Le peuple, le Président et la meute…

31 mars 2010

Les lendemains d’échecs électoraux sont toujours l’occasion d’une valse politique à 3 temps, le peuple, le Président et la meute…

Je trouve généralement beaux et attachants les chiens de chasse à courre. En tout cas élégants et racés.

Le spectacle de certains dans la majorité présidentielle s’apparente davantage aux marécages et aux bas-fonds qu’aux allées majestueuses de nos forêts où gambadent de très beaux animaux. Il y a parfois une atmosphère de meute affamée qui provoque un vrai dégoût.

La précipitation pour se démarquer, se déclarer, se diviser est pitoyable.

Certes, lorsque le peuple s’est exprimé, il faut étudier avec attention le sens de son choix. Et tirer d’utiles conséquences. Vive la liberté d’expression! Vive la proposition! Mais non aux règlements de compte suicidaires!

Les Français ne nous demandent pas de nombrilisme électoraliste prématuré pour l’heure. Les pré-positionnements tactiques peuvent continuer d’éloigner les citoyens de leurs élus. Je ne parlerai jamais de classe politique … Même si parfois certains jeux politiciens donnent l’image d’un ghetto, d’un huis clos monstrueux.

Ce qui importe aux Français ce sont les résultats concrets, l’effectivité des conséquences des réformes, la sincérité et l’ardeur des acteurs publics.

Le seul critère qui vaille pour sélectionner les équipes c’est l’engagement, le courage, l’énergie, la loyauté, l’activisme. Ce n’est ni l’origine politique, ni le nuancier des sensibilités, ni la ruse ou l’habilité factice. Ni la prétention à occuper d’ultérieures fonctions, même si chaque ambition devient le jour venu légitime.

L’urgent, c’est l’unité dans la diversité de la majorité présidentielle.

L’impératif, c’est la dynamique de l’action.

L’essentiel, c’est la vraie synergie entre tous les acteurs, sans perte d’énergie en ligne…

Le vital, c’est le refus de la démagogie, le courage de la vérité, la force d’être totalement dans le réel, car la réalité que nous devons transformer c’est celle de la vie quotidienne des Français!

Le nouvel Hymne à la Joie européen doit faire résonner culture, patrimoine et attractivité !

29 mars 2010

Il est des moments où l’on rencontre l’âme de l’Europe, son énergie, sa passion, sa générosité.

Avec un enthousiasme et une foi remarquables, Georges et Angelica Károlyi font une uvre admirable en faisant revivre ce haut lieu de l’histoire de la Hongrie, qu’est le château Károlyi.

Faire le voyage de Budapest, c’est faire chanter la mémoire de Liszt, de Bartók, de Kodály et de Ligeti, c’est admirer Kurtág et Eötvös, c’est s’imprégner de Frenak, de Nadj et de Marko, c’est saluer l’immortalité de Schilling, d’Alföldi, de Vidnyanszky, de Feher, de Klimo et de Konak, c’est lire Eszterházy, Nadas et Kertész.

C’est visiter Buda, le Parlement qui borde fièrement le Danube, Gödöll, Fertöd, Keszthely, c’est le souvenir de l’histoire de l’Europe orientale confrontée au monde ottoman que symbolise la forteresse d’Eger.

Dans ce magnifique château Károlyi, en cours de restauration, comment ne pas d’abord ressentir avec émotion la beauté, la force de l’histoire, la magie de la création humaine.

Comment ne pas célébrer la fierté d’une famille, d’un peuple, d’un pays, d’une culture, d’une civilisation? Comment ne pas se souvenir des pages sombres, comme des retrouvailles joyeuses avec la liberté, avec l’Europe démocratique et humaniste?

Comment ne pas dépasser, malgré la perfection des lignes, des formes, des couleurs, des matières, des paysages, le physique et le matériel et se laisser entraîner par le vertige de l’immatériel, du spirituel, qui nous permet de sortir de nous-mêmes, et de porter avec soi comme un étendard l’actualité de l’histoire.

En m’exprimant devant vous sur le thème choisi du patrimoine, de la culture et de l’attractivité, je ne souhaite pas être réducteur mais mobilisateur.

Parler d’attractivité, c’est affirmer une volonté, c’est célébrer la fierté de la main de l’homme, c’est bâtir une stratégie. C’est se sentir héritier proactif, c’est-à-dire artisan de son propre avenir.

