- Renaud Donnedieu de Vabres - https://www.rddv.fr -

Forum national des musiques actuelles (FoRuma) à Nancy

Posted By admin2011 On 7 octobre 2005 @ 17:24 In Discours 2005 | No Comments

Monsieur le Ministre, Monsieur le Maire de Nancy, Cher André Rossinot,

Monsieur le Ministre, Maire adjoint chargé de la culture, Cher Laurent Hénart,

Monsieur le Sénateur, Cher Philippe Nachbar,

Monsieur le Préfet,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureux de participer avec vous tous au forum national des
musiques actuelles réuni depuis mercredi à Nancy. Je suis frappé par l’esprit
constructif et pluraliste qui a animé l’ensemble de vos échanges. Vos 17
ateliers ouvrent des pistes de réflexion très riches et très intéressantes.

Je
compte beaucoup sur vos travaux, sur nos rencontres régulières, pour élaborer
les axes d’une politique adaptée aux spécificités de votre secteur. Notre
rendez-vous d’aujourd’hui en est l’illustration. Il est le résultat d’une année de
discussions, d’analyses, de débats et de travail. J’ai tenu à en faire aussi un
temps de proposition.

J’ai symboliquement posé, hier après midi, avec plusieurs d’entre vous, la
première pierre du futur centre régional des musiques actuelles qui verra le
jour à Nancy, fin 2007. Au-delà du symbole, ce geste marque mon
engagement et ma détermination à agir à vos côtés.

La séance de restitution de ce matin est tout à fait stimulante. Elle vous a
permis de dresser un état des lieux. Elle doit nous permettre aussi de franchir
une nouvelle étape dans la reconnaissance des musiques actuelles ainsi que
dans la mise en oeuvre de mesures concrètes et stratégiques pour l’avenir.

La reconnaissance récente des musiques actuelles.

Je veux renforcer et multiplier les occasions de rencontres et les lieux de débat
entre les artistes, les publics, et les nombreux acteurs professionnels ou
amateurs, qui contribuent au développement, au foisonnement des musiques
actuelles. Elles sont à la fois, au sens le plus fort de ce terme, des musiques
populaires. Elles font partie de notre patrimoine, qu’elles enrichissent sans
cesse de nouvelles créations. Et elles incarnent, par la multitude des genres,
des styles et des talents, la notion même de diversité culturelle.

Elles s’inscrivent dans les mouvements de notre société, et ce depuis
toujours, au gré de l’éclosion des talents et de l’évolution des techniques,
mais aussi du formidable écho qu’elles rencontrent auprès d’un public sans
cesse plus large, plus varié, plus avide de nouveautés, de découvertes et
d’émotions. Toutes les études sur les dépenses et les pratiques culturelles
des Français montrent que la part consacrée aux musiques qui nous
rassemblent aujourd’hui dans leurs activités, dans leur équipement, dans
leurs achats, ne cesse de croître et même de se multiplier. Dans toute la
diversité des courants artistiques d’aujourd’hui, comme des supports qui ne
cessent de se diversifier, elles accompagnent toujours, anticipent souvent les
changements, elles sont l’expression de la pluralité des cultures, des langues,
des générations, des combats politiques, mais aussi de toutes les émotions et
des moments forts de la vie de chacune et de chacun d’entre nous.

Le Jazz
N’ayant pu évoquer suffisamment le jazz à Strasbourg, et ne pouvant être
présent ce soir au festival de Nancy jazz pulsation, je veux à ce stade dire un
mot du jazz.

La politique que le ministère de la culture et de la communication conduit
avec succès depuis 2002 en faveur des ensembles musicaux et vocaux
professionnels, concerne aussi les grands orchestres, ensembles ou collectifs
de jazz.

Acteurs importants du développement de l’emploi artistique, ceux-ci doivent
aujourd’hui pouvoir bénéficier de moyens renforcés. Si le secteur du jazz a
besoin de moyens accrus, il doit aussi être mieux structuré. Je serai donc
particulièrement attentif à ce que les DRAC engagent, chaque fois que cela
sera possible, des conventionnements avec ceux des ensembles, orchestres
ou collectifs de jazz, qui, à l’image notamment des ensembles de musiques
classiques, pourraient créer des partenariats durables avec des collectivités
territoriales, pour la réalisation d’un projet artistique et culturel ambitieux et
créatif.

