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RMC INFO : Invité ce matin Renaud DONNEDIEU de VABRES

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Oui un label du patrimoine européen, cest-à-dire si vous voulez, moi je crois à la nécessité du voisinage et des parcours. C’est-à-dire de découvrir qu’une capitale à une autre, d’une ville à une autre, eh bien il y a des cathédrales, des bâtiments, des façades de café aussi. Le patrimoine ce n’est pas uniquement les châteaux et le plus spectaculaire, c’est aussi tout simplement ce qui fait l’agrément de notre cadre de vie, nos racines… JEAN-JACQUES BOURDIN : Notre invité ce matin Renaud DONNEDIEU de VABRES,  ministre de la Culture et de la Communication. Renaud DONNEDIEU de VABRES avant d’entrer dans les questions, dans le vif du sujet, d’abord 32-16RMCINFO.FR les auditeurs peuvent vous interroger bien sûr. Et puis vous savez que nous avons une tradition, une nouvelle tradition, vous ne savez peut-être pas, je vous demande de poser une question aux Français, est-ce qu’on vous l’a dit ça, non, on ne vous l’a pas dit ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Ah c’est une bonne…

JEAN-JACQUES BOURDIN : Parce que cela va toujours dans le même sens, moi je voudrais renverser un peu, est-ce que vous avez une question à poser aux Français ou une façon de les interpeller ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Oh j’ai plein de questions à leur poser…

JEAN-JACQUES BOURDIN : Qu’est-ce que vous avez envie de leur demander par exemple ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES :  J’ai envie de leur poser une question bien sûr sur l’Europe, et j’ai envie de leur demander, si pour eux, affirmer l’objectif européen, est-ce que cela légitime qu’on soit d’abord fier d’être français ?

JEAN-JACQUES BOURDIN : Bon, eh bien voilà nous avons la question de Renaud DONNEDIEU de VABRES et vous aurez la réponse avant 9 heures. Bien Monsieur le Ministre, sérieux, les otages français, Michèle ALLIOT-MARIE déclare dans le PARISIEN AUJOURD’HUI EN FRANCE ce matin, je cite : nous avons des renseignements qui permettent de penser que nos otages sont vivants, en bonne santé et en sécurité.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ecoutez, sur ces questions moi je suis d’une extrême prudence, parce que je ne veux bien sûr, d’aucune manière, par mes propos, qui sont toujours écoutés, comme ceux des autres membres du gouvernement, comme ceux de beaucoup de gens – écoutés là-bas en Irak, faire peser le moindre risque. Le gouvernement est mobilisé, pour le moment nous sommes évidemment très prudents parce que la situation en Irak est un vrai cahot, en lui-même, si vous voulez, ce qui présente évidemment des risques supplémentaires. Mais effectivement nous espérons et nous continuons d’espérer que la libération sera prochaine.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Mais vous espérez, vous n’avez pas de nouveaux renseignements ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, enfin en tout cas moi je n’en ai pas, nous sommes très prudents et vous pensez bien que de toute façon…

