Pour une large part du public, en particulier pour les jeunes nés avec elle, elle est une grande fête républicaine. Près de quinze millions de personnes s’y impliquent, près d’un million de Françaises et de Français chantent ou jouent, environ dix millions de nos concitoyens assistent à des concerts organisés ou improvisés dans les rues, les plus grands artistes se produisent et des milliers d’amateurs s’expriment…
Je suis très heureux de vous accueillir ce matin pour vous présenter la 23ème Fête de la Musique, la première qu’il m’est donnée de lancer comme ministre de la culture et de la communication.
Je tiens à affirmer mon attachement à ce rendez-vous emblématique, qui est aussi un axe fort de la politique que je veux mener en faveur de la musique.
Nous savons aujourd’hui combien la Fête de la Musique fait partie de la vie de notre pays.
Pour une large part du public, en particulier pour les jeunes nés avec elle, elle est une grande fête républicaine. Près de quinze millions de personnes s’y impliquent, près d’un million de Françaises et de Français chantent ou jouent, environ dix millions de nos concitoyens assistent à des concerts organisés ou improvisés dans les rues, les plus grands artistes se produisent et des milliers d’amateurs s’expriment.
C’est en ce sens que la Fête de la Musique est emblématique : elle témoigne avec force de la place et du rôle de la musique dans notre vie artistique, culturelle et sociale.
Le 21 juin, la musique, première pratique culturelle des Français, transforme le pays en une vaste scène, ouverte à tous. La Fête de la Musique doit demeurer fidèle à sa vocation initiale : la célébration de toutes les pratiques, la fête des amateurs comme des professionnels, et de tous ceux qui l’écoutent.
Je suis très attaché à cet aspect de la Fête qui en fait un irremplaçable moment de rencontre et de convivialité.
Institutions, collectivités, acteurs culturels, associations et citoyens exposent, dans les communes de toutes tailles, la musique dans toute sa diversité : fanfares, rap, chorales, jazz, classique, rock, pop, chansons, techno, musiques du monde, électro, lyrique, traditionnelles, contemporaines.
Cet événement est porteur : pour la musique cette manifestation d’un jour, fondée sur le principe de la plus grande spontanéité, de l’initiative – voire de l’improvisation la plus complète – s’est révélée au fil des ans structurante pour notre vie musicale !
Les Françaises et les Français se sont appropriés une Fête d’où ont surgi des attentes et des approches nouvelles… La Fête a ainsi aboli bien des frontières, entre les genres musicaux, les générations, les territoires. Moment exceptionnel de convivialité, de décloisonnement culturel et social, elle réunit et rassemble les publics les plus divers et permet à chacun de prendre conscience du fait que la musique lui est accessible, lui appartient et lui ouvre de nouveaux horizons de développement personnel.
Pour celles et ceux qui sont en charge des politiques publiques, la Fête de la musique apporte toujours de nouvelles clés pour écouter, comprendre et agir.
C’est pourquoi je suis heureux que cette année mette en lumière deux nouveaux pôles significatifs de la Fête, entre tradition et modernité, entre transmission et prospective : la facture instrumentale, qu’elle soit traditionnelle ou contemporaine, et les arts numériques.
La facture instrumentale atteint chez nous un haut niveau d’excellence. C’est à la fois un art, un savoir-faire ouvert aussi à l’innovation, un métier et un secteur industriel et économique qui doit être soutenu.
Facture et pratique sont intimement liées.
Le 21 juin prochain, les ateliers de luthiers et de facteurs d’instruments s’ouvriront largement sur la magie de l’instrument en train de naître. La rue de Rome à Paris, célèbre chez les musiciens du monde entier, se mobilisera avec des opérations portes ouvertes, déclinées également sur l’ensemble du territoire où auront lieu des classes de construction d’instruments, des visites et des moments d’information.
Nos écoles et centres de formation du Mans, de Mirecourt et d’Eschau, ainsi que la Cité de la Musique à Paris, contribueront à la une de ces animations, et partout, de Bordeaux à Dunkerque, de Lyon à Reims, ainsi qu’à Blois, Fontainebleau ou Avignon, notre magnifique patrimoine organistique donnera lieu à des concerts dans les églises.
Cette année la découverte sera au rendez-vous : les arts numériques feront une remarquable entrée dans la Fête, et le meilleur de l’Internet y affirmera sa place.
Je me réjouis que plusieurs Espaces Culturels Multimedia et de nombreuses classes d’électro-acoustique aient prévu des animations et des initiations pour enfants et adultes dans toute la France, telles que le plancher musical mis en place par le Groupe dAnimation Musicale de Pau, dispositif informatisé complété par des sculptures acoustiques, ou le bus des nouvelles technologies qui sillonnera Mulhouse.