Célébrer le patrimoine n’est pas se laisser gagner et envahir par la nostalgie. Ce n’est pas faire un arrêt sur image, se replonger dans le passé qui serait un astre mort, c’est au contraire se projeter dans le futur, en prenant son élan dans le respect de l’Histoire, dans le ressort de l’énergie initiale, dans l’hymne à la création permanente, dans l’affirmation de la diversité comme une chance, une vraie richesse.

Osons dire que ce qu’on appelle familièrement et avec affection les « vieilles pierres » ont l’insolence de la jeunesse, la résistance à l’usure du temps des diamants, le charme des mythes éternels.

Architectes, charpentiers, tailleurs de pierres, paysagistes, doreurs, marbriers, ébénistes, décorateurs, brodeurs, orfèvres, cristalliers, autant de métiers, de vocations, de talents, qui sont l’arc en ciel du patrimoine, de vrais trésors nationaux vivants comme ils sont nommés à juste titre au Japon.

Ce n’est pas une posture rétrograde ou réactionnaire, mais une manifestation d’énergie créatrice que de proclamer avec intensité que les lieux du patrimoine incarnent l’élan de la vie, l’audace de l’imagination, la force du temps pour peu qu’ils soient « habités » par une vision, par un projet, par une générosité humaine, par un appétit d’ouverture, par une soif de découverte.

Nombreux sont les lieux, en Hongrie, en France, comme dans toute l’Europe qui attendent en fait d’être aimés, adoptés, réanimés.

Leur sanctuarisation frileuse peut être une sorte de requiem petit bras, de même que leur dénaturation sacrilège peut s’apparenter à un homicide volontaire.

Nous devons être des jardiniers attentifs, scrupuleux, exigeants, passionnés de notre capital historique. Pour le faire vivre, pour le faire irradier et rayonner au maximum de son « être ».

Pour le porter au paroxysme de sa puissance originelle.

Y a-t’il de plus grandes audaces que celles qui président à la décision de construire, de créer? Y a-t’il plus grands défis que de faire vivre le passé, en retrouvant ses traces, sa réalité, son histoire authentique, en le restaurant, c’est-à-dire en le respectant sans l’asphyxier?

Il faut tout à la fois une vision, une foi, une affirmation qui sont une synthèse rare de la raison et de la folie humaine. Il faut même ici dire qu’une certaine folie est la forme passionnée et visionnaire de la raison ; et ajouter que l’occasion ratée, le gâchis, l’ignorance imbécile et destructrice seraient des remords tardifs, aussi violents que stériles.

C’est un magnifique dessein que de relever d’immenses défis, qui ne sont inatteignables que par défaut d’imagination, de courage et de volonté.

Sachons rendre hommage à celles et ceux qui nous ont légué ce patrimoine qui fonde aujourd’hui nos espoirs d’attractivité et de rayonnement économiques. Et sachons nous situer au niveau requis d’exigence, qui est cette alchimie complexe de l’hier et de l’aujourd’hui.

Alors ouvrons davantage les yeux et bandons nos muscles pour nous hisser au niveau de nos responsabilités. Le vrai respect, n’est évidemment pas le mépris ou l’oubli, ce n’est pas non plus la reproduction figée. Le vrai respect c’est le principe vital. C’est une fécondation. C’est une naissance. C’est une renaissance. Nous n’avons tout simplement pas le droit de passer à côté des trésors qui jonchent et pavoisent nos villes. Nous mériterons le qualificatif de « mécréants » si nous trouvons de fallacieux alibis pour justifier notre myopie, notre impuissance et notre lâcheté.

Nous devons tenir un langage de vérité extrêmement convaincu et fort pour que soit davantage reconnue la dimension économique de la culture, du patrimoine, de la création.

Tout responsable politique est confronté à une sorte de condescendance déplacée lorsqu’il présente un projet culturel audacieux et novateur, et parfois la novation c’est d’abord le respect du passé.

Disons avec beaucoup d’énergie que la culture n’est pas une sorte de supplément d’âme, de fin de discours élégante, de loisir intelligent, de distraction nécessaire.

C’est tout cela mais bien plus que tout cela. C’est à la fois la manifestation de la liberté de l’esprit, une évasion du réel ordinaire, et une grande activité économique. Le dire, n’est pas réduire l’art à sa dimension marchande. Le reconnaitre n’est pas sacraliser l’argent comme étalon de toute chose. Le proclamer n’est pas nier l’aspect magique, irréel, quasi divin de la création artistique.

Pour nous européens, il s’agit d’un projet d’avenir.

