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Dans l’hémicycle du Château de Versailles, l’Europe a été puissamment relancée !

Un moment fort et nécessaire dans l’histoire de l’Europe, qui progresse d’autant plus fortement que l’Allemagne et la France accordent leurs violons ! Il était temps qu’une impulsion claire soit donnée, qu’un message lisible et audible pour chacun soit émis… Vivre l’histoire en direct grâce à mon mandat de député est un privilège dont je remercie les Tourangeaux ! C’est véritablement le sentiment que je retiens de cette exceptionnelle journée de commémoration du 40ème anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée entre le Général de Gaulle et Konrad Adenauer. Un 22 janvier 2003 en fait presque totalement consacré à l’avenir plutôt qu’à l’évocation du passé, aussi marquant fut-il pour nos deux pays, pour la paix, pour la réconciliation durablement scellée.

Un moment fort et nécessaire dans l’histoire de l’Europe, qui progresse d’autant plus fortement que l’Allemagne et la France accordent leurs violons ! Il était temps qu’une impulsion claire soit donnée, qu’un message lisible et audible pour chacun soit émis. Sinon, gare à la sanction populaire lors de la ratification de la nouvelle Constitution européenne ou de l’élargissement…

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La journée commença par les « 4 vérités » avec un clin d’œil amical aux parlementaires allemands qui se dirigeaient vers Paris en ouvrant l’interview par « Willkommen », bienvenue en allemand ! La fierté de sa langue doit permettre le geste de parler celle de son allié si l’on veut que l’Europe respecte chaque culture, chaque identité, chaque terre. Au fait, pourquoi dans l’avion de la Luftwaffe qui nous amène à Berlin ce soir, n’y avait-il « des infos sur la sécurité » qu’en allemand et en anglais ? Notre nouvelle feuille de route franco-allemande est-elle déjà oubliée ou plutôt non encore transmise ?

Faire de la pédagogie, concrétiser les enjeux, rendre intelligibles les termes du débat étaient mes objectifs matinaux – réveil à 5h30 ! – d’où mon illustration des institutions européennes à travers l’enfant chéri des Français : la voiture !

Le carburant sans lequel rien n’avance, c’est dans nos démocraties, le peuple, le respect du suffrage universel, le citoyen, donc le Parlement européen.

Le moteur naturellement vital pour gagner du terrain et faire progresser concrètement l’idée européenne, c’est la Commission et son Président que nous proposons de faire élire par les parlementaires européens.

Le volant, le frein, l’accélérateur, bref la conduite maîtrisée, c’est le Conseil européen regroupant les gouvernants des Etats membres, avec désormais un chauffeur identifié, désigné, incarné avec la durée pour lui, donc un Président élu par les Chefs d’Etats et de Gouvernements pour 2 ans et demi ou 5 ans.

Fini les présidences tournantes de 6 mois, trop éphémères, pour permettre un bilan vraiment solide et un vrai mécanisme de responsabilité.

J’ai la vanité de penser que ces images montrent que la proposition franco-allemande d’un Président de la Commission élu par le Parlement européen et d’un Président du Conseil élu par le Conseil des Chefs d’Etat et de Gouvernement est un bon point d’équilibre.

A chacun sa fonction. A chacun sa légitimité.

Ce schéma réaliste ne mérite pas les tombereaux de critiques très politiciennes émanant des candidats prématurés à la future élection présidentielle de 2007…

Je crois en effet totalement légitime qu’un dialogue parfois harmonieux, parfois conflictuel s’instaure entre le moteur européen et la représentation des Etats et des Gouvernements. Fédération d’Etats-nations, n’est-ce pas l’objectif unanimement déclaré ?

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Journée d’amitié commémorée et renouvelée entre l’Allemagne et la France, cela veut dire accueil des parlementaires d’outre-Rhin à Versailles.

Poignées de mains. Guten tag ! Quelques mots échangés dans un allemand toujours imparfait et parfois totalement déplacés quand l’interlocuteur est en fait un député français que l’on n’avait pas encore repéré…

Nous sommes tous fiers de faire découvrir ou redécouvrir le Château de Versailles à nos amis. Par vérité et par souci de ne pas donner une image fausse de la vie d’un parlementaire français, nous expliquons que la Galerie des Batailles où était offert le déjeuner n’était pas notre cantine habituelle…

Vint le moment de l’installation libre, sans protocole dans l’hémicycle, sans distinction de groupe politique, de nationalité. Au gré des hasards, des rencontres, des contacts. Nous avons le sentiment fort d’écrire une grande page d’histoire. Se dégage de notre assemblée une force rare, belle, nouvelle. Vraiment créatrice. Un décloisonnement, un oubli des égoïsmes pour une cause supérieure qui dépasse chacun d’entre nous. Ce rendez-vous franco-allemand est en fait une vraie symphonie européenne. Sans l’entonner au fond de moi-même résonnait l’hymne européen. L’Hymne à la joie ! Non celui qui ne guide que les béats, celui qui mobilise les vaillants !

L’évocation par le Chancelier Schröder de la très belle chanson de Barbara qui avait bercé et ému son adolescence fait passer un souffle de l’esprit, de l’immatériel, de la culture dans ces instants solennels et magiques. La force heureuse du Président Chirac témoigne du moment d’exception que chacun ressent et qu’il illustre par l’annonce du projet européen français. Une véritable opinion européenne consciente d’elle-même s’exprime par des applaudissements soutenus lorsqu’il déclare que la guerre en Irak peut être évitée. Est-ce la naissance d’une véritable autorité diplomatique européenne… C’est en tout cas ce qui s’est manifesté par la spontanéité de la réaction parlementaire.

Lorsque les chœurs rassemblés dans les tribunes ont chanté l’Hymne allemand et la Marseillaise dans un mouvement d’adhésion générale où se mêlaient les voies parlementaires, j’ai véritablement ressenti le frisson d’une partition magnifique, rare, magique en train de s’écrire.

Dans un même élan, avec une émotion totalement partagée, en cet instant d’une beauté que je n’oublierai jamais, j’ai pensé aux morts des guerres dans les tranchées, aux déportés, aux camps de concentration et d’extermination, aux gestes symboliques de réconciliation qu’ont su accomplir nos aînés, à mon grand-père, juge français au tribunal de Nüremberg, à mon père négociateur du Traité de Rome, à nos réussites industrielles et technologiques, à l’avenir européen des générations qui nous suivent et dont les réflexes sont souvent plus prometteurs que les nôtres.

J’ai compris que nous n’avions pas le droit de ne pas servir totalement la cause qui nous a ainsi rassemblés, en nous faisant nous dépasser.

Non par ambition de pouvoir personnel. Mais pour réussir ensemble.

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