Archives de 2006

Présentation du budget des médias 2007 à l'assemblée nationale

4 novembre 2006

Mesdames, Messieurs les Députés,

Je suis très heureux de vous présenter aujourd’hui le troisième projet de budget que je soumets à vos suffrages, et le dernier de cette législature.

Je suis heureux aussi de voir cette mission examinée dans le cadre d’une commission élargie, formule qui laisse encore plus de temps pour un débat approfondi entre le Gouvernement et la représentation nationale.

Aussi ai-je tenu, au-delà du seul exercice 2007, qui est parfaitement analysé dans les rapports de Patrice Martin Lalande et de Chantal Bourragué, et sur lequel nous reviendrons probablement dans le débat, à le placer dans la perspective des deux exercices précédents et des enjeux d’avenir d’un secteur dont je n’ai pas besoin de vous rappeler la place importante, éminente, croissante, qu’il tient dans la vie quotidienne de nos concitoyens.

Dans ce secteur comme dans les autres, ce projet de budget, comme les précédents, traduit une politique. Et la politique que je mène, dans l’ensemble des domaines dont j’ai la charge, en faveur de la diversité culturelle, de la création, de l’emploi, de la multiplication des offres de programmes et de la défense du pluralisme se traduit également dans le budget des médias.

Le domaine des médias, dans son ensemble, est, vous le savez, en plein bouleversement. Il connaît des mutations rapides, accélérées, brutales parfois, liées aux extraordinaires progrès technologiques, qui multiplient, diversifient, transforment les usages et qu’il nous faut non seulement comprendre, observer, analyser, mais surtout anticiper et accompagner.

Jamais sans doute depuis bien longtemps ce secteur des médias n’avait connu, en trois ans, autant d’évolutions, aussi rapides, aussi profondes, aussi concrètes, impliquant autant d’actions, de réformes, de modernisations de la part des pouvoirs publics, et notamment du gouvernement et de la Représentation nationale.

Je ne citerai que deux exemples.

En premier lieu, l’essor de l’internet, désormais présent dans la vie quotidienne, à la fois professionnelle et personnelle des Français, dans plus d’un foyer sur deux, et majoritairement en haut débit. Ceux d’entre vous qui ont voté la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information peuvent être fiers d’avoir adapté notre législation pour protéger et garantir les droits des créateurs, en permettant le développement d’une offre légale nouvelle, face à cette nouvelle donne de l’internet, marquant l’avènement de l’ère numérique qui concerne désormais chaque média et chaque Français. Les décrets d’application de ce texte sont tous en cours de rédaction et font l’objet d’un travail interministériel intense avec l’objectif partagé d’être publiés entre la fin du mois de novembre prochain et le début de l’année 2007. Je pense en particulier au décret portant création de l’Autorité de régulation des mesures techniques qui sera prêt avant le fin de l’année en vue d’une installation de cette autorité au tout début de l’année 2007.

Le deuxième exemple qui vient immédiatement à l’esprit est bien sûr celui de la télévision. Jamais sans doute depuis vingt ans le paysage audiovisuel français n’avait été autant bouleversé. Le lancement réussi de la télévision numérique terrestre a multiplié le nombre de chaînes gratuites par trois, passant de six à dix-huit. Elle n’est pas le fruit d’une génération spontanée, ni du seul progrès technique, mais avant tout d’une volonté politique forte, de choix politiques et techniques, politiquement assumés, par ce gouvernement et la majorité parlementaire. Parmi ces choix, il y a bien sûr, les choix budgétaires qu’il vous revient de décider.
J’insiste sur ce point : jamais une majorité n’avait permis la création d’autant de chaînes. Cela se traduit positivement pour le téléspectateur, qui bénéficie d’une offre élargie. C’est également très positif pour le monde de la création et les entreprises de production, qui représentent des emplois et s’intègrent dans une stratégie globale d’attractivité de notre économie.

Ces résultats, Monsieur le Président de la commission des finances, aussi positifs soient ils, n’ont pas pour corollaire une explosion sans contrôle des deniers publics affectés notamment à l’audiovisuel public.

Il ne s’agit pas pour moi d’affirmer devant votre commission que mon budget est bon parce qu’il augmente. Il s’agit pour moi d’affirmer que toute augmentation des ressources que je soumets à votre vote et à votre contrôle, sont des ressources flechées et clairement identifiées.

Deux exemples illustrent mes propos :
– l’extension de la démarche contractuelle : je sais que vous y tenez beaucoup. Moi aussi. Les contrats d’objectifs et de moyens n’enlèvent rien à votre contrôle annuel, et ils permettent au législateur, comme aux entreprises publiques de l’audiovisuel, de définir une stratégie sur plusieurs années ;
– le fléchage des dépenses supplémentaires : l’augmentation de 20 millions d’euros que vous avez voté à la suite d’un arbitrage du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, lors de la loi de finances rectificatives 2006 avait du sens. Elle a permis une contribution directement affectée aux programmes d’Arte et de France Télévision pour leur permettre un passage à la TNT dans de bonnes conditions. En d’autres termes, Monsieur le Président de la commission des finances, toute demande de financement supplémentaire doit correspondre à une prorité clairement identifiée et productive. Je partage avec vous cette exigence.

Par ailleurs, les décisions politiques du gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, et les choix budgétaires adoptés par la majorité parlementaire ont aussi permis la création de la chaîne française d’information internationale, qui s’appelle depuis cet été France 24, et qui commencera à émettre, dès les premiers jours de décembre et pour proposer au monde un regard, un point de vue français sur une actualité internationale de plus en plus suivie par nos concitoyens, conscients des enjeux de la mondialisation.
Cette législature a aussi permis de réformer, grâce à l’action du gouvernement et des services de l’Etat, aux travaux de votre Mission d’Evaluation et de Contrôle, à votre vote du budget pour 2005, la redevance audiovisuelle.

Cette réforme a permis de rationaliser et de moderniser le mode de recouvrement de cette ressource publique essentielle au service public et s’inscrit plus globalement dans la réforme de l’État conduite par le Gouvernement. Un bilan est en cours au sein du ministère de l’Economie et des Finances.

Grâce à la progression de leurs ressources, les organismes de l’audiovisuel public ont les moyens de participer pleinement aux mutations technologiques en cours, tout en renforçant la spécificité et la richesse de leurs programmes.

Ainsi, les priorités fixées au secteur audiovisuel public pour 2007 consistent à renforcer la spécificité du service public : développer une offre de qualité en télévision numérique terrestre et en haute définition, et de favoriser la sauvegarde du patrimoine, notamment.

La progression de la dotation publique de France Télévisions permettra au groupe de poursuivre les priorités suivantes :
Tout d’abord, parce que le succès de la télévision numérique repose sur les programmes qui sont offerts aux téléspectateurs, France Télévisions doit renforcer la grille des chaînes de la télévision numérique de terre, France 4, France 5, et France Ô, dont le Président de la République a annoncé la diffusion sur la TNT en Île-de-France. J’ai donc demandé au Conseil supérieur de l’audiovisuel en début d’année de permettre la diffusion de France Ô sur la TNT en Île-de-France sur le multiplexe public. Ce dernier pourrait alors également diffuser en province les chaînes locales analogiques et certains décrochages de France 3 qui sont aujourd’hui mal diffusés sur la TNT. Il est grand temps que ce transfert se réalise.
Ensuite, la poursuite et l’accélération du déploiement sur le territoire de la TNT ; France Télévisions doit en effet se montrer exemplaire quant au respect du calendrier de déploiement de la TNT défini par le CSA pour l’ensemble des chaînes de la TNT qui prévoit une couverture de 85% de la population à partir de 110 sites pour fin 2007 ; le groupe doit également poursuivre son déploiement au-delà de ces 110 sites afin de compléter sa couverture, dans la perspective de l’extinction de la diffusion analogique prévue fin 2011 dans le projet de loi relatif à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur, qui vous sera bientôt soumis.

Troisième priorité : le développement des programmes en haute définition ; France Télévisions, qui a d’ores et déjà diffusé des programmes en haute définition, grâce à la préemption de l’Etat dans le cadre des expérimentations, continuera à diffuser un maximum de programmes haute définition, dans ce cadre expérimental puis dans le cadre des autres préemptions que le Gouvernement réalisera pour les chaînes de service public.

Ce service public ne sera pas le laissé pour compte des évolutions technologiques.

Enfin, le sous-titrage des programmes pour les personnes sourdes et malentendantes ; la loi historique du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées posant le principe général d’adaptation de la totalité des programmes télévisés, à l’exception des messages publicitaires, dans un délai maximum de cinq ans suivant la publication de la loi, pour toutes les chaînes publiques. L’enjeu est important et ambitieux pour France Télévisions qui doit notamment réaliser le sous-titrage de l’ensemble des programmes régionaux de France 3.

L’augmentation des dotations d’Arte France permettra à la société d’être motrice sur les nouvelles technologies de diffusion, tout en lui permettant de poursuivre ses efforts en faveur de la création.

S’agissant de Radio France, l’année 2007 doit lui permettre de concrétiser les orientations du contrat d’objectifs et de moyens, qui a été approuvé par le conseil d’administration du 12 juillet dernier et qui est en cours d’examen par les commissions compétentes du Parlement. Je m’attacherai à prendre en compte vos remarques. Je salue au passage cette procédure qui consiste à vous associer davantage à l’élaboration des contrats d’objectifs et de moyens. Elle est un facteur d’amélioration de ces contrats et, j’en suis convaincu, un gage de leur efficacité.

