Arc en ciel politique pour le Louvre-Lens !

27 novembre 2012

Arc en ciel politique pour le Louvre-Lens !

C’est à l’honneur de Jacques Chirac pour le premier Louvre hors les murs de n’avoir pas choisi la ville de l’un de ses ministres , mais Lens , le symbole le plus fort pour faire d’un grand projet de fierté culturelle et patrimoniale un acte majeur et stratégique de développement économique .
Les chefs-d’œuvre magnifiquement conservés par le Louvre et par les grands Musées nationaux sont un trésor exceptionnel , un gisement absolument incroyable d’initiatives et d’émerveillements potentiels . Ne pas les présenter au public est non seulement un vrai gâchis mais surtout une chance refusée et interdite , ce qui est parfaitement sacrilège par temps de crise .
Nous avons franchi une étape décisive , en passant du prêt d’œuvres et de la simple ingénierie muséographique , pour lesquels la réputation des équipes françaises est particulièrement flamboyante mais presque »habituelle » , à la création d’un nouveau musée à part entière , phare permanent de l’excellence du Louvre , rendu possible par la détermination éclairée d’une région et de son président , Daniel Percheron .
Retenir Lens , c’était pour le Président Chirac et son gouvernement , affirmer que les arts et la culture sont l’arme majeure du redressement économique et productif , le creuset du progrès spirituel et humain . Dans une ville marquée durement par le chômage et par l’histoire parfois tragique de son passé minier , le Louvre-Lens apporte une dynamique d’attractivité , de rayonnement et d’emplois , qui aura la même puissance que celle générée à Bilbao par le Musée Guggenheim . Les éternels incrédules , qui existent encore , seront surpris !
Lorsque j’ai proposé au Président de la République cette décision , qui lui appartenait naturellement en dernier ressort ,vu l’importance du sujet , nous avions la certitude , Henri Loyrette , Président-directeur du Louvre , Francine Mariani-Ducray , Directrice des Musées de France et moi-même de lancer le plus beau des défis : rendre l’espoir par la culture en s’affranchissant de tout critère immédiatement et bêtement partisan ! Valenciennes et Amiens , dont les élus étaient comme moi Ministres , n’ont pas été les villes retenues , alors que les énergies y étaient également très fortes …. Mais nous avons préféré envoyer le message le plus radical et peut-être même visionnaire : fédérer et réunir toute une population autour d’une grande idée culturelle , là où les réalités quotidiennes sont les plus éloignées de la réussite économique et sociale
Son succès dépend non pas du projet lui-même ,dont la beauté architecturale est époustouflante , grâce à la simplicité et à la force des lignes et des matériaux , mais de la constellation d’initiatives locales qu’il va déclencher dès son ouverture . C’est l’addition des efforts , des investissements , des aventures nouvelles et des réalisations dans l’ensemble de la ville et de la région , portés par tous les acteurs politiques ,économiques et culturels qui en feront le succès .
« Alors , Monsieur le Ministre , vous l’avez prise votre décision ? « , ainsi m’interpellaient à la suite de la visite du site et de la réunion avec le Député-maire de Lens , M. Guy Delcourt , et son équipe , 4 dames , habitantes du quartier limitrophe , intenses et belles vigies très attentives et mobilisées ! Elles nous ont accueillis à l’entrée de la mairie le jour de l’annonce de la décision par Jean-Pierre Raffarin au cours d’un déplacement qui reste dans mon cœur comme l’un de plus beaux de ma vie de ministre ! Certaines ont aujourd’hui disparu . Je pense à leur regard , à leur intensité , à leur passion, à leur chaleureuse spontanéïté . Aux cicatrices des drames qu’elles avaient vécus .
Aujourd’hui ce nouveau phare s’allume . Sa lumière est celle de la fierté française , d’un musée universel offert à chacun , chaque culture , chaque époque , chaque tradition , chaque esthétique , chaque génération ,chaque peuple .
Puissent les foules qui vont le visiter et l’admirer , en parcourant la Galerie du Temps , en ressortir ambassadeurs convaicus que la culture est une arme de paix , de rayonnement et d’attractivité , et admirateurs éblouis tant par les œuvres que par l’art de les mettre en valeur .
C’est le message du Louvre-Lens qu’un bel arc en ciel politique a décidé d’envoyer aux incrédules, aux défaitistes et aux refuzniks de tous poils ! En attendant l’ouverture du Louvre-Abu Dhabi en 2015 !
Vive le Louvre et ses équipes talentueuses !

Hommage à Alberto Pinto

9 novembre 2012

Alberto !

Te dire A Dieu, c’est tout d’abord te dire merci.

Merci, à l’ami, dont l’attention, l’humour, l’élégance et la générosité sont aujourd’hui une merveilleuse lumière, qui réchauffe nos cœurs meurtris et bouleversés.

Ta passion pour les belles choses n’avait aucune limite, tu aimais la faire partager ; j’osais parfois avouer mon ignorance ; avec une extrême gentillesse tu aimais transmettre, initier, donner le goût. Tu étais fier mais discret, un puits de science mais plein d’humilité. Un ami qui vous faisait gambader joyeusement dans un univers exceptionnel.

Je me souviens avec émotion d’un voyage récent au sein de ta sublime collection d’assiettes et de verres, quai d’Orsay ; tu étais heureux de montrer l’extrême diversité des origines de ces magnifiques objets de porcelaine , de cristal et de verre soufflé, et de prouver ainsi l’universalité de la beauté du travail de l’homme.

Tu étais profondément respectueux de toutes les cultures du monde, ouvert à chacune, passionné de découvertes. Tu recherchais en permanence les nouveaux horizons. Tu méprisais les intolérances et les intégrismes. Tu avais le cœur sur la main. Certes, les yeux toujours ouverts sur les réalités humaines, mais tu préférais les ignorer lorsqu’elles te semblaient trop médiocres.

