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ITELE: L'invité

Posted By admin2011 On 19 octobre 2005 @ 00:00 In Journal 2002-2004 | No Comments

RDDV: Vous savez, ne soyez pas des enfants gâtés, c’est-à-dire celles et ceux qui habitent dans les grandes villes et qui sont câblés ou qui ont une parabole et qui recevaient plein de chaînes, évidemment pour eux, ils se disent, où est le progrès. Pour ceux qui n’avaient que cinq chaînes, en avoir 14 aujourdhui gratuites…

Nathalie IANNETTA: Bonjour monsieur le ministre.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Bonjour.

Nathalie IANNETTA: Merci d’être avec nous pour notre premier lundi TNT, puisque I TELEVISION désormais est accessible à un Français sur deux, la TNT c’est… les prévisions, ce que vous aviez envisagé, c’est conforme à tout ça ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: C’est pas un slogan barbare, c’est un progrès fantastique. Ca veut dire tout simplement que pour la plupart des Français qui n’avaient que cinq chaînes de télévision c’est une multiplication par trois de l’offre gratuite donc c’est une diversité culturelle, politique, d’information, d’expression et c’est quelque chose de très important. Ca va progressivement gagner l’ensemble du territoire national, c’est-à-dire qu’on a prévu à la fin de l’année 2006, on sera à 85% de couverture et on est en train d’étudier la solution technique pour qu’il y ait 100% des Français couverts.

Thomas JOUBERT: Ca avait été promis par le gouvernement RAFFARIN, 100% fin 2007. Attention aux promesses.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Oui d’accord, donc fin 2006 85%, fin 2007 100%. On est en train d’étudier la solution technique, quel est le problème ? C’est qu’il y a des zones d’ombre comme vous le savez, qu’il y a des zones frontalières, et donc on est en train de regarder techniquement quel sera le meilleur procédé. C’est un atout fantastique, ça vous permet par exemple d’être reçus par l’ensemble des Français gratuitement, ce qui est quelque chose de très important, ça permet au paysage audiovisuel gratuit eh bien de se multiplier.

Thomas JOUBERT: Elle est aussi riche qu’on pouvait l’espérer cette TNT, I TELE c’est très riche, vous pouvez le voir vous qui nous rejoignez depuis ce matin, mais les autres ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Vous savez, ne soyez pas des enfants gâtés, c’est-à-dire celles et ceux qui habitent dans les grandes villes et qui sont câblés ou qui ont une parabole et qui recevaient plein de chaînes, évidemment pour eux, ils se disent, où est le progrès. Pour ceux qui n’avaient que cinq chaînes, en avoir 14 aujourdhui gratuites et d’autres payantes éventuellement en fonction des décisions individuelles…

Thomas JOUBERT: Et demain éventuellement gratuites les autres ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Et deuxièmement avec la possibilité de la haute définition dans une deuxième étape, c’est-à-dire d’une qualité exceptionnelle d’image et de son, c’est un progrès, c’est une révolution, c’est une grande ambition et si vous voulez, c’est pour ça que moi je me situe dans la logique de l’action. C’est-à-dire que je crois que c’est très important de faire en sorte que ces décisions soient suivies d’effets concrets pour nos concitoyens.

Thomas JOUBERT: Et c’est le cas pour vous, avec la promesse des 100% fin 2007 si vous avez surmonté les difficultés techniques, on l’a entendu tout à l’heure.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: On va les surmonter…

Thomas JOUBERT: C’est donc une promesse ferme.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: On est en train de choisir le procédé technique, ça sera très vraisemblablement un bouquet satellitaire gratuit, c’est-à-dire que dans les endroits où par les antennes habituelles on ne reçoit pas la télé, on trouvera un dispositif gratuit pour que ce progrès et cette offre multiplié soit gratuit pour le plus grand nombre.

Nathalie IANNETTA: Alors vous qui aimez le concret, il va y avoir quelque chose de très concret aujourdhui, l’UNESCO va couler dans le bronze, on peut dire ça comme ça, l’exception, la fameuse exception culturelle…

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Oui, c’est un beau combat.

Nathalie IANNETTA: Oui, les Etats-Unis se retrouvent totalement isolés, c’est un beau combat, est-ce que cest une belle victoire surtout ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Ecoutez, je crois que oui, j’espère, je touche du bois en disant ça, c’est mon front en l’occurrence. Pourquoi ? Parce que dans cette période de violence, d’intégrisme, de fanatisme, d’uniformité crainte par nos concitoyens c’est la reconnaissance de la diversité, c’est la reconnaissance que l’activité culturelle n’est pas une marchandise comme une autre. En fait c’est un élément de paix, ce n’est pas une arrogance. Moi je dis d’un même élan, vive la culture afghane, vive la culture américaine, vive la culture française. Donc c’est pour l’équilibre…

Thomas JOUBERT: Oui mais c’est pas la réalité ça Renaud DONNEDIEU DE VABRES. C’est pas la réalité du marché…

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Non mais cest pour ça que c’est important, non la réalité du marché, vous savez ce que c’est par exemple dans le domaine du cinéma ? 85% des places de cinéma vendues dans le monde, le sont pour des productions d’Hollywood, donc la diversité suppose l’équilibre.

