DISCOURS de la Rue de Valois
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Documents de campagne


Renaud Donnedieu de Vabres

Ancien Ministre, Conseiller municipal de Tours

 

Garantir la sécurité est une exigence

26 septembre 2007
Enregistré dans : Sécurité, Réflexion et messages — RDDV @ 12:59 pm --- Imprimer ce Post

Le harcèlement des forces de police est malheureusement une réalité quotidienne. Le dernier incident à Tours avec l’éclatement d’engins explosifs « artisanaux » traduit l’obligation d’une vigilance accrue et d’un dispositif encore renforcé, même s’il sera toujours difficile de parer à toutes les éventualités.

Chacun doit se sentir soutenu et mobilisé, dès lors qu’il s’agit de faire respecter la sécurité, la tranquillité publique et naturellement la liberté d’aller et de venir.

Cela passe par une vraie synergie entre police nationale, gendarmerie – lorsqu’elle est territorialement compétente – police municipale, sans oublier le concours précieux et irremplaçable dans un autre registre des gardiens d’immeubles et des personnels de sécurité. Dans cette perspective, Préfet, Procureur de la République et Maire doivent être en responsabilité et coopération permanentes.

Des objectifs précis qui ont valeur de symbole de la volonté concrète de rétablir sécurité et liberté doivent être donnés. Par exemple, les chiens et les punks qui remontent le soir des quais de la Loire vers la Place Plumereau ne doivent pas être tolérés.

De même que la nuit de fréquentes patrouilles doivent garantir la sûreté à chaque citoyen. A côté des insécurités et des délits, il y a le simple mais perturbant trouble de voisinage. Dans un immeuble, dans une rue.

La présence et la vigilance des gardiens d’immeubles sont de ce point de vue impératives.

S’il faut recruter, s’il faut décider des heures supplémentaires sur la base du volontariat avec augmentation du traitement à la clé, décidons le ! J’ai réclamé à de nombreuses reprises un rapport au maire sur ce sujet pour agir. Jamais de réponse. Ou plutôt on botte en touche avec une condescendance pateline et irresponsable. Faudra-t-il des incidents graves pour enfin prendre les mesures indispensables ?

En outre, n’oublions pas la nécessité dans chaque petit quartier d’une offre de proximité. Pour éviter troubles, tensions, incivilités, violences, il faut aussi des lieux ouverts dans la soirée pour éviter que les pieds d’immeubles et les cages d’escalier ne deviennent les seuls espaces de rencontre accessibles aux jeunes.

Un travail important est fait par de nombreuses associations et des animateurs ardents et passionnés mais souvent débordés.

Faisons le point de façon précise. Un élu par quartier doit être la cheville ouvrière de ce plan d’actions concrètes. Ne nous contentons pas de désigner des boucs émissaires. Ne nions pas la réalité. Ne nous voilons pas la face en faisant de l’autosatisfaction benoîte.

Vivre en sécurité mais librement reste un défi que nous n’arrivons pas suffisamment à garantir à chacun. Alors agissons !

 
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Les terroristes utilisent l’arme de la liberté démocratique pour nous détruire.

18 mars 2004
Enregistré dans : Sécurité — RDDV @ 11:40 am --- Imprimer ce Post

Le système médiatique des démocraties occidentales s’apparente à une vaste chaudière ayant tendance à s’emballer et à ne jamais étouffer, dans laquelle il est facile de jeter un « fagot ».

Le feu prend immédiatement. Nous le constatons sans pouvoir l’arrêter. La porte reste ouverte. Un autre « fagot » se présente. L’histoire se répète. Inlassablement, jusqu’à l’explosion finale… Ce scénario est en passe de devenir notre actualité quotidienne. Les combustibles prennent des allures variées, puisqu’il peut s’agir aussi bien d’un acte terroriste, d’une rumeur, d’une exécution politique, d’une performance, d’une barbarie, d’un exemple, d’un outrage, d’un hommage éphémère, d’un règlement de compte définitif.

Nous subissons. Nous tentons de prévenir. Nous ne pensons pas assez à guérir ce qui devrait l’être par urgence et par priorité.

Bref, nous, nos valeurs, notre liberté, nos privilèges démocratiques, notre éthique sont en libre service… À la disposition de chacun des pires comme des meilleurs. Nos moyens d’information, essentiels à la vraie liberté politique sont aussi quasiment offerts, comme peut l’être un être humain sur un panneau de publicité.

Nous donnons ainsi toutes les armes à nos principaux ennemis, hostiles à nos valeurs, à notre idéal, à notre culture, à notre civilisation.

Le cercle parfaitement vicieux et infernal qui se met alors en marche conduit à une contradiction fondamentale : les apôtres du droit à la critique, du respect de l’autre, du pluralisme, de la liberté de chacun à avoir et à être que chaque démocrate se revendique d’incarner devraient, au nom de la légitime défense, renoncer. Devraient devenir censeurs, contre-terroristes, vigies, sentinelles, tireurs d’élite. Pour que la guerre à laquelle nous assistons médusés, pétrifiés voire même complices, puisse au moins être menée à armes égales. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui où nous sommes K.O debout, cognés par des agressions de plus en plus radicales et fortes qui s’apparentent à des vagues perpétuelles de mer et de galets comme au moment des tempêtes au pied des falaises d’Etretat où les rouleaux sont particulièrement puissants.

Dans ce contexte très dangereux et même explosif, nous ne devons surtout pas renoncer à l’expression de nos valeurs, à l’affirmation de nos principes et de nos maximes. La vraie victoire des terroristes, des liberticides, des oppresseurs, des tyrans serait de leur ressembler.

Mais pour ne pas être noyés et broyés, nous devons savoir leur résister, ce qui suppose le rassemblement et l’unité. La hiérarchie dans les priorités. La vigilance dans l’action. L’audace dans la proposition. L’abstention de toute critique ou polémique purement politicienne. La vérité intégrale et sans fard dans la conduite de la lutte. La participation de chacun à cette grande cause nationale qui conditionne notre survie.

Paradoxalement, la conduite de cette guerre suppose encore plus de démocratie, de foi humaniste et de force d’esprit. Nous devons rester des phares qui émettent, dont le faisceau lumineux porte loin. Il n’est pas choquant de parler de « croisade » pacifique et ciblée pour la liberté et pour les droits de l’homme. Ce qui suppose pour être efficace le respect absolu du droit. Qu’on ne caricature pas ici notre démarche : ce n’est pas une guerre de religion que nous livrons, une renaissance des affrontements des chrétiens contre les musulmans que nous souhaitons voir s’enclencher.

C’est plus simplement la volonté de priver nos adversaires intégristes et fondamentalistes de la capacité de nous anéantir, en restant un modèle politique original, exemplaire et attractif.