C’est, j’en suis persuadé, une condition nécessaire à la poursuite sereine de
la réflexion qui a été engagée, notamment, avec l’association pour le jazz en
orchestre national (AJON) et avec l’association Grands Formats, sur l’avenir
du secteur. Cette réflexion porte en particulier sur le devenir de l’orchestre
national de jazz, qui est aujourd’hui la seule formation à bénéficier d’un label
unique créé en 1986, dont Franck Tortiller vient de prendre la direction
musicale.

Je souhaite que cette concertation, conduite par la Direction de la Musique,
de la Danse, du Théâtre et des Spectacles, aboutisse dans les prochains
mois à une série de propositions qui pourront être mises en oeuvre dès la
saison 2006/2007.

La chanson, le jazz, les musiques traditionnelles et les musiques du monde,
toutes les formes du rock, de la pop, du hip hop, des musiques électroniques
et tous les métissages de ces différentes familles musicales, constituent un
formidable terreau de créativité pour de nombreux artistes et au-delà, pour
tous ceux qui les pratiquent en amateur.

Les musiciens professionnels relevant du champ des musiques populaires
représentent plus de 70% des musiciens en activités, d’après une enquête
récente du Ministère de la Culture et de la Communication. Il est certain
qu’une proportion semblable de musiciens amateurs pratiquent les musiques
actuelles, ce qui est considérable.

L’action que je veux mener avec vous en faveur des musiques actuelles doit
se nourrir de l’addition des énergies qui les composent.

En dépit d’une longue histoire, les musiques actuelles n’ont retenu l’attention
des pouvoirs publics que depuis une période relativement récente, par
rapport aux autres pratiques culturelles. Aujourd’hui, les musiques actuelles
doivent faire l’objet d’une prise de conscience, non seulement par l’Etat, mais
aussi par l’ensemble des collectivités partenaires de la politique culturelle ;
elles doivent faire l’objet d’une véritable politique publique, dont je vais
maintenant vous présenter les orientations.

Je suis et continuerai d’être très vigilant aux politiques territoriales qu’elles
concernent la ville ou les territoires ruraux. Les artistes, les publics en font
partie intégrante.

Je suis convaincu qu’est venu aujourd’hui le temps de la rencontre avec tous
les échelons territoriaux. J’en serai le déclencheur en y sensibilisant
personnellement les collectivités territoriales, dont le rôle est essentiel.

Je
mesure bien en effet les incompréhensions, les risques de situations
conflictuelles qui en découlent. C’est un véritable partenariat qui doit
s’instituer. Je demande aux Directions régionales des affaires culturelles
(DRAC) de jouer un role actif de médiation.

Le Budget

Un budget ne résume pas une politique, mais il en est l’expression. Le
Ministère de la Culture et de la Communication a doublé les moyens qu’il
accorde au secteur, au cours des sept dernières années, tant pour
l’investissement et le fonctionnement des équipements, que pour l’aide à la
création.

Ce sont aujourd’hui 20M- qui sont accordés en fonctionnement par l’Etat aux
musiques actuelles.

Il importe aussi que les outils dont nous disposons soient encore plus
efficaces.

Des outils perfectibles

Je commencerai par le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz
(CNV) qui doit jouer un rôle essentiel pour la structuration de l’ensemble du
secteur. Je tiens à féliciter Daniel Colling qui vient d’être reconduit à la
présidence de l’établissement public.

Il est indispensable que le centre de ressources du CNV sur l’économie de la
production des spectacles de variétés, se développe, afin que nous puissions
enfin disposer d’éléments d’analyse et de prospective sur le spectacle vivant.

Ces éléments sont essentiels pour définir les orientations qui guideront notre
action commune dans les mois et les années à venir.

Le CNV doit en effet être au coeur de la politique publique, pour le
développement des musiques actuelles, pour la création et la diffusion, pour
agir au nom de l’Etat, au nom de l’intérêt général.

Il est tout à fait essentiel que cet établissement public soit au service des
professionnels, afin de les accompagner dans l’ensemble de leurs
démarches. C’est dans cet esprit, que je souhaite lui confier d’autres
missions, à commencer par le programme de résidences de musiques
actuelles, jusqu’ici piloté par le Ministère de la Culture et de la
Communication, afin de dynamiser la création et l’action culturelle ou
éducative. Les modalités du transfert de cette compétence seront
déterminées dans les semaines à venir.

Je souhaite également que le Hall de la Chanson, puisse rapidement intégrer
le CNV. Car, dans votre domaine aussi, le patrimoine est un capital d’avenir.

Sur le financement du centre, je me réjouis, bien sûr, de la progression
régulière du montant de la taxe sur les spectacles, 13M- en 2004, collectée
par le centre national des variétés.

