Archives de 2003

Le courage de la réforme fiscale est le meilleur service à rendre aux Français !

29 janvier 2003

J’aime que Jean-Pierre Raffarin mange du lion, car c’est utile à la France et aux Français ! Oui, la baisse des charges et des impôts est une priorité politique absolue que nous assumons haut et fort, à visage découvert, sans complexe… J’aime que Jean-Pierre Raffarin mange du lion, car c’est utile à la France et aux Français !

Oui, la baisse des charges et des impôts est une priorité politique absolue que nous assumons haut et fort, à visage découvert, sans complexe. Mais cela suppose beaucoup d’intelligence, d’énergie, de capacité de persuasion pour ne pas se heurter à la traditionnelle revendication égalitariste de notre pays, de chacun d’entre nous avouons-le, même si nos conceptions de la justice en la matière peuvent être très différentes…

C’est pour cela qu’il était utile que le Premier Ministre monte au créneau en réponse à la gauche l’interpellant à propos des douloureux plans sociaux qui font malheureusement l’actualité ces dernières heures.

Nos prédécesseurs de la gauche plurielle devraient faire preuve de davantage de modestie : l’augmentation des prélèvements est à l’origine directe des délocalisations de nombreux emplois industriels vers des pays plus compétitifs.

Pour autant il n’est pas facile de traiter la question fiscale car l’on se prend immédiatement « dans la gueule » avec un effet boomerang parfait, d’être les artisans de la politique des « riches »…

Lorsque nous avons franchi la première barre de baisse de l’impôt sur le revenu, le principal reproche lancé était : cela ne concerne qu’un Français sur deux, ce qui est injuste nous disait-on… Remarque stupide s’il en est puisqu’il fallait justement dépénaliser les Français qui travaillent le plus et souhaitent une juste rémunération de leur effort.

A juste titre aujourd’hui le gouvernement se préoccupe « frontalement » de l’attractivité de la France afin de rendre le jeu économique à armes égales avec nos principaux concurrents et partenaires de l’Union européenne et de la future et proche grande Europe.

C’est la raison pour laquelle en liaison active et « créative » avec sa majorité, des initiatives d’assouplissement de l’ISF sont envisagées.

Quoi ! Comme le dirait François Hollande, on remet en cause la taxation du « kâpital », de la fortune, des grandes fortunes ; c’est un « scandâle », avait autrefois coutume de renchérir la figure emblématique du communisme qu’était Georges Marchais !

Eh bien oui, il faut encourager l’investissement dans l’entreprise productive, favoriser l’emploi par tous les moyens, y compris fiscaux.

Les parlementaires de la majorité membres de la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi préparé par Renaud Dutreil pour l’initiative économique, ont eu raison de faire sauter le couvercle et de prendre des mesures libérant notamment l’investissement dans le Fonds d’investissement de proximité (FIP), dans le Fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI) ou abaissant à 50 % de leur patrimoine total le seuil d’exonération de l’ISF (au lieu de 75 %) pour les dirigeants d’entreprise.

France à 2 vitesses ! Non, mobilisation générale pour l’emploi, la création de richesse, sans idéologie ni tabou.

Sans non plus de remise en cause de la solidarité nécessaire. Mais avec réalisme.

On peut préférer contempler passivement les départs, les investissements à l’étranger, les catastrophes économiques et sociales dans certains bassins d’emploi.

Cela a assez duré. Le réveil est brutal. Cruel.

Il faut agir et pour cela bien expliquer la réalité aux Français pour qu’ils adhèrent aux réformes envisagées. D’autres devront suivre si l’on peut taper fort, c’est à dire attirer de nombreux capitaux étrangers, voire faire revenir ceux qui avaient… fui.

Un quinquennat aussi efficace soit-il sera-t-il suffisant pour y parvenir ? Il nous faut la durée. Mais commençons par la volonté immédiate, progressive, continue.

A la réunion du CRIF, le Premier Ministre ouvre le dossier « Religion et Politique »

27 janvier 2003

Comme chaque année, le dîner organisé par le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France est un moment fort de la politique française, où se rencontrent pour de « chaudes » discussions responsables politiques, économiques, associatifs et religieux…

L’année dernière le fougueux, passionné et parfois même « tectonique » Président du Crif Roger Cukierman, avait parlé de la recrudescence de l’antisémitisme en évitant méticuleusement d’évoquer toutes les formes de racisme qui malheureusement refont surface dans notre pays… Pour taper juste et fort, la symétrie est pourtant nécessaire.Cette année, il a dénoncé avec vigueur l’antisémitisme de certains propos épinglés sans contestation d’ailleurs possible à l’extrême gauche, à l’extrême droite ou chez les Verts-anti-mondialisation, pour qui le Hamas palestinien est par exemple un interlocuteur privilégié.

Réaction immédiate de mon voisin de table, le nouveau patron des « Verts » : le départ pour marquer sa colère. N’était-ce pas plutôt l’expression de son malaise à être présent à cette réunion ?

Cette réunion annuelle est un moment légitimement électrique tant le couvercle qui étouffait encore récemment en France les propos à caractère raciste ou antisémite a sauté.

Pour être plus exact, il faut parler d’explosion. Un directeur de théâtre de la banlieue ouest de Paris, au nom de famille d’origine alsacienne, s’est ainsi fait traité sur le champ de « sale juif » parce qu’il exigeait d’un jeune spectateur très turbulent et agressif le respect du public et du théâtre…

La spontanéité de ce genre d’invective est malheureusement monnaie courante. Personne n’est épargné. Toutes les origines religieuses ou éthniques deviennent des apostrophes, des insultes, des expressions de révolte et de haine. Eglises, synagogues, mosquées, temples brûlent des flammes de cette sale spirale. L’expression « nique ta race » entrera bientôt dans le dictionnaire de la rue du XXIe siècle…

*

Les enseignants sont de ce point de vue les premiers à « éprouver » cette triste réalité, parfois difficile à éradiquer et à subir. N’est-ce pas d’ailleurs la mission première de l’école, que de conduire, en l’occurrence d’éloigner le jeune de cette sauvagerie raciste, xénophobe, attentatoire aux principes français de respect de la personne humaine.

Nos professeurs doivent se sentir davantage soutenus.

Les jeunes doivent, sur ces sujets, comprendre que c’est la « tolérance zéro » pour tout manquement.

Une injure raciste n’aura jamais d’alibi, d’excuse. La religion doit rester l’apanage de la liberté de conscience de l’individu. Au dessus des principes qu’elle dispense à ceux qui ont la foi, se situe de toute manière le respect des droits de l’homme, des principes fondamentaux du droit, des lois de la République, parmi lesquels figure par exemple l’égalité entre l’homme et la femme. A bon entendeur salut à ceux qui voudraient en France porter atteinte à la liberté de la femme, qu’il s’agisse du travail, du sexe, de la vie sociale et personnelle…

*

Après avoir rappelé les « fondamentaux » de l’action extérieure et intérieure de son gouvernement sur toutes ces questions, Jean-Pierre Raffarin a traité des rapports entre la religion et la politique. C’est la première fois qu’un Premier Ministre affiche avec autant de force et de lucidité les nécessités d’un contenu maintenu mais renouvelé de la laïcité.

La France n’est pas la juxtaposition de communautés. La religion n’est pas une origine « nationale » mais une liberté individuelle.

Il n’y a pas dans notre pays de Français d’origine chrétienne, d’origine juive, d’origine musulmane. Et pourtant ce sont des mots ou des appellations qui sortent parfois de bouches éminentes… Il ne s’agit pas de dérapage sémantique excusable, mais d’atteinte lourde au fondement même de la République que nous voulons construire.