Au moment, où naissent et se renforcent d’immenses empires économiques à l’est de la planète, à l’heure où sont craints les risques d’uniformisation, de marchandisation et de standardisation excessives de nos sociétés, qui suscitent de violentes réactions des citoyens dans chaque pays européen, l’affirmation de la culture et du patrimoine comme des chances pour l’Europe doit devenir une réelle prise de conscience, une posture véritablement politique. Portée par les responsables économiques eux-mêmes.

Il ne s’agit pas de faire de nos villes de très beaux musées, des sanctuaires ou des conservatoires, même si tous sont nécessaires, et qu’il est d’ailleurs urgent que les avancées technologiques bénéficient à la muséographie et à la scénographie de chaque lieu. Est en jeu d’attirer vers nous les citoyens du monde en quête de cette alliance rare entre le patrimoine et la création, entre l’histoire et le futur, entre le local et l’universel.

La stratégie de puissance détruit, fait table rase du passé, oublie la filiation et la complexité. Elle s’enivre du neuf. Elle reproduit à l’infini au risque de créer la saturation.

La stratégie d’intelligence respecte l’unique, l’original, le traditionnel, l’emblématique, mais l’enrichit pour une sorte d’avidité et de désirs permanents de l’autre, du nouveau, du différent, du provocateur. Le progrès alors est une synthèse, une addition, un élan sans fin, une découverte permanente.

L’Europe doit naturellement faire du respect de sa diversité politique, philosophique, culturelle, religieuse sa devise. Mais elle doit affirmer haut et fort son identité culturelle, la faire rayonner. Elle doit offrir au monde cette alchimie rare et jalousée entre la fierté assumée des racines et la fièvre de la création. C’est d’une réconciliation qu’il s’agit d’ailleurs parfois.

Respecter un monument historique, c’est reconnaitre sa force intrinsèque, l’énergie qu’il transmet, c’est Le conserver au sens fort et magistral du terme et lui donner ou lui redonner son souffle originel. C’est lui permettre de diffuser son énergie, de faire de nous des ambassadeurs permanents, les dépositaires amoureux de son esprit.

Un lieu sans celui ou celle qui le porte, l’incarne, l’anime n’atteint pas le zénith de sa dynamique de rayonnement.

Un lieu qui n’est pas visité vieillit. C’est le regard des visiteurs qui donne de la jeunesse, de la vie, de l’avenir.

Un lieu sans projet généreux dépérit. Il est le gâchis d’une chance possible, d’un accueil, d’une main tendue, d’une aventure partagée. Chacune de nos villes prend des initiatives pour que s’additionnent, sans se contredire en fait, l’attraction des lieux de mémoire et d’histoire et l’effervescence des gestes de créations.

Nombreux sont les exemples en Hongrie, comme en France, où sont recherchés les talents des réalisations architecturales contemporaines, les beautés des savoirs faire traditionnels et les symboles des festivals et des manifestations du spectacle vivant.

Lieux d’histoire, lieux de création, lieux de respect, lieux de dépassement de soi, lieux de mémoire, lieux d’effervescence, lieux d’harmonie.

Comment ne pas voir apparaître derrière les concepts et ces entités d’apparence strictement culturels et artistiques, de réels objectifs économiques. N’attendons pas qu’autour de nous se réalisent de nombreux projets audacieux qui marquent les esprits et créent de puissants rendez-vous, pour nous mettre nous-mêmes en tenue d’attractivité.

Les emplois dans le champ culturel, artistique et touristique sont pour la Hongrie comme pour la France un atout d’avenir.

Mais il faut une vraie volonté politique pour le reconnaître et donner à cette chance une portée concrète.

Le monde de la culture, comme celui du patrimoine qui en est le fer de lance, est parfois contraint de mener des combats très injustes, car il s’agit d’obtenir d’être en fait reconnu, appréhendé comme une force d’avenir, un moteur économique, une valeur symbolique et concrète. Nous n’avons pas assez conscience de cela.

Quand on parle de recherche, on dit que c’est un investissement, quand on parle de culture il est malheureusement trop souvent évoqué que c’est une dépense….

Les mots sont lourds de sens. Ce sont des armes contre nous-mêmes.

Affirmons ici que la culture est un investissement d’avenir, que le patrimoine n’est pas un fardeau, une charge mais une vraie chance.

Le patrimoine est divers. Sachons tout simplement le regarder dans sa richesse. Du café Gerbauld de Budapest au château de Buda, de l’antiquaire du quai voltaire de Paris à la Cathédrale de Tours, que j’évoque pour célébrer ma ville et avec vous Saint Martin, nous avons de vrais trésors à mieux mettre en valeur, à savoir faire rayonner davantage.