Votre vote permettra de donner à Radio France les moyens de réaliser de nouveaux développements (extension de la diffusion FM, déploiement de la radio numérique, développement de chaînes thématiques dérivées et de nouveaux services) et d’engager le chantier de réhabilitation de la Maison de la Radio, tout en confortant ses sept chaînes et ses formations musicales de Radio France dans leurs missions de service public.

L’action en faveur du patrimoine, j’aurai l’occasion d’y revenir devant vous lors de l’examen du budget de la culture, est une priorité de la politique culturelle du gouvernement. Dans l’ère numérique où nous sommes entrés, cette priorité vaut aussi, bien sûr, pour l’audiovisuel, et les budgets que vous avez votés, comme le projet que je vous soumets aujourd’hui, permettent de renforcer encore l’effort de sauvegarde et de mise en valeur de notre patrimoine audiovisuel, accompli par l’Institut national de l’audiovisuel.

L’INA apporte la preuve concrète qu’il y a continuité, cohérence et articulation entre le budget et les contrats d’objectifs et de moyens : ainsi, j’ai inscrit dans le COM de l’INA signé fin 2005 ma volonté que soit poursuivi et accéléré le plan de sauvegarde et de numérisation (PSN), afin de permettre la numérisation à l’horizon 2015 de l’intégralité des fonds audiovisuels. C’est l’une des priorités du projet de budget de l’audiovisuel public pour 2007 : l’objectif est de permettre la sauvegarde de plus de 40 % du stock d’archives menacées à la fin 2007.

En ce qui concerne RFI, je travaille avec Philippe Douste-Blazy au contrat d’objectifs et de moyens de cette société qui est une grande et belle maison. RFI doit poursuivre ses efforts de modernisation. RFI a d’ailleurs commencer cette tâche en renégociant le contrat qui la lie à TDF. Elle doit aussi développer encore son offre sur Internet. L’objet de ce contrat sera, de manière concertée avec les équipes de RFI de déterminer la stratégie éditoriale la plus adaptée au monde moderne ainsi que les moyens financiers appropriés pour lui permettre d’accomplir ses missions. A cet égard, je suis convaincu, et la visite de BBC world avant-hier à Londres n’a fait que me conforter dans cette conviction, que des synergies doivent être trouvées avec France 24. Pour 2007, la part de financement de RFI issu de la redevance progresse.

L’audiovisuel, c’est aussi la proximité. Vous savez la place particulière que les radios associatives ont dans le paysage radiophonique français. Seul média audiovisuel de proximité qui couvre l’ensemble du territoire national, elles s’adressent en priorité à des populations isolées et ont un rôle social primordial.

J’ai décidé d’engager une réforme du fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER), qui gère l’aide dont bénéficient près de 600 radios associatives, pour améliorer son fonctionnement et optimiser l’utilisation de ses ressources, tout en maintenant l’équilibre général du système. Cette réforme sera effective à compter de 2007 puisque le décret qui la met en œuvre a été publié le 25 août dernier. Est ainsi garanti le soutien public aux radios associatives.

La politique de l’audiovisuel, que je conduis au nom du gouvernement et grâce aux budgets que vous avez votés, est aussi une politique en faveur de l’emploi.

Dans le secteur dynamique et créateur d’emplois de la production, et de la création cinématographique et audiovisuelle, cette politique de relocalisation des tournages, d’incitation et d’encouragement à l’emploi, porte ses fruits, notamment grâce aux mesures de crédit d’impôt, élargies à l’audiovisuel, mais aussi à l’addition des énergies, aux partenariats, qui donnent, dans ces domaines en particulier, un fort effet de levier aux actions de l’Etat. Ainsi, j’ai intensifié le partenariat entre l’Etat et les régions, en renouvelant les conventions Etat-Région et en mettant en œuvre le dispositif « 1 euro de l’Etat pour 2 euros des Régions ».

L’ensemble de ces mesures a permis une très forte progression et une réelle relocalisation des tournages en France. Là encore, il s’agit d’évaluer avec vous la bonne utilisation des deniers de l’Etat. Eh bien, les résultats sont là : votre vote a permis une hausse des tournages de 35 % dans nos régions en seulement un an. La qualité et la visibilité internationale de la création française est unanimement reconnue, au moment même où la diversité culturelle entre dans le droit international, ce qui est d’abord la reconnaissance des talents et du travail des créateurs, des artistes et des techniciens français.

La diversité, le pluralisme, ce sont aussi les valeurs clés de ce secteur essentiel, auquel est consacrée une part importante du budget des médias, la presse écrite. Dans ce domaine, pilier de notre démocratie, les budgets que vous avez votés et celui que je vous soumets permettent de soutenir le développement de la diffusion de la presse écrite, de conforter les conditions de son pluralisme et de son indépendance, de favoriser sa modernisation et donc de garantir sa liberté.

Les lois de finances pour 2005 et 2006 avaient consacré à la presse des moyens exceptionnels par leur ampleur. Avec un budget total de 274 millions d’euros, le projet de loi de finances pour 2007 représente, à périmètre constant, un montant de crédits supérieur de plus de 22 % aux moyens consacrés à la presse écrite il y a encore deux ans.

Cette année, grâce à l’engagement personnel et à l’arbitrage du Premier Ministre, le gouvernement a arrêté des mesures fiscales structurantes en faveur de la presse.
Nous le savons, l’une des difficultés chroniques des entreprises de presse dans notre pays réside dans la faiblesse de leurs fonds propres, qui obère leur capacité d’investissement.
Dans le cadre du présent projet de loi de finances, le dispositif spécifique de provision pour investissements des entreprises de presse (dit « du 39 bis »), qui venait à échéance à la fin de l’année, sera prorogé jusqu’en 2010 et adapté pour mieux répondre aux besoins des entreprises.
La prorogation de ce mécanisme jusqu’en 2010 sera accompagnée d’un aménagement significatif : l’extension du périmètre des investissements éligibles à la prise de participation dans d’autres entreprises de presse ou des entreprises intervenant dans la chaîne de fabrication ou de distribution de la presse.
Par ailleurs, un nouveau mécanisme de réduction de l’impôt sur les sociétés, pour les entreprises entrant dans le capital des entreprises de presse éditant des publications d’information politique et générale, sera mis en place avant la fin de l’année. La réduction d’impôt sera égale à 25 % du montant des sommes versées au titre des souscriptions en numéraire au capital de ces sociétés.
Ces mesures visent à rendre attractifs les investissements dans ce secteur et plus particulièrement pour la presse quotidienne d’information politique et générale. Elles peuvent et doivent être une chance pour des titres, qu’ils traversent des difficultés, et je pense bien sûr à Libération, ou qu’ils souhaitent renforcer leur capital.
L’engagement traditionnel de l’État en faveur du pluralisme est bien sûr maintenu. Cet engagement implique d’accompagner aussi la presse dans l’univers numérique. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de confier à Marc Tessier une mission prospective sur ce sujet. Les conclusions me seront rendues en janvier prochain et je réunirai à cette occasion l’ensemble des représentants de la presse écrite. Ce défi du numérique est un enjeu majeur pour l’avenir de la presse. Il faut qu’il soit une chance et non un facteur de déséquilibre. Par ailleurs, le gouvernement s’attache à convaincre Bruxelles, la Commission, nos partenaires européens de limportance d’appliquer à la presse en ligne le taux réduit de TVA dont bénéficie la presse « papier ». Vous avez eu, je le sais ce débat lors de la première partie de la loi de finances. Vous mesurez la mobilisation du gouvernement sur ce sujet, désormais inscrit à l’ordre du jour du prochain conseil Ecofin.
Revenons au caractère fondamental des aides traditionnelles, comme en 2005 et en 2006, j’ai voulu que les crédits dédiés à la presse écrite appuient prioritairement les efforts engagés par le secteur pour conforter durablement les conditions de son indépendance économique et de son développement futur, qu’il s’agisse de la modernisation des entreprises, d’actions innovantes ou de la recherche d’une plus grande autonomie financière.
? 60 millions d’euros seront donc consacrés à ces objectifs en 2007, afin d’assurer le maintien du pluralisme de l’information et la vitalité du débat démocratique.
? 22,5 millions d’euros seront mobilisés pour continuer d’accompagner la modernisation sociale de la fabrication de la presse quotidienne, qu’elle soit nationale, régionale ou départementale.

Ainsi, cette législature est marquée par une puissante progression du montant des aides à la presse, par un important effort de rationalisation et de rénovation des dispositifs existants, et par la création de nouveaux dispositifs, principalement dédiés à la modernisation du secteur et donc au renforcement des fonds propres des entreprises de presse.

Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs les Députés, ce projet de budget, comme les précédents, est l’expression concrète de l’engagement fort de l’Etat pour préparer l’avenir, dans ce secteur des médias, où notre pays dispose d’une créativité, d’une diversité, d’atouts, de talents et d’expressions, qui le placent en bonne voie pour réussir.

Présentation du Budget de la mission Média à l’Assemblée nationale

2 novembre 2006

Messieurs les Présidents,

Monsieur le Rapporteur spécial,

Madame le Rapporteur pour avis,

Mesdames, Messieurs les Députés,

Je suis très heureux de vous présenter aujourd’hui le troisième projet de
budget que je soumets à vos suffrages, et le dernier de cette législature.
Je suis heureux aussi de voir cette mission examinée dans le cadre d’une
commission élargie, formule qui laisse encore plus de temps pour un débat
approfondi entre le Gouvernement et la représentation nationale.

Aussi ai-je tenu, au-delà du seul exercice 2007, qui est parfaitement
analysé dans les rapports de Patrice Martin Lalande et de Chantal
Bourragué, et sur lequel nous reviendrons probablement dans le débat, à le
placer dans la perspective des deux exercices précédents et des enjeux
d’avenir d’un secteur dont je n’ai pas besoin de vous rappeler la place
importante, éminente, croissante, qu’il tient dans la vie quotidienne de nos
concitoyens.

