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Aux pieds de grands ensembles, dans la rue, une remise de légion d’honneur… Vive cette Républ

La cohésion sociale ce n’est pas un travail de commission, une réflexion académique en chambre. C’est sur le terrain qu’il faut la faire vivre… La vie politique c’est parfois beau. Magnifique.

Mais rien ne vient du hasard !

Jean et Jacqueline Malatray sont des pharmaciens exceptionnels qui travaillent dur au cœur d’un quartier de Tours où rien n’est simple. Ils sont un phare qui émet. Des gens dont le rayonnement humain est exceptionnel. Proches de chacun et pourtant différents de ceux qu’ils côtoient. Une bouée de sauvetage. Une image rassurante de notre pays. Des Français engagés, au sens où leur vie est au service de leur idéal. Avec discrétion, mais avec passion. Du cœur, pas de compromis. De l’ouverture d’esprit, mais des vertèbres.

Jacqueline a eu la légion d’honneur. Grâce au Président de la République lui-même qui a accepté ma suggestion.

J’ai voulu que la cérémonie de remise soit un hommage simple mais beau aussi bien à elle qui était honorée qu’à celui qui avait immédiatement compris et décidé.

Il fallait que ce soit sur place, dans le quartier, devant la pharmacie et sa vitrine brisée. Dans la rue. Sous le regard étonné des habitants dans les étages des hautes façades qui surplombent.

Pour sonner juste et donner l’éclat nécessaire, c’est Renaud Dutreil qui m’a fait l’amitié de venir. Il s’est récompensé lui-même, car, dans sa vie de ministre, peu de circonstances ont dû lui sembler aussi fortes et vraies.

A l’image de la République que nous servons et que nous aimons.

Tout fut dit. Evoqué avec sincérité, chaleur et détermination. Y compris l’incompréhension. La haine. La rupture. Le rapport de force. Les incivilités. Les délits plus lourds. La drogue. Mais également la générosité, le dévouement, le réconfort, la chaleur humaine qui transcende les origines et les classes.

Jamais une légion d’honneur épinglée n’aura eu de sens aussi politique, au noble sens du terme.

Nous avons tous vécu ce moment comme une halte dans le tumulte où l’on ne sait plus suffisamment hiérarchiser les priorités.

Tous les jeunes du quartier, qui étaient déjà nombreux à être venus voir, auraient dû être là.

Ne serait-ce que pour les déstabiliser dans leurs certitudes d’être des mal-aimés et dans leurs habitudes de petits fauves rompus à toutes les duretés de la vie.

Dans cette rue piétonne où très peu d’activités subsistent, nous avons collectivement incarné une France qui rassemble sans disparaître, qui est ouverte sans s’excuser d’exister. Nous avons fait vivre la diversité et l’unité de la République.

La Mairie évidemment avait oublié de tenir ses engagements en n’installant ni sono ni petite tente pour nous protéger de la pluie éventuelle…

Le Premier Adjoint au Maire a fait preuve au Conseil Municipal où je ne pouvais être présent faute de dédoublement de son sectarisme habituel.

La cohésion sociale ce n’est pas un travail de commission, une réflexion académique en chambre. C’est sur le terrain qu’il faut la faire vivre. C’est là d’ailleurs que l’on constate l’extrême difficulté de l’action quotidienne des services de l’Etat.

Passant au pied d’un immeuble, “protégé” à distance par des très jeunes faisant le guet, puis par des adolescents et enfin “gardé”  par des jeunes adultes, nous avons vite senti que la porte censée faire accéder à une salle de sport en sous sol était en fait l’accès à un vrai marché de la drogue tant l’odeur était forte…

Les “gardiens” qui n’avaient rien d’anges ont dû avoir peur d’une descente de police en nous voyant arriver ! Tant mieux !

Ces scènes de vie quotidienne “habituelle” dans ce quartier  suscitent légitimement de vives réactions parmi la population.

Les portes d’entrée sont rénovées. Les parkings paysagés. Les locaux pour les poubelles reconstruits à l’extérieur avec du bois exotique. Ce sont de vrais progrès.

Mais la violence ordinaire subsiste. Elle fabrique à force de lassitude et d’exaspération la spirale vers l’extrémisme et toutes les formes de racisme.

Cet engrenage-là n’est pas encore contrecarré ni enrayé. C’était vraiment palpable.

Nous avons beaucoup de fil à retordre et de pain sur la planche avant que la République soit partout efficace, rayonnante et acceptée !

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