Archives de 2004

Inauguration du cinéma Ariana de KABOUL (Afghanistan)

23 mai 2004

Monsieur le Maire,

Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Je suis particulièrement heureux d’inaugurer avec vous cette magnifique salle de cinéma.

Reconstruire au lendemain de la guerre, ce n'est pas oublier, c'est faire renaître. C'est donner
la victoire au camp de la paix, de la démocratie, du droit.

Votre pays fait partie de l’imaginaire de la France, qui a toujours rêvé de l’Afghanistan, grâce
à ces passeurs de rêves que sont Joseph Kessel ou André Malraux.

L’Afghanistan a-t-il rêvé de la France ? Sans doute, “ lorsqu’elle parlait pour tous les
hommes ”, selon le mot de mon illustre prédécesseur. Puissions-nous, grâce à l’Ariana, vous
faire partager nos rêves ! Dans cette salle, enfin, le cinéma renaît.

Dans son « Appel aux intellectuels », André Malraux lançait : « à cette heure, une femme
hindoue qui regarde Anna Karénine pleure peut-être en voyant exprimer, par une actrice
suédoise et un metteur en scène américain, l’idée que le Russe Tolstoï se faisait de l’amour ».

Et demain, quand le film Himalaya, l’enfance d’un chef sera projeté sur cet écran, sans doute
une femme afghane pleurera en voyant exprimer, par des villageois népalais et un réalisateur
français, l’idée qu’un enfant tibétain se fait de l’amour de sa mère !

Mais Kaboul n’est pas seulement présente au coeur de notre “ musée imaginaire ”.

L’Afghanistan renaît aussi dans nos esprits grâce à la beauté de votre cinéma et de votre
culture.

C’est pourquoi j’ai tenu à me rendre à Kaboul pour ce premier voyage qui est un moment de
grande émotion pour moi, car c’est mon premier déplacement, en tant que ministre de la
culture et de la communication de la République française, hors des frontières de mon pays.

Mais ce moment est d’abord un moment clé dans la reconstruction de votre pays, une étape
dans sa marche vers la paix et la stabilité, un moment fort de l’amitié franco-afghane.

Le cinéma, la culture, la paix, l’amitié : tels sont les quatre mots-clés de notre rencontre
d’aujourd’hui. Ces mots, ce sont des réalités qui nous rassemblent et des valeurs que nous
partageons.

Le cinéma d’abord.

Oui l’Afghanistan, tout comme la France, est un pays de cinéma. Ce cinéma qui fait rêver, et
qui jette un regard sur les fractures, les plaies béantes et les cicatrices de nos sociétés, ce
cinéma qui est aussi une immense ouverture sur le monde qui nous entoure, sur le monde où
nous vivons.

Sans doute est-ce pour cette raison qu’aux heures les plus sombres de votre histoire, les
lumières des cinémas se sont éteintes les unes après les autres. A Kaboul comme ailleurs.

D’autres pays ont connu, au cours de l’histoire, semblable nuit.

Et chez vous aussi, il a fallu le courage du “ peuple des ombres ”, de ceux qui combattaient les
armes à la main, de ceux aussi qui ont su mettre à l’abri les oeuvres et les outils de l’esprit, en
sauvant les archives, en murant les bobines de films, en enterrant les projecteurs. Ces actions
héroïques témoignent de la volonté de protéger, donc de transmettre le patrimoine
cinématographique afghan et le goût populaire pour cet art, qui vaut aujourd’hui à cette salle
et au cinéma afghan de renaître en pleine lumière.

Je tiens à honorer aujourd’hui la mémoire de ces héros de l’ombre qui vous permettent
aujourd’hui de retrouver ce goût des salles dites obscures.

Je veux aussi remercier tous les artisans de cette reconstruction, qui se sont unis pour faire
revivre ce lieu : les pouvoirs publics, la société civile, les membres de l’association « un
cinéma pour Kaboul ». La plupart d’entre eux sont dans cette salle.

Ce cinéma est avant tout, cher Claude Lelouch, un “ cinéma des cinéastes ”, dont je me
réjouis qu’il ait aujourd’hui trouvé un public.

Je veux rendre ici un hommage spécial aux grandes voix qui ont, les premières, lancé cet
appel.

Et d’abord une voix d’outre-tombe, qui est bien présente parmi nous aujourd’hui. Une voix
qui est l’expression d’un visage familier au coeur des Français et de tous les combattants de la
liberté à travers le monde, le visage ferme et souriant de l’homme au pakol, l’ancien élève du
lycée Esteqlal, l’admirateur de Charles de Gaulle ; l’ami de la France, Ahmed Shah Massoud.

Je le dis avec d’autant plus d’émotion que je sais que sa voix n’a pas toujours été entendue à
temps. Elle l’est aujourd’hui.

Je tiens à associer à cet hommage une pensée très chaleureuse et reconnaissante à l’un des
plus ardents défenseurs de la mémoire du commandant Massoud, son ami, notre ami Bernard-
Henri Lévy, qui fut, il y a plus de vingt ans déjà, parmi ceux qui ont ouvert nos yeux sur les
souffrances et la destinée du peuple afghan, sur la vaillance de sa résistance, car il pressentait
que se jouait sur cette terre l’un des enjeux majeurs de ce siècle. Bernard-Henri Lévy, qui fut,
il y a plus de deux ans, l’éclaireur envoyé par la France pour dessiner les contours d’une
politique de coopération nouvelle dont l’ouverture de ce cinéma est l’un des premiers
accomplissements.

Comment imaginer faire surgir des décombres de la guerre un Etat de droit qui ne soit pas
assis sur une culture vivante et riche ? Le point commun de toutes les barbaries qui ont sévi au
cours de l’histoire – et le siècle dernier n’en fut pas avare – c’est de s’être attaquées à la
mémoire, à la création, à l’esprit, bref à la culture, avec la volonté de nier, de détruire,
d'anéantir, d'éradiquer, de brûler, d'exterminer.

Tous les totalitarismes, toutes les dictatures ont remplacé la culture par la propagande ou par
l’expression factice d’un “ homme nouveau ”, prétendant faire table rase du passé, offert à
l’admiration béate de peuples asservis. Rien de plus contraire à notre conception de la culture
qui place le doute, le respect de chacun, le droit à la critique, la liberté de l'esprit au coeur
même de son dispositif. Comme le fondement même de la politique. De ce point de vue,
l'image, le film, sont devenus dans le monde d'aujourd'hui les émissaires barbares ou féconds
de l'actualité la plus brûlante.

Les images sont les armes des temps modernes. Qu'il s'agisse de la force d'un visage portant la
haine ou exprimant l'amour ou plus simplement la générosité. Qu'elles traduisent les ruptures,
les haines ou les réconciliations voire l'universalité du genre humain.

Elles peuvent révéler le pire, engendrer les spirales des fanatismes, mais elles savent
également forger les volontés, créer les solidarités, jeter les bases d'une prise de conscience
mondiale.

L'image, le cinéma ont aussi le don de faire naître le rêve, d'appeler au dépassement de soi, de
rendre possible, accessible et probable l'ouverture, l'évasion, la gaieté.