La lutte contre l’obscurantisme, la barbarie et le terrorisme passe par notre engagement personnel. Première étape : dimanche ! Dans le respect des convictions de chacun, aux urnes citoyens !

Le suffrage universel est un privilège qu’il faut savoir défendre en le pratiquant. Les enfants gâtés que nous sommes risquent de ne plus l’être longtemps s’ils ne prennent pas rapidement conscience que le sursaut est urgent et nécessaire.

Ce n’est pas une manœuvre bassement électoraliste de l’affirmer. C’est une exigence éthique. Une obligation morale pour répondre par le haut à la fureur des fous.

défense
 
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L’attentat de Madrid est un deuil européen, face auquel l’affirmation forte de nos valeurs s’impose.

14 mars 2004
Enregistré dans : Sécurité, International — RDDV @ 11:42 am --- Imprimer ce Post

L’électrochoc est réel. 11 septembre. 11 mars. La terreur s’installe. « La guerre contre le terrorisme » est en situation d’échec. L’abcès gonfle. L’alerte est maximale. L’impuissance face au génie du mal est à son comble. Avec cette fois une prise d’otage inédite : une campagne électorale dans une démocratie occidentale et européenne.

Le lien avec Al Qaïda change en profondeur le contenu politique de l’odieux massacre perpétré à Madrid. Il ne s’agit plus d’un terrorisme localisé et sinistrement identifié, mais du terrorisme aveugle, mondial, monstrueux, barbare ! Du degré ultime du mal, même si aucune cause ne justifiera jamais aucune forme de terrorisme. Et si chaque assassinat commis par le fanatisme, la haine, l’intégrisme, où que ce soit, est un crime contre l’humanité se doublant selon les cas d’un crime de guerre. Les prudences volent en éclat. Les comptes se règlent, les vérités fusent, même si toutes ne sont pas « bonnes » à entendre et encore moins à cacher…

Hans Blix, l’ancien chef des inspecteurs de l’ONU en Irak, déclara au journal « La Stampa » dimanche « le fait est que la guerre à l’Irak après le 11 septembre, voulue par les États-Unis, n’a pas arrêté le terrorisme dans le monde. Au contraire, le résultat de la poigne de fer a été de lui donner une impulsion. »

« Il est clair désormais que le terrorisme ne doit pas être affronté uniquement avec des mesures répressives mais aussi avec la compréhension de ses causes plus profondes. »

« Avec la guerre préventive unilatérale, les États-Unis ont violé les principes internationaux pour montrer leur force au monde islamique après le 11 septembre. Et ce faisant ils ont affaibli l’ONU. »

Quelques jours auparavant, à Barcelone, le même Hans Blix n’y était pas allé de main morte :

« les hommes politiques qui ont décidé la guerre sont comme des chasseurs de fantômes, ils étaient si convaincus qu’ils existaient, que s’ils voyaient une ombre, ils croyaient que c’était une preuve que les fantômes existaient. Mais ce n’est pas une excuse pour les dirigeants politiques, ils auraient dû poser des questions plus pertinentes. »

À Paris, lundi matin, au lendemain de l’échec brutal et retentissant de José Maria Aznar, le chef de la diplomatie française lance : « les Espagnols ont fait clairement le choix du changement, le choix de la vérité aussi par rapport à ces attentats. Les attentats de Madrid ont certainement marqué un tournant. Il y a derrière une leçon d’humilité qui doit toucher chaque homme politique ».

***

Dans ces temps de tourmente et d’effroi, marqués pour la première fois par un « deuil européen » et sincèrement perçu comme tel, chaque citoyen se retourne vers ses dirigeants et étalonne leurs décisions passées à l’aune du drame actuel. C’est l’heure des comptes, et même des règlements de comptes.

Le peuple a par définition toujours raison. En tout cas le dernier mot. Le pouvoir solitaire en démocratie ne reste jamais longtemps glorieux ou impuni. La réduction de fracture entre dirigeants et citoyens est toujours douloureuse, parfois traumatisante, à certains égards injuste.

Il n’y a pas d’ailleurs d’activité plus brutale, surprenante, imprévisible que la politique. Les tempêtes de la Méditerranée sont peu de chose par comparaison…

Est-ce une fois de plus un constat d’impuissance, de fatalité, d’irresponsabilité qui crée la colère et la versatilité ?

Non, car ce serait confondre la lucidité et l’idéologie, le courage et le messianisme, l’activisme et l’arrogance.

L’homme d’”Etat” ou de « base », conserve sa liberté, son appréciation, son intelligence, son esprit d’à propos, son sens de l’opportun et du nécessaire.

Subir n’est certes pas une politique. Ne pas anticiper, refuser de prévenir, se rassurer à bon compte en préférant la géométrie à la psychologie sont des fautes, qui peuvent même constituer des étapes vers le suicide collectif, la disparition programmée.

Face aux formes actuelles du terrorisme, l’acharnement et le discernement sont les seules armes possibles. L’inertie, la routine, l’abandon de toute audace, l’absence d’initiative, le confort aveugle sont des « maladies » incurables, tant est forte et radicale la menace.

Ne pas dire, ne pas qualifier, ne pas témoigner, ne pas démasquer, ne pas prévenir, ne pas contredire et contrecarrer, c’est de la haute trahison, c’est-à-dire un manquement grave aux devoirs de sa charge.

Sans chercher à se réfugier dans l’illusion, ni à exprimer de façon déplacée et choquante un quelconque sentiment d’orgueil et de supériorité, la sagesse française au plus haut niveau de l’Etat apparaît pour ce qu’elle est : non un abandon, non une lâcheté, non une rhétorique enflammée, mais une clé de voûte.

Dans cette conjoncture, il ne suffit pas de mettre en commun nos forces, d’échanger nos informations, de placer sous tension nos appareils de renseignements.

Il est urgent et obligé de faire le juste constat de la fureur du monde et d’en disséquer avec précision les ingrédients. Pour les traiter au laser. C’est un préalable. Sinon ne nous étonnons pas de l’effet produit par une étincelle dans un réservoir d’essence par ailleurs déjà très réchauffé…

« Le vrai tombeau des morts c’est le cœur des vivants » disait dans sa sagesse Paul Valéry. La seule expression digne et utile de notre deuil européen est d’accepter de reconnaître que nous sommes en guerre. Qu’il faut reprendre le chemin du courage, de la résistance à l’ennemi.

Utiliser ce drame lourd et pesant et ses conséquences électorales de court terme doit frapper d’indignité ceux qui s’y aventurent.

Honte à ceux qui ont rompu le silence et le recueillement européens par leurs provocations minables, qui inspirent le dégoût, leurs noms ne méritent même pas d’être cités. Ce serait un macabre honneur.

Les valeurs que nous devons savoir défendre leur sont totalement étrangères. Cruel constat, hélas, sans surprise…

défense
 
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L’élargissement à l’Est ne doit pas faire oublier le Sud !

