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RDDV, sur France info, réagit aux attaques faites contre

2 juillet 2003

Les Socialistes sur le fond n’ont rien à dire. Aucune contre proposition intelligente à formuler… “Les Socialistes sur le fond n’ont rien à dire. Aucune contre proposition intelligente à formuler par rapport au grand dossier sur lequel on travaille qui est aujourd’hui les retraites. Alors ils utilisent n’importe quel prétexte pour invectiver le Premier Ministre et la majorité présidentielle. Quand Arnaud Montebourg a accusé le Premier Ministre d’ouvrir les vannes de la corruption à tous les étages de la République, c’était de la calomnie, de la diffamation et là, ils sont silencieux. Je trouve que ce sont des jeux politiques dérisoires que je méprise !” 

2 juillet 2003

Une fois de plus, le PS qui n’a rien à dire sur le fond, saisit tout prétexte pour déserter. Refuser de siéger. Tenter de paralyser notre marche continue vers la réforme que conduit remarquablement le Premier Ministre… Il paraît que Nantes est une très belle ville et que son Maire, Jean-Marc Ayrault,  réussit là où son collègue de Tours échoue lamentablement !

Mais dans sa fonction de Président de Groupe PS à l’Assemblée Nationale, son sectarisme cache mal l’incapacité absolue de la gauche à formuler la moindre contre-proposition. A présenter ne serait-ce que l’amorce d’une alternative crédible. Et qui plus est, il est amnésique. Sourd quand c’est nécessaire, pour n’avoir pas entendu les insultes calomnieuses et diffamatoires de certains de ses amis.

Lorsque le Député PS de Saône et Loire, par exemple, invective le Président de la République et le Premier Ministre dans un même élan digne de Le Pen, là Jean-Marc Ayrault ne trouve rien à redire. Silence radio ! Donc complicité honteuse, dérapage assumé voire souhaité vers le dévoiement du débat démocratique. Qu’on ne s’étonne pas ensuite, avec cette exaspérante hypocrisie dont certains sont capables, de la dégradation de la fonction politique,  de l’impossible sérénité de la justice dans la France d’aujourd’hui.

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Les cris d’orfraie de Jean-Marc Ayrault, qui n’a rien d’une vierge effarouchée, ne masqueront pas le vide abyssal dans lequel évolue la gauche française. Qui essaie de faire feu de tout bois, avec une gourmandise très suspecte. Et très relayée, comme pour venger une médiocrité permanente des camarades socialistes !

Les Français ne sont pas dupes et ont parfaitement conscience de la manœuvre dilatoire et ridicule.

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Jean-Pierre Raffarin a eu raison de dire que nous n’avons pas encore définitivement réussi à convaincre l’intégralité des Français de la nullité et de l’inutilité des socialistes. Qu’il nous reste du travail avant d’avoir réglé les problèmes de tous les Français et achevé les réformes que Lionel Jospin a été incapable de mener à bien.

“La France n’est encore, dans son chemin du Paradis qu’au purgatoire puisqu’il reste des socialistes”. Cri du cœur d’un Premier Ministre soucieux de conduire son pays vers le progrès économique et social et d’extirper le socialisme de notre horizon politique.

Où est l’insulte ? Où est le mépris ? Où est la dérive totalitaire inquiétante dénoncée par le PC visiblement nostalgique des grandes heures du soviétisme et du stalinisme ?

Une fois de plus, le PS qui n’a rien à dire sur le fond, saisit tout prétexte pour déserter. Refuser de siéger. Tenter de paralyser notre marche continue vers la réforme que conduit remarquablement le Premier Ministre.

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Pour faire un clin d’œil à Jean-Louis Debré, Jean Marc Ayrault n’est vraiment pas “ma tasse de thé”…

Contrairement à ce qu’a exprimé notre Président de l’Assemblée Nationale – notre maître est parfois trop bon ! – je ne crois absolument pas à la sincérité du Président du Groupe socialiste dans cette lamentable interpellation. Il ne s’agit pas en l’occurrence d’un “vrai républicain” mais d’un piètre esprit sectaire et venimeux.