Le débat d’avenir n’est pas la vente du patrimoine, c’est sa valorisation, sa restauration, son ouverture. La question n’est pas celle de la propriété – qui doit rester intangible notamment lorsque c’est le citoyen qui est propriétaire à travers l’Etat – ou du transfert de propriété, c’est celle de la mise en valeur. Chaque lieu doit avoir un projet. Pour cela les énergies doivent s’additionner, les partenariats se nouer, en tentant d’éviter les procès d’intention malhonnêtes, l’Etat devant garantir comme un niveau plancher sa contribution financière à hauteur de 400 millions d’euros par an.

L’enjeu majeur n’est donc pas tant la propriété, que de définir le système juridique qui permet de concrétiser les impératifs de l’intérêt général avec les sécurités et les garanties requises pour tout investissement public ou privé. L’urgence c’est de pouvoir restaurer, d’accueillir, d’ouvrir, de transmettre l’énergie créatrice d’un monument. D’être le terreau de nouvelles aventures culturelles et artistiques. Mais il faut ouvrir les yeux. Les moyens nécessaires sont considérables. C’est la raison pour laquelle j’ai indiqué qu’il s’agissait d’une stratégie d’investissement, d’une recherche de nouvelles synergies. Pour faire plus et plus vite! Sans aller jusqu’au cri d ‘Antigone: « tout, tout de suite ou alors je refuse » …

Dans le classement des priorités politiques pour l’Etat ou pour une collectivité territoriale, il faut que s’opère cette révolution culturelle, cette évolution des mentalités. Le citoyen est vigilant, exigeant. Mais il ne s’implique guère lui-même. Le mécénat véritablement populaire reste à inventer. Des formes nouvelles sont à imaginer. Il n y a pas que l’argent, même si les crédits sont nécessaires! Je pense par exemple au parrainage de chaque école d’Europe avec un ou plusieurs lieux de patrimoine. Faire de la jeunesse les anges gardiens de notre histoire culturelle est un magnifique projet politique !

Lorsque j’ai pris sous l’autorité du Président de la République la décision d’implanter le Louvre à Lens, ville marquée par la crise industrielle liée à la fermeture des mines, je pensais à la réussite à Bilbao du Guggenheim, avec la métamorphose que ce musée a opérée sur l’ensemble de la ville.

Lorsque j’ai souhaité que tous nos monuments historiques s’ouvrent aux tournages de films, j’ai en fait lancé une véritable campagne de promotion de la France. Le Da Vinci Code a été vu par plusieurs dizaines de millions de spectateurs, auxquels a ainsi été donné le goût de Paris, du Louvre et de la France. Qu’importe que nous aimions ou non le film…

Prenons ensemble des initiatives et faisons les fructifier en Europe.

Imaginons que lors des prochaines journées du patrimoine, il y ait sur 27 chaines de télévisions de l’ensemble de l’Union Européenne une nuit de la culture et du patrimoine, où nous passions dans une même soirée dans 27 lieux prestigieux de chaque pays d’Europe avec à chaque fois un spectacle du répertoire classique et une uvre de création.

Ce serait une découverte que l’autre est aussi beau que soi. Ce serait un vrai festival des fiertés européennes. Ce serait la fraternité européenne célébrée en son temps par Victor Hugo.

Imaginez grâce à Internet, la diffusion mondiale d’un tel voyage, d’une telle invitation à la découverte. Nous serions forts de nous-mêmes! Et fiers! Chaque édition serait attendue avec impatience et peut-être même plébiscitée!

Lorsque nous avons crée le Label Européen du Patrimoine, désormais reconnu par la commission européenne, nous avions en tête une vision large de l’aventure européenne. Le patrimoine c’est un château, une cathédrale, une place emblématique. C’est aussi un café, une librairie exigeante, une salle de spectacle préservée, un producteur indépendant.

Si nous voulons créer une adhésion concrète et populaire au projet européen, sachons faire vivre notre identité, nos lieux, nos activités dont nous sommes légitiment fiers et que le marché dans sa brutalité menace.

Mettons les en réseau, organisons au niveau européen un système de protection et d’aide financière au développement.

Serait-il inimaginable qu’un jour le Conseil européen se saisisse d’une telle perspective et demande une réunion conjointe de ses 27 ministres de l’économie et des finances et de ses 27 ministres de la culture pour qu’ils bâtissent ensemble le statut des indépendants culturels européens.

Nous serons critiqués ? Non ! Nous serons jalousés et combattus car nos concurrents nous percevront comme des précurseurs. Ce sera donc pour la bonne cause ! La Présidence hongroise de l’Union Européenne pourrait en 2011 en être le champion !

