Envoyer 'Budget 2006 - Médias et audiovisuel public' à un ami
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Le budget que jai lhonneur de vous présenter ce soir, par delà sa présentation modifiée, traduit dabord une politique, assigne des objectifs et prévoit des moyens répondant aux nombreux défis que traversent les médias aujourdhui.
Cette politique exprime une vision du rôle de la culture et de la communication aujourdhui dans notre pays. Un rôle déterminant pour son identité, son attractivité et son rayonnement. Mais aussi, et je le dis avec une certaine gravité, pour la compréhension et la cohésion de notre société, pour faire prévaloir le dialogue, la citoyenneté, les valeurs de la République sur les fractures, les violences, les incompréhensions, les haines qui la menacent. Et enfin, au sein de cette société, pour favoriser lépanouissement personnel de chacun.
Dans le monde daujourdhui, la responsabilité de laudiovisuel public et de la presse écrite me paraît donc extraordinairement importante. Les médias de masse ont pour mission de rendre les flux croissants dinformations et dimages qui circulent de plus en plus vite, lisibles accessibles à nos concitoyens. Dans un monde complexe, où les frontières sont de plus en plus floues entre le virtuel et le réel, linformation et la communication, nous avons de plus en plus besoin des médias, non seulement pour nous montrer et interroger ce monde, mais aussi pour fournir des repères, et nourrir les échanges, les débats, les dialogues, qui permettent dapporter des réponses. Pour répondre à ces besoins, les professionnels des médias doivent aujourdhui relever des défis sans précédent. Des défis éthiques, économiques, sociaux, technologiques, humains, à la mesure des attentes et des exigences croissantes à légard de linformation. Dautant que les médias font désormais partie de notre cadre de vie : ils accompagnent la vie des Français, du matin au soir, chaque jour, dans leurs moments de loisirs, comme au travail.
Dans cette perspective, laction de lEtat est confrontée à de nouvelles ambitions. Ces ambitions ont à mes yeux une tonalité particulière dans notre pays, compte tenu de la place tout à fait singulière quy occupe le service public de laudiovisuel. Conforter laudiovisuel public dans son périmètre et ses missions demeure pour moi un véritable enjeu, qui demande une mobilisation de tous les instants. Les défis sont multiples : il sagit daccroître la spécificité et lidentité des programmes et des missions de laudiovisuel public. En effet, les programmes de la télévision et de la radio publiques doivent se traduire par une couleur, une tonalité, une identité différentes, par la place particulière donnée à la culture, à linformation et à la création audiovisuelle française. Ils doivent fédérer le public le plus large et donc le plus divers. Cest ce lien solide, spécifique et fidèle avec les Français, qui est le fondement même de la pérennité de la redevance, ressource propre et directement affectée au service public de laudiovisuel. Cest un objectif fort de ma politique depuis ma prise de fonction.
Je veux aussi, et ce budget en est la traduction, que laudiovisuel public, tout en renforçant son identité, sadapte aux mutations provoquées par les nouveaux supports, notamment numériques.
Le démarrage de la télévision numérique de terre (TNT) a ainsi été conduit, comme vous lavez relevé, Monsieur le Rapporteur spécial, avec succès. " Un succès à confirmer " : je my emploie et je reprends volontiers votre appréciation à mon compte. Alors, je le sais, il existe des critiques concernant les programmes offerts sur la TNT mais ne loublions pas, il y a à peine un an 70% de nos concitoyens ne recevaient que cinq chaînes. Cest donc un progrès formidable auquel le service public participe pleinement. Je souhaite que les étapes suivantes de son déploiement soient menées au plus tôt et que la télévision haute définition et la télévision mobile bénéficient dun cadre qui permette leur développement. Jy travaille.