Il ne s'agit pas d'être insouciant ou inconscient au milieu des ruines, mais de retrouver l'esprit,
l'instinct de survie, la fièvre de l'avenir, l'ardeur créatrice, la découverte d'un autre ou d'un
ailleurs.

Tout être humain a besoin d'émotion, de bonheur, d'harmonie, surtout lorsqu'il faut couvrir le
vacarme des bombes, surtout dès lors que les engrenages de la barbarie humaine apparaissent
diaboliquement éternels, proliférants et ravageurs.

La solide amitié entre nos deux pays s’est elle-même construite sur cette force de la culture,
héritage de l’histoire, lien entre les générations et ciment de la paix dans un monde où la paix
est sans cesse à défendre contre les forces de la haine, de la violence et de la destruction. Un
monde où toutes les civilisations savent qu’elles sont mortelles, sans avoir pour survivre
besoin de détruire autour d'elles celles et ceux qui ne leur ressemblent pas, avec une forme de
sauvagerie suicidaire.

La construction d’un Etat de droit solide doit se faire sur les bases d’une culture refondée,
d’une culture retrouvée, rétablie dans sa diversité et sa liberté. Le pluralisme culturel apparaît
ainsi comme l'élément fondateur de la démocratie politique.

Car le premier des droits, c’est le droit de parler, de penser, de créer. Les Nations Unies ne s’y
sont pas trompé qui, suivant en cela l’inspiration des précurseurs de 1789, ont mis en tête de
la Déclaration universelle des Droits de l’homme, au sortir de la plus terrible des guerres que
le monde ait connu, la liberté d’opinion et d’expression.

A Kaboul comme à Paris, la magie du cinéma, du verbe, de la musique est un élément
essentiel pour que la cité soit enfin harmonieuse, apaisée, rayonnante de valeurs retrouvées.

C'est un horizon inaccessible, une virtualité par les temps qui courent, un défi permanent que
d'y parvenir. Puisse l'Ariana être ce phare, cette corne de brume qui signalent le lieu du
ralliement, de la rencontre, de l'échange.

Dans l’un de ses articles dans Les Nouvelles d’Afghanistan, le Professeur Zalmaï Haquani,
écrivait ceci : “ De l’origine à nos jours, la nation afghane est fondée sur la base de critères
subjectifs que ni ethnie, ni langue, prises distinctement ne permettent d’expliciter ; mais
simplement la volonté de vivre ensemble ”.

Il y a, dans cette pensée de votre Ambassadeur à Paris, qui est aussi l’un de nos grands
professeurs de droit, l’écho de la définition donnée par Ernest Renan de la nation française,
forgée au cours de l’histoire, de ce “ vouloir vivre ensemble ” plus fort que les liens du sol, de
la race et du sang.

La culture, parce qu’elle repose sur ce que la philosophe française Simone Weil appelait “
l’enracinement ”, est au coeur de cette identité collective, une identité venue du fond des âges,
mais une identité qui est tout autant un projet qu’un héritage, un projet fondé sur des valeurs,
des valeurs communes, qui transcendent les différences.

Tous ceux qui fréquentent le musée Guimet, à Paris, savent l’ancienneté et la solidité de la
civilisation afghane, née au coeur de vos vallées et de vos montagnes, d’une rencontre entre
l’orient et l’occident.

La France, vous le savez, répondra toujours présent à l’appel du Président Karzaï pour
préserver, avec vous, cet héritage meurtri par les saccages et les pillages. Car cet héritage fait
partie de votre patrimoine, mais aussi du patrimoine de l’humanité. La délégation
archéologique française en Afghanistan (DAFA) est l’une des plus anciennes institutions
franco-afghanes et je me réjouis qu’elle ait repris ses activités de fouilles et de préservation.

Je souhaite que se développe également le goût de la culture afghane en France.

A l’heure où votre pays s’apprête à conforter les institutions dont il est doté par la volonté du
Père de la Nation Zaher Shah et du Président Hamid Karzaï, institutions désormais inscrites
dans votre constitution, je tiens à vous apporter, au-delà des perspectives de notre coopération
culturelle, le témoignage du soutien et de l’engagement de la France.

La France, au sein de la communauté internationale tient en effet à accompagner votre marche
vers la paix. Tel est le sens du message que le Président de la République, Jacques Chirac,
m’a demandé de vous lire tout à l’heure.

C’est sur ce message d’amitié et de paix que je conclurai mon propos pour ce premier jour de
ma visite à Kaboul, qui se prolonge demain.

On m’a dit que selon un proverbe afghan, le premier jour d’une rencontre, l’on devient amis.

Le deuxième jour, l’on devient frères. En passant la nuit à Kaboul, j’ai voulu honorer cette
très belle tradition de l’hospitalité qui est l’une des valeurs fortes de la civilisation afghane.

Je souhaite aussi que le message d’amitié de la France soit un message de fraternité du peuple
français, un message fondé sur le respect, sans lequel il ne peut y avoir de vrai dialogue des
cultures, ce dialogue qui est au coeur de notre engagement.

A l’horreur et à la terreur de la guerre succèdent les espoirs de la liberté portée par des esprits
libres, par la curiosité, par l’intelligence, par le goût du savoir. Ce goût qui se renforce par
l’échange et la connaissance de l’autre.

Je me réjouis que nous ayons ce soir rallumé ensemble une flamme qui illumine cette parcelle
du territoire de l’humanité.

Puissions-nous la maintenir, pour qu’elle éclaire pour toujours le ciel de Kaboul et le
firmament des hommes !

Que vivent les lumières de Kaboul ! Que vive l’amitié franco-afghane !

Je vous remercie.

Transport en Commun en Site Propre ET SEM LIGERIS

22 mai 2004

On peut reprocher à Madame MICHEL ces mauvais résultats, mais ils ne lui sont pas totalement imputables car le Maire détermine la politique générale de la société et est donc lui aussi responsable…. Les élus de l’opposition n’ont pas cessé de souhaiter le rétablissement de bonnes conditions  de circulation dans notre ville et ont ainsi émis les plus vives réserves sur la manière dont la municipalité tente de résoudre ce problème. L’achèvement de la première phase des travaux engagés dans le cadre de la restructuration de la place Thiers confirme leurs inquiétudes.

Consistant en l’aménagement d’un double carrefour giratoire qui intégrera les deux tracés sud et est du futur Transport en Commun en Site Propre (TCSP), ces réalisations ont été présentées comme devant favoriser les « circulations douces » (piétons et vélos) et sécuriser la place en dissuadant les trafics de transit.

Or, la réalité semble être bien différente de cette présentation optimiste. Les difficultés s’accumulent : aux heures de pointe se forment régulièrement et à chaque intersection de longues files d’attente ; la traversée de la voie réservée aux bus, ces derniers étant prioritaires sur les voitures empruntant le giratoire, devient quant à elle de plus en plus périlleuse…

Cette situation n’est pourtant pas étonnante et aurait pu être évitée si les remarques émises régulièrement par l’opposition avaient été entendues. Améliorer la sécurité dans les déplacements, diminuer le trafic automobile et la pollution, mieux organiser le stationnement en ville sont en effet indispensables. La révision du plan de circulation, intégrant notamment le mode de TCSP et les autres points sensibles, comme par exemple les abords de la Gare de Tours, aurait due être prévue. Un calendrier des investissements envisagés aurait dû également être présenté clairement à la population et au conseil municipal. Ce ne fut pas la démarche retenue par Jean GERMAIN.