Dans ce secteur comme dans les autres, ce projet de budget, comme
les précédents, traduit une politique. Et la politique que je mène, dans
l’ensemble des domaines dont j’ai la charge, en faveur de la diversité
culturelle, de la création, de l’emploi, de la multiplication des offres de
programmes et de la défense du pluralisme se traduit également dans
le budget des médias.

Le domaine des médias, dans son ensemble, est, vous le savez, en
plein bouleversement. Il connaît des mutations rapides, accélérées,
brutales parfois, liées aux extraordinaires progrès technologiques, qui
multiplient, diversifient, transforment les usages et qu’il nous faut non
seulement comprendre, observer, analyser, mais surtout anticiper et
accompagner.

Jamais sans doute depuis bien longtemps ce secteur des médias
n’avait connu, en trois ans, autant d’évolutions, aussi rapides, aussi
profondes, aussi concrètes, impliquant autant d’actions, de réformes, de
modernisations de la part des pouvoirs publics, et notamment du
gouvernement et de la Représentation nationale.
Je ne citerai que deux exemples.

En premier lieu, l’essor de l’internet, désormais présent dans la vie
quotidienne, à la fois professionnelle et personnelle des Français,
dans plus d’un foyer sur deux, et majoritairement en haut débit. Ceux
d’entre vous qui ont voté la loi sur le droit d’auteur et les droits
voisins dans la société de l’information peuvent être fiers d’avoir
adapté notre législation pour protéger et garantir les droits des
créateurs, en permettant le développement d’une offre légale
nouvelle, face à cette nouvelle donne de l’internet, marquant
l’avènement de l’ère numérique qui concerne désormais chaque
média et chaque Français.

Les décrets d’application de ce texte sont
tous en cours de rédaction et font l’objet d’un travail interministériel
intense avec l’objectif partagé d’être publiés entre la fin du mois de
novembre prochain et le début de l’année 2007. Je pense en
particulier au décret portant création de l’Autorité de régulation des
mesures techniques qui sera prêt avant le fin de l’année en vue
d’une installation de cette autorité au tout début de l’année 2007.

Le deuxième exemple qui vient immédiatement à l’esprit est bien sûr
celui de la télévision. Jamais sans doute depuis vingt ans le paysage
audiovisuel français n’avait été autant bouleversé. Le lancement
réussi de la télévision numérique terrestre a multiplié le nombre de
chaînes gratuites par trois, passant de six à dix-huit. Elle n’est pas le
fruit d’une génération spontanée, ni du seul progrès technique, mais
avant tout d’une volonté politique forte, de choix politiques et
techniques, politiquement assumés, par ce gouvernement et la
majorité parlementaire. Parmi ces choix, il y a bien sûr, les choix
budgétaires qu’il vous revient de décider.

J’insiste sur ce point : jamais une majorité n’avait permis la création
d’autant de chaînes. Cela se traduit positivement pour le
téléspectateur, qui bénéficie d’une offre élargie. C’est également très
positif pour le monde de la création et les entreprises de production,
qui représentent des emplois et s’intègrent dans une stratégie
globale d’attractivité de notre économie.

Ces résultats, Monsieur le Président de la commission des finances,
aussi positifs soient ils, n’ont pas pour corollaire une explosion sans
contrôle des deniers publics affectés notamment à l’audiovisuel
public.

Il ne s’agit pas pour moi d’affirmer devant votre commission que mon
budget est bon parce qu’il augmente. Il s’agit pour moi d’affirmer que
toute augmentation des ressources que je soumets à votre vote et à
votre contrôle, sont des ressources flechées et clairement
identifiées.

Deux exemples illustrent mes propos :

– l’extension de la démarche contractuelle : je sais que vous y tenez
beaucoup. Moi aussi. Les contrats d’objectifs et de moyens
n’enlèvent rien à votre contrôle annuel, et ils permettent au
législateur, comme aux entreprises publiques de l’audiovisuel, de
définir une stratégie sur plusieurs années ;

– le fléchage des dépenses supplémentaires : l’augmentation de 20
millions d’euros que vous avez voté à la suite d’un arbitrage du
Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, lors de la loi de finances rectificatives 2006 avait du sens. Elle a permis une contribution
directement affectée aux programmes d’Arte et de France Télévision
pour leur permettre un passage à la TNT dans de bonnes conditions.

En d’autres termes, Monsieur le Président de la commission des
finances, toute demande de financement supplémentaire doit
correspondre à une prorité clairement identifiée et productive. Je
partage avec vous cette exigence.

Par ailleurs, les décisions politiques du gouvernement, sous l’impulsion
du Président de la République, et les choix budgétaires adoptés par la
majorité parlementaire ont aussi permis la création de la chaîne
française d’information internationale, qui s’appelle depuis cet été
France 24, et qui commencera à émettre, dès les premiers jours de
décembre et pour proposer au monde un regard, un point de vue
français sur une actualité internationale de plus en plus suivie par nos
concitoyens, conscients des enjeux de la mondialisation.

Cette législature a aussi permis de réformer, grâce à l’action du
gouvernement et des services de l’Etat, aux travaux de votre Mission
d’Evaluation et de Contrôle, à votre vote du budget pour 2005, la
redevance audiovisuelle.

Cette réforme a permis de rationaliser et de moderniser le mode de
recouvrement de cette ressource publique essentielle au service public
et s’inscrit plus globalement dans la réforme de l’État conduite par le
Gouvernement. Un bilan est en cours au sein du ministère de
l’Economie et des Finances.

Grâce à la progression de leurs ressources, les organismes de
l’audiovisuel public ont les moyens de participer pleinement aux
mutations technologiques en cours, tout en renforçant la spécificité et la
richesse de leurs programmes.

Ainsi, les priorités fixées au secteur audiovisuel public pour 2007
consistent à renforcer la spécificité du service public : développer une
offre de qualité en télévision numérique terrestre et en haute définition,
et de favoriser la sauvegarde du patrimoine, notamment.

La progression de la dotation publique de France Télévisions permettra
au groupe de poursuivre les priorités suivantes :
Tout d’abord, parce que le succès de la télévision numérique repose sur
les programmes qui sont offerts aux téléspectateurs, France Télévisions
doit renforcer la grille des chaînes de la télévision numérique de terre,
France 4, France 5, et France Ô, dont le Président de la République a
annoncé la diffusion sur la TNT en Île-de-France. J’ai donc demandé au
Conseil supérieur de l’audiovisuel en début d’année de permettre la
diffusion de France Ô sur la TNT en Île-de-France sur le multiplexe
public. Ce dernier pourrait alors également diffuser en province les
chaînes locales analogiques et certains décrochages de France 3 qui
sont aujourd’hui mal diffusés sur la TNT. Il est grand temps que ce
transfert se réalise.

Ensuite, la poursuite et l’accélération du déploiement sur le territoire de
la TNT ; France Télévisions doit en effet se montrer exemplaire quant au
respect du calendrier de déploiement de la TNT défini par le CSA pour
l’ensemble des chaînes de la TNT qui prévoit une couverture de 85% de
la population à partir de 110 sites pour fin 2007 ; le groupe doit également poursuivre son déploiement au-delà de ces 110 sites afin de
compléter sa couverture, dans la perspective de l’extinction de la
diffusion analogique prévue fin 2011 dans le projet de loi relatif à la
modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur, qui
vous sera bientôt soumis.

Troisième priorité : le développement des programmes en haute
définition ; France Télévisions, qui a d’ores et déjà diffusé des
programmes en haute définition, grâce à la préemption de l’Etat dans le
cadre des expérimentations, continuera à diffuser un maximum de
programmes haute définition, dans ce cadre expérimental puis dans le
cadre des autres préemptions que le Gouvernement réalisera pour les
chaînes de service public.

Ce service public ne sera pas le laissé pour compte des évolutions
technologiques.

Enfin, le sous-titrage des programmes pour les personnes sourdes et
malentendantes ; la loi historique du 11 février 2005 pour l’égalité des
droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes
handicapées posant le principe général d’adaptation de la totalité des
programmes télévisés, à l’exception des messages publicitaires, dans
un délai maximum de cinq ans suivant la publication de la loi, pour
toutes les chaînes publiques. L’enjeu est important et ambitieux pour
France Télévisions qui doit notamment réaliser le sous-titrage de
l’ensemble des programmes régionaux de France 3.

L’augmentation des dotations d’Arte France permettra à la société d’être
motrice sur les nouvelles technologies de diffusion, tout en lui
permettant de poursuivre ses efforts en faveur de la création.

S’agissant de Radio France, l’année 2007 doit lui permettre de
concrétiser les orientations du contrat d’objectifs et de moyens, qui a été
approuvé par le conseil d’administration du 12 juillet dernier et qui est en
cours d’examen par les commissions compétentes du Parlement. Je
m’attacherai à prendre en compte vos remarques. Je salue au passage
cette procédure qui consiste à vous associer davantage à l’élaboration
des contrats d’objectifs et de moyens. Elle est un facteur d’amélioration
de ces contrats et, j’en suis convaincu, un gage de leur efficacité.

Votre vote permettra de donner à Radio France les moyens de réaliser
de nouveaux développements (extension de la diffusion FM,
déploiement de la radio numérique, développement de chaînes
thématiques dérivées et de nouveaux services) et d’engager le chantier
de réhabilitation de la Maison de la Radio, tout en confortant ses sept
chaînes et ses formations musicales de Radio France dans leurs
missions de service public.