Dans cette perspective, comme vous le soulignez, Messieurs les Rapporteurs, la LOLF peut et doit être un outil efficace. Cest la logique de la LOLF, de cette loi fondamentale que nous appliquons cette année pour la première fois, et qui entraîne une présentation nouvelle du budget, structuré en deux missions. Une présentation sans doute perfectible, Monsieur le Rapporteur spécial, qui nous incitez à " aller jusquau bout de la logique de la LOLF ", tout en nous accordant votre " satisfecit général " sur la lisibilité de cette présentation que vous qualifiez, pour votre part, Monsieur le Rapporteur pour avis, " déclatée ". Je souhaite en tout cas, comme vous tous, que la LOLF permette de redonner à lautorisation budgétaire, qui est au fondement même de la démocratie parlementaire, et à notre débat, pour tous les acteurs du secteur comme pour nos concitoyens, tout son sens.
Chantier prioritaire de laudiovisuel public, les contrats dobjectifs et de moyens ont dailleurs, dans le domaine des médias, mis en œuvre la LOLF avant la LOLF. Le bilan des contrats souscrits est largement positif. Le secteur des médias a été précurseur que ce soit pour lAFP, France Télévisions ou Arte France et bien sûr lInstitut national de lAudiovisuel. Je men félicite. La négociation des contrats dobjectifs et de moyens, que vous appelez de deuxième génération, doit non seulement fixer des objectifs stratégiques pluriannuels aux entreprises, dans un souci de performance et de résultats, mais donner aussi les moyens dévaluer précisément leur réalisation.
Laction des pouvoirs publics, dans le domaine des médias vise bien sûr aussi à soutenir la presse face aux défis nombreux quelle doit relever pour assurer son avenir. Il sagit là, jy reviendrai, dun enjeu majeur. La presse française doit être forte et rayonnante.
Le projet de budget qui vous est soumis prévoit que les ressources du compte de la redevance augmentent de près de 3 % ou 77 M€ HT par rapport à la loi de finances initiale pour 2005. Plus des trois quarts du budget de laudiovisuel public sont ainsi financés par des ressources publiques.
En 2006, la réforme de la redevance audiovisuelle entrera pleinement et définitivement en vigueur. Cette nouvelle organisation du recouvrement permet une collecte plus performante dune taxe plus juste et plus simple.
Cette réforme réussie permet à la fois :
– une augmentation de la ressource publique pour les organismes du service public de laudiovisuel ;
– une stabilisation de la charge fiscale sur les ménages ; pour la deuxième année consécutive, le gouvernement vous propose de maintenir le taux de la redevance audiovisuelle 116 € pour la France métropolitaine et à 74 € pour les départements doutre-mer ;
– une stabilisation de la contribution du budget de lÉtat au financement du service public de laudiovisuel en 2006.
Au total, le budget du service public de laudiovisuel qui vous est soumis augmentera de 109 M€ en 2006, soit 3,1%.
Je souhaite que lévolution dynamique du financement du secteur audiovisuel public sinscrive dans la logique pluriannuelle des contrats dobjectifs et de moyens qui seront conclus et négociés en 2006. Il sagit là dune modernisation certaine des rapports entre lEtat et les sociétés de laudiovisuel public, responsabilisant chacun. Le contrat dobjectifs et de moyens de lInstitut national de lAudiovisuel est sur le point dêtre signé et ceux des autres sociétés le seront dès les premiers mois de 2006. Les discussions avec France Télévisions ont dores et déjà commencé. Elles sont également en cours avec Radio France.
Ces contrats seront en pleine cohérence avec la logique de la LOLF, que nous avons tous à cœur de mettre en œuvre, dans un souci partagé de transparence et defficacité. Outre leur utilité pour le contrôle de la performance, les contrats dobjectifs et de moyens seront les garants de lidentité du service public.
Cest pourquoi je tiens à ce que le budget que je vous demande dadopter permette de renforcer la qualité et la diversité des programmes, et de financer la modernisation indispensable des sociétés de laudiovisuel public.
– France Télévisions consacrera la majeure partie de ses moyens supplémentaires, soit 53 M€ HT, résultant de laugmentation de 3 % de la dotation publique du groupe et des économies réalisées, à lamélioration de loffre de programmes.