JEAN-JACQUES BOURDIN : Vous ne nous les donneriez pas.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Je suis dans l’incapacité…on ne les donnerait pas, parce qu’il ne faudrait pas donner, de moindre manière, le sentiment qu’on puisse avoir des informations qui menacent la sécurité de nos otages.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Oui, il y a eu un nouveau communiqué sur les otages annonçant un verdict, ils seraient passés en jugement par les ravisseurs, comment vérifier, c’est difficile, c’est… ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Tous les services de renseignements français sont totalement mobilisés, comme le Gouvernement et donc voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN :Parce qu’on a besoin de savoir maintenant pour eux, est-ce qu’on n’est pas allé un peu vite en besogne, est-ce qu’on n’a pas annoncé un peu trop vite une libération éminente ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Vous savez tant que les choses ne sont pas faites, là où vous avez raison, c’est qu’il faut toujours être très prudent. Donc c’est vrai qu’il y a eu un moment où on a espéré que c’était vraiment très proche, et puis voilà ils ne sont toujours pas libérés, donc il faut être très prudent. Mais on est vraiment mobilisé, cest-à-dire que nous faisons tous les efforts possibles pour parvenir à cette libération.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Bien Renaud DONNEDIEU de VABRES nous parlons… oh, il y a des quantités de sujets qui vous concernent là, vous êtes sur l’actualité. D’abord, la redevance télé, parce que voilà un sujet grand public, la redevance télé. Alors vous avez tout changé, d’abord, elle va s’appeler taxe audiovisuelle, elle va être adossée à la taxe d’habitation, donc nous la paierons avec la taxe d’habitation. Le gouvernement espère récolter 50 à 60 millions d’euros supplémentaires, j’ai envie de vous dire, c’est une taxe injuste, elle n’est pas proportionnelle aux revenus, pourquoi ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Parce que l’impôt sur le revenu, lui, il est proportionnel au revenu, voilà, donc ça c’est normal. Et puis ensuite le reste, vous savez très bien qu’il y a un certain nombre d’impôts, de taxes qui ne sont pas proportionnelles aux revenus. Donc on ne peut pas le faire indéfiniment et cela serait je crois difficilement gérable. Ce qu’il faut que les Français sachent c’est qu’elle n’augmente pas, donc ça c’est important. Et que deuxièmement, elle est, voilà… un poste, une taxe et il n’y aura pas pluralité de taxe. Donc je crois si vous voulez que c’est juste et deuxièmement eh bien il faut reconnaître que l’audiovisuel public a des besoins de financement et que donc c’est une manière de le faire et qu’on est beaucoup moins cher que dans la plupart des pays européens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
: Bien, Renaud DONNEDIEU de VABRES, parlons justement de l’audiovisuel public, pourquoi y a t-il encore de la pub sur FRANCE 2 et FRANCE 3 ? Avant que vous ne répondiez à cette question, j’ai une autre question, j’allais oublier, sur la redevance. Moi, de nombreux auditeurs nous le disent, je paie ma redevance, mais ce n’est pas pour enrichir la Société de production par exemple de Monsieur DELARUE.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, vous posez la question de savoir le contenu des programmes et par qui et comment ils sont réalisés ?

JEAN-JACQUES BOURDIN : Eh oui, pourquoi est-ce que je paie une redevance pour enrichir la Société de production de Monsieur DELARUE ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Parce qu’attendez, une société, une grande société de télévision peut organiser ses programmes et la fabrication des programmes comme elle l’entend et donc avoir recours à des sociétés et à des gens qui ont beaucoup de talent. Moi ce qui m’importe en tout cas, c’est que les tournages aient le plus possible lieu en France et c’est sur ce point là…

JEAN-JACQUES BOURDIN : Ce n’est pas le cas en ce moment !

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Oui, oui, enfin c’est un objectif, c’est très important et j’essaye d’en persuader tout le monde. C’est la raison pour laquelle je suis très heureux que l’ancien patron du CNC, David KESSLER ait pris une responsabilité au sein de FRANCETELEVISIONS j’allais dire pour veiller au grain sur toutes ces questions, parce qu’elles sont évidemment très importantes – et je pense qu’il faut que l’on fasse en sorte que beaucoup, beaucoup plus de réalisations et de productions soient tournées en France.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Au lieu d’être tournées dans les pays de l’Est, par exemple, en Roumanie par exemple !

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : En Roumanie par exemple !

JEAN-JACQUES BOURDIN : Pourquoi de la pub sur FRANCE 2 et FRANCE 3 ?


RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
:  E bien vous allez me dire l’Etat est inconséquent, cest-à-dire qu’il devrait financer l’intégralité de l’audiovisuel public, eh bien ce n’est pas le cas parce que je crois légitime, si vous voulez qu’il y ait cette partition entre d’un côté la publicité et de l’autre côté…

JEAN-JACQUES BOURDIN : Mais cela n’existe pas en radio par exemple !

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Dans la plupart de pays européens c’est le système, donc c’est un système mixte. Cela veut dire que si j’exige au fond de FRANCETELEVISIONS la programmation à 20H30 d’une pièce de théâtre ou d’un concert qui n’attire pas un public immense – qui serait peut-être très bien sur le plan de la diffusion culturelle et du pluralisme des œuvres culturelles, évidemment FRANCETELEVISIONS me dira immédiatement : attendez là, vous me posez un problème de financement parce que, la publicité est une recette importante pour moi. Donc il faut qu’il y ait un équilibre entre… à cause des sources de financement sur le contenu des programmes, voilà, donc je pense que l’équilibre est satisfaisant.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Pas de privatisation de FRANCE 2, c’est fini ça ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, pas de privatisation de FRANCE 2.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Ça c’est oublié, cela a couru un peu dans Paris.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non mais vous savez les choses courent…