L’action en faveur du patrimoine, j’aurai l’occasion d’y revenir devant
vous lors de l’examen du budget de la culture, est une priorité de la
politique culturelle du gouvernement. Dans l’ère numérique où nous
sommes entrés, cette priorité vaut aussi, bien sûr, pour l’audiovisuel, et
les budgets que vous avez votés, comme le projet que je vous soumets
aujourd’hui, permettent de renforcer encore l’effort de sauvegarde et de mise en valeur de notre patrimoine audiovisuel, accompli par l’Institut
national de l’audiovisuel.

L’INA apporte la preuve concrète qu’il y a continuité, cohérence et
articulation entre le budget et les contrats d’objectifs et de moyens :
ainsi, j’ai inscrit dans le COM de l’INA signé fin 2005 ma volonté que soit
poursuivi et accéléré le plan de sauvegarde et de numérisation (PSN),
afin de permettre la numérisation à l’horizon 2015 de l’intégralité des
fonds audiovisuels. C’est l’une des priorités du projet de budget de
l’audiovisuel public pour 2007 : l’objectif est de permettre la sauvegarde
de plus de 40 % du stock d’archives menacées à la fin 2007.

En ce qui concerne RFI, je travaille avec Philippe Douste-Blazy au
contrat d’objectifs et de moyens de cette société qui est une grande et
belle maison. RFI doit poursuivre ses efforts de modernisation. RFI a
d’ailleurs commencer cette tâche en renégociant le contrat qui la lie à
TDF. Elle doit aussi développer encore son offre sur Internet. L’objet de
ce contrat sera, de manière concertée avec les équipes de RFI de
déterminer la stratégie éditoriale la plus adaptée au monde moderne
ainsi que les moyens financiers appropriés pour lui permettre
d’accomplir ses missions. A cet égard, je suis convaincu, et la visite de
BBC world avant-hier à Londres n’a fait que me conforter dans cette
conviction, que des synergies doivent être trouvées avec France 24.
Pour 2007, la part de financement de RFI issu de la redevance
progresse.

L’audiovisuel, c’est aussi la proximité. Vous savez la place
particulière que les radios associatives ont dans le paysage
radiophonique français. Seul média audiovisuel de proximité qui
couvre l’ensemble du territoire national, elles s’adressent en priorité
à des populations isolées et ont un rôle social primordial.

J’ai décidé d’engager une réforme du fonds de soutien à l’expression
radiophonique (FSER), qui gère l’aide dont bénéficient près de
600 radios associatives, pour améliorer son fonctionnement et
optimiser l’utilisation de ses ressources, tout en maintenant
l’équilibre général du système. Cette réforme sera effective à
compter de 2007 puisque le décret qui la met en oeuvre a été publié
le 25 août dernier. Est ainsi garanti le soutien public aux radios
associatives.

La politique de l’audiovisuel, que je conduis au nom du
gouvernement et grâce aux budgets que vous avez votés, est aussi
une politique en faveur de l’emploi.

Dans le secteur dynamique et créateur d’emplois de la production, et
de la création cinématographique et audiovisuelle, cette politique de
relocalisation des tournages, d’incitation et d’encouragement à
l’emploi, porte ses fruits, notamment grâce aux mesures de crédit
d’impôt, élargies à l’audiovisuel, mais aussi à l’addition des énergies,
aux partenariats, qui donnent, dans ces domaines en particulier, un
fort effet de levier aux actions de l’Etat. Ainsi, j’ai intensifié le partenariat entre l’Etat et les régions, en renouvelant les conventions
Etat-Région et en mettant en oeuvre le dispositif « 1 euro de l’Etat
pour 2 euros des Régions ».

L’ensemble de ces mesures a permis une très forte progression et
une réelle relocalisation des tournages en France. Là encore, il s’agit
d’évaluer avec vous la bonne utilisation des deniers de l’Etat. Eh
bien, les résultats sont là : votre vote a permis une hausse des
tournages de 35 % dans nos régions en seulement un an. La qualité
et la visibilité internationale de la création française est unanimement
reconnue, au moment même où la diversité culturelle entre dans le
droit international, ce qui est d’abord la reconnaissance des talents
et du travail des créateurs, des artistes et des techniciens français.

La diversité, le pluralisme, ce sont aussi les valeurs clés de ce
secteur essentiel, auquel est consacrée une part importante du
budget des médias, la presse écrite. Dans ce domaine, pilier de
notre démocratie, les budgets que vous avez votés et celui que je
vous soumets permettent de soutenir le développement de la
diffusion de la presse écrite, de conforter les conditions de son
pluralisme et de son indépendance, de favoriser sa modernisation et
donc de garantir sa liberté.

Les lois de finances pour 2005 et 2006 avaient consacré à la presse
des moyens exceptionnels par leur ampleur. Avec un budget total de
274 millions d’euros, le projet de loi de finances pour 2007
représente, à périmètre constant, un montant de crédits supérieur de
plus de 22 % aux moyens consacrés à la presse écrite il y a encore
deux ans.

Cette année, grâce à l’engagement personnel et à l’arbitrage du Premier
Ministre, le gouvernement a arrêté des mesures fiscales structurantes
en faveur de la presse.

Nous le savons, l’une des difficultés chroniques des entreprises de
presse dans notre pays réside dans la faiblesse de leurs fonds propres,
qui obère leur capacité d’investissement.

Dans le cadre du présent projet de loi de finances, le dispositif
spécifique de provision pour investissements des entreprises de presse
(dit « du 39 bis »), qui venait à échéance à la fin de l’année, sera
prorogé jusqu’en 2010 et adapté pour mieux répondre aux besoins des
entreprises.

La prorogation de ce mécanisme jusqu’en 2010 sera accompagnée d’un
aménagement significatif : l’extension du périmètre des investissements
éligibles à la prise de participation dans d’autres entreprises de presse
ou des entreprises intervenant dans la chaîne de fabrication ou de
distribution de la presse.

Par ailleurs, un nouveau mécanisme de réduction de l’impôt sur les
sociétés, pour les entreprises entrant dans le capital des entreprises de
presse éditant des publications d’information politique et générale, sera mis en place avant la fin de l’année. La réduction d’impôt sera égale à
25 % du montant des sommes versées au titre des souscriptions en
numéraire au capital de ces sociétés.

Ces mesures visent à rendre attractifs les investissements dans ce
secteur et plus particulièrement pour la presse quotidienne d’information
politique et générale. Elles peuvent et doivent être une chance pour des
titres, qu’ils traversent des difficultés, et je pense bien sûr à Libération,
ou qu’ils souhaitent renforcer leur capital.

L’engagement traditionnel de l’État en faveur du pluralisme est bien sûr
maintenu. Cet engagement implique d’accompagner aussi la presse
dans l’univers numérique. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de
confier à Marc Tessier une mission prospective sur ce sujet. Les
conclusions me seront rendues en janvier prochain et je réunirai à cette
occasion l’ensemble des représentants de la presse écrite. Ce défi du
numérique est un enjeu majeur pour l’avenir de la presse. Il faut qu’il soit
une chance et non un facteur de déséquilibre. Par ailleurs, le
gouvernement s’attache à convaincre Bruxelles, la Commission, nos
partenaires européens de l'importance d’appliquer à la presse en ligne
le taux réduit de TVA dont bénéficie la presse « papier ». Vous avez eu,
je le sais ce débat lors de la première partie de la loi de finances. Vous
mesurez la mobilisation du gouvernement sur ce sujet, désormais inscrit
à l’ordre du jour du prochain conseil Ecofin.

Revenons au caractère fondamental des aides traditionnelles, comme
en 2005 et en 2006, j’ai voulu que les crédits dédiés à la presse écrite
appuient prioritairement les efforts engagés par le secteur pour conforter
durablement les conditions de son indépendance économique et de son
développement futur, qu’il s’agisse de la modernisation des entreprises,
d’actions innovantes ou de la recherche d’une plus grande autonomie
financière.

• 60 millions d’euros seront donc consacrés à ces objectifs en 2007, afin
d’assurer le maintien du pluralisme de l’information et la vitalité du débat
démocratique.

• 22,5 millions d’euros seront mobilisés pour continuer d’accompagner la
modernisation sociale de la fabrication de la presse quotidienne, qu’elle
soit nationale, régionale ou départementale.

Ainsi, cette législature est marquée par une puissante progression du
montant des aides à la presse, par un important effort de rationalisation
et de rénovation des dispositifs existants, et par la création de nouveaux
dispositifs, principalement dédiés à la modernisation du secteur et donc
au renforcement des fonds propres des entreprises de presse.

Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs les Députés, ce
projet de budget, comme les précédents, est l’expression concrète de
l’engagement fort de l’Etat pour préparer l’avenir, dans ce secteur des
médias, où notre pays dispose d’une créativité, d’une diversité, d’atouts,
de talents et d’expressions, qui le placent en bonne voie pour réussir.

Rencontre "le mécénat culturel et les entreprises du médicament"

31 octobre 2006

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux de vous accueillir aujourd’hui au ministère de la Culture et de la
Communication. L’organisation professionnelle représentative des entreprises du
médicament, le Leem, dont je salue les représentants ici présents, est entré tout récemment
dans le Cercle des partenaires du programme « Culture à l’hôpital ». Ce programme s’inscrit
dans la mission originelle du ministère de la Culture, telle que l’a formulée André Malraux : «
rendre accessibles les oeuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus
grand nombre possible de Français. »

Les actions que mène ce ministère en faveur de l’art à
l’hôpital, et le rapprochement opéré dès les années quatre-vingts avec le ministère de la
Santé s’inscrivent donc dans sa vocation première, qui est de garantir l’accès à la culture
pour tous. Elles répondent également à un droit fondamental de la personne humaine.

Si les personnes hospitalisées ne peuvent aller vers la culture, alors notre devoir est de faire
en sorte que la culture vienne à eux.