Les priorités pour 2006 sont :
– la consolidation des missions de service public de France 2 et France 3 ;
– le renforcement de lattractivité de France 4 et de France 5 dans la perspective dun élargissement de la couverture de la TNT à 85 % de la population au printemps 2007 et, au-delà, dune large accessibilité de ses services sur lensemble des moyens de diffusion de la télévision ;
– laffirmation pour RFO de son identité de diffuseur public de proximité, notamment par le développement de la production locale, et le renforcement de la visibilité de loutre-mer sur les antennes métropolitaines. Ladossement de RFO au groupe France télévisions lui en donne désormais les moyens ;
– la participation au développement des nouveaux modes de consommation audiovisuels avec notamment la haute définition et la télévision mobile ;
– un engagement encore accru dans la création, et dans la production audiovisuelle et cinématographique. Ainsi, France Télévisions accroîtra sa contribution à la création dœuvres françaises originales, son président ayant annoncé son intention dy consacrer 20 M€ supplémentaires par an pendant 5 ans, soit 100 M€ ;
– Arte France, qui bénéficiera dune augmentation de 3,1% de sa dotation publique par rapport à la loi de finances initiale (LFI) pour 2005, sattachera à consolider sa grille de programmes. Elle maintiendra son effort en faveur de la création dœuvres audiovisuelles innovantes, dans le contexte de lélargissement de sa diffusion grâce à la TNT.
Ladaptation des programmes aux personnes sourdes et malentendantes constitue également un objectif prioritaire du Gouvernement. France Télévisions et Arte France ont engagé un plan progressif de sous-titrage qui concernera 50% des programmes dès 2006.
– Radio France renforcera sa capacité dinnovation et se rapprochera de tous les auditeurs.
Le contrat dobjectifs et de moyens (COM) de Radio France est en cours de négociation.
Dans lattente de sa conclusion, Radio France poursuivra en 2006 ses principaux projets, notamment le développement de la diversité et lattractivité de ses programmes, grâce à louverture des antennes à de nouveaux talents et à une attention particulière portée aux attentes et aux nouveaux usages des auditeurs.
Radio France voit ainsi ses ressources publiques pour 2006 progresser de 13,12 M€, soit de 2,7 % par rapport à la LFI pour 2005.
Vous avez évoqué, Monsieur le Rapporteur spécial, le chantier que vous avez qualifié de " gigantesque " dans votre rapport écrit, engagé par Radio France dès cette année pour mettre en sécurité lensemble de la Maison de la Radio. Les travaux de réhabilitation de grande ampleur débuteront dès 2006 et seront loccasion dune totale modernisation de la Maison de la Radio. La dotation de 7,4 M€ allouée à Radio France en 2004 et 2005 est renouvelée, afin que la société puisse assumer les charges de fonctionnement liées à lévacuation des parties centrales et au déménagement de France Inter. De surcroît, la dotation de redevance déquipement affectée au financement des investissements liés aux travaux de sécurisation atteint 5,8 M€ en 2006. Elle permet de financer lintégralité des coûts dinvestissement 2006 associés à ce projet ambitieux.
– La sauvegarde et la mise en valeur de notre patrimoine audiovisuel par lInstitut national de lAudiovisuel constituent un chantier dampleur que jai souhaité inscrire dans le long terme. Il y va de la mémoire audiovisuelle. La poursuite de laccélération du " plan de sauvegarde et de numérisation " qui permettra de numériser à lhorizon 2015 lintégralité des fonds audiovisuels en fonction de leur état de dégradation, est lune des priorités du budget de laudiovisuel public pour 2006, justifiant une dotation en progression de 4,1 % avec une hausse de 3 M€ HT.
Cet objectif prioritaire constitue lossature du contrat dobjectifs et de moyens de lInstitut, qui détermine précisément les moyens mis à la disposition de lINA sur la période 2005-2009, afin dassurer la sauvegarde la plus complète des fonds audiovisuels et radiophoniques menacés. Les autres objectifs prioritaires concernent la mise à disposition du public et lexploitation commerciale des fonds, ainsi que lextension, puis la stabilisation, du périmètre du dépôt légal.