28 janvier 2004
Enregistré dans : Sécurité, International — RDDV @ 11:43 am --- Imprimer ce Post

Pour une Europe, de la Méditerranée à l’Oural…

“Tenez bon ! Sinon nous serons, nous les riverains du Sud de la Méditerranée, dans une position intenable. Pensez aux femmes du Maroc…”
Au terme d’une conférence que je faisais à Casablanca sur le Maroc et l’Europe, en ce jour où le Conseil des ministres a adopté le projet de loi sur les signes religieux à l’école, en présence de nombreuses personnalités politiques, économiques et universitaires, rassemblées par M. Khalid Oudghiri, Président de la Banque Commerciale du Maroc et par M. Mehdi Qotbi, Président du Cercle d’amitié franco-marocain, ce fut une heureuse surprise que d’être ainsi interpellé ! Finalement, ce que nous croyions être une sorte d’exception française, l’idéal d’une République laïque atypique, est en passe de devenir un repère humaniste universel. Le principe d’égalité entre l’homme et la femme se décline de manière différenciée selon les latitudes, mais il est une exigence moderne, un objectif planétaire, « altermondialiste »… En tout cas, dans ce Royaume qui vient d’adopter un nouveau code de la famille particulièrement novateur, il m’a été facile d’annoncer et de garantir que le cap serait vaillamment tenu, malgré les appels épars à la désertion, au renoncement, à la lâcheté voire à l’aveuglement qui parcourent le monde politique français. Même si nous devons faire la pédagogie nécessaire et appropriée, sans faute note et en garantissant à chacun sa liberté de conscience.

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Quelques jours après avoir été à Bombay, dans cette mégapole indienne impressionnante par sa démesure, Casablanca offre le visage d’une magnifique ville accueillante, chaleureuse, proche. Dire qu’elle est « européenne » n’est pas un pronostic, un vœu, c’est le constat de l’unité du monde méditerranéen. C’est tout simplement affirmer l’évidence des liens de culture qui nous réunissent et qui dépassent le précieux trésor de la langue française partagée.

Le défi de la pauvreté dû notamment à l’exode rural et à l’attractivité de ce grand port phare est évidemment grave puisque le nouveau maire de Casablanca reconnaît l’urgence de la situation en chiffrant à près de 70 000 les sans-abri, ou les habitants des bidonvilles. Mais il est possible de répondre, de faire face, d’agir, ce qui évitera de surcroît, au-delà des impératifs humanitaires, la constitution de foyers intégristes, fondamentalistes, proies faciles des officines terroristes.

Les problèmes sont à taille européenne ! À dimension humaine, pour peu que l’action engagée pour mener des réformes concrètes soit suffisamment soutenue. Notamment par nous, les riverains du Nord de la Méditerranée et de l’Europe… Dont les marocains craignent l’égoïsme, ou une forme d’hémiplégie, nous faisant oublier une partie de nos racines et privilégier nos seuls “devoirs” à l’Est.

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La fin du communisme, la réunification du continent européen qui en découle, fait craindre ici une sorte de désertion politique, d’abandon financier, de repli vers le Nord.

« Et pourtant, quand vous voulez, vous pouvez ! » m’a lancé avec gravité et sincérité le Premier Ministre marocain, M. Driss Jettou, lors de l’entretien que j’ai eu le privilège d’avoir avec lui à Rabat, à quelques dizaines de mètres du bureau du roi Mohammed VI.

Chiffres à l’appui, il est évident que le montant des investissements réalisés en Espagne et au Portugal, puis maintenant vers les 10 nouveaux membres de l’Union européenne, traduit une volonté politique claire et forte. Qui a permis l’adhésion, qui a rendu possibles les réformes, et les réalisations concrètes les rendant acceptables et positives pour la population.

« Nous avons choisi l’Europe. Soyez en conscients » ! Ajouta cette personnalité exceptionnelle, remarquable par son calme et sa détermination. Avec un ton suffisamment pressant et direct pour que je me sente mobilisé par cette interpellation franche et sans détours inutiles.

C’est ainsi qu’il m’indiqua pour achever de me convaincre que, chaque année, le programme européen MEDA injecte 140 millions d’euros au Maroc, pendant que l’abolition progressive des barrières douanières et des droits perçus supprime 200 millions d’euros par an…

Puis il détailla l’ensemble du dispositif mis en place pour se rapprocher de nous, pour « mériter » l’Europe. L’exemplarité de ce genre de démarche devrait bousculer les certitudes décalées de tous les grincheux de l’Europe, qui ne se rendent vraiment pas compte que nous sommes - ou restons - nous européens, un modèle politique prometteur et rayonnant.

Sa lucidité et sa franchise laissaient transparaître comme une vraie inquiétude sur sa propre capacité à produire des résultats suffisamment tangibles pour que son peuple soit convaincu et satisfait, acceptant donc les remises en cause et les sacrifices de cette marche « forcée ».

En France comme au Maroc, l’Europe impose une sorte de parcours du combattant nécessitant de franchir réformes et après réformes les obstacles de la modernité. Dans cet exercice, nous ne devons jamais laisser sur le côté de la route nos concitoyens, parfois manquant « d’entraînement» et d’entrain !

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La « feuille de route » concernant le Maroc et l’Europe est tracée depuis longtemps. Elle est un objectif naturel. Mais il faut pour l’atteindre une vraie solidarité, une réelle détermination.

Celle qu’ appelait de ses vœux le futur roi, en 1996, lorsqu’il n’était « que » le prince héritier Sidi Mohammed.

À Paris, lors de la clôture d’un colloque déjà organisé par le flamboyant et passionné trait d’union entre le Maroc et la France, Medhi Qotbi, il déclarait :

« Sa Majesté le roi Hassan II, mon Auguste Père, n’a jamais fait mystère de son engagement quant à la nécessité stratégique, économique et socio-culturelle d’un ancrage du Maroc dans la mouvance de l’Union Européenne, dans le respect de l’identité africaine, maghrébine, arabe et musulmane de notre pays. C’est dans cette vision que s’inscrit ma démarche. J’estime que c’est un choix que dictent la raison, l’histoire et la géographie. C’est aussi l’expression d’une ambition et d’une exigence pour le devenir de mon pays (…) ”

“Nos interlocuteurs et nos partenaires doivent faire l’effort de comprendre et d’accepter que ce choix de l’Europe qui est le nôtre n’est pas l’expression de la contrainte ou d’un rapport de force obligé. Il est la manifestation d’un choix politique, souverain, résolu et lucide. Nous connaissons la limite de nos moyens, nous connaissons le poids de nos besoins, mais cette réalité ne nous imposera jamais la quête d’un partenariat au rabais ou d’une relation exclusivement marchande qui risquerait, dans sa finalité, de se transformer en une simple reconduction du pacte colonial façon moderne “.