Le programme « Culture à l’hôpital » a fait l’objet dès 1999 d’une convention entre le
Ministère de la Culture et de la Communication, et celui de la Santé, que nous avons
renouvelée sous la forme d’un protocole d’accord le 10 janvier dernier. Il est relayé, au
niveau régional, par des conventions passées entre les DRAC et les Agences régionales de
l’Hospitalisation, ainsi que par des jumelages de plus en plus nombreux entre organismes
culturels et établissements de santé.

De nombreux hôpitaux ont d’ores et déjà intégré une activité culturelle dans leur projet
d’établissement, voire dans les contrats d’objectifs et de moyens qu’ils signent avec leurs
tutelles. L’expression artistique et l’intervention culturelle à l’hôpital, qui est assurément un
lieu singulier, un lieu familier, un lieu de vie, est un facteur clé de décloisonnement et de
cohésion. Entre les différentes catégories de personnel de l’hôpital, avec les patients, mais
aussi avec le monde extérieur.

La question du partenariat de la culture et de la santé avec le monde de l’entreprise s’est
très vite posée. Réunir services publics et société civile dans un même projet d’intérêt
général et pratiquer un mécénat croisé, associant démarche artistique, solidarité et santé,
c’est en effet une démarche légitime et féconde. Un Cercle des Partenaires est né,
réunissant une dizaine de fondations et entreprises, aux cotés des deux Ministères. La
gestion, vous le savez, en a été confiée à l’agence Vocatif qui poursuit cette mission avec
succès. Les Entreprises du Médicament ont évidemment apporté leur soutien à ce
programme, et permis de mener à bien des projets exemplaires. Je mentionnerais
notamment :

– le Laboratoire GlaxoSmithKline pour son implication dans le projet de jumelage entre le
Centre hospitalier psychiatrique Regnier et les équipements culturels rennais dans le
domaine des arts plastiques, de l’écriture, de la musique et de la danse ;

– le laboratoire Roche, qui a soutenu le jumelage entre les Hôpitaux universitaires de
Strasbourg et l'association Musique et Santé, dans un projet d'intervention auprès d'enfants
en crèche hospitalière ;

– le laboratoire Sanofi Aventis, qui a aidé le rapprochement entre le Centre hospitalier
universitaire de Rouen et le pôle image, pour un projet autour du cinéma impliquant les
personnes âgées et les enfants ;

– et le laboratoire Servier, qui s’est engagé aux côtés du Centre Hospitalier de Rouffach et de
différents équipements culturels, La Filature, Le Théâtre du Peuple de Boussang, et la
Médiathèque du Haut Rhin.

J'ai été particulièrement sensible, également, à l'action du « Rire Médecin », les clowns à
l'hôpital, soutenus notamment par Bristol-Myers Squibb et le Laboratoire français du
Fractionnement et des Biotechnologies.

J'ai eu l'occasion de découvrir plus particulièrement le programme mis en place depuis 2002
grâce au soutien du LFB, laboratoire pharmaceutique public, à l'hôpital Necker enfants
malades. Ce programme a fait l'objet d'un très beau recueil de témoignages, extrêmement
touchant, Regards sur le Rire Médecin, dont j’ai mis ici plusieurs exemplaires à votre
disposition, afin d’illustrer très concrètement tout ce que ces actions apportent non
seulement aux enfants malades, mais aussi à leurs familles et aux personnels soignants.

Christian Béchon nouveau Directeur Général du LFB m'a d'ailleurs confirmé que ce mécénat
serait poursuivi dans les années qui viennent.

Oui, les univers de la santé et de la culture s’enrichissent mutuellement. L’art est un
formidable moyen d’expression pour les personnes qui souhaitent faire surgir et partager
leurs émotions et leurs talents, et j’ai inauguré hier avec beaucoup de plaisir l’exposition «
Bas les masques », à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, qui a donné la parole à
des adultes et à des adolescents handicapés.

Merci à tous ceux qui ont rendu possible de tels projets. « En art, point de frontière », disait
Victor Hugo. L’art a toutes les audaces, l’art abolit les divisions, il explore, il réunit, il est un
formidable fédérateur de toutes les énergies d’une société.

Si la culture a, dans notre pays, toujours été l’affaire des artistes, bien sûr, mais aussi de
l’Etat et des collectivités territoriales, elle est aujourd’hui, et je m’en réjouis, l’affaire de tous.

Elle est le fait de la société toute entière, d’une société consciente que la culture n’est pas un
simple accessoire, un simple « plus », un simple supplément d’âme, mais qu’elle est un
enjeu majeur pour l’attractivité de nos territoires, pour l’identité de notre pays, et qu’elle
occupe une place de premier rang dans la création de richesses, d’activités et d’emplois.

A la faveur de la loi du 1er août 2003, qui a établi un dispositif parmi les plus incitatifs en
Europe, le paysage du mécénat français est en train de changer de façon spectaculaire. Au
début des années 2000, 15% seulement des foyers français déclaraient faire des dons, et le
mécénat des entreprises représentait seulement 0,09% du PIB contre 2,1% aux Etats-Unis.

La relance du mécénat et des fondations était l'une des priorités de 2002 en matière
culturelle. Elle a été tenue et je m'applique à la mettre en oeuvre.

La loi de 2003 introduit des mesures fiscales très avantageuses, que je tiens à rappeler
devant vous : pour les particuliers, une réduction de 66% du montant du don plafonnée à
20% du revenu imposable ; pour les entreprises, une réduction de 60% plafonnée à 0,5% du
chiffre d'affaires, avec la possibilité pour les entreprises comme pour les particuliers, en cas
de dépassement de ce seuil, d'un étalement sur les cinq exercices suivants, ce qui
représente, notons-le, par rapport au régime antérieur, un quasi-doublement de l'aide fiscale.

S'y ajoute, pour le mécénat d'entreprise en faveur de la culture, des dispositions particulières
:

– pour l'acquisition, par les entreprises, d'oeuvres d'art contemporain, mais aussi
d'instruments de musique destinés à être prêtés à des artistes interprètes professionnels, ou
à des étudiants des conservatoires nationaux ;

– enfin et surtout, pour l'acquisition de trésors nationaux et d'oeuvres reconnues d'intérêt
patrimonial majeur : dans ce cas, la réduction sur l'impôt sur les sociétés est de 90% du don,
plafonnée à 50% de l'impôt dû, si l'entreprise acquiert un tel bien culturel pour une collection
publique. Cette réduction est de 40% si l'entreprise acquiert ce bien pour elle-même.

Comparez le coût réel d'achat d'un trésor national pour une entreprise et un budget de
communication pour arriver au même résultat en terme d'image!

Les contreparties au mécénat sont encore sous-estimées par les entreprises. Si le mécénat,
dans son principe, demeure un acte désintéressé, à la différence du parrainage (ou
sponsoring), qui est un acte commercial, le législateur a fait preuve de réalisme économique,
en autorisant les entreprises à associer leur nom aux causes qu'elles soutiennent. Ainsi, le
mécénat, vous le savez, ouvre droit pour les entreprises à des contreparties en
communication, dans la limite d'un montant équivalent à 25% de leur don, ce qui autorise de
très belles opérations de communication et de relations publiques.

Cette nouvelle législation connaît un succès croissant que traduisent les chiffres les plus
récents. Le nombre des fondations créées par des entreprises a pratiquement doublé entre
2001 et 2006, et le nombre des entreprises engagées dans des projets de mécénat est
passé d’environ 2000 avant la loi à plus de 6500 en 2005. L'éventail des possibilités offertes
par le mécénat est très large. La loi du 1er août 2003 a introduit un changement majeur dans
les mentalités. Beaucoup d'entreprises savent qu'elles peuvent communiquer d’une manière
très positive grâce au mécénat, qu'elles peuvent tirer d'une initiative partenariale un puissant
motif de fierté et d'identité pour leurs salariés, qu’elles peuvent mettre en valeur leurs savoirfaire
dans le cadre du « mécénat de compétence », qu’elles peuvent, à travers le soutien
apporté à des activités culturelles, entretenir l’activité des territoires sur lesquelles elles sont
implantées, qu’elles peuvent enfin participer à l’évolution de la société en soutenant des
causes d’intérêt général.

J’évoquais tout à l’heure l’accès de tous à la culture, comme une mission fondamentale de
ce ministère. En faveur des jeunes publics des quartiers, j’ai lancé l’opération « Les Portes
du temps », qui a connu un très grand succès durant l’été 2005 au château de
Fontainebleau, où 8000 jeunes ont été accueillis. Cette opération, j’ai donc souhaité la
reconduire l’été dernier en l’élargissant à 17 sites de notre patrimoine, répartis sur 11
régions. Pour le financement de cette deuxième édition, qui aura touché près de 30.000
jeunes, nous avons fait appel au mécénat des entreprises : les Caisses d’Epargne nous
apporté leur soutien dans le cadre de leurs « projets d’économie locale et sociale », mais je
tiens à saluer aussi l’engagement très généreux sur cette opération d’un membre important
de votre réseau, la Fondation Wyeth [ Viet ] pour la santé de l’enfant et de l’adolescent
qu’anime Anne de Danne. La Fondation Wyeth a soutenu cette initiative sur les sites de
Chambord et de Fontainebleau. Je voudrais lui exprimer ici toute ma gratitude et l’inviter,
bien sûr, à poursuivre cet engagement en 2007.