Les délocalisations de notre patrimoine sont impossibles. Soyons donc attractifs, ce qui suppose que nous ne nous endormions pas sur les résultats actuels des visiteurs et des touristes dans chacun de nos pays. Sans rénovation, sans événement, sans pédagogie, les projecteurs ne resteront pas sur nous.

Ne pourrait-on imaginer un portail européen sur Internet qui soit une invitation à la découverte, une sorte de Google earth culturel européen !

Non pas pour défendre une marque européenne, aseptisée, uniforme et réductrice.

Mais pour nous présenter dans notre richesse, dans notre vitalité, dans notre diversité.

Chacun.

Chaque culture. Chaque identité. Chaque lieu. Chaque excellence. Chaque langue. Chaque musique. Chaque art de vivre.
Mesurons dans les expressions de nos concitoyens les nouvelles attentes, et mêmes les exigences souvent radicales…

Au produit marketé parfois outrageusement sera préféré l’objet authentique, le produit unique et identifié, le physique plutôt que le packagé et le virtuel.

Ce goût du vrai, du beau, correspond également à une nouvelle éthique, dont nous devons être l’avant-garde mobilisée.

Pourquoi ne pas mettre chaque année en réseau 27 lieux très emblématiques pour organiser la fête européenne des métiers d’art. Ils sont une valeur d’avenir. Mais si nous n’agissons pas rapidement, malgré la passion qu’ils génèrent, ils disparaîtront.

Nous mesurons tous les nouveaux enjeux. L’aspect positif provient de notre exigence qualitative nouvelle.

Nos villes sont belles. Mais il y a aussi d’affreuses cicatrices.

Nos entrées de villes sont délaissées, sans aucun souci de mise en valeur. La rouille des rambardes tient lieu de décor naturel… Ne pourrait-on imaginer pour l’entrée dans Paris à l’abord du périphérique une sorte de parc de sculptures signifiant magnifiquement l’arrivée dans l’une des grandes capitales culturelles du monde ?

Notre patrimoine est immense, mais il se dégrade et semble parfois abandonné.

Réagir à temps, c’est fonder la croissance, l’emploi, le progrès sur l’ardeur culturelle, l’exigence artistique.

C’est faire de la dynamique générée par la force de notre patrimoine une chance économique.

Mesurons aussi que c’est un magnifique projet politique.

A l’heure où les risques du terrorisme, du fanatisme, de l’intégrisme enflamment de nombreuses parties du globe, l’affirmation de la culture comme valeur et comme stratégie est une réponse humaniste à cet engrenage de haine qui nous menace. C’est un enjeu de paix.

Respect, égalité, universalité, civilisation autant de maitre-mots qu’il faut graver aux frontons de nos écoles, de nos châteaux et que nous devons fredonner avec entrain dans chaque quartier de nos villes.

C’est peut-être le nouvel Hymne à la Joie qu’il nous appartient à nous européens d’envoyer comme message au monde.

L’exprimer ici au château de Károlyi est une chance.

Puisse l’amitié franco-hongroise que porte notre Président de la République forger cette détermination nouvelle. Cette prise de conscience des nouveaux enjeux du patrimoine et de la culture est un acte de lucidité. Aussi urgent qu’impératif.

La duplicité socialiste en Languedoc Roussillon est une honte

16 mars 2010

La palme d’or du faux cul honteux à Montpellier pour le soutien à Georges Frèche attire de très nombreux socialistes…

C’est pitoyable de ne pas avoir davantage d’honneur et de rectitude.

Imaginez que la droite républicaine cède à la démagogie populiste et s’entende avec le Front National pour « faire barrage » à la gauche. Que n’entendrait-on ?

L’élection de Georges Frèche soutenu par de nombreux hiérarques de gauche sera marquée du sceau du déshonneur socialiste. Le palmarès et le verbatim des déclarations sont à publier… Avis aux amateurs !

Photos année 2010

1 janvier 2010

N’oublions pas que la religion est aussi une fierté…

1 décembre 2009

La tentation de la démagogie s’agissant des questions religieuses est dans l’incandescence du monde actuel une vraie folie.

La mondialisation, réalité planétaire qui se vit dans « son » quartier, génère une spirale de repli identitaire, qui galope et s’accélère de façon inquiétante.

Dès qu’une culture, une civilisation, une religion, un courant spirituel, une coutume sociale se sent défié par une réplique émergente, dynamique, provocatrice et parfois arrogante, s’installe un climat de peur, de repli sur soi qui peut déboucher sur l’intégrisme et le refus absolu de l’autre, quel que soit l’autre.

