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"L’INVITE DU MATIN" Renaud DONNEDIEU de VABRES

Posted By admin2011 On 18 octobre 2004 @ 00:00 In Journal 2002-2004 | No Comments

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, non, je vous ai entendu tout à l’heure donner le sentiment, et cest votre droit, que nous étions des gens qui zigzaguions et qui agissions au gré des circonstances. Je ne crois pas du tout. Je crois que nous avons pris des engagements au moment de la campagne  présidentielle et que nous les déclinons. Dans mon domaine, qui est celui de la culture, de la communication, de l’emploi culturel, dès mon arrivée au gouvernement, cest-à-dire au tout début du mois d’avril, j’ai pris un certain nombre d’engagements : mettre sur pieds un système provisoire pour sortir de la crise… PIERRE-LUC SEGUILLON: Renaud DONNEDIEU de VABRES, bonjour.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Bonjour.  

PIERRE-LUC SEGUILLON
: Est-ce que, sur la question des intermittents, comme sur la question des restructurations et des licenciements économiques, comme sur d’autres projets, la philosophie du gouvernement c’est : “ Reculons, courage ! ”

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, non, je vous ai entendu tout à l’heure donner le sentiment, et cest votre droit, que nous étions des gens qui zigzaguions et qui agissions au gré des circonstances. Je ne crois pas du tout. Je crois que nous avons pris des engagements au moment de la campagne  présidentielle et que nous les déclinons. Dans mon domaine, qui est celui de la culture, de la communication, de l’emploi culturel, dès mon arrivée au gouvernement, cest-à-dire au tout début du mois d’avril, j’ai pris un certain nombre d’engagements : mettre sur pieds un système provisoire pour sortir de la crise, ça a été fait au 1er juillet, il est rentré en vigueur, et bâtir un système nouveau, avec une méthode, celle du dialogue et de la concertation. Aujourd’hui, toute la journée, je vais réunir plusieurs centaines d’artistes et de techniciens auxquels je vais directement donner la parole pour qu’ils parlent concrètement de leur métier…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : … et pour qu’on sorte, si vous voulez, des espèces de chiens de faïence et des caricatures. Je souhaite que nos concitoyens comprennent la réalité de la vie d’artistes et de techniciens. Ensuite, deuxième ton…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Attendez, attendez.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Pardon.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Sur ces entretiens que vous allez avoir aujourd’hui, ces entretiens du spectacle vivant à Saint Denis, qu’est-ce que cest, cest une thérapie, c’est un exutoire, cest un analgésique ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non non non, ne soyez pas négatif. Cest de donner la parole…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Non non, je posais une question.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Je donne la parole aux artistes et aux techniciens pour qu’ils parlent de leurs conditions de vie, de leur métier, de leur passion, de leurs problèmes de formation, de leurs problèmes de carrière, des problèmes des lieux, comment attirer de nouveaux publics, enfin, tous les éléments liés au spectacle vivant. Ça, c’est le premier temps. Deuxième temps, j’avais demandé, et d’ailleurs beaucoup d’organisations professionnelles et syndicales l’avaient fait de leur côté, à un expert indépendant…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Jean-Paul GUILLOT.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : … de faire son rapport, son expertise, ça c’est pour…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Fin du mois.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Début du mois de novembre. Troisième temps, parce que je souhaite que tout le monde s’engage et qu’il n’y ait pas d’un côté, le ministre, les organisations professionnelles et puis le reste non contemplant. Le parlement sera saisi et dans cette période ce n’est pas facile de trouver un espace.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Quand ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Au début du mois de décembre, il y aura un débat d’orientation à l’Assemblée nationale et ensuite au Sénat pour que chacun s’engage. J’ai comme objectif de bâtir un système nouveau.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Mais ce débat d’orientation, est-ce qu’il doit accoucher de ce système nouveau ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, bien sûr que non, puisque, si vous voulez, il doit donner un certain nombre d’orientations. Je souhaite que chacun prenne ses responsabilités, tout ça pour parvenir à un système nouveau au cours de l’année 2005 et un système à ce moment là définitif. Voilà, la feuille de route que je m’étais fixée, que le gouvernement, le Premier ministre et le président de la République, m’avaient fixée, je la tiens scrupuleusement et personne ne peut dire que je zigzague et que je ne tiens pas mes engagements.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, sur le fonds, que vous avez mis en place au mois de juillet, apparemment, c’était un fonds, donc, de 20 millions d’euros, 961 000 € ont été utilisés pour régler 529 dossiers, il y en a 128 à l’étude. Ça veut dire que finalement, si je comprends bien, sur la centaine de mille d’intermittents du spectacle, il y a peu de cas qui étaient frappés par la nouvelle loi ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Vous savez…

PIERRE-LUC SEGUILLON
: Ou par le nouveau système.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Vous savez, cest très difficile pour que nos concitoyens qui nous écoutent comprennent bien. Pour qu’un artiste ou un technicien soient indemnisés, pendant les périodes où il ne travaille pas, lorsqu’il a fait 507 heures, il faut qu’il les ait faites soit en 11 mois, soit en 12 mois. Donc, nous avons ouvert la porte pour que ça soit un peu plus facile d’être intégré dans le système. L’accord prévoyait 11 mois, et nous, nous avons financé pour que celles et ceux qui étaient entre 11 et 12 mois, et d’ailleurs s’il y en a qui nous écoutent, je les invite à aller dans les bureaux des ASSEDIC pour, voilà, bénéficier de leurs droits. Dans l’état actuel des choses aujourd’hui, effectivement, il y a moins de gens qu’on ne pensait qui pouvaient être concernés par cette mesure. Ça n’empêche pas que je veuille bâtir un système définitif équitable.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, ce fonds, qui est un fonds provisoire, est-ce qu’il sera pérennisé en 2005…