Je réaffirme ici l’engagement de l’Etat, à hauteur d’un million d’euros, dans le
fonctionnement du CNV. Il est en effet primordial que les ressources propres
de l’établissement soient prioritairement affectées au soutien des projets.

Je tiens à saluer par ailleurs le dispositif des “ scènes de musiques actuelles ”
créé en 1996. Il s’est réellement développé depuis cinq ans et nous y avons
consacré 7,5M- en 2004, soit 20% des financements publics.

Les derniers équipements créés sont de remarquables complexes comme la
« Cartonnerie » à Reims ou prochainement le centre des musiques actuelles
de Nancy, et encore, à Tours, la ville dont je suis l’élu, le « Petit Faucheux »,
installé récemment dans l’ancien théâtre Louis Jouvet du centre dramatique.

Ce sont aussi 14 millions d’euros que le Ministère de la Culture et de la
Communication a engagés sur trois ans dans la construction de sept Zéniths
qui couvriront la quasi-totalité du territoire.

Vers une évaluation plus fine des attentes et des besoins

Les outils n’ont de pertinence et d’efficacité que s’ils satisfont les besoins et je
souhaite faire un point très précis sur l’ensemble du secteur.

Je veux d’ailleurs saluer ici le travail remarquable dans ce domaine des
associations comme le Fonds pour la Création Musicale ou le centre
d’Information et de Ressources des Musiques Actuelles.

J’ai commandé à l’inspection générale de l’administration de la culture, une
évaluation des dispositifs et des moyens mis en oeuvre par l’Etat depuis une
quinzaine d’années en faveur des musiques actuelles. Je compte beaucoup
sur les résultats de cette étude, confiée à Anita Weber et Michel Berthod. J’ai
demandé qu’ils me soient remis d’ici la fin de l’année. Ils nous permettront de
concevoir et de mettre en oeuvre une politique plus efficace.

Au-delà des moyens existants et – j’en ai bien conscience -perfectibles, je
veux engager un travail de long terme entre l’ensemble des professionnels et
les collectivités locales, pour la connaissance et la reconnaissance de ce
secteur à part entière.

L’institutionnalisation de la concertation nationale

La concertation nationale pour le développement des musiques actuelles
avait été créée à votre demande. Grâce à l’engagement et à l’énergie de
chacun d’entre vous, qui ont permis de créer les conditions du dialogue
nécessaire, elle a jeté les fondements d’une réflexion et d’un travail durables.

Les premiers travaux de cette concertation ont abordé les conditions
territoriales de développement des musiques actuelles, dans toutes ses
dimensions : l’enseignement de la formation et des pratiques artistiques, la
création, la production, la diffusion et l’exposition des oeuvres et des artistes,
ainsi que le travail d’action culturelle et éducative qui s’y attache.

C’est pourquoi j’ai décidé d’offrir un cadre permanent à cette concertation, en
créant auprès de moi un Conseil supérieur pour les musiques actuelles (CSMA). Je l’installerai dans les toutes prochaines semaines au Ministère de
la Culture et de la Communication.

Il réunira l’ensemble des professionnels d’ores et déjà présents dans la
concertation, les représentants des collectivités locales et territoriales,
auxquels viendront se joindre les représentants de la production et de l’édition
phonographique, ainsi que l’ensemble des services de l’Etat concernés, le
département des études, de la prospective et des statistiques du Ministère de
la Culture et de la Communication, la Direction de la Musique, de la Danse,
du Théâtre et des Spectacles, les directeurs régionaux des affaires
culturelles, et enfin l’établissement public, le CNV. Il associera et entendra en
tant que de besoin l’ensemble des organismes du secteur et des services de
l’Etat compétents et sera présidé par une personnalité indépendante que je
viens de désigner, David Kessler, directeur de France Culture.

Ce Conseil devra achever les travaux d’ores et déjà engagés par la
concertation. Il devra rapidement lancer un programme de travail permettant
de traiter l’ensemble des sujets fondamentaux pour la structuration du
secteur, comme l’emploi, les pratiques amateurs, les questions de formation
et d’insertion professionnelle, la création et la diffusion.

Je souhaite à ce stade évoquer deux thèmes très importants : la formation et
la diffusion.