Il est donc urgent et vital de rappeler quelques maximes d’inspiration humanistes, pour que l’air du temps soit moins nauséabond…

Chacun a droit à la fierté de sa religion, au respect de son identité, à la liberté de conscience.

Chacun doit pouvoir exercer son culte dans un lieu dont il soit fier et qui symbolise à l’extérieur la beauté, le recueillement, la spécificité d’un édifice spirituel.

Chacun doit pouvoir souhaiter que toutes les religions soient accueillies dans tous les pays du monde, avec un esprit de symétrie et de réciprocité hélas rarement constaté…

Chacun doit se sentir suffisamment fort et fier de ses racines, de son histoire, de son avenir pour accepter le défi – car c’est toujours un défi – de l’irruption de « l’autre », du « concurrent », du « différent ».

La focalisation sur la question des minarets est une mauvaise entrée vers une grande et difficile question.

Comment au nom du respect de la diversité culturelle et religieuse, reflet de l’arc-en-ciel d’une société, faire accepter dans une vieille civilisation judéo-chrétienne la dimension humaniste de la religion musulmane ?

C’est le défi quotidien et concret des temps actuels.

Le concept de laïcité dynamique suppose dans un même élan de faire visiter les cathédrales à tous les enfants de France, quelle que soit leur religion ou leur absence de religion, et d’expliquer à ces mêmes enfants de France qu’il est indigne d’un grand peuple et d’un grand pays de reléguer dans les caves et les entresols les lieux de culte musulman.

La force des tours de « nos » cathédrales ne doit pas avoir peur de l’élan vers le ciel d’un minaret…

Mais il faut pour cela que chacun se sente porté par une dynamique d’avenir. Sinon s’enclenche le combat des uns contre les autres.

Pour faire accepter la construction d’une mosquée, il est intelligent de ne pas oublier de restaurer les cathédrales !

A chacun sa fierté ! A chacun son identité ! A chacun son respect.

Les artistes et les écrivains ont ès-qualité un droit absolu à la liberté d’expression…

12 novembre 2009

L’essence même de la vocation de l’artiste, de l’écrivain, du poète, du chanteur, de l’acteur, c’est le cri. L’expression de la conscience. L’urgence de la révolte. Le refus du compromis. Le dépassement de l’interdit. L’interpellation libre.

Cette liberté d’essence spirituelle concerne le champ de l’expression, du dire, du montrer. Elle ne doit pas être confondue, bien entendu, avec le terrain de la vie ordinaire et personnelle.

Dire cela n’est pas choquant au regard de l’égalité entre les citoyens. C’est tout simplement reconnaître qu’une vocation, qu’un talent, qu’un génie ont des droits supplémentaires qui leur sont attachés, en raison même de la lumière, de l’intelligence, de l’esprit qu’ils incarnent.

Il n’y a pas de réserve politique qui vaille. La seule contrainte reste évidemment qu’un appel à la haine raciale, qu’un crime contre l’humanité, qu’un acte de terrorisme ne peuvent « s’abriter » derrière une esthétique culturelle ou religieuse.

En guise de conclusion et de clin d’il, il faut ajouter qu’un parlementaire a naturellement également le droit de bénéficier de la totale liberté d’expression que garantit toute démocratie aux représentants du peuple.

Biographie

30 octobre 2009

Etat civil : Renaud Donnedieu de Vabres

Né le 13 mars 1954 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine – 92)

ETUDES
  • Institut d’études politiques de Paris
  • Licence de sciences économiques
  • Service national dans la Marine nationale sur le patrouilleur « La Paimpolaise »
  • Ecole nationale d’administration, promotion Voltaire (1980)
PARCOURS PROFESSIONNEL
  • Directeur du cabinet du Préfet d’Indre-et-Loire, Secrétaire général pour l’administration de la Police de la région Centre (1980-1981)
  • Secrétaire général des Alpes-de-Haute-Provence (1981-1982)
  • Sous-préfet de Château-Thierry (1982-1985)
  • Affecté au cours de l’année 1985 au Conseil d’Etat au titre de la mobilité
  • Chargé de mission auprès de François Léotard, ministre d’Etat, ministre de la Défense (1993-1995)
PARCOURS POLITIQUE
  • Délégué général du Parti républicain et membre du bureau politique (1986-1996)
  • Délégué général de l’UDF (1996-1998)
  • Délégué national de la Nouvelle UDF (1998-2002)
  • Directeur du cabinet de François Léotard au Parti républicain (1986) et à l’UDF (1996-1998)
  • Secrétaire général adjoint chargé de l’organisation du débat interne et de l’animation de l’UMP (2002-2004)
  • Porte-Parole de l’UMP (2003-2004)
  • Vice-président de l’UMP d’Indre et Loire (2008)
  • Délégué de la première circonscription UMP d’Indre et Loire (2008)
  • Secrétaire National UMP chargé de la vie culturelle et artistique (2009-2010)

