Inauguration de l’exposition Le verre dans l’Empire romain à la Cité des sciences et de l’industrie
2 février 2006Monsieur l’Ambassadeur,
Monsieur le Président, Cher Jean-François Hébert,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,
Je suis très heureux d’être parmi vous à la Cité des sciences et de l’industrie, pour inaugurer
cette formidable exposition « Le verre dans l’Empire romain ».
Je suis doublement heureux d’être aujourd’hui à vos côtés, cher Jean-François Hebert,
d’abord pour célébrer cette matière qui fait voir « la vie en beau », comme l’a écrit
Baudelaire, ensuite pour vous témoigner, devant vos équipes, et particulièrement celles qui
ont organisé cette exposition, ce que je vous disais en vous remettant il y a quelques mois
les insignes d’officier dans l’ordre national du mérite, toute mon admiration pour
l’extraordinaire nouveau souffle qui inspire la Cité des sciences et de l’industrie, qui est le
quatrième établissement le plus visité après le Louvre, Versailles et le Centre Pompidou. Un
établissement qui conjugue une forte exigence de qualité et une très grande ouverture,
puisqu’il propose des clés de lecture adaptées à chacun, pour découvrir les merveilles de la
science, un établissement résolument tourné vers l’avenir, le progrès, mais aussi le débat,
essentiel pour notre société, sur les grands enjeux des sciences et des techniques.
La Cité
des sciences et de l’industrie a connu l’année dernière un record de fréquentation – 3 180
000 visiteurs en 2005, et je suis persuadé que l’année 2006 sera, grâce à vous tous, encore
meilleure !
Une année qui commence bien, avec cette magnifique exposition qui lie l’art et la science, le
Beau et le Vrai, et nous invite à marcher sur les traces de cette époque qui fascine tous nos
contemporains, le temps de Pétrone, Sénèque, Cicéron, le temps où les grands hommes
étaient à la fois des scientifiques, des philosophes, parfois des historiens, des hommes
politiques ou des avocats, un temps où les sages concentraient le savoir dans tous les
domaines.
En notre époque où la connaissance est éclatée en spécialités, où le progrès peut
faire peur, parce que nous ne comprenons plus comment fonctionnent ces objets que nous
utilisons tous les jours, vous faites résonner leurs voix dans ce parcours. Des voix
émouvantes, qui commentent avec passion les bouleversements apportés par cette matière
qui nous semble aujourd’hui si banale dans ses applications, si quotidienne dans ses
usages, et que nous redécouvrons, grâce à vous, sous un nouveau jour.
L’éruption du Vésuve en ce tristement fameux 24 août 79 après Jésus Christ fut une
effroyable tragédie humaine, dont le jeune Pline fut le témoin impuissant et le narrateur
fidèle. Ce drame fut aussi un grand cadeau pour les archéologues, puisqu’il a figé et
préservé le quotidien de la ville de Pompéi et de ses habitants et nous donne aujourd’hui
l’occasion rare de revisiter la vie sous l’Empire romain à travers le prisme de l’apparition du
verre.
Une apparition presque magique, qui semble relever d’un mystère proche de l’alchimie
: l’homme n’a découvert ni l’élixir de longue vie, ni la panacée universelle, ni la pierre
philosophale, qui transforme les métaux vils en métaux précieux, mais il a trouvé le secret
tout aussi fascinant de la transformation de milliers de grains de sable, en une pâte
malléable, docile, qui peut revêtir une infinité d’aspects, et qui, une fois sèche, devient aussi
dure que fragile, transparente et belle.
C’est avec une grande émotion que j’ai parcouru les allées de cet extraordinaire parcours,
pour admirer les vestiges de la vie quotidienne, simple ou luxueuse, d’il y a près de deux
mille ans : vases, pots à onguents, ustensiles de toilettes, instruments chirurgicaux, le verre
est un prétexte formidable pour nous immiscer dans l’intimité de nos ancêtres, et en
découvrir les détails les plus secrets, les plus étonnants et les plus insoupçonnés, comme
cette incroyable bague qui laisse apparaître, à travers une pierre translucide, le bouleversant
visage d’un jeune homme, dont on nous dit qu’il était le fils de celle qui la portait. Je pense
aussi à ce bas-relief qui représente une visite chez l’oculiste !
Je me félicite que cette superbe exposition, conçue en 2004 par l’istituto e museo di storia
della scienza de Florence, soit le fruit d’une étroite collaboration entre des établissements et
des spécialistes français et italiens et je tiens à saluer Monsieur Ludovic Ortona,
ambassadeur d’Italie en France, qui nous a fait le plaisir de nous accompagner aujourd’hui.
Je suis très heureux enfin de clore cette visite au son magique du cristal Baschet, instrument
de féerie qui joue sur la vibration de cette noble matière, et nous rappelle, s’il en était encore
besoin, au sortir de ce magnifique parcours, que le verre nous réserve encore bien des
surprises.
Je suis persuadé que cette exposition rencontrera un grand succès.
Je vous remercie.
