LES 4 VERITES : Invité : Renaud DONNEDIEU DE VABRES
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Vous savez, ce matin, comme tous les jours et comme à tout moment, comme tous les Français, nous pensons à l’attente des familles et à l’attente bien sûr des otages. Le ministre des Affaires étrangères, effectivement, hier, à Matignon, après avoir rencontré le président de la République, a fait un point précis de la situation. Nous voulons croire, nous voulons toujours croire que leur libération sera la plus rapidement possible réalisée, mais il faut être d’une grande prudence… FRANÇOISE LABORDE : Bonjour William, bonjour à tous. Avec Renaud DONNEDIEU DE VABRES, nous allons évoquer évidemment les thèmes d’actualité, à commencer par le sort des otages français en Irak. Alors, hier, Michel BARNIER, le ministre des Affaires étrangères, disait qu’il avait de bonnes raisons de croire que les otages étaient toujours en bonne santé. Vous avez participé dimanche après midi à une réunion autour du Premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN, est-ce que ce matin vous pouvez nous dire, Renaud DONNEDIEU DE VABRES, que l’on a toujours de bonnes raisons de croire qu’ils sont en bonne santé ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Vous savez, ce matin, comme tous les jours et comme à tout moment, comme tous les Français, nous pensons à l’attente des familles et à l’attente bien sûr des otages. Le ministre des Affaires étrangères, effectivement, hier, à Matignon, après avoir rencontré le président de la République, a fait un point précis de la situation. Nous voulons croire, nous voulons toujours croire que leur libération sera la plus rapidement possible réalisée, mais il faut être d’une grande prudence, et donc vous comprendrez que je sois très mesuré dans mes propos, parce que nous ne voulons rien faire qui puisse compromettre cette issue que nous attendons. Le Premier ministre nous réunit très régulièrement, on fait un point très très précis et je tiens à saluer l’atmosphère, au fond, d’unité nationale qui existe…
FRANÇOISE LABORDE : Gauche, droite.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES ; Avec… voilà, tout le monde, quelle que soit son étiquette politique, quelle que soit la couleur de sa peau, quelle que soit sa religion ou son absence de religion, il y a en France une atmosphère d’unité nationale autour de nos deux otages, parce que nous avons tous conscience que cest la liberté d’expression et la liberté de l’information, à travers la prise d’otages de journalistes qui est en cause, et donc ce sont des moments de gravité, de prudence, d’espérance.
FRANÇOISE LABORDE : Alors, j’ajoute, pour que l’information soit totalement complète, que selon un dirigeant Salafiste irakien, ceux-là même qui ont lancé hier une Fatwa, cest-à-dire une condamnation religieuse contre les preneurs d’otages, eh bien ce sont les opérations militaires, notamment américaines et irakiennes sur la ville de Latifiya qui auraient perturbé le processus de libération ; ces opérations militaires se seraient interrompues ce matin, voilà donc qui pourrait aller effectivement dans le sens, peut-être, d’un espoir supplémentaire.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Je ne ferai pas de commentaire sur cette question et sur cet aspect des choses, disons que la situation nest pas simple, cest la raison pour laquelle nous sommes évidemment prudents et volontaires
FRANÇOISE LABORDE : Merci, et nous le sommes évidemment tout autant puisque après tout cest le sort de deux Français et deux de nos confrères qui en dépend. Alors, passons maintenant à l’UMP, l’UMP qui tenait réunion ce week-end à Avoriaz, Nicolas SARKOZY a annoncé officiellement sa candidature, enfin, on le savait, ce nest pas une surprise. On ne l’a pas trouvé très chaleureux avec Jean-Pierre RAFFARIN : c’est une impression ou une réalité ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, vous savez, ce qui compte, c’est l’unité d’action, cest le fait que, en cette rentrée, eh bien on soit tous en ordre de marche pour traiter les problèmes des Français. Nicolas SARKOZY est candidat à la présidence de l’UMP, cest une très bonne chose, je le soutiens…
FRANÇOISE LABORDE : Cest nouveau, que ce soit une bonne chose.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : … l’ensemble, au fond, des forces politiques, rassemblées au sein de cette nouvelle et grande famille politique qu’est l’UMP, tout le monde le soutient, c’est très bien, il faut qu’il y ait une bonne répartition des rôles entre le parti et le gouvernement et que surtout on donne bien le sentiment aux Français de penser à eux, aux problèmes, aux urgences, et pas à nous-mêmes.