Le ministère de la Culture et de la Communication porte de très beaux et très nombreux
projets, pour lesquels je souhaite qu’il soit fait appel à des partenaires extérieurs, et
notamment des entreprises. La mission du mécénat qui a été créée pour faire connaître la loi
de 2003 oeuvre à ce rapprochement, et elle est votre interlocuteur privilégié au sein de cette
maison. Il ne s’agit pas, croyez-le bien, d’un quelconque désengagement de l’Etat, mais d’un
appel à soutenir des projets, et je pense par exemple à celui, très ambitieux, de la « Grande
Expo », qui invitera chaque année un grand artiste à confronter son regard aux espaces, aux
volumes et à l’histoire de ce monument emblématique de la fierté française, qu’est le Grand
Palais : ce sera tout d’abord Anselm KIEFER en juin 2007, puis les années suivantes
Richard SERRA et Christian BOLTANSKI…

Ces projets nous concernent tous, et relèvent d’une responsabilité partagée : la conservation
et l’enrichissement du patrimoine, le soutien à la création contemporaine, le développement
de la recherche et la diffusion des savoirs, l’égal accès de tous à la culture.

Je compte sur votre engagement et sur votre soutien pour mener à bien ces projets.

Je vous remercie.

Réception en l’honneur des artistes et techniciens de Rue au Grand Palais

31 octobre 2006

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux de vous accueillir ce soir au ministère de la Culture et
de la Communication. Je tiens tout d’abord à vous remercier, tous, pour
avoir fait de « Rue », au Grand Palais, un événement extraordinaire,
fédérateur, à la fois joyeux, harmonieux, exigeant et ouvert à tous les
publics. Merci d’avoir fait vibrer cet illustre monument, ce lieu phare de
notre culture, de vos musiques, de vos rythmes, de vos chants, de vos
danses, de vos performances, de vos talents et de vos énergies.

Donner pleinement droit de cité aux cultures nées, grandies dans la rue, en
leur offrant, le temps d’un week-end, le monument le plus emblématique de
l’art français, et de la fierté nationale et internationale, au coeur de la
capitale, telle a été mon ambition lorsque j’ai lancé cette manifestation.

Parce que je suis convaincu que le hip hop, le graff, le rap, et toute la
richesse de ces courants artistiques, en évolution permanente, ont toute
leur place dans notre vie culturelle, parce que je crois au dialogue, au
partage, à l’éveil et au croisement des regards, de tous les regards, de
chaque côté, des jeunes et des moins jeunes, et parce que je veux donner
à la diversité culturelle française une dynamique positive. C’est d’ailleurs
une réalité, que j’ai voulu valoriser. La société française s’interroge encore
sur les événements douloureux et violents qui ont eu lieu l’an dernier, elle
est encore meurtrie par l’actualité la plus récente. Ce que vous avez réalisé
avec Rue est une réponse à cette interrogation, car la rue, la ville, la
métropole ne peuvent se résumer à certaines violences évidemment
condamnables. Oui, la cohésion sociale et l’avenir de la société française
passent par la culture urbaine et sa reconnaissance, car celle-ci est
foisonnante, créative, et originale.

C’était un véritable pari, puisque j’ai tenu à laisser s’exprimer, sans
interférer, bien sûr, à aucun moment, avec les choix des artistes, toute la
vitalité et l’audace de ces courants, sans nier non plus cette dimension
politique, ce cri, cette puissance d’interpellation, dont ils sont- porteurs.

L’immense succès qu’a rencontré cette manifestation montre bien que le
pari est réussi. 50 000 visiteurs ont participé, dans une atmosphère festive,
harmonieuse et détendue, à ce rassemblement joyeux, et, j’y tiens,
parfaitement libre. 50 000 visiteurs, de toutes les sensibilités, de toutes les
générations, ont découvert, ont apprécié, ont participé, même, à cet
événement exceptionnel.

Mais, et cela était très clair dès le début, cette manifestation n’était
qu’une étape, un très beau symbole, certes, mais surtout le point de
départ, le coup d’envoi d’une reconnaissance, sur l’ensemble du
territoire, de ces cultures qui sont, comme en témoigne l’ampleur du
succès de cette manifestation, tout sauf des cultures « ghettos ». C’était
une véritable main tendue, à laquelle le public a répondu avec beaucoup
d’enthousiasme et de chaleur, et cela me conforte dans mon ambition
de leur donner la place qu’elles méritent, au coeur de nos territoires et
de notre vie culturelle et artistique.

Je vais demander à une ou plusieurs personnalités emblématiques des
cultures urbaines, de faire un état des lieux et de me remettre des
propositions concrètes, dans les prochaines semaines, pour mener une
politique destinée à promouvoir les cultures urbaines.

J’attache une grande importance à l’ouverture d’un maximum de lieux
aux cultures urbaines, et au premier rang bien sûr les lieux bénéficiant
des moyens de l’Etat, dans le plus grand respect, bien sûr, et j’y tiens
particulièrement, de leur liberté de programmation artistique.

Je souhaite que cette manifestation se renouvelle chaque année dans
un lieu symbolique de notre patrimoine culturel et de notre fierté
nationale. Ainsi, la prochaine édition pourrait avoir lieu, dans le début de
l’année, en région.

L’ensemble des grafs réalisés au Grand Palais ont rejoint les collections
du Fonds National d’Art Contemporain, et seront bientôt présentés dans
le cadre d’une exposition dédiée à la création contemporaine.

Le Grand Palais ne sera pas une fête sans lendemain. Elle a donné une
impulsion nouvelle, pour enclencher une dynamique positive, pour
assurer une véritable reconnaissance des cultures urbaines, que je
souhaite soutenir, prolonger, approfondir, parce que je sens une réelle
envie de la part des artistes, et une réelle curiosité de la part du public,
de tous les publics, de tous nos concitoyens. Le succès de « Rue » en a
été la preuve éclatante.

Dire cela, ce n’est pas nier les difficultés, les problèmes, les frustrations.
C’est, au contraire, donner à la diversité culturelle, qui est une valeur
forte, essentielle, toutes ses chances dans la France d’aujourd’hui.

Je vous remercie.

Cérémonie de remise du Prix Abdulaziz Saud Al-Babtain pour la création poétique de la Poésie à l’UNESCO

31 octobre 2006

Monsieur le Directeur général de l’Unesco, Cher Koïchiro Matsuraa,

Monsieur le Ministre, Président de l’Institut du monde arabe, Cher Yves
Guéna,

Monsieur le Secrétaire général de la Ligue arabe,

Monsieur le Président du Conseil d’Administration,

Monsieur le Président de la Fondation Internationale pour le Dialogue entre
les Civilisations,

Monseigneur,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux d’être présent parmi vous aujourd’hui pour cette Xe
Session des Prix de la Fondation Abdul Aziz Saoud Al Babtain. Après
Cordoue, ville symbolique du dialogue des cultures et des civilisations, en
2004, c’est la deuxième session organisée en dehors du monde arabe, et
c’est un véritable honneur pour la France, d’accueillir cet événement qui
contribue largement à rétablir la tradition d’échanges, à tisser des liens
entre les cultures arabes et musulmanes et les cultures occidentales, des
liens d’amitié, solides et profonds, fondés sur l’art, l’esprit, et le coeur.

Et s’il est un homme de lettres, d’esprit, et de coeur, c’est bien vous,
Monsieur le Président, cher Abdul Aziz Saoud Al Babtain, qui nous
réunissez aujourd’hui. Membre de la Commission koweïtienne pour le
soutien de l’enseignement, docteur honoris causa de plusieurs universités
du monde arabe, mais aussi poète, et grand mécène, vous exercez votre
générosité dans les domaines culturel, éducatif et humanitaire, et vous
accomplissez, à travers les actions de votre Fondation, un geste
exemplaire en faveur de l’art, de l’amitié entre les peuples et du dialogue
des cultures.

Ce dialogue, vous lui offrez un parrainage d’exception, en le plaçant sous
les deux figures tutélaires d’Alphonse de Lamartine et de Ahmed Shawqi,
deux immenses poètes, français et égyptien, qui puisèrent en leur temps
leur inspiration dans leurs voyages.

En Orient, pour Lamartine, dont les « souvenirs, les impressions, les
pensées et les paysages » figurent parmi les plus beaux témoignages de
ces Voyages en Orient qui édifièrent la jeunesse française au XIXe siècle,
et inspirèrent nos plus grands poètes : « cette grande et intime éducation
de la pensée par la pensée, note Lamartine dans son « Avertissement »,
par les lieux, par les faits, par les comparaisons des temps avec les temps,
des moeurs avec les moeurs, des croyances avec les croyances, rien de
tout cela n'est perdu pour le voyageur, le poète ou le philosophe ; ce sont
les éléments de sa poésie et de sa philosophie à venir. »

C’est là l’ouverture et la curiosité que vous exaltez par votre fondation,
cette même curiosité qui entraîna Ahmed Shawqui, qui fut aussi un grand
dramaturge, sur les traces de Molière et de Racine, lorsqu’il vint en France
pour étudier le droit à Montpellier, puis à Paris, pendant trois ans.

Sacré « Prince des poètes» par ses pairs en 1927, il nous renvoie à la
mémoire d’une autre grande voix de la littérature égyptienne, arabe, et
universelle, Naguib Mahfouz, Prix Nobel de littérature, qui nous a quittés
cet été.

Oui, la poésie rassemble, unit, elle est le langage universel, le langage
de l’homme par excellence, ainsi que l’écrivait Lamartine : « J’ai souvent
entendu demander : Qu’est-ce que la poésie ? Autant vaudrait dire selon
moi : Qu’est-ce que la nature ? Qu’est-ce que l’homme ? On ne définit
rien, et cette impuissance à définir est précisément la suprême beauté
de toute chose indéfinissable. Laissons donc le grammairien ou le
théoricien définir, s’il le peut, la poésie ; quant à nous, disons
simplement le vrai mot : mystère du langage. »

Et ce mystère est sondé dans tous les peuples, dans toutes les langues,
que vous contribuez largement à rapprocher, grâce à ce Prix, cher Abdul
Aziz Saoud Al Babtain, dans le respect des cultures, des différences, qui
sont aussi leurs richesses.