Malgré la maladie et la souffrance, ton appétit gourmand de découvertes, de beauté, d’émerveillement est resté intact. Celui des premiers jours, de tes débuts, où, installé à New York après de brillante études à Paris d’histoire de l’art, tu étais producteur de reportages consacrés à l’architecture intérieure, avant de devenir le créateur mondialement demandé par toutes les personnalités les plus exigeantes à la recherche de l’excellence pour l’art de vivre, d’habiter, de voyager.

Aucun catalogue, aucune vente, aucun détail d’un projet, ne t’ont jamais échappé, même dans les moments où ton corps te faisait souffrir. Tu n’as jamais renoncé à être l’ami merveilleux, le maître vénéré. Le patron respecté parce qu’exigeant pour lui-même.

L’affection permanente et lumineuse de Linda et de tes proches s’est trouvée démultipliée par ton appétit de vivre. Tu nous as impressionnés jusqu’à la fin.

Te dire A Dieu, Alberto, c’est te dire Merci, à toi qui a été un grand Ambassadeur du talent français dans le monde entier, avec cette curiosité d’esprit, ce talent, ce souci des rencontres et des mixités culturelles et artistiques, qui ont fait de toi et du Studio Alberto Pinto un vrai symbole, un phare puissant et recherché. Une fierté pour notre pays, que tu en sois un porte drapeau aussi célèbre.

Le dialogue des cultures, des époques, des matières et des savoirs faire était pour toi comme un blason, un étendard revendiqué, une vraie conviction.

C’était aussi un héritage magnifique. Tu es un homme de la Méditerranée, du soleil, du dialogue inter-religieux. Un homme des 2 rives de cette Méditerranée que tu aimais, celle du sud grâce aux années de ton enfance passées avec ta famille notamment au Maroc, car déjà tu avais le goût du voyage, et celle de la rive nord, de la France, et de Saint Jean Cap Ferrat qui a été pour toi le berceau de ta première éclatante réussite comme décorateur travaillant pour une éminente personnalité américaine.

Un bel héritage, car je me souviens avec respect et admiration de l’allure princière de ton père, le jour où le Président Chirac t’a remis à l’Elysée la Légion d’Honneur. Il avait, comme Linda, ton élégance, ta prestance et l’infinie discrétion de ceux qui rayonnent naturellement d’une grandeur spirituelle et humaine, qui n’a pas besoin d’ostentation pour être puissante et reconnue.

Ton talent a eu de très nombreuses facettes.

Tu insufflais la vie dans chaque lieu que tu décorais. Le beau devait s’incarner, accueillir, générer un art de vivre, d’habiter. Le décor tendait la main, invitait à l’émerveillement mais aussi à l’ouverture à l’autre : autre époque, autre culture, autre tradition, autre manière de vivre.

Loin des standards éternellement reproduits, tu as été un vrai créateur, nouant un dialogue fécond avec les personnalités qui t’avaient choisi, et faisant à chaque fois un travail nouveau, unique : la haute couture absolue de la décoration, à l’image de l’exigence exceptionnelle d’Yves Saint-Laurent que tu admirais et aimais.

Ta personnalité foisonnante et généreuse se retrouve dans tes œuvres – car ce sont des œuvres à part entière – que tu as imaginées et réalisées pour de sublimes résidences, partout sur la planète.

Tu n’aimais pas les frontières, les cloisonnements, les frilosités et les replis identitaires qui te faisaient peur, toi qui parlais parfaitement un nombre incroyable de langues.

Passion, foisonnement créatif, amour du savoir-faire, des métiers d’art, exigence absolue du détail pour que le parfait soit une réalité vraie, telles étaient tes maximes personnelles et ton label prestigieux.

A cela s’ajoutait une dimension humaine et chaleureuse qui reflétait le merveilleux maître de maison que tu étais, et qui a accueilli chez lui en permanence beaucoup d’entre nous qui t’entourons aujourd’hui. L’art de la décoration s’enrichissait chez toi d’une dimension particulière, l’art de l’hospitalité, qui est celui de l’ouverture de l’esprit et du cœur, l’art de la vie dans son foisonnement, son tumulte et sa gaieté, l’art de la générosité.

Sur terre, en mer, dans les airs, ta griffe est devenue l’arc en ciel d’un talent magique et unique .

Il n’y a jamais eu de limite à ton travail acharné, à ta recherche permanente d’idées et d’objet nouveaux, à ton inlassable appétit d’excellence absolue.

Ce soleil que tu représentes ne s’éteindra pas. C’est le serment d’aujourd’hui, où nous te pleurons, mais où nous nous engageons pour toi.

Avec la flamme et le panache qui ont été les tiens et qui sont aujourd’hui un prestigieux flambeau, Linda, partenaire de ta réussite et de ta vie , qui incarne à son tour cette énergie flamboyante , et l’ensemble des créateurs et collaborateurs du Studio Alberto Pinto vont continuer cette route du beau, de l’excellence, de l’art. Leur réussite sera celle de ta passion qui est et restera présente.

Alberto, nous t’admirons. Albert nous t’aimons.

Les 4 Louvre de Jacques Chirac

21 septembre 2012

A chaque lieu patrimonial exceptionnel son grand projet ! A chaque Président de la République sa grande initiative culturelle ! Cette tradition française , où se conjuguent l’esprit républicain et la décision régalienne , jalonne ainsi périodiquement l’histoire de notre rayonnement artistique de nouveaux phares qui s’allument avec fierté . L’important est de ne pas être un chainon manquant ! Cela a pris une dimension politique différente dès lors que les violences , les haines ,les terrorismes et les guerres rendent stratégiques les initiatives de paix et d’humanisme . Cela est devenu un axe économique d’avenir puisque des pans entiers de nos atouts industriels traditionnels s’essoufflent dramatiquement. La culture n’est pas une dépense, c’est un investissement… Cette maxime de bon sens pour la France a parfois eu besoin d’avocats passionnés !

