Un hommage au Trocadéro aux journalistes victimes du "devoir d'informer"
« Ils sont morts, acteurs et victimes de leur devoir dinformer, a souligné M. Donnedieu de Vabres. Nous avons vis-à-vis deux, un devoir de mémoire ». Il a associé à cet hommage les journalistes de la Résistance « qui firent entendre la voix de lespoir au coeur des années noires »… Un hommage officiel aux journalistes disparus ou décédés au cours de leur mission, « victimes de leur devoir dinformer », a été rendu jeudi sur le Parvis des libertés et des droits de lhomme du Trocadéro à Paris par le ministre de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres.
A loccasion de cette cérémonie pour lanniversaire de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, une plaque sur le parvis a été dévoilée: « En hommage aux journalistes et professionnels de linformation, victimes de leur devoir dinformer, disparus ou morts en mission. +La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de lhomme+. Article XI de la Déclaration des droits de lhomme ».
En présence de la famille de plusieurs journalistes disparus, le ministre a salué « la mémoire de ces hommes et de ces femmes qui ont payé le prix le plus fort, celui de leur vie, pour leur engagement dans un métier qui est plus quune profession, mais une vraie passion de linformation, de lévénement, de lhistoire ».
Egrenant les noms des journalistes morts en mission, de David Chim Seymour (Egypte, 1956) à Jean Hélène (Abidjan, 2003), le ministre a évoqué le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, en ce 1O6e jour de sa disparition à Abidjan: « Nous espérons tous que la procédure judiciaire en cours pourra se poursuivre efficacement, afin de faire éclater la vérité ».
« Ils sont morts, acteurs et victimes de leur devoir dinformer, a souligné M. Donnedieu de Vabres. Nous avons vis-à-vis deux, un devoir de mémoire ». Il a associé à cet hommage les journalistes de la Résistance « qui firent entendre la voix de lespoir au coeur des années noires ».
M. Donnedieu de Vabres a inauguré également une exposition de photographies de lAgence France-Presse (AFP) installées sur les fenêtres du Théâtre de Chaillot et du Musée de la marine et de lHomme, de part et dautre du parvis.
Un film de 8 minutes produit par lInstitut national de laudiovisuel (INA) a été projeté. Réalisé à partir darchives audiovisuelles, il évoque des journalistes disparus et leurs conditions de travail.
Le député de Paris Bernard Debré (app. UDF), Bertrand Eveno, PDG de lAFP, Emmanuel Hoog, président de lINA, Xavier Ellie, président du Syndicat de la presse parisienne et de la Fédération nationale de la presse française, ainsi quHervé Bourges, président de lUnion internationale de la presse francophone, assistaient à cette cérémonie.
Le ministre a rappelé quen 2003, 53 journalistes ont été tués, selon lAssociation mondiale des journaux, 36 selon le Comité de protection des journalistes et 42 selon RSF. « Il ny a pas de détail dans ce funèbre décompte, mais une chose est sûre, ce chiffre est beaucoup trop élevé et sans doute le plus élevé depuis 1995 », a-t-il dit.
« Sans la flamme de ces soldats de la paix, du droit de la justice et de la liberté, véritables casques bleus de lhumanisme nécessaire, nous serait interdit ce privilège de linformation, du direct, du vécu instantané », a-t-il ajouté.