7 ans plus tard, devant le Parlement à Rabat, le 11 octobre 2003, le Président Chirac resitue la démarche européenne du Maroc dans le nouveau contexte marqué par les nouvelles violences du monde. Le Maroc est un modèle politique original ayant de ce fait une vocation particulière, aussi exaltante que difficile à assumer.

” En ce début de siècle, quand tant de nations se déchirent, le Maroc offre l’exemple d’un pays aux traditions bien ancrées, façonnées à la fois par l’Islam et l’esprit d’ouverture. D’un pays capable d’affronter, avec la confiance que donne un destin indépendant, les épreuves du renouveau. C’est ainsi, en puisant dans leur histoire et leur génie national, que les peuples peuvent le mieux relever le défi de l’adaptation et de la transition ”

“Terre de tolérance, monarchie aux racines populaires profondes, nation ancienne éprise de progrès, le Maroc apporte un démenti éclatant à ceux qui considèrent qu’il est des cultures, des peuples, des régions réfractaires à la démocratie (…)”

“Le Maroc le fait sans complexe et se singularise en manifestant deux volontés permanentes : dialoguer avec l’Occident, rechercher la modernité dans la fidélité à ses traditions (…)”

“Vous savez concilier votre héritage et les nécessités du monde moderne(…) ”

“Cette quête difficile d’équilibre, qui s’étonnera que vous en soyez les pionniers ? Deux de vos dynasties les plus glorieuses, les Almoravides et les Almohades, sont nées du creuser brûlant du désert et de la prédication. Votre monarchie, symbole de l’unité et de l’intégrité du Royaume, est héritière du Prophète. Il est dans l’ordre des choses que vous apportiez une contribution historique à cette oeuvre de modernité essentielle pour l’harmonie et la paix de monde. Soyez audacieux, vous qui êtes un peuple sage. Ne permettez pas au fanatisme et à l’enfermement de brider les consciences et les comportements. Avancer résolument dans la voie de votre liberté. »

***

Nombreuses sont les difficultés qui entravent un parcours harmonieux vers l’Union Européenne, permettant d’aboutir, selon la célèbre maxime royale, à « moins que l’adhésion, plus que l’association ».

Car les problèmes à régler sont immenses pour qu’on ne parle plus du Nord et du Sud, avec ce que cela représente en termes de décalage de puissance économique, mais de la partie méditerranéenne de l’Europe avec ce contenu légitime d’égalité et de fierté retrouvées. Les 20 milliards d’euros investis de 1996 à 2006 par le MEDA et par la Banque Européenne d’Investissement ne suffisent pas à combler les retards et à satisfaire l’ampleur des besoins.

Et, de plus, la mondialisation frappe le Maroc avec une symétrie française remarquable… Ce qui fait peur aujourd’hui aux dirigeants marocains, proches des réalités du monde de l’entreprise, c’est, par exemple, la concurrence chinoise en matière textile.

Les délocalisations en raison des coûts de main-d’oeuvre touchent de plein fouet le Maroc. Chacun a son Sud… Dès que le Sud se rapproche du Nord, le “ nouveau Nord ” mesure la signification de l’émergence d’un “ nouveau Sud ”…

C’est ainsi qu’il y a une vraie transposition des problèmes français et des craintes marocaines, même si les différences restent importantes, tant le système social français apparaît protecteur et sophistiqué…

Chacun doit donc veiller à rester en avance, à s’adapter, à former ses hommes aux changements. D’où la nécessité pour la France de maintenir et même d’approfondir notre politique de coopération dans le domaine de l’éducation et de l’accueil en France des étudiants marocains, qui seront demain les relais de nos ambassadeurs et de nos chefs d’entreprise.

Sans une lucidité forte et une solidarité fraternelle renouvelée et peut-être redimensionnée, continuera à se poser de manière crue et insoluble la question de la libre circulation des travailleurs, et de l’immigration clandestine.

Seule une intervention massive de l’Union Européenne, à l’initiative de la France, permettant un véritable développement, mettra un terme à ces conflits d’intérêts de plus en plus difficiles à régler.

Sans attendre ce rattrapage sur le plan économique et social, l’expression conjointe de notre vision internationale situe chacun des 2 pays et des 2 peuples sur un pied d’égalité féconde.

La voix du Maroc et la voix de la France doivent se faire entendre avec clarté tant nos analyses de la menace extérieure qui pèse sur nos épaules sont proches. Voisines. À l’unisson.

Il ne s’agit pas d’être arrogant, systématiquement conflictuel et décalé… par rapport au monde américain. Mais de faire prévaloir l’esprit méditerranéen et européen, habitué et apte à la gestion équilibrée et pluraliste, doué de mesure, ce qui ne signifie pas la lâcheté ou le pacifisme.

Soyons donc sans complexe pour, dans un même élan, savoir dénoncer les fanatismes, éradiquer les terrorismes et bien sûr reconnaître dans l’Islam modéré une religion de paix ayant droit de cité en Europe !

Dire la même chose, regarder le même horizon, agir de concert, façonnent, le « nouveau voisinage », le « partenariat stratégique », la « coopération renforcée » et donnent à ces concepts la chair qu’appelle l’ union franco-marocaine.

Ministre, stratège et poète, Dominique de Villepin aura le mot de la fin par la citation d’un extrait de son discours en octobre 2002 devant les étudiants de l’ université Mohammed V de Rabat :

« Il est urgent de retrouver le rêve des deux rives. »

« Le monde ne peut vivre d’un seul rivage. Il ne peut trouver son souffle dans l’éternelle constance du même. Un monde sans diversité s’apparente à la mort. Il faut retrouver le sens de l’ouverture, le risque de l’ouvert, l’appétit du dialogue avec ce qui n’est pas immédiatement compréhensible et réductible au même. »

« Votre pays est une terre de rencontre et de tolérance, produit d’un faisceau d’héritages et d’une capacité renouvelée à emprunter et adopter les apports les plus divers. »

« Pays arabe, pays berbère, pays d’islam attaché à sa part de judéité, pays de la diversité ethnique, linguistique et culturelle, le Maroc respire de toutes parts : de la Méditerranée, de l’Atlantique, du Sahara et de l’Afrique. Il s’alimente de relations incessantes, intellectuelles et artistiques, touristiques et commerciales, d’un flux permanent de migrants et de passeurs d’une rive à l’autre. »

« Ces influences, cet enrichissement réciproque, le Général de Gaulle a été l’un des premiers à en comprendre le caractère vital. Il s’agit autant de notre avenir que du vôtre. ” Il y a de l’autre côté de la Méditerranée “, affirmait le Général au journaliste Paul Balta en 1969, ” une civilisation, une culture, un humanisme, un sens des rapports humains que nous avons tendance à perdre dans nos sociétés industrialisées et qu’un jour nous serons probablement très contents de retrouver chez eux “.

