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Conférence de presse de présentation des « Mesures nouvelles en faveur de l'art contemporain »

Monsieur le Ministre, Cher Jean-Pierre Fourcade,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Avant l’ouverture de la FIAC, et en écho à l’annonce de mesures nouvelles
que le Premier Ministre, Dominique de Villepin, avait faite l’an dernier, je
suis très heureux de vous accueillir au ministère de la Culture et de la
Communication, pour vous présenter ce plan d’action et de développement
en faveur de l’art contemporain. J’ai voulu proposer un plan d’ensemble, en
faveur du rayonnement international de la France, de nos talents, de notre
fécondité artistique. C’est un plan ambitieux, résolument tourné vers
l’avenir, parce que je suis convaincu que l’art, la créativité, l’audace, sont
révélateurs de la propension d’une société, dans son ensemble, à aller de
l’avant, à adresser un message au monde, grâce à l’intelligence et à la
liberté de ses créateurs.

Ce plan d’action et de développement comprend de nombreuses mesures
destinées à stimuler, accompagner et encourager la création
contemporaine : la création de nouveaux lieux et de nouvelles structures,
tout d’abord, à Paris comme en région ; le lancement d’évènements-phares
susceptibles de porter les couleurs de nos artistes par delà les frontières ;
et enfin la mise en place de mesures de développement, visant à ancrer
l’art contemporain au coeur de la Cité dans l’ensemble de notre territoire,
comme à toucher les publics les plus larges.

Premier volet de ce plan, la création de nouvelles structures, de nouveaux
lieux, à Paris et en régions.

Une association de préfiguration vient d’être constituée, sous la présidence
de Daniel Janicot, Conseiller d'État, pour la création d’un nouvel
équipement innovant au service de l’art et du public, érigé sur la pointe aval
de l’Ile Seguin, à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine : le
Centre Européen de Création Contemporaine.

Vous vous rappelez que le Premier Ministre en avait fait l’annonce à la
dernière édition de la FIAC. Depuis, nous avons travaillé avec Nicolas
Sarkozy et Jean-Pierre Fourcade, avec les services du Conseil général des
Hauts-de-Seine et de la mairie de Boulogne-Billancourt, et nous avons
précisé nos ambitions communes, en plein accord.

La vocation de ce nouveau lieu est de soutenir et de favoriser la production
artistique et d'offrir au public les moyens de découvrir et de comprendre le
travail des artistes dans les différentes phases d'élaboration de leur oeuvre,
du projet à sa réalisation.

Ce Centre Européen de création sera articulé en trois pôles, répartis sur
plus de 25 000 m2.

Autour d’un « bâtiment outil », technologiquement capable de répondre
aux demandes des créateurs de notre temps, ce centre proposera des
résidences de production, et des cursus d’enseignement et de recherche
doctorale, liés aux grands établissements concernés par la création qui y
trouveront un véritable laboratoire d’expérimentation.

Des espaces d'exposition multidisciplinaires, publics et privés, feront
l'objet d'analyses et de propositions de l'association de préfiguration.

Ces établissements prendront place au sein d'un jardin expérimental de
13 000 m2, libre d’accès, conçu par un paysagiste en collaboration avec
des artistes.

Ce projet du Conseil général des Hauts-de-Seine, de la Ville de Boulogne-
Billancourt et de l'Etat, permettra à l'Ile Seguin de devenir « l’Ile des deux
cultures », en complétant, par la présence innovante du Centre Européen
de Création Contemporaine, l’implantation d’établissements à vocation
scientifique.

L’Etat s’implique fortement dans ce projet, puisqu’il participe dès 2007 au
budget d’études à hauteur de 600 000 euros, et participera au budget de
réalisation à hauteur de 50 millions d’euros, sur les 100 millions estimés.

Le programme sera rendu et les appels d’offre lancés à la fin de l’année
2007.

Autre projet, autre lieu ; puisque, comme le disait Marcel Duchamp, « l’art
est un jeu entre tous les hommes de toutes les époques », j’ai fait de
l’alliance entre le patrimoine et la création l’une des priorités de mon
action au ministère de la Culture et de la Communication. Le dialogue
entre les arts plastiques, les savoir-faire et les métiers d’art trouvera un
écrin de choix, dans l’enceinte de la Manufacture nationale : avec un
nouveau lieu d’exposition, la Galerie des Gobelins, construite au début du
siècle par Jean-Camille Formigé, et qui était fermée depuis plus de trente
ans.