Jacques Chirac en prenant 4 décisions novatrices concernant l’avenir du Louvre a donné à cette tradition un contenu symbolique majeur , fondé sur la valeur de l’égalité, du respect et de la diversité, en résonance avec les fondamentaux de notre politique étrangère et de notre tradition nationale.

François Mitterrand avait conçu l’idée d’un Grand Louvre, intégralement restitué à son excellence artistique, écrin suffisamment fort pour accueillir sereinement le geste d’architecture contemporaine de la pyramide de Pei. Dans cet élan, les gouvernements successifs – et donc même ceux de la cohabitation – ont eu à cœur de mettre en œuvre avec soin et détermination cette nouvelle destinée, en l’inscrivant dans la réalité , grâce au concours permanent des équipes du Louvre qui , de la base au sommet , sont pour nous un étendard prestigieux , précieux et talentueux .

La réussite est au rendez-vous avec la force de l’évidence ! Mais chacun doit se souvenir que les résistances furent nombreuses et les frilosités innombrables. Restituer à un lieu aussi prestigieux son énergie initiale en le restaurant et en l’ouvrant à son temps suppose persuasion et ténacité pour surmonter les comportements rétrogrades et les arbitrages à courte vue.

Jacques Chirac a quant à lui choisi d’ouvrir le Louvre au monde . Il a d’abord décidé d’accueillir au Pavillon des Sessions, entre l’aile de Flore et l’aile Denon, les arts et les civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques dans un musée universel , faisant ainsi un acte symbolique de reconnaissance de la fierté des trois quarts de l’humanité. Ce geste totalement légitime et au fond naturel a été inspiré par la fougue de Jacques Kerchache .

L’ouverture ce mois-ci de nouveaux espaces pour les Arts de l’Islam , grâce à la couverture de la Cour Visconti superbement imaginée par Rudy Ricciotti et Mario Bellini et grâce à une scénographie exceptionnelle , est un hymne puissant à l’égale dignité des cultures, des religions et des peuples.

C’est la prolongation concrète et magistrale de la Convention de l’Unesco sur la diversité culturelle, l’affirmation que la fierté et la beauté artistiques sont planétaires et que les échanges, les croisements, les influences, les ouvertures à l’autre sont toujours féconds et riches. C’est la démonstration que notre pays est, dans une même générosité, fier de ses propres racines et admiratif des talents et des énergies d’autrui. C’est la recherche d’une concorde partagée sur notre propre sol entre tous les Français quelles que soient leur origine, leur religion, leur couleur de peau , leur tradition.

Notre pays a grâce à sa culture une ambition mondiale . Dans quelques mois le Louvre Abu-Dhabi, fera vibrer au cœur des Emirats Arabes Unis la corde de l’excellence artistique française et européenne, en y étant une présence prestigieuse en harmonie avec la vision éclairée et très volontariste de ses dirigeants.

Sans sacrifier ni renoncer à un quelconque aspect de nos traditions muséales, nous avons ainsi affirmé pacifiquement mais fortement que la France assumait son rayonnement, relevait les défis de la concurrence artistique mondiale et proposait une voie nouvelle de réconciliation entre les cultures, les passions, les fiertés.

Le geste fort fait par les Autorités d’Abu Dhabi pour nous remercier lors de la pose de la première pierre par le Président Nicolas Sarkozy a été de choisir comme première œuvre présentée un Christ sur une croix datant de la Renaissance. Hymne à la paix, à la diversité, à la tolérance ! Le Louvre était, comme chaque fois, dans son habit de lumière, dans sa vocation à incarner partout et pour tous l’universel .

Jacques Chirac n’a pas oublié la France ! En décembre, l’ouverture du Louvre-Lens scellera l’alliance à première vue iconoclaste mais ultra démonstrative entre l’excellence culturelle absolue, le développement économique et le rayonnement de toute une région.

Choisir Lens, ce fut affirmer solennellement, qu’avec l’aide directe d’un Conseil Régional et de son président Daniel Percheron, la culture était une priorité stratégique pour l’emploi, la sortie de crise industrielle, l’ambition d’une ville et l’attractivité d’un pays.

Première véritable sortie hors les murs pour le Louvre, le projet architectural conçu par le cabinet d’architecture Sanaa des japonais Kazuyo Sejima et Ryüe Nishizawa, illustre la force des lignes et des matériaux à la beauté simple et puissante, dans un décor où les corons et la nature rappellent une page d’histoire qui se ferme et une autre qui s’ouvre sans renier quoique ce soit du vécu de ceux qui en ont été les âmes, les acteurs et parfois les victimes.Cette décision qui apparaît aujourd’hui simple et évidente ne l’a pas été, tant étaient vivaces les obstacles et les concurrences .

Aujourd’hui , c’est parce que les temps sont difficiles que les grands projets sont essentiels et stratégiques pour notre avenir .
En temps de crise, notre patrimoine est une chance et non un fardeau dès lors qu’il est animé par un projet fécond. L’exposition de nos chefs d’œuvre a d’autant plus de rayonnement qu’elle est enrichie par les talents et les savoirs faire d’aujourd’hui.
Nous avons entre nos mains un potentiel unique . Le Louvre en est la signature la plus célèbre. Mais nos atouts sont innombrables, partout sur notre territoire. Puisse la volonté politique faire de leur mise en valeur française et internationale une vraie priorité nationale, où s’additionnent les énergies, se croisent les imaginaires, se rassemblent les talents et se rencontrent les publics .

Lieux fermés ,chances ratées , générosité refusée !