La Formation

Une première étape a été engagée avec la récente création des diplômes
d’Etat et des certificats d’aptitude pour les musiques actuelles amplifiées. Une
centaine de musiciens en sont titulaires aujourd’hui. Ces diplômes et les
centres de formations qui les délivrent, sont autant d’outils qui devront irriguer
des conservatoires de musique et des écoles associatives. Par ailleurs, la
mise en oeuvre de la valorisation des acquis de l’expérience devrait
progressivement permettre à ceux des nombreux artistes qui se sont eux-mêmes
formés, d’obtenir la reconnaissance de leur compétence dans
l’objectif de mieux la transmettre. Il va de soi que la mise en oeuvre du
diplôme national d’orientation professionnelle, et le dispositif à l’étude sur
l’enseignement supérieur de la musique, concernent aussi les artistes qui,
dans le secteur des musiques actuelles, ont peut-être encore, plus que dans
d’autres disciplines, besoin de trouver les voies d’accès à l’université que leur
ouvriront ces nouveaux diplômes.

J’ai conscience que l’enseignement des musiques actuelles et
l’accompagnement des pratiques musicales, reposent principalement sur un
réseau associatif dense et varié, que nous devons nous engager à mieux
faire connaître, reconnaître, valoriser et accompagner. Tel est le sens de la
politique conventionnelle durable que je veux engager, notamment avec les
associations et les conservatoires de musique. Je veillerai à ce que le
diplôme national d’orientation professionnelle récemment créé pour la
musique, la danse et le théâtre, puisse concerner l’ensemble des musiques
actuelles.

L’éducation artistique est une priorité. J’ai souhaité avec mon collègue Gilles
de Robien renforcer la politique en faveur de l’éducation artistique et culturelle
en installant le 19 octobre prochain le Haut Conseil de l’éducation artistique et
culturelle. Je suis sur que cette nouvelle institution sera source d’évaluation et
de propositions rapides et concrètes.

Cinq millions de Français pratiquent la musique en amateur, et parmi eux, de
très nombreux praticiens des musiques actuelles, qui constituent le socle du
renouvellement des genres, des esthétiques et des pratiques. De ce point de
vue, vous le savez, j’ai voulu qu’un décret, dont la projet a déjà fait l’objet d’une large concertation, vienne prochainement préciser le cadre
réglementaire des pratiques en amateurs, notamment pour ce qui concerne la
collaboration entre musiciens amateurs et équipes professionnelles. Ce sera
une avancée très importante.

L’exercice des pratiques artistiques musicales amplifiées, en amateur ou
professionnelles, nécessite des espaces adaptés, en particulier des studios
de répétition et des lieux de diffusion spécifiques. Le devenir des pratiques en
amateurs et les conditions de la professionnalisation des groupes et des
artistes qui s’y engagent en dépendent en grande partie.

Le spectacle vivant, c’est avant tout la scène, qui donne souvent toutes ses
chances aux artistes de se faire connaître au plus grand nombre. Je me
félicite du nombre et de la richesse des festivals et des concerts de musiques
actuelles qui irriguent l’ensemble de notre territoire. Je salue le travail de
toutes celles et de tous ceux, artistes, techniciens et producteurs de
spectacles, qui sont les acteurs de ce foisonnement remarquable et stimulant.

Sur ce point, le gouvernement encourage la simplification des conventions
collectives du secteur du spectacle vivant, au bénéfice des salariés du
secteur, dont les conditions de travail seront mieux encadrées, et des
employeurs dont l’environnement de travail sera éclairci.

Je souhaite en particulier que le recours au CDD d’usage soit encadré, que le
périmètre et les conditions de recours soient très précisément définis et que
la totalité du travail effectué soit déclarée et rémunérée, afin que l’assurancechômage
joue pleinement – mais seulement – son rôle. Le secteur des
musiques actuelles sera ainsi inscrit dans un cadre conventionnel rationalisé,
au contenu renouvelé.

J’entends également que les musiques actuelles, dans toute leur diversité,
soient accueillies dans le cadre de résidences, par les scènes généralistes
que le ministère soutient, en particulier les scènes nationales. Et je suis très
heureux que de nouvelles scènes conventionnées pour la chanson ou le jazz
s’ajoutent aux sept existantes à ce jour.

Je serai en particulier attentif à ce que l’important dispositif qui a été mis en
place au cours des vingt dernières années par le Ministère de la Culture et de
la Communication pour soutenir l’enseignement des musiques d’aujourd’hui,
dont le monde du jazz a été l’un des premiers bénéficiaires, ouvre sur de
véritables débouchés professionnels pour les jeunes musiciens du secteur,
qui représentent aujourd’hui un cinquième des musiciens professionnels en
France.