Démocratie, développement et Europe sont les maîtres-mots du Maroc. À la France d’entraîner ses partenaires européens vers le réalisme et l’activisme nécessaire qui permettront à ce grand pays et à ce peuple ami de constituer un modèle original réconciliant les valeurs européennes et occidentales et ses propres racines arabo-musulmanes, berbères et méditerranéennes.

Il se fait tard pour y parvenir. Mais les efforts remarquables entrepris sur cette partie de « la rive sud » ne seraient être découragés. Alors, agissons !

défense
 
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Gardiens d’immeubles

16 septembre 2003
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Permettre à chacun de vivre en sécurité dans notre ville est un devoir qui incombe à chaque responsable public. Or, force est de constater qu’à Tours, malgré de réels progrès et un travail exemplaire des policiers, beaucoup reste à faire. L’heure n’est pas à l’autosatisfaction déconnectée de la réalité. L’exigence de nos concitoyens reste légitime, leur impatience compréhensible, même si nous avons à réparer les erreurs de la gauche en la matière. Il convient d’abord de mettre un terme au débat stérile sur la part de responsabilité entre compétences nationale et locale. Une nouvelle coopération entre l’Etat et la ville doit être instaurée pour que l’ensemble des citoyens puisse vivre en toute quiétude.
En effet, pour que soit rétablie l’autorité publique, il serait plus efficace de mieux coordonner  les moyens dans le respect des prérogatives de chacun. Garant de la sécurité des personnes et des biens et de la tranquillité publique, le maire devrait ainsi travailler de manière accrue en partenariat avec la préfecture, la justice, la police nationale, la gendarmerie, les travailleurs sociaux, les gardiens d’immeuble, et plus largement avec tous ceux qui oeuvrent au maintien de la concorde civile.

Nous souhaitons donc que des initiatives soient prises afin de permettre à la police municipale de jouer pleinement son rôle de vigilance dans toutes nos rues et dans chacun de nos quartiers, ce qui implique naturellement pour la municipalité un redéploiement plus précis des agents selon les lieux les plus sensibles, un réaménagement adéquat des horaires de travail,  une étroite concertation et complémentarité entre les agents chargés de la sortie des écoles, de la surveillance des parcs et jardins, des bâtiments, des gardiens d’immeubles, des travailleurs sociaux, et la mise en place d’une réelle coordination avec les services de l’Etat et la Préfecture.

Bien entendu, la répression seule n’est pas suffisante. Dans un souci d’éducation et de prévention, il faudra naturellement veiller à ce que chacun respecte la règle, et pour ce faire, rompre avec l’esprit de mai 1968, qui a trop contribué au développement de l’irresponsabilité, de l’individualisme et de son corollaire : l’insécurité. Il est également vital d’offrir aux plus jeunes de nos concitoyens et particulièrement ceux en difficulté, les moyens d’acquérir cet esprit d’initiative, de civisme et de respect d’autrui indispensable pour contrer les actes de délinquance et de trouble à l’ordre public. Il faut également davantage de lieux de rencontre et une offre sportive de proximité renforcée.

A cet égard, près d’un an après la mise en liquidation des anciens foyers ACCES voulue par Jean Germain, on ne peut que s’inquiéter de l’absence de mise en place de véritables activités socio-éducatives de remplacement pouvant accueillir la totalité des jeunes précédemment inscrits.
Chaque quartier devrait pouvoir compter sur une structure adaptée et conforme aux attentes des Tourangelles et des Tourangeaux.

 
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Interdit


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Dans la France d’aujourd’hui, il était devenu urgent de rappeler les nécessités de l’autorité, de l’ordre, du respect de règles. Sans pour autant porter atteinte à la nécessaire liberté individuelle que chacun revendique à juste titre pour lui même. Mais en l’encadrant, ou tout au moins en prévoyant la sanction éventuelle, c’est à dire la mise en jeu de la responsabilité.

Cette nouvelle attitude politique produit de nombreux résultats.

La diminution spectaculaire du nombre de tués sur la route est la suite directe de la fermeté de Gilles de Robien assortie de la fameuse et célèbre “peur du gendarme” !

Soyons sincères : lequel d’entre nous attachait systématiquement sa ceinture de sécurité, veillait scrupuleusement à ne pas dépasser la vitesse autorisée ? J’assume n’avoir pas été toujours exemplaire. Sur le téléphone portable, j’ai encore du travail !!!

Le lien direct entre discipline-résultats est fécond. Il mobilise, entraîne et incite chacun à aller dans la bonne direction. Celle où l’on constate que le progrès ne vient pas du hasard, d’une sorte de soucoupe volante, mais de la somme des efforts individuels constatés. Cela rompt le sentiment parfaitement désespérant où rien ne semble pouvoir jamais changer, s’améliorer, évoluer dans le bon sens.

La baisse régulièrement observée des chiffres de la délinquance traduit également l’efficacité du changement de cap de la politique suivie. Le sentiment d’impunité absolue qui habitait les “caïds” dans certains immeubles ou dans certains quartiers de nos villes tend à disparaître.

Tout n’est pas pour autant réglé, car la mise en œuvre sur le terrain des nouvelles mesures et des nouvelles règles prend du temps. Elle doit impliquer l’ensemble des professionnels concernés (magistrats, policiers, gendarmes, gardiens d’immeubles etc…)

Le Ministre de la Justice vient ces jours derniers d’accueillir les juges de proximité qui vont désormais faire œuvre utile et renforcer le sentiment de sécurité et rétablir la tranquillité publique.

Pour taper fort, il faut parler vrai et direct. Quitte parfois à heurter et à choquer.

En témoigne la brutalité des inscriptions “préventive” sur les paquets de cigarettes. Fumer tue… Avec les lettres noires du deuil. C’était inenvisageable de cette manière hier…

Cette alerte nécessaire inspire également les campagnes de prévention du sida qui doivent rester percutantes pour frapper les esprits malheureusement prompts à oublier les risques.

Il reste utile de parler cru concernant la drogue, à cause des engrenages, du passage progressif de produits réputés inoffensifs vers des substances qui détruisent toutes les facultés et entraînent la mort.

Le débat lancinant sur la dépénalisation des drogues dites douces vient d’être tranché. Enfin, vus les dégâts.

L’annonce par le Premier Ministre d’un dispositif concret et équilibré le prouvera : L’usage simple et privé ne doit pas être dépénalisé, mais puni d’une contravention et non plus par la prison. Pour les premières interpellations du moins.

L’ensemble de ces dispositifs ne font que traduire une nécessité sociale vitale : permettre l’épanouissement humain et parfois se protéger contre soi-même. C’est dire que la vigilance pour le respect de la liberté de la personne s’impose. La loi doit la protéger contre vents et marées, qui peuvent parfois faire de vrais dégâts.