JEAN-JACQUES BOURDIN : Oui je sais, vous avez raison.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Nos concitoyens… si vous voulez il y a des moments pour tout. Au moment d’une campagne présidentielle, d’une campagne législative, on définit un projet et ensuite pendant cinq ans on mène à bien le projet. Dans le projet que nous avons défini autour du président de la République, de Jacques CHIRAC et ensuite autour de l’élection législative, il n’y avait pas la privatisation de FRANCE 2, donc voilà, elle ne survient pas en cours de mandat par surprise.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Alors il y a des débats et un débat aussi qui agite, là encore nos auditeurs nous interrogent régulièrement, les docu-fictions ! Et les auditeurs sont parfois sensibles aux arguments, notamment de ceux qui disent, mais attention, attention, il ne faut pas aller trop loin dans les docu-fictions ! Un exemple, les familles de victimes qui s’inquiètent, qui ont interpellé Etienne MOUGEOTTE à TF1, il y a un docu-fiction qui est en préparation sur la tuerie de Nanterre. Il y a eu la diffusion de la cellule d’Hambourg par exemple sur FRANCE 2, quelle est votre position là-dessus ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ecoutez, moi je ne veux pas interférer dans le contenu des programmes. Celui qui a la charge de cela, c’est le Conseil supérieur de l’audiovisuel.

JEAN-JACQUES BOURDIN : C’est vrai !

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, mais il faut le rappeler à nos concitoyens pour qu’ils comprennent, je ne suis pas en train d’ouvrir un parapluie, ce n’est pas ma manière de fonctionner en règle générale dans l’exercice de mes fonctions. Mais le contenu si vous voulez au fond de l’aspect déontologique des programmes, c’est le CSA qui le doit faire. Vous le mesurez, chacun d’entre vous, tous les journalistes et les responsables des programmes dans les chaînes de radio ou de télévision, comme dans la presse écrite d’ailleurs, mesurent la responsabilité et l’appréciation de l’opportunité qu’il y a parfois à dire ou à ne pas dire – à lancer un sujet ou à ne pas lancer un sujet et cela peut poser évidemment des problèmes de déontologie et il y a parfois contradiction d’intérêt. C’est-à-dire que parfois au fond, une famille peut avoir intérêt à ce que les projecteurs soient donnés sur une affaire judiciaire pour que les délais soient accélérés ou qu’un dossier soit revu, parce qu’il peut y avoir le sentiment d’un dysfonctionnement. Et parfois c’est l’inverse, cest-à-dire qu’une famille veut vire à l’abri avec son deuil, avec son chagrin et qu’on ne vienne pas en plus…Donc voilà c’est très compliqué et c’est l’appréciation des patrons et ça c’est bien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
: Le danger c’est de confondre la fonction et la réalité.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : C’est vrai que cela suppose beaucoup de précisions. Encore une fois c’est un genre qui est pour autant très important, parce que cela fait comprendre le monde dans lequel nous vivons. Mais cela doit être fait avec beaucoup de finesse et beaucoup de déontologie.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Bien Renaud DONNEDIEU de VABRES, répond à vos questions, 32-16, RMCINFO.FR, j’ai encore plein de questions à lui poser, encore un peu sur la télévision avec notamment le projet de chaîne internationale française est-ce qu’il est abandonné ce projet oui ou non ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Pas du tout, il n’est pas du tout abandonné, c’est une nécessité absolue.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Nécessité absolue, donc il n’est pas abandonné, vous confirmez.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non !

JEAN-JACQUES BOURDIN : Bien, nous allons parler du patrimoine évidemment, des Choristes nommés aux oscars, enfin il y a d’autres sujets, à tout de suite !

JEAN-JACQUES BOURDIN
: Avant d’aller plus loin, Renaud DONNEDIEU de VABRES on va prendre nos auditeurs, c’est la tradition ici, vous le savez, Philippe.

PHILIPPE : Oui bonjour Jean-Jacques et bonjour à votre invité.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Invité qui est le ministre de la Culture et de la Communication, question Philippe !

