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Clôture du 7e rendez-vous européen d’Unifrance – Musée d’Orsay

Madame la Présidente, Chère Margaret Menegoz,

Monsieur le Président, Cher Serge Lemoine,

Madame la Déléguée Générale, Chère Véronique Bouffard,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir ce soir au Musée d’Orsay, à l’heure où
prend fin le septième rendez-vous du cinéma français, organisé par Unifrance.

On dit que sept ans, c’est l’âge de raison. Pour ce Rendez-vous, c’est certainement l’âge de
la maturité. Lancé par le regretté Daniel Toscan du Plantier, dont je veux saluer la mémoire,
il était à l’origine destiné aux seuls professionnels européens.

Aujourd’hui, sous l’impulsion de Margaret Menegoz, de Véronique Bouffard et de leurs
équipes, votre Rendez-vous accueille près de 400 distributeurs étrangers, en provenance de
46 pays, notamment latino-américains, et plus de 110 journalistes. Vous êtes tous venus
découvrir la production cinématographique française la plus récente, voire inédite. Ces seuls
chiffres attestent que ces trois jours de rencontres et de projections sont devenus un
moment essentiel pour les exportateurs français et les distributeurs étrangers, mais aussi, et
je m’en réjouis, l’ensemble des professionnels français.

Au travers des conversations que j’ai eues avec certains d’entre vous en arrivant, j’ai pu
mesurer à quel point ces trois jours ont été riches en contacts et intenses en négociations
commerciales.

En votre nom, je souhaite remercier les équipes d’Unifrance pour la préparation efficace de
cet événement. Je suis convaincu qu’il contribue de manière déterminante à renforcer la
présence et le rayonnement du cinéma français à travers le monde.

Vous aimez le cinéma français. Merci pour votre enthousiasme ! Il est partagé. Je tiens à
vous le dire très chaleureusement, ce soir, la France aime les cinémas du monde, dans toute
leur diversité.

Vous le savez, nos pays, et la France en particulier, redoublent d’efforts pour faire adopter
cette année la Convention internationale sur la diversité culturelle à l’UNESCO.

Son élaboration a été décidée à l’unanimité à l’automne dernier, grâce aux efforts conjoints
notamment du Canada et de la France. Si nous parvenons à ce qu’elle soit adoptée en 2005,
comme nous l’avons souhaité, il s’agira là d’une avancée très significative, dans la
perspective de la poursuite des négociations commerciales qui ont lieu, entre autres, à
l’Organisation Mondiale du Commerce.

Je suis pour la symétrie des échanges, pour l’ouverture à l’autre, donc pour l’ouverture de
tous les marchés. De même que je me réjouis que le marché français soit l’un des plus
ouverts au monde, que le public français, à Paris notamment, puisse découvrir l’une des
programmations les plus diverses qui soit, je souhaite que les grands marchés s’ouvrent à la
diffusion des films français. Le libre-échange est du côté des promoteurs de la diversité
culturelle. Et je souhaite faire en sorte que le Centre national de la cinématographie puisse
agréer des films d’expression française qui auront été financés à partir de capitaux
étrangers. Cet esprit de symétrie, en effet, nous devons nous l’appliquer à nous-mêmes.

Vous le savez, le cinéma vient de connaître une année faste en France, avec près de 195
millions d’entrées en salles. La part de marché du cinéma français a également atteint des
niveaux élevés, à plus de 38%. Ces chiffres sont les meilleurs depuis 20 ans. 203 films
français ont été produits, qui ont bénéficié d’une mesure décidée par le gouvernement en
2004 : le crédit d’impôt. Je me réjouis de ces résultats qui montrent à la fois le dynamisme
de la création cinématographique française et le goût du public pour un cinéma varié, de
qualité, en provenance de tous les horizons.

Au-delà de nos frontières, les chiffres publiés par le Centre National de la Cinématographie
montrent les enjeux économiques de l’exportation, puisque les recettes d’exportation des
films français ont dépassé 120 millions d’euros en 2003. Ces données démontrent aussi que
notre cinéma s’exporte sur tous les continents, en tête desquels on trouve l’Europe de
l’Ouest. Mais les films français connaissent aussi, depuis peu, des difficultés sur des
marchés « traditionnels », comme l’Espagne, l’Italie ou encore le Québec. Je suis convaincu
que ce Rendez-vous permet de renforcer les liens entre les professionnels, les exportateurs
français et les distributeurs étrangers, et qu’il contribuera à améliorer cette situation.

Le cinéma est une industrie, c’est aussi un art. La culture est essentielle à la nécessaire
maîtrise d’une mondialisation qu’il nous faut rendre plus humaine. La culture n’est pas une
marchandise « comme les autres ». C’est pourquoi il faut lui reconnaître un statut particulier.

L’Europe a besoin de culture pour avancer, et il est temps de bâtir une Europe de la culture
2005 sera une année décisive pour l’Europe en France, avec le référendum sur le projet de
Traité constitutionnel. Pour que le débat sur l’Europe de la culture – qui intéresse
naturellement au premier plan le cinéma -, prenne toute sa place dans ce contexte, je
compte réunir à Paris les artistes et les intellectuels de toute l’Europe pour des rencontres
qui auront lieu les 2 et 3 mai prochains.

Au sein de l’Europe de la culture, l’Europe du cinéma peut et doit encore progresser de
manière très concrète.

Ainsi, j’ai très récemment proposé que l’Institut pour le financement du cinéma et des
industries culturelles (IFCIC), outil de financement unique en Europe, que connaissent bien
certains d’entre vous et dont le métier est de garantir les crédits de production des
établissements financiers spécialisés, puisse rapidement intervenir sur des crédits à des
producteurs européens, ou à des distributeurs européens pour la distribution de films
français, ou français pour la distribution de films européens. J’ai demandé au CNC et à
l’IFCIC qu’un tel mécanisme puisse être mis en place dès 2005 sur la base des ressources
actuelles de l’IFCIC, même si, en régime de croisière, le fonds de garantie de l’IFCIC devra
naturellement être doté à cette fin par des organismes européens (je pense en particulier au
programme MEDIA, mais aussi au fonds EURIMAGES, et à la Banque européenne
d’investissement).

Dans le même esprit, et, par symétrie, je souhaite que, dans le cadre de la concertation qui
se poursuit avec les organisations du cinéma, soient trouvés les voies et moyens d’une
ouverture régulée du compte de soutien aux capitaux extra-européens. Plus globalement, je
veux vous dire combien je suis soucieux que la France puisse accueillir les tournages
européens et internationaux dans les meilleures conditions d’attractivité possibles.

Je veux vous redire combien je suis heureux de vous accueillir ce soir au Musée d’Orsay.

Votre présence nombreuse témoigne de l’importance de créer des occasions de rencontres
entre professionnels. Elle est symbolique aussi du lien qui m’est cher entre l’art et le cinéma.

Il n’est pas encore trop tard pour vous souhaiter une belle et heureuse année 2005. Je forme
avec vous des voeux de prospérité pour le cinéma français, et plus généralement pour la
diversité de nos cinématographies.

Je vous remercie.

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