A Paris, le traditionnel concert du Palais-Royal fera la part belle aux nouvelles technologies, aux nouvelles sonorités avec une programmation exceptionnelle. Dès 17 h 30, un voyage au pays des arts numériques et des métissages musicaux nous transportera dans l’univers lointain des cultures et peuples amérindiens qui sont l’expression même de la mixité humaine et artistique du nord au sud du continent américain, puis dans le raï et le rock des Boukakes, dans la musique live électro-organique venue de Chine ou dans l’électro-cinématographique des Troublemakers et de Jeff Sharel…
Puis ce sera la grande première du Palais de Tokyo, où des images de la Fête venues des cinq continents via lInternet seront projetées en un vaste interface graphique rythmé par un grand mix mondial réalisé en direct par Alexkid…
La Fête de la Musique nous donne, dans sa profusion et sa diversité, la pleine mesure de la complexité et des enjeux de cette époque de mutation profonde des modes de diffusion et de consommation de la musique. Elle vient nous conforter, dans notre détermination au service de la musique, de toutes les musiques, de toutes celles et de tous ceux qui les font et les aiment.
Voici quelques exemples représentatifs de cette profusion et de cette diversité.
« Ouvrons les oreilles à la Musique classique », cest le titre de lopération organisée pour loccasion par la FNAC en partenariat avec le Centre des Monuments nationaux (Monum). On retrouvera ainsi en six lieux prestigieux de notre patrimoine (lHôtel de Sully à Paris, le Château de Champs-sur-Marne, la Chapelle des Carmélites à Toulouse, le Château de Pierrefonds en Picardie, le Palais de Tau à Reims et le Château du Roi René à Tarascon) des artistes classiques, à découvrir pour certains, bien connus du grand public pour dautres.
L’Olympia pour la première fois, et pour ses 50 ans, ouvre ses portes à la Fête de la Musique avec FIP, radio partenaire de la Fête depuis son origine, pour un grand concert réunissant un prestigieux plateau musique du monde, avec, entre autres, Rokia Traoré et le groupe malien Tina Rawen.
Rencontres inédites et ludiques entre artistes amateurs et professionnels, les fabriques orchestrales offriront aux Parisiens des concerts de proximité dans huit parcs et jardins de la capitale, résultats de laboratoires et d’ateliers de répétitions aux horizons musicaux multiples et métissés.
Nos institutions musicales se mobilisent fortement et proposeront, à travers tout le territoire, des concerts ou des répétitions publiques. A Montpellier, lOrchestre National de Montpellier et lorchestre symphonique du conservatoire proposent un concert célébrant lannée de la Chine en France. A Paris, Kurt Masur dirigera l’Orchestre National de France, sous la Pyramide du Louvre, où, pour la première fois, 1500 personnes seront rassemblées pour une manifestation musicale ; au programme, Dukas et Moussorgski. A la Basilique de Saint-Denis, le Chœur de la région Nord-Pas-de-Calais interprètera la Symphonie n° 9 de Beethoven, accompagné par lOrchestre National de Lille, sous la direction de Jean-Claude Casadesus.
Les enfants, eux qui ont toujours connu la Fête de la Musique, sont comme toujours très présents pour ce rendez-vous annuel : à Laon, ce sont 1000 enfants qui vont investir le parvis de la cathédrale pour le concert « Tambours Cathédrales »; à Paris, de nombreuses écoles sont mobilisées et répètent depuis plusieurs mois déjà leur concert du 21 juin ; en Bretagne, au Relecq-Kerhuon, les élèves des écoles, collèges, écoles de musique interprèteront le conte musical « Loïc et Korrigans », création de Marc Steckar et Jean-Claude Decalonne.
Place du 21 juin : cest le nom officiellement donné par la municipalité de Saint-Quentin de Baron (petite commune du Bordelais) à sa place centrale : depuis lorigine, la Fête de la Musique est devenue le grand rendez-vous annuel de la commune et des alentours, véritable manifestation populaire rassemblant toutes les générations…
Ce ne sont là que quelques exemples.
Vous trouverez le détail exhaustif des manifestations dans le dossier de presse.
La Fête étend son rayonnement, et c’est une dimension essentielle, bien au-delà de nos frontières, en Europe et dans le monde entier.
Aujourd’hui, plus de 200 villes dans 100 pays participeront à cette grande manifestation populaire. Et ce sera une première dans beaucoup dentre elles, dont Potsdam, Anvers, Tirana, mais aussi Ottawa et Ho Chi Minh Ville.
Ce sera aussi loccasion pour de nombreux artistes français daller à la rencontre de nouveaux publics sur les cinq continents. Ainsi Didier Lockwood donnera un concert à Pusan en Corée, plus près de nous Julien Lourau sera à Athènes et les Têtes Raides à Budapest.
Le 21 juin permet également de promouvoir les jeunes talents dans le monde entier. Ainsi le programme « Génération musiques » de lassociation française daction artistique (AFAA) présente dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient la scène musicale française dans toute sa diversité : M donnera un concert au Caire et Padam à Beyrouth, Jean-Marc Padovani et Othmane Baly seront en résidence à Alger, Serge Tessot-Gay et Khaled Geramani à Damas, Elise Caron et Jefferson Lembeye à Ramallah.
Je veux remercier très chaleureusement tous les partenaires de la Fête. En particulier la SACEM , le Fonds pour la création musicale, Radio France et lensemble de ses radios, RFI, RFO et « A Nous Paris ».
Un grand et amical merci, bien sûr, à Jean-François Millier, Hervé Bordier et toute leur équipe qui organisent avec talent la fête au Palais-Royal.
Merci enfin à Thierry Planelle qui nous accompagne amicalement en musique ce matin.
Et maintenant, à toutes et à tous, je dis :
« Faites de la musique ! » pour une très bonne Fête de la Musique !