Remise officielle de La Vestale de Houdon au Musée du Louvre
Monsieur le Président du directoire d'AXA,
Madame la Directrice des musées de France,
Monsieur le Président-directeur du musée du Louvre,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,
Nous partageons ce soir un moment de grande émotion, un moment fort de la
vie de notre patrimoine. Car l’entrée de La Vestale de Houdon dans les
collections du musée du Louvre, grâce à la mise en oeuvre de la loi du 1er août
2003 et au généreux mécénat d'AXA, est aussi un retour aux origines, dans le
lieu même de sa première exposition publique, lors du Salon de 1787.
Ce chef d'oeuvre de la sculpture française classique retrouve le territoire
national après un exil de près d'un siècle. La Vestale n'a pas été présentée au
grand public depuis plus de cinquante ans. Dès demain, elle pourra être
admirée par les 20.000 visiteurs quotidiens du musée du Louvre.
Le motif de la chaste prêtresse de marbre blanc, chargée d’entretenir le feu
sacré, hommage à l’Antiquité et expression de la maîtrise de son art, hanta
longtemps l’imagination de Houdon. Lorsqu’il la réalisa, celui que Jefferson,
alors ambassadeur à Paris, considérait « comme le premier sculpteur du
monde » était devenu très célèbre, par ses portraits, ses bustes, des plus
grandes figures de son temps, exposés il y a un an à Versailles.
Après la force mystérieuse de la statue Dogon, qui est allée rejoindre les
collections du musée du quai Branly, qui ouvrira ses portes l’an prochain, c’est
la deuxième oeuvre majeure, acquise grâce au mécénat d’Axa, dans le cadre
du dispositif instauré par la loi du 1er août 2003, que j’ai l’honneur d’accueillir.
Ces nouvelles dispositions, qui complètent celles de la loi du 4 janvier 2002
relative aux musées de France, créent en effet des conditions très favorables à
l'entrée dans les collections publiques d'oeuvres reconnues d'intérêt patrimonial
par la commission consultative des trésors nationaux.
Mais ces incitations fiscales resteraient lettre morte s'il n'y avait des entreprises
pionnières pour les faire vivre. Je tiens à exprimer ici toute ma reconnaissance
au Groupe AXA et à son président du directoire Henri de Castries pour ce
nouvel acte de mécénat tout à fait exceptionnel. Je rends hommage à votre
action constante et exemplaire en faveur du patrimoine national et du
rayonnement de l'art. Je ne peux qu'encourager les dirigeants d'entreprises ici
présents à suivre votre exemple. Un exemple porteur de sens.
La culture est en effet à la fois une richesse spirituelle, un enjeu économique
pour l’attractivité de notre pays et un atout déterminant du rayonnement
international de la France. Les entreprises de toutes tailles ont un rôle essentiel
à jouer dans cette dynamique de l’ensemble de la société, comme je l’ai dit il y
a deux semaines aux présidents de chambre de commerce et d’industrie, avec
qui j’ai signé une charte pour le développement du mécénat.
Le statut juridique et fiscal du mécénat en France a beaucoup progressé. J ‘ai
demandé à la "mission mécénat" du ministère de la culture et de la
communication de mieux faire connaître les outils dont nous disposons.
Je tiens enfin à saluer le dynamisme emblématique du Louvre en matière de
mécénat.
Je souhaite que des actions exemplaires telles que celle qui nous réunit ce soir
contribuent à stimuler l'engagement croissant des Français pour leur culture,
leur patrimoine, enrichi au fil des siècles de tout ce qui forme notre identité.
Telles les vestales prenant soin du feu sacré, tel le « sculpteur des Lumières »,
à nous tous d’entretenir cette flamme qui ne cesse de se nourrir des liens entre
l’art et ses mécènes. Des liens qui sont fait autant d’admiration que d’affection
réciproques.
Je vous remercie.
