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Ne contemplez pas la France de loin et de haut, Nicolas Baverez !

22 septembre 2003

Faire du Jospin, du géométrique, du décalé du terrain, de l’incantatoire sans lendemain, c’est cela qui fait s’abstenir ou choisir les extrêmes… La mode est aux “rugueux” !

Dénoncer, critiquer, apostropher, jouer contre son camp sont des recettes classiques et habituelles de la réussite et du vedettariat. Avec en prime maintenant la délation…qui vient de faire son apparition !

Parfois certains auteurs y ajoutent la calomnie et le sensationnel, flirtant avec un populisme à la mode où le désir de choquer est plus fort que celui d’informer, où la volonté de contester l’ordonnancement de notre République et de notre système  public est plus facile que celle de le faire évoluer avec mesure et intelligence.

Ces auteurs alimentent les rangs déjà bien trop importants des extrêmes, de gauche comme de droite, qui mobilisent sur le dégoût et les peurs inconscientes des Français.

Il faut reconnaître au livre de Nicolas Baverez d’avoir évité ces écueils.

Mais force est aussi de constater qu’il n’a pas évité un autre récif qui est celui de l’incantation et de l’auto-flagellation, toutes deux stériles et inutiles.

Il agite ainsi le chiffon rouge du déclin brandi maintes et maintes fois en d’autres temps. La France “fout le camp” entendions-nous des néo-conservateurs incapables de s’adapter à un monde moderne.

L’apologie du déclin est un thème récurrent de la littérature politique ; c’est peut-être au fond comme le dirait Nietzsche, la morale de l’impuissant, l’expression du ressentiment, d’une certaine aigreur.

Le livre de Nicolas Baverez “la France qui tombe” est intellectuellement brillant, mais politiquement erroné. Et totalement partial, tant la charge est violente.

“ Les vents empêchent les eaux du lac de pourrir” disait Thucydide ! Il est donc toujours légitime et revigorant d’être confronté à l’oxygène pur qui décape l’esprit et cingle le visage. Ouvrir et nourrir un débat est toujours vivifiant.

Mais trop de virulence tue, à un certain stade, l’efficacité de la démarche…

L’auteur a cru prendre sa plume pour une épée mais sa critique relève davantage de la hache que du fleuret.

Il n’est pas besoin d’invoquer un pseudo déclin de la France pour considérer que l’Etat doit se réformer pour être plus efficace et moins coûteux, pour constater que notre économie ne crée pas durablement assez de richesses et d’emplois, pour considérer que l’attractivité de notre territoire n’est pas suffisante, pour s’alerter du vieillissement de notre population, pour rendre au secteur privé des entreprises qui n’auraient jamais dû le quitter en1982.

L’hymne à l’action et à la réforme, n’en déplaise à Nicolas Baverez, c’est le nôtre, nous qui, face au défaitisme contemplatif de certains, sommes jour après jour au contact des réalités dans les permanences de quartier, dans la rue, confrontés au scepticisme, à la vraie détresse humaine et parfois à l’agressivité de nos concitoyens.

Mais sans faire de triomphalisme prématuré les choses changent : Au “ tenez-bon” du clin d’œil complice d’il y a quelques mois (avant la réforme des retraites), succède maintenant “continuez ! nous sommes avec vous”, sans oublier le “faites vite”…

Ces encouragements ne sont pas suffisamment légions pour nous abstraire de l’obligation de convaincre. C’est même un préalable absolu à toute décision, si on veut qu’elle puisse résister à l’avalanche de contradictions et de coups de boutoir corporatistes.

Cette dimension de l’action politique quotidienne, réelle, échappe totalement à l’auteur de “la France qui tombe”. De même que lui est étranger  le souci de véritablement entraîner vers un objectif, en se donnant les moyens d’être précis, concret, proche. Attentif à chacun. Résolu à faire marcher le plus possible au même rythme tout un peuple.

Faire du Jospin, du “géométrique”, du décalé du terrain, de l’incantatoire sans lendemain, c’est cela qui fait s’abstenir ou choisir les extrêmes…

Oui, vous avez raison Nicolas Baverez d’insister sur le 21 avril 2002, où plus d’un Français sur deux a choisi de faire grève ou d’entrer en rupture.

Mais pour sortir de cette ornière, vous êtes aussi pédagogue que la personne qui dirait la veille d’un examen ou d’un concours au candidat : la barre est trop haute, renoncez sans livrer la bataille ! Vous savez que la clé de la reprise, c’est la confiance des ménages, la foi en l’avenir. Alors pourquoi alimenter la crainte et créer artificiellement le catastrophisme ?

Les Français sont plus intelligents  que vous ne le pensez, même s’ils sont prompts à la révolte ou enclins au conformisme douillet et conservateur.

La polémique politique peut être un art, supposer beaucoup de talent littéraire et vous n’en manquez pas.  A César ce qui est à César !

Mais être un chef politique, un amiral à la passerelle, qui scrute l’horizon, évite les écueils, donne le cap et règle l’allure, implique d’être un stratège et un être humain. De sortir des lambris, quels qu’ils soient, où l’air ne se renouvelle guère pour tout simplement aller à la rencontre de son prochain.

Afin de mesurer avec précision les priorités, les urgences et de définir une méthode pour parvenir à de vrais résultats.

Oui, l’air du temps est électrique. Vous avez raison de parler de chaos, d’une rupture dans la vie internationale et nationale.

Vous seriez dans votre droit de nous secouer, de nous réveiller, de nous provoquer même, si nous étions endormis, sourds, aveugles.

