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Remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur à François Braize

Cher François Braize,

Je me réjouis de vous mettre aujourd’hui à l’honneur de cette maison, qui
est aussi la vôtre depuis de nombreuses années, puisque vous y êtes
entré en 1989, à la suite de votre nomination au grade d’administrateur
civil.

Je me réjouis d’autant plus que nous sommes réunis aujourd’hui pour
sanctionner le parcours professionnel au service de l’Etat d’un
fonctionnaire dont les compétences lui ont valu, et lui valent encore
aujourd’hui, d’exercer de hautes responsabilités au ministère de la Culture
et de la Communication.

Vous êtes né à Privas, dans l’Ardèche. Après avoir achevé vos études
secondaires au lycée Ampère à Lyon, vous allez choisir le droit comme
discipline pour vos études universitaires et ce choix va être déterminant
pour la suite de votre carrière, puisque vous n’allez pas cesser de valoriser
vos compétences de juriste.

C’est à Lyon également que vous faites vos études de droit, sanctionnées
par la licence en 1972 et un diplôme d’études supérieure de droit public et
de sciences politiques en 1974. Dès cette époque, vous faites preuve
d’une remarquable puissance de travail, en menant de front vos études
avec une activité professionnelle, comme surveillant d’externat au collège
Jean Macé à Villeurbanne et comme chargé de travaux dirigés à
l’université Jean Moulin de Lyon.

Vous allez compléter votre formation de juriste en obtenant, en 1982, à
l’université de Paris I – Panthéon-Sorbonne, un diplôme d’études
supérieures spécialisées en administration et gestion publique. Mais à
cette date, vous aviez déjà choisi de faire une carrière dans le service
public puisque vous êtes, depuis 1976, inspecteur des PTT.

Vous allez faire dans ce ministère une carrière rapide et tout à fait
remarquable. Affecté comme inspecteur au service des affaires juridiques
et contentieuses du ministère des PTT, vous êtes promu inspecteur
principal en 1981. Vos qualités de juriste sont rapidement remarquées et
d’importantes responsabilités vous sont bientôt confiées.

Vous êtes successivement nommé responsable de la section contentieux
et affaires juridiques des personnels de l’administration des PTT, puis chef
de département au service des affaires juridiques et contentieuses. En
mai 1986, vous êtes nommé chef du service juridique de la poste.

A ce titre, vous animez, dirigez et coordonnez une équipe de 20
personnes, dont 18 juristes. Vous publiez également de nombreux articles
dans la revue JURIS PTT et collaborez aux cahiers « Droit des
PTT ».dont vous êtes membre du comité directeur.

Vos lourdes responsabilités administratives ne vous empêchent
cependant pas d’avoir des activités dans le secteur associatif, puisque
vous êtes également, à cette époque, président de l’Association Sportive
des PTT, pour la section football et secrétaire général adjoint du tennis-club
du 13e arrondissement.

C’est à la suite de votre nomination dans le corps des administrateurs
civils que vous êtes affectés, en août 1989, au ministère de la culture et
de la communication.

Cette seconde étape de votre carrière va être particulièrement riche, par
la diversité des fonctions que vous allez occuper et par l’importance des
responsabilités qui vont vous être confiées.

Vous occupez successivement le poste d’adjoint du sous-directeur de la
législation et du contentieux de 1989 à 1993. Parallèlement, vous êtes
chef de la mission du développement et de la déconcentration auprès du
directeur de l’administration générale de 1991 à 1992.

Vous poursuivez votre carrière en qualité de rapporteur au Conseil d’Etat,
dans le cadre de la mobilité, où vous rapportez des textes importants,
notamment la loi du 30 décembre 1993 relative à l’immigration. Votre
intérêt pour tout ce qui touche à la réforme de l’Etat et aux problèmes liés
à la déconcentration vous conduit à être nommé chargé de mission, puis
chef de mission au commissariat à la réforme de l’Etat, de 1995 à 1998.
Dans ces dernières fonctions, vous avez notamment en charge les
réformes des administrations centrales et vous oeuvrez à la création des
services à compétence nationale.

Nommé sous-directeur des affaires juridiques à la direction de
l’administration générale du ministère de la culture et de la communication
en mai 1998, vous allez notamment conduire la négociation de directives
déterminantes pour l’avenir du droit d’auteur. Vous occupez ces fonctions
jusqu’en mai 2001, date à laquelle vous êtes nommé directeur adjoint de
l’architecture et du patrimoine auprès de Wanda Diebolt, puis, depuis
janvier 2003, de Michel Clément.

Dans ces fonctions, vous avez en charge la préparation de plusieurs
réformes importantes, telles que la décentralisation de l’inventaire et des
monuments historiques, mais aussi la réforme des espaces protégés, et
en particulier des secteurs sauvegardés. Votre nom reste attaché à la
réforme de la profession d’architecte. Vous êtes également en charge des
réformes qui touchent à l’organisation des services déconcentrés du
ministère, en particulier du chantier des relations entre les DRAC et les
SDAP.

Vos compétences de juriste et votre expérience des problèmes de la
déconcentration acquise au commissariat à la réforme de l’Etat, mais
également vos qualités humaines, ont été déterminantes pour faire aboutir
ces dossiers très sensibles et très importants.

Depuis le 26 mai dernier, vous êtes directeur de projet, chef de la mission
de préfiguration du projet du Grand-Palais. Un projet auquel je tiens
particulièrement. Une mission de confiance. Parallèlement, vous êtes
chargé de l’accompagnement de certaines réformes conduites dans le
domaine de l’architecture et du patrimoine, telle que celles du droit des
monuments historiques et des espaces protégés, ainsi que celle des
services déconcentrés du ministère.

Vous qualifiez volontiers votre parcours professionnel d’atypique. Je dirais
qu’il est brillant et qu’une remarquable continuité s’exprime entre toutes
les étapes de votre carrière. Continuité marquée en premier lieu par
l’importance que vous avez toujours accordée aux aspects juridiques de
l’action de l’Etat, mais aussi à la réforme de l’Etat et à l’amélioration de
ses relations avec les citoyens.

J’ajoute, qu’outre votre intérêt personnel pour le sport et pour l’art, vous
êtes membre du club des disciples de Dodin-Bouffant, dont je salue le
Président, Jean-Pierre Farnier, ici présent. Nous sommes quelques-uns ici
à penser que la création culinaire est l’un des arts contemporains et que la
gastronomie fait assurément partie de la culture. Comme l’écrivait Brillat-
Savarin en exergue de sa fameuse Physiologie du goût : « la découverte
d’un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la
découverte d’une étoile ». J’ajoute enfin que vous conduisez depuis dix
ans un chantier de restauration d’une longère percheronne et de son four
banal où vous mélangez sans scrupule les fonctions de maître d’ouvrage,
de maître d’oeuvre, de conception et de réalisation… Et vous avez obtenu,
en 2003, le label de la Fondation du patrimoine…

François Braize, au nom du Président de la République et en vertu des
pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion
d’Honneur.

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