Sa rénovation constitue la troisième tranche d'un plan de réhabilitation du
site. Ce nouveau lieu, qui ouvrira ses portes en avril 2007, avec
l’exposition « 1607-2007, quatre siècles de création », permettra au public
de découvrir les chefs-d’oeuvre de l'art tissé et du mobilier produits ou
conservés dans les manufactures nationales et, plus largement, de mettre
en relation le patrimoine et la création dans le paysage artistique actuel,
en explorant les liens qui relient tapisserie contemporaine, design,
architecture, peinture et photographie.

Et parce que la création et le talent irriguent tout le territoire, les structures
de diffusion et de formation en régions se transforment et s’adaptent afin
de mieux répondre aux missions qui leur sont confiées, comme à
l’accroissement de leurs publics et de leurs activités. L’Etat s’engage
fortement, en 2007, aux côtés des collectivités territoriales, sur de
nombreux chantiers de constructions de nouveaux bâtiments.

En ce qui concerne les collections publiques, l’Etat participe à plusieurs
chantiers de constructions de nouveaux Frac. Tout d’abord, les travaux
du FRAC Bretagne, conçu par l'architecte Odile Decq, qui ouvrira en
2008. Il sera situé au sein de la rénovation urbaine du site de Beauregard,
près de l'extraordinaire commande publique d’Aurélie Nemours,
L'alignement du XXIe siècle, inaugurée en 2006. La participation de l’Etat
s’élève à 3,25 millions d’euros, sur un budget total de 9,8 millions d’euros.

Les études concernant le FRAC Centre à Orléans sont également
lancées, après le choix par la Région Centre, le 6 octobre dernier, des
architectes Dominique Jakob et Brendan McFarlane, pour une
inauguration prévue fin 2009. L’Etat participe à hauteur de 3,2 millions
d’euros au budget total de travaux qui s’élève à 8,9 millions d’euros.

L’Etat finance également, à hauteur de 1,5 million d’euros, sur un budget
total de 4,5 millions d’euros, la réhabilitation et l’extension du centre d’art
contemporain « Le Consortium » à Dijon, pour une inauguration fin 2008,
sous la direction de l’architecte Shigeru Ban.

L’Etat favorise aussi la diffusion de la création contemporaine en régions,
en accompagnant la création du Point du Jour, à Cherbourg, centre d'art
contemporain consacré à la photographie, dont l'ouverture est prévue à la
fin de l'année 2007.

L’Etat soutient par ailleurs plusieurs projets innovants, réunissant écoles
d'art et lieux de diffusion.

L’Etat participe ainsi aux travaux de la Cité du Design de Saint-Etienne,
où je me rendrai le 29 novembre prochain, conduits par l’architecte Fin
Geipel [Finne Gaïpel], sur 8000 m², au sein d’une friche industrielle de 18
hectares.

Il finance également une partie des études de faisabilité concernant la
création à Dijon d’un pôle réunissant, sur un même site, le FRAC
Bourgogne, l’Ecole nationale supérieure d’art de Dijon, et la future
Médiathèque de la ville.

Pour ce pôle, l’étude vient d’être rendue et sa réalisation est inscrite au
contrat de projet Etat-Région (CPER) pour 1,5 M€.

Dans le domaine de la formation et de l’enseignement supérieur, car on
ne sait pas assez que ce ministère est aussi celui de l’enseignement
supérieur artistique, l’Etat est engagé dans plusieurs chantiers en régions.

Parmi ceux-ci, je mentionnerai, en vous invitant aussi à vous reporter à
votre dossier de presse, la construction du nouveau bâtiment de l’école
régionale des beaux-arts de Caen, sur les friches portuaires, la rénovation
du site des Subsistances à Lyon qui accueillera à partir de 2007 les
étudiants de l'Ecole nationale des beaux-arts, et le transfert de l’Ecole
nationale supérieure d’art (ENSA) de Nancy sur un campus, où seront
implantés notamment une école d’ingénieurs et une école de commerce,
au sein du grand projet pluridisciplinaire ARTEM. Le Ministère est engagé
dans le projet de relocalisation de l'ENSA de Nancy, à hauteur de 11 M€,
soit 50% du coût des travaux, aux côtés de la Communauté urbaine du
Grand Nancy, maître d'ouvrage pour cet important projet.