Aussi, de tels désagréments risquent de se reproduire et de s’aggraver quand la restructuration du carrefour de Verdun sera réalisée. La situation est d’autant plus inquiétante que la livraison du futur TCSP censé parachever ces travaux n’est prévue au plus tôt qu’en 2010, faute de choix sur le mode de transport et en l’absence de financement suffisant.

Il faudra donc attendre au moins 6 ans pour enfin espérer une amélioration des conditions de circulation et une lutte efficace en faveur de la qualité de l’air.  

*
*    *

Le tourisme est un enjeu vital pour la Touraine et représente une part importante de l’économie de notre ville. C’est pourquoi l’opposition municipale a toujours porté une attention particulière à l’action de la SEM LIGERIS.

Elle a souvent interpellé le Maire et son équipe sur les mauvais résultats financiers de la SEM (déficits importants : 223 000€ en 2002 et 100 000 € en 2003), la détérioration du climat social et sur l’importante augmentation du montant des salaires des cadres qui représentaient 52% de son budget. Mais à ses demandes d’explication régulièrement formulées en conseil d’administration, en commission et en séance du conseil municipal, le Maire et ses adjoints ont toujours opposé une fin de non recevoir.

Le récent remerciement expéditif de sa directrice générale, Madame Françoise MICHEL, et de son mari, employé de la SEM, décidé en conseil d’administration extraordinaire, est plutôt surprenant, le couple ayant toujours été ouvertement soutenu par le Maire, Président de la SEM.

On peut reprocher à Madame MICHEL ces mauvais résultats, mais ils ne lui sont pas totalement imputables car le Maire détermine la politique générale de la société et est donc lui aussi responsable.
 
Certes un audit des comptes de la SEM est en cours, d’ailleurs bien tardivement commandé par le maire adjoint chargé du tourisme, mais il ne pourra certainement pas répondre à toutes les questions que peut poser une telle situation. C’est pourquoi l’opposition demande un rapport complet et détaillé sur l’activité, la gestion et le fonctionnement de cette société depuis le 20 novembre 1997, date de la nomination de Madame MICHEL comme directrice de la SEM LIGERIS, jusqu’à nos jours.

Renaud Donnedieu de Vabres en Afghanistan du 22 au 24 mai

22 mai 2004

LAriana est le plus grand cinéma dAfghanistan (600 places). Construit dans les années 30 et haut-lieu de la vie culturelle afghane, lAriana a été en partie détruit par la guerre. Sa restauration, indique le ministère, « symbolise le retour à la paix, le droit au divertissement, louverture à la culture de lautre… Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres, se rend en Afghanistan du 22 au 24 mai, notamment pour inaugurer à Kaboul le cinéma Ariana qui vient dêtre restauré grâce à des fonds français, a annoncé vendredi le ministère.

Au cours de son voyage, le ministre doit notamment rencontrer le président afghan Hamid Karzaï, à qui il remettra un message du président Jacques Chirac.

Une convention de coopération entre Arte France et la Radio Télévision dAfghanistan sera signée pendant ce séjour. Elle porte sur la mise à disposition de documentaires coproduits par Arte, soit une vingtaine dheures de programmes.

LAriana est le plus grand cinéma dAfghanistan (600 places). Construit dans les années 30 et haut-lieu de la vie culturelle afghane, lAriana a été en partie détruit par la guerre. Sa restauration, indique le ministère, « symbolise le retour à la paix, le droit au divertissement, louverture à la culture de lautre. Dans un pays où la très large majorité de la population ne sait pas lire, lexistence dun cinéma diffusant des films français et européens est un moyen unique pour permettre aux Afghans davoir accès à une autre vision du monde ».

Le ministre sera accompagné dune dizaine de personnes, dont les cinéastes Claude Lelouch et Danis Tanovic. 

Industries culturelles: le gouvernement veut lutter contre la piraterie

19 mai 2004

Pour lutter contre la piraterie sur internet, le gouvernement souhaite, par le dialogue avec les professionnels du net, « favoriser la mise en place doffres légales et payantes »… Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres a présenté mercredi, en Conseil des ministres, les grandes lignes d »un plan daction global et cohérent de lutte contre la piraterie » dans les industries culturelles.

M. Donnedieu de Vabres, dont les propos étaient rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, a estimé que la piraterie constituait « une triple menace »: pour les créateurs quelle prive « de la rémunération à laquelle ils ont droit », pour lemploi et pour le public, « car elle entraîne un appauvrissement de la création et de la diversité culturelle ».

Le plan daction du ministre met laccent sur la sensibilisation, notamment des jeunes publics avec le ministère de lEducation nationale et les professionnels concernés, ainsi que sur la prévention, afin de « faire évoluer les mentalités ».

Pour lutter contre la piraterie sur internet, le gouvernement souhaite, par le dialogue avec les professionnels du net, « favoriser la mise en place doffres légales et payantes ».

A lautomne seront organisées des « Assises de la lutte contre la piraterie » pour faire le point avec les professionnels sur les conditions de mise en oeuvre de ce plan.
M. Donnedieu de Vabres a rappelé que la France avait proposé mardi, lors dune réunion des ministres européens de la Culture à Cannes, de « lancer un plan européen de lutte contre la piraterie ».

Dans un message lu par le ministre de la Culture dimanche à Cannes, le président Jacques Chirac avait affirmé que « la piraterie des oeuvres culturelles est un fléau quil faut combattre avec fermeté et détermination ».

Dans sa communication au Conseil des ministres, M. Donnedieu de Vabres a souligné qu »il faut rappeler sans relâche que lutter contre la piraterie, cest assurer la condition de survie des oeuvres et préserver les talents et la création », selon le texte de cette communication.

Une campagne de sensibilisation doit être lancée « pour la fin de lannée » dans les collèges et les lycées pour « faire clairement comprendre aux jeunes que le téléchargement pirate est illégal et que la création a un prix », a expliqué le ministre.

Il a annoncé une concertation entre le gouvernement et les professionnels pour mieux coordonner laction des services luttant contre la piraterie.

Dici lexamen mi-juin par le Parlement de la loi sur le droit dauteur et les droits voisins dans la société de linformation, il souhaite préparer la transposition en droit français de la directive européenne « relative aux mesures et procédures visant à assurer le respect des droits de propriété intellectuelle ».

Festival de Cannes :"Chacun a su se tendre la main"

19 mai 2004

« Chacun a su se tendre la main pour y arriver et cest donc un moment magnifique », a ajouté le ministre qui sexprimait, en présence du président du festival Gilles Jacob, lors dune remise de décorations aux réalisateurs américains Milos Forman et Quentin Tarantino… Le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres a estimé mardi soir que « le 57ème festival de Cannes restera un moment exceptionnel, parce que tous ensemble nous avons voulu préserver ce moment de rayonnement de la culture dans le monde ».

« Chacun a su se tendre la main pour y arriver et cest donc un moment magnifique », a ajouté le ministre qui sexprimait, en présence du président du festival Gilles Jacob, lors dune remise de décorations aux réalisateurs américains Milos Forman et Quentin Tarantino, et avant de quitter la Croisette.

