Ouverture de la huitième Biennale d’art contemporain de Lyon – L’Expérience de la durée
Monsieur le Ministre, Monsieur le Président du Conseil Régional,
Monsieur le Sénateur-Maire,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Directeur artistique,
Monsieur le Commissaire de la Biennale,
Mesdames, Messieurs,
Je suis très heureux d’inaugurer avec vous tous cette huitième édition de la
Biennale. Votre cité a toujours été – ce port en témoigne – un carrefour des
échanges, du commerce, du dialogue entre les hommes et les civilisations.
Lyon, métropole européenne, et sa région, disposent d’un patrimoine
historique et culturel exceptionnels. Inscrite depuis 1998 au patrimoine mondial
de l’humanité, Lyon a toujours fait de son rayonnement culturel et artistique un
atout majeur, non seulement de la qualité du cadre de vie qu’elle offre à ses
habitants, de son art de vivre, mais aussi de son développement et de ses
projets d’avenir.
La Biennale est profondément inscrite dans le paysage national et international
de l’art contemporain.
J’en veux pour preuve le succès que rencontrent les organisateurs, les artistes
invités, les oeuvres choisies auprès d’un très large public. Ici, et je m’en réjouis,
car cela concorde avec les objectifs de ma politique culturelle, les artistes et la
création contemporaine ont non seulement droit de cité, ils sont au coeur de la
cité.
Cette réussite est le fruit des efforts de tous, de l’addition de toutes les
énergies, et d’abord de l’action de l’Etat et des collectivités territoriales, mais
aussi aux nombreux partenaires privés qui se sont engagés dans cette
alliance, intelligente et efficace, avec l’ensemble des pouvoirs publics. Je tiens
à les en remercier. Les efforts de tous portent leurs fruits à Lyon et dans sa
région, pour mettre en valeur la création en France, mais aussi, j’y tiens
beaucoup, au-delà de nos frontières.
Avec l’Association française d’action artistique (AFAA), le ministère de la
culture et de la communication et le ministère des affaires étrangères, et
l’ensemble des divers partenaires français et étrangers qui s’y sont associés,
j’ai décidé d’accroître notre effort par la mise sur pied d’expositions à travers la
France et l’Europe, qui contribueront à sa diffusion internationale, en incitant, je
l’espère, un public toujours plus nombreux à découvrir les créations présentées
aujourd’hui, à Lyon.
Outre les cinq lieux lyonnais, la Sucrière, le musée d’art contemporain, l’Institut d’art
contemporain de Villeurbanne, le Centre d’art Le Rectangle, et le fort Saint-Jean, la
Biennale sera en effet présente en Europe, dans cinq centres d’art, en réseau et en
temps réel : le Tramway à Glasgow, le Portikus à Franckfort, le PAC à Milan, le
Centre Migros à Zurich et le Palais de Tokyo à Paris.
Oui, ici à Lyon, c’est bien la scène régionale, nationale et internationale qui montre
à quel point elle est active et créative, conformément à la vocation de la France.
Car la France a vocation non pas seulement à exporter ses créations, mais aussi à
encourager toutes les créations, en accueillant et en soutenant les créateurs et
leurs oeuvres, dans toute la diversité de nos lieux culturels. Je peux vous dire que le
Président de la République, le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement
sont mobilisés sur ce sujet.
Pour ma part, j’ai tenu à ouvrir les lieux dont j’ai la responsabilité. L’opération que
j’ai intitulée « les visiteurs » cet été et qui se poursuit cet automne, c’est cette
alliance entre notre patrimoine le plus emblématique et la création la plus
contemporaine, illustrée par la présentation d’oeuvres des collections du fonds
national d’art contemporain dans vingt monuments historiques prestigieux.
Je tiens à ce qu’il n’y ait pas de haut lieu de notre patrimoine historique qui ne soit
ouvert à la création contemporaine, de même que je souhaite que le Grand Palais,
dédié, dès sa création, « à la gloire de l’art français », et qui va rouvrir ses portes
dans quelques jours, mais aussi le Palais de Tokyo, jouent un rôle actif pour
susciter de nouvelles rencontres entre les créateurs et le public, en prolongeant
ainsi le succès de la Biennale.
Les artistes nous proposent, à travers leurs créations multiples, une vision du
monde. Ils nous invitent à l’observation, à l’écoute, à la compréhension.
Certes,
l’oeuvre d’art est foncièrement une expérience individuelle, mais ce peut être une
expérience partagée, dans la durée, qui ouvre à la conscience de soi et de l’autre.
Je veux souligner les efforts que vous avez accomplis pour concevoir une
exposition où passé et présent se confrontent, où oeuvres de référence et oeuvres
inédites se côtoient. Oui, comme le disent les deux commissaires, il convient « pour
comprendre le présent de faire un détour nécessaire par le passé ». Oui, c’est ainsi
que l’art doit se vivre.
Alors que, de par le monde, se multiplient des biennales et des manifestations
ponctuelles comme autant d’événements strictement médiatiques, il est bon que
l’histoire soit invitée pour donner tout son sens à la culture et à la création dans
notre époque.
C’est le même esprit, celui de la durée, qui inspire mon action dans le domaine de
la création, et par exemple, tout récemment, le plan de relance de la commande
publique que j’ai annoncé, au conseil des ministres du 25 août.
Car nous le savons tous, ici à Lyon, en France, sur l’ensemble de notre territoire, et
partout où ils présentent leurs oeuvres, en favorisant l’accès des Français à la
création contemporaine sur leurs lieux de vie, de travail et de loisirs, les artistes non
seulement donnent une image audacieuse, créative et innovante de notre pays,
mais transmettent leurs énergies créatrices, dont nous avons tant besoin, dans
notre monde en quête de sens.
Je vous remercie.