Je rappelle enfin que j’ai eu le plaisir d’inaugurer, le 3 février dernier,
l'Ecole supérieure des Beaux arts de Clermont-Ferrand, où le ministère de
la culture et de la communication, la région et le département sont venus
compléter, chacun à égale hauteur, le financement de l’agglomération
Clermont – Communauté, dont elle dépend.

L’Etat maintient enfin son engagement sur les crédits alloués aux FRAC
en partenariat avec les régions. Nés progressivement à partir de 1982,
dans le cadre de la décentralisation qui a donné aux régions plus de
responsabilités, les FRAC sont aujourd'hui présents dans toutes les
régions de France métropolitaine, ainsi qu'à la Martinique et à la Réunion.

En 2005, près de 700 000 visiteurs se sont répartis sur 85 expositions
dans leurs propres locaux et 273 expositions dans d'autres lieux. Les
FRAC sont devenus un symbole de décentralisation culturelle et un
exemple de partenariat entre l'Etat et les régions et la part du budget
alloué par l'Etat a été multiplié par trois depuis leur création.

Contrairement aux prophètes de mauvais augure, je souhaite donc
confirmer l'engagement de l'Etat aux côtés des régions, aussi bien sur les
crédits de fonctionnement que sur les crédits d'acquisition, et
accompagner les collectivités dans leurs projets de ré-implantation et de
construction.

La poursuite de cet effort avec la mise à niveau de certains budgets
d'acquisitions, comme en Poitou-Charentes, est prévue en 2007; de
même que le renforcement de certains budgets de fonctionnement, afin
d’améliorer les actions en direction des publics.

Deuxième volet du plan d’action lancé par le gouvernement en faveur de
l’art contemporain, le lancement d’événement-phares et pérennes qui font
de notre pays, aux yeux du monde entier, une référence internationale.

Après le succès de « La Force de l'art », au Grand Palais, qui a accueilli
135 000 visiteurs, j’ai le plaisir de vous annoncer aujourd’hui la
composition de l'équipe de la prochaine manifestation triennale,
programmée en 2009, au Grand Palais.

Cette manifestation, dont la vocation est de témoigner de la richesse et de
la pluralité de la création qui se développe en France, sera dirigée par une
équipe projet composée de quatre personnes :

– Le responsable du projet architectural, qui définira et mettra en place la
scénographie architecturale de l’exposition, Jean-Louis Froment,
commissaire indépendant renommé.

– Les deux commissaires de l’exposition, chargés de la conduite du projet et
de la sélection des artistes, Marie-Claude Beaud, directrice du nouveau
musée d’art moderne Grand Duc Jean à Luxembourg, et Didier Ottinger,
conservateur au Musée national d’art moderne, Centre Pompidou.

– La responsabilité des créations et des programmations audiovisuelles,
des productions éditoriales et des événements est confiée à Jean-Yves Jouannais, critique d’art, commissaire indépendant et producteur
audiovisuel.

Ces quatre personnalités reconnues du monde de l’art, travailleront en
étroite collaboration à la définition d’un projet ouvert sur la création et les
artistes, et adressé au public le plus large.

J’ai souhaité que le Grand Palais, rénové, retrouve sa vocation première,
de faire rayonner la France dans le monde entier, et j’ai décidé d’offrir,
tous les ans, sa nef de verre et d’acier à un grand artiste, afin qu’il
confronte son regard à son espace, à son histoire et à ses volumes, pour
faire naître une oeuvre nouvelle, éclairée par ce lieu monumental et
magique. La « Grande exposition », internationale, ambitieuse, s’élèvera à
la hauteur des plus grands rendez-vous de l’art actuel sur la scène
mondiale, et s’ouvrira à un large public. Cette manifestation présentera,
sur les trois premières années, les oeuvres d’Anselm Kiefer en mai-juin
2007, de Richard Serra au printemps 2008 et de Christian Boltanski en
hiver 2009.