– Radio France Internationale devra consolider sa place de média de référence.
Dans lattente de la signature du premier contrat dobjectifs et de moyens entre RFI et lÉtat, ce projet de budget lui permet de poursuivre la numérisation de sa production, engagée depuis 2003. RFI sattachera également à développer ses sites Internet.
Enfin, les négociations du contrat dobjectifs et de moyens seront pour RFI loccasion de faire aboutir sa réflexion sur ses priorités géographiques, son audience et sa politique des langues étrangères.
Dans cette perspective, la redevance affectée à RFI en 2006 progresse de 4 % par rapport à la LFI pour 2005, pour sétablir à 55,86 M€. La dotation du ministère des affaires étrangères demeure stable à 72,13 M€, ce qui porte le total des ressources publiques à 128 M€.
Je souhaite tout particulièrement que le renforcement des moyens de France Télévisions et des autres sociétés de laudiovisuel public leur permette de favoriser lemploi des professionnels de laudiovisuel. Cela implique de poursuivre et damplifier le mouvement de relocalisation des tournages en France et daméliorer les conditions demploi des artistes et techniciens du spectacle. Vous le savez le Gouvernement procède, par ailleurs, en concertation avec les partenaires sociaux, à une restructuration du champ conventionnel du spectacle autour de huit conventions collectives.
Enfin, les crédits dimpôt pour laudiovisuel et le cinéma que vous avez adoptés pour 2004 et 2005 ont permis de créer ou de préserver plus de 3000 emplois dans le secteur de la production cinématographique et audiovisuelle.
La France entre de plain-pied dans la télévision numérique pour tous. Trois-quarts des Français ne recevaient jusquà présent que six chaînes gratuites. Six mois à peine après son lancement, la TNT permet désormais à un Français sur deux de recevoir seize chaînes gratuites et bientôt dix-huit. Les ventes des adaptateurs numériques se poursuivent à un rythme rapide. 800 000 adaptateurs ont été vendus entre mars et novembre et le cap du million sera dépassé dici la fin de lannée.
Larrivée des chaînes payantes donnera une assise supplémentaire à la TNT et contribuera aussi à son succès. Lenjeu est considérable, et il ne vous a pas échappé : la richesse et la diversité des programmes des chaînes de la TNT modifient en profondeur loffre et la manière de regarder la télévision pour un très large public.
Cest pourquoi la priorité est maintenant de généraliser laccès à la télévision numérique gratuite pour tous.
Le 16 octobre dernier, à loccasion de la mise en service de 15 nouveaux émetteurs pour la TNT, le Premier ministre a demandé daccélérer le déploiement de la TNT pour que 85% des Français puissent y avoir accès dès le printemps 2007.
Il a annoncé une série de mesures permettant de répondre à cet objectif.
Afin de régler les questions spécifiques aux zones frontalières, mon collègue chargé de lindustrie a été chargé dengager des discussions avec nos voisins sur les fréquences utilisables ; le Gouvernement a décidé la mise en place dun " fonds daccompagnement du numérique " doté de 15 millions deuros en 2006. Ce fonds permettra lextinction de lanalogique, nécessaire dans les zones frontalières pour lancer la TNT.
Mais il faut encore aller plus loin, pour les 15 % de la population non couverte par la TNT. Cest pourquoi le Premier ministre a appelé les acteurs de la télévision numérique à se rassembler pour que lensemble des Français puisse recevoir les 18 chaînes gratuites de la TNT.
A terme, et pour lOutre-mer, je demande à France Télévisions détudier pour RFO la pertinence dune diffusion de ce type. Sur le plan technique, la solution de loffre de satellite gratuite permet la disponibilité immédiate la plus large des services de télévision numérique. Je souhaite que lensemble des chaînes de service public financées par la redevance, cest à dire France 2, France 3, France 4, France 5 et Arte, puissent mettre en place cette diffusion satellitaire au plus tard à lété 2006.