3 août 2012

Pendant la crise , le gâchis continue ! Et si chacun se réveillait , imaginait et créait de nouvelles richesses , donnait le signal d’un sursaut concret , en faisant d’un petit réflexe fécond l’amorce d’une dynamique d’ensemble .
Le capital que nous avons entre les mains est fait non seulement d’un héritage patrimonial exceptionnel , d’un pays riche d’une histoire et d’une diversité humaines magnifiques , de paysages et de terroirs aussi variés qu’attachants . Mais mesurons davantage que la force de nos atouts réside principalement dans nos propres idées , nos projets personnels , nos actions et responsabilités immédiates . Dans nos exigences renforcées . Nos nouveaux réflexes . Nos dépassements volontairement construits et assumés , bien au-delà de nous-mêmes et de nos petites et frileuses habitudes .
Un espace public fermé ,c’est une chance interdite , un emploi confisqué , une occasion ratée , un égoîsme encouragé . Une myopie très coupable par temps de chômage grave .
Les routes , les gares , les aéroports sont encombrés de vacanciers qui partent . Nos villes sont également peuplées de jeunes , de familles et de personnes âgées qui restent , faute d’avoir les moyens de partir ne serait-ce que quelques jours . Elles sont parallèlement fréquentées par les touristes qui visitent notre pays , y dépensant et créant par là-même beaucoup de richesses et d’activités .
Alors , recensons comme autant d’erreurs condamnables les lieux emblématiques sans projet estival spécifiquement dédié , sans ouverture généreuse et attractive .
IMAGINONS !
Imaginons le long de la Seine des barges aménagées en piscines accueillantes , plus propices à la détente et aux loisirs légitimes que le sable factice qui ne remplacera jamais celui d’une vraie plage …
Imaginons , par exemple , la verrière du Grand Palais et toutes ses galeries ouvertes tous les jours et tous les soirs à des concerts et des performances de jeunes artistes pour nouveaux et jeunes publics .
Imaginons que les parcs des ministères et résidences officielles soient exceptionnellement ouverts au public , dédiés à tous les enfants sans vacances hors de chez eux .
Imaginons dans les rues les parcours et les vitrines de la 1ère chance .
Imaginons que , la nuit , les façades de nos palais , de nos musées de nos majestueux bâtiments publics , à Paris comme dans toutes les régions françaises , soient les écrans prometteurs de créations numériques envoûtantes et effervescentes.
Imaginons même que …
Imaginons encore !
Imaginons sans attendre !
La liste est innombrables des initiatives possibles ! Lançons des appels à projets qui feront émerger des trésors d’idées nouvelles , qui seront les vraies mains tendues , comme autant de promesses concrètes et réelles d’activités , de rencontres , d’échanges fructueux .
Vieux pays , croit-on …. En déclin , ajouteront les esprits chagrins et étriqués .
Peuple jeune et fier de sa générosité , de sa créativité et de sa fraternité retrouvées !
Tel est notre défi ! A chacun d’ y répondre !

Pas de redressement productif sans culture !

16 juillet 2012

Le plan social de PSA est un coup de tonnerre car il ébranle le socle de nos certitudes économiques traditionnelles . Nous croyions que définitivement la France était forte de son industrie automobile , levier aussi légendaire que puissant de notre capacité industrielle . A l’abri de la concurrence mondiale . Un atout que nous pensions vraiment solide et pérenne semble disparaître de notre horizon , pour rejoindre les secteurs sinistrés .
Bien au-delà des conséquences humaines , sociales tout à fait dramatiques , le choc est redoutable , car il pose la question de notre avenir économique , de notre volonté à nous engager résolument vers des métiers prometteurs et préservés , pour autant que cela puisse se décréter et se garantir …
Dans ce contexte lourd d’inquiétudes et de désespérances , je suis étonné du silence quasi-absolu sur notre potentiel culturel au sens large du terme . Sans prétendre au monopole , nous sommes et restons un rendez-vous artistique mondial , une destination touristique particulièrement recherchée , une terre riche d’un exceptionnel patrimoine de pierres et de savoirs-faire , une réserve de talents humains remarquables .
Oublier cela , ne pas le célébrer , le marginaliser , refuser de le traiter comme stratégique et prioritaire est plus qu’une erreur , c’est une faute d’autant plus lourde que l’on se prive de gisements concrets d’emplois attractifs et valorisants . Ce capital-là est entre nos mains , sous nos pieds , à portée de regard , mais nous le sous-estimons au point de nous complexer , et de rentrer dans la spirale mortifère du défaitisme et même du déclinisme .
Sans stratégie culturelle audacieuse , le redressement productif est hémiplégique , paralysé , privé d’un dynamique essentielle .
En parlant d’attractivité et de créations de valeurs lors de sa visite au Festival d’Avignon , François Hollande trace une perspective utile dans ces temps de forte inquiétude et de doute .
La  » règle d’or  » , c’est tous azimuths et en permanence la stratégie de valorisation de nos atouts , la recherche de l’excellence , la volonté sans faille d’ouverture des lieux et des esprits , la formation à de nouveaux métiers . Avec le souci de l’authenticité mais aussi de la création , avec l’exigence d’addition d’énergies et de synergie entre le public et le privé . Avec la fièvre du jamais fait , jamais vu , jamais imaginé , jamais réalisé . Avec le réflexe du  » oui , bien sûr  » des positifs mobilisés se substituant au « non » des conservatismes stériles .
Le grand projet , c’est que la France soit pour la culture et les arts un phare , réconciliant la fierté de l’histoire et la fièvre des technologies les plus contemporaines, faisant de chaque espace public une chance et non un abord délaissé , et de chaque lieu de patrimoine une ruche d’activités emblématiques .
Le Président de la République pourrait revenir en novembre en Avignon lors du Forum avec Angela Merkel et d’autres invités européens et internationaux prestigieux proclamer cela priorité européenne , en lançant à cette occasion un plan audacieux . Un grand sujet culturel à l’ordre du jour du Conseil Européen serait une vraie première !
S’engager résolument dans les secteurs de l’intelligence et de la crétion constitue une réelle sortie de crise pour nos pays dont les racines et les traditions sont une force et non un carcan , dès lors qu’elles sont revitalisées par la jeunesse du monde et portées par des visions novatrices et pionnières .
L’Europe de la culture n’est pas uniquement un chant humaniste , un élégant supplément d’âme , c’est un projet économique d’avenir ! C’est une grand dessein politique !

