Elle permettra à la commission de contrôle du fonds de procéder à
une véritable évaluation de l’efficacité économique des subventions.

Cette réforme relèvera aussi les plafonds et les taux de subventions
: 40% pour les projets individuels, 80% pour les projets collectifs.
Le dispositif que je vous propose comporte en outre de nouvelles
aides, qui interviennent à chacune des étapes du processus :
fabrication, distribution, diffusion.

La première vise à moderniser la fabrication de la presse
quotidienne d’information politique et générale nationale, régionale
et départementale.

L’État consacre ra en 2005 38 M€ à soutenir la modernisation des
processus de production et la rénovation des relations du travail
susceptibles d’être mises en oeuvre par la presse quotidienne
nationale et la presse quotidienne en régions et dans les
départements. Il s’agit de permettre à ces entreprises de mieux
maîtriser leurs conditions d’exploitation, de conforter l’indépendance
économique de leurs titres, donc la liberté de la presse elle-même.

Deuxième aide nouvelle : la distribution de la presse, indispensable
à sa diffusion. La vente au numéro demeure essentielle puisqu’elle
continue de représenter plus de 60% des ventes de la presse, en
dépit de la progression soutenue des abonnements depuis plusieurs
années.

L’aide à la distribution de la presse quotidienne d’information
politique et générale, qui aurait initialement dû venir à expiration le
31 décembre prochain, est donc prorogée en 2005 à hauteur de
12,7 M€. Les Nouvelles messageries de la presse parisienne
(NMPP) doivent en effet poursuivre l’effort de restructuration engagé
depuis 2000 afin de ramener la qualité et le coût de la distribution
des quotidiens à un niveau plus acceptable, notamment sur le plan
économique et financier.

L’aide publique mise en place en 2005 a vocation à accompagner
cette nouvelle phase de modernisation. Ce dispositif s’inscrira
néanmoins dans un cadre rénové, ménageant une plus large place à
la contractualisation avec l’Etat, afin de mieux définir les efforts de
modernisation réalisés en contrepartie du versement de l’aide.

Troisième priorité : la diffusion de la presse écrite. Je veux vous faire
partager ma conviction que l’érosion de la presse écrite n’est pas
une fatalité. Certes, le nombre des points de vente de presse a
chuté de 16 % depuis 1995.

Cette situation traduit les difficultés bien connues de la profession et
que vous avez rappelées dans votre rapport.

Les professionnels ont élaboré un plan de consolidation, de
modernisation et de développement du réseau de vente de la
presse. Les grandes orientations de ce plan ont été présentées le
30 juin 2004 par le président du Conseil supérieur des messageries
de presse.

Afin que l’État soutienne et accompagne cette évolution, j’ai décidé
la création d’un fonds de modernisation du réseau des diffuseurs de
presse à hauteur de 3,5 M€.

Vous le voyez, c’est toute la chaîne de fabrication et de diffusion de
la presse qui est concernée par l’ensemble de ces mesures
nouvelles. Je crois profondément que la cohérence de ces actions
est la clé de leur efficacité.

C’est à dessein que je souhaite terminer cette présentation du
budget 2005 par les mesures qui doivent être prises en faveur du
lectorat des jeunes. Les jeunes représentent l’avenir de la diffusion
de la presse écrite et donc de la pérennité du pluralisme de
l’expression des pensées et des opinions. Une somme de 3,5 M€
pourra être mobilisée à cet effet dans le fonds de modernisation.

M. Bernard SPITZ m’a remis il y a quelques semaines son rapport
consacré à la lecture par les jeunes de la presse quotidienne
d’information politique et générale. De nombreuses pistes de
réflexion évoquées dans ce rapport méritent l’attention. J’installerai
dans les tous prochains jours un comité de suivi et d’évaluation
associant largement tous les acteurs du secteur. J’annoncerai très
prochainement les initiatives très concrètes que je compte prendre
dans ce domaine.

Telle est bien l’ambition de ce budget 2005 de la communication :
favoriser la diversité des expressions, faire éclore la pluralité des
talents, soutenir le pluralisme des opinions dans toutes ses
composantes, permettre que la liberté éditoriale éclaire au mieux le
chemin de notre démocratie.

Je vous remercie.

