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Festival de la bande dessinée d’Angoulême

Monsieur le Maire,

Monsieur le Préfet,

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je suis très heureux de ma visite à Angoulême, cette si
belle ville emblématique de la convivialité et de la douceur
de vivre charentaises, fière de ses racines, de son passé
et de son identité, cité ouverte au monde, qui s’appuie
pour son rayonnement sur la force de la culture, sur
l’alliance féconde entre le patrimoine et la création.

Ce rayonnement exemplaire est évidemment nourri du
succès du festival international de la bande dessinée. Et je
tiens tout particulièrement à saluer cette manifestation dont
c’est en 2005 la 32e édition ! Une telle longévité nous la
devons avant tout aux hommes qui font et ont fait vivre ce
rendez-vous incontournable du 9e art. Au fil du temps, il a
su se professionnaliser, s’ouvrir à l’international, sans rien
perdre de ses valeurs fondatrices que sont l’enthousiasme,
la passion, la générosité.

Si la flamme des débuts brûle encore, c’est aussi grâce à
l’intelligence et à la perspicacité des élus et à vous
Monsieur le Maire. Vous avez su comprendre, par delà les
contingences, à quel point le lien entre à Angoulême et la
Bande dessinée était précieux, emblématique. Les
pouvoirs publics, sans oublier le rôle essentiel des
sponsors, soutiennent une manifestation que le monde
entier nous envie pour sa qualité, sa fraîcheur et sa
spontanéité.

Je veux vous faire une confidence : je suis venu à
Angoulême d’abord parce que cela me faisait plaisir. Parce
que j'en avais envie. Parce que je suis un amateur de BD !
Et c’est peu dire que je ne suis pas déçu ! La fièvre qui
monte autour de la BD au moment du festival est vraiment
communicative. J’ai eu du bonheur à parcourir les stands il
y a quelques instants.

Oui, je suis venu saluer la BD, ses couleurs, ses héros, ses millions
de lecteurs, ses artistes et ses éditeurs. Je suis venu rendre
hommage à votre dynamisme, à votre créativité, à votre vitalité. Une
vitalité que les chiffres, très encourageants, permettent de mesurer,
avec une hausse de la production de 37 % en 2004, représentant
plus de 2 600 nouveaux albums, et avec une augmentation des
ventes de près de 6 %. Un livre sur huit vendu en France est un
album de BD.

Avec une croissance ininterrompue depuis dix ans, la BD s'impose
comme l'aile marchante de la première de nos industries culturelles.

Avec ce fait notable que la concentration n'empêche pas la diversité
des maisons, et cet autre fait réjouissant d'un véritable enracinement
en région. Vincent Montagne et Guy Delcourt, parmi d'autres, ont leur
siège à Paris, mais Jacques Glénat, le président de votre groupe au
sein du Syndicat national de l’édition, est à Grenoble et c'est à
Marseille, où je me rendrai mercredi, que Mourad Boudjellal a créé
sa maison, avec le succès que l’on sait.

Mais les chiffres de vos records seraient bien secs, s'ils n'exprimaient
aussi et d'abord, bien sûr, un incroyable foisonnement créatif,
essentiel au rayonnement international de notre culture.

La BD française et francophone, j'en ai la conviction, joue un rôle tout
à fait singulier dans le concert – et parfois le combat – de la diversité
culturelle.

Zep, Sfar, Loisel, Juillard, Pétillon, Bretécher, Gotlib, Druillet et tous
les autres créateurs, vous êtes des acteurs de la diversité culturelle !
Dupuis, Dargaud, Casterman, L’Association, Fremok, PLG,
Rackham, les Requins marteaux, et tous les autres éditeurs, vous
êtes, dans la diversité de vos maisons et de vos catalogues, des
acteurs de la diversité culturelle ! Vous en êtes tous des acteurs
pleinement positifs : l'ouverture internationale du festival en témoigne
avec éclat.

Vous êtes des acteurs du livre. Vous êtes des acteurs de la lecture.
Tant de bibliothécaires m'ont dit l'importance que joue la bande
dessinée pour la lecture des jeunes, et pour les conduire vers les
autres formes du livre.

Oui, la BD est une ouverture sur le monde fantastique de
l’imagination humaine. Et comme nous le verrons tout à l’heure avec
Art Spiegelman, la bande dessinée ne propose pas seulement une
déformation magique, souvent enchantée, une métamorphose en
couleurs du réel. Elle exprime aussi, et peut-être surtout, une vision
et une critique de la société, de l'époque et de l'histoire.

Voilà pourquoi le ministère de la culture vous doit toute son attention.
Pour aider vos scénaristes et vos dessinateurs à créer, pour aider
vos maisons à se développer et à publier. Pour vous aider à exporter,
à acquérir et céder des droits. Pour, aussi, vous défendre contre le
piratage, qui vous touche plus sévèrement que d'autres secteurs du
livre, à la mesure de votre popularité.

Il faut aussi, naturellement, aider et soutenir Angoulême. Par une
politique audacieuse, intelligente et inscrite dans le long terme, la ville
a déjà développé autour du festival de solides structures dédiées à la
BD. Parmi ces institutions originales, il y a, bien sûr, le Centre
national, mais aussi la remarquable Maison des auteurs. En plus de
ces réalisations, la ville fourmille de projets nouveaux. Je pense au
musée de la BD dont la nouvelle implantation permettra de dévoiler
enfin au yeux du public une collection unique au monde. Et la future
médiathèque de l’agglomération viendra bientôt compléter ce riche
paysage. La fédération des énergies reste désormais le principal défi
à relever et je tiens à saluer la bonne volonté des partenaires actuels
de ces projets. Je suis certain que vous saurez incarner un nouveau
progrès de la décentralisation culturelle telle que je la conçois, où
l’Etat et les collectivités territoriales construisent ensemble au service
des publics et du rayonnement des territoires.

Angoulême est au coeur de la BD ! La BD est au coeur d'Angoulême !
Voilà pourquoi je suis là avec vous aujourd'hui. Merci à tous !

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