Anselm Kiefer, célèbre artiste allemand ayant choisi de vivre en France
depuis plus de dix ans, a choisi de dédier à la poésie l’immense ensemble
d’oeuvres nouvelles qu’il créera spécifiquement pour la première de ces
expositions, en rendant hommage à deux grands poètes : Paul Celan et
Ingeborg Bachmann.

José Alvarez, directeur des éditions du Regard, assurera le commissariat
de cette exposition, le commissariat de l’exposition Richard Serra étant
assuré par Alfred Pacquement, directeur du Musée national d’art
moderne.

Troisième volet du plan, des mesures de développement qui ancrent l’art
contemporain au coeur de la cité.

Là encore, l’Etat s’engage fortement, et donne l’exemple.

Avec pour objectif une meilleure diffusion des collections publiques, et le
renforcement de l’autonomie de gestion des lieux dans lesquelles celles-ci
sont aujourd’hui largement déposées, je propose des mesures de
transfert de propriété d’oeuvres contemporaines de premier plan de la
collection du Fond national d’art contemporain.

Ce geste s’inscrit au coeur d’une initiative plus large en direction des
institutions nationales et des collectivités territoriales. L’Etat initie ainsi une
politique de transfert de propriété des oeuvres déposées avant 1910 vers
les musées des collectivités territoriales dépositaires qui le souhaiteront.

De même, il organisera le reversement vers les institutions patrimoniales
de l’Etat qui le demanderont, des oeuvres créées avant 1960. Les
missions du FNAC se trouveront ainsi recentrées vers son objectif
principal, la création contemporaine.

Au-delà de ces initiatives, pour favoriser le développement ou la création
de départements contemporains dans les musées des collectivités
territoriales, je propose également le transfert de propriété d'ensembles
d'oeuvres contemporaines de premier plan du FNAC à 12 Musées de
France en région.

Alors que les régions de France se sont largement engagées dans la
rénovation ou la création de musées ouverts à l’art contemporain, cette
mesure leur permettra de conforter et d’étendre leur politique dans ce
domaine, grâce à l’apport d’oeuvres exemplaires, acquises par le FNAC
auprès des artistes les plus importants de notre temps.

Je tiens aussi à favoriser et à soutenir les expressions dynamiques,
créatives, innovantes, et spontanées, qui émergent au coeur de la Cité.
C’est pourquoi je ferai très prochainement une proposition de relogement
au collectif d’artistes « La Générale », actuellement installé dans un
bâtiment du quartier de Belleville appartenant au ministère de l’Education
nationale, et qui va être vendu. Nous veillerons à leur proposer un
nouveau lieu répondant au mieux à leurs attentes.

Je suis conscient du rôle fondamental qu’occupe l’artiste dans l’espace
public et j’ai fait de la commande publique l’une des priorités de mon
action, en étroite collaboration avec les collectivités territoriales et les
différents partenaires de l'Etat en régions, ainsi que les établissements
publics et les partenaires privés, que je remercie.

Présent dans des lieux très divers, des jardins aux monuments
historiques, des sites touristiques au nouvel espace qu'est l'Internet, l'art
contemporain dans l'espace public met en jeu une extraordinaire variété
d'expressions plastiques et de disciplines artistiques : de la sculpture au
design, des métiers d'art aux nouveaux médias, de la photographie au
graphisme, sans oublier le paysage, la lumière, la vidéo.

Environ 45 projets sont lancés chaque année, pour un montant national
qui est de 4 M€ en moyenne. Parmi les commandes qui, conduites par la
Délégation aux arts plastiques et le Centre national des arts plastiques,
ont été achevées récemment ou seront prochainement inaugurées, fin
2006 et en 2007, je citerai :

L’extraordinaire installation de l’artiste brésilien Ernesto Neto, qui a
récemment investi le Panthéon, exemple de partenariat avec le Festival
d’Automne, et dans le même esprit, l’oeuvre commune de Miguel Barcelo
et Josef Nadj pour le Festival d’Avignon.

· L’inauguration le 1er décembre prochain, lors de la Journée mondiale
contre le SIDA, de l’oeuvre de Fabrice Hyber à la Villette, l'ARTERE.
Cette commande a été réalisée en association avec l’établissement public
de la Villette, l’association « Ensemble contre le sida » et la Ville de Paris ;

· L’oeuvre de Bernard Piffaretti, créée pour la Salle d'Audience de la Cour
administrative d’appel de Paris à l'Hôtel de Beauvais, en partenariat avec
le ministère de la Justice, qui sera inaugurée début 2007.