Mais, les craquements du monde extérieur et de la vie dans nos immeubles et nos écoles, nous les recevons 5 sur 5. Et cela nous mobilise beaucoup plus que vous l’imaginez.
L’équation à résoudre est davantage d’aménager la faible marge de manœuvre budgétaire dont nous disposons, que de rendre des arbitrages idéologiques pour tracer un cap qui a été déjà fixé afin de moderniser notre économie, notre organisation territoriale, nos retraites, notre éducation nationale, notre sécurité extérieure et intérieure…

Vous auriez dû écrire votre plaidoyer des années auparavant pour alerter Lionel Jospin sur des graves erreurs qu’il commettait en “plombant” la croissance de mesures contre performantes. Vous l’auriez mis face à sa grave responsabilité dans le recul de notre pays, car c’est bien plus d’un recul dont il s’agit que d’un effondrement de la France.

Contre la torpeur, la facilité, la démagogie issues de la gauche socialiste – que vous semblez avoir totalement disculpée – nous avons le courage de la vérité et de l’appel à la responsabilité individuelle.

Au moment de la réforme des retraites – dont il faudra, certes, parfaire le financement – nous avons opéré un changement total de perspective, une vraie révolution culturelle !

Nous avons dit tout simplement la vérité aux Français
, c’est à dire : “pour avoir presque autant, il faut travailler plus longtemps” ; c’est le contraire absolu de la logique démagogique des 35 heures et du “on rase gratis”…

Nous faisons confiance aux Français, mais nous cherchons à les mobiliser : à leur faire comprendre que c’est l’effort, l’engagement, l’application de chacun qui fera de notre pays une grande puissance. Une nation où se retrouvent et se conjuguent enfin harmonieusement le respect absolu de la liberté de la personne et la mise en œuvre des règles et principes nécessaires à la vie en société.

Nous n’avons plus peur d’interdire et nous n’avons pas non plus peur de consacrer les droits de l’homme et du citoyen, la liberté de chacun à vivre sa vie.

Nous n’avons pas eu non plus peur de dire haut et fort à la face du monde que dans un monde dangereux, où prolifèrent les nouvelles menaces terroristes, le droit n’est pas un détour, une manœuvre, mais un impératif pour sauver tant qu’il est encore temps la paix.

Où étiez-vous Monsieur Baverez en ce vendredi de février où Dominique de Villepin à New York à l’ONU a trouvé les mots simples mais forts qui ont retenti dans l’ensemble des opinions publiques du monde comme une belle maxime française ?

Où étiez-vous cet été pour oser parler de “vague sentimentalisme humanitaire” en expliquant même que “la véritable corruption d’un système politique intervient lorsque l’action est évincée par la communication, que la compassion se substitue à la décision” ?

Pour que la France et les Français réussissent dans cet univers dangereux et dur, nous n’avons pas besoin de faux prophètes apocalyptiques.

Chacun a parfaitement compris les risques et les dangers de la paralysie, de la lâcheté, de l’immobilisme.

Nous avons besoin d’une équipe au grand complet, à tous les postes de combat. Résolue et généreuse. Ouverte et volontaire.

Ne vous trompez ni de cible, ni de cap. Aidez-nous à mettre tout le charbon nécessaire dans la chaudière pour faire avancer le navire.

Ce n’est pas en croyant contempler et en caricaturant le déclin français, la panne de volonté et de clairvoyance de notre pays, que vous serez un artisan du redressement.

Vivez avec chacun de nous la réforme, le débat, la discussion, le contact simple et direct, la difficulté à comprendre puis à agir.

Votre talent que chacun reconnaît sera transfiguré.

Au lieu d’être un venin destructeur, il sera un fer de lance et un aiguillon toujours salutaires.

Nous n’avons pas besoin de chantres du déclin, mais de bâtisseurs de rêves fondés et construits sur les exigences de la réalité.

Bienvenue à bord pour écrire de nouvelles pages qui rassembleront positivement les Français. Enfin !

***

PS: Comme je ne voudrais pas être taxé de censure ou de solidarité hagiographique en faveur du Président de la République, du Premier Ministre ou du Ministre des Affaires Etrangères, voici quelques saillies parmi les plus brutales ! A vous de juger librement :

« Cet immobilisme politique, économique et social, mais aussi intellectuel et moral, plonge désormais la France dans le déclin. L’autisme d’une classe politique  rivée aux modèles des années 1960 et 1970 a entretenu le désarroi des citoyens jusqu’à transformer l’accélération de l’histoire en déclassement de la nation »

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« Le mandat réformateur impératif donné par les Français est resté au stade du service minimum ».

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« Le gouvernement ne dirige pas la politique de la nation mais fonctionne comme une cellule de soutien psychologique, aussi prompte à entrer en empathie avec les victimes de son incurie que réticente à envisager tout remède à leur situation ».

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«  La France a choisi d’ignorer la grande transformation du XXIè siècle, en cultivant le statu quo et la rigidité. Ce déni débouche sur une position qui oscille entre l’opposition frontale et l’abstention, interdisant toute proposition positive pour se cantonner à la dénonciation où à la négation ».

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« La France évolue à contre-courant du monde. La géopolitique du chaos impose de la part des démocraties à la fois une réponse commune aux nouveaux risques et un principe de coordination afin de freiner l’emballement des tensions et de la balkanisation de la planète. Or la diplomatie française a entrepris de démultiplier la fracture de l’Occident et de dupliquer l’unilatéralisme américain à l’échelle de l’Europe, notamment pas l’admonestation hautaine des nouvelles démocraties ».