Les intermittents en lutte contre la réforme de leur régime spécifique dassurance chômage depuis 11 mois nont jusquà présent pas troublé notablement le festival mais des échauffourées avec les forces de lordre samedi ont « fait 11 blessés, dont 8 policiers », selon les autorités, cinq du côté des intermittents, selon ces derniers.

Mardi, une cinquantaine dintermittents et précaires, que M. Donnedieu de Vabres a rencontrés à plusieurs reprises lors de son séjour cannois, ont occupé une partie de la journée lantenne locale des Assedic

Remise des insignes d'Officier des Arts et Lettres à Quentin Tarantino à Cannes

18 mai 2004

Cher Quentin Tarantino,

Je suis particulièrement heureux que le Festival de Cannes m'offre cette année l'occasion de
vous rencontrer pour vous dire mon admiration.

Car vous êtes, à 41 ans, non seulement un conteur d'histoires, un passeur de rêves, un
découvreur de mondes que vous faites partager à tous les amateurs de cinéma, vous êtes un
véritable mythe vivant, par la force des images que vous avez créées et qui restent gravées
dans nos esprits.

Oui, vous êtes un enfant prodige du cinéma mondial, un enfant de Los Angeles et de Cannes,
un génie du cinéma, et si je devais hasarder une formule qui aurait l'audace de décrire votre
écriture cinématographique, je dirais – en l'empruntant au poète Mallarmé : virtuose, elle
virevolte avec vivacité et j'ajouterais, avec violence parfois, une violence non pas gratuite, mais
toujours expressive d'une émotion esthétique, et d'une conviction artistique. La violence de la
vie.

Vous avez accepté de présider cette année le jury du Festival international du film, après y
avoir été sélectionné à plusieurs reprises, en tant que metteur en scène pour Reservoir dogs en
1992, en tant qu'acteur pour Desperado en 1995, et primé, il y a dix ans déjà, lorsque vous
avez reçu la Palme d'or pour Pulp fiction.

Cette récompense ne vous disait pas seulement l'admiration des cinéphiles, qui vous était
acquise depuis Reservoir dogs, mais au moins autant la reconnaissance d'une communauté
internationale du cinéma qui voyait en vous l'auteur décisif d'un renouveau de cet art.

En tant que metteur en scène, en tant que scénariste, producteur ou acteur, vous n'avez
jamais, depuis lors, trompé cette confiance que le monde plaçait dans votre talent.

Car vous incarnez, dès vos premiers scénarios, réalisés par d'autres – et quels autres ! True
romance par Tony Scott, Natural born killers par Oliver Stone – I'inventivité d'un univers
nouveau, puisé à la source jaillissante d'une relecture contemporaine du patrimoine
cinématographique mondial.

Votre talent est servi par un sens inimitable des situations et des dialogues, qui crée un style ou
le décalage et l'humour sont toujours présents pour stimuler, étonner et provoquer le
spectateur, constamment en haleine.

Ce sens aigu de la rhétorique vous fait dire par exemple à Mr Blonde dans Reservoir Dogs,
s'adressant à l'oreille de Marvin Nash qu'il vient de couper : « hey, tu me reçois ? ».

Dès cette première oeuvre qui vous a valu votre première rencontre avec Cannes, votre
imagination, l'habileté de vos constructions narratives, l'enchaînement de vos plans, le
crépitement de vos répliques, ont immédiatement conquis le public, les producteurs et les
distribueurs français.

Ils sont aussi une source d'inspiration pour beaucoup de jeunes créateurs.

Pulp Fiction, inoubliable Palme d'or en 1994 vous propulse au zénith mérité de la popularité,
avec le retour de John Travolta, l'installation des gangsters en costume cravate, virtuoses des
dialogues percutants, et du charme plein d'humour d'Uma Thurman dans l'imaginaire collectif
de centaines de millions de personnes.

Jackie Brown que vous avez écrit, réalisé et produit en 1997 vous offre l'occasion de nous
éblouir à nouveau par un scénario en forme de puzzle et un chef-d'oeuvre de finesse qui est
aussi un hommage au cinéma américain des années soixante-dix.

Aujourd'hui, avec Kill Bill dont vous présentez, en exclusivité le 2ème volet, en même temps à
Cannes et dans 600 salles en France, vous franchissez un nouveau degré dans la maîtrise de
votre talent.

Cette performance fascinante, marquée par votre amour du cinéma et de la télévision, des
aventures de samouraï, des western dits « spaghetti » et des arts martiaux chorégraphiés
consacre comme vos précédents films, une place importante à la musique – de création ou
découverte lors de vos voyages – qui rythme l'action pour le plus grand plaisir et l'émotion du
spectateur.

Votre film est aussi une grande histoire d'amour. Un amour improbable, dont vous seul
connaissez toutes les péripéties, mais un amour qui emporte le spectateur au-delà de ce qu'il
croyait pouvoir imaginer !

Kill Bill, votre quatrième film en tant que metteur en scène, est votre quatrième chef d'oeuvre.

Et je suis fier, en tant qu'amateur de cinéma tout autant que ministre, de distinguer son auteur,
en pensant aussi naturellement au producteur, aux équipes et aux acteurs avec qui vous savez,
avec une grande générosité, créer beaucoup de complicité.

Si je me suis un peu écarté de la coutume qui veut que l'on retrace l'ensemble de la vie et de la
carrière de ceux à qui l'on remet ce témoignage officiel de reconnaissance, c'est que votre
parcours a été largement exposé par tous ceux qui s'intéressent au festival dont vous présidez
le jury.

C'est aussi parce que je souhaitais vous dire ces quelques mots personnels d'admiration, de
respect et de remerciement pour tout ce que vous nous apportez et qui tient en définitive en un
mot : la magie du cinéma, qui donne envie d'aller découvrir les oeuvres dans les salles dites
obscures, où votre nom est pour toujours synonyme de lumière, de jubilation et d'excellence.

Quentin Tarantino, au nom de la République, je vous fais Officier dans l'ordre des Arts et des
Lettres.

Remise des insignes de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'Honneur à Milos Forman à Cannes

18 mai 2004

Cher Milos Forman,

Je veux d’abord vous dire ma joie de vous rencontrer aujourd’hui.

Votre présence à Cannes comme invité d’honneur de cette journée européenne que nous
avons voulue avec la présidence du Festival et mes collègues ministres de la culture de
l’Union européenne est symbolique à plus d’un titre.

Elle témoigne de votre attachement au Festival, qui vous a distingué plusieurs fois et dont
vous avez présidé le jury, en 1985 ; mais aussi de votre amitié pour la France dont vous parlez
la langue, où vous vous rendez souvent et où vous avez toujours trouvé un public nombreux et
fervent, depuis les premiers films que vous avez réalisés en Tchécoslovaquie jusqu’aux chefs d’oeuvre
de votre carrière américaine, où vous continuez à incarner un esprit véritablement
universel, féru de culture, attaché à ce que d’aucuns ont pu appeler la « vieille Europe » où
vous avez vos racines et au dialogue des cultures.