Le service public, au service de lensemble de nos concitoyens, bénéficiera ainsi de ce budget, conforté par la réforme de la redevance, les contrats dobjectifs et de moyens, lessor de la TNT et des nouveaux services.
Cest particulièrement important, à lheure où le monde de laudiovisuel connaît des bouleversements technologiques majeurs, avec notamment larrivée de nouveaux acteurs, comme les opérateurs de télécommunications, et la mise en place de nouveaux modes de transmissions des signaux. Ces mutations ne doivent pas être subies, mais anticipées, au service du développement de la création et de sa diversité. Sur le plan national et européen, je souhaite que le cadre législatif et réglementaire nous permette de nous adapter et dorganiser les nouveaux services en tenant compte de ces objectifs. Cest dans cet esprit que je vous proposerai de modifier la loi relative à la liberté de communication, afin de ladapter au développement des modes de télévision du futur, la haute définition et la télévision mobile.
Telles sont les priorités de la politique audiovisuelle publique que traduit ce budget. Je vous propose également dadopter, dans le cadre de la mission " médias ", un budget offensif et persévérant pour soutenir la presse écrite, pilier vivant de notre démocratie, dans " la continuité de leffort " soulignée par le Rapporteur pour avis. Cest cette continuité qui apporte une réponse à la question que vous posez dans votre rapport écrit, Monsieur le Rapporteur spécial : " comment aider la presse ? "
Vous parlez de " crise grave ". Je suis prêt à vous suivre, mais en revenant au sens étymologique du mot " crise ", celui dun moment décisif, je dirai que la presse écrite en France est aujourdhui à la croisée des chemins. Comme le disait Gramsci, " la crise naît lorsque lancien meurt et que le nouveau nest pas encore né
". [cest pourquoi, ajoutait-il, " il faut marier le pessimisme de lintelligence et loptimisme de la volonté ". Et jajouterai, de laction.] Oui, la presse doit se régénérer pour assurer son avenir et faire face à lémergence de nouvelles habitudes de consommation, à lessor toujours accéléré des nouvelles technologies, au développement dune culture de la gratuité, et à lensemble des évolutions structurelles qui bousculent les repères anciens. La presse française dispose dun capital humain précieux : ses journalistes, qui sont les meilleurs garants de son indépendance et de la libre circulation des idées.
Je suis sur lensemble de ces sujets très attaché au rôle régulateur que doit jouer lEtat.
Lannée dernière, je vous ai convaincus dadopter pour la presse un budget exceptionnel par son ampleur, en progression (à périmètre constant) de près de 30 % par rapport à lexercice précédent, tandis que les seules aides directes à la presse faisaient plus que doubler.
Vous écrivez dans votre rapport que le projet de budget que je vous présente pour 2006 " stabilise " leffort sans précédent consenti en 2005. Je dirai quil le consolide à la hausse : il atteint en effet un montant total de 280 millions deuros, soit 2 millions de plus que cette année.
Cette constance dans le soutien à la presse écrite marque la cohérence de laction du Gouvernement en même temps que notre volonté de préparer efficacement lavenir.
Ce projet de budget traduit en effet les trois priorités de notre politique en faveur de la presse dont lobjectif est clair : contribuer à la diffusion la plus large de la presse écrite ; soutenir la modernisation du secteur ; respecter les engagements de lÉtat, avec le souci de la plus grande efficacité ; enfin, favoriser le développement à long terme du lectorat, en menant une action spécifique en direction des jeunes lecteurs. Lobjectif est clair : contribuer à la diffusion la plus large de la presse écrite française.
Plus de 60 millions deuros seront mobilisés en 2006 pour accompagner la modernisation du secteur, afin de soutenir les initiatives dites structurantes ou innovantes.
