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Remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des lettres à Dan David à l'Opéra Garnier

Cher Dan David,

Nous sommes en train de vivre en ce moment, vous comme moi, une soirée particulièrement
émouvante, qui a tout à la fois la solennité et la simplicité des grands moments, des
évènements exceptionnels. Et sans doute est-ce là pour vous la plus belle de toutes les
récompenses : vous avez été, toute votre vie, un inventeur, un chercheur, et voici que votre
plus grande idée a pris vie, a pris corps, et est en train de faire la preuve qu’elle résiste à
l’épreuve du temps. Vous avez consacré votre vie, votre temps et le fruit de votre travail à
une grande ambition : encourager, stimuler et récompenser les hommes et les femmes qui
contribuent, par leurs recherches et leur réflexion, à faire progresser le savoir et l’esprit
humain. Votre succès est véritablement à la hauteur de cette ambition, à la mesure de ce
beau pari.

Cher Dan David, je veux vous dire ce soir, très simplement, très chaleureusement, toute mon
admiration : lorsque Francis Wahl nous a permis de nous rencontrer et de faire
connaissance, j'ai tout de suite été séduit par l'énergie qui vous habitait. Cette énergie, ce
dynamisme, vous en avez amplement fait la preuve tout au long de votre carrière :
passionné de photographie, vous avez toujours cherché à en développer la technique pour
mieux en repousser les limites. Votre inventivité et votre imagination vous ont conduit à
déposer de nombreux brevets à votre nom ; dans le même temps, elles vous poussaient
sans cesse à entreprendre, à créer, à construire. Les entreprises que vous avez créées sont
aujourd'hui présentes dans de très nombreux pays, et connues dans le monde entier.

C’est une forme d’aboutissement que votre venue à Paris, ce soir. Je sais que vous êtes un
francophile de toujours, un amoureux de notre pays ; Napoléon et Victor Hugo, avez-vous
dit, ont été les compagnons de votre enfance et de votre adolescence. Le fait que le Prix
Dan David soit remis ce soir dans ce foyer brûlant de la vie culturelle et intellectuelle
française est donc riche de sens.

Cher Dan David, ce soir, en vous remettant cette décoration, je viens saluer en vous, au nom
de tous les Français, l’infatigable défenseur des arts et des lettres que vous avez toujours
été. « Il est des hommes qui sont sources », écrivait encore Victor Hugo – et vous en faites
partie. En créant le Prix Dan David, vous avez illustré mieux que quiconque cette définition,
que le poète semble avoir écrite pour vous : « L’essence même du génie se compose de ces
deux éléments : deviner et oser. Se donner à ce qui sera malgré la résistance de ce qui
est. » Notre pays a tenu, pour tout cela, à vous honorer une nouvelle fois ; et pourtant, ce
soir, en choisissant d’organiser à Paris cette cérémonie sans égale, c’est vous qui, avant
tout, faites honneur à la France.

Dan David, au nom de la République, nous vous faisons Commandeur dans l’Ordre des Arts
et des Lettres.

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