Il y a une discussion sur les jours de grève. Le samedi/ dimanches et les jours fériés ne rentrent pas dans la même logique. Mais le principe très tangible qui est celui de la loi est que les jours de grève ne sont pas payés… Valérie LECASBLE : “Renaud DONNEDIEU DE VABRES, Porte-Parole de l’UMP et Secrétaire Général Adjoint, bonjour”
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Bonjour !”
Valérie LECASBLE : “En incarcérant José BOVE, Le Gouvernement a pris le risque de relancer la contestation sociale, est-ce que c’était vraiment indispensable ? Raffarin venait de prôner l’apaisement.”
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “C’était tout simplement l’application nécessaire de la loi. Il y a eu une décision de justice et le Gouvernement là-dessus n’est pas autonome. Il ne peut pas appliquer ou ne pas appliquer une décision de justice. Elle s’impose à lui. Mais c’est José BOVE qui a choisi les formes. Ses avocats ou lui-même auraient pu discuter avec le Juge d’application des peines parce qu’il est condamné à une durée qui lui permet d’avoir des amodiations ou d’aller uniquement le soir dans une maison d’arrêt. Mais c’est lui-même qui n’a pas voulu discuter avec les pouvoirs publics. Ses amis avaient prévenus qu’ils utiliseraient le cas échéant la force pour éviter l’incarcération. On se trouve face à un problème. Dans notre pays la liberté d’expression est totalement légitime. Les gens ont le droit de manifester. C’est bien ! »
Valérie LECASBLE : « Tous les syndicalistes sont contre cette incarcération »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Mais il y a une ligne jaune à ne pas dépasser. On n’est pas obligé de devenir casseur, de commettre des délits pour se faire entendre.»
Valérie LECASBLE : « La FNSEA, Renaud DONNEDIEU DE VABRES, cela leur arrive aussi parfois »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Il y a le principe de l’opportunité des poursuites. C’est le parquet qui déclenche une information judiciaire. Il ne faut pas dire qu’il n’y a pas de liberté d’expression mais là, la ligne jaune a été dépassée. C’est l’application de la loi. La justice aurait hurlé si la décision n’avait pas été appliquée. »
Valérie LECASBLE : « Vous voulez dire que c’est la même loi pour tout le monde. Vous voulez dire que dès qu’un agriculteur ira saccager un endroit, on lui appliquera la loi.»
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Il n’y a pas besoin de saccager pour être entendu ! Qu’ils viennent discuter avec les parlementaires, les élus, le Gouvernement. José BOVE lui-même a été reçu par le Ministre de l’agriculture. On n’a pas besoin de saccager pour être entendu et pour faire prévaloir son point de vue! Il y a des rendez-vous institutionnels. »
Valérie LECASBLE : « Vous avez dit que le 14 Juillet il pourrait y avoir une grâce présidentielle »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Il faut être très précis sur ce point. Parfois les gens ne savent pas de quoi il s’agit. Tous les 14 Juillet, le Président de la République prend une décision qui est un décret de réduction de peine pour toutes les personnes, sans exception, condamnées à un certain nombre de mois d’emprisonnement. Cette décision peut s’appliquer pour d’autres, et pour José BOVE également. Et puis il y a un autre sujet sur lequel je ne m’aventurerai pas aujourd’hui car malheureusement pour moi, et cela ne vous a pas échappé, que je ne suis pas Président de la République, qui est la question de la grâce présidentielle. C’est un sujet sur lequel je ne me risquerais pas. »
Valérie LECASBLE : « Une question néanmoins, s’il bénéficiait de cette grâce présidentielle le 14 juillet, c’est à dire dans un peu plus de deux semaines, est-ce que cela valait bien la peine de faire tout ce “ cirque ” ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Il fallait appliquer la loi. C’est José BOVE lui-même qui a choisi les formes de l’exécution de justice. »