· Les vitraux qui seront réalisés en 2007 par Jean-Pierre Bertrand pour le
Panthéon.

· La commande exemplaire d’un nouveau projet de bibliophilie
contemporaine, qui sera exposée à la Villa Arson à Nice en janvier 2007 :
réalisation de quinze livres, permettant d’associer quinze artistes, quinze
auteurs et des ateliers d’impression et de fabrication.

D'autres commandes publiques, lancées, au nom du ministère de la
culture et de la communication, par ses Directions régionales des affaires
culturelles, en partenariat avec les collectivités territoriales, vont
prochainement être inaugurées en région :

· Je rappelle tout d’abord l'inauguration, le 14 octobre dernier, de la "Maison
Flottante", résidence d'artiste conçue par les designers Erwan et Ronan
Bouroullec pour le Centre national de l'estampe et de l'art imprimé à
Chatou.

· Le 30 septembre dernier, un premier geste inaugural a permis aux
habitants de Lorient de découvrir La Fontaine créée par Jeppe Hein. Ce
projet, qui s'inscrit aux abords du centre aquatique, sur un axe structurant
de la ville, sera achevé en 2007.

· L'inauguration, le 8 décembre prochain, des vitraux contemporains conçus
par le plasticien martiniquais Victor Anicet pour la Cathédrale de Notre-
Dame du Bon Port à Saint-Pierre, en Martinique.

· Le 15 décembre prochain sera inaugurée l'intervention de l'artiste japonais
Katsuhito Nishikawa au sein de l'Hôpital Claude Huriez de Lille, qui
propose une nouvelle forme de présence de l’art à l’hôpital par
l’aménagement des espaces d’accueil extérieurs et intérieurs de
l'établissement.

· Le 26 janvier 2007, sera inauguré le parcours artistique confié à Michel
Blazy, en partenariat avec le Comité Départemental de Protection de la
Nature et de l’Environnement, dans le cadre de la Réserve naturelle
nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain, près de Blois.
· 2007 verra également les inaugurations des accompagnements
artistiques du tramway de Bordeaux, commandes publiques réalisées en
partenariat avec la Région et confiées à Stalker, Claude Closky, Elisabeth
Ballet, Melik Ohanian, Xavier Veilhan, Valérie Mrejen et Michel François.
Concernant le tramway de Mulhouse où l'accompagnement artistique de
chacune des deux lignes a été demandé à un seul artiste, Daniel Buren et
Tobias Rehberger, une inauguration est prévue à la fin du printemps
2007.

Sans oublier les vingt magnifiques commandes du métro de Toulouse et
les quinze commandes du tramway de Nice.

En 2008, débutera le projet majeur de Gerhard Richter pour les vitraux de
la cathédrale de Reims.

Enfin, renouant avec une tradition historique qui vit le Service des Beaux-
Arts engager dès 1851 la « Mission Héliographique », première
commande publique en photographie, j’ai décidé de prolonger les
grandes campagnes photographiques nationales que furent la mission de
la DATAR et plus récemment « Le plus bel âge », commande à une
quarantaine de photographes sur le thème de la jeunesse. Je souhaite
qu’une vingtaine de créateurs portent leur regard sur la diversité culturelle
de notre pays. La notion d'espace public habituellement dévolu aux
commandes sera élargie aux institutions culturelles et aux festivals
oeuvrant dans le domaine de l'image, mais aussi aux magazines, voire
aux sites Internet.

A côté de la commande publique, qui mobilise près de 4 millions d’euros,
près de 6 millions d’euros supplémentaires pourront désormais être
mobilisés chaque année au titre du 1% artistique grâce à la nouvelle
procédure obligatoire, désormais officielle depuis la publication d'une
circulaire d'application parue le 30 septembre 2006. C’est un outil
simplifié, moderne et efficace, qui est à la disposition de l’Etat, des
collectivités territoriales et des maîtres d'ouvrage publics, afin de favoriser
la présence d’oeuvres d’art dans l’espace public. Du fait de cette mesure,
plus de 4 millions ont été mobilisés dans ce cadre depuis février 2005.

