Signature de la convention biennale liant l’Etat, le Centre national de la cinématographie et la région Auvergne, au Château de Ravel
Monsieur le Député,
Monsieur le Préfet,
Madame la Présidente,
Monsieur le Président,
Madame la Directrice générale,
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,
Tout d’abord, je tiens à remercier nos hôtes, Monsieur et
Madame Brochot, qui nous accueillent dans ce fleuron du
patrimoine auvergnat, originaire du XIIe siècle, maintenu et
transmis par leurs familles depuis des générations, et où fut
tourné l’un des plus fantastiques succès de notre cinéma, avec,
je le rappelle, plus de 8,6 millions d’entrées en salles en France,
sans compter le succès qui s’annonce déjà dans de très
nombreux pays du monde, où le film est sorti. J’ai assisté au
lancement des Choristes à Shanghai et vous savez que le film
représentera la France cette année aux Oscars.
Quel plus beau lieu, quel monument plus symbolique du
rayonnement de notre patrimoine et de la fécondité de sa
rencontre avec la création cinématographique !
Vous le savez, et Catherine Colonna vient de le rappeler, audelà
même des Choristes, le cinéma vient de connaître une
année faste en France, avec près de 195 millions d’entrées en
salles. La part de marché du cinéma français a également atteint
des niveaux élevés, à plus de 38%. Ces chiffres sont les
meilleurs depuis 20 ans. 203 films français ont été produits, qui
ont bénéficié d’une mesure décidée par le gouvernement en
2004 : le crédit d’impôt. Je me réjouis de ces résultats qui
montrent à la fois le dynamisme de la création
cinématographique française et le goût du public pour un cinéma
varié, de qualité, en provenance de tous les horizons.
Au-delà de nos frontières, les chiffres publiés par le Centre
National de la Cinématographie montrent les enjeux
économiques de l’exportation, puisque les recettes d’exportation
des films français ont dépassé 120 millions d’euros en 2003.
C’est dire l’enjeu de notre rencontre d’aujourd’hui et de la
convention que nous allons signer avec M. Jean-Michel Bonte,
Président du Conseil régional, M. Jean-Michel Bérard, Préfet de
la Région Auvergne, et Catherine Colonna, directrice générale
du Centre national de la cinématographie.
Inciter les collectivités à créer des fonds de soutien à la
production cinématographique, auxquels l’Etat apportera sa
contribution financière et son expertise, c’est affirmer notre
attachement à la vitalité et à la diversité du cinéma. Notre cinéma
est notre richesse. Il est fort de la grande variété de ses oeuvres,
qu’il s’agisse de longs métrages, de documentaires ou de courts
métrages.
Je me rendrai cet après-midi au festival international de
Clermont-Ferrand, où je m’exprimerai sur la vitalité nécessaire de
ce secteur du court-métrage, essentiel au dynamisme de la
création cinématographique dans son ensemble.
Les Régions, et notamment l’Auvergne, région si riche de son
patrimoine et de ses paysages sauvegardés, se sont de longue
date engagées en faveur de la création, en apportant une aide
importante au financement de la production cinématographique
et audiovisuelle.
Je me réjouis que cette aide à la production, dans toutes les
régions, progresse, en même temps que la décentralisation
culturelle.
Et je me félicite que les départements participent également à ce
mouvement.
Oui, telle est ma conception de la décentralisation culturelle, où
l’Etat assume pleinement ses responsabilités, et où tous les
partenaires, Etat, collectivités territoriales, professionnels,
agissent ensemble dans un même but : préserver et développer
la diversité, la qualité, le dynamisme et la vitalité du cinéma que
nous aimons tous.
La convention que nous allons signer aujourd’hui incite encore
davantage, comme je l’ai souhaité dès que j’ai pris mes
fonctions, les collectivités territoriales à investir dans le cinéma.
Après avoir signé une convention pionnière avec la Région
Centre, voisine de l’Auvergne, et dont je suis originaire, c’est ici,
la deuxième signature, à laquelle j’ai tenu à assister
personnellement.
Je souhaite vivement que cette année, le plus grand nombre de
régions suivent rapidement les exemples de la région Centre et
de l’Auvergne.
L’engagement de l’Etat exerce un effet de levier important,
puisque, pour deux euros investis par la région dans la
production cinématographique, l’Etat apporte en retour un euro,
sous certaines conditions qui sont détaillées dans la convention,
sur lesquelles je vais revenir dans un instant.
Cette convention est un acte majeur de soutien à la production et
aux tournages en région.
Vous le savez, et cette question est aujourd’hui au coeur du
débat sur l’Europe, les délocalisations inquiètent nos
compatriotes. Cette inquiétude nuit à l’idée qu’ils se font de
l’Europe. L’Europe, que je tiens pour le grand projet politique,
mais d’abord culturel, de ce temps.
Nos paysages, notre patrimoine architectural, sont des richesses
que le cinéma doit s’approprier. Et les élus ont bien compris qu’il y avait dans ce partenariat avec le cinéma un nouveau ressort de
développement. Il ne s’agit évidemment pas d’installer dans la
chaîne des Puys le tournage d’un film que son scénario situe à
New York ou à Tokyo ! Mais je suis déterminé à contribuer avec
vous tous, et avec les professionnels, à relocaliser un maximum
de tournages sur notre territoire. Nous savons tous que c’est
indispensable, pour l’économie de notre pays, pour ses industries
techniques, pour l’emploi et pour l’encouragement des talents
des artistes, des techniciens, des auteurs et de tous les métiers
du spectacle.
C’est pourquoi, cette convention met en place un mécanisme
vertueux de soutien financier conditionné à la localisation des
dépenses.
La réponse que nous apportons aujourd’hui avec le soutien actif
de la Région Auvergne et des départements, est, je crois, une
réponse adaptée et qui aura des conséquences très positives,
non seulement sur le dynamisme de la production
cinématographique française, mais aussi sur notre économie, au
bénéfice notamment des industries techniques.
Elle prolonge l’accompagnement que les pouvoirs publics n’ont
cessé de garantir aux professionnels du cinéma depuis presque
soixante ans, en aidant les salles, en aidant les producteurs, en
améliorant sans cesse la réglementation, pour permettre à cette
industrie, à cet art, de se développer sereinement et d’exister aux
yeux du monde comme l’une des plus grandes
cinématographies.
Nous avons collectivement, ce jour en est un signe, l’ambition
commune de donner à nos créateurs, à nos scénaristes, à nos
metteurs en scène, les moyens de mener à bien leurs meilleurs
projets. Au-delà du prestige qu’ils apportent légitimement à leurs
auteurs, ils enrichissent notre patrimoine, grandissent notre
nation, et participent au rayonnement de nos territoires.
Je me réjouis que la convention comporte un partenariat de la
direction régionale des affaires culturelles et de la Région pour
développer le soutien à la diffusion culturelle, par des opérations
d’éducation artistique au cinéma et à l’audiovisuel, notamment
dans les lycées. Parmi tous ces jeunes amateurs de cinéma,
nous préparons aussi l’avenir du cinéma français, en formant les
jeunes talents de demain.
Je suis convaincu, que c’est d’abord ici, en Auvergne, dans nos
régions, au sein de nos territoires, que nous gagnerons le
combat pour la diversité culturelle dont nous portons le message
en Europe et dans le monde.
Je vous remercie.