Certains attendaient des déchirements, voulaient qu’il y ait des guerres de tranchées, des affrontements, et que l’actualité des prochaines semaines soit au fond des luttes fratricides, eh bien pas du tout, cest l’unité et le rassemblement et ça je crois que cest très important parce que, si vous voulez, si on veut continuer les réformes, si on veut faire en sorte que la croissance puisse profiter à chaque Français, si on veut faire en sorte que dans cette période de troubles, de perte d’identité, de repaires, parfois on se demande si notre pays, si notre activité, à cause des délocalisations, va pourvoir se maintenir dans de bonnes conditions, ou donc il y a des appréhensions, la feuille de route cest de réussir ensemble et le rôle d’un parti politique c’est d’être évidemment un aiguillon, cest-à-dire un porte-parole…
FRANÇOISE LABORDE : Les patrons.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Attendez, c’est d’être un porte-parole pour dire le cas échéant si c’est nécessaire au gouvernement, comme le font les parlementaires, “ attendez, là, vous allez dans le bon sens. Attendez, là, vous faites une erreur ”, cest d’expliquer, c’est de travailler en synergie. Personne n’y réussira seul, personne, ni le gouvernement, ni le président de l’UMP, ni quiconque d’entre nous, et donc nous sommes rassemblés autour du président de la République pour mettre en œuvre les engagements et les promesses que nous avons prises au moment de l’élection présidentielle et législative. Voilà, donc je trouve qu’il y a une espèce d’harmonie…
FRANÇOISE LABORDE : C’est un message pour Nicolas SARKOZY…
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non.
FRANÇOISE LABORDE : … parce que lui il dit qu’il veut un parti indocile et turbulent. Alors, est-ce qu’on peut être parti du gouvernement et être indocile et turbulent ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Mais, un parti a le droit de s’exprimer, chacun a le droit de s’exprimer, cest une très bonne chose. Nous avons, tous ensemble, l’ensemble des ministres, l’ensemble des parlementaires, l’ensemble des élus et en fait l’ensemble des Français, à faire réussir notre pays, à mener ensemble les réformes à et ne jamais s’écarter de la route qui est celle… et les engagements…
FRANÇOISE LABORDE : C’est la ligne jaune que Nicolas SARKOZY ne doit pas franchir.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, la ligne jaune qui s’applique à chacun d’entre nous, cest que nous avons pris des engagements vis à vis des Français, il faut les tenir. Nous avons une feuille de route, des réformes ont été faites ces derniers mois et ces dernières années par le gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN. Est-ce que nous avons terminé le travail ? Non, donc tous les conseils sont les bienvenus, ceux de Nicolas SARKOZY comme ceux des parlementaires, en sommes, ceux de tout le monde, parce que nous voulons réussir tous ensemble pour être, en 2007, avec un bon bilan et un bon projet.
FRANÇOISE LABORDE : On a le sentiment que François BAYROU, qui est à la tête de l’UDF et que vous connaissez, puisque vous venez de l’UDF, est plutôt content de cette opération, comme si au fond, entre SARKOZY et lui, il pouvait y avoir déjà une sorte de Yalta et de séparation des rôles de chacun.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ce qui m’intéresse, cest que tous ensemble on ait à cœur de régler les problèmes des Français. Il y a des défis qui sont devant nous, il y a des compétitions, il y a des remises en cause, il y a des craintes, il y a un grand référendum à réussir sur l’Europe pour convaincre nos concitoyens, eh bien, que l’Europe nous donne des chances supplémentaires, que ça permette tout simplement à notre fierté, à notre identité de rayonner davantage. Alors, je souhaite que sur ces grandes échéances, les réformes, l’Europe, eh bien toutes les forces politiques de la majorité présidentielle, sans arrière pensée, se réunissent.
FRANÇOISE LABORDE : Alors, autre sujet qui vous préoccupe et qui intéresse aussi beaucoup nos téléspectateurs qui ont écrit, parce que j’ai eu plusieurs mails, plusieurs lettres d’intermittents du spectacle qui disaient : “ puisque vous recevez Renaud DONNEDIEU DE VABRES, est-ce que l’on avoir des questions sur les intermittents du spectacle ? ” Oui, voilà les questions sur les intermittents du spectacle. Alors, il y a eu cet été plusieurs avancées, d’abord tout s’est bien passé sur le front des festivals, il y a eu un certain nombre de mesures qui étaient prévues notamment pour les artistes femmes enceintes qui bénéficient du statut privilégié comme avant, il y aurait une caisse de relais, en quelque sorte, pour maintenir les prestations. Bref, plusieurs petites dispositions. Est-ce que tout cela fait un grand projet de réforme du statut d’intermittent ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : J’ai pris des engagements, je les tiendrai. J’ai reçu comme instruction du président de la République et du Premier ministre, de bâtir un système définitif pour faire en sorte qu’artistes et techniciens du cinéma, de l’audiovisuel et du spectacle vivant, puissent faire rayonner leurs talents dans de bonnes conditions, avec des conditions de vie acceptables. Il faut un nouveau système, il y a un calendrier que j’ai annoncé, et que je tiendrai, ça veut dire qu’il y a un système provisoire qui a été mis en place, il faut bâtir un système définitif, je veux entendre chacun, dès demain je reçois à nouveau toutes les organisations professionnelles et syndicales, le Conseil national des professions du spectacle sera réuni fin septembre ou début octobre. J’avais annoncé un débat national sur les métiers artistiques et culturels du spectacle vivant, il aura lieu le 18 octobre. L’expert…
FRANÇOISE LABORDE : Ce sera à l’Assemblée nationale.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non non non, ça ce nest pas le débat à l’Assemblée nationale, c’est un débat pour entendre les artistes et les techniciens, pour qu’ils s’expriment et pour qu’on les écoute.