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« La France court aujourd’hui un risque de marginalisation en Europe et dans le monde d’autant plus grand qu’elle maintient un discours de la  puissance déconnecté de ses moyens d’influence et d’actions réels. »

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« Elle a pensé la chute du mur en 1989 puis les attentats du 11 septembre 2001 non comme des évènements révolutionnaires qui changeaient le monde, mais comme la continuation de la géopolitique du XXè siècle, avec l’URSS en moins et Ben Laden en plus ».

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« La crise irakienne a cristallisé les contradictions de la diplomatie française, dont l’action est tout entière contenue dans le slogan « beaucoup de bruit pour rien ».

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« Pour avoir cédé à la passion, la diplomatie française sort exsangue du duel lancé aux Etats-Unis à propos de l’Irak, tout comme elle s’est couverte de ridicule en se lançant dans une expédition barbouzarde avortée au cœur de l’Amazonie pour libérer Ingrid Betancourt, prisonnière des FARC en Colombie ».

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« Paris vaut bien une messe, avait tranché Henri IV en acceptant de se convertir au catholicisme pour accéder au trône de France ; “Evian vaut bien une résolution de l’ONU” a dû se résoudre à conclure Jacques Chirac en s’alignant sur la proposition américaine au sein du Conseil  de Sécurité, lors de l’examen de la résolution 1483 ».

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« En Europe, la France a aussi brillamment compromis deux décennies de patients progrès en matière de politique extérieure et de sécurité Commune en faisant  éclater l’Union en deux blocs autour de la réactivation du clivage atlantique. Elle a aussi dégagé un voie royale à la diplomatie britannique ».

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« Il reste très difficile de plaider de manière convaincante contre la guerre, quand on ne dispose plus des moyens à le faire. Aussi la France illustre-t-elle aujourd’hui la maxime d’Elie Halévy selon laquelle « sans la menace de la force armée, la diplomatie n’est que jappements de roquet » !

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« Au lieu d’expliquer la situation réelle de la France , de favoriser la prise de conscience des citoyens pour les convaincre de la nécessité du changement, l’essentiel du discours politique a été consacré à l’éloge de l’immobilisme au nom de l’excellence de l’exception française. La préférence pour la démagogie est la chose la mieux partagée entre majorité et opposition, quelle que soit la configuration ».  

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« Le seul service minimum qui fonctionne est celui de l’action gouvernementale. En réalité le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin n’est pas celui de la France d’en bas mais bien celui de « la France qui tombe » ».

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«  La rétroaction du politique dans la démagogie et la communication, au triple détriment du projet, de la pédagogie et de l’action, jointe à la montée de l’individualisme, provoque un formidable appel d’air dans lequel s’engouffrent l’extrémisme politique et la nihilisme social».

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« Au gouvernement, comme dans l’opposition, chacun doit désormais choisir son camp : soit la thérapie de choc pour moderniser le pays à marche forcée, en prenant le risque d’affronter les corporatismes, soit la poursuite d’un déclin pas si tranquille, car débouchant inéluctablement sur une nouvelle progression, voire l’accession au pouvoir, de l’extrême droite, avec pour pendant la radicalisation accélérée de la violence sociale. »

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DONNEDIEU DE VABRES A LA «NR»: « Les statuts de l’UMP révisés ».

22 septembre 2003

Les journées parlementaires de l’UMP se déroulent aujourd’hui et demain à Nancy. Député d’Indre-et-Loire et porte-parole de l’UMP, Renaud Donnedieu de Vabres les présente… « N.R. » : L’organisation et le financement de « courants de pensée » au sein de l’UMP, prévus par les statuts, et censés assurer la démocratie interne, ont été rejetés par Jean Pierre Raffarin . C’est conjoncturel ou définitif ?

Renaud Donnedieu de Vabres : « A l’intérieur de l’UMP le droit au débat existe, il doit être garanti, il l’est et il le sera avec des moyens financiers concrets. Seulement nous ne voulons pas être trop rigi-des. Nous ne voulons pas que, par le biais des « courants de pensée », soient ressucités les anciens partis ou que soit lancée la prématurément la désignation des futurs candidats à l’élection présiden-tielle.  Nous allons élaborer des règles souples, qui permettront, par exemple à dix parlementaires qui souhaitent organiser un colloque sur la Turquie dans l’Europe ou la laïcité, de disposer de tous les moyens nécessaires pour le faire. Un « Conseil des débats » va être mis en place auprès du président de l’UMP Alain Juppé. Et parallèlement, nous mettons à l’étude la révision de nos statuts. Ce ne sont pas trois personnes qui en décideront, mais les instances de l’UMP qui seront convoquées à cet ef-fet.. »

« N.R. » : « On entend le Président, le Premier ministre, le gouvernement, mais guère l’UMP. C’est le retour du, parti godillot ? »

R.D.D.V. : «  je vous trouve injuste. il y a une réalité : un parti qui soutient le gouvernement est, par définition, moins audible qu’un parti qui le critique. Mais c’est notre honneur et notre force de ne pas être le muet du sérail et de dire quand les choses vont ou ne vont pas. Par exemple il y a eu débat au sein de l’UMP sur le choix de la baisse de la fiscalité, et nous nous sommes exprimés. De même dès que nous avons appris qu’on étudiait une taxation supplémentaire pour le vin, nous avons dit notre opposition. Et puis, l’UMP a été la seule formation politique à aller à la rencontre des français, dans tous les départements, jouant ainsi notre rôle de relais de l’action du Président de la République et du gouvernement. Nous allons continuer à le faire à l’occasion du débat national sur l’école. »

« N.R. » : A six mois des régionales, la situation n’est pas claire entre l’UMP et l’UDF. Par exemple en région Centre.