L’art de la politique humaniste c’est de savoir concilier principe de responsabilité et respect de la liberté. Règle collective et droit de la personne.

Un vaste défi que nous devons réussir.

 
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Il n’est plus interdit d’interdire ! Quelle révolution culturelle…

14 septembre 2003
Enregistré dans : Sécurité, Education — RDDV @ 2:49 am --- Imprimer ce Post

Dans la France d’aujourd’hui, il était devenu urgent de rappeler les nécessités de l’autorité, de l’ordre, du respect de règles. Sans pour autant porter atteinte à la nécessaire liberté individuelle que chacun revendique à juste titre pour lui même. Mais en l’encadrant, ou tout au moins en prévoyant la sanction éventuelle, c’est à dire la mise en jeu de la responsabilité.

Cette nouvelle attitude politique produit de nombreux résultats. La diminution spectaculaire du nombre de tués sur la route est la suite directe de la fermeté de Gilles de Robien assortie de la fameuse et célèbre “peur du gendarme” !

Soyons sincères : lequel d’entre nous attachait systématiquement sa ceinture de sécurité, veillait scrupuleusement à ne pas dépasser la vitesse autorisée ? J’assume n’avoir pas été toujours exemplaire. Sur le téléphone portable, j’ai encore du travail !!!

Le lien direct entre discipline-résultats est fécond. Il mobilise, entraîne et incite chacun à aller dans la bonne direction. Celle où l’on constate que le progrès ne vient pas du hasard, d’une sorte de soucoupe volante, mais de la somme des efforts individuels constatés. Cela rompt le sentiment parfaitement désespérant où rien ne semble pouvoir jamais changer, s’améliorer, évoluer dans le bon sens.

La baisse régulièrement observée des chiffres de la délinquance traduit également l’efficacité du changement de cap de la politique suivie. Le sentiment d’impunité absolue qui habitait les “caïds” dans certains immeubles ou dans certains quartiers de nos villes tend à disparaître.

Tout n’est pas pour autant réglé, car la mise en œuvre sur le terrain des nouvelles mesures et des nouvelles règles prend du temps. Elle doit impliquer l’ensemble des professionnels concernés (magistrats, policiers, gendarmes, gardiens d’immeubles etc…)

Le Ministre de la Justice vient ces jours derniers d’accueillir les juges de proximité qui vont désormais faire œuvre utile et renforcer le sentiment de sécurité et rétablir la tranquillité publique.

Pour taper fort, il faut parler vrai et direct. Quitte parfois à heurter et à choquer.

En témoigne la brutalité des inscriptions “préventive” sur les paquets de cigarettes. Fumer tue… Avec les lettres noires du deuil. C’était inenvisageable de cette manière hier…

Cette alerte nécessaire inspire également les campagnes de prévention du sida qui doivent rester percutantes pour frapper les esprits malheureusement prompts à oublier les risques.

Il reste utile de parler cru concernant la drogue, à cause des engrenages, du passage progressif de produits réputés inoffensifs vers des substances qui détruisent toutes les facultés et entraînent la mort.

Le débat lancinant sur la dépénalisation des drogues dites douces vient d’être tranché. Enfin, vus les dégâts.

L’annonce par le Premier Ministre d’un dispositif concret et équilibré le prouvera : L’usage simple et privé ne doit pas être dépénalisé, mais puni d’une contravention et non plus par la prison. Pour les premières interpellations du moins.

L’ensemble de ces dispositifs ne font que traduire une nécessité sociale vitale : permettre l’épanouissement humain et parfois se protéger contre soi-même. C’est dire que la vigilance pour le respect de la liberté de la personne s’impose. La loi doit la protéger contre vents et marées, qui peuvent parfois faire de vrais dégâts.

L’art de la politique humaniste c’est de savoir concilier principe de responsabilité et respect de la liberté. Règle collective et droit de la personne.

Un vaste défi que nous devons réussir.

 
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Pour éradiquer le terrorisme, démocratie et services secrets doivent faire bon ménage !

1 juin 2003
Enregistré dans : Sécurité — RDDV @ 12:45 pm --- Imprimer ce Post

La menace terroriste plane tel un vautour noir sur le monde occidental et sur l’ensemble de la planète. Utilisant comme une arme redoutablement efficace pour répandre la terreur et susciter de sinistres vocations, l’instrumentalisation des médias.

Rien ne rendra jamais légitime le terrorisme. Aucune cause ne peut en effet justifier l’emploi de tels moyens, l’horreur ultime étant désormais le sacrifice des « bombes humaines ». Sachons par contre reconnaître que le terreau, le vivier dans lesquels prospèrent et se multiplient les recrues terroristes, sont alimentés par de « justes » revendications qu’elles soient politiques, territoriales, économiques, religieuses, sociales.

D’où la nécessité d’agir sur cet environnement salement propice. Notons à cet égard que la résolution de la question palestinienne ne fera pas disparaître le fanatisme du fondamentalisme islamiste, mais elle le privera d’un soubassement intelligible.

La haine, la violence aveugle se nourrissent dans le monde actuel alternativement, dans une ronde diabolique, de faits tangibles et d’irrationnel religieux. D’où la complexité de la stratégie à mettre en œuvre pour limiter au maximum possible cette guerre d’un nouveau type qui nous est livrée.

S’attaquer aux foyers terroristes eux-mêmes est naturellement la priorité. Le choix de mauvaises cibles, de faux ou pseudo ou partiellement coupables est une erreur grave, car au lieu d’isoler, de désigner les vrais criminels, cela renforce les solidarités exécrables. De ce point de vue, ce n’est pas faire de l’anti-américanisme primaire que de redire que Saddam Hussein n’est pas Ben Laden.

Cette lutte implacable qu’il faut mener pose pour les démocraties de nombreuses questions fondamentales. Peut-être même quelques révisions déchirantes.

La raison d’Etat ne saurait jamais justifier l’injustifiable. Mais elle existe. Elle a des besoins légitimes. Surtout si l’on veut être efficace.

• La première question redoutable a trait à l’accès aux moyens audiovisuels, au droit à l’information. Ce fondement de la liberté et de la démocratie peut servir d’arme de destruction massive supplémentaire lorsqu’il est mis à la disposition du terrorisme.

Les images effrayantes, absolument irréelles bien que très réelles, des attentats du 11 septembre, ont créé un électrochoc mondial. Positif par la condamnation générale qui s’en est suivie. Négatif par l’audience planétaire que ces kamikazes ont ainsi pu donner à leur geste fou.

L’image de ce crime contre l’humanité a renforcé le sentiment de barbarie, démultiplié l’impact et la terreur issus des milliers de victimes.