Vous êtes, vous le savez, un maître du cinéma mondial, un exemple, un modèle pour des
générations de cinéastes. Aussi vous suis-je particulièrement reconnaissant, à l’heure où
l’Europe s’agrandit, en intégrant notamment votre pays d’origine, d’avoir participé au
séminaire consacré aujourd’hui à la formation des cinéastes.

Votre oeuvre, par sa qualité, par son universalité, par sa variété, illustre cette conviction,
partagée par les ministres européens de la culture, que la diversité culturelle n’est pas un
slogan, mais une réalité vivante. Cette réalité n’est pas effacée par le temps, ni, comme l’a
montré l’histoire, par les forces qui prétendent l’étouffer. Mais elle mérite d’être défendue et
honorée et vous permettrez au responsable politique que je suis, en s’inclinant avec respect
devant votre immense talent, de donner aussi ce sens à la distinction que j’ai l’honneur de
vous conférer aujourd’hui.

Vous avez déclaré avoir « eu le bonheur ou le malheur de vivre sous des régimes différents, le
nazisme, le communisme et le capitalisme qui ont tous en commun d’essayer de vous
étouffer, chacun en sa manière, de vous rendre conforme. »

Votre dernière oeuvre réalisée avant votre départ pour l’Amérique, « Au feu les pompiers ! »
vous a valu des menaces de poursuites pour « sabotage de l’économie socialiste » avant d’être
projeté pendant le « Printemps de Prague », puis d’être officiellement « interdite pour toujours
» à l’arrivée des chars soviétiques.

Vous avez connu très tôt, comme votre ami Vaclav Havel, les ravages du totalitarisme.

On comprend que vous en ayez conçu une méfiance envers des institutions qui, dites-vous,
ont été « créées pour nous aider à vivre ensemble, mais (…) tendent toujours à nous dominer
».

Aujourd’hui, Cher Milos Forman, l’Europe a besoin de vous, non pour vous institutionnaliser,
car vous ne vous laisserez pas faire, mais pour votre savoir, votre savoir-faire, votre savoir-transmettre
d’une culture cinématographique qui doit demeurer au coeur de l’Europe de la
culture. Une Europe qui est tout autant un héritage qu’un projet.

Vous me permettrez de m’écarter de l’exercice convenu qui consisterait à retracer une à une,
non pas les étapes d’une carrière, mais les oeuvres d’une vie bien remplie qui font désormais
partie du patrimoine cinématographique mondial. Un patrimoine vivant, pour notre plus grand
plaisir !

Mais ce sont toutes des oeuvres qui ont en commun une certaine gravité, parce qu’elles entrent
en résonance avec nos interrogations, nos doutes, nos fragilités. En cela, elles sont toutes une
ouverture sur le monde qu’elles interrogent.

Ainsi, en Tchécoslovaquie, vous faisiez un cinéma alternatif, subversif même, qui tranchait
avec la production de l’époque. Aux États-Unis, vous avez continué à faire un cinéma
différent, libre, critique. L’originalité de votre regard sur le monde et sur le cinéma a toujours
plu au public français, qui a accueilli en particulier "Vol au-dessus d’un nid de coucou", qui
remporta 5 oscars, et "Amadeus", qui remporta 8 oscars, dont celui du meilleur film, avec
beaucoup de ferveur.

Vos personnages sont toujours des êtres marginaux et exceptionnels. Chacun d’eux est un être
humain dont vous explorez systématiquement la complexité, la richesse, la profondeur, à
l’opposé de la vision d’un certain type de cinéma, où les personnages sont d’un bloc,
invulnérables, constants. Vos héros, avec leurs destins exceptionnels sont tout simplement
humains. Vos films expriment votre passion pour l’humanité, c’est-à-dire pour les hommes,
pour leurs talents, pour leur singularité.

Permettez-moi de vous avouer, en plus d’une admiration pour l’ensemble de votre oeuvre, un
faible pour Amadeus, que je partage avec beaucoup de mes compatriotes. Votre film
étonnamment moderne, dans les merveilleux décors naturels de Prague, laissera à des
générations une vision de Mozart, à travers Salieri, qui est avant tout une ode magnifique à la
création. Depuis vingt ans, pour les millions de spectateurs qui ont aimé votre film, Mozart est
Amadeus, si bien que votre ami Jean-Claude Carrière, également présent aujourd’hui à vos
côtés pour animer cette rencontre européenne a pu écrire que vous aviez fait entrer Mozart au
hit parade !

Cher Milos Forman, vous êtes le créateur d’un cinéma exigeant, de très haute qualité, qui
transcende les frontières, et qui est populaire.

Je suis très heureux, cher Milos Forman, de proclamer : au nom du Président de la République
et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons chevalier de la Légion
d’honneur.

Colloque sur la piraterie audiovisuelle

18 mai 2004

Je proposerai mardi à mes collègues, ministres européens de la culture, de définir ensemble un plan commun de lutte contre la piraterie, à léchelle de lUnion européenne élargie… Je tiens tout dabord à remercier Gilles Jacob davoir pris linitiative de cette rencontre sur la piraterie, qui constitue une préoccupation majeure et, je le sais, partagée.

En tout cas, par le Ministre de la Culture et de la communication que je suis et par les professionnels que vous êtes. Peut-être pas encore assez par lopinion publique, par le public en général. Nous y reviendrons, car nous sommes aussi ici pour échanger sur les moyens dune meilleure sensibilisation du public à ce fléau, qui doit mobiliser non seulement les créateurs du monde entier mais aussi tous ceux qui sont sincèrement attachés à la culture dans sa diversité.

Le Festival de Cannes est une chance unique de réunir des professionnels du monde entier, non seulement pour voir les œuvres et ceux qui les font, mais aussi pour débattre et je me réjouis que nous saisissions cette chance aujourdhui pour avancer dans la lutte contre ce fléau.

Le colloque de mardi organisé par le Centre national de la cinématographie, avec Canal Plus, le Festival et lAssociation de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle, a montré lampleur du problème. Lexplosion de la piraterie appelle des réponses urgentes.

Après la musique, cest le cinéma qui est touché, comme le prouve une étude commandée par le Centre national de la cinématographie : ce sont un million de films pirates qui séchangent chaque jour sur Internet en France, soit plus du double du nombre dentrées en salles et cinq fois plus que les ventes de vidéo quotidiennes !

Entendons-nous bien : je suis un enthousiaste dInternet, de ce monde décloisonné, sans frontières, de cette liberté daccès à la connaissance et à linformation pour tous, liberté formidable, où le pire côtoie parfois le meilleur, et je suis très attaché à cette liberté. Mais ces libertés nouvelles, faites de découvertes, de curiosités, déchanges, doivent saccompagner de responsabilités nouvelles et de la conscience de ces responsabilités. Parce que je suis profondément humaniste et parce que cet humanisme, cest la confiance en lhomme et la foi en lintelligence humaine, je ne puis concevoir cette liberté sans cette conscience.

Or, lindustrie de la musique a perdu dans notre pays plus de 30% de son chiffre daffaires depuis le début de lan dernier. Les plans de restructuration quelle a dû mettre en place la conduisent à licencier près du tiers de ses effectifs, ce qui provoque, outre les drames humains que vous imaginez, une chute vertigineuse de la production des nouveaux talents.

Si nous ny prenons garde, lindustrie cinématographique va très rapidement se retrouver dans la même crise.