Je suis très heureux, Monsieur le Directeur général, que l’UNESCO
participe, aux côtés de l’Institut du Monde Arabe, à l’organisation de
cette manifestation qui porte haut les couleurs de la diversité culturelle,
cette diversité dont la définition et la reconnaissance ont été adoptées et
inscrites dans le droit international par la convention adoptée le 2
octobre 2005, qui entrera, nous l’espérons tous, bientôt en vigueur.

Indispensable à la société humaine, comme la diversité biologique l’est
à la biosphère, la diversité culturelle est l’un des piliers du
développement durable, comme l’a reconnu le sommet de
Johannesburg de 2002, afin que les générations de demain puissent
accepter, vivre et faire vivre leurs différences et les richesses de leurs
créations dans un monde commun.

Oui, dans le monde d’aujourd’hui, la promotion de la diversité culturelle
est une ambition qui nous concerne tous, parce que le pluralisme est
une valeur suprême et parce que le dialogue entre des cultures diverses
est une condition de la paix. Et pour qu’il y ait dialogue, il faut que les
cultures continuent d’exister, fière de leur identité, et dans une relation
ouverte à l’autre. Cette manifestation en est une illustration éclatante, et
la poésie une expression privilégiée, ainsi que l’écrit le grand poète
Adonis :

« La poésie reste le lieu,
Le lieu où l'homme peut tenter un dialogue de reconnaissance et de
renaissance.
Un dialogue qui, d'un même mouvement, s'affirme découverte de
l'univers et découverte de l'autre.
Car la poésie est le plus profond des moyens d'expression enraciné
dans la conscience humaine. Elle n'est pas seulement l'esthétique des
mots ; elle est aussi la vie et son esthétique. »

Je suis donc très heureux de remettre, dans un instant, les Prix de la
Fondation Abdulaziz Saoud Al Babtain pour la création poétique, et je
félicite chaleureusement les lauréats.

Je vous remercie.

Cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Mark Jones, directeur du Victoria and Albert Museum à Londres

31 octobre 2006

Mesdames et Messieurs,

Ladies and gentlemen,

Permettez-moi d’interrompre quelques instants ces festivités, afin de rendre
hommage à Mark Jones et à la contribution inestimable qu’il a apportée au
rayonnement des arts. Et permettez-moi, en témoignage d’amitié, de le faire dans
nos deux langues, en commençant par la vôtre.

In France, we like to pay homage to people who have made outstanding
contributions to the arts with a very specific honour – the Ordre des Arts et des
Lettres. Indeed, this honour is not only intended for people in France, but also for
citizens around the world, who through their work have dedicated energy, vision
and creativity to help the arts flourish so that they can be enjoyed by all.

Mark Jones, you have a long career in the arts and have worked for some of
Britain’s most venerable institutions. You were for eighteen years Keeper and
Assistant Keeper of Coins and Medals at the British Museum. You then became
Director of the National Museums of Scotland, before returning to London to
become Director of the V&A, one of Britain’s best loved and most respected
museums.

You are passionate about your specialisation in coins and medals and pursue this
interest with dedication and commitment as President of the British Society of Art
Medals. I trust you will find tonight’s medal to your satisfaction !

Under your direction, the V&A has flourished. It is a museum which holds a huge
appeal and much affection in the heart of the British and visiting public – I should
add here that it is particularly loved by my fellow Frenchmen – but also an
unshakeable reputation for high standards and quality. I cannot think of a better
combination to bring inspiring, innovative and illuminating art closer to the public.

Et si le V&A est très aimé du public français, il est également un partenaire
précieux du milieu artistique français. Le V&A a accueilli nombre de nos artistes,
de Jean Paul Gaultier et Jean-Charles de Castelbajac à Anne Valérie Hash et Guy
Bourdin. Le V&A est un partenaire privilégié de Paris Calling, projet que vous
avez, cher Mark Jones, avec votre équipe, défendu et soutenu avec détermination
au cours des trois années passées.

A la fois exigeant, soucieux de livrer aux visiteurs des expositions de très grande
qualité, et très ouvert, toujours attentif aux « apports » des cultures étrangères,
vous êtes un ambassadeur passionné, précieux, et remarquable, de l’art et de la
culture, auprès d’un très large public.

Mark Jones, au nom de la République, nous vous remettons les insignes de
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Ouverture de la soirée officielle d’inauguration de la saison française d’art contemporain « Paris Calling » au Victoria and Albert Museum à Londres

31 octobre 2006

Madame la Présidente,

Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux d’être parmi vous ce soir pour célébrer cet « appel »
de Paris, « Paris Calling », dans ce lieu emblématique du génie britannique
à travers les siècles, dans ce temple international de l’art, du design, de la
mode, de l’art de vivre et de la décoration, qui fait écho, de ce côté-ci de la
Manche, au prestigieux Musée des Arts décoratifs de Paris, dont les portes
se sont réouvertes à la rentrée. Cet évènement, ou plutôt cet ensemble
d’évènements exceptionnels, qui a débuté en juin dans 23 lieux d’art
contemporain à Londres, Oxford et Margate, rassemble les professionnels
et les artistes de nos deux pays autour de la création contemporaine.

En
tant que ministre de la Culture et de la Communication, je suis
particulièrement attaché à la langue de Molière, mais je tiens aujourd’hui à
honorer le pays de Shakespeare, qui accueille chaleureusement cette
manifestation.

The United Kingdom and France are both hubs of great creativity, pioneers
of many contemporary art forms and both share a most important principle :
cultural diversity. Many artists from around the world come to work and live
in London and Paris, to practice their art and bring us a fresh vision of the
world in which we live.

There is a long history of cultural collaboration between our two countries,
but what marks Paris Calling tonight is the specifically British vision and
selection on French art which our partners have explored and shared with
us through their exhibitions. We hope the experience has been as enriching
for them as it has been for us.

We have our respective ways of approaching the contemporary art market
and challenges to address. Paris Calling was created to share these
experiences, common points and differences in the field of contemporary
art. We sincerely hope this project will help to build lasting and solid links
between professionals and bring out the best in our complementary
approaches.

I am now switching to French…

Entre 2003 et 2005, un voyage de recherches en France a été organisé
pour plus de 50 directeurs de musées et de galeries britanniques, en
adéquation avec leur politique d’expositions et leurs centres d’intérêt.
23 galeries et musées, tous représentés ici ce soir, ont choisi de nous
accompagner dans cette aventure, et je tiens à les remercier tous pour
leur engagement et leur créativité. Certains ont souhaité s’intéresser aux
jeunes talents émergents, d’autres aux artistes plus accomplis, d’autres
encore ont choisi de s’associer à un lieu ou un commissaire français,
pour confronter leurs regards croisés sur l’art international.

Paris Calling est une occasion formidable de mettre en lumière la
grande diversité de la création française, et de réunir la culture, les
regards de nos deux pays. C’est un hymne à l’ouverture, à la
découverte, à la curiosité, et je me réjouis que des domaines aussi
variés que les arts plastiques, le design, la mode, la musique et la
gastronomie soient mis à l’honneur.

Oui, la France connaît, depuis quelques années, une belle vitalité
créative, qu’elle soutient et encourage, parce qu’elle est le reflet de la
vitalité de la société toute entière. J’ai ainsi présenté le 23 octobre
dernier le plan d’action et de développement en faveur de l’art
contemporain mis en place par le gouvernement, un plan ambitieux,
résolument tourné vers l’avenir, qui vise à créer de nouvelles structures
et de nouveaux lieux, à Paris comme dans nos régions, à lancer de
nouveaux évènements afin de faire rayonner plus largement nos
artistes, à ancrer plus profondément et durablement l’art contemporain
au coeur de nos cités, et enfin à favoriser les partenariats avec le monde
de l’entreprise.

Jamais un projet tel que Paris Calling n’aurait pu voir le jour si les
professionnels français et britanniques n’avaient pas décidé de se
fédérer et d’imaginer des partenariats privés originaux. C’est aussi cette
formidable addition des compétences et des énergies, autour des
pouvoirs publics français et britanniques, que je tiens à saluer
aujourd’hui.

Je tiens également à remercier tout particulièrement l’équipe du Victoria
& Albert Museum pour son soutien inestimable dans cette aventure,
merci chère Paula Ridley, merci cher Mark Jones. Mes remerciements
vont également à Lord Rogers of Riverside, qui a parrainé cette
manifestation, à la Société Générale – sponsor principal de Paris Calling
– dont je remercie le directeur, M. Alain Bataille, et à Schneider Electric
– sponsor associé- et son Directeur, M. Gaël de la Rochère, qui ont su
nous accompagner tout au long de la mise en place de ce projet.

Nous avons ce soir le plaisir d’admirer le travail de certains de nos plus
grands créateurs, celui des artistes M/M, et l’incroyable création de l’un
de nos plus grands couturiers, Christian Lacroix. Je vous souhaite à
toutes et tous une très belle soirée.

Je vous remercie.

Remise des insignes de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur à Lee Chang-Dong

30 octobre 2006

Cher Lee Chang-Dong,

Je suis très heureux de vous témoigner aujourd’hui la reconnaissance de la France pour
votre oeuvre littéraire et cinématographique, mais aussi pour l’énergie, l’enthousiasme, la
détermination qui vous guident dans votre combat en faveur de la diversité culturelle, une
diversité qui, vous le savez, m’est chère, comme elle est chère au coeur de tous les
amoureux de l’art et du cinéma.