PHILIPPE : Alors voilà, nous qui payons la redevance comme tout bon français, est-ce qu’il ne serait pas possible de nous donner le choix des programmes, par exemple comme en début d’année. Parce que l’on regarde beaucoup de chaînes, sur la 2, la 3, plutôt des chaînes qui reçoivent la redevance. Mais il y a beaucoup de chaînes qui sont un peu rébarbatives, qui sont un peu gonflantes, parce qu’on en a un peu marre maintenant.

JEAN-JACQUES BOURDIN : C’est-à-dire, qu’est-ce que vous voulez dire Philippe, cest-à-dire qu’on vous interroge pour la fabrication des programmes ?

PHILIPPE : Eh bien qu’on nous interroge ou tout simplement… En début d’année ce que l’on pourrait faire, c’est une idée comme ça, par exemple faire deux ou trois programmes, où chaque programme il y aurait un peu plus de films, un peu plus de reportages, ou un peu plus de ci ou de ça et demander aux Français de voter pour quel programme ils préféreraient, voter pour toute l’année quoi.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ce n’est pas une mauvaise idée, simplement à mon avis il va y avoir des demandes un peu contradictoires de nos concitoyens. Ceci étant dit, je retransmettrai votre idée au président de FRANCETELEVISIONS, je suis sûr que cela l’intéressera, mais cela ne va pas être facile à mettre en œuvre.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Merci Philippe, Eric, bonjour, question au ministre Eric, attaché commercial, 34 ans, vous êtes dans l’Indre.


ERIC :  C’est ça, bonjour Monsieur le Ministre ! Voilà moi j’ai une question, vu la qualité des programmes, pour moi, pour mon avis personnel, la qualité de programmes de télévision, j’ai décidé de ne plus regarder la télévision. Par contre mon téléviseur je m’en sers comme cinéma pour regarder des documentaires que j’achète en supermarché, des DVD ou des films. Donc pourquoi je serais soumis à la redevance télé, parce que je m’en sers comme d’un ordinateur par exemple.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Je vous trouve un peu sévère quand même sur la qualité des programmes. Parce que si vous cherchez un peu, mais vous avez le droit de ne pas vouloir chercher, il y a quand même une pluralité d’offres qui permet de choisir ce que l’on préfère. Maintenant si vous voulez, il faut trouver un système, parce que si je prolonge votre raisonnement, tous les Français nous dirons, moi j’ai une télé et je ne la regarde jamais et alors comment on va faire pour trouver et faire payer une redevance. Donc je comprends très bien, que vous, ne regardant pas la télé cela vous pose problème, mais il faut financer l’audiovisuel public. Mais je vous conseille quand même de regarder un peu la télé, parce que c’est intéressant, notamment l’information.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Bien merci Eric, merci, nous avons Isabelle par mail qui vous demande… je suis en train d’écouter votre émission j’ai une question à poser au ministre à propos de la redevance télé qui va être payée avec la taxe d’habitation, et les personnes qui ont une résidence secondaire ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Eh bien non, les personnes qui ont une résidence secondaire ne paieront pas deux fois la redevance.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Voilà la réponse est donnée par le ministre. Les journées du patrimoine demain, les 21èmes journées du patrimoine, demain et les jours qui suivent. Cette année le thème : les sciences et techniques et à l’honneur l’architecture du XXème siècle.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Voilà, mais moi ce que je préconise c’est de dire aux Français, allez partout, poussez les portes et allez découvrir tout simplement, eh bien les créations qui existent dans notre pays et toutes les époques. C’est-à-dire que je souhaite qu’on relie les époques les unes aux autres et qu’on soit un peu plus fier de nous-même, pourquoi ? Parce que nous sommes un pays qui a des capacités extraordinaires et l’alliance entre le patrimoine et la création, voilà ce n’est pas un supplément d’âme, ce n’est pas quelque chose comme ça d’épisodique ou d’annexe. C’est pour moi, je crois une possibilité d’activité, d’influence pour notre pays considérable. Ce n’est pas uniquement les retombées commerciales dont on parle parfois, c’est en soi une possibilité de développement et de fierté.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Je vois que vous avez proposé la création d’un laboratoire du patrimoine européen.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Oui d’un label du patrimoine européen, cest-à-dire si vous voulez, moi je crois à la nécessité du voisinage et des parcours. C’est-à-dire de découvrir qu’une capitale à une autre, d’une ville à une autre, eh bien il y a des cathédrales, des bâtiments, des façades de café aussi. Le patrimoine ce n’est pas uniquement les châteaux et le plus spectaculaire, c’est aussi tout simplement ce qui fait l’agrément de notre cadre de vie, nos racines. La protection du patrimoine c’est aussi l’enfouissement des lignes électriques et téléphoniques dans un centre de village. Ou une maison, elle est transformée et j’allais dire transfigurée à partir du moment où on l’a débarrassé de ce genre de chose. Donc il faut qu’on aille encore plus de l’avant, c’est difficile, parce que cela coûte cher et donc on fait les choses année après année. Depuis que je suis ministre de la Culture et de la Communication j’ai été dans 41 départements et à chaque fois que je reviens si vous voulez, je m’aperçois à la fois de ce qu’on a réalisé, mais de l’ampleur des besoins.