Valérie LECASBLE : « D’accord. On vous a compris. Alors, tout cela a déclenché des réactions dans la presse et on vous appelle, le Gouvernement et l’UMP, le Gouvernement de la tolérance 0. Non paiement des jours de grève, sans papiers immigrés que l’on renvoie chez eux, José BOVE, maintenant on parle d’interdire le port du voile à l’école. Est-ce que le mot intolérance est le nouveau mot que l’on emploi pour qualifier le Gouvernement ? Est-ce que c’est “un autoritarisme marketing” en quelque sorte ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Non c’est tout simplement le respect nécessaire des principes de la République. Je crois que mai 68 c’était très bien sur le plan de la liberté personnelle, de la liberté individuelle mais par ailleurs, il faut tourner un certain nombre de pages parce que la confusion des genres, le communautariste, toutes sortes de dérapages nous ne pouvons plus les accepter. Les enseignants eux-mêmes nous le disent. Il sont confrontés à beaucoup de violence à l’intérieur de l’école, dans leur classe. Il faut rappeler les principes républicains du droit de la personne, l‘égalité entre l’homme et la femme. C’est aberrant de le refaire en ce début de 21ème siècle. Mais c’est une urgence ! Vous avez dans notre pays des dérives communautarismes, racistes et antisémites qui sont graves. Oui, sur cela nous voulons rappeler par humanisme, un certain nombre de principes républicains. Nous ne sommes pas des « réacs » ! Nous sommes des humanistes qui croyons en les valeurs de la République. »
Valérie LECASBLE : « Les enseignants dont vous parlez vous ont demandé le paiement des jours de grève que Luc Ferry leur, a en partie, accordé. »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Là-dessus, il y a une discussion sur les jours de grève. Le samedi/ dimanches et les jours fériés ne rentrent pas dans la même logique. Mais le principe très tangible qui est celui de la loi est que les jours de grève ne sont pas payés. »
Valérie LECASBLE : « Y compris pour les enseignants ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Y compris pour les enseignants. »
Valérie LECASBLE : « Hier Jacques Chirac a annoncé qu’il allait poursuivre la baisse de l’impôt sur le revenu, pourtant cette première baisse n’a relancé ni la croissance, ni la consommation. »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Peut-être n’était-elle pas suffisante. Et que l’on n’ a pas pu franchir d’emblée toute les étapes à franchir. De quoi s’agit-il ? Ce n’est pas une mesure idéologique. Nous ne sommes pas des ultra libéraux. Nous ne faisons pas cela par théorie politique. Il y a deux raisons. La première : c’est qu’il doit y avoir une juste rémunération du travail et de l’effort. Et si les gens qui “bossent” ont le sentiment ensuite qu’ils sont spoliés des fruits de leur travail et de leurs efforts, et bien, ils partent de France. C’est une vérité tangible que l’on constate et ce n’est pas la peine de la nier. La deuxième : c’est que l’on compte sur cette mesure pour relancer la croissance. Cela veut dire que la marge de manœuvre financière dégagée par chaque ménage soit utilisée par chaque ménage pour faire des travaux dans la maison ou acheter une voiture, bref faire un certain nombre de dépenses qui relanceront l’économie. »
Valérie LECASBLE : « Ce matin, François Hollande vous a reproché de réserver vos mesures aux riches »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « C’est ridicule comme argument ! L’impôt sur le revenu est payé par un Français sur deux. Baisser l’impôt sur le revenu concerne donc un Français sur deux. Ce sont des gens pénalisés. Je considère que le choix que nous avons fait de la baisse de l’impôt sur le revenu, objectif fixé par le Président de la République au moment de la campagne présidentielle, est un choix juste et nous ferons tout pour le maintenir parce qu’encore une fois, il est normal que les gens qui font des efforts pour travailler puissent bénéficier de leurs efforts. En restant solidaires parce qu’en même temps, ils continuent à payer tous leurs impôts et taxes directes ou indirectes. »