Alors, des excuses du Premier Ministre ! Certainement pas ! Halte au feu ! Si on n’a plus le droit de s’exprimer librement sans être ni calomnieux ni offensant, où va-t-on ? Nous n’avons aucune leçon à recevoir de cette gauche qui n’a jamais renié l’esprit du Congrès de Valence. Lorsque “l’excellent” et certainement très humaniste Laurent Fabius accuse Jean-Pierre Raffarin d’être un super menteur, les socialistes ne se sont pas émus. Ils ont applaudi cette caricature minable du discours politique qui devrait être à un meilleur niveau. Celui qu’attendent les Français, impatients que soient réparés les dégâts directement commis par la gauche. Pour qu’enfin disparaisse de notre horizon politique le spectre du retour au socialisme.

Ce n’est pas être totalitaire que d’avoir le projet de faire réussir la France et les Français sur la voie d’une société juste, prospère, humaniste et généreuse. De faire emprunter à notre pays un chemin équitable, tolérant, libéral et européen.

C’est debout et fiers qu’aujourd’hui nous accorderons notre vraie confiance à Jean-Pierre Raffarin et à son Gouvernement.

C’est debout et fiers que nous récuserons à la gauche non pas le droit de critiquer, mais le droit de dénaturer à ce point le débat politique.

C’est pour leur bien, car avec un tel comportement le purgatoire n’est plus sûr… C’est dommage pour eux car rappelons que c’est une étape probatoire vers le Paradis !

RDDV invité de Pierre BOUCHENOT dans l’émission « Domaine Public » Sur France 3 Région Centre

2 juillet 2003

RDDV:  » Il y a effectivement un climat de violence sociale et économique dans notre pays. Ce n’est pas la peine de le nier. C’est la vérité ! Parce que nos concitoyens, ces dernières années, ont eu le sentiment d’une forme d’impuissance puisque les problèmes n’étaient jamais résolus… » Pierre BOUCHENOT : “ Il y a 83 ans, l’histoire de la gauche française se jouait à Tours
lors d’un congrès qui vit son éclatement avec la création d’un Parti Communiste adhérent à la 3ème Internationale, les socialistes eux restant à la 2ème Internationale et à la SFIO. Hier c’est à Tours aussi qu’aurait dû se jouer l’éclatante scène de la réunification achevée de la quasi totalité de la droite française, excepté ce qu’il reste de l’UDF, puisque c’est là qu’aurait dû se tenir le premier Conseil national de l’UMP. Renaud DONNEDIEU DE VABRES, bonjour. ”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Bonjour.”

Pierre BOUCHENOT : “ Vous êtes Député de Tours, vous êtes également Porte-Parole de l’UMP. Alors pourquoi avoir déménagé au dernier moment votre Conseil national à Paris ? Ce qui est nettement moins de proximité ? ”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ C’était pour moi une grande déception vous pouvez l’imaginer. Mais c’était une obligation, hier tout le monde devait être au travail. Le Gouvernement et les parlementaires à l’Assemblée nationale et les membres de l’UMP également. Si on voulait qu’il y ait une rencontre possible entre les membres du Gouvernement, les militants, les parlementaires, les élus réunis au Conseil national malheureusement, il fallait le faire à Paris. Ca a été un très beau Conseil National. J’aurais aimé que cela se passe à Tours. Ce sera pour une prochaine fois. (…) Les parlementaires sont en ce moment réquisitionnés avec le débat sur les retraites.”

Pierre BOUCHENOT : “ (…) Vous n’aviez pas prévu une telle longueur sur ce débat.”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Initialement, on avait espéré que cela aille un peu plus vite. Finalement, il y a une bataille parlementaire assez classique avec des milliers d’amendements déposés par l’opposition. Nous sommes prêts à travailler 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 parce que c’est une réforme importante et l’on veut qu’elle aboutisse. Nous voulons que chacun puisse s’exprimer, faire ses propositions et ses critiques. Les Français observent cela. Aujourd’hui la gauche se réveille enfin mais elle le fait avec une méthode peu compréhensible. Personne n’aura retenu ce qu’elle veut dire. Mais enfin, c’est leur liberté ! ”