Je tiens à vous le dire : dans lexercice des responsabilités qui sont les miennes, ma conception du sens de ma mission moblige à ne pas laisser faire, à intervenir, non pas seul, bien évidemment, mais avec tous les responsables concernés, avec mes collègues européens en particulier, que je réunis ici-même après-demain. Et pour agir efficacement je veux dabord travailler avec vous, vous écouter, pour trouver ensemble des solutions davenir. Des solutions défensives, et aussi des propositions constructives.

Cest dans le dialogue et par le dialogue avec vous que jentends agir, sur ce sujet, comme sur dautres sujets brûlants.

La piraterie, cest du vol. Au préjudice de tous ceux qui travaillent pour créer, produire et distribuer les œuvres qui nous font rêver, qui nous font réfléchir, qui nous interrogent sur notre vie, sur le monde qui nous entoure, des œuvres que nous apprécions, parce quelles nous donnent beaucoup de plaisir.

La piraterie, je lai dit, cest du chômage. Nous devons préserver lemploi, tout comme la création.

Je me considère aussi comme le ministre du public, des publics. Et la piraterie nuit au public, quand bien même il pense parfois en tirer profit. Car la piraterie, en définitive, assèche peu à peu la création, la diversité dont nous sommes friands et sans laquelle nous naurions accès quà une offre uniforme, standardisée, insipide. Bref, un cauchemar de « clonage » culturel quil nous faut non pas conjurer par des mots, mais dissiper par des actions concrètes.
Et je compte sur vous pour en proposer.

Sans les ressources légitimes des créateurs, des producteurs et des distributeurs, cest aussi lensemble des prestataires techniques, des techniciens eux-mêmes et des talents qui risquent dêtre, à terme, condamnés. Il ne peut exister de culture sans auteurs, ni artistes, ni techniciens, ni producteurs. Je veux donc lutter contre la piraterie, pour assurer les conditions de la survie des œuvres. Contre les discours qui assimilent le droit des auteurs et la propriété intellectuelle à des obstacles à la circulation des œuvres, il faut rappeler au contraire quelles ne circulent que si les créateurs tirent les justes fruits de leur travail.

Il nous faut donc réagir rapidement et collectivement : la piraterie ignore toute frontière. Les réponses seront internationales ou ne seront pas. Seule une coopération efficace entre nous tous, seul un engagement clair des autorités publiques des différents pays, aux côtés des professionnels, peuvent construire ces réponses.

La piraterie sévit sur Internet. Elle sattaque aussi aux DVD.

Dans de nombreux pays peu respectueux des droits de la propriété intellectuelle, des usines de réplication en masse sinstallent et inondent le monde entier de DVD contrefaits.

Ces deux phénomènes, vous le savez, sont liés : on trouve de plus en plus de DVD pirates dont les contenus ont été téléchargés sur Internet. Ils ne sont pas seulement le fait dinternautes inconscients ou isolés. Le crime contre lesprit que constitue la piraterie est souvent un crime organisé, selon de véritables filières chargées en particulier dintroduire sur les réseaux les premières copies pirates dun film.

Ladoption récente par le Conseil de lUnion européenne de la directive contrefaçon est une excellente nouvelle. Parce quelle dispose dune législation parmi les plus protectrices dEurope, la France est déjà proche de lobjectif fixé par la directive. En transposant ce texte, nous mettrons en place le  » droit à linformation « , qui permettra dobtenir toutes les informations nécessaires au démantèlement des filières. Nous mettrons également en place des meilleures conditions dévaluation du préjudice et dindemnisation des victimes de contrefaçon.

Je proposerai mardi à mes collègues, ministres européens de la culture, de définir ensemble un plan commun de lutte contre la piraterie, à léchelle de lUnion européenne élargie. Dans cette perspective, il me paraît souhaitable de relancer lélaboration dune décision-cadre reprenant le volet pénal de la directive contrefaçon et de développer les échanges de bonnes pratiques.

Cette approche répressive contre la piraterie en bande organisée est indispensable. Elle est nécessaire. Elle nest pas suffisante. Il faut aller au-delà.

Les pratiques de téléchargement traduisent en effet de nouvelles attentes de la part des internautes, attachés à leur liberté de choix. Et il est clair que le téléchargement na rien de mauvais en soi, sil est respectueux des droits de propriété intellectuelle.

Il est urgent que les professionnels de la distribution et les fournisseurs de contenu proposent une offre payante, légale et attractive sur Internet, pour le cinéma comme pour la musique.

Je suis convaincu quInternet est un formidable outil au service de la diversité culturelle et de laccès aux œuvres, parce quil permet de distribuer des catalogues de grande taille quaucun distributeur classique ne peut égaler, parce quil permet des formes de présentation et de promotion ciblées et novatrices.

Je fais confiance à votre imagination, à votre inventivité, pour aller au devant de ces demandes nouvelles qui permettront de passer de la culture du réseau au réseau de la culture, une culture vivante, adaptée à de nouveaux modes de « consommation » plus individualisés, mais tout aussi exigeants en terme de qualité.

Les initiatives dans ce domaine sont encore trop peu nombreuses en Europe
. Or, létude menée par le Centre national de la cinématographie montre quune grande partie des gens qui sadonnent aujourdhui à des téléchargements illégaux seraient prêts à sacquitter dun paiement, à la condition par exemple quils bénéficient en échange dune garantie de qualité des œuvres achetées en ligne. Ce nest quun exemple, parmi dautres à inventer, dun nouveau modèle économique, respectueux des droits des créateurs et des producteurs, comme des attentes des consommateurs.

La sécurisation des offres sur Internet est cruciale
, pour éviter que les téléchargements légaux nalimentent directement les réseaux pirates. Il appartient aux industriels dapporter des solutions techniques satisfaisantes. Je pense en particulier à linteropérabilité, mot barbare mais que vous comprenez parfaitement : il sagit de faire en sorte que les amateurs puissent utiliser les œuvres régulièrement acquises sur une variété de supports, comme les baladeurs que lon voit beaucoup.

Le projet de loi sur les droits dauteur et les droits voisins
dans la société de linformation, que je défendrai devant le Parlement, comme prévu, dès le milieu du mois prochain, – jai tenu à maintenir ce calendrier, en dépit dun ordre du jour parlementaire très chargé – apportera une sécurité juridique supplémentaire à ce type doffre.

Nous devons faire évoluer les mentalités. Jai conscience du rôle des responsables politiques en la matière. Cest aussi une question de communication, que nous devons résoudre ensemble.

Je souhaite mettre en place avec les professionnels une politique ambitieuse de sensibilisation et de prévention. Dans cet esprit, je lancerai, en lien avec le ministère de lEducation Nationale, une campagne à destination des jeunes publics avant la fin de lannée.

Je serai attentif à toutes les suggestions que vous pourrez me faire en ce sens.

Le nombre des personnes qui téléchargent illégalement des œuvres musicales ou audiovisuelles sur Internet est en effet particulièrement élevé en Europe et aux Etats-Unis. La plupart dentre elles nont pas assez conscience dêtre dans lillégalité, nen mesurent pas les conséquences. Elles ne se rendent pas compte quelles causent du tort aux créateurs, ou éprouvent souvent un sentiment dimpunité.