R.D.D.V. : « Mon ambition est que la majorité présidentielle (l’UMP et l’UDF) désigne le meilleur can-didat ou la meilleure candidate pour que la région Centre s’inscrive pleinement dans la réussite de l’action de cette majorité. Il faut changer la présidence régionale actuelle, dont le bilan est insignifiant. Aujourd’hui deux personnalités se profilent : le sénateur UMP du Cher, Serge Vinçon, et la sénatrice UDF de Loir-et-Cher, Jacqueline Gourault. Je soutiendrai l’un ou l’autre avec la même énergie. L’important c’est que notre porte-drapeau représente authentiquement la majorité présidentielle et qu’il sache rassembler tous les électeurs. C’est pourquoi je souhaite que s’arrête le jeu des petites phrases et des critiques faciles. Je ne vis pas Jacqueline Gourault, que je n’ai jamais entendue tenir des propos clairement démarqués de la politique du gouvernement, mais François Bayrou, le prési-dent de l’UDF, dont la brutalité de la critique ne me trouble pas, moi, mais peut troubler notre électo-rat, ce qui serait grave. »

Propos recueillis
par Daniel LLOBREGAT.

Jacques Chirac tend la main à la gauche sur la santé. Alors, François Hollande ?

18 septembre 2003

Une rencontre sur la santé Juppé-Hollande cela aurait de la gueule ! Alors, François Hollande : chiche ? Chacun voit bien que la réforme de notre système de santé et la garantie d’un financement durable de notre régime d’assurance maladie sont une grande cause nationale, qui doit rassembler l’ensemble des Français.

Oui aux propositions, oui aux débats, oui à la vérité absolue sur la réalité de la santé des Français et l’état de notre système de soins, oui aux confrontations constructives !

Non aux polémiques politiciennes stériles, à la contestation gratuite qui ne fait que discréditer ses auteurs !

C’est au fond le sens du discours de Jacques Chirac à Auxerre :

“ Ce n’est pas dans la contestation systématique de tout, et surtout pas dans les violences, que les problèmes des Français trouveront leur solution et que la France grandira.

Sachons voire ce qui va mal sans croire que tout va mal. Sachons dénoncer nos manques, mais pour mieux les combler. Sachons nous indigner, mais pour proposer et construire.

Il est grand temps que se diffuse une culture de l’écoute, du respect de l’autre et du dialogue démocratique entre citoyens responsables reconnaissant la primauté de la loi républicaine et rejetant toute forme de violence entre eux.

Chacun mesure à quel point la culture de l’affrontement est anachronique et nous a handicapé par rapport à nos voisins.”

Le Président appelle la droite et la gauche à aller plus loin sur la voie du dialogue, notamment  à propos de la modernisation du système de santé.

Lors du débat sur les retraites, la gauche socialiste a été inaudible, aux abonnés absents. Seule la rue a été bruyante. Seule l’extrême gauche a exprimé sa rupture. Mais tous étaient dans leur mutisme politique soudés par leur refus ou leur incapacité à oser l’alternative.

Les questions de santé sont beaucoup plus difficiles à résoudre que le financement des retraites.

Il ne s’agit pas de “l’avoir” mais de “l’être”.

Au terme d’une vie professionnelle marquée par de légitimes différences de rémunération, les Français comprennent qu’il puisse exister des écarts entre les retraites, pour peu que le minimum soit décent et le système de calcul juste et équitable.

Face à la maladie, l’exigence d’égalité absolue de traitement prime. C’est normal.

Face à son médecin, pdg et ouvrier se ressemblent. Ce ne sont plus 2 fonctions, mais 2 êtres humains égaux dans leur dignité d’homme.

Cela a des conséquences redoutables sur l’ampleur de la réforme à réussir car les besoins sont considérables et notre irresponsabilité manifeste. L’augmentation de 11% en 2002 des arrêts maladie est là pour en témoigner…

Le “trou de la sécu” a toujours été comblé…Pourquoi s’affoler ? Pourquoi faire évoluer notre comportement personnel ? “Ils” n’ont qu’à faire payer les riches ! Un petit point de CSG, un tout petit point, et le tour est joué pensent même certains, oubliant qu’en matière de prélèvements obligatoires, nous avons le bonnet d’âne européen !

Nous devons tourner le dos à cette lamentable panne de courage qui nous caractérise parfois…

L’heure est à un constat impitoyable et lucide de la situation à laquelle nous devons faire face pour maintenir un système de soins de qualité, reposant sur la liberté et sur la responsabilité, répondant à l’impératif d’égalité.

Il ne s’agit d’ailleurs pas uniquement d’une question financière, de recettes supplémentaires à trouver ou de dépenses à mieux maîtriser
.

L’enjeu est aussi qualitatif. Les 2 objectifs sont d’ailleurs parfois complémentaires.

Faire de la carte vitale un vrai document de santé comportant toutes les données de notre situation personnelle serait un immense progrès. Tant pour la perspective thérapeutique que pour la responsabilisation accrue de l’assuré social que nous sommes tous.

Le Premier Ministre a raison d’être exigeant sur le contenu de la réforme. Prendre des mesures conjoncturelles aussi nécessaires soient elles sans architecture nouvelle, eût été indigne. Une sorte de retour à des époques où les couches de peintures accumulées finissaient par faire tenir les coques en bois vermoulues de certains de nos bateaux…

Nous devons faire partager aux Français le diagnostic sur les besoins.

Nous devons mesurer l’ampleur exacte de la crise, notamment hospitalière, où l’entrée en vigueur les 35 heures sans réflexion préalable appropriée a aggravé la situation : services encombrés, personnels débordés, relations patients-médecins, médecins-familles insuffisantes, rénovation des bâtiments et modernisation des équipements à poursuivre, recherche à encourager sont autant de défis à relever.