Faudra-t-il faire évoluer la partie de la loi de 1905 concernant le financement des cultes ? C’est une question légitime non encore publiquement posée, aujourd’hui politiquement incorrecte, mais qui deviendra vite d’actualité.

Comment en effet dans un même élan refuser toute interférence ou ingérence étrangère en la matière et ne pas se donner les moyens d’un financement public ou par le public ?

J’ai perçu l’étonnement quelque peu méprisant de l’ancien Premier Ministre Laurent Fabius et de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil Régional d’Ile de France, tous les deux à la même table que moi, en entendant Jean-Pierre Raffarin traiter avec fougue, gravité et humanisme ces questions.

Décidément ils ne comprennent rien ou pas grand chose à la violence intellectuelle, humaine qui fait de vrais ravages dans notre pays, et contre le déferlement de laquelle il faut lutter avec la plus grande énergie.

Pourquoi sans augmentation de la pratique religieuse y a-t-il sur le plan national ou international cette irruption considérable du fait religieux ? A quel besoin d’identité spirituelle, de dépassement du matérialisme et de la normalisation correspond-elle ? Ce sont des questions majeures qu’il faut traiter.

Oui, le thème des rapports entre la religion et la politique est au cœur de notre actualité nationale et internationale. Parfois même au centre des conflits, des affrontements, des guerres, du terrorisme.

Le nier c’est se préparer à de cruelles défaites et à l’abandon de beaucoup de nos valeurs républicaines, laïques qui concourent au rayonnement de notre civilisation et de notre culture et qui sont l’honneur de notre pays.

A la réunion du CRIF, le Premier Ministre ouvre le dossier « Religion et Politique »

27 janvier 2003

Le thème des rapports entre la religion et la politique est au cœur de notre actualité nationale et internationale. Parfois même au centre des conflits, des affrontements, des guerres, du terrorisme. Le nier c’est se préparer à de cruelles défaites et à l’abandon de beaucoup de nos valeurs républicaines, laïques qui concourent au rayonnement de notre civilisation et de notre culture et qui sont l’honneur de notre pays… Comme chaque année, le dîner organisé par le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France est un moment fort de la politique française, où se rencontrent pour de « chaudes » discussions responsables politiques, économiques, associatifs et religieux…

L’année dernière le fougueux, passionné et parfois même « tectonique » Président du Crif Roger Cukierman, avait parlé de la recrudescence de l’antisémitisme en évitant méticuleusement d’évoquer toutes les formes de racisme qui malheureusement refont surface dans notre pays… Pour taper juste et fort, la symétrie est pourtant nécessaire.

Cette année, il a dénoncé avec vigueur l’antisémitisme de certains propos épinglés sans contestation d’ailleurs possible à l’extrême gauche, à l’extrême droite ou chez les Verts-anti-mondialisation, pour qui le Hamas palestinien est par exemple un interlocuteur privilégié.

Réaction immédiate de mon voisin de table, le nouveau patron des « Verts » : le départ pour marquer sa colère. N’était-ce pas plutôt l’expression de son malaise à être présent à cette réunion ?

Cette réunion annuelle est un moment légitimement électrique tant le couvercle qui étouffait encore récemment en France les propos à caractère raciste ou antisémite a sauté.

Pour être plus exact, il faut parler d’explosion. Un directeur de théâtre de la banlieue ouest de Paris, au nom de famille d’origine alsacienne, s’est ainsi fait traité sur le champ de « sale juif » parce qu’il exigeait d’un jeune spectateur très turbulent et agressif le respect du public et du théâtre…

La spontanéité de ce genre d’invective est malheureusement monnaie courante. Personne n’est épargné. Toutes les origines religieuses ou éthniques deviennent des apostrophes, des insultes, des expressions de révolte et de haine. Eglises, synagogues, mosquées, temples brûlent des flammes de cette sale spirale. L’expression « nique ta race » entrera bientôt dans le dictionnaire de la rue du XXIe siècle…

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Les enseignants sont de ce point de vue les premiers à « éprouver » cette triste réalité, parfois difficile à éradiquer et à subir. N’est-ce pas d’ailleurs la mission première de l’école, que de conduire, en l’occurrence d’éloigner le jeune de cette sauvagerie raciste, xénophobe, attentatoire aux principes français de respect de la personne humaine.

Nos professeurs doivent se sentir davantage soutenus. Les jeunes doivent, sur ces sujets, comprendre que c’est la « tolérance zéro » pour tout manquement.

Une injure raciste n’aura jamais d’alibi, d’excuse. La religion doit rester l’apanage de la liberté de conscience de l’individu. Au dessus des principes qu’elle dispense à ceux qui ont la foi, se situe de toute manière le respect des droits de l’homme, des principes fondamentaux du droit, des lois de la République, parmi lesquels figure par exemple l’égalité entre l’homme et la femme. A bon entendeur salut à ceux qui voudraient en France porter atteinte à la liberté de la femme, qu’il s’agisse du travail, du sexe, de la vie sociale et personnelle…

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Après avoir rappelé les « fondamentaux » de l’action extérieure et intérieure de son gouvernement sur toutes ces questions, Jean-Pierre Raffarin a traité des rapports entre la religion et la politique. C’est la première fois qu’un Premier Ministre affiche avec autant de force et de lucidité les nécessités d’un contenu maintenu mais renouvelé de la laïcité.

La France n’est pas la juxtaposition de communautés. La religion n’est pas une origine « nationale » mais une liberté individuelle.

Il n’y a pas dans notre pays de Français d’origine chrétienne, d’origine juive, d’origine musulmane. Et pourtant ce sont des mots ou des appellations qui sortent parfois de bouches éminentes… Il ne s’agit pas de dérapage sémantique excusable, mais d’atteinte lourde au fondement même de la République que nous voulons construire.

Faudra-t-il faire évoluer la partie de la loi de 1905 concernant le financement des cultes ? C’est une question légitime non encore publiquement posée, aujourd’hui politiquement incorrecte, mais qui deviendra vite d’actualité.

Comment en effet dans un même élan refuser toute interférence ou ingérence étrangère en la matière et ne pas se donner les moyens d’un financement public ou par le public ?

J’ai perçu l’étonnement quelque peu méprisant de l’ancien Premier Ministre Laurent Fabius et de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil Régional d’Ile de France, tous les deux à la même table que moi, en entendant Jean-Pierre Raffarin traiter avec fougue, gravité et humanisme ces questions.

Décidément ils ne comprennent rien ou pas grand chose à la violence intellectuelle, humaine qui fait de vrais ravages dans notre pays, et contre le déferlement de laquelle il faut lutter avec la plus grande énergie.

Pourquoi sans augmentation de la pratique religieuse y a-t-il sur le plan national ou international cette irruption considérable du fait religieux ? A quel besoin d’identité spirituelle, de dépassement du matérialisme et de la normalisation correspond-elle ? Ce sont des questions majeures qu’il faut traiter.

Oui, le thème des rapports entre la religion et la politique est au cœur de notre actualité nationale et internationale. Parfois même au centre des conflits, des affrontements, des guerres, du terrorisme.

Le nier c’est se préparer à de cruelles défaites et à l’abandon de beaucoup de nos valeurs républicaines, laïques qui concourent au rayonnement de notre civilisation et de notre culture et qui sont l’honneur de notre pays.

