En Russie avec la Commission des Affaires Etrangères : L'EUROPE, DE L'ATLANTIQUE A L'OURAL?
La célèbre interpellation du Général de Gaulle na pas quitté mon esprit pendant les 5 jours passés à Saint Petersbourg et à Moscou avec une délégation de la Commission des Affaires Etrangères conduite par Edouard Balladur avec lautorité et la finesse quon lui connaît …
La célèbre interpellation du Général de Gaulle na pas quitté mon esprit pendant les 5 jours passés à Saint Petersbourg et à Moscou avec une délégation de la Commission des Affaires Etrangères conduite par Edouard Balladur avec lautorité et la finesse quon lui connaît.
Cette maxime gaulliste est dailleurs présente dans chaque réaction de nos interlocuteurs – quil sagisse des étudiants de Moscou ou de la veuve de lancien maire de Saint Petersbourg, Mme Sobtchak, dont ladjoint se prénommait Poutine – dès lors quest évoquée la question de lélargissement de lEurope.
Pourquoi la Turquie, pourquoi certains pays de " lEurope de lEst ", pourquoi pas nous, semblaient penser certains !
Force est de constater les éléments nombreux qui réunissent la Russie et la France : langue maternelle à défendre face à lhégémonie anglo-saxonne, culture et architecture clairement européennes, postures diplomatiques très proches même si linterlocuteur principal reste pour Moscou Washington comme une sorte daimantation nostalgique des combats et de la puissance passés.
Et pourtant le chemin est long qui nous fera de part et dautre ouvrir les dossiers dune union politique européenne conjointe.
Ce qui est fascinant cest de constater la juxtaposition, le voisinage parfois électrique entre la pauvreté issue du système communiste non encore éradiqué, les nouveaux russes aidés de leur nouveau pouvoir et de leur " total look " et la jeunesse tout simplement laborieuse, intelligente et profitant de sa nouvelle liberté sans excès.
Un tramway non rénové depuis plusieurs décennies peut ainsi voisiner à Saint Petersbourg la vitrine la plus " branchée " de nos grandes maisons de luxe.
Le langage stéréotypé de certains interlocuteurs à Moscou non totalement libérés de leur passé communiste se heurte à la liberté de ton et à la lumineuse lucidité du Ministre des Affaires Etrangères soucieux dincarner la Russie du vingt et unième siècle fière de son histoire et proche des églises orthodoxes. Les croix ne remplacent-elles pas au sommet des édifices les étoiles du siècle passé ?
La Russie mérite dêtre soigneusement comprise, étudiée, analysée car le chemin quelle entreprend pour sortir du communisme nest pas aisé, tant les défis sont lourds et nombreux : comment, par exemple, remplir les missions de service public (santé, éducation) sans brader à létranger les ressources et les intérêts ?
Je rentre soucieux déviter les trop nombreuses caricatures et les complexes de supériorité de certains analystes, en souhaitant tout simplement que ce soit le modèle européen qui inspire les évolutions que ce grand peuple a décidé daccomplir, afin que la liberté reconquise soit un progrès pour chacun.