Faisons-le ensemble.

C’est véritablement un sujet qui doit réunir au-delà des clivages traditionnels. Cela ne signifie pas le consensus absolu, la solution unique, l’absence de contre-projet. Mais l’affichage d’une volonté commune d’agir en profondeur.

Une rencontre Juppé-Hollande sur la méthode pour parvenir à un grand débat et à une bonne réforme redorerait le blason de la politique, des élus, des partis
.

On ne parlerait peut-être plus avec “mépris” de “classe politique”.

Bref cela aurait de la gueule !

Alors, François Hollande, Chiche !

Ne soyez pas décalé vous-même vous qui le reprochez gratuitement au Président de la République.

Ne restez pas “refuznik” !

Vous allez penser qu’on “ne dîne avec le diable  qu’avec une longue cuillère” … pour citer La Fontaine.

Comme vous venez d’aller plancher sur la laïcité devant la Commission Stasi installée par Jacques Chirac, ne pensez ni à Dieu ni au Diable ! Pour une fois, aux Français…A Tours, je le fais avec Jean Germain, le maire PS ! Alors, suivez l’exemple !

Une rencontre sur la santé Juppé-Hollande cela aurait de la gueule !

Alors, François Hollande : chiche ?

Gardiens d’immeuble

17 septembre 2003

Permettre à chacun de vivre en sécurité dans notre ville est un devoir qui incombe à chaque responsable public. Or, force est de constater qu’à Tours, malgré de réels progrès et un travail exemplaire des policiers, beaucoup reste à faire. L’heure n’est pas à l’autosatisfaction déconnectée de la réalité. L’exigence de nos concitoyens reste légitime, leur impatience compréhensible, même si nous avons à réparer les erreurs de la gauche en la matière.Il convient d’abord de mettre un terme au débat stérile sur la part de responsabilité entre compétences nationale et locale. Une nouvelle coopération entre l’Etat et la ville doit être instaurée pour que l’ensemble des citoyens puisse vivre en toute quiétude.
En effet, pour que soit rétablie l’autorité publique, il serait plus efficace de mieux coordonner  les moyens dans le respect des prérogatives de chacun. Garant de la sécurité des personnes et des biens et de la tranquillité publique, le maire devrait ainsi travailler de manière accrue en partenariat avec la préfecture, la justice, la police nationale, la gendarmerie, les travailleurs sociaux, les gardiens d’immeuble, et plus largement avec tous ceux qui oeuvrent au maintien de la concorde civile.

Nous souhaitons donc que des initiatives soient prises afin de permettre à la police municipale de jouer pleinement son rôle de vigilance dans toutes nos rues et dans chacun de nos quartiers, ce qui implique naturellement pour la municipalité un redéploiement plus précis des agents selon les lieux les plus sensibles, un réaménagement adéquat des horaires de travail,  une étroite concertation et complémentarité entre les agents chargés de la sortie des écoles, de la surveillance des parcs et jardins, des bâtiments, des gardiens d’immeubles, des travailleurs sociaux, et la mise en place d’une réelle coordination avec les services de l’Etat et la Préfecture.

Bien entendu, la répression seule n’est pas suffisante. Dans un souci d’éducation et de prévention, il faudra naturellement veiller à ce que chacun respecte la règle, et pour ce faire, rompre avec l’esprit de mai 1968, qui a trop contribué au développement de l’irresponsabilité, de l’individualisme et de son corollaire : l’insécurité. Il est également vital d’offrir aux plus jeunes de nos concitoyens et particulièrement ceux en difficulté, les moyens d’acquérir cet esprit d’initiative, de civisme et de respect d’autrui indispensable pour contrer les actes de délinquance et de trouble à l’ordre public. Il faut également davantage de lieux de rencontre et une offre sportive de proximité renforcée.

A cet égard, près d’un an après la mise en liquidation des anciens foyers ACCES voulue par Jean Germain, on ne peut que s’inquiéter de l’absence de mise en place de véritables activités socio-éducatives de remplacement pouvant accueillir la totalité des jeunes précédemment inscrits.
Chaque quartier devrait pouvoir compter sur une structure adaptée et conforme aux attentes des Tourangelles et des Tourangeaux.

Interdit

17 septembre 2003

Dans la France d’aujourd’hui, il était devenu urgent de rappeler les nécessités de l’autorité, de l’ordre, du respect de règles. Sans pour autant porter atteinte à la nécessaire liberté individuelle que chacun revendique à juste titre pour lui même. Mais en l’encadrant, ou tout au moins en prévoyant la sanction éventuelle, c’est à dire la mise en jeu de la responsabilité.

Cette nouvelle attitude politique produit de nombreux résultats.
 
 
 
     
 La diminution spectaculaire du nombre de tués sur la route est la suite directe de la fermeté de Gilles de Robien assortie de la fameuse et célèbre “peur du gendarme” !

Soyons sincères : lequel d’entre nous attachait systématiquement sa ceinture de sécurité, veillait scrupuleusement à ne pas dépasser la vitesse autorisée ? J’assume n’avoir pas été toujours exemplaire. Sur le téléphone portable, j’ai encore du travail !!!

Le lien direct entre discipline-résultats est fécond. Il mobilise, entraîne et incite chacun à aller dans la bonne direction. Celle où l’on constate que le progrès ne vient pas du hasard, d’une sorte de soucoupe volante, mais de la somme des efforts individuels constatés. Cela rompt le sentiment parfaitement désespérant où rien ne semble pouvoir jamais changer, s’améliorer, évoluer dans le bon sens.