La diffusion

La connaissance et la reconnaissance des musiques actuelles ne peuvent se
passer, bien sûr, d’un effort important en faveur de la diffusion.

Même si l’année 2005 a vu une amélioration de l’exposition de la musique à
la télévision, la situation reste fragile, et je relancerai le dialogue entre les
diffuseurs et l’ensemble de la filière pour obtenir des améliorations
supplémentaires dans les mois à venir. De ce point de vue la TNT est une
chance.

La diffusion est la clé de l’accès au public et dès mon arrivée rue de Valois,
j’ai fait adopter par le Parlement la modification de l’article 29 de la loi du 30
septembre 1986, permettant au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA)
d’établir dans les conventions des radios des critères précis de diversité
musicale. J’ai récemment saisi le CSA afin d’appeler son attention sur la
négociation des futures conventions dans le domaine de la radio, qu’il
s’agisse des radios associatives ou des radios commerciales. Il faut utiliser ce
mécanisme conventionnel pour lutter contre la forte concentration de la
diffusion des titres. Je veux d’ailleurs ici saluer le travail de radios comme
Radio Campus ou de la Ferrarock qui font un formidable travail pour la
diversité de la musique.

J’ai décidé de doter de nouveaux moyens l’observatoire de la musique et
d’étendre ces études à l’observation de la diffusion de musique à la télévision
en 2006, afin que les données du marché soient étudiées en toute
transparence.

La baisse brutale du marché du disque a porté un coup à l’ensemble du
secteur, entraînant de lourdes conséquences économiques et sociales.
Il est évident que ces difficultés s’ajoutent à celles que rencontrent de
nombreux acteurs des musiques actuelles, labels, éditeurs ou distributeurs,
dont l’investissement et la prise de risque sont essentiels à la diversité de la
création musicale.

Soutenir et défendre la diversité de nos créations et de nos industries
culturelles, dans le domaine du disque en particulier, c’est aussi relancer
l’investissement et permettre la prise de risque. C’est pourquoi :

– j’ai souhaité et j’étudie actuellement – avec Jean-François Copé – la création
d’un crédit d’impôt pour les PME du disque ;

– j’ai décidé de prolonger l’aide à la distribution physique des disques, en
partenariat avec le ministère délégué aux petites et moyennes entreprises ;

– j’ai créé un fonds d’avance remboursable pour les toutes petites entreprises
du secteur, que j’ai doté de 2 millions d’euros, et qui sera opérationnel dès la
fin de l’année. Ce fonds sera ré-abondé chaque année de 500 000-.

Les profondes mutations de la société de l’information et les changements de
mode de consommation des biens culturels induisent, par ailleurs, de prendre
en compte la protection de l’ensembles des ayants droits.

Je présenterai en décembre prochain devant le Parlement le projet de loi sur
les droits d’auteurs dans la société de l’information, afin d’apporter le cadre
juridique nécessaire aux nouveaux modes de consommation des produits
culturels.

De manière plus générale, j’aimerais que touts les acteurs des musiques
traditionnelles et des musiques du monde, ou encore des musiques
électroniques, familles singulières, mais parties prenantes des musiques
actuelles, soient en mesure de faire de façon permanente un état des lieux
spécifique à leur secteur. De ce point de vue leur participation aux travaux du
Conseil Supérieur pour les Musiques actuelles et le jazz, les y conduira
naturellement.

Je veux mettre en oeuvre, dans l’échange et le dialogue avec vous une
politique équilibrée et cohérente pour les musiques actuelles. Je me félicite
de la créativité et de la capacité de confrontation des idées dont vous avez fait preuve, tout au long des débats de ce forum national. C’est dans le même
esprit que j’entends donner une lisibilité et une efficacité fortes à la politique
publique dont je viens de vous présenter les orientations. Sans doute les
musiques actuelles ont-elles été longtemps considérées comme un secteur à
part, voire un peu marginal, au Ministère de la Culture et de la
Communication. J’espère vous avoir convaincu que ce n’est plus le cas et
que, bien au contraire, vous êtes au coeur de ma politique en faveur du
spectacle vivant, en faveur de l’emploi des artistes et des techniciens, en
faveur des publics, parce que vous êtes au coeur de la vie des Françaises et
des Français.

Je vous remercie.


Article printed from Renaud Donnedieu de Vabres: https://www.rddv.fr

URL to article: https://www.rddv.fr/2005/10/07/forum-national-des-musiques-actuelles-foruma-agrave-nancy/

Copyright © 2012 Renaud Donnedieu de Vabres. All rights reserved.