A la réunion du CRIF, le Premier Ministre ouvre le dossier « Religion et Politique »

26 janvier 2003

Comme chaque année, le dîner organisé par le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France est un moment fort de la politique française, où se rencontrent pour de « chaudes » discussions responsables politiques, économiques, associatifs et religieux…

L’année dernière le fougueux, passionné et parfois même « tectonique » Président du Crif Roger Cukierman, avait parlé de la recrudescence de l’antisémitisme en évitant méticuleusement d’évoquer toutes les formes de racisme qui malheureusement refont surface dans notre pays… Pour taper juste et fort, la symétrie est pourtant nécessaire. Cette année, il a dénoncé avec vigueur l’antisémitisme de certains propos épinglés sans contestation d’ailleurs possible à l’extrême gauche, à l’extrême droite ou chez les Verts-anti-mondialisation, pour qui le Hamas palestinien est par exemple un interlocuteur privilégié.

Réaction immédiate de mon voisin de table, le nouveau patron des « Verts » : le départ pour marquer sa colère. N’était-ce pas plutôt l’expression de son malaise à être présent à cette réunion ?

Cette réunion annuelle est un moment légitimement électrique tant le couvercle qui étouffait encore récemment en France les propos à caractère raciste ou antisémite a sauté.

Pour être plus exact, il faut parler d’explosion. Un directeur de théâtre de la banlieue ouest de Paris, au nom de famille d’origine alsacienne, s’est ainsi fait traité sur le champ de « sale juif » parce qu’il exigeait d’un jeune spectateur très turbulent et agressif le respect du public et du théâtre…

La spontanéité de ce genre d’invective est malheureusement monnaie courante. Personne n’est épargné. Toutes les origines religieuses ou éthniques deviennent des apostrophes, des insultes, des expressions de révolte et de haine. Eglises, synagogues, mosquées, temples brûlent des flammes de cette sale spirale. L’expression « nique ta race » entrera bientôt dans le dictionnaire de la rue du XXIe siècle…

*

Les enseignants sont de ce point de vue les premiers à « éprouver » cette triste réalité, parfois difficile à éradiquer et à subir. N’est-ce pas d’ailleurs la mission première de l’école, que de conduire, en l’occurrence d’éloigner le jeune de cette sauvagerie raciste, xénophobe, attentatoire aux principes français de respect de la personne humaine.

Nos professeurs doivent se sentir davantage soutenus. Les jeunes doivent, sur ces sujets, comprendre que c’est la « tolérance zéro » pour tout manquement.

Une injure raciste n’aura jamais d’alibi, d’excuse. La religion doit rester l’apanage de la liberté de conscience de l’individu. Au dessus des principes qu’elle dispense à ceux qui ont la foi, se situe de toute manière le respect des droits de l’homme, des principes fondamentaux du droit, des lois de la République, parmi lesquels figure par exemple l’égalité entre l’homme et la femme. A bon entendeur salut à ceux qui voudraient en France porter atteinte à la liberté de la femme, qu’il s’agisse du travail, du sexe, de la vie sociale et personnelle…

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Après avoir rappelé les « fondamentaux » de l’action extérieure et intérieure de son gouvernement sur toutes ces questions, Jean-Pierre Raffarin a traité des rapports entre la religion et la politique. C’est la première fois qu’un Premier Ministre affiche avec autant de force et de lucidité les nécessités d’un contenu maintenu mais renouvelé de la laïcité.

La France n’est pas la juxtaposition de communautés. La religion n’est pas une origine « nationale » mais une liberté individuelle.

Il n’y a pas dans notre pays de Français d’origine chrétienne, d’origine juive, d’origine musulmane. Et pourtant ce sont des mots ou des appellations qui sortent parfois de bouches éminentes… Il ne s’agit pas de dérapage sémantique excusable, mais d’atteinte lourde au fondement même de la République que nous voulons construire.

Faudra-t-il faire évoluer la partie de la loi de 1905 concernant le financement des cultes ? C’est une question légitime non encore publiquement posée, aujourd’hui politiquement incorrecte, mais qui deviendra vite d’actualité.

Comment en effet dans un même élan refuser toute interférence ou ingérence étrangère en la matière et ne pas se donner les moyens d’un financement public ou par le public ?

J’ai perçu l’étonnement quelque peu méprisant de l’ancien Premier Ministre Laurent Fabius et de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil Régional d’Ile de France, tous les deux à la même table que moi, en entendant Jean-Pierre Raffarin traiter avec fougue, gravité et humanisme ces questions.

Décidément ils ne comprennent rien ou pas grand chose à la violence intellectuelle, humaine qui fait de vrais ravages dans notre pays, et contre le déferlement de laquelle il faut lutter avec la plus grande énergie.

Pourquoi sans augmentation de la pratique religieuse y a-t-il sur le plan national ou international cette irruption considérable du fait religieux ? A quel besoin d’identité spirituelle, de dépassement du matérialisme et de la normalisation correspond-elle ? Ce sont des questions majeures qu’il faut traiter.

Oui, le thème des rapports entre la religion et la politique est au cur de notre actualité nationale et internationale. Parfois même au centre des conflits, des affrontements, des guerres, du terrorisme.

Le nier c’est se préparer à de cruelles défaites et à l’abandon de beaucoup de nos valeurs républicaines, laïques qui concourent au rayonnement de notre civilisation et de notre culture et qui sont l’honneur de notre pays.

L'Europe, de la Méditerranée à l'Oural?

