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Soutien au court-métrage

Posted By admin2011 On 1 février 2005 @ 00:00 In Journal 2002-2004 | No Comments

Dans son foisonnement même, le court métrage est porteur de lavenir de la création cinématographique et audiovisuelle. Les plus grands noms du cinéma de long métrage daujourdhui sont des courts métragistes dhier : Arnaud Desplechin, François Ozon, Julie Bertucelli, Orso Miret, mais aussi Jean-Pierre Jeunet, pour ne citer que quelques exemples… Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux de participer au festival international de Clermont-Ferrand pour sa vingt-septième édition.

Le court métrage élargit notre vision du cinéma, et je dirais même des cinémas au pluriel. Il nous fait découvrir des contrées inattendues, en toute liberté. Le court métrage est un véritable laboratoire de la création, mais aussi une école permanente des talents. Il est le symbole même, de cette liberté et de cette diversité, qui sont essentielles au renouvellement du septième art.

Dans son foisonnement même, le court métrage est porteur de lavenir de la création cinématographique et audiovisuelle. Les plus grands noms du cinéma de long métrage daujourdhui sont des courts métragistes dhier : Arnaud Desplechin, François Ozon, Julie Bertucelli, Orso Miret, mais aussi Jean-Pierre Jeunet, pour ne citer que quelques exemples. Ils ne seraient pas ce quils sont aujourdhui, sils nétaient pas passés par létape du court métrage.

Je tiens à tirer un grand coup de chapeau à toute léquipe du Festival et de lassociation  » Sauve qui peut le court « . Votre réussite, votre succès, tant auprès du public que des professionnels, est dabord le fruit de votre passion et de votre engagement personnel. Je tiens aussi à saluer les collectivités territoriales qui, aux côtés de lEtat, soutiennent avec constance ce grand rendez-vous des amateurs de cinéma du monde entier.

En tant que ministre de la culture et de la communication, je suis très attentif aux conditions de production des œuvres de lesprit, dans tous les domaines. Je sais votre dynamisme : le nombre de courts-métrages produits ne cesse de croître : 425 films en 2003. Sur le plan artistique, cest un phénomène positif dans la mesure où cest un gage de créativité, dinnovation et de découverte de talents.

Je sais néanmoins que le tissu économique des entreprises de court-métrage est fragile. Il est en effet composé en majorité de sociétés indépendantes non intégrées à des sociétés de production de long métrage et daudiovisuel.

Au total, le nombre de films aidés par le CNC représente la moitié de la production, soit environ 200 films sur 400.

Je sais aussi que la diversité du court métrage implique aussi bien des professionnels que des bénévoles passionnés. Je connais vos inquiétudes sur ce point. Et je tiens à vous dire aujourdhui quiI nest pas question dassécher la diversité de ces sources de talents. Je veux simplement que nous agissions ensemble pour développer le soutien au court métrage, et lemploi dans ce secteur, en veillant à ce que son économie ne soit pas souterraine.

Cest pourquoi il faut un véritable plan durgence, car limportance du secteur du court métrage et la situation dans laquelle il se trouve le justifient. Mais il doit être précédé dun travail approfondi de réflexion et de concertation, afin de définir les modalités daffectation de nouvelles sources de financement pérennes. Je souhaite ici en préciser les principaux axes, les modalités devant être décidées avant lété.

Le développement de lemploi et le respect nécessaire du droit du travail ne pourront prendre tout leur effet quà partir du moment où nous serons parvenus à améliorer durablement les conditions de financement du secteur. Les solutions que je propose sont encore à ce stade autant de pistes de travail pour la concertation qui commence. Les conclusions, attendues fin mars, de la nouvelle mission que jai confiée à M. Alain Auclaire sur les liens entre les aides publiques et les conditions demploi, devraient nous permettre de développer des pistes pour un meilleur financement et un contrôle amélioré du secteur.

    · Il est nécessaire de renforcer la dotation à la production de films de court métrage du CNC, en réévaluant fortement laide moyenne par film, tout en maintenant le nombre de films soutenus.

    · Je souhaite également inciter les régions à développer leur action en faveur de la production de court métrage en sappuyant sur les conventions Etat-CNC-Régions. Je viens de participer à la signature de la convention avec la région Auvergne.

En 2004, les collectivités territoriales ont financé à hauteur de 3,1 M€ la production de films courts, soit près de 28% des apports au secteur. Ces apports pourraient être plus efficaces, notamment en évitant la dispersion, et en aidant mieux les projets.

