Réception de l'Ambassadeur d'Arménie pour la communauté française d'Arménie à l’Opéra Garnier
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre,
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs les Maires,
Monsieur le Directeur de l’Opéra national de Paris, Cher Gérard Mortier,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,
Je suis très heureux de vous retrouver ici ce soir. Et permettez-moi
d’emblée de m’exprimer en ce lieu, en espérant ne pas trop écorcher
votre si belle langue, témoignage vivant de votre culture plurimillénaire :
Kezzé Hastani tarin fransiayum !
[Vive l'année de l'Arménie en France !]
Je tiens à remercier le Directeur de l’Opéra national de Paris, Gérard
Mortier, de nous accueillir dans le cadre exceptionnel de ce grand foyer
qui a retrouvé tout son éclat, tout son or et son lustre, et qui offre à ce
lancement un écrin prestigieux, à la hauteur des liens de l’esprit et du
coeur, des liens anciens, solides, profonds et vivants qui unissent nos
deux pays.
Et le 17 février prochain, nous aurons le plaisir de revenir dans ce temple
de l’art lyrique, cher Charles Aznavour, pour le concert exceptionnel que
vous donnerez à l’Opéra Garnier.
Mais aujourd’hui, c’est un nouveau temps fort de notre amitié qui nous
rassemble, et qui nous rappelle ce moment exceptionnel, à la fois intense
et festif, moment de joie et d’émotion, celui de votre concert, cher Charles
Aznavour, sur la place de la République à Erevan, qui lança la Saison
française en Arménie et l’Année de l’Arménie en France, il y a moins de
trois semaines, en présence du Président de la République d’Arménie et
du Président de la République française.
C’est la première visite d’Etat
d’un chef de l’Etat français en terre d’Arménie. Et en cet instant, je me
souviens aussi, avec une particulière émotion, de ce moment de
recueillement, ce samedi matin 30 septembre, où le Président de la
République s’est incliné devant le mémorial de Tsitserkanaberd ; après
avoir déposé des oeillets devant la flamme éternelle, et planté un arbre du
souvenir, il a inscrit ces mots sur le livre d’or : « souviens-toi ». Oui, tel
était aussi le sens de cette visite d’Etat : regarder l’histoire en face, et
rendre hommage aux victimes du génocide, que notre pays a reconnu
officiellement par la loi qu’il a adoptée le 29 janvier 2001.
Grâce à vous, Monsieur l’Ambassadeur, nous avons la chance de mettre
à nouveau en lumière les temps forts de l’Année de l’Arménie en France,
pour inviter le public français à un très beau Voyage en Arménie. Grâce à
l’excellente programmation proposée par nos deux commissaires, nos
concitoyens pourront découvrir ou redécouvrir sa culture ancestrale trop
souvent méconnue, comme la vitalité de ses créations contemporaines.
Je tiens à saluer très chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont
participé à l’organisation de cette belle Année, et d’abord nos amis
arméniens, ainsi que les commissaires de la saison, Viguen Sargsian et
Nelly Tardivier. Je veux également remercier pour leur engagement et leur
générosité, les nombreuses collectivités territoriales, les associations de la
communauté française d’origine arménienne – dont je salue les
représentants présents ce soir et dont l’élan a été décisif – ainsi que les
institutions culturelles qui ont ouvert leurs portes. Je n’oublie pas nos
généreux mécènes et partenaires media, sans qui cette Année n’aurait
pas la même ampleur.
L’Arménie recèle des trésors ancestraux et un patrimoine extraordinaire
qui expriment la richesse de sa mémoire et de son histoire. Ce patrimoine,
nous devons le protéger, surtout quand il est menacé. Je tiens à rappeler
mon attachement personnel et l’attachement de la France a la
préservation de ce patrimoine, parce qu’il est un élément fondamental de
la mémoire et de l’identité d’un peuple – et je pense notamment à ces
joyaux de votre culture que sont les hachkars. Ce patrimoine qui est le
vôtre est aussi le plus bel outil du dialogue entre les cultures si nécessaire
à notre temps.
Je me réjouis que cette Année de l’Arménie en France permette de
révéler certains des plus beaux joyaux de ce patrimoine au grand jour,
grâce, notamment, à la magnifique exposition au Louvre, « Armenia
Sacra », ou encore à la collection de manuscrits de livres arméniens très
anciens issus du fonds de la Bibliothèque nationale de France, qui seront
exposés au public pour la première fois.
L’Année de l’Arménie nous transporte également au coeur de la vitalité
créatrice moderne de cette toute nouvelle République, avec la
rétrospective, au Centre Georges Pompidou, de l’oeuvre de
l’expressionniste abstrait américain Arshile Gorky, et l’exposition dédiée
au peintre, dessinateur et cinéaste Sergueï Paradjanov à l’Ecole Nationale
Supérieure des Beaux Arts de Paris et au Musée de Saint-Etienne. Le
public français pourra découvrir aussi les chefs d’oeuvre des compositeurs
Komitas ou Aram Khatchaturian, et les représentants de l’un des arts dans
lesquels l’Arménie excelle : la photographie.
Les saisons culturelles sont l’occasion de temps
politiques forts. Monsieur le Premier Ministre, vous étiez hier au Sénat
pour une rencontre extraordinaire entre les villes jumelées arméniennes et
françaises, qui a confirmé la vitalité foisonnante de nos échanges. Elles
sont aussi le moment de confirmer une vision partagée du monde, portée
par une tradition culturelle et francophone commune, que nous
souhaitons, ensemble, soutenir dans toute sa diversité. Cette proximité
est un atout et un espoir pour défendre ensemble ce à quoi nous croyons
tous profondément : l’égale dignité des cultures, et la nécessité d’en
préserver toutes les richesses.
Et ce dialogue, ces échanges, je souhaite qu’ils vivent et prospèrent entre
nos deux pays. Parce qu’ils puisent au plus profond de notre histoire, et
de notre destin commun, en nous permettant aussi de forger de nouveaux
projets.
Je souhaite un grand succès à l’Année de l’Arménie en France,
« Arménie, mon amie ». Puisse-t-elle, comme nous y invite, cher Charles
Aznavour, l’une de vos très belles chansons, nous « emmener », tous,
« au bout de la terre, au pays des merveilles ».
Kezze Hayastan, Kezze Francia, Kezze hay-fransiakan barekamutiun !
[Vive l’Arménie ! Vive la France ! Vive l’amitié franco-arménienne ! ]
Je vous remercie.