25 janvier 2003

On peut toujours dans la vie politique se rassurer à bon compte. Imaginer que nos concitoyens marchent au même rythme que les élites dirigeantes. Eh bien, ce nest pas vrai! Parfois dailleurs ils les précèdent ou les surprennent. En témoigne la facilité assez déconcertante avec laquelle leuro est entré dans la vie quotidienne de chaque Français… On peut toujours dans la vie politique se rassurer à bon compte. Imaginer que nos concitoyens marchent au même rythme que les élites dirigeantes. Eh bien, ce nest pas vrai! Parfois dailleurs ils les précèdent ou les surprennent. En témoigne la facilité assez déconcertante avec laquelle leuro est entré dans la vie quotidienne de chaque Français.
Si lon veut faire adhérer à notre projet européen, alors oui, il faut vraiment aller de lavant. A la rencontre. Au contact. Sans esquive. Avec lucidité, panache, réalisme. Sans méconnaître les craintes, les nostalgies, les références historiques, les fantasmes qui parfois semparent dun peuple et le détournent des voies quon croyait lui tracer de manière lumineuse, «naturelle».
Lélargissement de lEurope est une chance, une victoire, une responsabilité. Cest une étape quil faut activement préparer pour quelle soit saluée comme une réussite par nos concitoyens. En France, ce nest pas encore le cas, doù lutilité du grand discours européen de Dominique de Villepin, qui a su à Marseille avec un talent très rare, relier les racines spirituelles, les cicatrices du passé avec les objectifs des générations nouvelles pour lesquelles la liberté compte plus que lhistoire.
Noublions pas dailleurs de mettre en lumière les efforts considérables faits par les gouvernements et les citoyens des 10 pays qui vont rejoindre lUnion Européenne pour «mériter» leur adhésion et se rapprocher de nos normes. Cette communication est impérative pour illustrer quil sagit bien dune réunion de famille.
Ne faisons pas semblant doublier que souvre un débat délicat quil faut assumer, celui du périmètre de lUnion européenne. Faire limpasse sur les questions qui parcourent lesprit des peuples en ce moment, cest la certitude de léchec au moment décisif de la ratification. Cest là que nous devons analyser avec finesse et discernement la nature des liens que forge et que consacre lEurope.
La valeur européenne suprême est le respect du pluralisme, de la diversité, le culte de la liberté, le refus de luniformité et de lidéologie qui brisent les racines, les cultures, les traditions, les terroirs, les croyances.
Ce qui réunit les peuples européens de manière relativement instinctive est une même volonté, une même manière de vie en commun, où les principes de la démocratie, des droits de lhomme, de la liberté absolue de conscience et de création sont reconnus comme inaliénables et sacrés.
(au sens spirituel et non religieux du terme)! Il semble à cet égard urgent de rappeler à chacun fortement que la religion doit rester le privilège de la personne humaine, libre de sa foi, de ses croyances, sans devenir une nouvelle nationalité, une bannière politique détournée de sa mission spirituelle à des fins de frontière, de guerre, de conquête, de terrorisme, de fanatisme, dintégrisme. Il y va de la paix civile et internationale. La laïcité redevient, lorsquelle nest pas conçue comme la négation agressive de toute religion, une valeur européenne fondamentale qui peut être célébrée dans nos églises, nos temples, nos synagogues, nos mosquées, sous les voûtes célestes romanes, gothiques ou contemporaines, dans nos écoles et nos mairies.
LEurope est une construction politique, rassemblant les hommes et les femmes qui décident de créer ensemble leur avenir personnel et politique. Cest le fruit dune décision. Cest le résultat dun acte volontaire. Cest laboutissement dune démarche réfléchie.
La seule limite à lEurope tient à la volonté politique des peuples qui la constituent.
Qui devons-nous accueillir? Qui souhaitons-nous associer? Comment souvrir sans exclure, tout en restant fidèle à ce que nous sommes? Ces interrogations façonnent la conception même de lunion européenne. Mais il ne faut pas pour autant tomber dans la caricature à lexcès et désigner par trop danticipation la candidature de tel ou tel Etat comme le bouc émissaire absolu, comme le signal du renoncement à construire une Europe démocratique forte.
Une vraie question appelle une réponse non polémique mais claire et comportant le cas échéant des alternatives.
Si lEurope réintroduisait dans ses critères de décision le concept religieux, alors le pire serait à craindre dans chaque Etat qui veut ardemment réussir lintégration de chaque citoyen quelle que soit son origine.
Evitons de grâce les errements graves qui de dérapages verbaux en glissement de pensée conduisent parfois à parler sur les ondes des «Français dorigine musulmane», comme si la religion pouvait sidentifier au concept exclusif de nation, de terre, de patrie.
Les termes du choix viennent dêtre puissamment éclairés par le discours «méditerranéen» de Dominique de Villepin qui trace les pistes de lavenir en distinguant les «membres», les «partenaires»,  les «associés», en ayant pris le soin intelligent et stratégique de tenir ce discours sur la rive nord de lEurope méditerranéenne, dans ce port fascinant quest Marseille.
Oui, en effet, se pose la question du renforcement des liens politiques, économiques, sociaux, culturels, diplomatiques et militaires entre les pays du bassin méditerranéen auquel nous appartenons! Comment ne pas souhaiter que le Maroc, la Tunisie, lAlgérie et demain dautres Etats, dès que le règlement du conflit israélo-palestinien le permettra, puissent sengager dans le processus avec lUnion européenne ayant comme devise « moins que ladhésion et plus que lassociation ».
LEurope, de la Méditerranée à lOural! Cest un bel objectif.
Alors, veillons à ce que la «question turque» qui surgit légitimement avec force dans le débat européen naccapare pas à elle seule lopinion publique. Veillons à ce quelle ne nous éloigne pas des solidarités que nous devons renforcer de façon prioritaire avec lensemble du Sud de la Méditerranée.
Nul doute quune manière de résoudre cette équation réside dans le fait que les institutions européennes rénovées soient non seulement fortes et démocratiques mais également souples pour que dutiles coopérations renforcées au sein de lunion européenne puissent se nouer, sans pour autant ressusciter un sentiment nostalgique de «vieille Europe»!
Pour susciter la confiance et ladhésion à notre projet européen, le dialogue en direct établi avec le peuple français par le Président de la République, le Premier Ministre et son Gouvernement, est nécessaire.
A eux, à nous tous, de donner une identité claire, des pouvoirs forts à la nouvelle Europe que nous voulons construire. Au peuple ou à ses représentants, le moment venu, de trancher souverainement ce débat qui ne fait que commencer.

En Irak, peut-on parler d’une guerre légitime ?

25 janvier 2003

Le recours américain à une guerre préventive contre l’Irak paraît encore inimaginable même s’il faut se rendre à l’évidence des préparatifs de l’état major américain, qui annonce l’imminence d’une intervention… Le recours américain à une guerre préventive contre l’Irak paraît encore inimaginable même s’il faut se rendre à l’évidence des préparatifs de l’état major américain, qui annonce l’imminence d’une intervention…

Il me semble qu’un fait déclencheur intelligible pour tous les citoyens du monde manque. Les rapports des inspecteurs de l’ONU ne sont pas encore probants. L’expertise en cours des documents irakiens n’a pas livré ses révélations implacables. Et pourtant le processus inexorable conduisant à une invasion terrestre paraît s’enclencher.

De nouveaux opposants destinés à être de futurs dirigeants de l’Irak tiennent conclave. Les rumeurs des  préparatifs de plus en plus opérationnels des forces américaines et alliées s’intensifient.

La planification est l’art militaire par excellence.C’est donc parfaitement légitime que les chefs d’état major organisent leur dispositif pour le cas où le pouvoir politique déciderait l’action armée.

Mais de quelle action armée s’agit-il ?

D’une destruction d’arsenaux de matériels offensifs découverts par les inspecteurs de l’ONU ou les satellites d’observation par des frappes aériennes appropriées ? D’une véritable prise de contrôle terrestre du territoire visant à mettre en place un nouveau pouvoir et faire marcher « pacifiquement » le pays et sa production pétrolière ? Ou d’une annonce musclée pour faire tomber Saddam Hussein ou tout au moins le rendre plus compréhensif et coopératif afin que les résolutions du conseil de sécurité soient enfin appliquées.

On ne sait pas encore bien. On subodore. On imagine les étapes, les itérations, les scénarii, les engrenages… Mais on y va. C’est un fait acquis, irréversible, implacable…

***

La présidence française du conseil de sécurité de l’ONU risque en ce mois de janvier d’être un exercice particulièrement délicat. Les talents éprouvés du chef de notre diplomatie seront mis à rude épreuve car les tensions seront maximales et le grand écart entre la logique onusienne et la démarche américaine particulièrement béant.

Le président Bush peut naturellement prendre appui sur la légitime soif de revanche de son peuple, qui reste meurtri par les attentats du 11 septembre. Le peuple américain se sent d’une certaine manière en état permanent de légitime défense.

Ce serait totalement vrai s’il s’agissait du règlement définitif des comptes avec Al Qaïda. La communauté politique mondiale- je ne puis parler précisément de tous les citoyens…- suivrait alors sans aucune réserve et sans nouvelle résolution du conseil de sécurité.

Mais le lien entre Saddam Hussein et Ben Laden n’est pas établi. C’est la difficulté. C’est pour cela que les conséquences d’une telle déflagration ne sont pas aujourd’hui prévisibles, et que nous avons eu raison d’insister avec force pour que les américains acceptent « l’étape » du conseil de sécurité de cet automne, avec obligation d’y revenir au terme des inspections.

Je ne fais surtout pas partie du « clan » des amis de Saddam Hussein aveugles sur les conséquences de la politique de ce tyran pour le peuple irakien.