JEAN-JACQUES BOURDIN : 53, c’est un sondage IPSOS qui paraît demain dans le FIGARO Magazine, 53 % des Français n’ont vu ni musée, ni exposition depuis un an.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Eh bien c’est pour ça que cette opération “ porte ouverte ”, c’est fait, pour que, si vous voulez, ils rentrent partout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
: On en a besoin donc !

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES  :  Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN : On en a besoin, est-ce que vous allez ouvrir votre bureau  ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bien sûr !

JEAN-JACQUES BOURDIN : Il paraît que vous allez changer votre bureau, c’est vrai ou pas ça, j’ai entendu dire, c’est le bureau de Jack LANG ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, non attendez ce n’est pas ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN : C’est quoi alors, quelle est l’histoire ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Quand on est ministre de la République on est ministre … le mobilier ne m’appartient pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
: Oui, c’est le mobilier de la République.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Le mobilier est magnifique, il a besoin d’être restauré, il va l’être, il va être exposé de manière permanente et je souhaite si vous voulez donner une chance à beaucoup de jeunes créateurs. Et donc je souhaite effectivement, que régulièrement, ce n’est pas par caprice personnel, c’est par souci de soutenir les jeunes créateurs, que le mobilier puisse changer, tout simplement pour donner une chance et que vous soyez obligé d’en parler. Et donc, eh bien cela donnera à chacun, à chaque fois une chance supplémentaire et nouvelle. Ce n’est pas le caprice du ministre, c’est tout simplement la volonté de donner un coup de main aux jeunes créateurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Bien, de plus en plus de Français avouent télécharger des morceaux ou des CDD, je rappelle que c’est un délit passible de trois ans de prison et 300.000 euros d’amende, des plaintes ont d’ailleurs été déposées contre une vingtaine d’internautes. La FNAC met en place un site de téléchargement de musique, site payant, le internautes pourront télécharger leur musique.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Eh bien ça c’est très bien ! Et je souhaite qu’il y ait le maximum d’initiatives dans ce sens,  pourquoi ? Parce que moi je ne suis pas censeur ou un castrateur, je n’interdis absolument pas l’accès à la musique ou au cinéma par Internet, c’est très bien, c’est un mode de découverte, de communication, décloisonné, parfait. Simplement il faut avoir le courage de dire que la gratuité absolue cela tue la diversité. Cela veut dire qu’à ce moment là c’est la concentration absolue vers les plus grands groupes ou les systèmes les plus puissants et cela tue la diversité culturelle et artistique et la création à laquelle je suis vraiment attaché. C’est la raison pour laquelle je souhaite qu’il y ait le maximum de sites payants pour la musique ou le cinéma…

JEAN-JACQUES BOURDIN
: C’est 10 euros je crois !

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Attractifs et donc cela permettra à ce moment là, eh bien que cet accès ne tue pas la diversité. Et dès qu’il y aura suffisamment de sites qui se seront lancés, pour donner un coup de pub, je suis prêt d’ailleurs à organiser une sorte de nuit de l’accès à la musique et au cinéma par Internet pour saluer ces initiatives qui sont nécessaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Jacques CHIRAC avait promis une baisse de la TVA sur le disque, Patrick DEVEDJIAN s’est prononcé contre, où en est-on ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : C’est un objectif du gouvernement, c’est toujours un objectif du gouvernement…

JEAN-JACQUES BOURDIN : Ce qu’a dit DEVEDJIAN donc était faux, ce qu’il a dit !