Loffre de téléchargement légale et payante que jappelle de mes vœux, même si elle est attractive, ne pourra réellement trouver son marché face à la concurrence dune abondante offre gratuite et illégale.

Il y a une illusion de la gratuité sur Internet. Lamateur de cinéma qui entre dans une salle obscure pour regarder un film sait que ce film ne lui appartient pas. Il paie un billet pour le voir. Et il en repaie un autre, sil veut revoir ce film quil apprécie, qui lui donne du plaisir. Sur Internet, règne une double illusion : on peut croire sapproprier lœuvre dautrui, dautant mieux quon croit le faire en tout anonymat. Cest faux. Nous laissons des traces, partout sur Internet. Et lanonymat peut être levé par le juge en cas dinfraction.

Le projet de loi sur le traitement des données personnelles, actuellement en discussion au Parlement, devrait autoriser en effet les sociétés collectives et les représentants des créateurs à mettre en place un enregistrement automatisé des infractions pour faciliter les poursuites. Je souhaite que ce type de dispositif puisse être utilisé pour envoyer des messages préventifs et individualisés aux internautes qui diffusent des œuvres protégées sur les réseaux pirates.

Pour quune réelle prise de conscience puisse se faire, il est indispensable que tous les professionnels se mobilisent de manière solidaire et quils associent à leur lutte les fournisseurs daccès à Internet.

Il faut mettre en œuvre, cest indispensable, un véritable partenariat. Je fais confiance aux fournisseurs daccès à Internet, pour contribuer à faire évoluer les mentalités. Je prendrai, dans les semaines qui viennent et en lien avec le Ministre chargé de lIndustrie, linitiative dorganiser un dialogue entre les professions concernées afin de faire vivre ce partenariat. Ce dialogue devra nous permettre de trouver ensemble les moyens de développer les offres légales et payantes et de lutter contre les offres illégales.

Si la France est aujourdhui fortement mobilisée pour lutter contre la piraterie, cest au nom de la diversité culturelle que nous avons toujours défendu contre les tentatives de banalisation, ce qui nous a permis de créer des industries culturelles dynamiques.

Je me réjouis que nous puissions débattre aujourdhui de ces questions ensemble en toute franchise et en toute liberté. Nous nous réjouissons tous de voir ici les plus belles œuvres du monde entier. Cest collectivement quil nous appartient de faire en sorte que nous puissions continuer à les voir demain.

Vingt ministres pour une "Journée de l'Europe" sur le thème de la formation

18 mai 2004

Tous les « nouveaux entrants » de lUnion européenne (UE) ont fait le déplacement et seuls six pays de lUE manqueront à lappel (Espagne, Autriche, Danemark, Finlande, Grèce et Irlande) pour cette réunion, qui se tiendra mardi matin à huis-clos… Vingt ministres européens de la Culture se réuniront mardi, dans le cadre du festival de Cannes, pour une « Journée de lEurope » consacrée notamment à la formation aux métiers du cinéma.

En prélude à cette journée, les ministres et la commissaire européenne à lEducation et la Culture, Viviane Reding, monteront lundi soir les marches du Palais des festivals pour la projection en compétition du film de lAllemand Hans Weingartner « The Edukators ».

Tous les « nouveaux entrants » de lUnion européenne (UE) ont fait le déplacement et seuls six pays de lUE manqueront à lappel (Espagne, Autriche, Danemark, Finlande, Grèce et Irlande) pour cette réunion, qui se tiendra mardi matin à huis-clos.

Y participeront également les réalisateurs Milos Forman, Stephen Frears, Michael Haneke, Erick Zonca et Claire Denis, ainsi que le scénariste et dramaturge Jean-Claude Carrière. Une rencontre avec la presse était prévue en milieu de journée.

Les discussions tourneront autour du thème de la formation aux métiers du cinéma, avec des « témoignages dartistes et un état des lieux des divers modes de formation existant en Europe », mais aborderont aussi les moyens de « favoriser le renouveau de la création en Europe », et « la construction de la future politique audiovisuelle » dans lUE.

Deux étudiants en cinéma – un Espagnol et un Hongrois – viendront également témoigner de leur expérience.

Dimanche, à loccasion dune table ronde sur la piraterie, le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres – qui sera présent à la réunion de mardi – avait précisé que la lutte contre la piraterie des films et des disques serait également au programme de la « Journée de lEurope ».

A lissue de leurs discussions, les participants devraient publier une déclaration commune, sensée « préfigurer lavenir du cinéma européen ».
Dans laprès-midi, Viviane Reding présentera une conférence sur lavenir du programme européen Media après 2007

Renaud DONNEDIEU de VABRES, ministre de la Culture

17 mai 2004

RDDV: Je leur dis que je comprends l’impatience et l’urgence et que c’est dans cette logique que se situe le gouvernement. Nous avons pris la décision de mesures d’application immédiate. Certaines sont déjà entrées en vigueur, d’autres vont rentrer en vigueur dans un délai très bref… JEAN-MICHEL BLIER : Les intermittents tenaient il y a une heure une conférence de presse à Cannes. Ils exigent, vous l’avez entendu, un geste fort ; que leur dites-vous ce soir ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES: Je leur dis que je comprends l’impatience et l’urgence et que c’est dans cette logique que se situe le gouvernement. Nous avons pris la décision de mesures d’application immédiate. Certaines sont déjà entrées en vigueur, d’autres vont rentrer en vigueur dans un délai très bref, je voudrais les préciser. Vous savez très bien, pour l’ensemble des Français comprennent la situation, c’est qu’il faut qu’artistes et techniciens du cinéma, de l’audiovisuel et du spectacle vivant bénéficient en raison de la spécificité de leur activité et de leur métier, d’un système social spécifique et notamment de l’indemnisation du chômage puisque leur activité évidemment est parfois variable. Il y a des abus, il y a des gens qui ont des situations précaires alors qu’ils devraient avoir un emploi permanent. Et donc ceux-là, je souhaite qu’ils puissent le plus rapidement possible avoir cet emploi permanent. Il y avait une mesure qu’il fallait prendre, qui n’a jamais été prise, pour requalifier les emplois précaires en emplois permanents, c’était l’intercommunabilité des fichiers. Le décret, il a été publié il y a six jours maintenant. Il y avait une exigence sociale…

JEAN-MICHEL BLIER: C’était les femmes enceintes

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Immédiate. Les femmes enceintes. Je me suis assurée tout à l’heure : l’instruction sera lundi dans tous les départements de France sur les bureaux des ASSEDIC. Troisièmement, il y a un certain nombre d’artistes et de techniciens qui sont exclus du bénéfice du nouveau système et donc qui veulent être réintégrés dans leurs droits et dans leurs indemnités, pour mesurer exactement le système, le gouvernement a désigné un expert indépendant, l’ancien directeur de la Sécurité sociale. Le ministre des Affaires sociales et moi-même, nous lui avons donné trois semaines, ce n’est pas être dilatoire, trois semaines pour proposer ce système provisoire qui dénombrera ce qui était régi par les 507 heures-onze mois et ceux qui le sont par les 507 heures-12 mois. Je ne pourrais pas vous dire exactement le nombre de gens concernés, personne ne peut le dire.