« (…)Il faut que le parti socialiste arrête de critiquer et fasse des propositions. La réforme des retraites n’est pas un problème politique. Nous essayons de trouver un système applicable pour tous les Français. Donc aujourd’hui, il y a des manœuvres dilatoires alors cela peut donner l’impression d’un spectacle un peu pitoyable avec des suspensions de séances. Il ne faut surtout pas donner le sentiment que la majorité présidentielle ne veut pas du dialogue. Nous sommes patients et déterminés. On ira jusqu’au bout. Comme vous savez la session se termine le 30 Juin. »
Valérie LECASBLE : « Cela a été reporté le 30 Juin. Y aura-t-il un session extraordinaire ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « C’est le Président de la République qui décidera s’il fera ou non une session extraordinaire. »
Valérie LECASBLE : « On n’y coupera pas, Renaud DONNEDIEU DE VABRES »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « C’est probable, mais c’est au Président de la République de décider s’il y aura une session, de la durée de cette session extraordinaire et de l’ordre du jour. Il y a la réforme des retraites et aussi d’autres textes très importants sur la maîtrise de l’immigration. Et je ne sais pas à l’heure où je vous parle l’ordre du jour de nos travaux de juillet, tout simplement parce qu’en ce moment nous sommes à la manœuvre pour terminer l’examen de la réforme des retraites. »
Valérie LECASBLE : « Certains semblent exaspérés. Il y a des petits « couacs » par exemple François FILLON aimerait bien que Jean-Louis DEBRE prolonge la séance. Vendredi dernier les députés étaient prêts à rester toute la nuit alors du coup les esprits s’échauffent . »
Renaud DONNEDIEU DE VABES : « On a sur nos épaules une obligation de résultats, de respect des autres parce que nous ne sommes pas des gens brutaux . Si chacun peut s’exprimer, c’est bien. C’est le signe d’une grande démocratie. Mais on voudrait que ce temps soit vraiment utilisé à faire de vraies propositions. Que propose François Hollande ? »
Valérie LECSABLE : « Le 49.3 on n’en parle toujours pas ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Non ! »
Valérie LECASBLE : « On n’en parlera pas ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Ce n’est pas à moi de le dire. Je n’en sait strictement rien mais je souhaite l’éviter. Parce que je souhaite que le dialogue puisse aboutir enfin à un résultat. »
Valérie LECASBLE : « De plus en plus souvent il n’y a pas de quorum et si l’on continue comme cela, ça ne va pas s’arranger. »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Vous savez, on organise un tour de permanence parce qu’on ne peut pas travailler à 577 dans l’hémicycle. Mais il faut que vous compreniez bien les choses parce que c’est notre attitude politique. Cette majorité a été élue dans des circonstances très particulières. Un Français sur deux a fait un bras d’honneur à la politique classique en disant aux élus « vous ne servez à rien !» Nous, nous avons ça en permanence dans le crâne. Parlementaires et Gouvernement ont un certain nombre de réformes à réussir, de principes à restaurer dans notre pays. On le fera au bon rythme et je trouve que de ce point de vue là, la méthode utilisée par Raffarin est juste et équilibrée parce que l’on ne s’est pas précipité. On a pris du temps. Il faudra tenir cet état d’esprit pour des réformes à venir. »
Valérie LECASBLE : « Et la méthode Raffarin quand il va en Corse et qu’il se trouve juché sur une chaise, est-ce que c’était ça qu’il fallait faire ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « En tout cas, il est au contact, rien dans la réalité ne me choque. Quand les gens s’expriment, c’est bien. Mais il pourraient le faire de façon plus respectueuse du droit de la majorité et de l’opposition. Encore une fois, les gens manifestent et c’est normal, mais qu’ils n’empêchent pas une réunion publique, c’est choquant et scandaleux, et attentatoire aux libertés essentielles de notre République ! Et j’allais dire encore plus lorsqu’il s’agit d’enseignants qui ont à charge d’élever la jeunesse de France dans le culte du respect de la démocratie et du pluralisme. Parce que ce sont des valeurs essentielles. Qu’ils s’expriment c’est très bien. Mais il faudrait se concentrer sur la question qui est posée. Les institutions de la Corse. C’est une République intelligente. »