31 millions deuros seront consacrés à laccompagnement de la modernisation sociale de la fabrication de la presse quotidienne, quelle soit nationale, régionale ou départementale. Ce dossier a connu dimportantes avancées au cours de lannée, au rythme du dialogue social. Pour la presse quotidienne nationale, les accords du 30 novembre 2004 ont été complétés, afin de préciser les contours du processus de modernisation sociale. Une fois le cap déterminé, le cadre juridique nécessaire à la mise en œuvre du soutien de lÉtat a pu être posé. Le décret du 2 septembre 2005 détermine les caractéristiques du dispositif spécifique de cessation dactivité mis en place pour les salariés de la presse parisienne. La convention cadre précisant les conditions dâge des personnels éligibles, formalisant lengagement de non-embauche des entreprises et déterminant la clé de répartition du dispositif entre lÉtat et la branche a été signée le 30 septembre 2005. Les premières conventions entre lÉtat et chacune des entreprises du secteur seront signées dans les tout prochains jours.
Les choses avancent aussi, pour la presse quotidienne en régions. Les négociations entre les syndicats professionnels et les organisations représentatives de salariés devraient aboutir dans les prochains jours et le décret étendant à la presse en régions le dispositif de modernisation sociale est en cours de finalisation et pourra être pris avant la fin de lannée. Une fois cette étape franchie, le dispositif de soutien public, calqué sur le modèle défini pour la presse parisienne, pourra être rapidement mis en œuvre.
Leffort en faveur de la modernisation du réseau des diffuseurs sera renforcé, afin de prendre en compte notamment les besoins liés à linformatisation des points de ventes ; les crédits correspondants seront portés à 4 millions deuros, soit près de 15 % de plus quen 2005.
Les crédits du fonds daide à la modernisation de la presse, destinés aux projets de modernisation des entreprises augmentent, dans ce projet de budget, de près de 20 %, pour atteindre 23 millions deuros. La budgétisation du compte daffectation spéciale, que vous aviez souhaitée, améliore la lisibilité chère à votre commission des finances.
Enfin, de nouvelles mesures, et cest tout à fait essentiel, sont destinées à améliorer lautonomie financière et la capacité dinvestir des entreprises de presse, afin de remédier au défaut de fonds propres qui les caractérise.
La création dun fonds de garantie dédié aux entreprises de presse au sein de lInstitut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC) facilitera leur accès aux prêts bancaires nécessaires au financement de leurs investissements. Il sera mis en œuvre dici au 1er janvier 2006.
Tout en mettant laccent sur des actions innovantes et structurantes, destinées à préparer et garantir lavenir de la presse, lÉtat entend honorer lensemble des engagements pris auprès de ses partenaires ou à légard de ses objectifs essentiels que sont la défense du pluralisme et le soutien à la diffusion.
Ainsi la dotation prévue pour les abonnements de lÉtat à lAgence France-Presse, soit 107,8 millions deuros, est conforme à la norme de progression de 2 % par an fixée dans le contrat dobjectifs et de moyens conclu avec lAgence.
Laide au transport postal de la presse dinformation politique et générale, dotée de 71,5 millions deuros, évolue aussi conformément aux engagements pris dans le cadre de laccord signé le 22 juillet 2004 entre lÉtat, la presse et La Poste.
Laide à la distribution de la presse quotidienne nationale dinformation politique et générale, créée en 2002, est maintenue. Il est indispensable, pour préserver léquilibre du système coopératif de distribution de la presse, que les efforts engagés par les Nouvelles messageries de la presse parisienne afin de réduire le surcoût lié à la distribution des quotidiens soient poursuivis. Comme les années précédentes, laide publique permettra aux quotidiens bénéficiaires de contribuer à financer la modernisation du circuit de distribution et à réduire le déficit supporté à ce titre par les NMPP. Les bons résultats récemment dégagés par la société de messageries permettent cependant de redimensionner cette aide, qui sélèvera à 8 millions deuros en 2006.
Lengagement traditionnel de lÉtat en faveur du pluralisme est poursuivi et renforcé. Ainsi, laide aux quotidiens nationaux dinformation politique et générale à faibles ressources publicitaires, qui est au cœur de notre action, verra sa dotation progresser de 7,5 %, pour atteindre un montant total de plus de 7 millions deuros.