Chacun a été « scotché » devant sa télévision dès l’annonce du drame. C’est dire qu’existe un besoin d’information. Jusqu’où le satisfaire sans prendre le risque d’alimenter de funestes engrenages, de terrifiantes spirales ?

Y renoncer priverait a contrario la démocratie de son privilège sur tout autre régime, à savoir le respect absolu de la liberté d’expression.

L’équilibre qu’il faut trouver repose sur la déontologie des responsables, même si la concurrence qui devient en un instant mondiale, rend illusoire toute réelle protection nationale.

Il n’y a plus aucun monopole possible de l’image, tant sont multiples les sources et diversifiés les moyens de transmission et de diffusion.

• La deuxième série d’interrogations porte sur le rôle des services secrets, des forces dites spéciales, absolument indispensables pour traquer la pieuvre terroriste et par nature régis par des « règles » particulières.

Il est prioritaire et urgent que les régimes démocratiques aient le courage de soutenir davantage et plus lisiblement l’action de leurs « services », comme on le dit avec une retenue aussi mystérieuse qu’entendue.

Pour débusquer les auteurs du terrorisme, et les neutraliser, identifier les complices et les relais afin de les mettre hors d’état de nuire, le moyen approprié n’est pas l’envoi de centaines de milliers de soldats…

Le cadre de telles opérations ne sera jamais explicitement débattu ni autorisé par les Nations Unies…

Ayons la lucidité et la franchise de reconnaître qu’en état de légitime défense, ce qui est le cas aujourd’hui face au terrorisme, la fin justifie l’emploi de certains moyens.

C’est peut-être choquant de l’admettre. Mais c’est la réalité crue à laquelle nous sommes confrontés.

Pour éviter les excès, les abus, les scandales, il faut imaginer une instance nouvelle de contrôle. Ayant des pouvoirs illimités, mais tenue au secret.

De nombreux militaires et fonctionnaires civils exerçant des responsabilités aussi utiles que complexes seraient certainement rassurés d’avoir des comptes à rendre pour qu’une sorte de quitus leur soit délivré au terme de leur mission.

Il ne peut s’agir d’un contrôle parlementaire classique, ni d’une mission publique et médiatisée.

On peut parfaitement imaginer à l’ouverture d’une législature que soit désignée, au terme d’un accord nécessaire entre l’exécutif et les groupes politiques de l’Assemblée Nationale, une Commission Spéciale de Contrôle des Services (C.S.C.S.), chargée de vérifier et de contrôler tous les services de l’Etat concourant à la lutte contre le terrorisme.

Des services qui ont besoin du secret pour être efficaces. Mais qui doivent être régis par certains principes pour ne pas être utilisés à des fins autres que la protection nécessaire de l’Etat.

Ce n’est pas créer une zone inquiétante de non-droit, un espace commode de règlements de comptes impunis, que de souhaiter redonner un champ d’action à nos services secrets et aux forces de police spécialisées dans la lutte anti-terroriste.

Le contrôle politique d’élus du peuple, prêtant officiellement serment de manière très solennelle de remplir avec déontologie cette magnifique fonction de « gardien du temple » de l’Etat et de la République, permettrait à la démocratie de faire enfin bon ménage avec certaines fonctions régaliennes de l’Etat aussi « sulfureuses » que nécessaires.

L’hypocrisie, dans les temps actuels, peut s’apparenter à de la haute trahison, n’en déplaise à certaines bonnes consciences, totalement décalées par rapport à la gravité de la situation à laquelle nous devons faire face.

Démocratie
 
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L’addition des volontés nationales des 25 pour l’Europe de la Défense est urgente.

1 avril 2003
Enregistré dans : Sécurité, International — RDDV @ 11:44 am --- Imprimer ce Post

Les citoyens ne doivent pas être tenus à l’écart de l’Europe, des débats qui préparent son avenir, qu’il s’agisse des institutions ou des nouvelles politiques.

L’actualité récente a d’ailleurs montré que naissait une opinion publique européenne. D’une capitale à une autre, d’une ville à une autre, les frontières s’abolissent. Des liens politiques se nouent. Une stéréo démocratique s’est enclenchée, pour le respect du droit, pour la consécration de l’ONU, pour le rejet d’une guerre illégitime.

L’Europe des citoyens est en marche. Et pour autant, des divergences entre gouvernements, entre responsables politiques se sont affichées avec brutalité. Beaucoup d’Européens doutent maintenant de la sincérité de la démarche, ne croient plus que nous avons une vision commune de l’avenir notamment pour ce qui concerne la sécurité extérieure, la politique étrangère, la défense.

Les rassurer, c’est faire par souci de vérité, de franchise, de solidité, le constat. Le constat de ce qui nous rassemble, le constat de ce qui nous divise.
Qui accepte quoi ? Qui est prêt à réellement agir avec qui ?

Deux questions qui ne sont pas innocentes aujourd’hui.

Je propose la tenue d’une conférence parlementaire pour l’Europe de la défense et de la sécurité.

C’est à dire la réunion des 25 Commissions des Affaires Etrangères et de la Défense des Assemblées élues au suffrage universel, pour faire le constat de l’existence ou non d’une volonté commune d’agir. Les parlementaires ne seraient-ils pas dans leur rôle de porte-parole et d’éclaireurs ?

Je propose que cette conférence parlementaire s’attache prioritairement, par la publication d’un Livre Blanc, à définir les menaces qui pèsent sur notre sécurité extérieure. D’une même analyse des menaces et des priorités, peut alors découler une stratégie commune d’actions à mettre en œuvre. Un sentiment d’unité peut éclore. Dont pourrait se saisir le Parlement européen.

Faire face. A la crise. Aux menaces. A la volonté de paix. C’est l’enjeu. C’est le défi. Cela suppose des efforts nationaux accrus et conjugués. Qui y est prêt ? Tous ? Une avant-garde ?

Cette question devra être posée aux parlementaires des 25 Etats de la future union. Leurs réactions, leurs priorités, leurs refus détermineront le périmètre de ceux qui veulent avancer, agir ensemble.

Je souhaite que se rassemblent ainsi les Européens de l’avenir, qu’ils appartiennent à la vieille ou à la nouvelle Europe….

* * *

Ce moment de vérité est nécessaire pour que se reforge une volonté commune véritablement européenne d’agir ensemble. Agir « pour » ce n’est pas être « contre » les Etats-Unis. Arrêtons cette espèce de complexe paranoïaque. La sécurité collective du monde repose sur la force et la détermination de chacun . Et sur la création de pôles d’équilibre, une sorte de rassemblement d’avant garde, d’avant poste constitué par les Etats pionniers. Notons à cet égard l’obligation évidente de la coopération entre le Royaume-Uni, la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Grèce. Tous ensemble. Forts de l’addition de nos volontés.
De ce point de vue la décision du Président Chirac et du Gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, d’augmenter fortement le budget de la défense est une utile réparation des dégâts causés par l’imprécision et l’irresponsabilité de Lionel Jospin.