J’appartiens à la communauté politique de ceux qui pensent que la paix, la lutte résolue et nécessaire contre le terrorisme, l’intégrisme, le fanatisme se construisent et se gagnent en ayant un coup d’avance sur l’adversaire qu’on cherche à abattre. En n’utilisant pas les mêmes armes que lui. En veillant à associer au maximum possible- pour ne pas affaiblir l’efficacité des actions- les opinions publiques. En donnant un « sens » à la mort de ceux que l’on envoie sur le terrain et qui peuvent malheureusement y perdre leur vie. En ayant méticuleusement évalué les conséquences des décisions prises pour que, de part le monde en d’autres lieux, ne se renforcent pas de nouvelles solidarités sacrilèges, destructrices et meurtrières.

Qui peut aujourd’hui prédire avec précision les conséquences d’une intervention terrestre en Irak sur la situation en Israël et en Palestine ?

Qui peut évaluer la spirale terroriste, qui peut suivre si les Musulmans se solidarisent avec un peuple frère même s’ils ne soutiennent pas la dictature laïque de Saddam Hussein ?

Les risques s’apprécient, se mesurent, s’évaluent.

Le pacifisme – qui souvent conduit à la guerre-  ne doit certes pas être légitimé par la lâcheté  ou la faiblesse. Mais l’aveuglement sans discernement suffisant n’est pas non plus la branche armée de la paix…

Faut-il aller jusqu’au propos de l’évêque de Coventry, le Right Reverend Colin Bennets affirmant qu’ « une attaque  contre l’Irak abaisserait de manière injustifiable le seuil de ce qui constitue une guerre légitime » ?

Rappelons dans cette perspective que le recours au conseil de sécurité de lONU nest pas une précaution, mais la garantie du respect du droit international. Non pas un artifice, mais un élément majeur de stratégie politique.

Il ny aura de paix durable dans le monde, déradication du terrorisme que si nous réussissons à imposer par le droit, parfois par la force armée- lorsquil y a violation de lordre international ou en cas de légitime défense- voire par le juge- en cas de crime de guerre ou de crime contre lhumanité- les nouvelles règles de lordre mondial que nous cherchons à établir.

La guerre nest légitime que dans cette perspective.Enfreindre délibérément ce code de conduite international cest prendre le risque dune prolifération dagressions belliqueuses et de représailles, pouvant déboucher sur une instabilité mondiale très dangereuse.

Pour que la réplique et la riposte aux menées guerrières et illégales de certains soient pleinement efficaces, il faut que les victimes que nous sommes potentiellement, nous les démocraties vulnérables et parfois naïves, sachions faire preuve tout à la fois dexemplarité juridique, de maîtrise des réactions et de courage dans laction lorsquelle doit être engagée.

La doctrine du « zéro mort » est de ce point de vue aussi dangereuse que la théorie de la guerre préventive.

Comment dans un même élan sexonérer des procédures prévues par la résolution 1441 en intervenant militairement sans préalable et fermer les yeux devant la provocation nucléaire de la Corée du Nord? Cette dissymétrie serait incompréhensible à nos opinions publiques.

***

Le discours de la France sera dans les jours prochains essentiel. C’est parce que nous sommes une solide puissance alliée des Etats-Unis, forte de sa capacité militaire et de son rayonnement diplomatique souverains qu’il nous appartiendra, le moment venu, lorsque les experts auront conclu, de prendre position.

Mais de grâce, que l’arbre irakien ne cache pas la forêt malheureusement touffue et foisonnante du terrorisme apatride qui ronge la planète.

A chaque fléau doit correspondre un arsenal de lutte approprié et spécifique.

La destruction du risque irakien ne règlera pas pour autant la prolifération nucléaire ou terroriste. Le rappeler me semble nécessaire !

Veillons en tous cas à ce que les stratégies mises en œuvre par notre puissant allié soient conformes à l’intérêt de la paix dans le monde.

Veillons à ce que leurs décisions rejoignent nos propres intérêts.

Veillons à ce que les quatre membres du conseil de sécurité appartenant à l’Union Européenne essaient au maximum possible…de faire entendre une voix coordonnée, traçant notre vision de l’équilibre entre les peuples, les systèmes politiques, les cultures, les religions, les forces, les richesses.

L’heure du rendez-vous approche, où le Président de la République, chef des armées, le Premier Ministre, responsable de la défense nationale et le gouvernement devront une nouvelle fois fixer la ligne du courage, de l’efficacité et de la sécurité extérieure et intérieure, déterminer les actions diplomatiques ou militaires à engager ou à refuser.

Ce temps de la responsabilité suprême pour l’exécutif, c’est aussi pour le parlement celui de l’association étroite aux décisions, pour que se crée la dynamique de la solidarité et de l’unité nationale indispensable à ce genre de conjoncture.

Les Français aujourd’hui constatent plus qu’ils ne comprennent l’engrenage de la guerre en Irak. Eclairer la route est donc un devoir, surtout si nos décisions devaient fortement diverger par rapport aux Etats-Unis.

Donald Rumsfeld soude les Français et Allemands !Pour combien de temps ?

25 janvier 2003

Les Etats-Unis par la voix du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld, ne s’y trompent pas… L’Europe progresse, s’élargit, bouge, existe, dérange même. D’où la riposte immédiate au message de Versailles : « la vieille Europe… constituée de la France et de l’Allemagne… face à la nouvelle Europe ». Merci… Les Etats-Unis par la voix du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld, ne s’y trompent pas… L’Europe progresse, s’élargit, bouge, existe, dérange même. D’où la riposte immédiate au message de Versailles : « la vieille Europe… constituée de la France et de l’Allemagne… face à la nouvelle Europe ». Merci !
 
Alors, nous aurions des frilosités, des aigreurs, des susceptibilités et des faiblesses dues à notre grand âge. Et bien, c’est l’inverse. La vitalité politique des Versaillais allemands et français est une sorte d’irruption féconde d’une volonté nouvelle dans un monde plus instable et dangereux que jamais.
 
Pourquoi en effet s’arrêter à l’expression d’un projet européen fédérateur ? Ne nous arrêtons pas en chemin. Parlons enfin haut et fort de notre vision du monde violent de ce début de XXIème siècle. Abordons ce qui fâche mais qui est vital pour la survie du monde occidental, auquel appartiennent les Etats Unis : des approches refondées par l’analyse des vraies causes des attentats du 11 septembre sont nécessaires, avec d’autres enjeux et d’autres théâtres de crise.

Notre capacité d’être un vrai trait d’union entre les peuples est d’une certaine manière non notre monopole – ce serait stupidement orgueilleux- mais notre spécificité, notre fierté, notre savoir-faire.

Là, oui, nous acceptons le qualificatif de vieille nation s’il s’agit d’expérience, de sagesse, d’intelligence des situations. Nous n’avons pas à rougir des racines de notre civilisation, de notre histoire très prestigieuse et riche dans la mesure où nous y puisons non un surcroît d’autosatisfaction mais un appétit d’action.

Repousser les lignes. Créer. Croire. Essayer. Mesurer. Convaincre. Agir.

Nous sentir ainsi défiés doit nous donner des ailes. Pas pour des répliques à l’emporte-pièce. Non à l’emploi par certains du mot de Cambronne ! Oui à une stratégie assumée d’action internationale rénovée.

A mes yeux dans deux directions :
    • Tout d’abord dans la réflexion publique concernant les cause des attentats du 11 septembre 2001.

Ne sommes-nous pas en train de payer cher l’interdit que nous avons artificiellement érigé en maxime salvatrice ? En refusant d’examiner lucidement et équitablement les nombreux facteurs qui ont créé un environnement propice aux attentats monstrueux contre l’Amérique, nous préparons inconsciemment de redoutables engrenages.