Valérie LECASBLE : « Justement ce que l’on vous reproche c’est d’avoir fait ça au moment où il y avait la contestation sociale. »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Il y aura toujours des contestations sociales. Nous sommes dans une période “chaude”. Est-ce que vous croyez un seul instant que l’on va arriver dans une période où il n’y aura plus un chômeur et plus un problème social dans notre pays ? C’est une consultation sur les institutions corses. Elle est tout à fait nécessaire. Nous souhaitons que les Français qui sont électeurs en Corse se concentrent sur la question qu’on leur pose. Ce n’est pas un plébiscite. C’est une question sur les institutions. »
Valérie LECASBLE : « Et si le 6 Juillet… »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Attendez, on va tout faire pour que ce soit oui ! »
Valérie LECASBLE : « Et si c’était non le 6 Juillet ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « On va tout faire pour que ce soit oui ! »
Valérie LECASBLE : « Et si c’était non »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « On va tout faire pour que ce soit oui ! »
Valérie LECASBLE : « Quelques petites questions pour finir. Pour les élections européennes de 2004, on dit que c’est Michel BARNIER qui pourrait être la locomotive, vous le confirmez ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Vous savez les élections vont se passer dans de grandes régions »
Valérie LECASBLE : « Mais il y aura quand même une grande locomotive nationale »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Tout le monde doit être locomotive. Il faut sortir l’Europe du côté élitiste dans lequel elle est un peu trop enfermée. Il faut que les Français comprennent mieux les enjeux européens. Donc il faut que tout le monde, tous les militants, les élus, les parlementaires, les ministres, tout le monde doit “ aller au charbon ” pour convaincre nos concitoyens de l’utilité de l’Europe .»
Valérie LECASBLE : « Michel BARNIER en tête ? »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Bien sûr mais tout le monde. Pas uniquement Michel, mais tout le monde ! »
Valérie LECASBLE : « Mais cet automne il y aura Congrès de l’UMP, on parle de Lille pour l’accueillir, parce que Lille pourrait peut-être basculer à droite. Pour l’instant c’est une ville de gauche. »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Ecoutez vous êtes mieux informée que moi. Donc je vais me renseigner auprès d’Alain Juppé en quittant vos studios. La décision n’est pas encore prise. Ca fait partie des possibilités. Mais il y en a d’autres. On ne le sait pas encore. »
Valérie LECASBLE : « On parle d’un jeune qui monte en ce moment à l’UMP, Nicolas DUPONT-AIGNAN, il a l’air de fédérer autour de lui, des courants, des souverainistes. Du coup vous gardez des pasquaïens avec vous. »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Il y a un droit permanent au débat à l’UMP. Donc c’est très bien qu’il y ait des gens différents qui puissent s’exprimer, on n’est pas une caserne ! On est un lieu ouvert où chacun doit se sentir à l’aise. Nicolas DUPONT-AIGNAN comme d’autres. Vous avez bien vu il y quelques semaines, il y a eu le débat sur le rythme de la réforme, il y avait une aile un peu impatiente qui se manifestait. C’est très bien qu’ils s’expriment. Mais le rythme était le bon nous n’avons pas été brutaux. On est tenu par notre célèbre “obligation de résultat ” et on aura ce résultat ! »
Valérie LECASBLE : « Un seul mot pour terminer. »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « Nous sommes attentifs à ce qui se passe dans l’opinion publique, attentifs aux mouvements sociaux mais on a un objectif politique que l’on tiendra ! »
Valérie LECASBLE : « Merci Renaud DONNEDIEU DE VABRES , (…) et pour finir vous avez votre propre site internet, rappelez-nous l’adresse. »
Renaud DONNEDIEU DE VABRES : « rddv.com »