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Chaque ministre peut s’exprimer, ce n’est pas exactement ce qu’il a dit, il a dit au fond que cela ne règlerait pas le problème du disque et personne ne dit que cela réglera l’intégralité des problèmes du disque, c’est pour ça que je me suis attaqué au problème de la piraterie, en liaison d’ailleurs avec Nicolas SARKOZY – nous avons travaillé tous les deux de concert sur ce sujet. Et donc dans les démarches que je fais vis à vis de Bruxelles et de la Commission européenne, j’ai rappelé que la baisse de la TVA sur le disque était un objectif français et je suis maintenant rejoins, ce qui n’était pas le cas par un certain nombre d’autres pays. Nous ne l’avons pas encore obtenue, mais nous continuons à nous battre.

JEAN-JACQUES BOURDIN  : Les intermittents, les promesses seront tenues ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Vous savez je suis un homme d’engagement, donc j’ai défini un calendrier, des étapes, je les tiendrai toutes. Les festivals se sont bien passés et je remercie toutes celles et tous ceux qui ont permis à ces festivals d’exister. Et je remercie surtout les spectateurs, cest-à-dire qui ont été par millions au fond soutenir directement par leur présence nos artistes. Maintenant je suis dans la phase deux, c’est-à-dire la construction d’un système définitif. Je ne m’endors pas, j’ai reçu les partenaires sociaux il y a quelques jours. Il y a un certain nombre d’étapes qui sont devant moi, il  y a un débat national qui aura lieu le 18 octobre pour que les artistes et les techniciens puissent s’exprimer. A la fin du mois d’octobre, enfin le 2 novembre Jean-Paul GUILLOT, me remettra son rapport avec le verdict sur les comptes de l’UNEDIC et les propositions définitives. Je veux sur ce sujet mobiliser les parlementaires, il y aura un débat parlementaire à la fin du mois de novembre ou au début du mois de décembre et ensuite, il faut que l’on parvienne à un système définitif. Je veux, si vous voulez faire en sorte qu’artistes et techniciens, du cinéma, de l’audiovisuel et du spectacle vivant aient des conditions d’existence acceptables et surtout qu’ils soient soutenus par nos concitoyens. C’est-à-dire que je veux que les Français comprennent la réalité de ces métiers et parfois cela n’a pas été le cas et c’est mon boulot.

JEAN-JACQUES BOURDIN : Philippe DUFREIGNE a pour vous la réponse des Français à votre question initiale.

PHILIPPE DUFREIGNE : Affirmer l’objectif européen, est-ce que cela légitime le fait d’être fier d’être français ? Marco des Hauts-de-Seine ; moi je suis fier d’être français et fier d’être européen, l’un ne va pas sans l’autre pour moi. Dire non à l’Europe c’est ne pas être fier de ce qui a été fait pendant toutes ces années par la France en matière européenne. Guillaume de Lyon, pour moi l’Europe d’aujourd’hui c’est l’Europe des délocalisations dans les anciens pays de l’Est. Alors je ne suis pas d’accord pour en être fier, fier d’être français, mais plus d’être européen. Et puis Marc de Gironde par exemple, l’Europe aujourd’hui cela me fait bien rire, quelle fierté peut-on en tirer ?

JEAN-JACQUES BOURDIN : Voilà des réponses contrastées, mais elles sont bien représentatives. Dernière question de Patrick on ne va pas prendre Patrick on n’a pas le temps Renaud DONNEDIEU de VABRES, mais qu’en est-il de la TNT, à quand le lancement et quel avenir pour la télé analogique ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Alors il faut que les français comprennent que cela va être offre élargie. Donc le calendrier là aussi sera tenu, cest-à-dire qu’au début de l’année prochaine, la TNT, cette offre télévisuelle nouvelle avec une pluralité…

JEAN-JACQUES BOURDIN : L’année prochaine donc.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : L’année prochaine, en 2005 cela démarrera et je vais très bientôt avec Dominique BAUDIS, le président du CSA à Londres pour voir sur place comment ils ont réussi chez eux le lancement de la TNT – parce que moi je veux tout simplement offrir aux téléspectateurs les meilleures garanties et ça c’est un objectif que je partage avec Dominique BAUDIS, donc nous allons ensemble voir une expérience européenne réussie pour en tirer des conclusions sur le lancement en France.

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