Pierre BOUCHENOT : “ A Tours, il y a quelques mois  le patronat se réunissait, c’était la grande réunion du MEDEF qui accueillait en grande pompe le Premier Ministre de la France, Jean-Pierre Raffarin. (…) Cela ne vous semble-t-il pas un peu revanchard, un peu « Restauration ». Comme si Ernest-Antoine Seillière disait « ces dernières années, nous avons beaucoup souffert ».  En plus cela donnait le sentiment qu’il confiait une sorte de  « feuille de route » au Premier Ministre de la France,  Jean-Pierre Raffarin ? ”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Vous savez, au moment où Jean-Pierre Raffarin a décidé d’aller à la réunion du MEDEF, cela a suscité , une polémique, une contestation. En somme « Pourquoi va-t-il à une réunion des patrons ? ». Tout  simplement parce qu’il s’agissait d’une réunion de grandes ou de petites entreprises. Et l’emploi salarié est créé  par des chefs d’entreprise et il est normal d’avoir un dialogue avec eux. Dans les propos du Président du MEDEF, il était question du rythme de la réforme. On avait un peu l’impression du cri d’Antigone « tout, tout de suite ou on refuse ». Jean-Pierre Raffarin est un sage. Car nous avons au-dessus de nos épaules, nous la majorité présidentielle en liaison avec le Gouvernement, une obligation de résultats. Réussir les réformes mais au préalable avoir pris le temps nécessaire pour que les Français comprennent exactement la réalité et l’enjeu. Ensuite, il y a de vraies discussions. Dans la majorité présidentielle, certaines personnes trouvaient que cela n’allait pas assez vite. Ce n’était pas la position ni du Président de la République ni du Premier ministre ni de la plus grande partie de la majorité présidentielle. Je crois que nous avons eu raison ! Parce que lorsque l’on veut brusquer les choses, on risque de passer à côté de l’objectif et du résultat. Nous, nous voulons être jugés définitivement sur les résultats.”

Pierre BOUCHENOT : “Il y a les résultats et le contexte dans lequel sont annoncées les réformes. Et notamment cette « fracture sociale », expression rendue célèbre par le Président de la République il y a quelques années. Elle existe. Quand on voit ce qui s’est passé le 21 avril dernier : l’abstention massive dans les quartiers populaires, le vote de ressentiment pour l’extrême droite et le vote révolutionnaire pour l’extrême gauche. De plus, cet écart social entre les plus hauts et les plus bas revenus, qui ne date pas d’un an. D’ailleurs, un Député Alain Marceau s’en est inquiété, et a demandé que soit installée une commission d’information parlementaire. Partagez-vous cette demande d’information parlementaire sur les salaires des grands patrons ?”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Je ne sais pas si cela résoudra quoi que ce soit. Il y a effectivement un climat de violence sociale et économique dans notre pays. Ce n’est pas la peine de le nier. C’est la vérité ! Parce que nos concitoyens, ces dernières années, ont eu le sentiment d’une forme d’impuissance puisque les problèmes n’étaient jamais résolus. Tout à l’heure vous avez fait référence au résultat du premier tour des élections présidentielles ; Moi ce qui m’a frappé, c’est que plus d’un Français sur deux a fait « un bras d’honneur » à la politique classique considérant que les problèmes ne se règlent pas. Je mets dans le même lot les gens qui se sont abstenus ou qui ont voté pour les extrêmes. Donc, il y a de l’impatience et de l’exaspération. On est à un an de l’élection. Je ne considère pas que l’on a tout réussi. Je ne considère pas qu’à Tours  dans les immeubles et les grands ensembles la tranquillité publique soit totalement rétablie. Cela pose le problème d’ailleurs de la présence effective des gardiens d’immeubles. Une nouvelle donne qui est en train de s’instaurer. Mais tout n’est pas résolu. Quand vous parlez de la hiérarchie des rémunérations celle-ci doit être intelligible pour être comprise.»

Pierre BOUCHENOT : “Je vous donne un chiffre : dans les années 70 dans les 39 plus grosses entreprises françaises, cette hiérarchie est de 1 à 40, aujourd’hui elle est de 1 à 250 c’est énorme !”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Oui, évidemment ! Même je vais vous rajouter un autre chiffre. Quand j’étais étudiant, vous aviez un débat à l’intérieur de la gauche, on disait que la hiérarchie devait être de 1 à 2 ça c’était au Parti Communiste, à droite on disait que cela devait être de 1 à 6 ou à 7. Aujourd’hui,  ces chiffres ont explosé et cette hiérarchie n’est pas intelligible. C’est à dire que si vous avez remporté un marché très brillant ou fait une découverte qui a été brevetée, la rémunération est claire et évidente pour les gens. Moi, je sais me justifier sur le marché vis à vis de mes concitoyens.  Mais quand il n’y a pas d’élément fondé sur la réalité, il y a parfois des écarts qui sont excessifs.”