Les aides à la diffusion sont globalement stabilisées, quil sagisse de laide au transport de la presse par la SNCF, de laide à la distribution et à la promotion de la presse française à létranger, de laide à la presse hebdomadaire régionale ou encore de laide au portage.
Enfin, leffort spécifique en direction des jeunes lecteurs, amorcé en 2005, sera prolongé et amplifié en 2006.
Cest une priorité stratégique et un enjeu démocratique et éducatif majeur. Des études récentes montrent que les habitudes de lecture sacquièrent et se fixent avant lâge de 18 ans : les jeunes lecteurs que la presse conquiert aujourdhui forment le vivier de lectorat de demain.
Une première série de projets innovants a été mise en route dans le cadre de lenveloppe de 3,5 millions débloquée cette année au titre du fonds daide à la modernisation de la presse quotidienne et assimilée dinformation politique et générale. et je men félicite.
Il est essentiel que ces premières expériences soient menées à leur terme et évaluées avec soin, pour éventuellement être généralisées par la suite, et que dautres actions du même type soient encouragées. Je suis à lécoute des projets des professionnels, et aussi, bien sûr, des idées des élus dans ce domaine, où leffort des pouvoirs publics sera renouvelé et amplifié en 2006, avec une enveloppe de 4 millions deuros, en progression de près de 15 %.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, ce projet de budget en faveur de la presse est offensif, parce quil investit sur lavenir et la modernisation du secteur, et persévérant, parce que lÉtat se donne les moyens de garantir la cohérence de son action, de respecter ses engagements, et de maintenir le cap dune politique dédiée à la défense du pluralisme, de louverture, de la diversité si essentielle à notre vie démocratique.
Je veux terminer cette présentation du budget 2006 pour la communication par la chaîne dinformation internationale. Cette chaîne sera dotée de 65 millions deuros pour 2006. Je lai répété à maintes reprises, il sagit là dune nécessité stratégique. Il y va de notre vision du monde et de linfluence de nos idées. Cest la raison pour laquelle cette chaîne devra être très vite diffusée en anglais, en arabe, puis en espagnol. Financée par largent public, il est légitime, comme beaucoup dentre vous lont souligné, ainsi que le Président de France-Télévisions, quelle soit diffusée en France et quelle participe à ce titre au pluralisme de linformation. Pour cet enjeu national et international majeur, il fallait rassembler les talents, les expériences et les énergies, unir des sociétés dont le rôle est fondamental en matière dinformation. Je vous confirme donc que, dans les tout prochains jours, la société réunissant à parité France Télévisions et TF1 va être constituée, et que le contrat de subvention entre lEtat et la chaîne va être signé. Cette chaîne pourra donc démarrer avant la fin de lannée 2006. Cette chaîne nest pas une mosaïque : cest une société indépendante dotée dune rédaction autonome. France Télévisions y jouera nécessairement un rôle moteur et au-delà de France Télévisions, les autres entreprises concourrant au rayonnement audiovisuel de la France, que sont notamment RFI et lAFP, par des conventions de partenariats ou dassociation. France Télévisions est un élément moteur, je le répète, de ce dispositif. En soi, et par ses participations dans TV5, CFI, Arte et Euronews, France Télévisions constitue un élément central de laudiovisuel extérieur. Je donne dailleurs mon accord sans réserve pour le regroupement des participations de France Télévisions dans laudiovisuel extérieur au sein dune holding qui sera aussi lillustration dune rationalisation légitimement souhaitée de laudiovisuel extérieur. Je veux sur ce point rassurer pleinement Emmanuel Hamelin qui a beaucoup contribué à la réflexion sur ce sujet.
Cette chaîne est un élément-clé de la diversité culturelle.
Et, pour conclure, je veux souligner que lensemble de notre action sur le plan international va dans ce sens, avec ladoption de la convention sur la diversité culturelle par la conférence générale de lUnesco le 20 octobre dernier, et léchange fructueux que nous avons avec la Commission européenne, à propos de la révision de la directive télévision sans frontières.
Ce sont des acquis essentiels pour lavenir.
Je vous remercie.