Il n’y a pas de motif ou de mobile unique naturellement. Mais il est certain que la persistance du conflit entre Israël et la Palestine sans aucune perspective de règlement, l’approfondissement du fossé entre riches et pauvres sans maîtrise envisagée de la mondialisation, l’affrontement réel entre religions, entre cultures, entre civilisations à l’œuvre avec une intensité très préoccupante sans démarche de dialogue authentique et de respect mutuel, créent les conditions parfaites pour le terrorisme, pour l’exacerbation des passions et des violences politiques, pour les coups de force territoriaux, ethniques, économiques.

Pourquoi accepter plus longtemps d’être myope pour ne pas dire aveugle, sourd pour ne pas dire inconscient ?

Qu’on ne se méprenne pas : les causes directes ou indirectes ne sont pour moi ni des alibis ni des excuses. Elles existent. Elles produisent des solidarités, des spirales, des engrenages. Il faut donc les analyser et les combattre.

Faute de cette lucidité alors on s’engage dans des conflits qui ne feront qu’aggraver la tension internationale, creuser de nouveaux antagonismes, légitimer de futurs terroristes.

Halte au feu ! Ayons le courage d’expliquer à nos amis américains que ce constat n’est pas « fabriqué » pour être lâches, pour être non solidaires, amnésiques d’un passé où ils nous ont sauvés de la barbarie. Il est au service de notre combat commun contre le terrorisme, contre les risques de guerre d’un nouveau type qui chaque jour se profilent avec d’avantage de force et « d’intelligence ».

Comment ne pas se préoccuper avec gravité et responsabilité des conséquences d’une intervention armée contre l’Irak sans préalable intelligible et concret ?

Comment ne pas imaginer qu’elle déclenchera une solidarité des musulmans partout dans le monde même si Saddam Hussein est partout et par tous considéré comme un tyran.

L’analyse du 11 septembre doit conduire les démocraties à la riposte fondée sur le droit international, sur la délibération collective et bien sûr s’il le faut à l’emploi de la force que seul peut légitimer le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies qui porte bien son nom…

    • Deuxième priorité pour l’action européenne : le Proche-Orient, partie intégrante de la Méditerranée.

Dans la foulée très immédiate du 11 septembre, les projecteurs de l’information se sont bizarrement très vite détournés de la Palestine et d’Israël. Certes, il était logique et naturel que l’Afghanistan, le Pakistan, les refuges talibans soient au cœur des cibles et sous les feux de l’actualité. Mais par une sorte de petit miracle dont l’« organisation » médiatique mondiale a le secret, les affrontements sanglants entre Palestiniens et Israéliens ont semblé un temps avoir disparu. Peut-être pour que ne s’exerce pas la pression extérieure d’une opinion publique mondiale en état de choc exigeant et qui sait obtenant un plan de paix juste, durable, équilibrée, garantissant à chaque Etat son existence pacifique.

Malgré le soutien quasi sans condition des Etats Unis, jamais l’Etat d’Israël n’a été autant sur la défensive, isolé et parfois même injustement critiqué. Si l’ami américain était parvenu à un autre résultat, nous serions fondés au silence. Mais ce n’est pas le cas. Alors, tout en restant modestes, soyons sans complexes.
Les questions frontalières, les massacres, les exécutions terroristes, mais aussi les réconciliations, les mains tendues, les projets économiques réussis en commun sont des données qui ont marqué l’Europe du XXème siècle.

Cette expérience, nourrie de tragédies et de succès, doit nous conduire à oser un vrai plan de paix européen pour le Proche-Orient.

Paradoxalement, maintenant. A l’heure où voguent les porte-avions et où les soldats rejoignent les théâtres d’opérations liés à l’Irak, il faut oser l’affichage de la priorité absolue que revêt pour nous le règlement du conflit au Proche-Orient.

Après l’annonce d’une vision institutionnelle commune, entre l’Allemagne et la France, ce serait une superbe seconde étape que la formulation précise d’une stratégie européenne pour la Méditerranée et le Proche-Orient.

Est-ce possible ?

La solidité de l’entente entre le Président Chirac et le Chancelier Schröder de même que la complicité active entre Dominique de Villepin et Joschka Fischer doivent le permettre.

Jeudi à Berlin, la première réunion conjointe des Commissions des Affaires étrangères  du Budenstag et de l’Assemblée nationale auditionnant ensemble les deux ministres rend cette confiance réaliste même si nous avons senti quelques « nuances » dans les politiques suivies ou annoncées…
Je suis très fier d’avoir été l’initiateur de cette rencontre d’un nouveau type ! Les cloisons sautent, les faux semblants également. L’interactivité entre les forces politiques de chaque pays en sort extraordinairement renforcée.

C’est ainsi que j’ai relayé une interpellation du porte parole de la CDU pour les affaires extérieures en posant à Joschka Fischer la question suivante : « En cas d’évolution probante du constat des inspecteurs, déclenchant donc un feu vert du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Allemagne exclurait-elle par principe une participation au dispositif militaire ? ».

J’ai entendu assez clairement le refus allemand de toute intervention militaire même si un motif légitime survenait ; la France quant à elle est beaucoup plus prudente : à chaque étape sa prise de position !

Si les inspecteurs de l’ONU trouvent des preuves de la reconstitution de l’arsenal de destruction massive irakien, je ne doute pas un instant que nous serions à ce moment là des partenaires résolus de la coalition pour que le Conseil de sécurité décide le recours à la force.

Ces échanges directs, parfois vifs mais toujours courtois, ont donné un relief nouveau au contrôle par le Parlement de l’exécutif.

Un renfort européen pour questionner chaque ministre devant l’autre…

C’est ainsi que certains parlementaires de l’aile très classiquement pro-américaine de la CDU ont pu interroger directement Dominique de Villepin sur les risques d’une incompréhension durable avec les Etats Unis. En concluant, le Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée Edouard Balladur, a ainsi pu mettre en lumière pour mieux les conjurer, les risques que l’unité de vue actuelle de la France et de l’Allemagne sur l’Irak ne se transforme en vote contraire ou distinct au Conseil de sécurité la semaine prochaine…

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Ces nouveaux liens affranchis des retenues classiques qui ne sont plus de mise entre européens permettent d’être très direct !

Participant juste après cette réunion de travail à un débat télévisé dans les studios du Bundestag avec la Présidente de la Commission des Affaires culturelles  en présence d’étudiants français et allemands, j’ai ainsi pu très carrément  répondre NON à la question d’un jeune allemand sur l’arrêt immédiat par la France du nucléaire…

L’amitié c’est la franchise ! L’Europe c’est le pluralisme ! L’avenir c’est de récuser toute idéologie même parée des meilleurs sentiments !

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Dans l’avion de retour de Berlin, nous croisons le Président Giscard d’Estaing qui venait de rencontrer les dirigeants polonais puis allemands. Quelle puissance intellectuelle et quelle force physique !

Nous devions nous retrouver dans le TGV pour Vendôme et Saint-Pierre-des-Corps.

Mais les encombrements entre Roissy et Paris m’ont fait rater le train ! Vivement le Charles de Gaulle Express qui permettra enfin une bonne desserte de cet aéroport !

Dans l’hémicycle du Château de Versailles, l’Europe a été puissamment relancée !

23 janvier 2003

Un moment fort et nécessaire dans l’histoire de l’Europe, qui progresse d’autant plus fortement que l’Allemagne et la France accordent leurs violons ! Il était temps qu’une impulsion claire soit donnée, qu’un message lisible et audible pour chacun soit émis… Vivre l’histoire en direct grâce à mon mandat de député est un privilège dont je remercie les Tourangeaux ! C’est véritablement le sentiment que je retiens de cette exceptionnelle journée de commémoration du 40ème anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée entre le Général de Gaulle et Konrad Adenauer. Un 22 janvier 2003 en fait presque totalement consacré à l’avenir plutôt qu’à l’évocation du passé, aussi marquant fut-il pour nos deux pays, pour la paix, pour la réconciliation durablement scellée.