Thomas JOUBERT: Qu’est-ce que ça va changer cette loi mondiale ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Ca va changer que chaque Etat… cette disposition internationale fait de la culture une exception, c’est-à-dire que ce n’est pas le marché qui doit réguler, ça veut dire que les Etats sont fondés à tout simplement soutenir et à promouvoir leurs propres artistes ; regardez sur ce sujet, les 25 pays de l’Union européenne sont d’accord. Ca veut dire quoi ?

Nathalie IANNETTA: Comment vous avez fait justement pour rallier y compris les pays anglophones, parce que la France a longtemps été totalement isolée dans ce combat de l’exception culturelle.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Oui mais parce que nous ne sommes plus le mouton noir sur ce sujet. Encore une fois la conjoncture internationale nous a aidé. Chacun se rend compte que dans les guerres, dans le terrorisme, dans la violence qui sévit de par le monde, attacher de l’importance aux racines à l’identité, à la création, la protéger, la mettre en valeur, c’est quelque chose de très important. L’Europe est unie, ça veut dire tout simplement que les systèmes nationaux sont donc légitimes. Ca veut dire que par exemple le système d’aide français au cinéma, à la production audiovisuelle, à la musique, la relocalisation des tournages, ça veut dire que je ne suis plus le mouton noir, ça veut dire que les valeurs que nous avons défendu sont partagées.

Thomas JOUBERT: C’est un ministre heureux, vous voyez, il y en a un ! !

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Non non combatif, combatif, actif… Je suis très heureux…

Nathalie IANNETTA: Non si on a quand même l’impression que vous n’avez pas de problème… oui vous êtes très heureux, il n’y a pas de problème de croissance, pas de problème de chômage, pas de problème de grippe aviaire, ils doivent vous envier vos copains ministres.

Thomas JOUBERT: Vous avez les intermittents quand même !

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Non non attendez, j’ai beaucoup de problèmes parce que j’essaie de me battre contre la délocalisation des activités pour les relocaliser en France, comme vous le savez, les artistes c’est des techniciens, n’ont pas toujours des conditions d’emploi et d’activité facile, mais je suis un combattant comme chacun des ministres dans ce gouvernement ; est si vous voulez, pour pousser une sorte de cri du cœur, ras-le-bol des débats anticipés sur les élections présidentielles. Je suis, je m’engagerai passionnément au moment des élections présidentielles quand l’heure sera venue. Aujourd’hui je m’engage passionnément dans l’action de réforme dont j’ai la charge dans mon domaine qui est un domaine immense, la culture et la communication.

Thomas JOUBERT: Attendez je vous citer la phrase parce que là, ce que vous venez de faire, c’est de m’amener à cette phrase-là “ … Assez de ces politiques bancales qui immobilisent le pays depuis trente ans, assez de ceux qui pensent que quelques ajustements suffiront… ” c’est Nicolas SARKOZY vendredi, dans votre cour, celle de Dominique de VILLEPIN et de Jacques CHIRAC, l’ami de trente ans, les trente ans d’immobilisme.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Mais attendez, moi je ne cherche pas à m’opposer aux uns et aux autres. Non mais attendez, chacun a le droit d’exprimer ce qu’il veut, moi, j’avais cru comprendre et je crois comprendre et je constate que Nicolas SARKOZY est passionné par l’action politique qu’il réussit brillamment comme ministre de l’Intérieur, il est partout où il y a des craquements, des violences et des difficultés et l’ensemble des forces de sécurité ont le sentiment que c’est un, plus qu’un compagnon de route pour eux, c’est-à-dire que c’est un ministre qui prend des décisions, qui est sur le terrain, moi aussi dans mon domaine. On est chacun aujourdhui ce que les Français attendent de nous, c’est qu’on soit chacun engagé dans l’action quotidienne de réforme. Laissons à la gauche les débats franchement parfois mal placés quand ce sont des débats uniquement de personnes…

Thomas JOUBERT: Mais votre Parti c’est l’UMP.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Oui mais je suis passionnément…

Thomas JOUBERT: Nicolas DUPONT-AIGNAN est candidat à la présidentielle, Nicolas SARKOZY est candidat à la présidentielle, Dominique de VILLEPIN laisse flotter le doute… Je veux dire c’est là, on ne va pas faire semblant.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Je considère si vous voulez qu’il y a un temps pour tout et il faudra à un moment s’engager…

Thomas JOUBERT: Donc pas de primaires pour l’instant par exemple ? Romano PRODI là par exemple, vient de se faire couronner à gauche en Italie pour les primaires, c’est pas possible à l’UMP…