Il peut paraître loin le temps où le Président Kennedy le 4 Juillet 1962, lançait : « Les Etats-Unis regardent la grande entreprise européenne avec autant d’espoir que d’admiration ». L’objectif était clairement la lutte contre la menace communiste. L’impératif d’éradiquer le risque terroriste ne peut-il aujourd’hui créer des solidarités actives, avec comme emblème pour l’action la phrase d’Eisenhower : « L’Amérique ne peut à elle seule résoudre les problèmes du monde pas plus que l’Europe » ? C’est d’ailleurs ce qui se passe dans la réalité du travail exemplaire de nos services secrets, qui mettent en commun leurs renseignements de manière beaucoup plus simple qu’on ne le pense parfois…

* * *

Le déséquilibre entre les Etats-Unis et le reste du monde sur le plan militaire se creuse de manière extrêmement dangereuse. Un tel écart de puissance, de capacité, de force crée par lui-même le risque d’un abus de pouvoir, d’un surcroît démesuré d’autorité politique.

Les chiffres publiés par l’OTAN sont éloquents : en dollars constants ( valeur 99 ), le budget américain est passé de 281, 2 milliards de dollars en 1997 à 284,5 milliards de dollars en 2001, tandis que l’Europe ( OTAN) décroissait de 154, 4 milliards de dollars en 1997 à 126 milliards de dollars en 2001. A l’intérieur de l’Europe, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Royaume-Uni: en 1997: 35,6 milliards de $ ; en 2001 : 32,6 milliards de $.
France: en 1997: 34 milliards de $ ; en 2001: 24,3 milliards de $.
Allemagne: en 1997: 28,4 milliards de $ ; en 2001: 20,2 milliards de $.

Ouvrons les yeux sur cet affaissement de nos efforts de défense. Il ouvre la voie clairement au monde américain unipolaire. La multipolarité et l’équilibre politique
et géostratégique que nous réclamons exigent tout d’abord de nous un réveil, un sursaut, une discipline budgétaire nationale de chaque Etat européen.

George W.BUSH veut relever de 14% le budget de la défense cette année. Il atteindra, non compris le coût de la guerre, 378 Milliards dollars. Il prévoit 450 Milliards de dollars en 2007. A cette date, l’Amérique dépensera plus que toutes les autres nations de la Terre réunies. Une disproportion des forces jamais vue dans l’histoire de l’humanité… Comme quoi, le Congrès américain ne se contente pas de l’appel au jeûne et à la prière pour défendre les intérêts et le rôle de son pays. C’est d’ailleurs tout à fait légitime.

* * *

Il y avait vraiment de l’électricité dans l’air lors de la rencontre à l’Assemblée nationale avec une délégation de haut rang en provenance de Prague. Nos amis tchèques ont le sang chaud, le réflexe immédiat, l’énervement perceptible dès lors que leur est rappelé que chacun des 25 Etats de la future Grande Europe doit délibérer et décider de l’élargissement. C’est pour eux un droit acquis, un fait naturel que personne n’a le pouvoir de remettre en cause !

Eh bien, c’est faux ! Le peuple directement ou par la voix de ses représentants parlementaires aura la parole, le dernier mot. En France, en Allemagne, au Royaume Uni comme en Pologne, en Hongrie, en Tchéquie. Dans chacun des 25 états de l’Union européenne élargie.

D’où la nécessité de créer un vrai élan, d’afficher une authentique sincérité européenne.

Ce n’est donc pas infamant de « leur » rappeler aux nouveaux entrants que la réunification est une fête, une promesse, un superbe objectif, mais qu’il faut convaincre au delà des élites qui voyagent celles et ceux qui souffrent dans leur vie quotidienne et craignent de ce fait avec un égoïsme parfois compréhensible la solidarité que la réussite de ce défi requiert.

Comment ne pas avertir et prévenir chacun que si le fossé qui s’est creusé au moment de la crise irakienne n’est pas rapidement comblé par une amitié retrouvée, les risques sont grands d’un rappel à l’ordre des citoyens.

D’où je crois la nécessité de cette conférence à 25 qui sera le premier signal de notre volonté commune retrouvée ! En appui du travail de nos gouvernements.

défense
 
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Jacques Chirac a raison de mettre à l’honneur Thierry Thomazeau et Thomsea Vendée !

23 février 2003
Enregistré dans : Sécurité, International — RDDV @ 1:47 am --- Imprimer ce Post

Son nom ne figure certes pas dans l’annuaire des anciens élèves de Polytechnique, de Normal Sup ou d’HEC ! Je n’ai pas cité l’ENA par peur de représailles…
Et pourtant, ô mérite sacrilège ! ô talent «orphelin» ! ô performance enracinée ! Thierry Thomazeau, patron-pêcheur, mérite d’être mis à l’honneur. Même de la page d’actualité de ce modeste site Internet ! Et surtout de l’Elysée, qui l’a invité à témoigner au Salon de l’Agriculture dans une réunion présidée par le Chef de l’Etat.
La force de Jacques Chirac et de ceux qui autour de lui sont les détecteurs des réussites, des initiatives novatrices, des expériences originales est de savoir « épingler », stigmatiser, rendre publics et populaires, ceux qui ont jusqu’à présent travaillé avec ardeur, passion, intelligence, dans l’anonymat le plus total. Avec comme seules qualifications, le résultat, la fierté du travail bien fait, l’orgueil de la solution innovante et inédite. Celles qui sont essentielles !

Ce patron-pêcheur de Saint Gilles Croix de Vie en Vendée a mis au point un système original et performant pour nous débarrasser des pollutions honteuses de fioul causées par les « voyous des mers ». Thomsea Vendée : un chalut anti-marée noire, une ou deux embarcations tirant une sorte de filet flottant à mailles très fines et en forme d’entonnoir. Avec la possibilité de transvaser facilement la « pêche » aux navires de la marine nationale chargés de récupérer ces immondices des temps modernes.

Je ne sais s’il sera réaliste voire souhaitable de construire avec nos amis anglais nos futurs porte-avions. Rêvons tout d’abord d’une Europe d’Etats riverains, solidaires et pragmatiques, lançant à la mer une flottille de garde-côtes pour dissuader les nouveaux pirates et le cas échéant malheureusement réparer immédiatement leurs dégâts grâce à « Thomsea Vendée ».

Cette Europe là réunira au moins dans un même élan Philippe de Villiers, le Président du Conseil général de Vendée prompt à décocher « je n’échangerai pas un Thomazeau contre cent polytechniciens » (sic !) et le Président de la République, Jacques Chirac, dont l’acuité politique a donné toute sa place à un marin d’en bas … à la France d’en bas … : la première !

Environnement
 
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