Un moment fort et nécessaire dans l’histoire de l’Europe, qui progresse d’autant plus fortement que l’Allemagne et la France accordent leurs violons ! Il était temps qu’une impulsion claire soit donnée, qu’un message lisible et audible pour chacun soit émis. Sinon, gare à la sanction populaire lors de la ratification de la nouvelle Constitution européenne ou de l’élargissement…

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La journée commença par les « 4 vérités » avec un clin d’œil amical aux parlementaires allemands qui se dirigeaient vers Paris en ouvrant l’interview par « Willkommen », bienvenue en allemand ! La fierté de sa langue doit permettre le geste de parler celle de son allié si l’on veut que l’Europe respecte chaque culture, chaque identité, chaque terre. Au fait, pourquoi dans l’avion de la Luftwaffe qui nous amène à Berlin ce soir, n’y avait-il « des infos sur la sécurité » qu’en allemand et en anglais ? Notre nouvelle feuille de route franco-allemande est-elle déjà oubliée ou plutôt non encore transmise ?

Faire de la pédagogie, concrétiser les enjeux, rendre intelligibles les termes du débat étaient mes objectifs matinaux – réveil à 5h30 ! – d’où mon illustration des institutions européennes à travers l’enfant chéri des Français : la voiture !

Le carburant sans lequel rien n’avance, c’est dans nos démocraties, le peuple, le respect du suffrage universel, le citoyen, donc le Parlement européen.

Le moteur naturellement vital pour gagner du terrain et faire progresser concrètement l’idée européenne, c’est la Commission et son Président que nous proposons de faire élire par les parlementaires européens.

Le volant, le frein, l’accélérateur, bref la conduite maîtrisée, c’est le Conseil européen regroupant les gouvernants des Etats membres, avec désormais un chauffeur identifié, désigné, incarné avec la durée pour lui, donc un Président élu par les Chefs d’Etats et de Gouvernements pour 2 ans et demi ou 5 ans.

Fini les présidences tournantes de 6 mois, trop éphémères, pour permettre un bilan vraiment solide et un vrai mécanisme de responsabilité.

J’ai la vanité de penser que ces images montrent que la proposition franco-allemande d’un Président de la Commission élu par le Parlement européen et d’un Président du Conseil élu par le Conseil des Chefs d’Etat et de Gouvernement est un bon point d’équilibre.

A chacun sa fonction. A chacun sa légitimité.

Ce schéma réaliste ne mérite pas les tombereaux de critiques très politiciennes émanant des candidats prématurés à la future élection présidentielle de 2007…

Je crois en effet totalement légitime qu’un dialogue parfois harmonieux, parfois conflictuel s’instaure entre le moteur européen et la représentation des Etats et des Gouvernements. Fédération d’Etats-nations, n’est-ce pas l’objectif unanimement déclaré ?

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Journée d’amitié commémorée et renouvelée entre l’Allemagne et la France, cela veut dire accueil des parlementaires d’outre-Rhin à Versailles.

Poignées de mains. Guten tag ! Quelques mots échangés dans un allemand toujours imparfait et parfois totalement déplacés quand l’interlocuteur est en fait un député français que l’on n’avait pas encore repéré…

Nous sommes tous fiers de faire découvrir ou redécouvrir le Château de Versailles à nos amis. Par vérité et par souci de ne pas donner une image fausse de la vie d’un parlementaire français, nous expliquons que la Galerie des Batailles où était offert le déjeuner n’était pas notre cantine habituelle…

Vint le moment de l’installation libre, sans protocole dans l’hémicycle, sans distinction de groupe politique, de nationalité. Au gré des hasards, des rencontres, des contacts. Nous avons le sentiment fort d’écrire une grande page d’histoire. Se dégage de notre assemblée une force rare, belle, nouvelle. Vraiment créatrice. Un décloisonnement, un oubli des égoïsmes pour une cause supérieure qui dépasse chacun d’entre nous. Ce rendez-vous franco-allemand est en fait une vraie symphonie européenne. Sans l’entonner au fond de moi-même résonnait l’hymne européen. L’Hymne à la joie ! Non celui qui ne guide que les béats, celui qui mobilise les vaillants !

L’évocation par le Chancelier Schröder de la très belle chanson de Barbara qui avait bercé et ému son adolescence fait passer un souffle de l’esprit, de l’immatériel, de la culture dans ces instants solennels et magiques. La force heureuse du Président Chirac témoigne du moment d’exception que chacun ressent et qu’il illustre par l’annonce du projet européen français. Une véritable opinion européenne consciente d’elle-même s’exprime par des applaudissements soutenus lorsqu’il déclare que la guerre en Irak peut être évitée. Est-ce la naissance d’une véritable autorité diplomatique européenne… C’est en tout cas ce qui s’est manifesté par la spontanéité de la réaction parlementaire.

Lorsque les chœurs rassemblés dans les tribunes ont chanté l’Hymne allemand et la Marseillaise dans un mouvement d’adhésion générale où se mêlaient les voies parlementaires, j’ai véritablement ressenti le frisson d’une partition magnifique, rare, magique en train de s’écrire.

Dans un même élan, avec une émotion totalement partagée, en cet instant d’une beauté que je n’oublierai jamais, j’ai pensé aux morts des guerres dans les tranchées, aux déportés, aux camps de concentration et d’extermination, aux gestes symboliques de réconciliation qu’ont su accomplir nos aînés, à mon grand-père, juge français au tribunal de Nüremberg, à mon père négociateur du Traité de Rome, à nos réussites industrielles et technologiques, à l’avenir européen des générations qui nous suivent et dont les réflexes sont souvent plus prometteurs que les nôtres.

J’ai compris que nous n’avions pas le droit de ne pas servir totalement la cause qui nous a ainsi rassemblés, en nous faisant nous dépasser.

Non par ambition de pouvoir personnel. Mais pour réussir ensemble.

La célébration franco-allemande compense l’absence de la France au moment de la réunification !

21 janvier 2003

Cette solidité affichée, retrouvée est nécessaire pour redonner confiance à ceux de nos concitoyens qui ne comprennent plus le fonctionnement des institutions européennes ou qui s’inquiètent de l’avenir à 25 membres voire plus… Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont eu vraiment raison de relancer spectaculairement l’unité d’action politique entre nos deux pays. Dans cette période de réflexion voire de scepticisme dans l’opinion sur les évolutions de la construction européenne, c’est un socle fondamental pour la solidité de l’Union européenne. D’une certaine manière, il s’agit de la refondation de liens qui s’étaient progressivement distendus depuis les divergences entre la France et l’Allemagne concernant le calendrier de la réunification il y a plus de 10 ans maintenant.

Nous n’avions pas su faire de ce moment historique une date clé de l’histoire européenne. Comment a-t-on pu laisser ce jour de fête n’être qu’une cérémonie intérieure allemande ?

La commémoration d’aujourd’hui des 40 ans du Traité de l’Elysée contraste fortement avec l’absence française des années Mitterrand malgré l’apparence des images et quelques moments forts, notamment Verdun, sans oublier le défilé sur les champs élysées de l’armée allemande organisé à l’époque du gouvernement d’Edouard Balladur, lorsque François Léotard était à la Défense et Alain Juppé aux Affaires Etrangères.

La réunion des deux assemblées élues au suffrage universel à Versailles est un magnifique symbole qui dépasse les convenances protocolaires ou les réunions officielles. C’est ni plus ni moins l’affirmation par les représentants des citoyens que nous sommes de la volonté d’afficher un avenir commun jalonné de décisions élaborées et appliquées ENSEMBLE.