Pierre BOUCHENOT : “ Qu’est ce qu’il faut faire pour réduire cette fracture sociale ? Suivez-vous Alain Marsaud ?”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ On ne peut pas réglementer. Il n’appartient pas au Parlement ou à la Loi de définir exactement le niveau des rémunérations dans le secteur privé. Ce n’est pas à nous de le faire. Que cela pose un problème politique, permettez-moi de vous dire que c’est corrigé par la fiscalité. L’impôt sur le revenu ou l’impôt sur la fortune corrige les inégalités. Je ne suis pas pour l’égalitarisme à tout crin. Je suis pour une juste rémunération du travail, et pour cette superbe phrase de la Déclaration des Droits de l’Homme qui est pour moi un principe essentiel dans le fonctionnement d’un pays, qui est :

«  toute distinction sociale doit être fondée sur l’utilité commune » !

 Ca veut dire que des gens qui exercent des responsabilités, par exemple des médecins, des ingénieurs, des agents commerciaux, des enseignants, des responsabilités assumées, et si elles le sont dans des conditions difficiles et périlleuses, c’est normal qu’il y ait des hiérarchies de rémunérations. Je ne suis pas un démagogue ! Il faut que ce soit fondé sur la réalité.”

Pierre BOUCHENOT : “ (…) Nous allons passer aux réformes des retraites. Il y a enfin un débat, non seulement à l’Assemblée mais en plus entre intellectuels. Au centre de ce débat,  comme chef de file du centre droit, Raymond Soubie et de l’autre côté René Passet. C’est quelqu’un qui est proche d’ATTAC et Professeur émérite à la Sorbonne (…). En quelques mots, il dit qu’il y aura de moins en moins de travailleurs qui vont pouvoir faire un parcours qui leur permette d’avoir une retraite pleine, et d’ici à 2020 ils constateront une baisse des pensions de  20% à 30%?  (…) ”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Nous avons cette partie de constat en commun : si nous ne faisons rien rapidement et que nous restons les bras croisés, compte tenu de la prolongation de la vie, qui est une très bonne chose, les retraites ne seront plus au niveau actuel, qui dans certains cas est déjà très bas – Il faut d’ailleurs les augmenter, c’est ce que l’on fait pour le SMIC. Ne rien faire, c’est ne plus assurer de véritables retraites par répartition et laisser les mécanismes d’épargne et de fonds de pension régler la situation. Nous ne le voulons pas. Nous voulons garantir un vrai système de retraite par répartition et en faire une véritable révolution culturelle.  La gauche disait, au moment de la loi sur les 35 heures, aux Français : « vous pourrez travailler moins et gagner autant ». Nous, on a le courage, l’honnêteté et je crois la vérité, de dire « on vous demande progressivement un effort supplémentaire pour pouvoir avoir autant ». C’est vrai, c’est une véritable révolution culturelle ! C’est pour cela qu’il y a des résistances, je les comprends, je les entends. J’ai reçu des dizaines de délégations dans mon bureau à Tours. Au préalable pendant la phase de discussion, l’UMP a été la seule formation politique à organiser dans tous les départements des rencontres avec les partenaires sociaux pour voir si le constat de la réalité était le même ou non. Nous, pour le financement de la réforme des retraites, nous demandons un effort à chacun, un effort en terme de prolongation de la durée du travail.”

Pierre BOUCHENOT : “ Cet effort ne va pas suffire pour financer les retraites d’ici 2020. Votre réforme repose sur un pari qui est celui de la baisse du chômage importante, il est de  9,6% d’ici la fin de l’année, et vous, vous espérez qu’il tombe d’ici à quelques années à 5% .”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES
: “ Pour être très clair vis à vis des concitoyens qui nous écoutent : vous avez la part personnelle que l’on demande à chacun, public et privé, une durée de travail supérieure. Et puis il y a une partie du financement de la réforme des retraites qui est fondée sur une augmentation de la cotisation vieillesse et une diminution en contre partie de la cotisation sur le chômage.”

