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Réception avec des artistes et des responsables d’équipements et de services culturels à la Préfecture de Pointe-à-Pitre

Madame la Ministre, Chère Lucette,

Madame le Député,

Messieurs les Sénateurs,

Messieurs les Députés,

Monsieur le Président du Conseil général,

Monsieur le Président du Conseil régional,

Monsieur le Maire de Basse-Terre,

Monsieur le Préfet de la Guadeloupe,

Monsieur le Premier Président de la Cour d’appel,

Monsieur le Procureur général,

Monsieur le Recteur,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux d’être présent parmi vous ce soir, pour rencontrer et
honorer les représentants éminents de la culture guadeloupéenne. Merci
tout d’abord à Bernard Laviso pour ce concert exceptionnel, et cette
musique qui distille un savant mélange de sons traditionnels et de création
contemporaine, emblématique de l’idée que je me fais de la culture, faite
de rencontres, entre les siècles, entre les continents, entre les hommes,
entre leur patrimoine et toutes les créations qui l’enrichissent.

Et ces îles en sont un vibrant symbole. Au carrefour des civilisations, des
histoires, des influences, des cultures et des talents venus du monde
entier, la Guadeloupe est un véritable creuset. Elle a su s’approprier,
fusionner, mêler, ces apports multiples pour exalter son identité forte, riche
et foisonnante.

Et parce que la culture guadeloupéenne est fille de l’Histoire, et des cinq
siècles derniers, qui ont profondément et douloureusement bouleversé le
visage de l’archipel et la vie de sa population, j’encourage les archives
nationales à acquérir tout document ancien susceptible d’en faire
progresser la connaissance. Parce qu’il en va de l’identité de la nation
entière.

Cette culture, je souhaite qu’elle soit mieux diffusée, mieux partagée, mieux
connue, je souhaite que votre créativité, votre dynamisme et vos talents
soient mieux reconnus et respectés, en métropole comme dans les
Caraïbes, où vous êtes de puissants et brillants ambassadeurs de la
francophonie, et de la langue créole qui est l’une de nos langues les plus
riches, les plus vivantes, les plus fortes.

Le 10 mai dernier, nous célébrions le cinquième anniversaire de la
reconnaissance par le Sénat, à l’unanimité, de l’esclavage comme crime
contre l’humanité, et cette Haute Assemblée accueillait en son jardin
l’oeuvre puissante de l’artiste guadeloupéenne Léa de Saint-Julien, La
Forêt des Mânes, alors que résonnait la poésie d’Aimé Césaire, déclamée
de la voix puissante et forte du grand Jacques Martial.

Je souhaite que ces rencontres, riches et denses en émotion, avec votre
culture, avec vos artistes, avec vos talents, se multiplient. Et je parle bien
de rencontre, de découverte et de dialogue, de cette diversité que
j’appelle de mes voeux, de cette « diversalité » qu’ont exalté Jean
Bernabé, Patrick Chamoiseau, et Raphaël Confiant dans leur Eloge de la
créolité. Cette diversalité qui s’oppose à la mondialisation conçue comme
un « Lit de Procuste du coeur », pour reprendre votre très belle
expression, cher André Schwarz-Bart, du nom de ce brigand de la
mythologie grecque, qui capturait des voyageurs et les mutilait pour qu’ils
tiennent parfaitement dans leur lit de torture.

Comme l’écrit votre compatriote, Gisèle Pineau, « Il suffit de laisser
seulement le pays Guadeloupe apparaître de lui-même, sans forcer.

L'accoster en toute humilité, poser le pied en politesse, ouvrir les yeux en
amitié et puis offrir son coeur en amour. » C’est cette ouverture, ce
respect, cet amour pour votre culture que je suis venu vous témoigner
aujourd’hui.

Architecture, monuments, recherche archéologique, traditions musicales
et chorégraphiques, la Guadeloupe recèle des richesses exceptionnelles
et diverses, et la langue créole est probablement l’une des plus belles
pièces de ce trésor.

Le spectacle vivant n’est pas en marge de cette belle vitalité. Et l’arrivée
du célèbre dramaturge José Pliya à la tête de la Scène nationale, qui
s’apprête à poursuivre l’oeuvre remarquable de son prédécesseur, Claire-
Nita Lafleur, est riche en promesses nouvelles.

José Pliya apportera, avec le soutien du Conseil général et de la DRAC,
un regard neuf sur les expressions scéniques contemporaines. Son projet
artistique ambitieux répond en tous points à l’intention du Conseil général
et de l’Etat, de développer la Francophonie au sein de la région Caraïbes,
et d’encourager les rencontres entre les diverses expressions artistiques
guadeloupéenne, antillaise, européenne, africaine et américaine.

Avec la perspective d’une collaboration renforcée avec le Centre des arts
et de la culture de Pointe-à-Pitre comme avec d’autres lieux de diffusion,
dont la salle Robert Loyson du Moule et le Ciné théâtre du Lamentin, la
Scène nationale, devient un formidable outil de rayonnement, à la hauteur
du dynamisme culturel guadeloupéen.

Permettez-moi de saluer le fruit du partenariat engagé entre l’Etat et les
collectivités territoriales en matière culturelle et les perspectives
encourageantes qu’ouvre aujourd’hui, dans le contexte régional, la Scène
nationale dont je ne doute pas qu’elle devienne un pôle d’excellence et
une référence incontestable de la culture antillaise et française.

La présence parmi nous de Monsieur le Recteur témoigne également de
la solidité de la collaboration entre les collectivités territoriales et la
Direction régionale des affaires culturelles en faveur de l’enseignement
artistique.

Comme vous le savez, une nouvelle convention, signée récemment, lie le
Rectorat et le ministère de la Culture et de la Communication. Elle établit
de nouvelles conditions pour atteindre les objectifs de structuration des formations artistiques, qui méritent d’être développées en dehors de
l’école, afin de généraliser les pratiques artistiques chez les adultes.

J’ai conscience de ma chance, ce soir, d’être entouré de personnalités
éminentes de la culture guadeloupéenne, dans toutes les disciplines. Je
tiens à vous saluer, toutes et tous, et à vous remercier pour votre grande
contribution au rayonnement de la culture française.

Et j’ai tenu, en témoignage d’admiration, de reconnaissance et de
gratitude, à vous honorer à l’occasion de notre rencontre d’aujourd’hui.

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