Imprimer cet article - Envoyer à un ami

Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Christiane Obydol et à Dominique Zorobabel, Zouk Machine

Chère Christiane OBYDOL,

Chère Dominique ZOROBABEL,

Il y a vingt ans, les voix de trois sirènes d’origine antillaise résonnèrent pour la
première fois, surprenant, envoûtant et emportant tout leur pays dans une
danse effrénée. Il y a 20 ans, trois oiseaux des îles, Christiane Obydol,
Dominique Zorobabel et Joëlle Ursull, ont fait tourner toutes les têtes avec leur
premier album, qui a conquis plus de 80 000 amoureux de la musique du soleil.

Il y a vingt ans naissait votre groupe, « Zouk Machine » le bien nommé.

En
effet, de façon sinon mécanique, du moins irrésistible, la France entière, dans
sa diversité, fut prise d’une formidable envie de danser dès les premières notes
de vos chansons.

Je tiens à saluer, devant vous tous, les deux musiciens, passionnés de
musique créole, qui ont joué un rôle de premier plan auprès de vous, ce sont
les auteurs compositeurs Guy Houllier – qui est votre frère, chère Christiane –
et Yves Honoré.

Je précise en outre que Joëlle Ursull quitte votre groupe très tôt pour mener
une carrière de soliste – réussie, puisqu’elle fut lauréate du Concours de
l’Eurovision, sur des paroles de Serge Gainsbourg. Jane Fostin la remplace de
1988 à 1994.

Mais le coeur, l’essence et l’âme de Zouk Machine est bien le duo que vous
formez, un duo qui fonctionne à merveille. Aussi est-ce à chacune de vous que
je m’adresse, lorsque j’évoque le chemin que vous avez gravi ensemble vers le
succès, que vous avez acquis grâce à votre immense talent.

Votre aventure commence, comme je l’ai dit, en 1986, avec la sortie de votre
premier album, qui connut un succès immédiat. Votre second album « Maldon »
(la musique dans la peau), en 1989, est disque d’or, mais c’est la compilation
de vos deux albums, l’année suivante, qui vous propulse au sommet de la
gloire : le titre « Maldon » se vend à plus de deux millions d’exemplaires et
occupe pendant dix semaines consécutives la première place du « Top 50 ». La
compilation est certifiée album d’or et de platine. Une véritable vague zouk
déferle sur la métropole, nourrie de votre troisième album, « Kréol », qui sort
dès l’année suivante et vous vaut un troisième disque d’or.

Après avoir enflammé votre pays, vous faites « zouker » le continent africain,
l’Océan indien et l’Europe, lors d’une tournée triomphale qui s’achève aux
Antilles. Votre talent se confirme à la scène, dans des spectacles éclatants,
pour le plus grand bonheur de vos admirateurs, toujours plus nombreux.

Des admirateurs dont la frénésie n’a d’égale que votre soif de travail et de
nouveauté : vous sortez « Clin d’oeil » en 1994, album qui inaugure un nouveau
style orienté vers le New Jack.

En 1998, vous reprenez la route, pour une nouvelle tournée européenne, tout en
réfléchissant à un nouveau bijou. En 1999, vous décidez de revisiter la fameuse
chanson The fool de Gilbert Montagné et en faites le coeur d’un nouvel album qui
comprend sept anciennes et sept nouvelles chansons. « 7 nuits blanches »
marque une étape décisive dans votre carrière, puisque vous l’avez écrit, réalisé
et coproduit.

Amoureuses de la scène, vous ne cessez depuis de parcourir la France, l’Europe
et les Antilles pour répandre votre bonne humeur communicative, vos mélodies
chaudes et épicées, et vos rythmes entraînants.

Sirènes, vous l’êtes assurément, et de nombreux artistes ont fait appel à votre
chant dans leurs albums, notamment Ruff Nèg, Kaoma, Maxime le Forestier,
Julien Clerc, Edith Lefel, Jocelyne Béroard, Kafé, les Aiglons, Jean-Michel Rotin,
Tanya Saint-Val.

Vos voix et vos rythmes sont comme vos sourires. Elles nous enchantent. Elles
dansent et font vibrer dans nos esprits comme dans nos coeurs, le soleil et la
chaleur des îles. Elles élèvent une belle part de cet hymne à la création, à la
diversité culturelle, qui unit, de part et d’autre des mers, et sur tous les continents,
celles et ceux qui ont à coeur de défendre l’expression des identités et de la
créativité, dans l’égale dignité de toutes les cultures.

Je suis heureux et fier de vous rendre aujourd’hui l’hommage qui est dû à votre
talent, qui est plus qu’un témoignage de la reconnaissance de la France, une
marque de gratitude de chacune et de chacun de nous.

Chère Christiane Obydol, au nom de la République, nous vous faisons chevalier
dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Chère Dominique Zorobabel, au nom de la République, nous vous faisons
chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Laisser une réponse