Pierre BOUCHENOT : “C’est bien un transfert que vous espérez, moins de chômeurs donc plus de cotisants.”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Indépendamment de la croissance, la croissance internationale est primordiale pour la baisse du chômage. L’évolution de la démographie a aussi d’énormes conséquences. On sait très bien que dans les années à venir, il va y avoir un grand nombre de gens qui vont partir à la retraite, pour certains d’entre eux il faudra les remplacer dans certaines fonctions, et donc il y aura un moins grand nombre de chômeurs. On est prudent, on n’a pas dit que nous avions réglé les choses pendant 50 ans. Mais il est certain que si nous n’avions pas décidé,  nous ne pouvions plus financer les retraites au niveau actuel et notamment pour les plus basses retraites. Nous proposons pour celles-ci une augmentation. La retraite minimale sera financée à 85% du SMIC.”

Pierre BOUCHENOT : “ Pourquoi exclure définitivement que les entreprises, celles dont les bénéfices se dirigent le plus vers des flux financiers et non vers des investissements, cotisent aussi pour financer les retraites ? Puisque tout le monde profite des retraites.”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ D’abord tout le monde cotise, les entreprises aussi. Monsieur Passet se demande pourquoi nous n’augmentons pas les prélèvements obligatoires ? Là il s’agit d’un débat politique au sens noble du terme. Nous, nous considérons que les prélèvements sont trop importants et que cela pénalise l’initiative, l’emploi et qu’il est normal que les gens qui bossent aient une juste rémunération de leurs efforts et de leur travail. Et quand Monsieur Passet dit que le capital n’est pas taxé, c’est faux ! Le capital n’est pas une donnée abstraite, c’est une maison, une entreprise, un outil de travail. Celui-ci est taxé à la transmission, quand il y a décès, par les impôts locaux, les taxes foncières qui sont assises sur la valeur d’un bien immobilier. Et puis pour les fortunes les plus importantes, ces dernières sont taxées par l’impôt sur la fortune. Donc ce capital est bien taxé et même deux fois puisque les revenus sont taxés. Nous, nous considérons qu’il faut que nous arrivions à baisser les prélèvements obligatoires parce que tout simplement c’est bon pour l’emploi, pour la création d’emploi car le chômage reste pour nous un grand souci. Et ça, ce n’est ni de l’idéologie ni de l’ultra-libéralisme.”

Pierre BOUCHENOT : “ Vous n’êtes pas unanimes sur cette question car pas moins de 19 députés UMP ont déposé un amendement pour essayer de taxer un peu le grand capital.”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Oui j’ai vu ça. Mais l’UMP est une maison ouverte où chacun peut s’exprimer. On est pour un débat permanent à l’UMP et pour que chacun puisse pousser une idée. Nous considérons aujourd’hui qu’il faut demander à chacun un effort supplémentaire en terme de durée du travail. Et nous ne sommes pas les seuls à le faire. Voyez ce que vient de faire le Chancelier allemand. Dans la plupart des pays européens, ces mesures ont déjà été prises. Nous, on s’y attelle. J’espère que dans les semaines à venir cette garantie fondamentale qu’est le financement de la retraite par répartition, sera à nouveau offerte aux Français. Ensuite, nous avons un chantier immense devant nous : l’assurance maladie.”

Pierre BOUCHENOT : “ Le rythme de ce chantier. Le MEDEF dit « tout, tout de suite ». Vous, vous dites tout mais doucement ?”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Je dis qu’il faut partir de la réalité. Les Français savent très bien que la durée de la vie s’est rallongée. C’est une très bonne chose mais cela pose des problèmes financiers pour l’assurance maladie. L’hôpital a des besoins. Le progrès technologique doit être mis à la disposition de chacun. La différence fondamentale avec les retraites est que : pour la retraite, les Français comprennent qu’il peut y avoir de vraies différences parce qu’elle est liée avec ce qu’ils ont fait dans la vie. Mais pour la santé, il y a une volonté légitime d’égalitarisme total. Lorsque les gens sont à poil devant leur médecin, il n’y a pas de différence sociale. Nous, nous voulons que chacun, face à la maladie, puisse avoir droit au même traitement. C’est un objectif politique auquel il va falloir être attentif parce qu’aujourd’hui il n’est plus toujours vérifié. C’est notre travail des prochains mois. Hier Jean-Pierre Raffarin, au Conseil National de l’UMP, a dit au fond «  on m’a réservé les tâches les plus difficiles.”