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: C’est un bon sujet, l’élection présidentielle c’est pas une ruse, cest effectivement un rendez-vous avec le peuple, ça suppose parfois de trouver des procédures pour régler un certain nombre de conflits et de différents ; il faudra bâtir un projet, mais écoutez, si on est les nuls du moment, s’il y a le feu partout, si ça ne marche pas, vous pensez qu’on aura une chance pour le meilleur d’entre nous de gagner ? Donc moi je n’oppose pas le bilan et le projet…

Nathalie IANNETTA: Qui est le meilleur d’entre vous ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: On aura besoin de l’un et de l’autre et cest pas un propos comme ça…

Nathalie IANNETTA: Monsieur ministre, qui est le meilleur d’entre vous ? Vous venez de dire pour le meilleur d’entre nous, qui est-il à votre avis ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Je vais utiliser ce qui va vous sembler être de la langue de bois mais ce n’est pas le cas, ce qui est le meilleur d’entre nous c’est l’addition de nos énergies, c’est qu’aujourdhui le ministre de l’Education nationale…

Thomas JOUBERT: Mais vos énergies pour l’instant, elles sont les unes contre les autres… soyez honnête.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Non non, mais non, je ne veux pas que les projecteurs se détournent de ce qu’on est chacun entre nous, en train d’essayer de faire, le ministre de l’Education nationale il est au cœur de la mêlée, dans les rentrées scolaires difficiles quand il y a du racisme dans une école, pour soutenir les enseignants et expliquer les choses aux élèves…

Nathalie IANNETTA: Et quand il y a des manuels scolaires contestés.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Le ministre du Budget, le ministre de l’Economie et des Finances pour se battre pour défendre un certain nombre d’enjeux internationaux, moi pour faire que la culture n’apparaisse pas un supplément d’âme sympathique et marginal et faire en sorte tout simplement que ça apparaisse pour l’avenir. Bref c’est cette collection d’énergie qui est importante.

Thomas JOUBERT: Et ceux qui ne jouent pas collectif, vous les rappelez à l’ordre.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Mais je dis simplement qu’il ne faut pas qu’on commence d’emblée les compétitions. Il y aura des compétitions…

Nathalie IANNETTA: Vous n’avez pas l’impression que c’est un peu trop tard, ça y est, elles ont commencé les compétitions.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Non, eh bien moi je parle passionnément des réformes que nous devons faire, que chacun d’entre nous fait, je veux dire encore une fois Nicolas SARKOZY comme ministre, il fait remarquablement bien un certain nombre de réformes, le chef d’orchestre qui est notre Premier ministre Dominique de VILLEPIN, c’est pas des propos de Jésuites que je suis en train de tenir et je dis ça avec un immense respect pour les Jésuites, c’est pas de l’habileté, c’est une recette pour gagner. Il faut que chacun s’engage aujourd’hui dans les mêlées et ensuite on verra quelle sera la configuration ; est-ce qu’il y aura parmi nos rangs, parmi nos rangs de l’UMP, un ou deux candidats à l’élection présidentielle ? Ca s’est vu dans le passé, c’est pas facile à gérer, on le sait bien. Bon, ce débat aura lieu, je peux vous dire en tout cas que je parlerai avec autant de passion lorsque le moment sera venu pour défendre un candidat à l’élection présidentielle, je considère qu’aujourd’hui ce n’est pas l’heure.

Thomas JOUBERT: Le fantassin DONNEDIEU DE VABRES sera derrière Nicolas SARKOZY si c’est lui qui est choisi, c’est ça que j’entends ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Et pourquoi pas ! C’est moi qui choisirai celui que je soutiens. Pour le moment nous ne sommes pas encore totalement d’accord sur la procédure. Il y a un débat posé par Nicolas SARKOZY, il a est le président du Parti, il a tout à fait le droit de poser le débat de vouloir créer un mécanisme de primaire au sein du Parti. D’autres pensent que c’est différent et que de toute façon c’est un rapport, j’allais dire, d’une personne avec le peuple…

Nathalie IANNETTA: C’est la rencontre entre un homme et un peuple, ça c’est Dominique de VILLEPIN, c’est la vision totalement gaulliste…

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Ce débat doit être tranché, je ne veux pas que l’actualité politique devienne celle des prochaines présidentielles maintenant, à chaque heure suffit sa peine, aujourd’hui c’est la réforme, l’urgence, l’impatience des Français qui est le plus important.

Thomas JOUBERT: Et vous reviendrez pour parler des présidentielles, aussi, pas seulement.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES: Sans problème !

Thomas JOUBERT: Merci d’avoir été avec nous, c’était la TNT évidemment notre sujet principal aujourd’hui puisque I TELE est sur la TNT depuis vendredi soir.

Nathalie IANNETTA: Et on est pas peu fier ! 


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