Si votre talent s’est d’abord exprimé par les mots, et la littérature, avec la publication d’un
premier roman, The Booty, en 1983, qui vous a propulsé au rang d’auteur phare des lettres
coréennes, rang que vos romans suivants n’ont fait que confirmer, vous avez rapidement
décidé de tremper votre plume dans un encrier de lumière, ainsi que Jean Cocteau qualifiait
joliment l’écriture cinématographique.

En 1993, Park Kwang-su, l’un des fondateurs de la « nouvelle vague » coréenne, aujourd'hui
président de l'Asian film market de Pusan, vous demande d’écrire le scénario de son film, To
the Starry Island. Deux ans plus tard, vous lui écrivez un second scénario, A single spark.

C’est en 1996 que vous vous lancez dans la réalisation avec un premier long métrage,
Green Fish. Très bien reçu tant par la critique que par le public en Corée, ce film est
sélectionné dans de nombreux Festivals comme Londres et Rotterdam et remporte, au 16e
Festival de Vancouver, le «Prix Tigres et Dragons» qui couronne les révélations parmi les
nouveaux réalisateurs.

Votre deuxième film, en 1999, Peppermint Candy, fresque sans concession sur les vingt
dernières années de la Corée, est unanimement acclamé. Projeté dans plus de trente
festivals à travers le monde, il fait l'ouverture du Festival de Pusan en Corée et il est
sélectionné par la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes.

Avec Oasis, en 2002, vous livrez une oeuvre courageuse, mettant en scène une histoire
d'amour entre un marginal faible d’esprit et une jeune handicapée, aux prises avec le
quotidien de Séoul. Ce chef d’oeuvre vous vaut le prix spécial du jury au festival de Venise.

Nous attendons tous avec beaucoup d’impatience la sortie de votre prochain long-métrage,
Secret Sunshine.

En février 2003, vous êtes nommé ministre de la Culture et du Tourisme, et vous devenez
rapidement une figure emblématique de la lutte pour la préservation de la diversité culturelle,
diversité que vous défendez toujours avec autant de fougue au sein de la coalition pour la
diversité culturelle.

Romancier et réalisateur de réputation internationale, homme de culture et responsable
politique, vous vous engagez avec beaucoup de détermination dans ce combat exemplaire,
pour un monde plus juste, plus respectueux des cultures et des identités de tous les pays,
dont la France, vous le savez, a fait une priorité.

Cher Lee Chang-Dong, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui
nous sont conférés, nous vous remettons les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur.

Accord de coproduction Franco-Coréen

30 octobre 2006

Monsieur le Ministre,

Monsieur l’Ambassadeur,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis particulièrement heureux de signer aujourd’hui l’accord de coproduction entre la
Corée et la France.

Cette signature, qui vient couronner près de quatre années de longues négociations entre le
Centre National de la Cinématographie français et le Conseil coréen du film, tombe à point
nommé, au moment où nous célébrons les 120 ans des relations diplomatiques entre nos
deux pays.

Bien qu’étant éloignés géographiquement, nos deux pays ont en effet beaucoup en commun.

La Corée, comme la France, est un grand pays de cinéma, c’est-à-dire un pays riche de
grands cinéastes, dont les citoyens aiment aller découvrir des films dans les salles de
cinéma ou lors de grands festivals en l’honneur du 7ème art. Les réalisateurs coréens Im
Kwon-Taek ou Park Chan-Woo sont célébrés à travers le monde, et en particulier lorsqu’ils
présentent leurs oeuvres à Cannes. Le festival international de Pusan, mais aussi celui de
Puchon, sont des moments essentiels dans la carrière internationale de nombreux films,
notamment français.

Je suis enfin très impressionné par la réussite enviable des films coréens auprès de leur
public national : avec une part de marché voisine des 60%, la production cinématographique
coréenne prouve sa capacité à répondre aux attentes des publics nationaux les plus
nombreux.

La réussite du cinéma coréen, comme d’ailleurs la bonne santé du cinéma français, ne
doivent rien au hasard : elles résultent, entre autres, d’un volontarisme fort des pouvoirs
publics de nos pays en faveur du 7ème art. La Corée et la France, qui ont été aux premiers
rangs, respectivement en Asie et en Europe, lors de la négociation de la convention de
l’UNESCO sur la diversité culturelle, démontrent depuis de longues années que la défense
et la promotion de la diversité culturelle doivent et peuvent se traduire concrètement par des
mesures de soutien à la création cinématographique.

Je suis particulièrement admiratif du soutien sans faille que les professionnels vous ont
apporté lorsque les « quotas écran » en faveur des films coréens ont été menacés, et je me
réjouis que vous ayez pu résister aux pressions en défendant ce principe et ce mécanisme,
essentiels à la survie des films coréens.

Pour toutes les raisons que je viens de rappeler, auxquelles s’ajoute l’amitié entre nos
peuples, il est parfaitement logique que la Corée soit le premier pays d’Asie du Sud-Est avec
lequel la France signe un accord de coproduction cinématographique, alors même que la
France a déjà conclu de tels accords avec un peu moins d’une cinquantaine de pays à
travers le monde. Et je suis particulièrement fier que la Corée ait décidé de signer son
premier accord de coproduction cinématographique avec la France.

Il existe déjà des projets cinématographiques communs entre nous. Je veux citer en
particulier l’engagement de MK2 dans la production des derniers films du réalisateur coréen
Hong Sang-Soo.

Le but de l’accord de coproduction que nous signons aujourd’hui est de faciliter l’accès des
films franco-coréens aux financements ou aux avantages, réservés traditionnellement aux
films nationaux dans chacun de nos pays. Grâce à cet accord, un film franco-coréen sera
dorénavant considéré comme français en France, et coréen en Corée.

C’est, là encore, une
illustration concrète de notre volonté commune d’ouverture aux cultures des autres, fidèles
en cela à l’esprit de la convention sur la diversité culturelle.

Je forme le voeu que l’accord que nous signons aujourd’hui permette à d’authentiques
coproductions, c’est-à-dire de véritables projets partagés entre la Corée et la France, de se
développer à l’avenir. Autour d’histoires communes, avec des équipes artistiques et
techniques issues des deux pays, avec le soutien de producteurs des deux pays, ces films
trouveront, grâce à cet accord, un cadre plus favorable pour leur élaboration et leur
financement.

Il nous reviendra à l’avenir d’encourager les rencontres entre les professionnels coréens et
français, par exemple lors des festivals de Cannes ou de Pusan, pour favoriser les échanges
entre eux et faire naître les films que l’accord de coproduction permettra de soutenir.

J’espère très sincèrement que nous découvrirons prochainement, dans l’un de ces deux
festivals, une oeuvre de coproduction franco-coréenne. Ce serait la meilleure récompense de
nos efforts communs pour la diversité culturelle dans le cinéma. La diversité n’est pas un
repli, c’est une ouverture et une force. Je sais que nous partageons cette conviction.

Je vous remercie.

Inauguration du Centre Franco-Chinois de l’universite de Tongji – Shanghai – Chine

28 octobre 2006

Monsieur le Président,

Monsieur le Professeur,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Permettez-moi de remercier Monsieur M. Wen Gang, Président de l’Université de Tongji,
pour son accueil chaleureux et ses paroles de bienvenue. Deux ans après la pose de la
première pierre par le Président de la République française, je suis très heureux d’inaugurer
aujourd’hui le centre franco-chinois de l’Université de Tongji, qui renforce la collaboration et
l’amitié entre la Chine et la France, et jette de nouveaux ponts entre la jeunesse, l’avenir de
nos deux pays.

Des ponts faits d’excellence, de créativité, d’innovation, dans tous les domaines où elles
s’expriment. L’architecture, tout d’abord, et Shanghai, j’ai pu le constater, est une ville
vivante, en constante évolution, à la pointe du dynamisme dans de nombreux domaines et
notamment ceux des médias, et de la création artistique, mais aussi de l’urbanisme. Je me
réjouis donc que parmi les coopérations qui lient l’Université Tongji – notamment à de
grandes écoles de commerce, des universités et de grandes écoles scientifiques, et, bien
entendu au prestigieux pôle ParisTech, qui regroupe nos plus grandes écoles d’ingénieurs –
ses collaborations déjà anciennes avec les écoles d’Architecture de Paris Belleville, de
Versailles, de Nantes et de la Villette, ainsi qu’avec l’école d’urbanisme de Lyon se soient
concrétisées par la contribution au programme lancé par le Président de la République lors
de sa venue en 1997, « 150 architectes en France ». Je tiens à féliciter l’architecte de ce
nouveau lieu d’échange et d’amitié, M. Zhang Bin, lui-même lauréat de ce programme de
bourses exemplaire.

Oui, la culture, la créativité imprègnent de nombreuses activités, et je souhaite que les
Chinois, qui ont tant apprécié les manifestations culturelles proposées par l’année de la
France en Chine et notamment le spectacle pyrotechnique du groupe F mesurent également
son poids scientifique, technologique, et industriel dans le monde qui se dessine. Avec plus
de 400 centres de recherche d’entreprises internationales, la France est l’une des toutes
premières puissances économiques du monde, à la pointe de l’innovation et du savoir, et
donc un partenaire naturel pour la Chine.

A la jeunesse de la Chine, je tiens à réaffirmer l’amitié de la France, sa volonté de relever les
défis du nouveau millénaire à vos côtés, dans un esprit de collaboration, de confiance et
d’amitié. Partage, dialogue, ouverture, dynamisme et progrès, tels sont les maîtres mots de
ce nouveau haut lieu de transmission du savoir, exemplaire de l’esprit de coopération qui
nous anime.

Je vous remercie.