Défis méditerranéens

8 juillet 2012

L’anniversaire des 50 ans de l’indépendance de l’Algérie doit inciter à la mobilisation politique et à l’urgence de l’action .
Un demi siècle …et toujours l’absence de vraie fraternité méditerranéenne entre nous . Et toujours dans les esprits les violences de la guerre, de la torture , de la colonisation , relayées aujourd’hui par les tensions politiques et religieuses .
Ces 50 années n’ont pas permis une vraie réconciliation , à l’image de ce qui est advenu pour le « couple » franco-allemand . Aucune symétrie entre les 2 processus n’a été ni constaté ni souhaité .
Le vrai dialogue franco-algérien est en permanence reporté , comme interdit de séjour . Les cicatrices d’un passé désormais lointain semblent toujours douloureuses , à moins qu’elles ne soient en fait l’alibi historique à des conflits d’intérêt et d’influence téléguidés et orchestrés par ceux qui récusent tout rapprochement entre ces 2 grands pays riverains de la Méditerranée , forts de leur potentialité économique et culturelle .
Aux jeunes générations de part et d’autre de tourner le dos aux chantres du passé pour écrire une nouvelle page . Aux sportifs , artistes ,intellectuels , entrepreneurs ,créateurs , citoyens de récuser les antagonismes frontaux , les procès d’intention et les sectarismes . Sans renier quoique ce soit , sans oublier les torts réciproques et les fautes unilatérales , mais avec un esprit pionnier de redécouverte mutuelle de notre possible aventure commune .
A force de psalmodier comme l’hymne de l’impuissance éternelle les mots qui fâchent – racisme , intégrisme , immigration , visa , expulsion – nous oublions de célébrer les liens qui nous réunissent et sur lesquels nous pouvons construire de nouvelles pages de réussites et de passions partagées , politiques , économiques , culturelles .
Chaque peuple écrit avec fierté et foi la partition de son avenir collectif . Avec la force que confère le rétablissement des droits du suffrage universel et l’incertitude qui marque l’ouverture et la libération des esprits et des coeurs au terme d’années de dictature .
La liberté et la démocratie retrouvées sont en soi des progrès . Ce sont également les armes que peuvent utiliser les adversaires de l’humanisme , en déguisant leurs vrais desseins derrière le masque parfois attractif de l’idéal religieux , alors conçu et « paré » comme une émancipation éthique et morale .
Souhaitons que la nouvelle expression politique du peuple libyen souverain tourne le dos au despotisme et génère des équipes fières de leurs racines mais ouvertes au dialogue et à l’action avec les peuples , les entreprises et les dirigeants de la rive nord de la Méditerranée . La France y est non seulement prête mais elle le désire ardemment .
Printemps arabe …
Y aura-t-il un printemps de la Méditerranée , permettant à la paix et au progrès de se fonder sur le respect et la force de nos diversités , sur l’atout de chaque peuple ?
La fatalité des échecs , des mauvais engrenages et des spirales fâcheuses continuera-t-elle longtemps de régner en maître absolu dès qu’il s’agit de ces terres de soleil , de passion ,de haine et d’amour ?
L’engrenage de la lâcheté collective et de l’indécision internationale laissera-t-il indéfiniment sans vraie perspective de règlement le conflit israélo-palestinien , érigé aujourd’hui en oublié absolu des priorités politiques internationales ?
Peut-on espérer que cela devienne une cause de mobilisation politique européenne , au delà des faux-semblants , où nous sachions avec justice et équité bâtir et garantir l’avenir de chaque Etat sur des règles durables de droit et de respect mutuel ?
Réussir le défi de la Méditerranée est un enjeu susceptible de donner aux vieux pays du nord ,retranchés derrière les frilosités et les conservatismes des temps de crise , un élan nouveau , digne des plus grandes aventures politiques , économiques et historiques de notre civilisation .
En prendre conscience de façon urgente est un impératif si l’on veut éviter les déferlements de haine , de peur et de repli sur soi , qui risquent de survenir dans nos pays d’autant plus inquiets de leur avenir qu’ils semblent renoncer à leur ambition d’être le moteur et le concepteur d’une énergie et d’une dynamique de progrès pour tous .
En aurons-nous l’intelligence ?