Pierre BOUCHENOT : “ On a vu les belles dents des assureurs privés carnassiers poindre il y a quelques semaines dès qu’il est question de cette assurance maladie. Est-ce qu’on voit arriver une sorte de privatisation ?”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Ce qui est très dommage pour les caricaturistes de la droite c’est que nous, on veut être jugé sur les faits. Sur la réforme des retraites : on aura garanti la retraite par répartition. Sur la santé : même si nous demandons un effort aux Français, à chacun, nous ferons pour la santé un travail méthodique, d’explication de l’enjeu de la réalité. Dans un deuxième temps, nous aborderons la discussion et la négociation et parfois des concessions intelligentes. Et enfin, la décision et la responsabilité du pouvoir politique. Peut-être que les gens redécouvrent que les élus au suffrage universel qu’ils pensaient inutiles, ce sont des gens qui prennent des décisions. Et aujourd’hui, les parlementaires sont en liaison avec le Gouvernement. A la manœuvre !”

Pierre BOUCHENOT : “ Il y a une réforme dont on a très peu parlé. C’est la réforme d’attribution des marchés publics. (…) Jean-Pierre Sueur pense que c’est une machine à corruption.”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Ce texte posait des problèmes aux professionnels. Le Premier Ministre a décidé de le retirer de l’examen définitif. Donc, on va retravailler sur cette question. Quel était l’objectif ? Dans les établissements publics, je pense aux hôpitaux, dans les collectivités locales, dans les établissements dépendants de l’Etat, que les travaux puissent aller vite. Qu’il n’y ait pas de paralysie. Evidement, il faut que toutes les entreprises puissent avoir accès aux marchés, notamment les plus petites entreprises qui sont souvent des sous-traitants. Les architectes peuvent proposer leur candidature avec évidemment la plus grande transparence, avec des exigences qualitatives parce que parfois les problèmes de prix étaient tels que des exigences sociales, environnementales ou qualitatives ne pouvaient pas être prises en compte. Donc, tout cela va être remis à plat. Rassurez-vous ce gouvernement n’a pas envie une fois de plus que ces élus soient mis en suspicion.”

Pierre BOUCHENOT : “ Il nous reste une minute, pour évoquer la construction de l’Europe, ce qui n’est pas rien. Hier en Grèce, les 29 Chefs d’Etats ou de Gouvernements réunis ont approuvé l’avant-projet présenté par quelqu’un que vous connaissez bien, Monsieur Giscard d’Estaing. Alors ce projet de constitution européenne ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ D’abord on peut féliciter Valéry Giscard d’Estaing d’être parvenu à un accord entre l’ensemble des pays qui vont constituer l’Union européenne et demain la future Grande Europe. Ce n’était pas facile. Il fallait essayer de trouver quelques principes. Pour que cet élargissement soit identifié et perçu par nos concitoyens comme positif. Ainsi il y aura une constitution. On saura qui fait quoi au niveau de l’Europe, au niveau national et au niveau local.”

Pierre BOUCHENOT : “ Avec suffisamment de place pour l’expression directe du citoyen notamment l’élection au suffrage universel du Président de la Commission. C’est cela que les gens demandent dans les sondages. ”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Oui, mais les choses vont se faire graduellement, le plus important c’est qu’il y ait un système global pour tous les pays de l’Union européenne. Et si à quelques uns on veut agir plus vite et bien qu’on puisse le faire. L’Europe doit sortir des élites et doit aller dans la rue. Les gens doivent comprendre ce qui s’y passe et ce que l’on veut faire. C’est le « boulot » qui commence  maintenant ! ”

Pierre BOUCHENOT : “ Vous approuvez quand les gens vont dans la rue ? ”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ C’est une grande liberté démocratique de descendre dans la rue et je demande à chacun de faire preuve de responsabilité quand il le fait.”

Pierre BOUCHENOT : “ En deux mots et vous avez 20 secondes pour y répondre, pour les élections régionales j’ai vu que Serge Vinçon, du Cher, était pressenti pour mener la liste aux élections régionales pour l’UMP. C’est pour faire mieux accord avec l’UDF au second tour, ou peut-être dès le premier tour ? ”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Les discussions sont en cours, je souhaite le rassemblement le plus large. Chacun doit y avoir sa place, toutes les sensibilités. Je connais bien les deux protagonistes et je souhaite qu’ils trouvent un bon accord. ”

Pierre BOUCHENOT : “ Si ce n’est pas de la langue de bois, en tout cas cela y ressemble.”

Renaud DONNEDIEU DE VABRES : “ Non, c’est une obligation d’union, d’unité et de rassemblement ! ”

Pierre BOUCHENOT
: “Merci beaucoup.”