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Signature de la première convention Etat / CNC / Région sur le Développement cinématographique

Monsieur le Préfet,

Monsieur le Président,

Madame la Directrice générale adjointe,

[…]

Chers amis,

C’est avec une grande joie que je viens aujourd’hui à Orléans, car ensemble, aux côtés de
Michel Sapin, Président de la Région Centre, d’André Viau, Préfet de la Région Centre, de
Monique Barbaroux, Directrice générale adjointe du CNC, nous allons donner vie à
l’ambitieux projet que mon prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, avait imaginé pour
améliorer le financement du cinéma et inciter les producteurs à installer leurs tournages dans
notre pays, alors que nous observons une forte tendance à la délocalisation. Nous allons en
effet signer ensemble la première des conventions triennales de développement
cinématographique et audiovisuel pour la période 2004-2006. La Région Centre est une
nouvelle fois pionnière en matière de soutien à la création cinématographique et je tiens ici à
saluer le formidable engagement de Michel Sapin au service de la culture et du
renouvellement des talents.

Le partenariat que nous mettons aujourd’hui en place entre l’État, la Région et le CNC, a
principalement pour but de donner aux producteurs de cinéma un nouvel outil qui puisse les
aider à réaliser leurs projets. En incitant les collectivités à créer des fonds de soutien à la
production cinématographique, auxquels l’État apportera une contribution financière et une
véritable expertise, les pouvoirs publics affirment plus que jamais leur attachement à la
vitalité et à la diversité du cinéma. Notre cinéma, n’en doutons pas, est notre richesse. Il est
fort, d’une manière tout à fait unique, de la grande variété de ses oeuvres, qu’il s’agisse de
courts métrages ou de longs métrages. Les Régions, et particulièrement la Région Centre, ont
déjà beaucoup fait en faveur de la création, en soutenant prioritairement la réalisation de
courts métrages et en apportant un fort appui aux projets au stade de l'écriture et du
développement. Aujourd’hui, grâce aux conventions triennales, elles pourront se tenir aux
côtés des producteurs de longs métrages et les aider dans ces entreprises si difficiles que sont
les films.

Je parlais à l’instant de notre attachement à la diversité du cinéma français. Je voudrais
simplement affirmer devant vous ma conviction profonde, qui est celle d’un amoureux du
cinéma. L’accompagnement que les pouvoirs publics n’ont cessé de garantir aux
professionnels du cinéma depuis presque soixante ans, en aidant les salles, en aidant les
producteurs, en améliorant sans cesse la réglementation du secteur, a permis à cette industrie,
à cet art, de se développer sereinement et d’exister aux yeux du monde comme l’une des plus
grandes cinématographies. C’est cette détermination sans faille des pouvoirs publics à faire
exister le cinéma qui a garanti ce formidable parcours que l’on nous envie dans de nombreux
pays.

Les collectivités ont aujourd’hui un rôle très important à jouer aux côtés de l’État pour
améliorer encore les chances de succès de nos créateurs et de nos entreprises. Nos paysages,
notre patrimoine architectural, sont des richesses que le cinéma doit s’approprier. Et les élus
ont bien compris qu’il y avait dans ce nouveau partenariat avec le cinéma une source de
développement indéniable. Il ne s’agit pas d’installer en Bourgogne le tournage d’un film que
son scénario situe à New York ou à Tokyo, et nous ne sommes pas réunis ici comme un club
chauviniste et nombriliste. Il est cependant indispensable, pour l’économie de notre pays, pour
ses industries techniques, pour l’emploi des intermittents du spectacle, pour les auteurs, que
nous puissions relocaliser un maximum de tournages sur notre territoire.

Les conventions triennales, qui reprennent les chantiers déjà amorcés par la précédente
génération de conventions tripartites, et qui prévoyaient des opérations d’éducation au
cinéma, et de soutien à la création, auxquelles je suis très attaché, vont conditionner l’octroi
d’un soutien financier de la Région à la localisation des dépenses. La délocalisation des
tournages est aujourd’hui excessive. Elle est motivée surtout par des enjeux financiers, et il
est effectivement avantageux en termes économiques d’employer des techniciens étrangers ne
bénéficiant pas des revenus et de la protection sociale que notre pays offre aujourd’hui. Il est
intéressant de profiter de tel abri fiscal dans un pays dont les décors ne sont pas si différents.

Je comprends les producteurs, mais je suis absolument décidé à tout mettre en oeuvre pour
qu’ils fassent désormais travailler nos techniciens, nos laboratoires, nos studios.

Vous le savez, et cette question est aujourd’hui au coeur du débat sur l’Europe, les
délocalisations inquiètent nos compatriotes. Elles les inquiètent à juste titre. Car elles mettent
notre économie en péril. La réponse que nous apportons aujourd’hui avec le soutien actif de la
Région Centre est je crois une réponse adaptée et qui aura des conséquences très positives,
non seulement sur le dynamisme de la production cinématographique française, mais aussi sur
notre économie, au bénéfice notamment des industries techniques.

Je voudrais profiter de cette tribune pour me féliciter d’une autre mesure, décidée elle aussi
par mon prédécesseur, et qui voit aujourd’hui le jour grâce au concours précieux de mon
collègue et ami Nicolas Sarkozy. Il s’agit du crédit d’impôt qui sera octroyé aux producteurs
qui font le choix de tourner en France. C’est une mesure elle aussi très importante et qui, cela
a pu se vérifier au cours de cette année, rencontre un vif succès. La dépense fiscale risque
d’ailleurs d’être supérieure à celle initialement prévue : je m’en réjouis pour le cinéma
français même si je sais que certaines dents grincent au Ministère des finances. Je suis
convaincu que la grandeur du cinéma français mérite quelques efforts de la part de l’État. Ces
efforts sont grandement récompensés par la qualité des films français, dont un grand nombre
parcourt les festivals et remporte de belles récompenses, comme récemment encore à Venise.

La grandeur de la culture française est à ce prix, et au-delà, car elle n’a pas de prix. Elle est le
fruit de l’histoire et d’une création qui aujourd’hui brille par son foisonnement. Nous avons
collectivement cette ambition de donner à nos créateurs, à nos scénaristes, à nos metteurs en
scène, les moyens de conduire d’ambitieux projets qui, en fin de compte, au-delà du prestige
qu’ils apportent légitimement à leurs auteurs, enrichissent notre patrimoine et grandissent
notre nation. Je suis profondément convaincu que cette vitalité artistique doit être préservée.

À côté de nous, en Europe, mais aussi au-delà, dans le monde, nous devons faire en sorte que
cet amour de la diversité culturelle, cette passion pour l’art, qui ne fait que grandir l’humanité,
essaime, et que l’on nous rejoigne pour ce combat qui finalement ne combat personne. Nous
nous battons tous pour disposer chacun du droit fondamental à exister, à être, et finalement à
échanger, à partager.

Le cinéma, comme tous les arts, est un message de tolérance et de paix. Nous en avons besoin
aujourd’hui plus que jamais. Cette convention est un jalon, elle est une pierre de l’édifice que
nous bâtissons ensemble, pour la grandeur du cinéma et pour la culture.

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