Justice et chasse à l’homme …

1 juillet 2012

Dès que s’enclenche la violence médiatique , parfaitement ciblée , orchestrée et assoiffée de sang , la justice n’existe plus ou elle devient plus ou moins volontairement complice . La présomption d’innocence est alors un slogan aussi grotesque que ridicule , auquel ne peuvent croire par principe que les étudiants de 1ère année de droit … La relaxe , même lorsqu’elle a été une décision de justice définitive et historiquement proclamée , devient une insulte au bon sens et même à la vraie vérité , qui cherche toujours à être réécrite !
La falsification ,le prêt à condamner sur le champ et sans preuve , la désinformation ,la malveillance et l’esprit de vindicte sont érigés en nouveau brevet de sacrificateur public . Tout est alors autorisé , béni et même organisé , pour monter toutes les marches de la « fête » sacrificielle , au cours de laquelle rien ni personne ne doivent manquer .
A l’impunité des justiciers d’un nouveau type , correspond le statut de bouc-émissaire pour le taureau rentrant dans l’arène médiatico-judiciaire .
Le constater avec mépris et distance est un exercice nécessaire absolument surhumain de dépassement de soi . Cette discipline morale et même éthique ne peut pourtant éliminer la haine que l’on ressent . Légitimement . Tant les évidences de bon sens sont niées , rejetées, délibérément ignorées , voire même scientifiquement occultées avec une dissymétrie coupable et intellectuellement malhonnête .
Qui s’en offusque , qui rétablit chronologies ,réalités et vérités ? Personne … Ou peut-être , il est vrai , le bon sens populaire , plus résistant à la calomnie qu’il n’y paraît !
Les justiciers ont faim … Dans certains abattoirs , il n’y a pas de crise …
Face à cet engrenage implacable ,répondre , porter plainte , dénoncer , tout cela ne sert strictement à rien . Les dégâts ont été faits … Seuls peuvent compter le sentiment de fierté de ce que l’on a accompli pour la réussite de son pays et de ses entreprises , le devoir de vérité que l’on a assumé – sa part , sa seule part … – et le bonheur de n’être ni une balance , ni un falsificateur , ni un lâche , ni un calomniateur .
J’ai eu cette semaine le sentiment d’être honteusement piétiné et veulement tiré à vue .
Une fois de plus .
Accompagné par la beauté des vraies amitiés et la saloperie de certains silences minables .
Une fois encore .
Mon sens de l’honneur continue de fabriquer au plus profond de moi l’énergie de l’action . Ma vengeance aussi féroce qu’impitoyable est de faire face avec panache , en sublimant l’outrage .
C’est dur . Plus qu’exigeant . Presque impossible . J’y arriverai . Mais le chemin est très escarpé , tant est puissant le sentiment de radicale injustice .

Gagner la bataille de l’emploi

3 juin 2012

Nous avons entre nos mains, par une créativité , une imagination et une audace accrues les clés d’une nouvelle croissance .C’est dans le champ immense de tous les métiers de la création , dans l’alliance entre l’intelligence et le savoir-faire ,que se situe l’avenir économique de la France . Pas une minute à perdre , pas un espace à négliger ,pas une idée novatrice à écarter avec mépris et habitude . Cette posture dynamique et exigeante ne doit pas concerner que les élites , les sachants , les experts au long cours et aux piètres résultats . Mais chacun d’entre nous !
La solidarité , ce n’est pas uniquement l’impôt .
Le souci de l’intérêt général , du collectif , du national , ce n’est pas uniquement la dépense publique supplémentaire , mais l’addition des énergies , l’implication de chacun , la recherche de chemins nouveaux , l’expérimentation pionnière . La vraie générosité aujourd’hui c’est la création d’emplois !
Etre « exemplaire » , c’est être aussi imaginatif que généreux , c’est rester proche des réalités mais pour autant libre et inventif . Parfois même provocateur et iconoclaste . Pour le bien de tous et malgré les résistances passéistes de certains … C’est sortir des recettes périmées et fonder le progrès et l’élan sur nos vrais atouts , « vrais » parce que durables ,prospectifs et non vraiment concurrencés .
L’invocation de la croissance est utile , parce qu’elle crée le sentiment du possible , de l’espoir , d’une spirale positive , parce qu’elle rompt avec la malédiction du déclin . Mais pour nourrir concrètement la croissance et la rendre possible , il faut qu’elle prenne son élan sur du tangible , du réel , de l’authentique , du courageux . Il faut aussi bousculer les habitudes et mettre en échec les slogans idéologiques et contre-productifs .
Il n’y a pas de croissance possible sans investisseur , sans passionné , sans une dialectique équilibrée et féconde entre la rémunération et l’équité .
Il n’y a pas de croissance durable , sans passer outre vieux réflexes et refus frileux .
Il n’y a pas de croissance réelle , sans recherche de nouveaux leviers et de gisements de valeurs et de richesses jusque là insuffisamment explorés .
Le défi actuel c’est de considérer comme stratégique , productif et totalement prioritaire le champ de l’intelligence , de la culture , de la création , de l’attractivité touristique et économique de notre pays . C’est d’ouvrir notre pays aux talents étrangers dans leur force et leur diversité , pour qu’ils vivent chez nous, y investissent , y séjournent , y dépensent avec autant de puissance que d’intelligence .
Faire de notre pays l’eldorado et la référence des créateurs , des mécènes , des artistes , des collectionneurs , des métiers d’art ,des designers , des chercheurs passionnés de nouvelles technologies , est un projet beaucoup plus  » sérieux  » que le soutien de plus en plus difficile et périlleux à des secteurs de plus en plus concurrencés parce que délocalisables .
Un talent incarné , accueilli et implanté , un ensemble patrimonial emblématique restauré et animé par un projet vivant et créateur de richesses , une ruche d’entreprises naissantes, d’ateliers féconds et de lieux indépendants effervescents et uniques, la multiplication de grands évènements internationaux sur l’ensemble de notre territoire – à l’image des grands festivals , des congrès , des salons et des rencontres sportives de haut niveau – , autant de chances à saisir et à multiplier à l’infini !
Faire de la France non pas uniquement la terre d’excellence de la mémoire et des musées – aussi prestigieux soient-ils – , mais le carrefour créatif et parfois électrique de la jeunesse du monde , de l’intelligence de chaque continent et de chaque culture , le fer de lance des lancements de nouveaux défis et de prometteuses aventures , la place de marché incontournable et prestigieuse ! Devenir le centre mondial du numérique , du son , de l’image , de la lumière , de l’art manuel , du design urbain ,en hébergeant dans toutes les ailes parfois désaffectées de nos hauts-lieux de patrimoine les pionniers et les talents mondiaux ! Ce ne sont pas là des dépenses mais de l’investissement d’avenir !