La baisse régulièrement observée des chiffres de la délinquance traduit également l’efficacité du changement de cap de la politique suivie. Le sentiment d’impunité absolue qui habitait les “caïds” dans certains immeubles ou dans certains quartiers de nos villes tend à disparaître.

Tout n’est pas pour autant réglé, car la mise en œuvre sur le terrain des nouvelles mesures et des nouvelles règles prend du temps. Elle doit impliquer l’ensemble des professionnels concernés (magistrats, policiers, gendarmes, gardiens d’immeubles etc…)

Le Ministre de la Justice vient ces jours derniers d’accueillir les juges de proximité qui vont désormais faire œuvre utile et renforcer le sentiment de sécurité et rétablir la tranquillité publique.

Pour taper fort, il faut parler vrai et direct. Quitte parfois à heurter et à choquer.

En témoigne la brutalité des inscriptions “préventive” sur les paquets de cigarettes. Fumer tue… Avec les lettres noires du deuil. C’était inenvisageable de cette manière hier…

Cette alerte nécessaire inspire également les campagnes de prévention du sida qui doivent rester percutantes pour frapper les esprits malheureusement prompts à oublier les risques.

Il reste utile de parler cru concernant la drogue, à cause des engrenages, du passage progressif de produits réputés inoffensifs vers des substances qui détruisent toutes les facultés et entraînent la mort.

Le débat lancinant sur la dépénalisation des drogues dites douces vient d’être tranché. Enfin, vus les dégâts.

L’annonce par le Premier Ministre d’un dispositif concret et équilibré le prouvera : L’usage simple et privé ne doit pas être dépénalisé, mais puni d’une contravention et non plus par la prison. Pour les premières interpellations du moins.

L’ensemble de ces dispositifs ne font que traduire une nécessité sociale vitale : permettre l’épanouissement humain et parfois se protéger contre soi-même. C’est dire que la vigilance pour le respect de la liberté de la personne s’impose. La loi doit la protéger contre vents et marées, qui peuvent parfois faire de vrais dégâts.

L’art de la politique humaniste c’est de savoir concilier principe de responsabilité et respect de la liberté. Règle collective et droit de la personne.

Un vaste défi que nous devons réussir.

Tri sélectif

17 septembre 2003

Le tri sélectif est devenu pour presque tous les habitants de Tours une réalité très concrète, ce système de collecte des ordures ménagères créant par là-même de nouveaux réflexes, de nouvelles habitudes et… de nouvelles contraintes.     
    
Depuis quelques jours, c’est maintenant l’ensemble des Tourangelles et des Tourangeaux qui sont concernés puisque « l’hyper centre », soit 20 000 personnes, se voit attribuer leurs containers de couleur jaune.

Même s’il n’est pas question de remettre en cause le tri sélectif, qui est actuellement la solution écologique la plus simple et la plus rapide à mettre en œuvre pour gérer nos déchets, se pose néanmoins la question du mode et de la fréquence des ramassages proposés aux habitantes et aux habitants de chaque quartier de notre ville, et qui prennent en compte les spécificités de l’habitat qui leur est propre (grands ensembles, petits particuliers, etc…)Pourquoi le Maire s’entête-t-il à vouloir un « système unique », alors que son adjoint en charge du dossier, lors du dernier conseil, lui a fait part des réelles difficultés que ces grands containers ne manqueront pas de provoquer dans un quartier comme celui de Plumereau ?

Pourquoi Jean Germain ne lance-t-il pas, ce qui ne serait ni cher, ni long, ni compliqué, un programme de construction d’un « local à containers » pour les habitants des grands ensembles de Tours, je pense en particulier aux Rives du Cher où, l’été, les odeurs sont insupportables ?   

Monsieur le Maire, la mise en place du tri sélectif est un très bel objectif, nécessaire à la préservation de notre environnement, cette préoccupation majeure n’est ni de gauche, ni de droite.

Monsieur Germain, la très sérieuse question de la gestion de nos déchets ne peut pas se limiter, pour nos concitoyennes et concitoyens, en une série de mesures techniques décidées « d’en haut » et imposées sur un mode unique ne tenant pas compte des contraintes auxquels ils sont confrontés.

Sinon à force de décisions autoritaires forcément mal comprises et ne subissant que les aspects négatifs (ramassages moins fréquents, hausse des prix, encombrement des trottoirs, etc…) les Tourangelles et les Tourangeaux, lassés, perdront de vue l’objectif que nous poursuivons avec la mise en place du tri sélectif : protéger notre planète !

Beaux arts

17 septembre 2003

Lors du dernier conseil municipal, Jean Germain s’en est prit directement à deux « institutions » qui depuis des années travaillent très efficacement et discrètement en faveur des « arts plastiques » sur notre ville, leur reprochant leur isolement, vis à vis de la vie culturelle qu’il veut organiser et maîtriser sur Tours.

Jean Germain vient donc de prendre pour « nouvelles cibles » l’Ecole Régionale des Beaux arts et le Centre de Création Contemporaine.Pourtant l’Ecole des Beaux-arts, chaque année, forme des artistes plasticiens avec ce que cela peut représenter de vie, d’énergie, d’indépendance, de liberté et parfois même d’impertinence nécessaire à la bonne santé de la vie culturelle dans notre ville, celle-ci permet également à de nombreux amateurs de s’initier aux arts plastiques.

Il en est de même pour le CCC qui est devenu, au fil des ans, un espace « incontournable » de l’art contemporain en France et dans notre région, celui-ci présentant régulièrement des œuvres d’artistes vivant.

Alors pourquoi mettre en cause, au travers de leurs responsables, ces structures qui ont fait leurs preuves ?

