Canal + : la gauche aux abois fait feu de tout bois
Avec l’éviction de Pierre Lescure de la Présidence de Canal
+, la gauche aux abois à trois jours du premier tour de la présidentielle,
détourne une fois de plus un sujet sérieux, celui de l’identité
culturelle française, de la liberté de l’information et de
la création, pour développer son unique thème de campagne
: la basse politique, l’amalgame et l’anathème.
Avec l’éviction de Pierre Lescure de la Présidence de Canal
+, la gauche aux abois à trois jours du premier tour de la présidentielle,
détourne une fois de plus un sujet sérieux, celui de l’identité
culturelle française, de la liberté de l’information et de
la création, pour développer son unique thème de campagne
: la basse politique, l’amalgame et l’anathème.
Amalgame entre la décision du Président d’une grande entreprise
de mettre fins aux fonctions du Président de l’une de ses filiales
privées et les dangers que revêtirait une politique culturelle
de droite forcément mercantile.
En effet, le départ de Pierre Lescure, qui est un grand homme de télévision
et de cinéma et qui a conduit sa chaîne à une formidable
réussite est brutal. Mais, faut-il rappeler que le gouvernement français
de 1997 à aujourd’hui est un gouvernement de gauche, celle-lÃ
même qui nous donne des leçons… Il n’a pourtant pas su empêcher
cette décision, pas plus qu’il n’a su ou voulu empêcher la fusion
qui a conduit à la situation qu’il dénonce aujourd’hui.
On peut d’ailleurs s’amuser du grand émoi suscité par le limogeage
d’un PDG dans les rangs de cette gauche qui n’a rien su faire pendant cinq
ans pour protéger efficacement les salariés des plans de licenciements
massifs que notre pays a connus.
Rappelons enfin qu’en matière de « fait du prince » –
pour reprendre l’expression de M. Ayrault – sur la question de Canal +, le
pêché originel revient à François Mitterrand,
Président de gauche, qui a accordé lors de sa création
des privilèges invraisemblables à une chaîne dirigée
par l’un de ses proches. Faut-il inviter les socialistes à un effort
de mémoire trop difficile pour qu’ils se souviennent de la virulence
des débats qui ont accompagné alors la décision d’accorder
à Canal + l’exclusivité de la diffusion des films un an après
leur sortie cinéma, contre trois ans pour toutes les autres chaînes
?
En contrepartie, Canal + a des devoirs envers le cinéma français,
qu’aucune autre chaîne française n’a. Ces devoirs sont fixés
par la loi, qui a défini un cahier des charges pour la chaîne,
contrôlé en permanence par le CSA. L’anathème de la fin
de l’exception culturelle est donc en l’occurrence totalement ridicule. Il
l’est d’autant plus que Xavier Couture, avec toute l’équipe dirigeante
de TF1, a fait de cette chaîne, sans qu’elle ait les mêmes contraintes
légales, l’une des principales contributrices au financement du cinéma
français.
Cet anathème est tout aussi fallacieux pour ce qui est de la liberté
d’expression. Xavier Couture est un homme de télévision expérimenté,
extrêmement soucieux du respect de la liberté d’information
et de ton, et très attaché à la liberté de création
et à l’indépendance des artistes.
Son arrivée se fait dans des conditions difficiles et nous devons,
au lieu de lui mettre des bâtons médiatico-politiciens dans
les roues, lui souhaiter bonne chance à la barre.
Souhaitons que Canal + retrouve le plus rapidement possible son rayonnement
national et international, à l’écart des polémiques
électorales stériles qui ne la concernent pas !