Décision sur la TNT payante "dans 15 jours, trois semaines"

10 novembre 2004

Le gouvernement a annoncé le 8 novembre sa décision dadopter la norme MPeg2 pour les 14 chaînes gratuites et les programmes en clair de Canal+ qui seront lancés sur la TNT à partir du 1er mars 2005. En revanche, il hésite encore sur la norme qui doit être retenue pour les chaînes payantes… Le ministre de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres a déclaré mercredi que la décision sur la norme de compression pour les chaînes payantes de la télévision numérique terrestre (TNT) sera annoncée « dans quinze jours, trois semaines ».

« En ce qui concerne la TNT, pour le système payant, dans les 15 jours ou trois semaines qui viennent, la décision sera prise définitivement du choix de la norme retenue », a indiqué M. Donnedieu de Vabres, qui défendait son projet de budget de la communication devant les commissions réunies des Finances et des Affaires culturelles de lAssemblée nationale.

« La norme, pour le payant, permettra bien évidement davoir accès aux chaînes gratuites et pour les chaînes gratuites, le fait que ladaptateur soit peu cher, que ce ne soit pas demblée un décodeur multi-fonctions est évidemment pour nous un objectif politique, parce que nous voulons que le plus grand nombre de nos concitoyens puissent bénéficier de cette offre élargie », a dit le ministre.

« Nous ne voulons pas être sourd et aveugle aux évolutions de la technologie », a ajouté M. Donnedieu de Vabres.

Le gouvernement a annoncé le 8 novembre sa décision dadopter la norme MPeg2 pour les 14 chaînes gratuites et les programmes en clair de Canal+ qui seront lancés sur la TNT à partir du 1er mars 2005. En revanche, il hésite encore sur la norme qui doit être retenue pour les chaînes payantes.

Certains groupes audiovisuels, notamment TF1, souhaiteraient que le gouvernement adopte la norme MPeg4, plus performante que la norme MPeg2, pour le lancement des chaînes payantes de la TNT, en septembre 2005, afin notamment quelles puissent être reçues en haute définition.

Le budget de la communication adopté en commission par l'Assemblée nationale

10 novembre 2004

La commission des Finances et la commission des Affaires culturelles de lAssemblée nationale ont adopté mercredi les crédits de la communication demandés par le gouvernement, a indiqué le député UMP Patrice Martin-Lalande, rapporteur spécial de la commission des Finances… La commission des Finances et la commission des Affaires culturelles de lAssemblée nationale ont adopté mercredi les crédits de la communication demandés par le gouvernement, a indiqué le député UMP Patrice Martin-Lalande, rapporteur spécial de la commission des Finances.

    Le budget de laudiovisuel visuel public sélèvera à 3.464,44 millions deuros en 2005, soit une hausse de 2,63% par rapport au budget initial pour 2004, a rappelé Dominique Richard (UMP), rapporteur de la Commission des Affaires culturelles, .

    La part de financement public (redevance et dotations budgétaires) augmentera de 62,5 MEUR, à 2.659,61 MEUR.

    Les ressources propres du service public observeront quant à elles une hausse de 26,3 MEUR (+3,38%), les recettes de publicité et de parrainage atteignant 730,9 millions deuros (+3,78%).

    Par ailleurs, les aides directes à la presse écrite sélèveront à 77,45 millions deuros en 2005, hors abonnement de lEtat à lagence France-Presse (AFP). LAFP bénéficiera quant à elle dune hausse de 2,48 millions deuros du montant des abonnements souscrits par lEtat (soit un total de 105,68 millions deuros).

    Les deux commissions ont également adopté plusieurs amendements, dont certains présentés par Patrice Martin-Lalande (UMP), ayant notamment pour but de mieux associer, en amont, le Parlement à la procédure du contrat dobjectifs et de moyens (COM) qui lie le gouvernement et certaines des sociétés de laudiovisuel public.

    Pour la première fois, les crédits de la communication vont être votés par lAssemblée nationale selon une procédure accélérée, qui supprime le débat général sur le projet de budget en séance plénière. Lors du vote des crédits de la communication, prévu le 19 novembre prochain, seuls seront débattus les nouveaux amendements présenté! s entre le vote des commissions et le vote en séance plénière.