Après les disparitions brutales de : l’Historial de Touraine, du centre d’étude des langues vivantes, de la cité internationale, de l’aquarium de Tours…nous ne pouvons nous empêcher de penser, et de nombreuses Tourangelles et Tourangeaux avec nous, qu’il y a sans doute une raison cachée à ces déclarations et se rappeler du dicton populaire qui dit « quand tu veux tuer ton chien dit qu’il a la rage ».

Nous nous souvenons tous que la disparition de l’Historial et de l’aquarium cachait un autre projet, que la fin de la cité internationale avait été programmée pour être remplacée par l’auberge de jeunesse…Alors peut être qu’il s’agit là, par exemple de construire, à la place des Beaux-arts… un hôtel ?

Par ailleurs la ville de Tours devrait engager une vraie réflexion sur un lieu contemporain permettant de présenter l’art contemporain, au service de jeunes talents de notre ville et capable d’accueillir des artistes confirmés. Il faut se donner les moyens d’être la « Capitale du Val de Loire ».

Bateau navette

17 septembre 2003

Un nouveau barrage sur les bords du Cher ?

Alors que depuis des années les habitantes et les habitants des Rives du Cher se plaignent régulièrement à Jean Germain ainsi qu’à Gérard Gernot du mauvais entretien de leur rivière et de ses berges, ceux-ci ont eu la surprise de voir se construire, en quelques jours, le second ponton d’embarquement destiné aux passagers du bateau navette qui devrait faire, durant l’été, la traversée du Cher.

Ce projet, qui est mis en œuvre actuellement à quelques mois des élections régionales, et qui d’ailleurs n’est pas vraiment nouveau – il avait été annoncé …coïncidence de calendrier sans doute…juste avant les élections  municipales –  pose de manière très concrète la question toujours pertinente de l’usage des impôts du contribuable, et du sentiment de gaspillage de fonds publics que peuvent provoquer certaines réalisations trop médiatiques ou dont l’utilité apparaît comme fortement discutable.Construire un bateau pour faire faire « un petit tour » sur le Cher aux touristes qui visitent notre ville aurait pu, si cela avait été bien mené, créer un peu d’animation sur ce quartier « tout en longueur » et cela aurait été une bonne chose…Ce projet n’étant pas destiné, pour une fois, au centre de Tours.

Mais dans ce cas il est vraiment difficile de ne pas considérer ce projet comme une énorme gabegie!

On nous annonçait un bateau à l’énergie solaire… Il devrait fonctionner au gaz… Il devait transporter de nombreux passagers… Ce devrait être au plus une quinzaine de personnes… On l’imaginait voguant fièrement sur le Cher comme les « bateaux-mouches » sur la Seine…Il ne fera que le traverser en été… Et cela à, à peine, quelques centaines de mètres de la passerelle piétonne qui elle-même a coûté si chère pour servir si peu !

Le lieu choisi pour implanter cette navette est lui aussi surprenant : à cet endroit, en été le Cher est souvent à sec… On peut même le traverser à pied, alors comment ce bateau va-t-il pouvoir flotter tous les jours ?… Et il semblerait en plus que ce soit un des endroits où les poissons viennent frayer…

Et puis… et puis il y a aussi  des habitants qui vont avoir sous leurs fenêtres le passage des fameux touristes… qui ne doivent pas être des personnes handicapées (aucune rampe d’accès n’est prévue), et le bruit et les dégradations inévitables que toute activité humaine occasionne…

Et puis il y a ces « pontons », un surtout, qui depuis plusieurs jours maintenant s’est transformé en barrage pour tous les branchages que le Cher charrie, en hiver cette fois, et qui viennent s’amonceler dans les structures en aluminium… Branchages d’autant plus nombreux que le Cher n’est pas entretenu !

Alors oui ! Je comprends que les habitantes et les habitants des Rives du Cher considèrent que l’argent de leurs impôts est vraiment bien mal employé, et même gaspillé et qu’ils ne soient pas contents de votre idée (au fait combien a-t-elle coûté aux contribuables?) et qu’ils vous en fassent part.

Monsieur le Maire, avec votre adjoint et Conseiller Général Monsieur Gérard GERNOT, peut être est-il, pour vous, grand temps d’en parler avec eux… et pourquoi pas lors du prochain Conseil de la vie locale que vous venez de mettre en place ?

Conseil municipal

17 septembre 2003

Le drame engendré par la canicule cet été en France avec une surmortalité exceptionnelle n’a épargné ni la Touraine ni notre ville.

En effet, avec une augmentation de 83% des décès pour la période du 25 juillet au 31 août (335 décès pour 183 en 2002), les familles tourangelles ont été durement frappées par cette hécatombe qui a ainsi révélé les carences et les dysfonctionnements de notre société.

S’il est encore trop tôt pour tirer définitivement toutes les conséquences de cette catastrophe sanitaire et notamment en matière de santé publique, un constat s’impose : l’individualisme, la solitude des personnes âgées, la déliquescence du lien familial et l’indifférence sont certainement au cœur de ce drame

.L’individualisme se mutant en égoïsme voire même en non-assistance à personne en danger est une réalité insoutenable et pourtant très actuelle.

Le dévouement exceptionnel de celles et ceux qui accompagnent les personnes âgées dans les misères de la vie quotidienne n’est pas en cause.

Beaucoup de nos aînés, en raison des départs en vacances de leurs proches et en l’absence de contacts humains, se retrouvent seuls et livrés à eux-mêmes. Certains n’ayant aucune assistance, sont, dès lors au terme des vacances, retrouvés morts.

Cette réalité atroce doit nous mobiliser pour trouver les solutions appropriées pour éviter cette apocalypse indigne d’une société soi-disant évoluée, riche, civilisée.