Il sagirait donc dinciter les collectivités territoriales, prioritairement les régions, à faire un double effort supplémentaire en faveur de la production de courts métrages : des moyens nouveaux devront être affectés au court métrage ; la moyenne des aides apportées aux projets devra être relevée.

Dans le cadre des conventions conclues avec les collectivités territoriales, le CNC devrait être en mesure daccompagner financièrement les Régions en ce sens.

    · Il faut ensuite simplifier le cadre administratif de production des films de court métrage.

Le bénéfice du soutien financier à la production de films de court métrage est subordonné à lobtention dune autorisation de production. Cette autorisation conditionne également la délivrance ultérieure de lagrément de diffusion, qui lui-même conditionne laccès aux aides à la diffusion.

Or, la procédure dattribution de lautorisation de production nest plus respectée depuis au moins 20 ans ! Il faut évidemment simplifier cette procédure. Jai chargé le CNC de me faire avant lété des propositions.

    · Il faut aussi favoriser limplication des producteurs de long métrage dans la production de films de court métrage.

La réglementation actuelle permet aux sociétés de long métrage de mobiliser leur soutien automatique pour financer la production dun court métrage. Cependant, il ny a chaque année quà peine 5 films de court métrage bénéficiaires du soutien automatique, dun montant moyen de 8 000 € par film.

Il faut inciter les sociétés de production de long métrage ayant un fonds de soutien automatique à produire des films de court métrage. Je souhaite une réflexion rapide sur les modalités de cette implication. Jattends vos propositions concertées sur ce sujet.

Je souhaite en particulier savoir si le mécanisme du  » 1%  » vous paraît nécessaire et suffisant.

    · Je souhaite mobiliser à lintention du court métrage les ressources du mécénat.

Aujourdhui, les industries techniques, à travers la Fédération des industries pour le cinéma, laudiovisuel et le multimédia (FICAM), que jai rencontrée jeudi lors de lassemblée générale annuelle, souhaitent développer des actions de mécénat, en faveur de la production des films de court métrage. Je souhaite que soit lancée la préfiguration dune fondation de court métrage, qui pourrait être ouverte à dautres entreprises à la faveur des nouvelles lois sur le mécénat.

· Je souhaite mener une étude sur les conditions du bénévolat dans le secteur de la production associative.

Le mode de production associatif accompagne de jeunes auteurs ou fédère des cinéastes. Dans le cadre de ces productions, lensemble des équipes travaillent bénévolement. Une étude pourrait être engagée et remise avant lété 2005, pour faire le point sur les conditions du bénévolat dans ce secteur, qui, à cet égard, ressemble à dautres types dactivités dans le spectacle vivant.

    · La possibilité dune exonération de charges sociales au bénéfice des entreprises de court métrage doit être examinée.

Cette exonération pourrait être plaidée (à la faveur de la mission confiée à M. Alain Auclaire) auprès du Ministère des affaires sociales dans le cadre des aides existantes sur les entreprises innovantes, au titre de la recherche et du développement.

    · Lhypothèse dune mobilisation des fonds dédiés à la formation dans le cadre de la production de films de court métrage doit être étudiée.

Deux réflexions sont souhaitables : sur la mise en place de conventions de stage et sur la possibilité de considérer le court métrage comme un lieu de formation, pouvant aller jusquà mettre en place des dispositifs dapprentissage à imaginer.

    · Enfin, je souhaite, en parallèle, que sengage, dès cette année, une réflexion sur la diffusion, pour permettre une amélioration des conditions de diffusion des films de court métrage dès 2006 : je pense à la diffusion en salles, mais aussi, à la diffusion à la télévision et en particulier, sur les chaînes publiques, par exemple sur France 4.

Pour conclure, je voudrais vous faire partager ma conviction que cest par la combinaison de lensemble de ces mesures que nous pourrons, ensemble, inventer un nouveau cadre économique, financier et juridique en faveur du court métrage. Aucune solution partielle ny suffira, il nous faut concevoir ensemble ce nouvel environnement pour que lannée prochaine, au cours de la 28e édition du Festival de Clermont-Ferrand, nous puissions constater un regain et un épanouissement de la diversité des œuvres qui nous enchantent. Là est lavenir du cinéma et de la télévision de demain.

Je vous remercie.


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