MANDATS ET FONCTION
  • Conseiller régional du Centre (1986-2001)
    • Président du groupe UDF et rapporteur général du Budget et du Plan (1986-1993)
    • Vice-président, rapporteur général du Budget (1993-1998)
    • Tête de liste de la droite républicaine et libérale aux élections régionales de 1998
  • Elu député d’Indre-et-Loire en juin 1997
  • Conseiller municipal de Tours depuis mars 2001
  • Réélu député d’Indre-et-Loire en juin 2002
    • Vice-président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale (2002-2004)
  • Ministre délégué aux Affaires européennes du premier gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
  • Ministre de la Culture et de la Communication du troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
  • Ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement de Dominique de Villepin.
  • Ambassadeur pour la dimension culturelle auprès du Président de la République, pour la présidence française de la Communauté Européenne en décembre 2007.
  • Président du Conseil d’Administration d’Atout France.
ACTIVITES PRIVEES
  • Conseiller pour la stratégie, le développement et la culture auprès d’Alexandre Allard (Groupe Allard)
  • Administrateur de la Fondation Louis Vuitton pour la création , Administrateur de Dior s.a.

Les documents de campagne

Le oui irlandais sonne le retour de la volonté politique au cur du projet européen

5 octobre 2009

La méfiance du peuple vis à vis de tout automatisme politique et de tout diktat arrogant est légitime.

Chacun doit avoir le droit, la dignité et même la fierté de dire « non » sans griserie. C’est le principe même de la souveraineté du suffrage universel.

Mais il y avait un peu d’amertume pour les partisans du projet européen à voir que seul le « non » était joyeux, festif, « branché » et que progressivement le « oui » devenait conservateur, figé, stéréotypé, élitiste.

La paralysie du processus européen, conséquente aux votes de certains peuples dont le nôtre, a servi de leçon d’exigence.

La présidence française a de ce point de vue servi d’électrochoc. Elle a incarné le retour du politique, de la volonté, du projet concret mobilisateur.

Nos dirigeants européens ont été contraints à plus de responsabilité politique pour que notre idéal soit audible et partagé.

Une Europe paralysée aurait été sanctionnée.

Une Europe politique, engagée, volontaire, mobilisée suscite l’adhésion populaire. Alors, continuons ! Que le vote irlandais nous donne des ailes !

Jean Donnedieu de Vabres a été un très grand témoin de la Ve République à l’éthique protestante et républicaine exceptionnelle

4 août 2009

Jacques et Jean, les deux frères, tous les 2 membres du Conseil d’Etat et protestants cévenols, mon père et mon oncle, ne sont plus de ce monde.

Mon père, c’était il y a plus de 25 ans. Mais c’est hier tant la force spirituelle de son rayonnement intellectuel reste une belle lumière.

Mon Oncle, c’est aujourd’hui, au terme d’une épouvantable maladie.

Ils sont l’un et l’autre dans mon cur, distillant jour après jour, heure après heure, une énergie qui appelle en permanence à l’effort, à la maîtrise de soi, à l’élégance humaine, à l’humilité, au courage, à la droiture.

Jean Donnedieu de Vabres a siégé pendant 10 ans au Conseil des Ministres sous la présidence du Général de Gaulle et du Président Pompidou, de 1964 à 1974. Il laisse des documents rares, fruits de son travail et de ses souvenirs. Sa déontologie remarquable l’a conduit à ne pas les publier… C’est un très bel exemple que devraient méditer ceux qui, sur la place publique à des fins partisanes, commerciales ou personnelles, livrent secrets d’Etat et « histoires vécues » .

Cet ancien Directeur de cabinet de Georges Pompidou à Matignon, Conseiller d’Etat, est l’image la plus emblématique du grand serviteur de l’Etat, dont l’autorité, le pouvoir et la puissance n’ont nul besoin d’estampille médiatique. Il était craint et respecté. Mais sa générosité intellectuelle et humaine l’empêchait d’avoir la moindre arrogance.