JEAN-MICHEL BLIER: C’est un peu inquiétant, Renaud DONNEDIEU de VABRES, ça fait plus d’un an que la question des intermittents est posée, que cet accord a été signé et vous êtes en train de dire que l’on est en train de faire un audit au fond de ce système ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES: Ca, bien sûr que la transparence financière, elle n’est pas une réalité ; personne aujourd’hui en France ne peut savoir exactement qui sera concerné et combien est-ce qu’il y a de gens qui ont été exclus du nouveau dispositif sur ces critères. Ce qui veut dire que pour que je sois concret et que ça n’apparaisse pas comme de l’incantation, le gouvernement a créé un fonds provisoire d’urgence pour sur ce sujet apporter un fond de concours à l’UNEDIC. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que monsieur LAGRAVE, il au maximum trois semaines pour définir le nouveau système d’urgence sur les bases que j’ai indiquées…

JEAN-MICHEL BLIER: Est-ce que les vingt millions d’euros que vous avez mis dans ce fonds spécifique, ce sera suffisant ? Les intermittents disent : c’est une provocation, c’est dérisoire.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES: Attendez, je vais répondre bien sûr à cette question que je ne veux pas éluder. Je vais vous dire tout simplement que donc d’ici trois semaines au maximum ce système provisoire aura des contours définis, qu’ensuite nous devons rentrer dans l’opérationnel pour voir, bien sûr en liaison avec l’UNEDIC comment le versement se fera concrètement à partir du mois de juillet. Donc si vous voulez, on n’est pas dans les calendes grecques, on est dans l’urgence et la reconnaissance de la nécessité de cette situation. Je ne peux pas vous dire à l’heure où je vous parle quel sera le montant nécessaire pour ce fonds provisoire. J’ai en tout cas – je peux le dire calmement ce soir mais avec force et autorité – le gouvernement prend l’engagement de faire face à ces situations sociales urgentes. J’ai indiqué que le chiffre des vingt millions était indicatif. Il ne peut pas être autre chose qu’indicatif parce qu’aujourd’hui personne ne sait exactement le nombre de gens qui seront concernés.

JEAN-MICHEL BLIER: Mais ça veut dire, Renaud DONNEDIEU de VABRES, que ce fonds pourrait être abondé et abondé par qui ? Est-ce que ce sont les collectivités locales, les industriels du cinéma ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Non, je me situe dans l’urgence, donc ce fonds provisoire, il sera forcément abondé par l’Etat parce qu’à partir du moment où je me situe dans l’urgence, je ne peux pas immédiatement associer des partenaires qui ne sont pas réunis autour d’une table. Je voudrais deuxièmement que chacun mesure bien que le gouvernement a pris un nouveau cap sur cette question et que chacun le mesure, c’est-à-dire aussi bien les artistes et techniciens que l’UNEDIC et que l’ensemble de nos concitoyens. La politique culturelle ne peut pas être exclusivement financée par l’UNEDIC, c’est la raison pour laquelle pour le nouveau système d’indemnisation du chômage que nous allons créer pour qu’il soit opérationnel dans les meilleurs délais possibles au terme de la situation d’urgence, il faut que s’associent de manière responsable celles et ceux qui doivent être les partenaires de la politique culturelle dans notre pays. Ca ne veut pas dire que je fais sortir l’indemnisation du chômage de la responsabilité de l’UNEDIC, ça veut dire qu’il faut qu’il y ait une répartition des rôles et une responsabilisation financière de chacun.

JEAN-MICHEL BLIER
: Cela veut dire que d’autres devront payer, au-delà de l’UNEDIC.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES: Nous allons lancer sur ce sujet-là qui est non pas les calendes grecques mais qui est dans les jours qui viennent, avec mon collègue des Affaires sociales, toutes les consultations et concertations nécessaires avec un calendrier extraordinairement précis que nous allons rendre public. Voilà. Ce n’est pas être dilatoire. Je souhaite que ces questions, il y ait de vrais débats mais je souhaite surtout que artistes et techniciens comprennent l’état d’esprit du gouvernement et je souhaite deuxièmement et c’est peut-être le plus important pour eux, que l’ensemble des Français soutiennent artistes et techniciens dans la spécificité de leurs responsabilités. C’est ça aussi l’exception culturelle française dont collectivement nous devons être fiers.

JEAN-MICHEL BLIER
: On sait aussi que certaines entreprises abusent de l’intermittence. Où en sont encore une fois les contrôles qui avaient été lancés il y a un an ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Ecoutez, là-dessus moi je suis extraordinairement clair. Il faut qu’il y ait la définition d’un nouveau périmètre. J’ai désigné l’une des personnalités les plus importantes du ministère de la Culture, le chef de l’Inspection générale du ministère de la Culture qui me remettra le 15 juin un rapport sur le périmètre de celles et ceux qui participent directement à l’activité artistique et celles et ceux qui ne doivent pas bénéficier de ces nouvelles mesures. Voilà. Donc là-dessus, j’avance. J’ai même des gens qui me disent maintenant : oh là là ! N’allez pas trop vite non plus. Nous, on veut si vous voulez, qu’il y ait un périmètre incontestable de celles et ceux qui doivent bénéficier de mesures spécifiques et comme je l’ai indiqué tout à l’heure, j’insiste beaucoup là-dessus, ceux qui aujourd’hui en fait travaillent à temps plein mais sont rémunérés avec un système hybride et précaire, doivent se voir offrir une alternative. Dans le courant de la semaine prochaine, j’aurai écrit sur ce sujet à toutes les entités qui dépendent directement de mon autorité. Donc si vous voulez, je ne peux pas être plus mobilisé, le gouvernement ne peut pas être plus mobilisé qu’il ne l’est avec des rendez-vous, avec des contrôles. Je suis un homme d’engagement. Quand je prends un engagement, je le tiens. Et ça, c’est la disposition d’esprit de l’ensemble du gouvernement et notamment bien sûr du Premier ministre.

JEAN-MICHEL BLIER: Renaud DONNEDIEU de VABRES, on a bien compris que dans un premier temps, c’est l’Etat qui allait prendre en charge, abonder ce fonds spécial. On est plutôt en période de restriction budgétaire. Bercy demande des économies à tous les ministres.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES: Oui, mais vous avez remarqué qu’il n’a pas demandé d’économies au ministre de la Culture et que de ce point de vue là le président de la République et le Premier ministre ont défendu la spécificité du ministère de la Culture dans la période actuelle et j’aimerais quand même que certains de mes partenaires et celles et ceux qui vous écoutent, me donnent au moins… allez, je ne vais pas dire un gage de satisfaction là-dessus parce que ce n’est pas ça que j’attends vu la liberté d’expression mais quand même je voudrais que chacun comprenne que moi je suis un transmetteur d’énergie pour défendre celles et ceux qui méritent de l’être et dans cette période poujadiste, expliquer qu’effectivement artistes et techniciens du cinéma, de l’audiovisuel et du spectacle vivant sont dans des situations de précarité qui légitiment une action particulière.

JEAN-MICHEL BLIER: Merci. Renaud DONNEDIEU de VABRES qui bénéficie donc d’un régime de faveur de la part de Nicolas SARKOZY, était ce soir l’invité de FRANCE INFO