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: Il n’y aura pas de “ no man’s land ”…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Bon.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES
: cest-à-dire que, à partir du 1er janvier 2005, soit les partenaires sociaux se sont d’emblée mis d’accord, soit ils ne se sont pas mis d’accord et de toutes façons je ne laisserais personne à la rue à partir du 1er janvier 2005, c’est tout à fait simple et clair, nous allons bâtir, en fonction des propositions de Jean-Paul GUILLOT, le nouveau système.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, ce nouveau système, est-ce que ce fonds provisoire que vous avez créé, il a vocation à devenir un fonds définitif, autrement dire une contribution de l’Etat au système pour éviter que ça soit les ASSEDIC qui financent le spectacle vivant ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Mais, Pierre-Luc SEGUILLON, je serais là, pour le coup, en train de faire des zigzagues, si je vous disais hier que, aujourd’hui, j’écoute, j’attends le rapport de monsieur GUILLOT, j’attends les recommandations de la représentation nationale, donc ce système on est en train de le bâtir, il n’est pas prédéterminé, et donc ne me demandez pas aujourd’hui de vous dire exactement quel sera son contour, en tout cas il y aura un système définitif au sein de la solidarité interprofessionnelle et l’Etat, comme il l’a fait depuis le début, assumera ses responsabilités.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Alors, vous me permettez quelques questions sur votre domaine en particulier, notamment dans le domaine de l’audiovisuel. Le CSA a fixé un calendrier pour la mise en place de la télévision numérique, au mois de mars pour les chaînes gratuites et au mois de septembre pour une quinzaine de chaînes payantes. C’est possible si on adopte une certaine norme, certains estiment qu’il faudrait adopter une norme plus performante, mais ça demandera plus de temps. Est-ce que vous êtes partisan de différer l’arrivée de la TNT, la Télévision Numérique, en attendant une norme plus performante ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Là aussi, pour que les choses soient claires vis à vis de nos concitoyens, Télévision Numérique Terrestre, ça veut dire quoi ? Ça veut dire une offre élargie, ça veut dire qu’il faudra avoir comme une sorte de prise, de petit adaptateur et que ça vous permettra d’avoir accès à plus de chaînes, le cas échéant, gratuites, aujourd’hui.

PIERRE-LUC SEGUILLON
: Votre décision.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Il y a un problème de vérification technologique, financière et juridique, cest la raison pour laquelle le Premier ministre a demandé à un expert indépendant, un rapport, pour que je sois sûr, au moment où le CSA et le gouvernement, chacun dans leurs responsabilités, prendront leurs décisions, que nos concitoyens bénéficieront d’un système technologique pérenne. Ce rapport va être déposé dans les jours qui viennent ; lorsqu’il sera déposé, le gouvernement en tirera les conclusions et nous annoncerons à ce moment là, à nos concitoyens, en liaison avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel, si nous pouvons maintenir ou non la date de mars et de septembre de l’année prochaine, pour le gratuit et le payant, et si la norme technologique est la bonne. Voilà. Là dessus…

PIERRE-LUC SEGUILLON : Donc rien n’est décidé.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : On est en phase de vérifications.

PIERRE-LUC SEGUILLON : D’accord.

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Mais c’est un sujet très important et je ne veux pas, si vous voulez, que les intérêts financiers perturbent les certitudes technologiques.

PIERRE-LUC SEGUILLON
: Autre question, question rituelle, question qui relève presque de l’Arlésienne : la chaîne internationale. Deux questions : est-ce qu’elle verra le jour avant la fin du quinquennat, et deuxièmement, est-ce que vous avez le financement ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Ecoutez, c’est mon objectif que cette chaîne internationale voit le jour, c’est une nécessité stratégique, et je pense que nous l’avons vu ces dernières semaines.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Où est le financement ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Alors, la question est à l’étude en ce moment entre mon collègue  des Affaires étrangères et moi, nous travaillons, parce qu’il y a plusieurs options possibles. Ce qui est nécessaire, pour dire les choses très rapidement, vous avez deux missions qu’il faut accomplir,  l’une qui est la diffusion de la langue française et de la francophonie, l’autre qui nest pas exactement la même, qui est de faire parvenir nos idées, dans la violence internationale actuelle, pour concourir à la paix, et là ça suppose que les choses soient traduites en langue anglaise, en langue espagnole, en langue arabe. Donc vous voyez bien qu’il y a deux problèmes distincts : la francophonie, faire diffuser au maximum nos idées et nos concepts. Voilà. Les choses sont sur la table, il y a plusieurs cas de figures possibles, nous y travaillons, et j’espère bien, effectivement, que nous pourrons y parvenir le plus rapidement possible.

PIERRE-LUC SEGUILLON : D’un mot, puisque ça relève aussi de votre tutelle : le sort de nos deux confrères et de leur chauffeur : est-ce que vous avez des éléments nouveaux depuis la déclaration du Premier ministre la semaine dernière ?

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES : Non, depuis la déclaration du Premier ministre il n’y a pas d’éléments nouveaux. Voilà, le gouvernement, les pouvoirs publics, les services de l’Etat, travaillent heure par heure et nous sommes évidemment totalement prudents dans qu’ils ne sont pas entre des bras français.

PIERRE-LUC SEGUILLON : Renaud DONNEDIEU de VABRES, merci beaucoup.


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