A la solidarité familiale, aujourd’hui insuffisante, ne doit pas se substituer, de manière antagoniste, celle de l’Etat ni des collectivités territoriales. On pourra créer des milliers de postes supplémentaires, rénover les maisons de retraites, détecter plus en amont les détresses personnelles ou collectives, si chacun n’y met pas un peu de sien, si nous ne parrainons pas vraiment nos aînés, le système public, malgré le trésor de générosités individuelles, ne fera pas face.

L’âge doit conférer des droits. Une écoute. Un respect. Des égards. Sans idéaliser le passé, la réconciliation des générations est un impératif. Avec une vraie proximité, celle de la famille.

Bien entendu, si l’attention portée aux personnes âgées est une obligation individuelle à la charge de chacun, elle doit aussi être une priorité pour notre ville. Car cette crise a aussi mis en évidence les dysfonctionnements même si la réalité a été mieux maîtrisée qu’ailleurs et qu’il n’a pas été nécessaire de déclencher le plan « blanc ».

Une prise de conscience en matière de prévention est donc nécessaire.

Il appartient à notre ville de favoriser un partenariat plus étroit entre tous les acteurs de terrain, médical, paramédical et social, entre le service public et le secteur libéral.

Permettre ainsi la création de centre de gestion des appels disposant de tous les numéros utiles ( aide à domicile, soins infirmiers, travailleurs sociaux) à l’image des centres de réception, régulation et transmission des appels qui existent déjà dans le secteur libéral et qui ont fait leurs preuves. Un tel dispositif contribuerait dès lors à désengorger le SAMU ( centre 15) qui pourrait ainsi se consacrer de façon plus efficace et plus sereine à la prise en charge des urgences vitales.

Un des enseignements majeurs à tirer de ce douloureux épisode doit inciter les pouvoirs locaux à renforcer les structures médicales existantes et à leur donner les moyens suffisants pour continuer à remplir leur rôle au service du patient.

Pour tirer les conclusions de ce mois d’août tragique, nous devons faire preuve d’une extrême lucidité. D’une transparence absolue pour que la vérité et la réalité soient sans aucun fard. Le drame humain auquel nombre de familles doit faire face, interpelle chacun d’entre nous (personnes, familles, associations, collectivités territoriales, Etat) en faisant appel au sens civique et à celui des responsabilités afin qu’une telle hécatombe ne se reproduise plus.

Il serait utile qu’un rapport sur la situation à Tours soit présenté au prochain conseil municipal.

Coopération Etat / Ville

17 septembre 2003

Permettre à chacun de vivre en sécurité dans notre ville est un devoir qui incombe à chaque responsable public. Or, force est de constater qu’à Tours, malgré de réels progrès et un travail exemplaire des policiers, beaucoup reste à faire. L’heure n’est pas à l’autosatisfaction déconnectée de la réalité. L’exigence de nos concitoyens reste légitime, leur impatience compréhensible, même si nous avons à réparer les erreurs de la gauche en la matière.

Il convient d’abord de mettre un terme au débat stérile sur la part de responsabilité entre compétences nationale et locale. Une nouvelle coopération entre l’Etat et la ville doit être instaurée pour que l’ensemble des citoyens puisse vivre en toute quiétude.
En effet, pour que soit rétablie l’autorité publique, il serait plus efficace de mieux coordonner  les moyens dans le respect des prérogatives de chacun. Garant de la sécurité des personnes et des biens et de la tranquillité publique, le maire devrait ainsi travailler de manière accrue en partenariat avec la préfecture, la justice, la police nationale, la gendarmerie, les travailleurs sociaux, les gardiens d’immeuble, et plus largement avec tous ceux qui oeuvrent au maintien de la concorde civile.Nous souhaitons donc que des initiatives soient prises afin de permettre à la police municipale de jouer pleinement son rôle de vigilance dans toutes nos rues et dans chacun de nos quartiers, ce qui implique naturellement pour la municipalité un redéploiement plus précis des agents selon les lieux les plus sensibles, un réaménagement adéquat des horaires de travail,  une étroite concertation et complémentarité entre les agents chargés de la sortie des écoles, de la surveillance des parcs et jardins, des bâtiments, des gardiens d’immeubles, des travailleurs sociaux, et la mise en place d’une réelle coordination avec les services de l’Etat et la Préfecture.

Bien entendu, la répression seule n’est pas suffisante. Dans un souci d’éducation et de prévention, il faudra naturellement veiller à ce que chacun respecte la règle, et pour ce faire, rompre avec l’esprit de mai 1968, qui a trop contribué au développement de l’irresponsabilité, de l’individualisme et de son corollaire : l’insécurité. Il est également vital d’offrir aux plus jeunes de nos concitoyens et particulièrement ceux en difficulté, les moyens d’acquérir cet esprit d’initiative, de civisme et de respect d’autrui indispensable pour contrer les actes de délinquance et de trouble à l’ordre public. Il faut également davantage de lieux de rencontre et une offre sportive de proximité renforcée.

A cet égard, près d’un an après la mise en liquidation des anciens foyers ACCES voulue par Jean Germain, on ne peut que s’inquiéter de l’absence de mise en place de véritables activités socio-éducatives de remplacement pouvant accueillir la totalité des jeunes précédemment inscrits.
Chaque quartier devrait pouvoir compter sur une structure adaptée et conforme aux attentes des Tourangelles et des Tourangeaux.

Combien de temps faudra-t-il attendre pour qu’enfin soit mis en place un véritable plan ORSEC au niveau municipal afin de lutter contre l’insécurité et rétablir la justice ? L’Etat et le département sont d’ores et déjà prêts, qu’en est-il de la ville de Tours ?