Je tiens à vous confirmer aussi, que les mesures fiscales destinées à
dynamiser le marché de l’art en France, annoncées par le Premier
ministre lors de la Foire internationale d’art contemporain, en octobre
2005, ont d’ores et déjà été mises en oeuvre.

– Les droits de donation et de succession (ainsi que le paiement de l'ISF)
peuvent être acquittés grâce à des oeuvres d’artistes vivants. C’est un
formidable encouragement pour les initiatives privées concernant la
constitution de notre patrimoine contemporain.

– Le mécénat d’entreprise peut se développer pleinement grâce à la
possibilité d’acquérir des oeuvres quel que soit leur prix, avec comme
seule obligation de les exposer dans les espaces publics de l’entreprise.
– La TVA concernant les installations audiovisuelles, les oeuvres vidéos et
sur support multimédia est ramenée au taux général concernant les
oeuvres d’art originales passant de 19,6% à 5,5%, contribuant, par là, à la
reconnaissance de la qualité artistique de ces oeuvres.

– Les créateurs, dans le domaine des arts plastiques, débutant leur activité
ou s’installant en France bénéficient, dans la limite d’un plafond de 50 000
€ au titre de leur cinq premières déclarations fiscales, d’un abattement de
50% de leur bénéfice imposable. Ces mesures favorisent à la fois
l’installation professionnelle des jeunes créateurs et l’installation de
créateurs étrangers, renforçant ainsi l’attractivité culturelle de la France.

Et parce que l’homme de culture est avant tout « un inventeur d’âmes »,
selon la belle formule d’Aimé Césaire, nous avons, avec le Ministère de
l’Education Nationale, lancé un vaste plan d’action en faveur de
l’éducation artistique et culturelle à l’école.

Pour renforcer la familiarité du public avec l’art, pour lui donner un accès
direct et libre à notre patrimoine commun, pour lui rendre les formes de
création contemporaines accessibles, l’accès à l’art et à la culture se joue
dès l’école.

Une avancée majeure a été faite en ce sens. L’éducation artistique et
culturelle est désormais inscrite dans le Socle Commun de
Connaissances qui définit le contenu de base de l’enseignement scolaire
obligatoire. Cela se traduira notamment par une formation appropriée des
futurs enseignants, par une mise en perspective internationale de nos
initiatives, par la multiplication des jumelages et parrainages entre les
lieux d’enseignement et les institutions culturelles dédiées aux différentes
disciplines artistiques.

Les deux ministères travaillent ensemble à de nombreuses perspectives
et projets, nourris en particulier par les travaux du haut conseil pour
l’éducation artistique et culturelle. Parmi eux, la réalisation d’un support
pédagogique destiné à initier les collégiens à l'histoire européenne des
arts, devra permettre de présenter aux élèves européens les grands
courants de la pensée artistique européenne, et de conforter ainsi le
sentiment d’appartenance à une culture commune.

Temps fort du calendrier de la création en France, j’inaugurerai mardi et
mercredi avec un grand plaisir la Foire Internationale d’Art Contemporain,
qui se tiendra dans la cour carrée du Louvre, mais aussi sous la nef du
Grand Palais qui a retrouvé toute sa splendeur, et sa belle vitalité au
service du rayonnement de notre pays. Pour sa 33e édition, la Fiac réunira
les oeuvres de quelque 160 galeries, représentant une vingtaine de pays,
et invitera le public à une formidable plongée au coeur de l’art moderne et
contemporain.

J’ai souhaité qu’à nouveau l’État soit présent à ce grand rendez-vous, en
profitant de la qualité des créations présentées par les galeries, pour
enrichir notre patrimoine en acquérant, pour 400.000 euros, un certain
nombre d’oeuvres exposées.

Je me rendrai aussi dans les deux autres foires qui se sont spontanément
organisées en même temps que la Fiac, Show off et Slick, qui toutes deux
témoignent de la vitalité et de l’esprit d’initiative du marché de l’art
français, que je tiens à saluer.

Le plan que je vous ai présenté s’inscrit au coeur d’une politique culturelle
que je suis fier de mener à bien, et qui vise à reconnaître pleinement la
place de la création dans notre société et à faire de la France l’un des
foyers les plus vivants et les plus attractifs de la création contemporaine.

Je vous remercie.

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