Ce passionné des Cévennes aimait sa terre, sa rudesse et sa beauté.

Il a porté un nom prestigieux, qu’il a honoré avec beaucoup de panache.

« Jacques et Jean » nous placent en première ligne. Aux générations qui leur succèdent, il appartient de ne pas être des chaînons manquants…

Leur sillage est exemplaire. Se référer à eux permet de continuer à s’imprégner de leurs talents et de leur esprit qui restent vivants.

Judith Jamison, directrice de la Alvin Ailey Dance Theater Company, fait Commandeur des Arts et Letrres par RDDV

8 juillet 2009

Speech of Mr. Renaud Donnedieu de Vabres
Mrs. Judith Jamison honored by the nomination to the grade of Commander of the Arts and Letters

The fifth edition of the « Summers of the dance » gives us the joy and the honor to celebrate once again the Franco-American friendship, and to put it under the most powerful patronage : culture – and especially dance.

The links between our two people are founded and illuminated by artistic exchanges and generosity. On the first hand, I obviously think about the American Friends of Versailles and their strong support to the restoration of the palace. On the other hand, I think about the support in the opening of the French monuments to American artists and movie producer, as I did for the Da Vinci Code in the Louvre.

Once again, Paris is proudly welcoming you, thanks to the passion of Marina de Brantes and to Valery Collin. Marina is a fantastic ambassador, to whom you cannot say no.

For our greatest happiness, thanks to the « Summers of the dance », Paris is opening herself to the world, even during summer, which is not obvious when so many places are closed even though foreigners are visiting our countries and so many French do not go on holidays.

It is a pleasure to reward you with the highest French cultural distinction, the grade of Commander of the Arts and Letters. It honorees a brilliant career placed under the auspices of the excellence of the dance.

By celebrating the fiftieth anniversary of the Alvin Ailey American Dance Theater with an international tour which had a great success, everything must seem simple for you. Your performance at the théâtre du Châtelet, located to the opposite to the théâtre de la Ville which was inhabited once a year with magic and strength by the missed Pina Bausch, has been a triumph.

But I can imagine your fight during the sixteenth for the recognition and the affirmation of the cultural identity of the African-American community. In this respect, the recent election of Barack Obama constitutes a powerful symbol of the American ability to make the cultural and political diversity obvious and to grant it an international influence.

Dear Judith Jamison, after starting your career as a dancer at the American Ballet Theater in 1964 (nine teen sixty four), you have blinded us in Cry, La légende de Saint Joseph or in the now famous Sophisticated Ladies. You also perfectly combined your talent with Maurice Bejart’s talent at the Ballet of the twentieth century in Le spectre de la Rose in 1979.

I also grab the opportunity of this speech to give an echo to your impressive production as a choreograph. First of all, with your own company « The Jamison project », founded in 1988. Second of all, with your contribution to the success of federative international events, such as the Olympic Games opening ceremony of Salt Lake City in 2002. And I do not forget that you even take part of the job by carrying the Olympic flame.

How could I call up your career without mentioning your meeting with a man I would like to pay homage to Alvin Ailey. As an unquestionable major figure of the dance, he succeeded in generalizing contemporary dance and in giving birth to a fertile dialogue between cultures and communities. Your Hymn, which vibrant choreography touched the audience of the théâtre du Châtelet last Monday and gave them undeniable energy and joy, constitutes a magnificent tribute to him. When you started to speak, a simple gesture of your hand, a simple expression on your face, a simple change in your voice, that was all you needed to electrify the audience and make them travel through your artistic imaginary. And so did your dancers, whose beauty and virtuosity are outstanding.

As the artistic director of the Alvin Ailey American Dance Theater since 1989, you marvelously perpetuates his work. Your most recent ballet Reminiscin has managed to interpret with strength the famous Nightawks of Edward Hopper and to bring great female jazz artists back to live. Rift, Sweet Release, Loves Stories; all of your creations have promoted new talents and contributed to the vitality of contemporary dance.

Already honored by the prestigious National Medal of Arts and by the Kennedy Center Honor, France is not the first country to reward you. Nevertheless, I am pleased you accepted the distinction of Commander of the Arts and Letters as a sign of the gratitude of our country for your contribution to the dance, to the art creation and to the building of bridges between communities and cultures, as an hymn to the cultural diversity.

To give you the savour of a magnificent artistic language, the French one, I am going to conclude with the text of great French poet and politician, Aimé Césaire, from the Cahiers du retour au pays natal :
« Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture
on pouvait à n’importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer – parfaitement le tuer – sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu’on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot? »