FRANÇOISE LABORDE : D’accord.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : C’est un renversement de perspectives, ce nest pas moi qui vais parler devant eux, cest eux qui vont pouvoir s’exprimer devant un certain nombre de gens. Le 31 octobre, l’expert indépendant chargé de l’étude, rendra son rapport, à l’automne, cest-à-dire avant la fin de l’année, il y aura un débat à l’Assemblée nationale et au Sénat, d’orientation sur cette question, parce que je souhaite que tout le monde se rassemble. Et puis…
FRANÇOISE LABORDE : Il y aura une loi… une loi cadre sur le spectacle vivant, quelque chose comme ça ?
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, dans un premier… attendez, dans un premier temps, cest une prise de conscience et une expression parlementaire, avec un débat d’orientation, parce que moi je veux que l’ensemble des forces politiques et des Français, au-delà des forces politiques, se rassemblent autour des métiers culturels et de la défense des artistes et des techniciens. Et puis il y aura la dernière étape, cest-à-dire que là il faut, à un moment donné, que les partenaires sociaux se mettent autour de la table pour que l’on bâtisse le système définitif. J’ai une feuille de route, je tiendrai mes engagements.
FRANÇOISE LABORDE : Une toute dernière question, elle concerne la télé, évidemment, ça nous intéresse, forcément, ici, on est dans la maison. Alors, la redevance pour le deuxième téléviseur elle n’existe plus, ça cest plutôt une bonne nouvelle, la TNT elle va être mise en place, quid de la chaîne tout info.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : D’abord, je fais confiance au service public, je suis à FRANCE 2 à FRANCETELEVISIONS, vous avez une magnifique mission à assumer, que vous faites d’ailleurs dans de très bonnes conditions, cest de faire en sorte que la liberté d’expression, l’information, l’accès à la culture, l’accès à toute forme de création, eh bien que vous en soyez, dans chacune de vos chaînes, les chantres et les propagateurs. Deuxièmement, cette année 2005 verra pour nos concitoyens, une offre télévisuelle élargie, grâce à la technologie, grâce à ce qu’il y a, pour le moment peut-être, un nom de code un peu barbare pour nos concitoyens, la TNT…
FRANÇOISE LABORDE : Télévision Numérique Terrestre.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES :Nous allons veiller à son succès pour que ça soit un progrès, que ça n’apparaisse pas comme une espèce de complication pour les gens en se disant : “ oh la la, je vais avoir un décodeur, qu’est-ce que c’est, de quoi s’agit-il ? ”Je souhaite que ce soit un progrès et puis je dis aux gens qu’il s’agit de chaînes gratuites, dans un premier temps, donc voilà, c’est une offre élargie qui permettra au plus grand nombre de talents de rayonner et ça cest évidemment l’objectif du ministre de la Communication que je suis.
FRANÇOISE LABORDE : Merci Renaud DONNEDIEU DE VABRES d’être venu nous voir ce matin. Très bonne journée à vous, très bonne journée à tous. Cest à vous William, on se retrouve demain bien sûr.
WILLIAM LEYMERGIE : Ah ben écoutez, oui, volontiers.
FRANÇOISE LABORDE : Avec le site… voilà… le site, cest écrit : “ www.france2.fr ” pour écrire à nos invités passés ou futurs.
WILLIAM LEYMERGIE : Oui, on transmet, nous on est bien.
FRANÇOISE LABORDE : Oh, ben toujours !
WILLIAM LEYMERGIE : Vous avez vu, Françoise, ce ministre il nous aime.
FRANÇOISE LABORDE : Mais oui ! D’ailleurs je vais lui donner tout de suite les mails que j’ai reçus. Tenez, voilà, je lui donne. Voilà.
RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : J’y répondrai !
WILLIAM LEYMERGIE : Oui oui, on fera suivre, on transmettra. Merci beaucoup de votre visite. Ma chère Françoise passez une excellente journée.
FRANÇOISE LABORDE : Merci.