Ouvrons les yeux et les oreilles ! Il se fait tard . Le sursaut d’imagination , d’audace et d’inventivité est urgent . Face à la multiplication malheureusement prévisible des plans sociaux dans de très nombreux secteurs d’activités menacés , il faut tout étalonner à l’aune de l’emploi créé .
Le seul critère qui vaille dans la prise de décision , l’arbitrage à opérer , le marché extérieur à obtenir , l’impulsion nouvelle à donner , le financement public ou privé à accorder , c’est le bilan du travail généré et donc de l’activité humaine garantie à la clé . Aucun contre-argument , aucune habitude , aucun système « établi » , aucun conservatisme étriqué ne doivent pouvoir résister ni remettre en cause une stratégie audacieuse de maximisation et de valorisation de nos atouts .
Prenons quelques exemples : qu’il s’agisse de l’ouverture des magasins le dimanche , des lieux de culture le soir et parfois même la nuit , de l’utilisation imaginative de l’intégralité de nos monuments , châteaux et lieux exceptionnels pour des activités qualitatives nouvelles , de la mise en valeur exigeante et attractive de tous nos espaces publics , du régime fiscal et social des heures supplémentaires , du droit du travail et du code des marchés , tout doit être jugé , jaugé , évalué selon l’impact économique et humain en terme d’emplois créés ou sauvés .
Au  » ça ne s’est jamais fait  » doit succéder avant toute réponse frileuse ou péremptoire et donc négative , l’analyse du nombre d’emplois générés par une initiative nouvelle proposée et financée .
Il faut même aller plus loin pour que s’enclenche une spirale vertueuse de créations de richesses nouvelles . Il faut rémunérer ou détaxer le travail et le capital notamment en fonction du volumes d’emplois créés . Pour cela la fiscalité doit pouvoir être un puissant levier pour inciter et encourager l’investisseur et l’entrepreneur au lieu de le dissuader voire de le spolier .
Le chômage en France et en Europe est une menace explosive . Un gâchis et un drame humains qui ouvrent les portes au retour de très monstrueux souvenirs qui ont marqué le XXème siècle .
Le défi de l’emploi n’est pas une cause réservée aux élites et aux gouvernants . Ni même aux seuls chefs d’entreprises . Il doit impliquer chacun .
L »addition d’une multitude de nouveaux réflexes peut créer l’élan et susciter la contagion . Alors , que chacun commence sans attendre l’autre ! Aux futurs législateurs , lorsqu’un changement du droit sera nécessaire , de n’avoir en tête que l’équation de l’emploi ! Qui oserait s’y opposer ?

Le changement pour la France et les Français : penser et dire  » oui , bien sûr ! « 

13 mai 2012

Je ne suis pas devenu socialiste , mais je souhaite avec beaucoup d’espoir et de conviction à François Hollande et à notre pays de réussir .
J’aurais pu écrire à François Hollande donc à notre pays , mais cela suppose non seulement qu’une vraie synergie s’établisse et que la décision politique transforme effectivement le réel . Surtout cela implique une totale et ambitieuse métamorphose de nos postures habituelles .
Sans implication , mobilisation et participation de chaque citoyen et sans une écoute et une disponibilité réciproques entre le président et le peuple , le changement effectif resterait ,en effet, à l’état de projet et d’incantation sans effectivité constatée .
La question politique centrale est au fond celle de l’alchimie et de la fusion « contagieuses » entre la vision prospective des dirigeants et la dynamique qu’elle génère à la base , où par définition l’immédiat est dur , la réforme ressentie comme une menace avant d’être une garantie concrétisée . Le scepticisme agressif y est malheureusement plutôt naturellement la règle , une sorte de légitime défense et de désespoir non feint .
Il faut beaucoup d’authenticité , de flamme et de générosité pour convaincre du bien-fondé d’un nouveau cap . Un mélange sophistiqué de résonance populaire et d’altitude conceptuelle . Toute faute de quart , qu’elle soit réelle ou présumée , est , dans ces temps d’animosité politique immédiatement véhiculée sur le net , rédibitoire .
Mais le pire est de ne pas oser , de céder , ce qui est en fait une forme de mépris déguisé en prudence avisée .
La démocratie , c’est le débat , la contradiction , la décision solitaire éclairée et fondée par la force du peuple . Ce n’est pas l’attentisme , la synthèse aussi grise que fugace dans ses effets .