Pas dans un esprit de coopération bilatérale, mais dans une véritable union, une symbiose où s’agrègent et se démultiplient les énergies créatrices et les visions politiques.

C’est une grande première. Comme le sera le lendemain à Berlin la réunion des Commissions des Affaires Etrangères du Bundestag et de l’Assemblée Nationale avec l’audition conjointe de Fischer et de Villepin.

Tous les parlementaires ensemble interpellant les deux ministres également ensemble, c’est un beau symbole qui deviendra un rendez-vous régulier. Comment ne pas avouer que je suis extrêmement fier d’avoir obtenu l’accord de tous pour monter cette rencontre novatrice…

Cette solidité affichée, retrouvée est nécessaire pour redonner confiance à ceux de nos concitoyens qui ne comprennent plus le fonctionnement des institutions européennes ou qui s’inquiètent de l’avenir à 25 membres voire plus. C’est l’incarnation d’une vision commune de l’avenir. Cela dérange, cela peut heurter, mais c’est impératif pour avancer. Ce n’est pas une démarche hostile par rapport à nos autres partenaires. Il est en effet légitime que nous souhaitions avancer au même rythme, d’un même pas sans déchirement inutile. Imaginez un seul instant l’effet dévastateur d’un désaccord franco-allemand.

Remémorez-vous le silence critique ou même l’analyse à contre-courant de l’histoire que le Président Mitterrand avait fait du processus de réunification de l’Allemagne en donnant d’une certaine manière l’impression de vouloir la différer voire la contrarier.

Ces temps semblent lointains. C’est heureux que se tourne la page de nos incompréhensions.

J’avais eu, grâce à l’audace créatrice permanente de mon patron de l’époque, François Léotard, le privilège d’assister à Berlin aux cérémonies marquant l’unité de l’Allemagne. C’était un tour de force car il n’y avait aucun invité étranger, même si l’expression est impropre puisque les Européens ne sont plus des étrangers les uns pour les autres…

J’ai assisté à « Berlin-Est » à l’interprétation de la 9ème Symphonie de Beethoven. Haut perché dans les balcons du théâtre, j’ai eu le privilège de voir les larmes d’émotion du Chancelier Kohl et de Lothar de Maizière (l’ancien Premier Ministre d’Allemagne de l’Est) au moment où était magnifiquement entonné l’Hymne à la joie. Avec une force inoubliable. J’ai vécu devant le Reichstag le moment où le drapeau allemand a été hissé au milieu d’une foule analogue à celle des grands concerts de rock… J’ai entendu le lendemain au siège de l’orchestre philharmonique de Berlin les discours évoquant les douleurs de l’histoire, où le Président du Parlement de l’ex RDA expliquait ce que les souffrances endurées par son peuple sous le joug soviétique apportaient en ce jour à la renaissance de l’âme allemande…

Les seules personnalités françaises présentes étaient le Président de la Commission européenne Jacques Delors, François Léotard alors responsable d’un parti d’opposition, et pour le concert Jack Lang parce qu’il terminait un voyage officiel…

Oui, il fallait réparer cette « absence française » qui a été une vraie erreur historique.

Versailles aujourd’hui remplit à mes yeux cet office. Je me rappelle avoir dit au Chancelier Kohl à la sortie de la 9ème Symphonie, sous le coup de l’émotion qui vous fait franchir les lignes jaunes du protocole et du respect des hiérarchies… « c’est un grand jour pour l’Allemagne que je suis fier de vivre ». Il a répondu : « un grand jour pour l’Europe » !

Oui, cette paix solide, cette entente féconde, cette alliance politique sont les meilleurs moyens pour que l’Europe soit synonyme pour les peuples de progrès.

Je souhaite que le 40ème anniversaire du Traité de l’Elysée soude à jamais notre volonté commune et notre unité de destin.

Dans le respect du pluralisme, naturellement, car c’est là la valeur européenne suprême.

François Bayrou est un opposant contre nature ! Il devrait être à l’UMP !

20 janvier 2003

Pour occulter l’impossible reconstruction de la gauche et les débats nombrilistes du PS, quoi de mieux que les outrances verbales, les excès de langage voire les calculs très politiciens de nos amis de l’UDF ! Pour occulter l’impossible reconstruction de la gauche et les débats nombrilistes du PS, quoi de mieux que les outrances verbales, les excès de langage voire les calculs très politiciens de nos amis de l’UDF !

La presse n’attendait que ça. Eux également pour avoir le sentiment ou l’ivresse de l’existence à travers la critique qui fait recette, la vacherie gratuite qui fait mouche ou l’expression méchante qui fait rire. Qui gagne à ce triste spectacle ? Nos adversaires… C’est là que le bât blesse.

Le procès en non respect du pluralisme est une sorte de supercherie. L’UMP est un vaste rassemblement ouvert à tous ceux qui partagent notre idéal républicain, libéral, humaniste, européen. Le débat y est fécond. Se côtoient d’anciens protagonistes des rivalités suicidaires qui ont fait les beaux jours de la gauche. Ils sont aujourd’hui réconciliés sans pour autant être amnésiques des erreurs passées !

Ce sont justement nos égoïsmes de partis, nos petitesses de chapelles devenus obscures que nous avons voulu dépasser.

Contrairement aux sempiternelles critiques dont il est injustement l’objet permanent, Alain Juppé veille aux équilibres, incite au respect, « fomente » le débat. Et il n’a pas fait éclater l’UDF en deux morceaux, lui, même si certains l’ont parfois souhaité… Comment ne pas reconnaître que les Français de la majorité présidentielle exigeaient la dynamique unitaire. Rassembler n’est pas broyer.

Notre objectif c’est d’être utile aux Français pour que notre pays se réforme et que chacun puisse réussir. Avoir sa chance. Trouver un emploi. Etre un citoyen le plus heureux possible malgré les vicissitudes de la vie.

Notre fierté sera la réussite du gouvernement et non le croche-pied parfaitement « amical et bienveillant » et en fait crade, aigri et totalement contre productif.

Entre vrais amis, le conseil ne se fait pas via les micros, les caméras et les congrès échauffés… C’est d’autant plus vrai que le Premier Ministre, si ma mémoire est bonne, était une personnalité éminente de l’UDF.

La réussite de chacun est légitime. Tout talent mérite sa récompense, son accomplissement. C’est comme pour un Etat, l’accès à la mer est vital. Cela a d’ailleurs motivé de nombreuses guerres… par le passé ! Alors prudence !

Personne ne conteste à François Bayrou son énergie, sa combativité, sa fougue. Beaucoup souhaitent qu’il consacre davantage ses qualités au soutien au gouvernement confronté aux dures réalités de l’héritage socialiste et ses flèches à nos opposants. Une sorte de recentrage !

Etre parfois un peu binaire, vraiment clair, résolument fécond et toujours respectueux de l’autre c’est la fierté des « petits colonels » que nous sommes !

Parler de « contrat » pour faire disparaître un allié, c’est utiliser le langage de la mafia. Alors on se calme ! On arrête la caricature, l’outrance, les dérapages finement calculés, qui ne sont d’ailleurs nullement notre fait.

Mon Cher François, et vous mes amis de l’UDF, lorsque vous sifflez Jean-Louis Borloo, vous me rappelez les pires heures des Républicains Indépendants et du PR lorsque Alain Madelin organisait une bronca contre François Léotard.

Lorsque la passion en politique qui est un moteur salutaire rime avec sectarisme, l’avenir devient sombre et l’horizon bouché. Je ne vous le souhaite pas.

A bon entendeur, salut !