Le journal de 18h00
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Moi, je suis allé un peu partout, mais l’un des endroits que je retiens, c’est l’endroit où la science rejoint le patrimoine, c’est-à-dire que je suis allé voir le laboratoire de Champs-sur-Marne, que 4.000 visiteurs ont fréquenté cette année, alors qu’il était fermé au public l’année dernière… CHRISTOPHE DECROIX : Renaud DONNEDIEU de VABRES, bonsoir.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bonsoir.
CHRISTOPHE DECROIX : Nous parlerons avec vous, dans un instant, des journées du patrimoine, mais vous êtes aussi le ministre de la Communication du gouvernement. Vous venez d’entendre le message de Juliette BINOCHE, et cela alors qu’il y a eu, hier, un nouveau communiqué diffusé sur Internet, celui-ci serait signé de l’armée islamique d’Irak et il affirme que Georges MALBRUNOT et Christian CHESNOT ne seraient plus en détention, les deux journalistes français auraient passé une sorte d’accord avec leurs ravisseurs afin qu’ils suivent ce qu’ils appellent leurs activités de résistance. D’abord, est-ce que vous avez pu authentifier ce communiqué ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non ; à l’heure où je vous parle, l’authentification n’est pas certaine. Le gouvernement est mobilisé et reste confiant, mais il convient d’être patient et prudent, et donc vous savez, tant que nos otages ne seront pas définitivement libérés et en sécurité, voilà, malheureusement les maîtres mots restent patience, prudence, mais évidemment confiance.
CHRISTOPHE DECROIX : Et est-ce que vous avez des éléments concrets, des informations qui garantiraient la bonne santé de nos deux confrères ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ecoutez, vous savez bien qu’il faut se garder de tout commentaire précipité, parce qu’on ne veut surtout pas compromettre les efforts de délibérations, la sécurité de nos compatriotes, pour des raisons que tout le monde comprend. Dans l’état actuel des choses, nous n’avons aucune information nouvelle, mais comme je l’ai indiqué, nous sommes confiants.
CHRISTOPHE DECROIX : Par ailleurs, on a appris aujourd’hui que le chef historique de l’organisation intégriste armée du JIHAD avait appelé depuis sa prison en Egypte les ravisseurs des deux journalistes français à les libérer au plus vite. Renaud DONNEDIEU de VABRES, on se retrouve dans un instant, mais avant d’évoquer les journées du patrimoine, voyons la météo de demain avec Marina GIRAUDEAU. // Météo // Comme promis, nous retrouvons Renaud DONNEDIEU de VABRES. Monsieur le ministre de la Culture, les journées du patrimoine se terminent, ce soir. Alors l’an dernier, plus de onze millions de personnes s’étaient déplacées, est-ce que vous êtes satisfait de cette édition 2004 ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ecoutez, je ne peux pas encore évidemment confirmer les chiffres de cette année, puisque je suis là, Rue de Valois, il y a encore une queue immense à la porte du ministère. Et donc je pense qu’on dépassera les chiffres de l’année dernière, ce qui est une très bonne chose parce que je souhaite, si vous voulez, que les Français, qui sont venus pendant 48 heures découvrir, redécouvrir, admirer leur patrimoine, n’aient pas voulu uniquement – et d’ailleurs j’en suis certain – marquer une forme de respect vis à vis du passé, de nos racines, de notre histoire, mais avoir en commun un projet pour l’avenir. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire tout simplement que fort de cette confiance, de cette histoire, de ces éléments qui nous rassemblent dans tous les domaines d’ailleurs, il n’y a pas uniquement dans les monuments, mais dans les choses parfois plus simples, que ça nous donne une espèce de force de création pour l’avenir. Alors on a beaucoup de travail devant nous, parce qu’il n’y a pas que des monuments en parfait état de restauration, et le ministre en charge.
CHRISTOPHE DECROIX : On va en parler.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Voilà, on a beaucoup de boulot
CHRISTOPHE DECROIX : Oui, alors vous aviez d’ailleurs… vous parlez d’ailleurs de cette idée d’ouverture et de rassemblement, vous aviez proposé au public de venir découvrir l’Edit de Nantes, cet sorte de décret qu’Henri IV avait… Henri IV avait donné la liberté religieuse et de pensée aux protestants.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Oui, pour moi c’est un très beau symbole, si vous voulez, dans la violence du monde actuel, je souhaitais que ce texte, qui est un appel à la liberté de conscience, à la liberté religieuse, à la liberté, en fait, personnelle, soit pour la première fois sorti des coffres des archives nationales. On a établit juste à côté des registres pour que les gens puissent s’exprimer et il y a une phrase, en allant voir tout à l’heure le livre d’or, que je voudrais vous livrer, que je trouve superbe, c’est “ Tolérer les autres, c’est s’épanouir soi-même ”, je trouve que c’est une très belle maxime déposée par un citoyen anonyme, et j’espère que ça sera un symbole actif.
CHRISTOPHE DECROIX : Et vous, qu’est-ce que vous avez vu, en deux mots, pendant ce week-end ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Moi, je suis allé un peu partout, mais l’un des endroits que je retiens, c’est l’endroit où la science rejoint le patrimoine, c’est-à-dire que je suis allé voir le laboratoire de Champs-sur-Marne, que 4.000 visiteurs ont fréquenté cette année, alors qu’il était fermé au public l’année dernière. Et c’est donc les métiers techniques, scientifiques, cette capacité d’expertise extraordinaire des services de l’Etat pour tout simplement faire que la restauration d’un tableau, d’une pierre soit faite dans les meilleures conditions possibles.
CHRISTOPHE DECROIX : Alors à propos des… Renaud DONNEDIEU de VABRES, à propos des chantiers de restauration justement des monuments historiques, les entreprises du secteur connaissent apparemment de grosses difficultés, des milliers d’emplois, selon eux, seraient menacés à cause d’une baisse de 38 % des crédits d’Etat, donc de votre ministère, ces deux dernières années, qu’est-ce qu’il en est exactement ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, non, il n’y a pas cette baisse heureusement de crédits, il y a effectivement beaucoup, beaucoup, beaucoup de chantiers, beaucoup de travail à honorer de l’Etat, des collectivités territoriales, des propriétaires privés également. L’Etat s’engage financièrement et c’est vrai que parfois j’ai du mal à suivre le montant des demandes. Alors cette année, nous avons trouvé des moyens pour récemment remettre de l’argent, ces 20 millions d’euros supplémentaires. Le budget de 2005, que je présenterai dans les jours prochains, est une étape, et j’attends d’autres étapes, si vous voulez pour être franc, et ces autres étapes c’est l’addition de tout le monde, des particuliers, des entreprises, des collectivités territoriales et de l’Etat, qui n’a pas l’intention de se désengager. Enfin c’est vrai qu’on a un patrimoine immense et que, voilà, il faut qu’on soit à la hauteur des besoins.
CHRISTOPHE DECROIX : Très bien, merci Renaud DONNEDIEU de VABRES d’avoir été avec nous ce soir