L’ouverture d’un quinquennat , par temps de crise majeure , doit rechercher son énergie et sa dynamique dans les nouveaux réflexes que les Français doivent avoir et porter pour accompagner , démultiplier et amplifier l’élan donné par le sommet .
Nos comportements routiniers de sceptiques désabusés doivent céder le pas à une exigence absolue de chemins nouveaux , de voies inexplorées permettant des changements réels et des résultats concrets . Les mots , les slogans , les vieilles recettes, le prêt-à-penser , sont des viatiques et des expédients aussi éphémères qu’éculés .
Au nouveau Président , à son équipe gouvernementale , de créer les conditions d’une prise de conscience collective des enjeux , des défis , des contraintes , des réalités , mais aussi et surtout des chances , des atouts , des opportunités . Pour se donner des ailes . Pour avoir le goût , la passion voire la folie de l’action .
Le changement n’est un progrès que s’il porte par lui-même une volonté partagée d’aller plus loin , plus fort , de voir plus grand et d’imaginer d’emblée la nouvelle étape qui suivra celle qu’on enclenche et qui sera d’ailleurs relevée par la génération suivante .
Pour donner le goût de l’horizon , il faut non pas toucher le fond , mais s’appuyer sur quelques fondamentaux solides et féconds : la force intrinsèque du projet , l’esprit d’entreprise , la nécessité de la recherche , l’aventure individuelle , l’exigence permanente du dépassement de soi , la fièvre de la création , la mobilisation de tous les talents à tous les niveaux de la société , la reconnaissance de toutes les élites de la plus discrète à la plus célébrée , ainsi que le souci de l’équité . Autant de leviers puissants . Mais la clé du succès réside dans une révolution en profondeur des mentalités .
Au  » NON  » frileux , étriqué , passéïste et improductif érigé en blason par les faibles , les lâches et les impuissants doit succéder le  » OUI , BIEN SÛR  » de ceux qui veulent , par principe et par réflexe salvateur , aller de l’avant , imaginer , créer , faire réussir une équipe , un projet , une cité , un peuple .
Dans l’action au quotidien , rien n’est facile , ni immédiatement acquis . Mais ce qui compte c’est par principe d’accepter l’idée nouvelle, de rechercher le progrès , de valoriser audacieusement au maximum l’existant et d’imaginer sans cesse que mieux est possible , existe et doit être engrangé , même si c’est plus risqué , plus aléatoire et plus compliqué . Cela ne concerne pas uniquement les chercheurs dans leurs laboratoires , les entrepreneurs , les ingénieurs , les architectes et tous les  » sachants » mais chacun , partout , en permanence . L’innovation doit devenir le viatique de tous les jours . Un réflexe fécond . Porté et vécu comme une devise populaire . Et récompensée !
Différer c’est renoncer . Récuser le neuf , le jamais fait ou le jamais vu par idéologie ou par confort c’est se condamner à disparaître ou à dévisser .
Avant de se barricader derrière le  » non  » aux allures de protection douillette , ayons immédiatement à l’esprit , « pourquoi pas  » ,  » je regarde », »je teste », »je réfléchis », »j’envisage », »je calcule » , »j’accepte » …….Des mots usuels du dictionnaire français qui semblent rarement prononcés…….
Nos chances sont dans nos mains et dans nos têtes plus que dans des systèmes souvent fatigués ou impuissants à façonner une réalité nouvelle positive .Il n’y a pas de détails à négliger sur la route du progrès . Personne à écarter ou à mépriser . Il faut chercher à donner à chacun son rôle, sa partition, sa chance .
L’art politique suppose de donner un sens , une impulsion , une dynamique d’ensemble à cette addition d’énergies individuelles qu’il faut détecter , encourager , accueillir et parfois savoir retenir . Les pionniers , les créateurs , les inventeurs , les vieux sages et les jeunes provocateurs , les émergents précaires mais prometteurs , les étrangers doués et fascinés par notre pays – pour combien de temps encore ? – les investisseurs et les mécènes , autant de repères solides et de talents à reconnaître , à multiplier et à encourager .
La France et les Français doivent penser et dire haut et fort :  » oui , bien sûr  » !
Etre là , présent , partout , en permanence , porteur d’une idée , d’une solution , d’une réflexion concrète , d’une proposition , d’un plus , d’un mieux . Quitter l’arrogance provocatrice , la certitude hautaine , la supériorité dépassée , désuète et désormais très concurrencée .
Il faut une étincelle , une envie , un désir . Une fièvre partagée . Un espoir accessible . Une aventure collective .
Croire que le changements des mentalités est possible n’est pas une chimère , une illusion . C’est un défi à relever . Maintenant .  » Le changement , c’est maintenant  » …… Bonne chance , François !

Beauté , fierté et violence de l’alternance !

12 mai 2012

Il n’y a pas de hasard dans la vie , mais parfois des résonances aussi fortes que mystérieuses !
Je suis le fantôme du Grand Palais . De façon aussi physique ,charnelle et instinctive que construite , intellectuelle et preque mystique . Je ne me lasse pas d’admirer la verrière , c’est comme un réflexe prometteur d’une énergie partagée , d’une magie offerte . Pas uniquement à moi ! A tous!
9 mai . Monumenta . La création de Daniel Buren . Cette alliance féconde entre la force d’un lieu et la beauté de l’oeuvre de l’artiste qui en retranscrit l’énergie pour le célébrer .
Je fais visiter et admirer à une personnalité chinoise , amoureuse de l’histoire de France et résolue à la faire vivre dans son pays à travers une réalisation patrimoniale magistrale .
Les particules en suspension dans l’air sous ce toit de verre doublé gràce à Daniel Buren d’une constellation de couleurs ont une électricité inhabituelle …..Celle des grands jours et des visiteurs du soirs exceptionnels !
François Hollande est présent .Symbole d’un premier geste public dédié à l’attractivité française grâce à la culture , au patrimoine et à la création ! Frédéric Mitterrand est là , accomplissant la mission rituelle de sentinelle républicaine .
Je fends quelques instants ,avec une audace qui me surprend , la rangée de journalistes qui travaillent et de la foule qui se précipite , pour dire au Président élu un simple bonjour , en lui indiquant très brièvement que Monumenta est un projet qui m’est très cher et dont je partage la fierté avec le Premier Ministre de l’époque ! Antérieure ….Très antérieure !
Je ne m’incruste pas . J’ajoute un simple clin d’oeil à distance qui me fait ainsi saluer Valérie Trierweiler .
Je repars heureux . Discrètement . Mais profondément joyeux .
Le Grand Palais vit ,vibre , génère l’électricité des phares éternellement rayonnants pour peu qu’ils soient habités par l’excellence ! Il est aussi brutal dans sa majesté que généreux dans l’émotion qu’il transmet .
Avoir avec beaucoup d’autres contribué à sa renaissance est une petite pile d’énergie cérébrale magique qui m’a permis en son temps – 2007 , hier – de dépasser les nostalgies de l’alternance en quittant la rue de Valois …..
Bon vent à François Hollande !
Bon courage à Frédéric Mitterrand pour la proche passation de pouvoir , dur et magnifique moment de respect de la volonté du peuple et de ses nouveaux dirigeants élus !